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Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Ven 11 Mai - 4:50
Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau


Quitter un ami n'est jamais chose facile, en particulier lorsqu'on ne sait même pas si on le reverra un jour. L'aventure qui venait de se jouer entre Gilford et son désormais "frère de sang", le capitaine Ciral Dowin, avait eu certaines répercussions sur le physique et la psychologie du jeune homme. Il s'était découvert quelques talents, comme une vitesse de course peu banale ou une certaine agilité, ces qualités lui ayant permis d'échapper à quelques chevaliers en armure. Mais toute cette aventure lui avait également fait comprendre que la vie est un bien fragile. Il était passé tout près de la mort, et sans l'intervention de Ciral, il n'aurait pas à présent le loisir d'arpenter les longues allées du port d'Alcombord. Inconsciemment, l'insouciance de Gil en avait pris un coup. Lui, d'un naturel aventureux, mais déjà méfiant envers les gens, se devait de faire attention. La seule véritable aptitude en laquelle il avait toujours confiance était sa capacité de jauger les inconnus. Celle-ci lui ayant été déjà bien utile par le passé, il comptait bien s'en servir à nouveau, et pourquoi pas pour se faire de nouveaux amis ? Le monde est cruel envers les solitaires, ça Gilford l'avait bien compris.

Il s'agissait maintenant de décider de la suite des évènements, autrement dit de repartir de zéro. Il était arrivé à Asunia sans véritable plan, pensant tirer sa subsistance des petits objets qu'il vendait. La situation n'avait pas changé avec le décor. Tout ce qu'il avait (ou du moins ce qu'il pensait avoir) dans son baluchon était toujours destiné à être vendu. Peu d'alternatives s'offraient ainsi à Gil, du moins dans un premier temps. La destination d'Alcombord n'avait bien sur pas été choisie au hasard, mais en tant que capitale du commerce de Midgard. Autant mettre le plus de chances de son côté, les chances de rencontrer plus de clientèle ici qu'à Asunia étaient conséquentes.

Gil occupa ainsi ses premières heures en visites et repérages. Le port était fermement gardé, un grand nombre de soldats étaient prêts à se jeter sur le moindre individu suspect. Le coeur du jeune homme se serrait d'autant plus fort que la densité d'armures augmentait. Mais il fallait se faire une raison. Il était considéré comme un vaurien dans la capitale, mais ici il était inconnu et propre qui plus est. Il n'avait que peu de raisons de s'inquiéter. En entrant dans la ville, il retrouva une ambiance grouillante et non moins pleine de vie : la ville. Le calme de la mer et la sérénité du navire de Ciral lui manquaient déjà. Gil était finalement quelqu'un qui savait apprécier le silence et la quétude. Etonnant. Peut-être est-ce le fait de vivre la vie citadine du mauvais côté qui lui avait appris l'importance de certaines choses. Ceci étant, les rues étaient véritablement surpeuplées. Marchands, pirates, simples badauds, et de toutes les couleurs et origines qui plus est. Une ville portuaire et commerçante était forcément cosmopolite, oui tout cela était parfaitement logique. On bouscula Gil, quelques fois. Peut-être essaya-t'on de lui faire les poches. Effort inutile, ses poches étaient vides. Seul son baluchon était important. Sa marchandise, quelques produits de soins elfiques (et une bourse de joyaux transportée sans le savoir), tout y était. Se satisfaisant de cela, il commença à se demander, au vu de l'effervescence d'une rue classique, de quelle importance devait être l'affluence sur la place du marché. Immense selon les dires de tous. Une véritable place forte du commerce, ou faire des affaires rimait souvent avec faire la guerre. Intéressant. Et Gil ne fut pas déçu en arrivant à destination.

C'était tout bonnement affolant. Il fallut presque une minute à Gilford pour prendre conscience de la taille de l'endroit. En effet appréhender la largeur du marché d'Alcombord ne se résumait pas à regarder vite fait de gauche à droite. Chaque centimètre carré de cette place attirait les sens. De par les objets présents qui claquaient à l'oeil, les négociations passionnées qui agressaient les tympans ou les odeurs de toutes sortes de denrées qui enchantaient ou horrifiaient les narines de tout un chacun. Et au fur et à mesure de ses observations, la mesure de ce lieu apparut à l'alchimiste. Cet endroit était le lieu de vie par excellence. Tout pouvait s'y produire, absolument tout. La vie et la mort pouvaient s'y côtoyer, les rencontres comme les séparations, les bonnes affaires comme les plumages en règle, honnêteté et malhonnêteté...et tous ces gens, cette masse indécente de tout-venant attirée par les merveilles de ce marché...fascinant. Au yeux de Gil, une vie ne suffirait pas pour savoir tout ce qui a pu se passer entre tous ces stands. Il ne pouvait pas penser laisser de côté l'opportunité de remettre sa casquette de vendeur à la sauvette. D'autant qu'ici, personne ne pourrait l'en empêcher en théorie. Récupérant un large tabouret qui traînait dans une ruelle adjacente, il se positionna derrière une échoppe de vins et alcools. Le meuble faisant office de table de fortune, quelques babioles alchimiques brillant de mille feux rassemblées, il était fin prêt à rentrer à nouveau dans le jeu. Il ne le savait pas encore, mais encore une fois, le destin était sur le point de lui jouer un des tours dont il a le secret.


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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Lun 14 Mai - 8:56
Ce n’était pas la première fois que je faisais face à l’immense place du marché d’Alcombord et pourtant, comme les fois précédentes, j’étais resté médusé quelques instants, la bouche et les yeux grands ouverts, devant toute sa grandeur et son activité. J’avais toujours eu l’impression qu’on pouvait y trouver tout ce que l’esprit d’un homme pouvait désirer, allant de simples provisions à une demoiselle aux formes particulièrement généreuses. Certes, je n’étais pas en ville pour fréquenter un quelconque bordel. La grande place était à cette heure noire de monde, à tel point qu’on n’y voyait que difficilement son pavé fait de pierres blanches finement taillées. Les marchands avaient déjà exposés leurs diverses marchandises, hurlant à plein poumons pour attirer de potentiels clients. Alcombord était le point de liaison entre tous les royaumes pour son commerce mais, ce n’était pas ce qui m’amenait ici. Ce qui m’intéressé, c’était ses tavernes. En plus de servir une excellente eau-de-vie, les tavernes de la ville marchande étaient réputées pour véhiculer des rumeurs en provenance de toute rune Midgard. En quelque sorte, Alcombord était mon point de départ.

Contrairement à mon escape à Asunia, je ne me cachai plus sous une longue cape. Ici, à Alcombord, peu de personnes connaissaient mon visage. Qui plus est, j'aurai probablement attirer d'avantage l’attention en tentant de dissimuler mon identité. Le seul détail pouvant me trahir, ma légendaire épée ardente, était enroulé dans du tissus, méconnaissable. Tout en marchant à une allure modérée, contournant tout obstacles sans y prêter attention, je me ressassai les derniers évènements. J’avais trahit mon roi, ainsi que le royaume d’Asunia, en refusant le trône afin de me lancer dans la quête de l’objet divin qui, pour beaucoup, n’était qu’une pure folie. Ce pouvoir des Dieux, apparaissait dans bien des livres d’histoires traitant de la grande guerre et pourtant, de nos jours, il n’était plus qu’un vulgaire conte pour enfant. D’ailleurs, je n’avais jamais saisi l’intérêt éducatif de conter la fin du monde à de jeunes ayant à peine quittés le sein de leur mère…

L’objet divin était une réalité. Seyren Windsor IX, mon ancêtre, avait été à la tête de l’armé de Midgard lors de la grande guerre. Mon arrière-arrière-grand-père, ce héros des temps anciens, avait tenu un journal qui, m’avait bercé par ses récits sombres et bouleversants durant toute mon enfance. S’il n’avait jamais eu le privilège de toucher l’objet divin de ses propres mains, dans le chaos du champ de bataille, Seyren Windsor IX avait vu sa lumière éclatante avaler le monde. On raconte d’ailleurs, que la guerre prit fin juste après cet évènement. Tout comme mon ancêtre, j’en déduisais que le porteur de lumière avait trouvé l’objet divin à ce moment précis. Bien évidemment, d’autres éléments s’étaient ajoutés comme preuve de l’existante de la relique, comme le réveil du loup Fenrir, le magicien d’Asunia qui avait prédit le désastre ou encore, la présence de la lame du démon sur la terre des hommes. Ce démon, que j’avais nommé Loki. Je ne doutais pas un seul instant que la vile créature était dissimulée dans mon ombre, suivant le moindre de mes mouvements. J’ignorai si je devais m’en inquiéter ou m’en réjouir. J’avais scellé un pacte avec ce petit gars à écharpe, un pacte qui me suivrait probablement au-delà même de la mort. Mais d’ici là, Loki était sous mon commandement et j’avais la belle attention de tirer profit de ses étonnantes capacités au combat.

- « Qu’est-ce que c’est que ces bidules… » lançai-je soudainement en arquant un sourcil, coupant subitement cours à mes pensées.

