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[Chevalier] - Seyren Windsor

MessageSujet: [Chevalier] - Seyren Windsor Ven 11 Nov - 12:03

Midgard

--- Personnage...

  • Nom : Windsor
  • Prénom : Seyren
  • Surnom : Sey, Le chevalier dragon, Le Windsor
  • Sexe : Mâle
  • Âge : 23 ans
  • Classe : Chevalier


  • Magie & Armes :
Seyren utilise la légendaire épée à deux mains, transmise comme héritage dans la famille Windsor, la "9K". La lame est faite d'un rubis et sa garde est forgée dans un argent pur. Si sa lame n'est pas des plus tranchantes, cette épée est cependant imposante et lourde. Si elle ne sectionne pas, elle n'a aucune difficulté à fracturer ou briser les os de ses adversaires. Seyren attache cette gigantesque arme dans son dos, par dessus sa cape, où elle longe sa colonne vertébrale. Le jeune chevalier possède des dons incontesté pour la magie du feu, sa mère ayant était une mage experte dans cet élément. Cependant, par manque d'expérience, Seyren ne maitrise pas encore entièrement ses facultés magiques. Il est même assez maladroit...

  • Stats : (15 étoiles à distribuées)
Vitalité
Attaque
Magie
Déf. Physique
Déf. Magique
Vitesse



  • Caractère :
Seyren est un homme possédant de grandes qualités. Il est courageux, déterminé et possède un sens stratégique des plus aiguisés. Cet homme est fait pour diriger, son sang étant celui des Windsor, de légendaires commandants ayant accomplis bien des exploits. Si Seyren Windsor aime tout contrôler, il n'en reste pas moins un chevalier ayant juré allégeance aux monarques. Le jeune homme respecte le code d'honneur des chevaliers ainsi que les valeurs qu'on lui a transmises. L'héritier des Windsor est un jeune homme charmeur, très souriant, blagueur et appréciant fortement la compagnie d'autrui. Plus jeune, Seyren était un garçon turbulent et très solitaire. En grandissant, il est devenu tout le contraire, d'un naturel calme et discipliné, il est à la recherche constante d'une compagnie avec qui converser. Sensible, le chevalier se demande souvent ce que peuvent bien ressentir les autres, se mettant à leur place. Sa compassion le pousse souvent à venir en aide aux plus démunis. Cette sensibilité est aussi une faiblesse, Seyren se mettant parfois dans des situations périlleuses. En combat, le jeune homme s'annonce comme un adversaire redoutable, commettant peu d'erreurs et analysant son adversaire avec une rapidité déconcertante. Il ne lui faut que très peu d'échanges de lames pour trouver un point faible ou une parade à son adversaire. Seyren possède un handicape de naissance, il ne ressent pratiquement plus la douleur. Le chevalier étant très peu soucieux de lui-même, il lui arrive parfois d'échapper de justesse à la mort suite à des blessures infectés ou une perte de sang trop importante. Le fait que le jeune homme n'est peur de rien accentue cette faiblesse, le poussant parfois jusqu'à l'insouciance.

  • Physique :
    Spoiler:
     
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Le jeune Windsor a hérité des magnifiques yeux émeraudes de sa mère ainsi que de ses cheveux châtains qu'il coiffe de manière désordonnée. Côté musculature, du haut de ses un mètres quarte-vingt deux, le chevalier ressemble d'avantage à son père. Il possède le corps travaillé d'un jeune guerrier. Bien qu'il soit encore jeune, le corps de Seyren est déjà souillé de plusieurs cicatrices. Il possède une depuis la naissance, une brûlure se trouvant en dessous de l'épaule droite en son dos. Il ignore tout de son origine, la considérant comme une vulgaire tache de naissance. Le seul bijou que porte Seyren, en dehors des pierres incrustées dans son armure, est une petite émeraude qu'il porte à l'oreille droite. Cette pierre appartenait à sa défunte mère. Seyren porte constamment son armure et son équipement de combat bien, qu'il lui arrive parfois de troquer sa cuirasse pour un élégant costume lors de grandes réceptions. Sa tenue de guerrier est composée avant tout de vêtements en coton solide sur lesquelles il porte une robuste cote de mailles. Par dessus la chaîne de mailles vient s'ajouter une tunique noire et rouge aux extrémités dorées. Enfin, différentes pièces d'armures richement décorées viennent protéger d'avantage ses épaules, ses bras et ses jambes. Sur son torse, trône une sculpture d'acier représentant la tête d'un dragon dont les yeux sont fait d'ambres. Cette décoration rappel sa monture, le dragon rouge Niddogur d'où il tient son surnom de "Chevalier dragon". Le chevalier Windsor ne porte pas toujours sa lourde cuirasse, jugeant qu'elle ralentit trop ses mouvements. A ses pieds, il porte des solerets et ses mains sont protégées par des gantelets d'acier. Le jeune homme porte également une cape brune, débutant par les épaules pour finir à mi-hauteur des jambes. La ceinture est bouclée par dessus la cape, la rendant moins gênante lors d'affrontements.


  • Monture : Niddogur - Dragon rouge juvénile.
Spoiler:
 
Quand il était encore enfant, Seyren déroba un œuf de dragons dans le royaume de Muspellheim. Rusé, l'enfant le dissimula au château d'Asunia jusqu'à son éclosion. Bien qu'en étant encore un enfant, Seyren prit la lourde responsabilité d'élever le petit dragon rouge, nommé Niddogur, dans le secret. Quand les chevaliers découvrirent le dangereux reptile, il avait déjà atteint une taille impressionnante. Après un long combat pour sauver la vie de son compagnon à écailles, le roi Tristan d'Asunia accorda finalement sa bénédiction au jeune Seyren Windsor. Niddogur n'ayant jamais montré signe d'agressivité envers les humains et le bétail, le roi jugea bon d'accorder une chance au garçon et à son reptile peu commun. En échange de la vie du dragon, l'héritier Windsor avait pour responsabilité d'apprivoiser Niddogur comme monture de combat. Une fois Seyren devenu chevalier, le roi fut heureux de constater que son jeune protégé avait tenu ses engagements. Niddogur était devenu un ami loyal pour le jeune chevalier ainsi qu'un adversaire des plus redoutables pour leurs opposants. Bien qu'il soit un dragon né avec la magie du feu en lui, Niddogur est encore trop jeune pour cracher des flammes en puisant dans ses propres ressources magiques.


  • Thème : Dragon Rider - Two Steps From Hell
  • Adore : L'alcool, la lecture, la loyauté, les liens d'amitiés...
  • Déteste : La mauvaise ambiance, l'indifférence, ses sauts d'humeurs, la trahison, recevoir des ordres...



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  • Pseudonyme ou Prénom : Sey
  • Âge & sexe : 23 ans - femme
  • Expérience Role Play : Expérience modeste de quelques années mais, en progression perpétuelle.
  • Avez-vous lu le règlement ? Mieux, je l'ai écrit.


Crédits dessins : (dans l'ordre) : Kaoru / Myst-A / Jill (Dragounette). Merci à elles ! <3
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[Chevalier] - Seyren Windsor

MessageSujet: Re: [Chevalier] - Seyren Windsor Mar 3 Jan - 14:01

  • Background :

Quelque part dans la chaîne de montagnes d'Asunia...

La victoire a toujours une conséquence, un prix à payer. Car la vraie victoire n'est pas celle récompensée par une gloire insouciante, de l'or futile ou un titre indigne. La vraie victoire est un sacrifice. Seyren Windsor XI, dirigeant de l'ordre chevaliers d’Asunia, avait particulièrement conscience de cette vérité, de sa victoire. Couché dans la boue sous la pluie fine du matin, ses lèvres haletaient difficilement et sa main droite compressait désespérément la plaie à son torse d'où le sang luttait pour s'échapper. Ses yeux, gris comme ceux qu'avait jadis son père, ne voyaient plus qu'un monde flou et sombre. Ses jambes refusaient de faire le moindre effort. Il ne savait même plus si elles étaient encore attachées à son corps. Le chevalier Windsor allait mourir. Comme tous ses ancêtres avant lui, sa tombe serait celle d'un champ de bataille où il avait mené ses hommes à la victoire. Une mort digne de ses ancêtres.

