" Vana "
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Vana la Sorcière [Mage]

MessageSujet: Vana la Sorcière [Mage] Jeu 19 Avr - 6:04
Midgard

--- Personnage...

  • Nom : Inconnu
  • Prénom : Vana, plus communément appelée « la Sorcière » ou « Hé toi »
  • Sexe : Féminin, aux dernières nouvelles
  • Âge : Incertain. Une vingtaine d’années encore bien fraîches.
  • Classe : Mage (sorcière ?)


  • Magie & Armes :
Excepté sa magie, Vana ne possède aucune arme. A la rigueur, elle s’ingéniera à en créer une avec des matériaux très sommaires, mais elle préfère avant tout utiliser cette arme merveilleuse dont la Nature l’a dotée : son corps. En effet, la jeune femme n’hésite pas, en cas de danger, à donner des coups de poings, des coups de pieds, ou à utiliser ses ongles, la plupart du temps assez longs pour creuser des sillons étroits où perlera le sang de son adversaire.
Mais l’arme première de la Sorcière reste sa magie, dont on ne sait qui la lui a enseignée. C’est une magie d’illusion, un envoûtement qui transperce dès que le regard croise celui de la jeune femme. Dès lors, elle pourra, selon la force de l’esprit de son adversaire, influer plus ou moins sur celui-ci, en lui ordonnant, par exemple, de faire certains mouvements. Mais surtout, elle a la capacité de puiser dans la mémoire des données qu’elle utilisera, c’en est sûr, à bon escient afin de déstabiliser son adversaire en lui faisant revivre des souvenirs douloureux, voire même en créant certaines images à partir de ses peurs. Sa voix lui est un atout tout particulier dans l’exercice de sa magie – elle la module à volonté pour obtenir la tonalité idéale qui lui permettra de contrôler l’esprit de celui qui lui fait face.
Vana a, de plus, quelques rudiments de confection de potions, mais ceux-ci sont souvent plus des poisons ou des médicaments qu’elle confectionne à base de plantes. Néanmoins, ces potions peuvent être très effectives, certaines étant des gaz soporifiques ou paralysants.

  • Stats :
Vitalité
Attaque
Magie
Déf. Physique
Déf. Magique
Vitesse


  • Caractère :
Vana ne parle jamais. Ou plutôt, elle est celle qui parle seulement quand cela est nécessaire ; c’est cela d’ailleurs qui lui a valu cette réputation viciée qui la suit où qu’elle aille. Car ce n’est pas normal, autant dire aussi normal que d’affirmer que l’on dialogue avec des forces supérieures. Pourtant, derrière le visage de cire impassible de la Sorcière, rien n’est plus certain que cette seule affirmation. On ne sait pas grand-chose d’elle – elle non plus, d’ailleurs –, si ce n’est que sa voix grave aux accents gutturaux l’apparente à quelque pythie dotée d’une capacité d’envoûtement déroutante. Sa devise pourrait être : le silence est d’or, la parole d’argent ; mais au-delà du calme dérangeant qui émane de la créature, celle-ci n’est qu’âme torturée, vouée à être ignorée comme la Cassandre Troyenne, et cependant si avide de dire, de déverser le flot volontairement tari de ses angoisses et de ses tourments. Elle s’est ainsi créé un personnage de marbre, statue muette et hautaine au regard vide, à la parole acérée comme les griffes de Cerbère : rien ne transparaît sinon le désintérêt, le dédain sans méchanceté d’une enfant trop tôt arrachée aux rêveries de l’enfance.