Oui, j'avais la mauvaise tendance à être attiré par tout ce qui bouge, ce qui est coloré ou qui semble sortir de l'ordinaire. Que voulez-vous, ainsi les Dieux m'avaient t-ils fait. M'étant brusquement arrêté devant d'étranges marchandises, j'avais posé un genou à terre pour mieux les observer. D'une certaine façon, elles m'intriguaient. Elles semblaient dissimuler un quelconque secret que je n'arrivais pas à saisir. Curieux, j’avais ramasser l’un des petits bidules, le faisant tourner entres mes doigts pour l’observer sous tous ses angles. Il semblait y avoir un quelconque mécanisme mais, j'ignorai comment le déclencher. Mon regard d’un éclat émeraude s’était planté dans celui du vendeur, un petit gars maigrichon au regard particulièrement vif. Un sourire s'était dessiné sur mes lèvres à l'idée qu'il devait bien se demander ce qu'un grand gaillard en tenue de guerre pouvant bien lui vouloir.

- « Comment cela fonctionne-t-il ? » demandai-je avec entrain.
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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 20 Mai - 1:05
A peine fut-il installé que Gilford ressentait déjà un sentiment indescriptible l'envahir. Il était tellement excité à l'idée de découvrir quel genre de personnes pourraient bien fréquenter son étal ou encore quels évènements pourraient se produire pendant qu'il était posté derrière son tabouret...Il avait fait en sorte que ses articles soient les plus repérables possible, malgré son très pauvre étal. Les babioles alchimiques qu'il vendait avaient l'avantage d'être magiques, donc fondamentalement étranges et intrigantes. Les échantillons de flammes alchimiques dans leurs petite capsule de verre semblaient brûler sans le moindre combustible. Celui-ci était bien entendu l'énergie magique manipulée par Gil lors de la création de l'objet, mais ça, personne ne pouvait s'en douter. N'oublions pas que notre marchand de fortune avait la parfaite dégaine du gamin des rues, vendant ce qu'il peut pour assurer sa survie. Le décalage invisible qui existait entre l'apparence de Gil et la nature de ce qu'il vendait créait une incompréhension toute naturelle qui amenait à la curiosité et donc à l'intéressement du tout-venant. Il était assez fier de cette théorie. L'apprenti alchimiste et toute sa capacité de raisonnement avaient fait chou blanc à Asunia, mais il en fallait plus pour le décourager. Nouvel endroit, nouvelle personnes, peut-être même nouvelle culture, tous ces éléments lui donnaient espoir.

Les temps commençaient à filer et les réactions des passants étaient pour l'instant assez mitigées. Des regards, une attention feinte de quelques milisecondes, rien de bien gratifiant. Pendant un instant, Gil se dit que le meilleur moyen de faire que les gens s'intéressent à lui serait de provoquer une diversion. Une explosion de moindre puissance obtenue en mélangeant deux types de poudres antagonistes, ou mieux encore, en utilisant un de ses articles ! Saisissant une plume de vent, son imagination travaillait à plein régime. L'essence magique de vent contenue dans l'objet lui permettrait de souffler quelques couvre-chefs ou d'ébouriffer quelques enfants (les plus susceptibles de s'intéresser à ces babioles, qui malgré leur aspect brillant étaient parfaitement inutiles). Une fois l'attention captée, le rôle aussi amical que convainquant que Gil s'était construit était à même d'entrer en ligne de compte. Celui-ci s'exprimant par un certain bagout, ajouté à quelques techniques qu'il avait apprises durant son enfance : Flatter le client, faire passer l'objet pour indispensable, et le plus important, faire croire que le prix de vente de la marchandise est scandaleusement bas compte tenu de sa rareté. Oui, on pouvait dire que Gilford se sentait profondément en confiance. Il était sur le point de mettre sa stratégie en place lorsqu'un client potentiel vint s'agenouiller devant lui, visiblement attiré par les flammes éternelles.

Il était plutôt grand, plus d'un mètre quatre-vingts à vue de nez. Des cheveux bruns coiffés en bataille et un regard émeraude. Le vert des yeux de Gil étant tout de même moins soutenu que celui qu'il observait chez l'homme, à qui il donnait à peu près vingt-cinq ans. Mais le plus impressionnant était certainement l'armure qu'il portait, chatoyante sous ses reflets métalliques. Il prit en main l'un des pendentifs abritant une flamme crépitant ex nihilo, et essaya de l'examiner sur toutes les coutures. Il afficha ensuite un sourire amical en direction de Gil, avant de lui adresser pour la première fois la parole :

« Comment cela fonctionne-t-il ? »

Magnifique. Gilford fut profondément touché par des mots si simples. La première fois qu'on faisait vraiment attention à lui en tant que commerçant. Même à Asunia, lorsque ses ventes réussissaient, les acheteurs n'avaient cure de la politesse ou de l'amour propre de Gil. Cela se résumait traditionnellement à quelques joyaux jetés à terre en échange de l'objet désigné du bout du doigt, sans la moindre parole. Mais cette fois c'était différent. On ouvrait la discussion avec lui, d'une manière enjouée et pleine de curiosité. Impossible de laisser passer cette chance.

"Ah ! Je vois que nous avons affaire à un connaisseur ! Au vu de votre tenue, vous me semblez être un chevalier n'est-il pas ? Vous avez donc forcément connaissance de la magie qui régit notre monde, existant en chacun de nous, mais seulement manipulable par quelques élus. Eh bien c'est cette même magie qui est à l'origine du fonctionnement de ces quelques objets. Le pendentif de feu perpétuel que vous tenez en main n'est ni plus ni moins qu'une faible essence magique de feu, extraite puis ajoutée à un cristal de verre ! L'énergie magique utilisée pour faire brûler ce feu follet est ridiculement faible, ainsi la flamme devrait tenir environ cinquante ans. Prodigieux n'est-ce pas ? Et tout ça pour la modique somme de vingt joyaux ! Et tout ceci sans compter qu'il ne s'agit là que d'un faible échantillon de ce que j'ai à proposer ! Les forces élémentales du vent, de l'eau, ou du tonnerre sont également à portée de main ! L'Essence de foudre fonctionne selon le même principe que celle du feu. En l'enfermant dans un cristal on obtient un pendentif à la fois élégant et intriguant, indéfiniment parcouru par de fins éclairs, bleus, violets, ou jaunes selon les périodes. L'essence d'eau contenue dans ce petit flacon, impressionnera tout un chacun. En effet vous pourrez verser de l'eau tant que vous le voudrez, il sera toujours aussi rempli ! Bien entendu ce petit tour fonctionnera tant que la magie insérée dans l'objet ne sera pas épuisée...Enfin peut-être ai-je déjà trop parlé. Si vous le souhaitez je peux continuer, ou mieux encore, vous pourrez me poser toute sorte de questions concernant la magie ou...ah mais je m'égare, je m'égare ! Alors êtes-vous intéressé par ce que je propose ?"
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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Mer 23 Mai - 8:47
Le visage du jeune gaillard s’était tant illuminé à ma question, que j’avais un instant cru être tombé dans un quelconque piège, presque sur le point de lâcher l’étrange objet avant qu’il n’explose ou je-ne-sais-quoi de plus farfelu. Dans un monde baigné de magie et de forces invincibles, nous n’étions jamais au bout de nos surprises, nos yeux étant souvent de parfais menteurs. Il ne fallait jamais se fier aux apparences, au risque que cette leçon nous soit fatalement rappelée. Posté sur mes gardes, j’observai attentivement les moindres faits et gestes du vendeur de babioles, intrigué par son long manteau qui pouvait aisément dissimuler une dague, un pistolet ou un amplificateur de magie, très utile pour se passer d’invocation et mener une attaque rapide.

Étant un Windsor, je ne connaissais ni le doute, ni la peur et, étant d’un naturel impatient, beaucoup m’avaient souvent qualifiés « d’imprudent » ou « de fou ». Certes, j’étais le genre d’homme à s'élancer dans la mêlé sauvage d’une bataille, à s'exposer aux pluies de flèches ennemies ou, à charger une créature faisant plus de trois fois sa taille en hurlant comme une bête sauvage. On me reprochait trop souvent de « ne pas réfléchir » avant d’agir ce qui, n'était qu'une grotesque et fausse accusation. Je réfléchissais juste d’une manière différente. Je ressentais toujours ce besoin primaire d’être dans le feu de l’action, de sentir l’adrénaline naître dans mes muscles, de me fier aveuglément à mon instinct puis, de bouleverser le cours des évènements grâce à mes capacités d’analyse et d’improvisations particulièrement aiguisées. En dehors du champ ardent d’une bataille, ces capacités innées me permettaient de juger rapidement et efficacement les individus. Mais, devant ce fameux gaillard aux vêtements sales et usés, elles étaient mises à rude épreuve. Tout comme ses étranges objets étincelants, le jeune homme me laissait dans une incompréhension des plus énervantes.

- « Ah ! Je vois que nous avons affaire à un connaisseur ! Au vu de votre tenue, vous me semblez être un chevalier n'est-il pas ? » demanda t-il d’une voix pleine d’assurance.

- « Euh, Ouais… » lançai-je, un brin hésitant.