Mais, le grand homme s'accrochait désespérément à la vie car, à son côté, un enfant hurlait aux Créateurs de lui venir en aide, les larmes coulant à flot de ses yeux d'un éclat émeraude. "Les yeux de sa mère..." Pensa le chevalier en posant un regard infiniment triste sur ce fils qu'il ne verrait jamais grandir. Il aurait tant aimé lui dire combien il l'aimait, qu’il était tout pour lui et lui avouait que son plus beau rêve aurait été de faire de lui le plus brave des chevaliers. L'enfant agrippa fermement le bras du grand chevalier.

-"Père ! Votre promesse !" supplia l'enfant en posant le visage contre le corps mutilé.

En guise de réponse à la prière de son fils, le grand guerrier rassembla ses dernières forces pour attraper la garde de son épée et la trainer jusque devant son enfant qui ouvrit des yeux surpris devant cette arme à la taille imposante. La lame était d'une couleur brillante et écarlate terminée par une garde en argent qui représentait deux ailes semblable à celles des dragons du royaume du feu. Un texte dans une langue ancienne, difficilement visible, avait été gravé par le peuple des nains, qui celons la légende, n'étaient autre que les créateurs de cette arme redoutable. Le petit Seyren connaissait par cœur sa signification, son père lui avait traduit lors d'une des histoires qu'il lui contait autrefois : "Que ta détermination perce les ténèbres et que ta lame guide ton peuple vers la lumière" se rappela l'enfant. Malgré son jeune âge de huit ans, le jeune garçon savait qu'il ne pouvait accepter un si grand honneur. C'était l'arme de son père. Celle qui lui avait sauvé la vie de si nombreuses fois et fait régner la justice à travers tout le royaume. Il en avait besoin.

-"Je ne..." commença le jeune enfant avant de remarquer que les yeux du grand guerrier s'étaient refermés d'eux-mêmes et qu'un dernier sourire fier s'était dessiné sur son visage.

La pluie se tut brutalement, laissant place à un silence glacial. Les larmes de l'enfant redoublèrent tandis qu'il s’effondra sur son héros, hurlant sa peine à qui puisse l'entendre. Après la mort de sa mère durant sa naissance, son père avait longtemps été sa seule famille. Mordu par le désespoir, Seyren Windsor XII ne vit la lumière blanche qui envahissait le champ de bataille que lorsque que sa densité fut à son comble. Le jeune garçon leva la tête vers le ciel, à moitié aveuglé par la lueur et les larmes, priant pour qu'un miracle lui rende son défunt père. C'est alors, qu'il vu l'ombre de ce que beaucoup ne pensaient n'être qu'un mythe.
Portée par deux grandes ailes d'un blanc pur et baignant dans une neige de plumes, une femme en armure se posa avec grâce à quelques mètres du jeune Windsor. Malgré son chagrin, l'enfant ne put qu'être troublé par la beauté de la femme qui se tenait fièrement devant lui.

Tous ses sens lui lançait un étrange avertissement : "elle n'est pas humaine" lui murmuraient-ils. Les deux grandes ailes blanches se refermèrent pour se loger dans le dos de la jeune femme. Ses yeux vairons brillants, l'un d'une couleur bleu tendre et l'autre d'un rouge agressif, se posèrent sur l'enfant humain comme si celui-ci n'aurait jamais dû être en ce lieu. Sans faire un seul bruit, l'être divin s'approcha du corps sans vie du chevalier et posa un genou à terre, ignorant le jeune Seyren. Le garçon, comme pétrifié, n'osa pas bouger le moindre muscle. La main de l'ange s'ouvrit au-dessus du défunt et une lueur bleue s'échappa du torse du guerrier pour se loger dans la paume de la déesse. Le cœur de l'orphelin se compressa dans sa poitrine quand il comprit enfin qui était cette femme et ce qu'elle était venue chercher sur Midgard... La main de la guerrière se resserra sur sa prise lumineuse et dans un nouveau battement d'ailes, la vierge guerrière, la Valkyrie, retourna vers les cieux en emportant l'âme du chevalier Seyren Windsor XI, tombé au combat. Toutes lumières disparurent.

Abandonné à son sort, le jeune Seyren Windsor XII venait de réaliser quel était le prix de la victoire. Plus jamais il ne verrait son père. Il laissa échapper toute sa peine dans un puissant hurlement. Alors que le soleil illuminait tristement le lendemain d'un champ de bataille, à bout de forces, l'enfant perdit connaissance sur la dépouille du héros victorieux.

18 ans plus tard... - Royaume d'Asunia Village des Orcs

De rage et d'excitation, l'orc frappa le sol de sa gigantesque hache maculée de sang séché. Il devait facilement mesuré 10 pieds, si ce n'est plus. Sa taille imposante, sa musculature féroce et ses vêtements fait à partir de restes humains indiquait sa place dans la hiérarchie de ces créatures sans pitié. Il était leur chef, leur dirigeant. De la bave coulait entres ses dents difformes et ses yeux noirs sans émotion fixait le pauvre soldat humain séparé du reste du groupe. Le chef des orcs trépignait d'impatience à l'idée d'écraser ce représentant de la race ennemie. Le chevalier Galdiun d'Asunia, la jambe en piteuse état, ne pouvait espérer vaincre un monstre d'une telle envergure. Tous ses membres tremblaient à l'idée de perdre la vie dans les jeux tortueux de l'immonde créature à la peau épaisse et verdâtre. Il pensait à sa famille, qui l'attendait au royaume et priait désespérément le ciel et ses frères de lui venir en aide.

Au loin, replier derrière une multitude de troncs d'arbres où une pluie de flèches ne cessait de s'y loger, les trois autres chevaliers réfléchissaient à un plan d'action. Leur fraternité les poussait à venir en aide à leur frère d'armes blessé mais, la situation était également critique de leur côté. Des soldats orcs avaient appris à manier l'arc et ils jouissaient de leurs grands nombres de munitions. Même si ils n'étaient pas très précis dans leurs tirs, grâce à leurs nombres, ils étaient capables d'abattre un chevalier exposé en quelques secondes. La panique gagna rapidement le petit groupe composé de trois hommes.

-"Ils sont stupide au point d'avoir pris toute leur réserve de flèches avec eux ?! Galdiun est en danger et nous sommes piégés ici comme des rats!" tonna l'un des chevaliers à la peau sombre.

-"Du calme mon frère ! Nous allons trouver une solution." lança un autre homme à qui la sagesse était gravée sur les traits de son visage. Mais, le chevalier impatient avait raison. Ils ne pouvaient rester infiniment ici. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire, consulter son dirigeant. -"Windsor, que comptez-vous faire ?" demanda-t-il avant de tourner la tête vers son... vers un emplacement complètement vide... Les deux chevaliers s'échangèrent un regard stupéfait et se redressèrent suffisamment pour jeter un coup d’œil au-dessus des troncs meurtris. Ils écarquillèrent les yeux en repérant la silhouette de leur chef, fonçant à travers les buissons et arbres sous l'averse de flèches ennemies.