  • Physique :
Elle porte ses longs cheveux couleur de cuivre légèrement ondulés lâchés sur ses épaules rondes. Son visage se dessine finement, comme taillé à la serpe dans un matériau malléable et nacré ; son teint est pâle, d’une blancheur morbide fortement accentuée par les cernes sombres entourant ses deux iris profonds, d’un bleu d’opale translucide aux reflets changeants jusqu’au noir d’encre profond. Sous la robe noire et informe qu’elle porte habituellement, son corps est voluptueux et, quoiqu’un peu maigre, tout en formes suaves et délicatement suggérées. Séduisante sans vraiment le vouloir, elle possède des atouts imparables, notamment ces longues jambes fuselées à faire pâlir les plus belles des lupanars, et cette gorge au dessin sublime, négligemment cachée sous un châle en lambeaux. Mais ce qui frappe le plus au premier regard posé sur Vana, c’est ce grand cou blanc, élancé et légèrement arqué, semblable à celui d’un cygne, et les lèvres rouge sang qui paraissent une plaie béante sur le visage d’une écorchée vive. Il est d’ailleurs frappant, lorsque l’on distingue derrière le visage impassible la douleur du passé, de ne pas trouver sur la chair blanche les marques vives des traitements infligés – aucune cicatrice n’est visible dans le lait cutané qui enveloppe maternellement les os légers de la Sorcière.

  • Thème : JE METS AU DEFI QUELQU’UN DE M’EN TROUVER UN. Mais faut lire le background d’abord (hinhin…)
  • Adore : Vana ne parle jamais à personne de ses goûts. Elle est d’ailleurs une jeune femme simple, comme en témoigne sa tenue, aussi sobre que possible. Néanmoins, elle s’attache très vite aux objets, et ne s’en séparerait pour rien au monde, les défendant comme la prunelle de ses yeux. Ainsi, on peut dire que Vana affectionne tout particulièrement le châle qui couvre ses épaules, cadeau que lui a fait Thumla le jour de son arrivée au village. Elle aime aussi beaucoup chasser, à mains nues où avec un arc de fortune qu’elle jette une fois qu’il a servi. Les journées de grands vents, elle cherchera à sentir le souffle céleste sur son visage, dans ses cheveux roux dansant comme des flammes. De même, elle préférera toujours le froid au chaud, que ce soit la morsure de l’Hiver ou les petites lames acérées d’une source glacée. Vana est toujours mieux dans la nature, son environnement de prédilection, et n’entrera dans une ville que dans un cas de force majeure. Il est dit que le gibier la fuit comme la peste, et que, au contraire, une meute de prédateurs la considérera comme l’une des siens... ou alors comme une concurrente aguerrie sur son terrain de chasse. Et, même si elle n’avoue pas être folle de ce petit jeu-là, la jeune femme se prend souvent à fixer les gens dans les yeux jusqu’à les déstabiliser complètement.
  • Déteste : Vana n’est pas du genre à éprouver du dégoût ou de la détestation pour certaines choses en particulier. Excepté certainement des personnes telles que Gunnar l’Orgueilleux, que bon nombre de personnes qualifieront de « plus grand connard que la Terre ait jamais porté » ; enfin... du moins, si vous croyez à l’histoire de la Sorcière. D’autre part, elle n’apprécie pas la compagnie, au point de la fuir parfois pour préférer une retraite tranquille qui lui évitera de parler. Car elle n’utilisera jamais les mots pour vous dire qui elle est, ou d’où elle vient ; les paroles de trop sont certainement sa plus grande hantise. Elle déteste aussi être confrontée à l’inconnu, chose qui reste tout de même très rare puisqu’elle ne s’éloigne jamais de ce qu’elle a l’habitude de voir. Et puis, si l’on peut dire qu’elle n’aime pas quelque chose, c’est bien qu’on s’attaque à sa personne, ou plutôt, à son intégrité – touchez à sa peau, et vous sentirez derechef sa main vous asséner un coup bien logé.


  • Histoire :
Elle était arrivée au village de *** un jour de la fin du mois de novembre. Les yeux à moitié révulsés, les cheveux hirsutes et flamboyants de tailles inégales, une simple chemise d’homme beaucoup trop grande cachant à peine la misère de son corps décharné. Elle était arrivée si furtivement qu’on ne l’avait ni vue, ni entendue. Sa peau crasseuse était couverte de croûtes ; on hésitait entre pitié et dégoût pour cet être chétif tout droit sorti d’un cauchemar.