Sans trop se préoccuper de mes quelques mots, le curieux vendeur s’était lancé dans un petit discours très dynamique. En silence, je l’avais écouté avec une attention toute particulière. Alors qu’il vendait intelligemment l’intérêt de sa marchandise, j’avais tout à la fois l’impression de mieux le cerner mais également, de buter dans l’irrationnel. Le semblant de raisonnement qui naissait en mon esprit me paraissait follement invraisemblable. Ce petit coquin semait inconsciemment une belle pagaille dans ma tête !

- « Ah mais je m'égare, je m'égare ! » s’était-il reprit après plusieurs minutes de paroles. - « Alors êtes-vous intéressé par ce que je propose ? » demanda le jeune homme, le regard brillant, plein d’espoir.

- « Hum… » grondai-je en portant une main songeuse à mon menton.

Je m’étais redressé, levant de mon autre main le petit bidule, que je tenais toujours entres mes doigts gantés, vers la lumière du ciel, l’admirant sous cet aspect. Il était si brillant ainsi que, ivre, je l’aurai probablement proclamé comme étant le tout-puissant objet divin.

– « Vous n’avez pas l’étoffe d’un voleur, votre discours est trop bien construit et vous savez argumenter. J’ai comme l’impression que vous avez reçu une riche éducation, de celles qui ouvre d’autres voix que le larcin. Je doute également que vous soyez un revendeur, votre tenue est bien trop usée, vous ne devez pas avoir d’argent à risquer. Dois-je en conclure que ces prodigieux objets sont de votre création ? Comment faites-vous ?! » lançai d'une voix sérieuse dans son raisonnement puis, enjouée dans son questionnement.

Malgré ma carrure imposante de guerrier, j’avais le regard curieux et le sourire joueur d’un enfant à qui on venait de proposer un nouveau jouet et, en quelque sorte, un nouveau camarade de jeu.
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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Lun 28 Mai - 1:48
« Vous n’avez pas l’étoffe d’un voleur, votre discours est trop bien construit et vous savez argumenter. J’ai comme l’impression que vous avez reçu une riche éducation, de celles qui ouvre d’autres voix que le larcin. Je doute également que vous soyez un revendeur, votre tenue est bien trop usée, vous ne devez pas avoir d’argent à risquer. Dois-je en conclure que ces prodigieux objets sont de votre création ? Comment faites-vous ?! »

Gilford s'attendait à tout sauf à cette réponse. Le chevalier appartenait à la catégorie des analystes...ou peut-être se fiait-il simplement à son instinct. La réalité était impossible à définir, mais cela n'avait aucun impact sur l'exactitude de son analyse. Il avait lu en lui comme dans un livre ouvert, comme Ciral Dowin ou ce vieil érudit de Fredegar quelques jours auparavant. Gil fut d'abord tenté de se flatter : "Ah ah, qu'il est ardu de masquer son intelligence quand on dispose d'un esprit si brillant !", avant d'immédiatement se raviser. "Mais quel idiot je fais, ce n'est pas une bonne chose ! Partout où je vais les gens sentent immédiatement que quelque chose cloche dans mon attitude, dans mon apparence, ou même d'autres points qui m'auraient échappé. Mon rôle ne me va pas, est-ce là où je dois en venir ? Me serait-il impossible d'échapper à mon destin ?..."

Ainsi en proie à des digressions internes, Gilford devait faire un choix. La réponse à laquelle il parvint au bout de ses raisonnements était assez claire. Ces gens capables de le percer à jour en un regard, ils avaient jusqu'à lors quelque chose en plus, quelque chose d'impossible à décrire. Le capitaine Dowin et le professeur Fredegar avaient un éclat dans leurs yeux que les autres n'ont pas, un ton innocent et libre dans leur voix, une aisance toute personnelle dans leur façon d'être...en un mot ils étaient totalement en accord avec eux-mêmes et vivaient la vie qu'ils voulaient vivre. Ce chevalier semblait avoir la même chose en lui, de plus la curiosité dont il faisait preuve était sincère. A son tour Gil sentait une aura émaner du personnage. Après tout lui aussi était convaincu qu'il disposait d'une certaine capacité d'analyse. Seulement il se trompait. Le jeune alchimiste avait toujours cru que ce qu'il ressentait était le résultat d'une balance rationnelle opérée par son esprit entre l'environnement, les caractéristiques physiques et les actes visibles de la personne examinée. Un travail intellectualisé en somme. Mais ce n'avait en fait jamais été le cas. Ce qui permettait à Gilford de sentir qu'il pouvait faire confiance à une personne n'était pas son cerveau, mais son instinct. Et la façon dont ce chevalier lui avait immédiatement paru digne d'intérêt était particulièrement éloquente. En une minute un lien était né entre eux deux. Ce genre de signe se devait d'être compris, et Gil en était conscient. Il décida d'abandonner ce rôle idiot et incohérent, pour simplement redevenir lui même. Gilford Howling, l'alchimiste.

"Impossible de vous tromper n'est-ce pas ? demanda-t'il avec un sourire.
Je ne suis effectivement ni un voleur, ni un véritable vendeur. Si je devais décrire en un mot ma situation actuelle, je dirais que je suis un vagabond, mais pas de n'importe quelle sorte. Je viens de Lotheican, je suis alchimiste. J'ai étudié cette matière pendant 9 ans à l'académie de magie, mes connaissances sont assez étendues en ce qui concerne tout ce qui est magique, mythique ou alchimique. Mais je ne supportais pas l'idée de rester enfermé toute ma vie dans une bibliothèque. Alors je suis parti sans me retourner, découvrir le monde. Seulement j'ai payé mon inexpérience au prix fort. Je me suis assez rapidement retrouvé sans le sou et contraint de survivre comme je le pouvais dans la géante Asunia. Ce que vous voyez devant moi sont les produits qui m'ont permis de glaner les quelques pièces assurant ma subsistance. Je les ai effectivement fabriqués, avant de quitter ma ville natale. Extraire et manipuler les essences magiques m'est aisé, je peux les utiliser à ma guise, les insérer dans les objets de mon choix. C'est comme ça que j'ai créé ces babioles. J'ai quelques autres possibilités d'utilisation en tête, comme des bombes que j'aimerais fabriquer mais, il me faudrait encore quelques éléments...En bref je suis effectivement un érudit. Mais je préfère l'extérieur, les grand espaces, l'aventure. Même si la vie que je mène en ce moment ne ressemble pas vraiment à celle à laquelle je m'attendais. Quand à la manière dont je me suis retrouvé à Lotheican...c'est une longue histoire, sachez simplement que j'ai fait la traversée à bord du vaisseau d'un capitaine pirate que j'ai rencontré là-bas...et avec qui j'ai vécu quelques aventures. Mais passons.
"

Là dessus Gilford se leva et tendit sa main droite, recouverte de sa mitaine noire, en direction du chevalier. Et ainsi le boucan de la place du marché d'Alcombord avait disparu, la seule chose qui comptait était à présent le regard de jade de Gil, croisant les yeux d'emeraude du grand chevalier.

"Je m'appelle Gilford Howling"
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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Ven 1 Juin - 5:37
Nullement intimidé, bien que surprit par ma déduction, le jeune vendeur semblait être particulièrement bavard. Ce qui, n’avait rien d’extraordinaire pour une oreille attentive à son discourt. Originaire de Lotheican, la capitale de la magie, ce jeune homme était un étranger pour une ville comme Alcombord et, avec une bourse trouée, il n’était jamais facile de se faire des amis. Non seulement il était bel et bien un érudit mais également un scientifique, un alchimiste. Je ne savais pas grand-chose sur ces gens-là, si ce n’est qu’ils possédaient les connaissances requises pour la réalisation de toutes sortes de curieuses potions, certaines ayant la capacité de guérir et d’autres de tuer. Des rumeurs racontaient que certains d’entre eux s’abonnaient aux jeux des Dieux, créant des vies artificielles et d’autres légendes, les associaient à l’objet divin, qu’ils s’obstinaient à appeler « pierre philosophale ». Si en théorie, j’aurai dû d’avantage m’interroger sur les informations que ce jeune scientifique pouvait par hasard détenir sur l’objet divin, ma jalousie fut la plus forte. Ce filou avait réussi son adhésion à l’école de magie de Lotheican, où il avait eu le privilège d’étudier. Je me souvenais parfaitement, durant mon enfance, avoir tenté de passer les examens d’entrée pour cette école prodigieuse mais, bien qu’ayant le sang d’une grande mage du feu dans les veines, j’avais été recalé comme un moins que rien ! Apparemment mon tempérament enflammé et mon amour pour les armes ne convenaient guère à ses messieurs barbus ! Un Windsor n'acceptant jamais l'échec, j'avais développé une certaine rancune envers les mages de Lotheican. Mais, c'est une autre histoire.

Pour en revenir à nos moutons ; l’appel de l’aventure avait été si fort pour le jeune scientifique, qu’il avait abandonné le luxe et le confort de l’enceinte dorée de l’école de magie pour se plonger à corps perdu dans cette vie qu’il espérait tant. Néanmoins, il ne semblait pas avoir prévu que plus personne ne lui apporterait le petit déjeuné au lit. Son statut de vagabond-marchant était le résultat de son inexpérience et de… Bon, OK. Je n’étais pas particulièrement bien placé pour le juger, ayant juste pris une modeste bourse avant de quitter Asunia à dos de dragon. Au mieux, j’avais de quoi tenir quelques semaines… De quoi espérer que l’objet divin serait offert en guise de cadeau surprise dans mes prochains sacs de provisions.