#_Thème

Deux flèches s’étaient logées dans son bras droit, sous son épaule. Une entaille sur son crâne laissait un filet de sang ruisselait sur son visage. Ces blessures n’étaient pas mortelles, mais elles auraient découragé bien des hommes à se battre. Mais, le chef des chevaliers d’Asunia n’était pas n’importe quel homme. Ses yeux d’un éclat vert émeraude ne voyaient plus qu’une chose : un de ses frères d’armes allait se faire massacrer ! Seyren Windsor, XIIème du nom, était le genre de chevalier à qui il fallait couper la tête si on voulait le mettre hors de combat. Bien que, cette idée ne l’enchantait guère… Le jeune homme arrêta sa course en se jetant derrière une vieille habitation des orcs, évitant ainsi de justesse une nouvelle pluie de flèches. Il n’était plus qu’à quelques mètres du dirigeant des orcs et de son ami blessé. Seyren analysa rapidement la situation. En combat singulier, il ne ferait pas long feu… Voir, il ne ferait rien du tout. Serrant les dents pour contenir son impatience, le regard du jeune homme s’arrêta sur la falaise, se trouvant à quelques mètres du chef des orcs.

- "C’est réalisable…" constata t-il.

Les orcs archers avaient changés de cible, jugeant plus intéressant de tirer sur l’abri des deux autres chevaliers plutôt que d’attendre que Seyren sorte de sa cachette… Soit. Le chevalier Windsor n’allait pas se faire prier. Il décrocha la 9K, la légendaire épée des Windsor, de son dos et chargea en direction du dirigeant orc. A quelques mètres du monstre et de sa victime, le jeune chevalier poussa un hurlement de guerre, attirant ainsi l’attention de la créature qui, délaissa alors sa proie. Dans un fracas assourdissant, la hache souillée et l’épée ardente se rencontrèrent pour la première fois.

– "Windsor !" cria le chevalier blessé en se redressant sur ses coudes.

Le monstre verdâtre tentait de faire perdre l’équilibre au chef des chevaliers en appuyant de tout son poids sur son arme mais, le jeune homme ne comptait pas se faire terrasser aussi facilement ! Malgré leur différence de taille, Seyren tenait tête à la force barbare de la créature. Les jambes légèrement écartées en une position défensive, il toisait son adversaire avec audace. Remarquant qu’il n’aurait pas le dessus ainsi, l’orc se servit de son bras libre pour frapper violemment l’humain insolant dans les côtes, l’envoyant valser plusieurs mètres plus loin. Seyren roula dans un mélange d’herbe et de boue jusqu’à réussir, à la force de ses bras, à arrêter sa course en s’agrippant au sol. Secoué mais en un seul morceau, il entendit en son dos la curieuse mélodie de cailloux s’entrechoquant qui semblaient s’éloigner progressivement. Le chevalier jeta un coup d’œil curieux derrière-lui avant de reculer lentement en rampant… Un pied de plus et son histoire se serait achevé ! La falaise se terminé juste en son dos !

- "La chance est avec moi…" se réjouit-il en soupirant avant que le grondement sauvage du dirigeant des orcs le rappel brutalement à la réalité.

La hache du monstre était levée vers le ciel, au-dessus de Seyren. Ce dernier roula rapidement sur le côté pour esquiver la dangereuse attaque qui aurait tôt fait de le sectionner en deux. Il se redressa, un genou au sol, pour parer une nouvelle attaque de l’orc de sa lame écarlate. Dans cette position inconfortable, le chevalier d’Asunia faiblissait sous la force colossale de la créature nauséabonde. D’un regard, Seyren avisa la falaise… Si proche et si loin à la fois !

- "En mon sang boue cette flamme éternelle…" murmura le chevalier entre ses dents.

Aussitôt ces mots prononcés, la lame de la 9K s’enflamma spontanément. L’orc, surprit et craintif vis-à-vis de la puissance dévastatrice du feu, recula d’effroi. Seyren Windsor en profita pour se redresser sur deux jambes et frappé de toute ses forces dans la hache de son adversaire, le bousculant. Le visage du chevalier, éclairé par les flammes de sa monstrueuse épée, semblait plongé dans une sombre concentration.

Son frère d’armes blessé, Galdiun, était resté couché à terre, ne souhaitant pas attirer l’attention des archers qui auraient tôt fait de l’abattre. Il se maudissait d’être ainsi impuissant et de ne pas pouvoir venir en renfort à son chef qui risquait sa vie pour la sienne !
Les deux adversaires se toisaient impitoyablement, chacun souhaitait en finir définitivement avec l’autre. Sans quitter le chef des orcs du regard, sa lame prête à en découvre, le chevalier Seyren contourna légèrement son opposant pour se placer face à lui, de sorte que l’orc soit dos à la paroi rocheuse. Les orcs archers avaient cessé le feu. Tout comme les autres chevaliers, leurs regards reposaient maintenant sur leur chef. L’issu de la bataille reposait maintenant sur l’affrontement des deux dirigeants.

Seyren chargea en direction de la créature verdâtre en poussant un cri guerrier alors que, l’orc laissait sa voix caverneuse couvrir celle de l’humain, sa hache dirigée vers le ciel. Les deux armes s’entrechoquèrent de nouveau mais, cette fois-ci, au moment où le métal de la hache entra en collision avec le rubis de l’épée, une explosion de flammes s’était produite. Gravement touché par l’attaque magique du chevalier d’Asunia, le corps du chef des orcs se laissa lourdement chuter en arrière. Dans un dernier acte désespéré, la créature referma son imposante main sur la tête du chevalier, souhaitant l’emporter avec lui dans sa chute mortelle ! Le jeune homme, affaiblit et blessé par sa propre magie, n’eut comme seul reflex de claquer sa lame contre l’avant-bras de l’orc. Les flammes de la 9K s’était éteinte mais, sa lame en restait bouillante… Dans un dernier gémissement de douleur, le dirigeant des créatures mi-humaines du marais lâcha l’humain avant de disparaitre du haut de la falaise. A bout de forces, le jeune Seyren se laissa tomber sur ses genoux, haletant. Il se pria intérieurement de ne faire ce genre de chose tous les jours…

Les orcs restant, ayant vu la défaite de leur leader de leurs propres yeux, n’avaient pas perdu de temps pour battre en retraite, abandonnant les humains derrière eux. Ils n’avaient plus de raison de risquer leurs vies sans personne pour la menacer. Les deux chevaliers restés en retrait accoururent vers leurs compagnons. Galdiun avait besoin de soin urgent. L’un de ses frères l’aida à se redresser songeant à le porter jusqu’aux chevaux qui attendaient non loin… Alors que le plus vieux des chevaliers se dirigeait en hâte vers Seyren Windsor XII, celui-ci s’était relevé, dos à ses frères. Sans se retourner, il leva fièrement un poing vers le ciel en signe de triomphe.


Taverne « la chope Vide » - Asunia

Les chevaliers levèrent une fois de plus leurs chopes de bières vers le plafond. La douce musique jouait par le bard s’étaient perdue au milieu des éclats de rire et des bavardages. D’une certaine façon, Seyren Windsor préférait cette mélodie-ci, bien plus chaleureuse. Le jeune guerrier n’était pas réellement d’humeur à fêter leur retour à Asunia. La fatigue accumulée de leur séjour dans les marais et son combat contre le chef des orcs l’avaient quelque peu exténué. Cependant, il n’avait pas réussi à refuser l’invitation de ses frères d’armes qui souhaitaient boire en son honneur… Ou boire tout court.

- "A Windsor, le chevalier le plus chaud de tout rune Midgard !" hurla un jeune homme dont les joues avaient rougies sous l’influence de l’alcool.

Quelques éclats de rire alentours firent sourire Seyren. Il préférait néanmoins rester humble, comme le code d’honneur des chevaliers l’exigeait. De plus, il n’aurait jamais réussi à se débarrasser de l’orc si le terrain n’avait pas ainsi joué en sa faveur. Un sourire espiègle s’afficha sur les lèvres du chevalier à l’épée ardente alors qu’il s’apprêtait à répondre à la provocation de son ami.