« Réponds à Römkvir, petite putain ! »
Le cri venait du fond de la salle commune, une grande bâtisse aux murs en rondins, haute d’environ douze pieds de haut, dont les parois intérieures étaient recouvertes de tentures colorées. A peine se fut-il évanoui dans les hauteurs de la salle que la main osseuse du vieux Sage assis sur une large chaire se leva pour réclamer le calme. Son visage ridé respirait la sérénité, mais au fond de lui bouillait un feu qui lui lacérait les entrailles. Se pouvait-il qu’elle soit le Messager ?
La créature qui lui faisait face, debout et tremblante, n’avait rien d’humain ; néanmoins, brillait dans son regard une intelligence pure qu’il décelait aisément. Elle sait. Il dut détourner les yeux face a ces braises qui le fixaient intensément, sans faiblir. Puis, s’éclaircissant la gorge, il s’apprêta à prendre une décision lourde d’importance pour le futur du village.
« Tu as perdu toute ta famille, vieil homme. Ce village est ta famille, désormais. Tu sais que si je pars, tous périront. »
Elle avait parlé. Römkvir baissa la tête, retenant un hoquet de surprise. Sa voix était grave, trop grave pour être celle d’une enfant. Pourtant, elle avait dit vrai. La peur l’envahit comme une ombre, enserrant ses faibles poumons, rétrécissant sa gorge, l’empêchant de respirer. Il dut lutter pour reprendre le contrôle de son corps. L’assemblée s’affolait devant l’état du Sage ; un murmure parcourait la salle, des mots se faisaient plus clairs dans le flot de paroles confuses. « Sorcière... diablesse... »
« Elle... Elle a raison. Vous êtes ma famille, et pour cela, je dois vous protéger, approuva Römkvir d’une voix tremblante.
– Mais Römkvir ! Ce n’est qu’une petite mendiante malivole !
– Elle t’a envoûté !
– Silence, mes amis... Thumla, ma bonne Thumla... Recueille donc la petite chez toi, et assure-toi qu’elle ne manque de rien. »
Römkvir retint une quinte de toux. « Apprends-lui ton art, la broderie qui apaise les cœurs... »
Une jeune femme se détacha alors du groupe, la tête baissée en signe de respect. Il l’avait choisi car elle était sage et attentionnée. Elle saurait prendre soin de l’enfant... Thumla s’approcha de la fillette et, lui prenant délicatement la main, l’emmena à sa suite sans qu’elle ne bronchât. Les gens se bousculèrent sur leur passage afin de ménager un espace assez large pour les laisser passer toutes les deux.