Comme je l’avais précédemment déduit, le jeune homme était le créateur de ces fabuleuses babioles lumineuses. Plus intéressant encore, il s’intéressait à la fabrication de bombes, ce qui me laissait plein d’étoiles dans les yeux. J’avais toujours eu un petit penchant pour tout ce qui brûle ou explose… Alors le discours de l’érudit touchait à sa fin, une question s’était imposée d’elle-même dans mon esprit. Mais, par tous les Dieux, qu’est-ce qu’un type aussi brillant que lui fait dans les rues à mentir son pain ?!

- « Je m'appelle Gilford Howling. » se présenta-t-il finalement en se levant pour me tendre amicalement sa main.

Ma main gantelée s’était aussitôt emparée de la petite poigne du scientifique, la serrant avec enthousiaste. Ce n’était pas tous les jours qu’on faisait la rencontre d’un tel homme !

- « Je suis... » commençai-je, brutalement interrompu par un impact sur ma cubitière.

Lâchant la poigne du jeune alchimiste, j’avais fait un bond en arrière, mon regard émeraude aux alertes. Je n’avais pas eu besoin de voir la flèche au sol pour deviner ce qui m’avait heurté. Ce n’était pas la première fois qu’un archer se confrontait à la résistance de mon armure. En l'espace de quelques instants, l'agitation sur la grande place s'était transformée, la bonne humeur commerciale avait disparue, laissant place à l'inquiétude. Les vendeurs à proximité se hâtaient de replier leurs marchandises, de peur que des voleurs profitent de l'agitation pour effectuer quelques larcins. Les paysans s'éloignaient suffisamment pour se sentir à l’abri tout en veillant à garder une certaine proximité, afin de pouvoir suivre la scène des yeux. Le silence s'était durement imposé sur cette partie de la grande place du marché, ne laissant plus que quelques lointains murmures vagabonder autour de nous. Six soldats portant l'emblème du royaume d'Alcombord sur leurs cuirasses s'avançaient en notre direction. De par son fier sourire, je n’avais eu aucun mal à identifier lequel des deux archers s’était permit de m’interrompre. Rancunier, j’avais mémorisé chaque trait de son visage, me jurant de lui faire sévèrement regretter cet affront ! J’étais un seigneur, j’étais un chevalier, j’étais un Windsor. Avant d’attenter à ma vie, on se devait d’ouvrir le dialogue ! Je ne pouvais tolérer qu’un petit plaisantin ait tenté de me faire trépasser en m’attaquant en lâche !

- « Arrêtez-les ! » hurla l’un des soldats en pointant son index vers… l’alchimiste Gilford ?!

Je m’étais aussitôt retourné vers le petit gars aux vêtements usés, la mine perplexe.

- « Tu as fait quelque chose de mal ses derniers temps ? » demandai-je à tout hasard en plissant les yeux.

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Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Mar 5 Juin - 21:16
Le chevalier souriait toujours. C'était assez rassurant pour Gilford. Pas le moins du monde rebuté par l'histoire de l'alchimiste, son intérêt semblait même s'en être renforcé. Sa bonne humeur ne l'avait pas quitté. Tous deux amorcèrent l'échange d'une poignée de main, grand moment pour Gil. Lui qui n'avait jamais été très bon pour se faire des amis venait de vaincre une de ses plus mauvaises habitudes. Heureux comme pas deux, le jeune homme observa que le chevalier allait à son tour se présenter.

« Je suis... »

Mais ce dernier, avant même de finir sa phrase, effectua un brusque bond en arrière, lâchant la main de son vis-à-vis. Gil avait entendu un bruit métallique, puis, en repérant la flèche tombée au sol, en déduit rapidement que l'homme en armure avait été pris pour cible. Le visage du chevalier affichait une expression beaucoup plus agressive. Naturellement il n'avait pas apprécié d'avoir reçu le projectile. Le silence qui tomba soudain aux alentours rappela à Gil le désagréable souvenir de la salle de bal du manoir asunian dans lequel il avait vu sa vie défiler devant ses yeux. En quelques instants on vit apparaître six soldats arborant l'emblème d'Alcombord. Qu'est-ce qui était en train de se passer ?

« Arrêtez-les ! »

Ce qui se passait dépassait l'entendement. Le garde venait de hurler en pointant Gilford du doigt. Avant même de ressentir une quelconque pression le premier mot qui lui vint à l'esprit était : "Pourquoi ?!"
En un instant deux hypothèses lui vinrent en tête : La première, quelqu'un d'Asunia l'avait reconnu, puis dénoncé, on voulait l'interroger sur son rôle dans les évènements d'il y a deux jours. La seconde quelqu'un de Lotheican l'avait reconnu, puis dénoncé, et on voulait le ramener à l'académie de magie par la force ou une procédure disciplinaire l'attendait certainement...Mais plus troublant, le garde avait hurlé "Arrêtez-les" et non "Arrêtez-le". Ainsi trois nouvelles possibilités apparaissent : Lui seul est recherché, le chevalier seul est recherché, ou bien tous deux sont recherchés ! Jetant un regard à l'homme en armure, Gil s'aperçut que son regard émeraude le fixait d'un air un peu embarrassé :

« Tu as fait quelque chose de mal ces derniers temps ? » demanda-t'il en plissant les yeux.

Gil n'eut pas le courage de lui expliquer l'ensemble de ses raisonnements dans l'instant. Vu l'état d'excitation dans lequel se trouvaient les soldats, toute négociation semblait impossible, dans un premier temps il fallait fuir. Rassemblant ses affaires en quatrième vitesse il s'adressa à son nouvel ami le grand type :

« Ecoute, cher chevalier, je t'expliquerais bien tout ça mais je crois que le temps presse, il faut partir. Par contre il faut qu'on reste groupés, être séparé de son camarade lors d'une poursuite n'est pas vraiment une bonne chose. Il faut qu'on essaye de les semer ou de les amener dans un endroit désert pour pouvoir euhm...disons que j'espère que l'épée à deux mains que tu portes dans le dos n'est pas là pour décorer ! On y va ! »
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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Mer 20 Juin - 11:43
Ma question ne tombait certes pas au bon moment mais, étant d’une nature autoritaire, j’attendais sagement une réponse de mon nouvel ami, comme si les gardes chargeant en notre direction ne représentaient aucune menace. L’alchimiste Gilford rassemblait en hâte ses nombreuses babioles lumineuses, comme s’il s’agissait là de trésors aux valeurs inestimables. En y pensant, ces objets fascinants étaient tout ce qu’il possédait, ce qui lui permettait de subsister. Vingt joyaux… C’était foutrement donné ! Enfin, c’est avec empressement que le jeune garçon avait levé la tête vers moi pour me répondre, me tirant de mes pensées.

- « Écoute, cher chevalier, je t'expliquerais bien tout ça mais je crois que le temps presse, il faut partir. Par contre il faut qu'on reste groupés, être séparé de son camarade lors d'une poursuite n'est pas vraiment une bonne chose. Il faut qu'on essaye de les semer ou de les amener dans un endroit désert pour pouvoir euhm...disons que j'espère que l'épée à deux mains que tu portes dans le dos n'est pas là pour décorer ! On y va ! » lança t-il.

Camarade… A l’entente de ce mot, une bouffé absurde d’émotion était montée en moi mais aussitôt, je m’étais repris, affichant mon habituel sourire joueur.

- « Je sens qu’on va bien s’entendre ! » répondis-je avec enthousiaste.

Ignorant les hurlements, pourtant si proches, des soldats d’Alcombord, je m’étais élancé dans leur direction opposée, sautant par-dessus quelques caisses vides, abandonnées ci et là par des marchands. Je n’avais pas pour habitude de fuir, quel que soit le nombre ou la force de l’ennemi mais, la couverture sur mon identité n’étant pas encore compromise, je ne devais prendre aucun risque. Si les gardes d’Alcombord n’étaient qu’un frêle menu pour un chevalier de ma trempe, je ne doutai pas que d’autres guerriers, bien plus dangereux, étaient d’ores et déjà à ma recherche.

A ma grande surprise, je m’avérai être plus rapide que je ne l’aurai imaginé. Enfin, c’est ce que je m’étais laissé croire après avoir jeté un furtif coup d’œil derrière mon épaulière, voyant les silhouettes en armures à une bonne vingtaine de pieds de nous. Je n’avais alors pas remarqué les arcs tendus des soldats portant l’emblème de la cité marchande. La première flèche s’était plantée dans une charrette à quelques mètres de moi alors que la pointe de la seconde, avait méchamment effleurée ma joue. Cet enfoiré archer ! Que les Dieux veillent sur lui car, je vais me le faire ! M’inquiétant pour mon nouvel ami alchimiste alors que d’autres flèches frappaient sauvagement le sol, je m’étais subitement retourné, freinant dangereusement ma course, pour le chercher du regard mais, le coquin m’avait déjà devancé. Ce petit gars était une véritable bête de course !