- "Continue à boire de la sorte et même les vents de Niflheim ne suffiront pas à te refroidir !" se moqua le chevalier Windsor en affichant son plus large sourire. Pour toute réaction, son compagnon termina sa chope d’un cul-sec, alimentant d’avantage l’hilarité et la gaieté autour de la table.

Laissant ses hommes converser entres eux, le chef des chevaliers d’Asunia contemplait la fenêtre à son côté, ou les lueurs orangés des chandeliers reflétaient son portrait songeur. Tout en observant son reflet d’un œil critique, Seyren se sentait si misérable… Un de ses ancêtres avaient menés les hommes à la victoire lors de la grande guerre, son grand-père avait établi le nouvel ordre de chevaliers afin d’assurer paix et prospérité. Son père avait donné sa vie pour protéger son unique enfant sur un champ de bataille où il n’aurait pas dû s’y trouver… Seyren Windsor XII n’atteignait pas la cheville de ces légendaires héros. Ses compagnons pouvaient l’acclamer avec toute la sincérité du monde, il savait que ses actes dit "héroïques" n’étaient qu’une insulte envers le nom des Windsor. Il n’était qu’un simple chevalier d’Asunia à qui le sang noble lui avait permis de grimper dans la hiérarchie… D’humeur mélancolique, le chevalier Windsor avait fait abstraction de la pièce dans laquelle il se trouvait et du bruit qui régnait autour de lui et cela, jusqu’à recevoir une miche de pain dans le visage, ce qui eut pour effet de le sortir de sa sombre rêverie. S’il appréciait l’humour, il y avait néanmoins des limites à ne pas franchir.

- "Qui a osé ?!" demanda-t-il en posant un regard furieux sur ses hommes.

Aucun ne répondit et un petit silence lui permit de remarquer les mines confuses de ses compagnons. Les rires en provenance de tables voisines ne tardèrent à trahir les vrais coupables… Il s’agissait de chevaliers de la garde de Lotheican, un royaume voisin. Ils étaient probablement juste de passage à Asunia.

- "Gaspiller de la nourriture en insultant un chevalier d’Asunia vous amuse, messieurs ?!" tonna Seyren en se levant.

Les rires cessèrent et le leader du groupe ne tarda pas à se lever à son tour pour faire face au chef des chevaliers d’Asunia. C’était un homme de la trentaine, ses cheveux noirs étaient attachés à sa nuque. Il portait fièrement une armure de guerre ainsi qu’un fourreau à la ceinture, d’où on pouvait apercevoir la garde de son épée. Derrière son comptoir, le propriétaire de la taverne s’affolait en vue d’une éventuelle querelles entres chevaliers.

- "Des rumeurs racontent que tu aurais terrassé un orc géant dans les marais ! Et, te voici ici à boire à ta gloire avec ta bande arrogante pendant que d’autres chevaliers de Midgard risquent leur vie pour sauver les villages victimes des démons !" répliqua l’homme en montant le ton.

Seyren serra les dents avant de barrer la route à ses compagnons d’un geste de la main, les mettant au silence avant qu’ils prennent part à cet affront. Quand le chef des chevaliers d’Asunia prit la parole, le silence s’imposa dans la salle. Même le bard avait cessé de jouer. La voix de Seyren Windsor était de celle qui inspirait l’autorité mais aussi le respect. Une voix digne d'un grand roi.

- "Tu sembles me connaître mais, tu n’as pas pris la peine de te présenter comme tout chevalier se doit de le faire…" lui reprocha-t-il en fronçant les sourcils. – "Chevalier de Lotheican, laisse-moi te demander quelque chose… Quelle est la différence entre le fait que ce soit un démon ou un orc qui attaque un village ? Dans les deux cas, des innocents meurent et nous nous devons d’intervenir. Tu as raison, nous buvons ici dans cette taverne plutôt que de pourchasser de sombres créatures en pleine nuit mais dans ce cas… Ne sommes-nous pas frère ?" lança le chevalier avec détachement bien qu'en réalité, il avait bien du mal à garder son calme.

Un des hommes d’Asunia étouffa un rire, ce qui accentua la honte et la colère du chef du groupe des chevaliers de Lotheican. N’ayant aucune riposte à son petit discours, Seyren Windsor reprit place à sa table sous le regard admiratif de ses hommes. Habituellement, le chevalier à l’épée ardente aurait bondit sur l’étranger et l’aurait frappé jusqu’à être maitrisé par ses propres compagnons…

- "J’ai aussi eu vent des exploits de ton père… N’était-ce pas cet ivrogne qu’on ramassait parfois parmi les détritus ? Quoi qu’il y était probablement à sa place !" se moqua le chevalier insolant de Lotheican.

Pour toute réponse à cette insulte, Seyren se leva si brutalement qu’il en fit tomber sa chaise. Ses hommes tentèrent de le retenir mais, c'était comme tenter d'arrêter un ouragan à main nue… Le chevalier Windsor se rua en hurlant sur l’homme arrogant, les poings serrés et le visage rouge de colère.


Tour du magicien d'Asunia

Le magicien d’Asunia était un mage des plus respectables. Son noble âge lui avait offert une grande sagesse et un riche savoir. A lui seul, il représentait la force magique de tout le royaume d’Asunia. Cela faisait maintenant des nuits que le magicien n’avait pas fermé l’œil, occupé à contempler les étoiles qui annonçaient un sombre futur pour toute rune Midgard… Le vieil homme s’était installé dans son imposant fauteuil avant que ses jambes ne cèdent à la fatigue. Le mage s’était ensuite perdu dans ses ouvrages les plus anciens, ses yeux fatigués parcourant les textes anciens à la recherche d’un quelconque indice mais, ce fut en vain. Le magicien ne voulait pas informer Sa Majesté de ces mauvais pressages sans avoir d’avantages d’informations. Le monarque était bon mais, n’appréciait pas qu’on lui révèle une tragédie dont la nature elle-même était encore inconnue.

Le vieil homme tourna la tête vers une peinture accrochée au mur. Il représentait une jeune femme souriante aux doux cheveux châtains bouclés et aux yeux d’un vert semblable à celui des plus belles émeraudes. -"Tout était plus simple de ton vivant…" soupira-t-il tristement, le regard nostalgique.

Le magicien se redressa subitement, comme si il venait d’avoir une illumination. Il troqua en hâte ses chaussons pour une paire de chaussures et enfila une longue cape blanche avant de quitter sa tour. La lune était pleine cette nuit-là et les étoiles de gardes étaient nombreuses. Plutôt que de perdre du temps précieux à chercher dans tout le domaine l’homme avec qui il voulait s’entretenir, le magicien d’Asunia utilisa ses dons pour localiser ladite personne. Ses sens magiques se libèrent sous forme d’ondes invisibles, lui révélant un à un tous les êtres vivants à proximités du château. Se laissant guider par sa magie, le vieil homme ne tarda pas à se retrouver au milieu du village, devant une taverne bruyante dont le nom était peu flatteur…

- "Est-ce vraiment ici qu’il se trouve ?" se demanda t-il à voix haute, anxieux.

Au même instant, l’une des grandes vitres de la taverne vola en éclat dans un fracas cristallin. Surprit, le mage avait reculé et s’était protégé le visage des éclats de verre à l’aide des longues manches de sa tunique. Quand il jeta un coup d’œil accusateur vers ce qui venait de traverser la fenêtre, il vit un homme à terre qui se donnait peine à se relever. Les décorations sur son armure trahissait qu’il s’agissait là d’un noble commandant de l’armée de Lotheican ! D’autres hommes de Lotheican ainsi que des chevaliers d’Asunia quittèrent en hâte la taverne, certains avaient déjà dédaignés leurs épées.

- "Que se passe-t-il ici ?!" tonna le magicien qui détestait voir ainsi les hommes se déchirer entres eux. -"Rangez immédiatement vos armes !"