La fillette brodait tranquillement, ses longs doigts dansant entre les fils avec dextérité, son visage baigné dans les doux rayons du soleil de mai qui passaient langoureusement par la fenêtre. Son ouvrage représentait la déesse Frigg, épouse d’Odin, en train de filer les nuages. Elle portait une longue robe blanche que l’enfant était en train de coudre d’or en d’argent entrelacés.
« Tu es vraiment douée, ma petite Vana... »
L’enfant sursauta en entendant son nom. Elle se retourna pour apercevoir le visage souriant de Thumla, une femme sublime aux yeux aussi noirs que la nuit, où scintillaient des milliers d’étoiles piquetées.
« Merci... » murmura Vana.
Thumla la couvait du regard, ses yeux brillants et rieurs embrassant tout le corps de la fillette aux longues boucles rousses. Elle se risqua à une question aventureuse qui avait toujours terminé de mettre l’enfant aux cheveux de feu dans un état furibond, l’obligeant à s’enfuir dans le bois environnant pour hurler afin de ne pas effrayer sa mère.
« Dis-moi... Ne veux-tu vraiment pas me dire d’où tu viens ? Cela sera un secret entre toi et moi, juste entre nous deux, je te le promets... »
Le visage de Vana s’assombrit tout d’un coup.
« Non. Ne promets pas. Je sais que tu iras le répéter à Römkvir, lança-t-elle d’un ton sec.
– Si c’est ainsi...
soupira Thumla, désemparée. Mais ce silence sur tes origines n’aide pas à ton intégration dans le village, tu le sais bien...
– Je ne connais rien de mon passé,
coupa la petite fille, dardant un regard noir sur la belle femme qui s’était accroupie au pied de la table de travail. Je ne sais même pas comment je suis arrivée ici. »
Thumla se tut et tourna son regard vers la petite fenêtre baignée de soleil. Je la considère comme ma fille... Pourquoi ne veut-elle rien me dire ? Les rumeurs allaient bon train à propos de Vana. Dès le premier jour, on avait mis son sombre silence sur le compte du Diable – elle devait être une sorcière, ou du moins, elle était possédée, c’était sûr et certain. En témoignait le néant total qu’était la vie de la jeune fille avant d’arriver là. Elle-même ne cessait d’affirmer qu’elle ignorait tout de son passé, qu’elle ne savait qui étaient ses parents. Et pour parachever les bruits qui couraient sur elle, Vana avouait parler avec des anges qui venaient la visiter pendant son sommeil et l’emportaient loin, pour la ramener dans son lit le lendemain, avant que le coq ne fasse la cour à l’Aube de son chant orgueilleux.
Cependant, il restait une certitude que personne au village ne pouvait ignorer, et cela même en prenant en compte les origines sombres de l’enfant jetée un matin de novembre sur la place centrale de ***. Elle savait. Elle disait la vérité, quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse. Que cela lui vienne des anges ou du diable, voire même d’une certaine aptitude à surprendre les moindres mouvements du corps, et à les interpréter de façon judicieuse, peu importait. Vana savait. De plus, depuis son arrivée, le village s’était épanoui à une allure folle – les enfants naissaient en bonne santé, les récoltes prospéraient et donnaient même plus que nécessaire, et l’on avait dû agrandir l’enceinte du village afin de pouvoir loger les nouvelles familles qui s’installaient là. Mais cela, personne n’osait l’attribuer à l’arrivée de Vana ; si quelqu’un se risquait à faire le lien, et à suggérer une possible bénédiction liée à l’enfant recueillie par la jolie brodeuse, tout de suite il était rabroué et exhorté à se taire.

Plusieurs années passèrent ; Römkvir tomba gravement malade. Tous les yeux se tournèrent en direction de Vana avec colère. Seule elle pouvait être responsable de ce grand malheur qui s’abattait sur le village. On s’était habitué aux révélations de la fillette qui était devenue une belle jeune femme au charme ténébreux, et sa force de persuasion grandissait à mesure qu’on l’acceptait dans la communauté. Mais cet événement avait fait ressurgir des démons inconnus que l’on attribua volontiers à Vana.
En peu de temps, elle devint la Sorcière.
On avait même découvert, cachés dans le creux d’un tronc recouvert de ronces, de nombreux ustensiles plus étranges les uns que les autres, accompagnés de petits récipient en peau d’animaux – lièvres, grenouilles, et même des panses de rossignols. Mais Vana ne répondait pas aux attaques. Elle acquiesça lorsqu’on lui demanda si les objets retrouvés dans la forêt lui appartenaient. Elle ne chercha même pas à se justifier, et garda un silence glacé qui figeait le cœur des villageois. Ceux-ci ne lui adressaient plus la parole. Et quand Römkvir, mourant, l’appela à son chevet, nombreux furent ceux qui protestèrent, refusant de la laisser achever le Sage.