- « Nous devons absolument quitter la grande place et ses avenues ! » hurlai-je pour Gilford. Dans ces espaces larges et dégagés, nous étions des proies faciles pour les archers de la garde d’Alcombord. Néanmoins, un autre problème risquait bientôt de nous faire obstacle. Les ruelles étroites de la ville marchande menaient le plus souvent à des culs-de-sac…

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Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Jeu 28 Juin - 0:36
« Je sens qu’on va bien s’entendre ! »

A peine les mots eurent-ils fusé de sa bouche, le chevalier avait déjà lancé sa course. S'étant immédiatement retourné, il était parti dans la direction opposée aux soldats. Ceux-ci remarquant le début de fuite de l'une de leurs cibles, les gardes accélérèrent le pas. Que devait faire Gil au milieu de tout ça ? La réponse était dans l'immédiat limpide : Courir, de toutes ses forces. Il avait bien fait de ranger ses affaires quelques instants plus tôt. La perte de temps potentiellement subie du fait d'un rassemblement dans l'urgence de sa marchandise lui aurait été fatale. Sans vraiment savoir pourquoi, il sourit. Il s'agissait à la fois de d'excitation et de dépit. L'esprit de l'alchimiste était partagé entre : "Encore une poursuite...?" et "Ha ! Il leur faudra bien du courage pour nous rattraper, que le jeu commence !". Cette dernière humeur prit rapidement le dessus sur la première. Voir le déroulement des évènements comme un jeu était terriblement plus excitant...et dans l'adrénaline, tant de choses peuvent se produire, au delà même de toute possibilité de prévision, que l'appel de l'aventure sembla plus irrésistible que jamais à Gilford. Après un rapide coup d'oeil en direction des poursuivants, Gil prit à son tour la poudre d'escampette.

En quelques instants, il avait rattrapé son camarade en armure. Il l'avait même dépassé l'instant d'après. Facile de déduire que le poids de l'équipement du chevalier devait fortement le ralentir. Pourtant son allure était déjà assez impressionnante. Cet homme disposait de qualités physiques exceptionnelles, sans le moindre doute. Mais c'est en voyant plusieurs flèches les frôler que Gil comprit à quel point une armure allait lui manquer. Une première se ficha dans une charrette à quelques pas d'eux, puis une autre manqua de toucher le chevalier à la nuque, effleurant au passage sa joue droite. La situation devenait critique. Ces archers étaient doués, ils n'allaient pas tarder à calibrer leur fenêtre de tir...et à atteindre leur cible. Gilford parvint rapidement à la conclusion qu'il fallait quitter cette large avenue...

« Nous devons absolument quitter la grande place et ses avenues ! » Hurla l'homme en armure à l'alchimiste.

"Bon sang ce type a vraiment les bons réflexes ! pensa Gil. Dans ce style de configuration, l'une des meilleures options est de réduire la mobilité et le champ de tir des poursuivants. En rejoignant d'étroites ruelles, nous forcerions les soldats à se mettre en file droite, et ils seraient dès lors fortement ralentis, tout comme ils seraient à la merci de projectiles et de pièges laissés derrière nous ! Oui c'est la meilleure solution...sauf si on se retrouve dans un cul-de-sac. Quoique...cet homme aux yeux émeraude m'impressionne de plus en plus, il n'est même pas essoufflé avec tout ce qu'il a sur le dos...Je serais même incapable de soulever cette immense épée qu'il a dans le dos...Attends, "cette immense épée" ? Mais bien sur ! Au contraire nous retrouver dos au mur serait une excellente opportunité, peut-être même le meilleur cas envisageable !"

«Entendu ! Alors à droite toute à la prochaine rue ! » Cria Gil en réponse à son camarade d'infortune. Il avait lancé l'idée au hasard, n'ayant aucune idée de l'organisation urbaine de la cité portuaire. Pourtant il dut rapidement se rendre compte que son intuition était bonne. Poursuivant droit devant deux, les deux jeunes hommes distinguèrent une mer d'armures qui se dessinait au fur et à mesure de leur progression, plusieurs mètres devant eux. La garde d'Alcombord ! Gilford pria pour que l'entrée d'une ruelle se dessine à leur droite, où ils étaient perdus. Fort-heureusement c'est ce qui se produisit. Toujours légèrement en avance sur le chevalier, l'alchimiste bifurqua brusquement, au prix d'un petit dérapage durant lequel il manqua de se tordre la cheville. S'engouffrant dans la ruelle, sautant par dessus les caisses qui la parsemaient, il pria pour qu'une autre patrouille ne les attende pas au prochain embranchement...


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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Ven 13 Juil - 9:10
Morbleu, mais qu’avait fait ce filou de Gilford pour s’attirer à ce point les foudres de la garde d’Alcombord ?! Ils avaient, comme qui dirait, sorti le tapis rouge juste pour ce petit veinard ! Le jeune alchimiste avait-il vendu une marchandise défectueuse au commandant Corentin Eudès lui-même ? Quoi qu’il en soit, un nombre important d’hommes avaient été déployés et je redoutai l’application d’une quelconque stratégie. Il était bien plus facile de maitriser des fuyards en les attirant dans une impasse qu’en leur courant après, surtout dans une ville aux rues labyrintesque comme celles de la cité marchande. Il était également possible que ma présence à Alcombord ne soit plus un secret... Cette dernière éventualité n’avait rien de rassurante, le dirigeant de la ville portière étant un stratège hors du commun.

- « Dis donc Howling, t’as un paquet de clients mécontents aux fesses! » lançai-je sans ralentir le pas, suivant toujours le jeune érudit.

Je courrai aussi vite que mon corps me le permettait, essayant de ne pas trop me faire distancer par mon nouvel ami, ce qui était en soit un véritable exploit tant ce petit filait comme le vent. J’affrontai tous les obstacles se dressant sur ma route, bousculant quelques passants par accident, frôlant brutalement de mon armure les charrettes laissées ci et là, contournant le bétail, m’amusant même à faire tomber et rouler quelques tonneaux pour gêner la course de nos poursuivants. Un sourire sournois et un petit rire sadique avaient illuminés mes traits au moment où un bruit sourd de ferraille me confirma que l’un des soldats s’était retrouvé cul contre terre.

Bien que nous venions à peine d’entamer l’effort, je soufflai déjà comme un bœuf, n’ayant jamais était très endurant et n’ayant tout simplement pas pour habitude de prendre la poudre d’escampette. Si notre course effrénée nous avait rapidement éloignés du centre-ville et de la grande place, nous n’étions pas hors de danger pour autant. Les flèches fusaient encore de manière hasardeuse derrière nous, pourtant dénuées de l’espoir d’atteindre leurs cibles, et des soldats nous attendaient à certaines interceptions, nous obligeant à plonger in-extremis dans une autre. Au début, je n’y avais pas réellement prêté attention, me contenant simplement de suivre le jeune prodige de l’école de magie. Mais peu à peu, à force de croiser de nouveaux groupes de guerriers d’Alcombord et de n’avoir qu’un seul choix de chemin où fuir, la lumière se fit dans mon esprit. Les fourbes d’hommes ! C’est après s’être enfoncés dans des ruelles plus étroites et sombres, où des odeurs nauséabondes agressaient sauvagement nos pauvres narines, que ma poigne de fer choppa le vêtement de Gilford, le soulevant de quelques centimètres du sol pour stopper sa course.

- « Attends une minute ! » l’interceptai-je. – « Ces coquins nous forcent à aller dans une direction précise. Ça empeste le piège à plein nez ! Enfin, ça empeste tout court… » Commençai-je en fouettant l’air de ma main libre devant mon visage. – « Néanmoins, je me sens d’humeur joueuse. Que dirais-tu de les chambouler un peu ? » Demandai-je, mes lèvres animées par un sourire espiègle.

Comme pour illustrer mes propos, mon regard s’était dirigé vers des caisses de bois abandonnées avant de les escalader pour atteindre le sommet du mur derrières-elles puis, de grimper sur ce dernier pour se faufiler sur les toits de tuiles. Alcombord se trouvait être un terrain de jeu particulièrement intéressant pour le peu qu'on sache prendre un peu de hauteur.

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Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 15 Juil - 23:11
On courrait depuis un moment maintenant, mais impossible d'en mesurer précisément la durée. Tout s’enchaînait très rapidement, d'une flêche qui nous frôle, au choix instinctif effectué d'un embranchement à l'autre, pour tenter d'échapper à nos poursuivants. Pourtant quelque chose n'allait pas, vraiment pas. Pourquoi n'étions nous pas déjà tirés d'affaire ? Nous avions semé les premiers soldats qui nous avaient pris en chasse depuis bien longtemps. Ceux qui nous collaient au train étaient d'autres hommes. Et à peine une escouade contournée, une autre apparaissait...c'était bien plus qu'une simple poursuite, il s'agissait là d'un véritable plan élaboré en amont pour nous coincer. Quelle catastrophe !