Seyren Windsor quitta la taverne d’un pas lourd de reproche, le visage encore gravé dans la colère. Il avait l'allure féroce d'un soldat revenant victorieux d'un duel à main nue contre un lion. Les chevaliers de Lotheican reculèrent devant son passage, comme si cet homme était un fou dangereux. Et en cet instant, le mage partageait cette impression.

- "Je suis le seul responsable." lança Seyren d’un ton franc et presque fière. L’héritier du nom des Windsor passa devant le chef des chevaliers de Lotheican en lui accordant un dernier regard menaçant, au grand désespoir du vieil homme magicien.

– "J’aurais ta peau !" gronda le noble commandant en se redressant sur ses coudes, refusant violemment l’aide que ses compagnons lui proposer.

- "Windsor, suivez-moi sur le champ !" ordonna le magicien d'Asunia, le visage rouge de colère et de honte. Sans dire un mot, Seyren fit un signe de tête à ses frères d’armes pour leur donner de rentrer à l’ordre et, muet comme un criminel avant son exécution, il suivit docilement le magicien jusqu’à sa tour.


***
Les quartiers du magicien d’Asunia étaient installés dans une tourelle de trois étages, accessibles via des escaliers en spiral, faiblement éclairés par quelques flambeaux accrochés aux murs. Seyren Windsor, bien qu’il soit le protégé du roi depuis la triste mort de son père, n’espérait recevoir aucun traitement de faveur. Il connaissait ses torts et comptait les assumer jusqu’au bout en tant que chevalier. Cependant, une fois que la porte du troisième étage se referma par magie derrière-lui, le mage se tourna vers le jeune homme avec un visage d’une inquiétude qui ne semblait pas coller aux actes coléreux du chevalier.

- "Bien que tes colères soient aussi craintes que la peste, je te connais suffisamment pour savoir qu’elles ne se déclenchent pas comme par enchantement…" commença le magicien avant de marquer une pause. Seyren tenta de prendre la parole mais, au moment où il ouvrit la bouche, le vieil homme reprit son discours. – "Je ne veux pas savoir le pourquoi du comment. En temps normal, je t’aurai moi-même fait l’honneur de te châtier. Tu étais mon – plus mauvais - disciple autrefois, j’en ai tout à fait le droit." poursuivit-il. Seyren fronça les sourcils quant à l’intérêt particulier que le vieil homme avait eu à prononcer "plus mauvais". Il avait tout de même réussi à incendier toute l’écurie à 15 ans à peine !

– "Mais… ?" risqua le chevalier.

- "Des signes observés dans le ciel révèlent qu’une ombre plane sur Midgard… De toute ma longue vie, je ne m’étais jamais acquis d’un message de si mauvais augure... Le roi n’en a pas connaissance car, j’ignore toujours quel désastre nous menace. Je souhaitais t’en faire part avant de lui annoncer l’inquiétante nouvelle..." expliqua le grand mage d’une voix lourde. Ses mains usées par le temps tremblaient légèrement, illustrant la gravité de la situation. Seyren le savait que trop bien, il en fallait beaucoup pour faire peur à son ancien professeur de magie...

Seyren garda le silence quelques instants, les yeux fixant le sol avec dureté. Il avait une foi aveugle envers les dons du magicien. Le chevalier avait cherché dans sa mémoire toute information qu’il aurait pu récoltée par hasard lors de ses nombreuses nuits blanches passées à la bibliothèque du château mais, même les plus vielles prophéties, dont il se souvenait parfaitement, n’annonçaient rien d’aussi menaçant pour cette ère…

- "Quelle que soit la menace, je l’arrêterai !" lança finalement Seyren en laissant parler son cœur de chevalier. Ses poings étaient serrés et son regard perçant fixait celui du magicien avec franchise.

Si ses propos étaient ceux d’un courageux rêveur, le mage d’Asunia ne pouvait ignorer cette allure si forte, si fière ainsi que ce regard déterminé… Seyren Windsor imposait une telle confiance, un tel respect. En cet instant, si le jeune homme lui avait demandé de l’accompagner jusqu’au bout du monde, le vieux mage n’aurait pas pu refuser. "Le cœur de sa mère et la force de son père…" pensa le vieil homme en se remémorant une autre époque, si lointaine désormais.

- "Tu devrais retourner dans tes quartiers, je demanderai une audience au roi demain matin et, tu y seras convoqué." annonça le vieil homme avant de s’installer dans son fauteuil.

Sans ajouter un seul mot, l’esprit tortueux et la tête basse, Seyren Windsor quitta la tour en dévalant les escaliers avec une lenteur désespérée.

- "Les Windsor tiennent toujours leurs promesses… Et je viens d’en faire une sacrée." murmura t-il à lui-même, un petit sourire de défi sur les lèvres.

A l’extérieur, la lune était pleine, offrant une lueur blanchâtre et fantomatique à cet environnement que le chevalier connaissait sur le bout des doigts, ayant passé toute sa jeune vie sous la protection des murs du château. Mais, cette nuit avait l’étrange saveur d’un rêve. Tout semblait si irréel, si différent… Un lourd silence s’était installé alors que d’ordinaire, la nuit était animé par un orchestre composé de grillons et de quelques grenouilles séjournant dans la petite marre dans la grande cours. Bien qu’il soit tard, Seyren n’avait croisé personne en traversant la grande cours menant à l’ordre des chevaliers où, sa chambre l’attendait. L’atmosphère semblait étonnamment lourde, comme si une tempête se préparait à éclater d’une minute à l’autre.

Un vent glacial souffla, secouant les cheveux et la cape du chevalier dans une danse que lui seul semblait connaître. Le sang de Seyren s’était glacé dans ses veines. Tout s’était arrêté, même le temps semblait figé. Comme paralysé, le jeune homme ne pouvait qu’observer l’astre lunaire d’un air désarmé alors que le sol tremblait sous lui. Un puissant et sinistre hurlement secoua la nuit.


Ordre des chevaliers - Aile Est

Le chevalier Seyren Windsor dévalait les quartiers des chevaliers au pas de course, hurlant à ses hommes de se lever, de s’armer et de se rendre à leur poste de guerre ! Le hurlement qui avait résonné était semblable à celui d’un loup et, à en juger par l’ampleur de sa voix, il devait être immense ! Bien des créatures vivaient sur Midgard et, certaines étaient monstrueusement grandes, capable de réduire tout un royaume en poussières. Seyren ne prenait pas cette nouvelle menace à la légère, surtout après son entretien avec le mage d’Asunia au sujet de la prédiction d’une terrible menace ! La plus part des guerriers étaient déjà debout, tirés de leur sommeil par l’épouvantable cri.

Le chef des chevaliers comptait se rendre à une tourelle pour tenter d’apercevoir la bête mais, le magicien d’Asunia apparut subitement devant lui, manquant d’être bousculé par le jeune homme pressé.

- "Inutile d’envoyer tes troupes, il n’est pas ici…" déclara le magicien, grave.

- "Comment çà ?! Qui çà il ?! Que se passe-t-il ?" cria le chevalier d’un ton presque insultant.

- "Fenrir." répondit le vieil homme. Seyren resta bouche bée alors qu’un long frisson parcourait sa colonne vertébrale. Ce nom était celui d’un loup démoniaque annonciateur de la fin du monde. – "Viens avec moi." ajouta le magicien d’une voix autoritaire. Le chevalier n’eut ni le temps, ni la nécessité de répondre. Le mage les avaient d’ores et déjà téléportés dans un autre lieu. Seyren Windsor jeta des regards furtifs autour de lui, il faisait si sombre et humide qu’il devinait être dans une cave ou un souterrain…

- "N’as-tu donc absolument rien appris durant ces cinq ans de leçons ?" lui reprocha le mage.

- "Si vous comptez sur mon formidable savoir magique pour protéger le royaume, je crois avoir deviné quelle menace plane sur toute rune Midgard !" répliqua Seyren, amer.