« Viens, Vana, approche toi... »
La voix du vieil homme n’était plus qu’un souffle rauque à peine filtré par ses dents serrées. La jeune femme obtempéra, fixant Römkvir de ses grands yeux cerclés de noir. Elle ne ressentait aucune compassion pour l’Ancien qui agonisait sous ses yeux. Ni même de la reconnaissance pour l’avoir acceptée au sein de la communauté. Elle le regardait, tout simplement, lisant dans son regard que la Mort approchait, qu’elle dansait autour d’eux en attendant de pouvoir s’emparer de l’âme du vieux sage. Celui-ci se souvint du jour où Vana, qui n’était alors qu’une créature sordide n’inspirant pas plus que du dégoût, lui parla de sa voix suave et basse, mais surtout sûre d’elle, comme si sa parole venait d’un autre monde. C’était la première fois qu’il y avait autre chose que du respect ou de la crainte dans une voix qui lui répondait.
« Tu...
– Je sais, Römkvir. Tu vas mourir, et je n’aurai plus d’attache ici. Alors je partirai. »

Vana avait parlé sans émotion ; aucune larme ne coulait de ses yeux, tandis qu’elle savait déjà les gens gémir, pleurer à l’extérieur, entonnant en un chœur élégiaque une litanie sanglotante. Elle saisit dans sa main gauche le bras droit de l’Ancien. Fermant les yeux, la jeune femme fredonna une mélodie sans paroles. Puis, joignant l’index et le majeur droits, elle entreprit de tracer des signes dans l’air, à quelques millimètres du front de l’homme alité. Celui-ci avait clos les paupières, et seule sa poitrine se soulevant par saccades indiquait encore que la vie l’habitait.
Je partirai... et personne ne sortira plus d’ici.
Un soubresaut agita Römkvir qui retomba inerte sur la couche. Vana saisit le châle qui ornait ses minces épaules et en couvrit sa chevelure ardente. Elle se leva, muette, et sortit sans bruit de la chambre où gisait le corps sans vie de l’ancien Sage de ***.

A la mort du Sage, le village élisait un autre Sage pour prendre la tête de la communauté. Ce fut ainsi que Gunnar succéda à Römkvir. C’était un homme de haute taille, bâti comme un bœuf, mais surtout doté d’un talent d’orateur sans pareille. Son nom seul suffisait à imposer le respect ; Vana savait qu’il était celui qui allait la chasser du village.
En effet, il prononça un discours véhément et très éloquent à l’attention du village, réclamant leur accord quant au bannissement de la Sorcière. « ... Mes amis ; les démons qui ont amenés cette créature ici sont ceux mêmes qui ont été damnés il y a de cela des siècles pour avoir trahi. Elle doit partir ! Ne laissez pas votre destin être ruiné à cause d’une âme damnée que vous avez recueillie !... »
Vana s’avança au milieu de la foule alors que Gunnar haranguait le village. Elle tenait à la main son éternel châle noir, dans lequel se trouvaient les quelques objets qui lui appartenaient. Son regard froid se posa sur l’homme à la carrure massive qui la dévisagea avec mépris.
« Ainsi voilà la meurtrière de Römkvir... » lança-t-il, ricanant.
Elle resta muette, insensible au brouhaha qui montait autour d’elle. Ses yeux sans expression passaient d’un visage à l’autre, et chacun baissait la tête lorsqu’elle le fixait. Ils avaient honte de la bannir – peut-être avaient-ils le pressentiment de ce qui allait se passer... – mais, dans un lent mouvement qui ébranla toute la foule, ils se saisirent tous de pierres trouvées ici et là, comme mus par une force surnaturelle. Et une a une, les pierres plurent sur Vana qui offrit son échine aux faces rugueuses des cailloux. Son dos, ses épaules, ses membres ressentaient la morsure rocheuse sur leur surface veloutée. La robe de la jeune femme se déchirait peu à peu sous les coups répétés des pierres meurtrières, mais elle ne criait pas. Elle ne pleurait pas plus que lorsque Römkvir était mort sous ses yeux. Avançant à petit pas vers les portes du village, elle sentit alors un vent fort se lever.
Elle passa les portes. Elle était désormais à la merci de son village, à la merci de tous. Elle n’était plus rien, n’appartenait plus à la communauté. Un chant agressif s’éleva derrière elle, un chant dont elle ne connaissait pas les paroles, mais qui laissait supposer un châtiment atroce pour la personne à qui il était destiné. Les pierres la frappaient encore, encore. Ils la suivirent encore sur quelques centaines de mètres. Les enfants s’étaient joints au cortège et jetaient eux aussi des cailloux sur la damnée. Puis tous la quittèrent, retournant innocemment vaquer à leurs occupations.
Elle entendit les portes gronder, annonçant la fin. Elle n’était plus que Vana la Sorcière maudite en ce jour. Et ceux qui l’avaient condamnée à errer allaient périr. Un son strident retentit, perçant l’air et les nuages alentours. Vana perçut des cris de l’autre côté de l’enceinte.