La tournure que prenaient les évènements n'avait même pas été envisagée par Gil lorsqu'il vit les soldats débouler sur la place du marché. Il n'y avait maintenant plus aucun doute, c'était le chevalier qu'on recherchait. C'est vrai, rien de ce qu'il ait pu jamais faire ne justifierait une telle organisation...qui était donc son mystérieux compagnon en armure ? Questionnement immédiatement interrompu par l'apparition d'un autre groupe de soldats apparaissant à la sortie de la ruelle qu'ils avaient emprunté quelques secondes plus tôt. Le temps n'était pas à la réflexion mais à l'action. Se sortir de la était la priorité absolue. Un nouveau détour amena les fugitifs dans un nouveau réseau de couloirs, encore plus sombres et malsains que les précédents. Ils devaient être arrivés dans un quartier pauvre de la ville. Le genre où les animaux et les hommes vivent selon le même mode de vie, mode de vie que ne s'encombrait pas d'un semblant d'hygiène, puisque subsister était la seule priorité. Ceci étant, l'odeur qui émanait de l'endroit était absolument pestilentielle. Gilford pensa à quitter ces taudis le plus rapidement possible et commença à accélérer. Mais c'est alors que la main gantée du chevalier le saisit pour l'arrêter.

« Attends une minute ! Ça empeste le piège à plein nez ! Enfin, ça empeste tout court…Néanmoins, je me sens d’humeur joueuse. Que dirais-tu de les chambouler un peu ? »

Tout en disant cela, il regardait vers le haut, m'indiquant des caisses qui nous permettraient d'atteindre le toit. Je commençais à me dire que je n'aurais pas pu tomber sur un compagnon plus alerte.

« On continue sur les toits ? » Risquai-je à l'encontre du chevalier. La question étant bien entendu rhétorique. C'était la meilleure solution envisageable. De là-haut les soldats seraient visibles plus rapidement, les patrouilles plus faciles à éviter, et avec un peu de chance, elles ne penseraient pas à venir nous chercher si loin. Cela permettrait aussi à mon camarade de reprendre son souffle. Tout athlète qu'il était, il portait un poids monstrueux sur le dos et devait avoir besoin de souffler un peu. En plus, sur les toits, je suis chez moi, pour ainsi dire.

C'est ainsi que Gil, sautant sur les-dites caisses, rejoignit les hauteurs d'Alcombord. Pas le temps d'être émerveillé par la fantastique vue sur l'océan offerte par l'altitude, il fallait se presser pour gagner un maximum de temps. Le deuxième round de la poursuite venait de se lancer, et cette fois Gil et le chevalier avaient l'avantage...du moins fallait-il l'espérer.

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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Jeu 26 Juil - 2:52
Ma main attrapa celle du jeune érudit et, d’un simple geste, l’aida à me rejoindre sur la plateforme de tuiles. Des regards d’enfants s’étaient un instant perdu sur l’horizon, admirant l’étendue infinie de l’océan dont la surface, illuminée par les rayons indécents du jour, semblait être recouverte de milliers de diamants. Les plus beaux trésors n’étaient définitivement pas ceux enfermés dans les coffres. Mais, l’heure n’était pas à la rêvasserie. Délaissant le paysage, je m’étais retourné vers Gilford avant de lui adresser un hochement de tête complice puis, notre course reprit de plus belle.

Les toits formaient un étrange circuit parcourant l’incroyable citée marchande dans sa totalité. A cette hauteur, j’avais l’impression de maitriser de nouveau la situation, apercevant à présent le piège sournois tendu par les troupes d’Alcombord d’un nouvel angle. Il nous suffisait de repérer les hommes en armures à distance et, dans la plus grande discrétion, choisir le chemin le plus approprié afin de nous éloigner de la gueule du loup. Tout en réfléchissant à la suite des évènements, je suivais mon nouvel ami au long manteau usé. Une brise légère et rafraichissante accompagnait notre périple, jouant dans nos cheveux et secouant ma cape écarlate dans mon ombre. Le sol de tuiles colorées semblait relativement fragile sous mon poids et, à plusieurs reprises, un craquement sec et menaçant sous mes solerets m’avertissait de ralentir le pas. N’étant pas du genre à me préoccuper des détails, j’avais continué comme si de rien n’était. Ah, ma légendaire négligence ! Aussi léger et agile qu’un chat de gouttière, le jeune alchimiste semblait quant à lui dans son élément. Après plusieurs minutes de progression à travers les hauteurs de la citée marchande, les soldats se faisaient de plus en plus rares, nous offrant un moment de répit. J’en avais alors profité pour reprendre un semblant de conversation avec le jeune génie.

- « Au fait, je m’appelle Seyren ! Seyren Windsor. » Lançai-je en levant suffisamment la voix pour être entendu par mon nouvel ami. – « Et pour tout te dire, j’ai comme l’impression que tout ce cirque a était orchestré juste pour mon joli minois. A vrai dire, je n’ai plus vraiment beaucoup d’amis depuis quelques semaines… Je risque de t’attirer des ennuis. Tu devrais peut- »

Tout s’était déroulé à une vitesse vertigineuse. Impuissant face au court des évènements, mon visage était resté gravé dans la stupeur. Mes derniers mots s’étaient brutalement perdus dans un boucan métallique, me faisant presque oublier la fin de la phrase que je n’avais pu achever. Plusieurs tuiles avaient cédées sous mes pieds et, perdant un équilibre déjà instable à la base, j’étais tombé sur le côté, chutant dangereusement du toit. Ne me laissant pas totalement dévorer par une surprise pouvant m’être fatale, j’avais eu le réflexe durant ma chute de m’accrocher à la première chose venue, une gouttière en l’occurrence, bien que celle-ci n’avait pas tenue longtemps, elle avait suffisamment freinée ma cascade pour m’éviter le pire.

Plusieurs soldats s’étaient rassemblés dans une ruelle afin de faire le point sur leur situation. Ils discutaient entres eux des conséquences d’une éventuelle retraite, plus inquiet pour leur carrière que pour leur mission qu’ils considéraient déjà comme un triste échec. Ces gens, certes très lâches, ne pouvaient alors pas imaginer que l’ironie du sort jouerait un tour en leur faveur.

Dans un fracas de bois brisés, j'avais atterris dans un tas de caisses contenant divers sacs d'épices au parfum trop prononcé pour être agréable. Même sans ressentir la douleur physique, je pouvais aisément comprendre que mon atterrissage ne s'était pas tout à fait déroulé en douceur. Chaque muscle de mon corps semblait peser des tonnes et une cloche douloureuse retentissait dans ma tête. Bien que tout semblait naviguer en pleine tempête autour de moi, je pouvais clairement distinguer le groupe d’hommes en armures s'approchait d'un pas méfiant. Je n'avais pas eu besoin de repérer les couleurs de l’emblème d’Alcombord pour deviner que j'étais dans de beaux draps.

- « Et merde... » Lançai-je en portant une main à ma tête, encore sonné.

Les épées furent tirées de leurs fourreaux dans un frottement d'acier. Deux arbalètes s'étaient braquées sur moi, l’espace entres mes prunelles émeraudes pour cible. Ne paniquant pas le moins du monde, un étrange sourire s'était même animé sur mes lèvres. Au moins, ce gaillard d'alchimiste avait réussi à leur échapper !

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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Jeu 9 Aoû - 22:13
Il faut avouer que depuis que nous avions atteint les toits, la pression était largement retombée. Le pas était toujours pressant et le risque important, mais au moins plus aucune flèche ne nous frôlait, et plus aucun soldat ne nous coursait. Les clés étaient entre nos mains, et la suite des évènements dépendait de notre prochain mouvement. Peut-être fallait-il quitter cette partie de la ville et se rendre dans des quartiers plus aisés où ils ne penseraient pas à venir nous chercher. Ou peut-être se réfugier dans une auberge...a moins que ce ne soit trop voyant...il faudrait se réfugier dans un endroit qui serait étranger à toute juridiction, un coin où les soldats en service n'auraient rien à faire...un bordel ?

Cette simple pensée fit rougir Gilford, un peu honteux à l'idée de pénétrer en un tel lieu simplement pour échapper à une ribambelle de gardes. Il faut dire que les femmes avaient toujours été un grand mystère pour lui. Ne connaissant pour ainsi dire d'elles que leur différences chromosomiques avec les hommes. Au fil de son développement, Gil n'avait finalement été en contact qu'avec peu de gens. Ses parents absents, puis le fait de n'avoir grandi qu'avec des hommes d'âge mur ont certainement laissé des vides émotionnels assez profonds chez le jeune homme, en particulier amicaux et sentimentaux. Repensant à tout ça en un flash, un petit poids se forma dans son ventre. C'est vrai qu'il avait presque toujours été seul. Mais il s'était fait un ami ! Le pirate Dowin. Et ce chevalier avec qui il poursuivait sa folle échappée serait peut-être le suivant ? Il fallait cependant que ce dernier donnât son nom avant de pouvoir envisager une telle idée...