Il soupira avant de réciter une petite incantation magique. Des flammes lumineuses apparurent au creux de sa main, vainquant l’obscurité. Le magicien s’était déjà enfoncé dans la pénombre, laissant le chevalier sur ses talons. Ils se trouvaient dans un long tunnel où les parois étaient recouvertes d’une pierre incroyablement lisse. Aucun outil humain n’était capable d’une telle prouesse… Après quelques minutes de marches, le tunnel offrit sur une grande pièce arrondie. Une table en pierre trônait en son centre, un curieux ouvrage ouvert semblait les attendre. L’inquiétude dans le cœur du chevalier ne cessait de gagner du terrain.

- "Tu ne peux pas ignorer notre histoire… Ton père te la contait quand il était encore de ce monde." commença le mage d’Asunia en se rendant jusqu’au vieux livre.

- "La grande guerre…" souffla l’héritier Windsor.

- "Avant d’abandonner les mondes qu’ils avaient façonnés, les Dieux ont laissés un de leur bien tombé sur Midgard. Il fût aussitôt baptisé « objet divin ». D’après la légende, il permettrait à quiconque se l’approprie de posséder les pouvoirs mêmes d’une divinité. Un pouvoir absolu. Mais, il n’apporta que désespoir à notre monde… Les démons et les guerriers d’Asgard se livrèrent bataille sur nos propres terres dans leur conquête de l’objet divin. Les hommes défendirent leur royaume mais, ne pouvaient rivaliser avec leurs adversaires venus d’autres mondes. C’est un humain au cœur pur qui trouva le tant convoité objet… Pour une raison qui m’échappe encore, il n’utilisa pas son pouvoir. D’après les récits, il aurait détruit l’objet divin." conta le magicien, bien que Seyren connaissait que trop bien cette histoire. –" Cependant… Comment un simple humain pourrait-il détruire les pouvoirs d’un Dieu ?" demanda le vieil homme en lançant un regard interrogateur au chevalier.

- "Vous pensez que l’objet divin n’a pas été détruit ?" questionna Seyren qui se trouvait désormais dans l’ombre du mage. Ses yeux verts curieux parcouraient les lignes de l’ouvrage ancien, par-dessus l’épaule de son ancien maitre, sans pouvoir les lire. Le chevalier ne reconnaissait pas cette langue…

- "Fenrir s’est réveillé après bien des siècles de sommeil. Il s’agit d’un démon d’une grande puissance, issue de la main même d’un Dieu. Il est également le seul être à connaître l’emplacement de l’objet divin. Cette nuit, il a annoncé la fin du monde. Une nouvelle guerre pour la quête du pouvoir…" murmura le magicien, l’air absent.

Seyren faisait les cents pas derrière le mage d’Asunia, fulminant. Etait-il condamné à assister à la destruction de Midgard, impuissant ? Tout son être s’y refusait. Toute son âme s’y opposait.

- "Il doit bien y avoir un moyen d’empêcher cela ! Tuer Fenrir ?!" aboya t-il.

- "N’y songe même pas ! Aucun humain ne peut vaincre un démon de rang supérieur ! De plus, sa destruction serait une grande perte. C’est un messager, un guide, qui ne possède aucun camp." lui rappela le magicien.

- "Alors, je trouverai l’objet divin avant le Ragnarok ! C’est un Windsor qui a commandé l’armée des hommes lors de la première guerre ! C’est un Windsor qui empêchera une deuxième de se produire ! Que les efforts et les sacrifices du passé ne soient pas en vain !" tonna le chevalier en frappant sa poitrine du poing.

Le vieil homme souriait légèrement. Il ne pouvait que s’attendre à une telle réponse de la part de l’héritier Windsor. Si Seyren était autrefois un enfant turbulent, il était désormais l’homme le plus courageux qu’il connaissait.

- "Le porteur de lumière, Seyren. C’est lui que Fenrir guidera jusqu’à l’objet divin, comme la première fois. C’est lui que tous chercheront… A l’heure actuelle, cet humain ignore quel incroyable destin l’attend…" souffla le mage avant de faire signe au chevalier Windsor de s’approcher.

Le livre était maintenant ouvert sur deux pages vierges où seul le papier usé formait quelques motifs par-ci et par-là. Seyren arqua un sourcil. Le magicien passa sa main au-dessus de l’ouvrage et, subitement, un éclat coloré s’anima, traçant des dessins en exécutant des courbes gracieuses. Les yeux d’un éclat émeraude du jeune homme suivaient leur parcours avec émerveillement. Quand la magie disparut, Seyren fut surprit de découvrir son portrait, reconnaissable à son épée ardente, sur le dos d’un dragon rouge flamboyant. La main du chevalier gravée sur les pages était tendue vers un objet brillant… Il n’était guère difficile de l’identifier lui aussi.

- "Ce livre ne peut décider du futur mais, il est capable de le suggérer…" lui-révéla le magicien.


***
Le chevalier Windsor consacra le reste de la nuit à la bibliothèque du château d’Asunia, afin de s’armer de connaissances supplémentaires à propos de la prophétie du Ragnarok, de l’objet divin, du porteur de lumière ainsi que de la grande guerre. Un serviteur lui avait apporté de quoi se remplir un peu l’estomac alors que le jeune homme commençait à disparaître derrière les piles de livres. Tout en grignotant, Seyren parcourait les lignes d’un vieux journal contant la vie d’un soldat ayant participé à la grande guerre. Son récit l’intéressait particulièrement car, il décrivait de nombreux ennemis qui n’étaient majoritairement plus que des mythes. Des démons, des monstres, des loups, des anges… Allait-il lui aussi affronter de tels adversaires durant sa quête ?

- "Seigneur Windsor ?" l’appela un messager, coupant le chevalier de ses réflexions.

- "Qu’il y a-t-il de si important ?" demanda Seyren qui n’aimait pas être dérangé en ce lieu. En jetant un coup d’œil à son interlocuteur, le chevalier remarqua son visage grave et angoissé. Il s’était passé quelque chose… – "Parlez !" insista-t-il.

- "Sire… Toutes mes excuses et mes sincères condoléances… Sa Majesté nous a quittée durant la nuit… Son cœur a cessé de battre… La main du roi vous demande…" marmonna l’homme dans sa barbe avec honte.

Seyren se redressa subitement, les deux mains à plats sur la table. Sa gorge était serrée et le chagrin montait en lui mais, le jeune homme refusait de croire à la mort de son bienfaiteur sans l’avoir vue de ses propres yeux. Il délaissa les ouvrages en désordre et suivit le messager jusqu’aux appartements du roi.

Le corps du défunt roi d’Asunia reposait sur une grande table en verre, entouré de tous ses sujets les plus proches ainsi que des membres de la famille royale. Une longue couverture rouge, décorée du blason d’Asunia, le recouvrait. Le cœur du chevalier semblait se tordre de douleurs alors qu’il marchait d’un pas lent vers celui qui avait été son protecteur durant toute son enfance… Alors que certains lui lançaient des regards plein de reproches à la vue de sa tenue inappropriée, Seyren posa un genou à terre devant son roi, une dernière fois. Le visage paisible du grand homme lui fit monter les larmes aux yeux. Seyren Windsor ne pouvait s’empêcher de penser que c’était le hurlement de Fenrir qui avait mené le vieil homme à sa perte, surprenant son cœur fragile et malade depuis bien des années. Tout en maudissant le loup démoniaque, le chevalier d’Asunia adressa une prière aux Dieux, sachant bien qu’il serait le seul à l’entendre…

Les funérailles se déroulèrent dans l’après-midi, sous une pluie qui dissimulait parfaitement les larmes. Le chef des chevaliers, en costume d’apparat, se tenait fièrement devant ses hommes, retenant ses larmes avec maladresse. Après plusieurs discours émouvants, dont celui d’un Seyren Windsor qui vantait la bonté et la sagesse du défunt roi d’Asunia, le corps de Sa Majesté fut mené aux tombeaux royaux situés sous le château. A peine le corps du roi disparut dans l’obscurité de l’escalier menant au souterrain que, des murmures sournois parvenaient par hasard aux oreilles du chevalier. On parlait d’ores et déjà de la succession au trône. Si le roi n’avait pas rédigé un testament en prévision de sa santé fragile, ces loups affamés se seraient facilement entre-tués pour choisir le nouveau monarque !