Elle sentait le sang couler dans son dos, liquide tiède et épais ; il se figeait ensuite en perles écarlates qui semblaient des roses sur sa peau de neige. Lentement, elle se déshabilla, déposa délicatement sa robe au pied du grand saule pleureur. Puis elle s’immergea dans l’eau fraîche du ruisseau chantant pour laver les roses et les souillures morales qui la couvraient, comme le jour où elle était entrée dans ce village.

Quelques mois plus tard, un voyageur vint demander le gîte dans le village de ***. On le lui avait conseillé pour l’accueil chaleureux réservé aux étrangers de tous horizons. Il avait donc frappé contre les grands pans de bois de la porte d’enceinte, mais personne ne lui répondit. Intrépide, peut-être un peu insensé, il se décida à pousser lui-même la porte, qu’il avait devinée non bloquée. Le bois grinça, tandis qu’il pénétrait dans le village.
Il eut alors un hoquet de frayeur ; le sol dallé de la place commune était jonché de cadavres aux yeux exorbités, leurs visages figés dans des rictus horribles. Il y avait là des femmes, des enfants, des hommes. Leur peau était blême, sans une blessure cependant, si ce n’étaient leurs cages thoraciques ouvertes par les charognards, les viscères en putréfaction vomies hors des corps. Le cœur au bord des lèvres, les larmes aux yeux devant ce spectacle insoutenable, il bondit hors du village et reprit sa route, traumatisé.
On envoya une milice de chevaliers et de mages pour inspecter les lieux. Tout laissait penser à un suicide collectif par incantation unanime, dont le sort était inconnu des mages recrutés.

Elle errait sur les routes, dormait dans les bosquets protégés du vent, vivant de ce qu’elle trouvait sous la main. Une bonne femme, un jour, la vit accroupie sur le bord de la route, en train de cueillir des herbes aux couleurs fades. Elle fut horrifiée par le visage émacié que lui offrit la jeune femme. Voyant sa robe en lambeaux et les blessures purulentes sur ses bras, elle l’accompagna chez elle, pansa les plaies et recousit la robe tandis que la vagabonde restait immobile, prostrée au coin du feu, les yeux rivés sur les flammes dansant dans le foyer.
Le lendemain, la jeune femme aux cheveux enflammés avait disparu comme une ombre.



Midgard

--- Joueur...

  • Pseudonyme ou Prénom : BANANAAAAA
  • Âge & sexe : J’ai toujours 18 ans et je suis toujours une mademoiselle.
  • Expérience Role Play : J’ai joué sur un forum… Il me semble qu’il s’appelait Midgard, mais j’en suis plus très sûre, hein.
  • Avez-vous lu le règlement ? EH. BEN. NOOON.
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Vana la Sorcière [Mage]

MessageSujet: Re: Vana la Sorcière [Mage] Ven 20 Avr - 1:54
    Je valide~

    (Ma première fiche validée... YOUHOUU)
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