« Au fait, je m’appelle Seyren ! Seyren Windsor. »

Le chevalier avait haussé la voix pour que je puisse l'entendre. Je me rendis alors compte que j'étais plutôt en avance sur lui, logique après tout compte tenu de notre différence de poids. Je tournai la tête pour lui signifier que ses mots m'étaient parvenus. Il s'appelait donc Windsor. N'importe quelle personne un tantinet cultivée à Midgard connaissait ce nom. C'était celui de cette lignée de commandants aux armées d'Asunia, ayant accompli tant d'exploits...Sauf erreur de ma part, Seyren était par ailleurs le prénom le plus attribué dans la famille, je me trouvais donc peut-être devant un descendant de ce clan. Je dis peut-être, car usurper un nom est chose aisée lorsqu'on a aucun moyen de vérifier, tout comme il s'agissait peut-être d'un homonyme ou d'un bâtard...quoi que la magnificence de son armure semblait remettre en cause cette théorie. En bref l'évocation de ce nom m'amena à cogiter encore un peu plus que d'habitude. J'étais tenté de lui répondre : "Seyren Windsor ? LE Seyren Windsor ?", avant que tout ne s'éclaire dans mon esprit. Seyren Windsor XII, commandant de la garde d'Asunia, celui qui avait été choisi pour exercer la régence du royaume, il avait déserté il y a quelques mois, abandonnant ses responsabilités sans sommation ni explication. L'affaire avait fait grand bruit, et dans tout Midgard on avait eu vent de cette défection. Ceci pouvait tout expliquer. Cette poursuite avec le reste...fascinant. Le temps que Gil formule une réponse, Seyren reprit :

« Et pour tout te dire, j’ai comme l’impression que tout ce cirque a était orchestré juste pour mon joli minois. A vrai dire, je n’ai plus vraiment beaucoup d’amis depuis quelques semaines… Je risque de t’attirer des ennuis. Tu devrais peut- »

Le chevalier s'interrompit à la suite d'un "crac" sonore, qui venait de retentir. Du moins c'est ce que Gilford croyait. Seyren ne s'était pas coupé lui même la parole, une chute due à la rupture d'un groupe de tuiles s'en était chargée ! Se retournant à nouveau, Gil ne put que constater que son compagnon ne le suivait plus. Repérant le cratère laissé derrière lui, il s'y précipita et prit rapidement conscience de la gravité de la situation. Le pauvre Windsor venait de se relever, mais il avait fait une très lourde chute, et sa réception avait certainement été on ne peut plus douloureuse. Titubant un peu, hébété, sonné, il ne pouvait que constater que le destin venait de lui jouer un bien sale tour. Non content de le faire chuter, il l'avait plongé au milieu d'une escouade stationnée là..quelle poisse.

Trois épéistes, deux arbalétriers...et ceux-ci venaient de pointer leurs carreaux sur Seyren. Trop peu de choix s'offraient à lui pour lui assurer une sortie sans encombre. Au moindre mouvement de sa part, il allait se faire trouer, ni plus ni moins. A cette distance, aucune chance que ces tireurs ne manquent leur cible. Néanmoins, les épéistes pouvaient être rapidement maîtrisés par Windsor pour peu que ce dernier réussisse à sortir son énorme épée et à la faire tournoyer un peu. La priorité était de neutraliser les arbalétriers...non, les arbalètes !

Fouillant dans son baluchon, Gil en sortit deux fioles de feu perpétuel. S'il les lançait comme il le fallait. Le cristal se briserait et mettrait le feu au bois...Mais autant faire confiance au feu alchimique pour faire correctement ce travail était aisé, autant l'assurance pour Gil d'atteindre ses cibles n'était pas acquise, loin de là. Il se trouvait au dessus, ce qui lui facilitait la tâche, mais il était au moins à six ou sept mètres...c'était vraiment serré ! Pas le droit à l'erreur...mais si ! Au mieux il touchait les arbalètes et atteignait son but, au pire il détournait l'attention des arbalétriers, qui avec un peu de chance, allaient tirer leur carreau en direction de Gilford. Seyren aurait alors le champ libre ! L'esprit ainsi libéré, Gil effectua ses deux jets. Aucun d'entre eux n'atteignit les arbalètes, mais alors que l'une des fioles ricochait sur l'armure du premier soldat, la deuxième mit feu au pantalon et au tricot de corps du second ! Alors que le pauvre incrédule assistait impuissant à la naissance et à la propagation des flammes (lâchant son arbalète de surcroît), son camarade poussa un puissant "Hey !", se retourna en direction de l'alchimiste, et tira. Un carreau précipité que Gil n'eut pas de mal à éviter. A présent c'était à Seyren de jouer. La diversion avait parfaitement fonctionné. Le malheureux type en flammes attirant même totalement l'attention des épéistes. La voie était royale pour le Windsor (et ce sans mauvais jeu de mots).
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Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Jeu 23 Aoû - 10:46
Alors que les guerriers de la cité portuaire s’avançaient vers moi d’un pas déterminé, l’arme au poing, je cherchai un moyen de me sortir de ce beau pétrin. Je ne pouvais utiliser aucune forme de magie, une incantation m’aurait valu illico un carreau d’arbalète dans le crâne et, quant à utiliser la magie de feu de mon épée, fallait-il encore pouvoir la dégainer discrètement… Et la 9k, dans toute sa splendeur, n’avait absolument rien de discret. Alors que je me redressai lentement, montrant docilement le plat de mes mains, la solution tomba du ciel. N’allez pas croire à un quelconque miracle divin, à moins que les anges se cachent parmi les hommes en empruntant les vêtements des plus démunis… ? Dans le court de l’action, j’avais eu la chance de reconnaître les petites babioles lumineuses que vendait l’alchimiste Gilford avant qu’elles n’explosent subitement sur deux des soldats d’Alcombord, l’une d’elle enflammant voracement les vêtements d’un des arbalétriers ! Les créations du jeune érudit n’avaient pas finies de m’étonner ! L’homme touché était tombé à terre, hurlant d’effroi et essayant d’éteindre les flammes à l’aide de ses mains. Un de moins. A mon tour !

Profitant de la diversion déclenchée par l’alchimiste, mon poing s’était violemment abattu sur le visage du second archer, vengeant Gilford pour la flèche qui aurait pu lui coûter la vie. A peine mon premier adversaire fût maitrisé, tombant lourdement au sol, que la lame d’un second avait manqué de me percer l’estomac, m’obligeant vivement à reculer sur le côté. La surprise prenant fin, j’avais toute l’attention des trois autres soldats. Un large et sournois sourire s’était dessiné sur mes lèvres et tout en arquant un sourcil, j’avais invité les trois hommes à venir m’affronter d’un geste de la main. L’un d’eux, celui dont je connaissais déjà la lame, chargea avec fureur. Il était si simple de provoquer les recrues les moins expérimentées ! Attrapant ma dague à ma ceinture, j’avais aisément paré son attaque en bloquant le tranchant de sa lame entre le fer et le manche de mon couteau. Puis, d’un coup de pied, j’avais repoussé l’ennemi avant de pivoter sur moi-même, attrapant juste à temps la garde ma gigantesque épée pour parer celle d’un autre guerrier d’Alcombord. Le tissu enroulant la 9k s’était déchiré à ce contact tranchant, libérant l’éclat écarlate de la légendaire épée des Windsor. Ma dague rangée à ma ceinture, j’avais empoigné mon épée à deux mains, prenant appuis sur les muscles de mes jambes. Je me sentais comme invincible. Comme si qu’avec cette épée, seule la victoire m’était promise.

Dans un rugissement guerrier, j’avais fondis sur mes adversaires. Le combat fût incroyablement rapide. Le plat de ma lame avait heurté un bras armé, le brisant de ma seule force brute. Profitant pleinement de mon élan, j’avais administré un farouche coup d’épaule dans le thorax du deuxième épéiste, lui coupant violemment le souffle au point que son arme rejoignit instantanément le sol dans un fracas métallique. Enfin, d'un dernier vacillement d'épée, j'avais désarmé le soldat restant, faisant voler sa rapière au loin. L'homme en armure s'était laissé tomber à genoux, admettant sa défaite et implorant ma bonté de bien vouloir lui laisser la vie sauve. Mon regard fauve s'était planté dans le sien, sans aucune pitié apparente.

- « Transmets mes salutations à ce cher commandant Eudès. » ordonnai-je, la pointe de ma lame écarlate appuyée contre sa gorge.

Faisant claqué ma cape derrière moi, je m'étais subitement retiré, rangeant l'immense épée d'un rouge ardent dans mon dos et abandonnant dans mon ombre les adversaires vaincus, bien que la plus part d’entre eux étaient toujours en état de combattre. De toute évidence, ce n'était là que le menu fretin. De nouveau aux pieds du grand édifice - d'où je m'étais joliment cassé la figure pour rester courtois -, j'avais porté une main au dessus de mes yeux, levant la tête en affrontant la lueur aveuglante du soleil pour apercevoir la fine silhouette du jeune alchimiste.

- « Howling ! Bordel, mais qu’est-ce que tu fous encore ici ?! » Criai-je en levant un poing menaçant vers le toit. Bon je l’avoue, j’étais content de revoir ce sympathique gaillard, d'autant plus qu'il venait de me sauver la mise. – « Comment vais-je bien pouvoir remonter… » Murmurai-je à moi-même. Mais la question était plutôt… – « Hey Gilford, comment vas-tu descendre ? » Demandai-je en portant mes mains en porte-voix.
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Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Lun 3 Sep - 0:29
"Quelle démonstration de force...incroyable."