Heureusement, la main du roi, du haut du balcon donnant sur la grande cours, venait annoncer les vœux Sa Majesté quant à la succession au trône. -"Ils ne perdent pas de temps…" reprocha le chevalier dans une pensée, bien qu’il savait que le peuple ne pouvait rester sans roi. Un silence angoissant s’installa sur l’assemblée alors que la main du roi ouvrait l’enveloppe sur laquelle figurait le sceau royal. Durant le discours qui accompagnait la lettre, Seyren repensa à la famille royale. Il y avait deux princes ainsi qu’une princesse. Le premier prince gouvernait maintenant le royaume d’Utgard, marié à son héritière. Le second, avait maintenant douze ans. Et enfin, la princesse était encore plus jeune, au point de ne pas pouvoir prétendre à un époux avant encore une bonne dizaine d’années. Le choix se portait donc inévitablement sur le prince Alfonse Tristan Perceval. Malgré son jeune âge, pour le peu qu’il soit bien entouré, il serait en mesure de gouverner.

N’appréciant guère la politique, qui engendre trop souvent conflits et guerres, Seyren tenta de quitter la cours et sa foule afin de commencer un deuil des plus douloureux. Il voulait se retrouver seul et qu’importe ce qu’on lui dirait à ce sujet. Personne n’était en mesure de faire obstacle au grand chevalier, surtout quand celui-ci était mené par ses sentiments. Tout en se frayant un chemin parmi ses frères d’armes, Seyren s’était juré de promettre allégeance au nouveau roi avant la tombée de la nuit… Il connaissait le jeune prince depuis sa naissance, il ne lui en voudrait pas.

Alors que le leader des chevaliers se trouvait maintenant à une bonne distance de la scène principale, il lui sembla entendre son nom... ou quelque chose y ressemblant fortement. Le chevalier Windsor fit volte-face vers l’assemblée qui, s’était entièrement tournée vers lui… Tous les regards étaient partagés entre l’étonnement et l’effroi. La reine manqua même de s’évanouir, retenue par les épaules par l’un des conseillers de son défunt mari. Tout le monde s’était tus, comme si ils attendaient tous une réaction de la part du jeune chevalier. Seyren ne se fit pas prier…

- "Par...don ?" demanda-t-il avec un grand sourire gêné.

Des plaintes désapprobatrices et des cris de scandales grimpèrent au loin. Certains chevaliers n’avaient pas réussi à retenir leur hilarité face à l’attitude osée de leur chef. C’est un des chevaliers, au prêt de Seyren, qui tenta de lui clarifier la situation…

- "Tu es celui qui a été désigné par Sa Majesté pour gouverner le royaume jusqu’à la maturité du prince Alfonse…" lança-t-il avec une certaine honte et exaspération.

Seyren Windsor marqua un silence des plus pesant, essayant de comprendre un tant soit peu la tournure qu'avait prit la cérémonie... La bouche entrouverte et le regard piégé dans une honteuse détresse, il regardait la foule d'un air ahurie.

- "Ha…haha ! C’est une blague !?" ricana avec ironie le chevalier Windsor.

Mais, contrairement à ce que le jeune homme aurait espéré, personne n’éclata de rire pour trahir une quelconque plaisanterie…


Château d’Asunia

Le lendemain, alors que Seyren n’avait pas encore accepté l’importante responsabilité que lui avait confiée le roi d’Asunia dans son testament, il se retrouvait déjà dans une des pièces des appartements privés de la famille royale, entouré de serviteurs qui tentaient désespérément de l’habiller pour la cérémonie de couronnement… Le chevalier avait l’impression d’être un animal de foire qu’on préparait et décorait avant son entrée en scène, d’où sa mauvaise volonté à coopérer.

Le jeune homme en voulait, malgré lui, au défunt roi pour sa décision qu’il jugeait inappropriée. Seyren n’était pas de sang royal et le jeune âge d’Alfonse n’était, à ses yeux, pas une excuse acceptable. Bien des rois avaient obtenu l’accès au trône avant même d’avoir quatorze ans ! La vie de Seyren se voyait complètement bouleversée. Depuis toujours, les Windsor avaient été des chevaliers prêtant allégeance aux monarques, leurs offrant ainsi leur lame et leur vie. Mais d’un autre côté, le chevalier était ému d’avoir eu la preuve irréfutable qu’il avait compté comme un fils pour le grand homme qu’avait été le roi Tristan Perceval V.

- "Il n’est pas encore prêt ?!" se plaignit l’un des conseillers de la cours en lançant un regard méprisant au futur roi.

Contrairement à ses habitudes féroces, Seyren se contenta de baisser honteusement la tête. Non, il n’était pas à sa place… Un chevalier ne pouvait devenir roi. Le jeune homme se consolait en se répétant que ce n’était que temporaire, que ce n’était qu’un masque qu’il porterait, tant bien que mal, jusqu’à ce que le jeune prince puisse s’assoire sur le trône. Le corps du jeune homme se pétrifia lorsque le souvenir du hurlement révélateur du loup démoniaque résonna dans sa tête. Les circonstances et leurs tournures lui avaient presque fait oublier le réveil de Fenrir. Personne, à l’exception du mage d’Asunia, n’avait conscience de la tragédie qui menaçait toute rune Midgard. Seyren n’avait même pas dit un seul mot à ce sujet à ses hommes, même lorsque ceux-ci l’avaient questionné à propos du cri bestial qui les avait tous sortit brutalement du lit la nuit précédente.

Quand le futur roi fût prêt, habillé de vêtements et bijoux qu’il jugeait arrogants et inconfortables et d’une cape rouge, trop longue, dans laquelle il se voyait d’ores déjà se prendre le pied dedans avant de terminer face contre sol, c’est toute une escorte d’hommes influents et quelques gardes qui vint à sa rencontre afin de l’accompagner jusqu’au lieu de la cérémonie. –"Ils ont peur que je me sauve ?" se demanda sérieusement le chevalier en se sentant comme piégé. Il était dans l’obligation d’accéder au trône… Où pouvait-il bien aller se cacher ? Sa vie était ici, à Asunia…

En chemin, tous l’inondaient de conseils et de recommandations que Seyren oubliait aussitôt prononcés. Toutes les pensées du guerrier allaient en direction du porteur de lumière, de l’objet divin et du Ragnarok. Le trône allait probablement le condamner à rester assis, impuissant, face à un avenir de guerre et de désolation… Même son rêve le plus cher, celui de faire honneur à son nom, viendrait à disparaître. C’est aux portes du désespoir, que quelque chose de semblable à une illumination apparut devant les yeux médusés du jeune homme.

#_Thème

Seyren Windsor arrêta soudainement le pas, immobilisant le cortège. Son regard était captivé par un imposant tableau accroché au mur. Il reconnaissait les traits froids, l’allure puissante et le regard autoritaire de son ancêtre Seyren Windsor IXème du nom. Sa chevelure grisonnante et ses yeux d’un gris acier lui donnaient un aspect menaçant, voir coléreux. Il avait été le commandant suprême de l’armée des hommes lors de la grande guerre. C’était cet homme qui avait inscrit le nom des Windsor dans la légende et avait offert bien des privilèges à sa noble lignée.

- "Sire, s’il vous plait…" pressa l’un des conseillers.

Mais le regard du jeune descendant Windsor était plongé dans celui-ci de la représentation de son ancêtre. Seyren y cherchait une réponse, un indice… C’est en bas du tableau, qu’il aperçut un semblant d’espoir sous la forme d’une inscription en lettres dorées.

« Que ta détermination perce les ténèbres et que ta lame guide ton peuple vers la lumière"
Les poings du jeune homme s’étaient serrés et son regard, perdu jusqu’à lors, avait regagné cette détermination qui le caractérisait tant. L’inscription était, mots pour mots, celle présente en ancien langage sur son épée ardente, la 9K. – "Merci…" lâcha le jeune homme dans un murmure de soulagement, à peine auditif.

– "En fait…" commença t-il, attendant qu’il ait l’attention de tous avant de poursuivre. – "Je ne serai pas roi." déclara-t-il finalement dans un large sourire.

Sans s’attarder sur les divers visages gravés dans la surprise ou l’effroi, Seyren jeta sa cape sur les deux gardes avant de les bousculer pour s’enfuir à travers les larges couloirs du château. Derrière-lui, il pouvait entendre les insultes et les menaces à son propos ainsi que l’ordre d’arrêter "le traitre" sur le champ. Tout en bousculant maladroitement quelques serviteurs dans sa course, le jeune homme se rendait en direction de l’ordre des chevaliers.


Ordre des chevaliers

A peine Seyren avait franchi les grandes portes du foyer de tous les chevaliers d’Asunia, qu’il se retrouvait confronté aux regards interrogateurs de ses hommes qui se préparaient à rejoindre la cérémonie de couronnement. Malgré sa tenue inhabituelle, le jeune homme était toujours leur chef. Il était celui qui les avait toujours menés d’une main de fer vers la réussite et le triomphe. Seyren Windsor ne doutait pas un seul instant de leur loyauté envers lui. Ainsi, il afficha son air le plus autoritaire et commença à hurler des ordres.

- "Condamnez la porte et ne laissez rentrer personne !" cria-t-il avant de fuir vers les escaliers, rejoignant la tourelle qui lui servait de chambre.

A peine avait-il regagné ses appartements, que Seyren se déshabillait en hâte, jetant violemment les vêtements fait de soie et de fourrure au sol, laissant même échapper une injure envers les chaussures qui lui avait opposées résistance. Il revêtit ensuite ses vêtements de tous les jours et sa cotte de mailles avant d’enfiler sa tunique et d’attacher les pièces qui composaient son armure. Il n’avait pas oublié d’accrocher sa longue cape à ses épaulières et de boucler sa ceinture par-dessus celle-ci. Enfin, le chevalier s’approcha d’un pas solennel vers son épée ardente, la 9K. Cette arme fabuleuse était non seulement son meilleur atout en combat mais aussi, son bien le plus précieux… Il referma fièrement ses mains autour de sa garde et fit quelques mouvements d’échauffements, admirant les jeux de lumière sur la lame en rubis, laquelle répandait des fragments de lueur rougeâtre et irréelle dans la petite pièce arrondie. Seyren accrocha ensuite son épée dans son dos, la laissant glisser puis se coincer entres les ingénieux crochets présents sur ses épaulières et sa ceinture. Il n’oublia pas d’attraper sa bourse, au passage, avant de rejoindre le petit balcon à l’arrière de sa tour. Le ciel s’était coloré de bleu et de rose, offrant une magnifique vue sur le couché orangé du soleil. Le chevalier Windsor se rappela alors que tous les jours rencontraient leur fin, même les plus difficiles.

Durant ce temps, les chevaliers d’Asunia s’efforçaient de faire la sourde oreille aux menaces des gardes qui s’acharnaient sur les portes avec violence. Ils ne pouvaient abandonner leur chef dans un moment pareil et, étaient persuadés que celui-ci avait de bonnes raisons de bouleverser ainsi la vie du château.

Seyren Windsor était maintenant en équilibre sur la fine bordure qui séparait la plateforme sécurisante du balcon à la chute mortelle de plus de dix pieds. Son corps basculait de temps à autre vers l’avant mais, ce n’était pas la première fois qu’il s’abonnait à ce genre d’exercice périlleux. A la recherche de sérénité, le jeune homme ferma les yeux, écarta légèrement les bras et, se concentra sur sa respiration. Il ne s’était pas laissé distraire lorsque qu’il entendit un vacarme monter depuis le rez-de-chaussée. Une ombre imposante passa au-dessus du chevalier, rappelant celle d’un gigantesque prédateur aérien.

Seyren Windsor laissa son corps tomber vers le vide. Alors qu’il se rapprochait à vitesse folle du sol, l’adrénaline lui montait au cœur, lui offrant cette sensation si forte et unique qu’il ne ressentait que dans ces actes de pure folie. Un grondement animal le ramena à la réalité. Seyren ouvrit les yeux, sa main se referma sur la bride, son pied droit n’eut aucun mal à se faufiler dans un étrier et dans un dernier mouvement brusque de la part de sa monture, le chevalier se retrouva assis sur scelle. Alors que les gardes avaient finalement atteint la tour du chef des chevaliers, ils ne pouvaient que rester impuissants face au spectacle qui se déroulait devant leurs yeux. Deux grandes ailes écarlates s’étaient ouvertes, et en quelques puissants battements d’ailes, le dragon rouge grimpa haut dans le ciel, emportant Seyren Windsor sur son dos. – "Où croient-ils que j’ai obtenu le titre de chevalier dragon ?" se moqua intérieurement Seyren en lançant un regard victorieux vers la tourelle qui semblait rétrécir derrière lui.

Au loin, depuis la fenêtre de sa tour, le mage d’Asunia se surprit à ricaner en apercevant la fuite majestueuse du jeune homme. Seyren avait toujours eu le don de faire les choses à sa façon… Le magicien n’avait aucune inquiétude en ce qui concernait le trône, il irait probablement à la main du roi, un homme plein de sagesse ou, au jeune Alfonse qui serait alors bien épaulé. Le plus important était le destin du jeune chevalier en qui, le vieil homme plaçait tous ses espoirs.

Alors qu’ils s’éloignaient du château et d’Asunia à grande vitesse, Seyren jeta un dernier regard par-dessus son épaule avant de faire ses adieux à ce royaume qui ne serait plus jamais le sien. C’était une plaie douloureuse mais, elle était nécessaire. Même avec l’appuie du mage d'Asunia, personne à la cours n'auraient cru aux vielles histoires et prophéties traitant de l'objet divin et du Ragnarok. Étant désormais un chevalier sans royaume et n'ayant prêté aucune allégeance à un monarque depuis le décès du roi d'Asunia, Seyren était libre de voyager à sa guise. L'attention du jeune homme s'était de nouveau portée sur le dragon rouge.

- "Merci, Niddogur." lâcha t-il accompagné d'un petit sourire. Il posa une main amicale sur la base du cou du grand reptile avant de caresser lentement les écailles chaudes et brillantes.

En guise de réponse, le dragon poussa un étrange ronronnement. Rassuré de l’état de son maître, Niddogur grimpa plus haut dans le ciel pour se fondre dans les nuages. Seyren Windsor avait tout abandonné mais, il ne regrettait en rien sa décision. Toute une vie d'aventure l'attendait. Il ignorait jusqu'où sa quête le mènerait mais, fit le serment de trouver l’objet divin et de s’embarrer de son pouvoir afin de sauver Midgard ! Qu'importe ce qui l'attendait, Seyren comptait rendre honneur à son nom.
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[Chevalier] - Seyren Windsor

MessageSujet: Re: [Chevalier] - Seyren Windsor Mer 4 Jan - 11:31
8662 mots pour le background. Cette fiche détient le record pour le moment.

Je félicite d'ailleurs tout ceux qui ont prit la peine de la lire en entier...

Bienvenue sur Midgard au prince charmant.

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[Chevalier] - Seyren Windsor

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