Gilford n'en revenait pas ses yeux. Il s'attendait certes à ce que ce Windsor soit un guerrier farouche, mais la scène à laquelle il venait d'assister le laissait pantois. Cet homme est une bête sauvage...un tigre ? un dragon ? Tout à la fois ? Impossible de le dire. Autant Gil avait pu observer dans le style du capitaine Dowin la fluidité, la ruse et la surprise, autant durant ce simulacre de bataille, il n'avait vu que la puissance pure. Il était tellement au dessus des autres que la seule diversion lui avait permis de s'en sortir sans la moindre égratignure. Chaque soldat qui avait tenté sa chance avait été repoussé sans ménagement. Les autres , voyant cela, avaient rapidement pris la fuite. C'était certainement la décision la plus sage.

Tout s'était joué en quelques instants et malgré cela, le jeune Howling avait encore eu l'impression d'avoir vu défiler une quantité folle d'informations dans son esprit, si bien que sa perception du temps s'en était trouvée modifiée. Intelligent, le garçon savait déjà qu'il n'égalerait jamais ce colosse de Seyren en force pure. Mais plus il était confronté aux situations de crise, plus sa capacité d'analyse grandissait, c'était là son point fort. De plus il n'avait pas imaginé que ses babioles allaient si bien remplir leur office. Si quelques flammèches dans leur écrin de verre pouvaient occasionner ce genre de dégâts, quel serait le résultat si l'on créait de véritables bombes élémentales ! La curiosité poussait Gil à se rapprocher de ce guerrier. En tout les cas l'accompagner serait enrichissant. Au mieux il pouvait lui apprendre quelques trucs de chevalier, qui lui permettraient d'améliorer sa force ou son endurance...et puis s'il avait quitté ses responsabilités de la sorte, c'est qu'il avait une bonne raison, raison qui intéressait également Gil. De toute façon il ne pouvait pas rester dans le coin, il lui fallait voyager. En marchant avec lui, le jeune alchimiste ferait d'une pierre deux coups : Il réaliserait son rêve de partir à l'aventure, et il pourrait rechercher les ingrédients nécessaire à la confection de nouveaux gadgets, son pêché mignon, qui pourrait bien se révéler fort utile par la suite. Sa décision était prise il devait l'accompagner.

« Howling ! Bordel, mais qu’est-ce que tu fous encore ici ?! »

Seyren avait repéré Gil en hauteur, et venait de l'invectiver. Face à cet appel en forme de remontrance,
l'alchimiste fut légèrement piqué au vif. Après tout c'était grâce à sa diversion qu'il avait pu s'en tirer.

« Je te sauvais la mise, gros malin ! »

Impossible de savoir si la voix de Gil n'avait pas porté assez loin, ou si le chevalier faisait mine de ne pas avoir entendu, mais il poursuit immédiatement :

« Hey Gilford, comment vas-tu descendre ? »

Windsor ignorait que Gil était passé maître dans l'art subtil de l'escalade. Lors de sa courte épopée sauvage, il s'était exercé à grimper aux arbres jusqu'à acquérir une dextérité certaine en la matière.

« Ah, pour ça ! Je vais le faire à l'ancienne ! »

Prudemment mais à vitesse constante, prise après prise, Gilford descendit le mur géant, prenant soin de ne pas regarder par les fenêtres, évitant de s'immiscer dans la vie privée des habitants d'Alcombord. Il fut rapidement de retour sur la terre ferme, bien décidé à parler sérieusement au chevalier.

« Ecoute Seyren, maintenant qu'on est un peu tranquille, j'aimerais qu'on discute un peu. Tu es Seyren Windsor XII n'est-ce pas ? J'ai plein de questions à te poser. Pourquoi as-tu subitement déserté ? Quels sont tes projets actuels ? Et... (Gilford hésita un moment, comme s'il cherchait ses mots, à la fois intimidé par le grand chevalier, et anxieux quand à sa réponse ) et par dessus tout accepterais-tu que je t'accompagne ?»
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Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Lun 17 Sep - 6:30
Je ne pouvais qu’être admiratif devant l’agilité et la dextérité du jeune érudit. Par ailleurs, il ne semblait pas avoir passé tant de temps que ça devant des montagnes de livres, enfermé dans le noir, à l’ombre d’une chandelle. Gilford me semblait plus être un aventurier qu’un scientifique ou, un étrange et fascinant mélange des deux. Quoi qu’il en soit, j’en étais sûr, ce gaillard était fait pour être sur le terrain. Une fois pied à terre, le regard à présent sérieux de Howling s’était braqué dans le mien. Je n’avais jamais apprécié ce type de regard, annonciateur d’ennuis.

- « Écoute Seyren, maintenant qu'on est un peu tranquille, j'aimerais qu'on discute un peu. Tu es Seyren Windsor XII n'est-ce pas ? J'ai plein de questions à te poser. Pourquoi as-tu subitement déserté ? Quels sont tes projets actuels ? » M’interrogea le jeune alchimiste. Des questions qui fâchaient. Je m’étais subitement braqué, fronçant les sourcils. - «… et par-dessus tout accepterais-tu que je t'accompagne ? » Termina-t-il avec incertitude.

Mon regard émeraude était passé de l’irritation à la surprise et ma bouche en était restée grande ouverte. Que venait-il de demander, là, tout de suite ?

- « T’es un peu taré toi… » Déclarai-je en arquant un sourcil.

Comme quoi, je n’étais peut-être pas l’homme le plus fou de toute rune Midgard ! Si j’avais tout abandonné, même le trône d’un royaume, pour me lancer dans la quête folle d’une relique à l’existence incertaine, il y avait-là un homme encore plus dément que moi, prêt à me suivre ! Un large et amical sourire s’était dessiné sur mes lèvres. Je lui étais infiniment reconnaissant… Des hurlements lointains, probablement à peine à quelques ruelles de nous, nous avaient subitement arrachés à notre début de discussion. Décidément, ils n’abandonneraient jamais !

- « Si tu veux connaître les réponses à tes questions, je te conseil de me suivre ! »
Lançai-je en m’élançant au pas de course, l’épée des Windsor attachée à mon dos.

De toute évidence, le trouble régnait d’ores et déjà dans les troupes des soldats de la cité portuaire. Leur petit stratagème s’était avéré être un bel exemple d’échec. Néanmoins, je craignais un soudain repli des troupes… Notre position ne devait plus être un secret pour personne et, le piège pouvait encore se remodeler et se refermer impitoyablement sur nous. Fuir au hasard ne nous mènerait qu’à notre perte. Soudainement, je m’étais immobilisé, attrapant le petit Gilford, qui m’avait dépassé, par son manteau usé pour le soulever de terre et, mettre fin à sa propre course. J’avais levé la tête vers le ciel, repérant sans difficulté le grand clocher. Un sourire déterminé avait souligné mon idée.

- « Je sais où nous allons nous replier. »

Sans donner d’avantage d’explications, j’avais lâché Gilford, reprenant mon rôle de guide à travers des ruelles de moins en moins fréquentées. Et pour cause… Au fur et à mesure de notre avancement, des odeurs nauséabondes commençaient à agresser nos narines, témoignant de la présence d’excréments et autres détritus délaissés ci et là. Puis, pour couronner le tout, j’avais dépassé le fameux clocher et contournais un petit pont pour me rendre en dessous de son passage, là où une énorme ouverture dans la pierre menait… Aux égouts de la cité. Sans dire un mot – et non sans ranger mon honneur de chevalier bien au fond de ma poche -, j’avais pénétré l’ignoble lieu, marchant dans une mare sombre et dégoutante qui m’arrivait aisément aux genoux. Si l’odeur était tout bonnement insupportable, les insectes qui nous agressaient sans aucune retenu l’étaient tout autant. A plusieurs reprises, je m’étais retourné pour m’assurer que l’alchimiste me suivait toujours. Le jeune homme semblait tout aussi répugné que moi du lieu dans lequel on s’était fourrés mais, continuait de progresser tant bien que mal. Dans ce tunnel de putréfaction, la lumière se faisait de plus en plus rare et, j’en avais été réduit à avancer presque en parfait aveugle. Après d’interminables minutes à marcher dans le noir, une lumière au loin nous avait redonnée espoir. La fin de notre périple dans les égouts n’était plus très loin.

A la sortie, j’avais porté une main au-dessus de mes yeux, éblouit par une lueur qui nous avait précédemment cruellement manquée. Devant nous, se dressait un étrange marché qui ne rappelait en rien celui de la grande place d'Alcombord. Une foule d’individus aux vêtements sombres, armes en évidence et regard alertes vaguaient entres des étales mettant en avant armes, poisons, parchemins de magie noire, carcasses d'animaux, êtres vivants… En guise d'accueil, quelques têtes étaient perchées en haut de grands piquets, portant encore le casque marqué de l'emblème d'Alcombord. Nous étions à présent dans un lieu où la loi n'avait plus son mot à dire. Néanmoins, nous n'étions pas à l'abri pour autant.

- « Le marché noir. » Annonçai-je avec détermination.

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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 23 Sep - 11:06
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MessageSujet: Re: Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]
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