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Amadeus - You are lost, you can never go home

MessageSujet: Amadeus - You are lost, you can never go home Sam 2 Juin - 6:37
Midgard

--- Personnage...

  • Nom : Azarov
  • Prénom : Anselm Amadeus
  • Sexe :
  • Âge : 17
  • Classe : assassin


  • Magie & Armes :
Dissimulées dans ses chausses, sous sa tunique, coincées à sa ceinture ou cachée dans un revers de veste, Amadeus est truffée de dagues acérées. Que de très banal dans son domaine. Associés aux poisons qu’elle concocte elle-même ou achète dans la plus grande discrétion, ces petits bouts de lames deviennent de mortels ennemis pour tous ceux qui s’y confrontent. Sinon. Soyons franc, elle a une affection particulière pour l’étranglement. Alors, oui, elle doit avoir une petite corde fine et solide dans une poche. Sans doute… Elle a également de solides notions de tir à l'arc mais ne porte que rarement d'arc sur elle. Difficile de passer pour une citadine maniérée avec un carquois dans le dos...
ps: autant Anselm est redoutable dans son métier, autant elle ne s'est que rarement retrouvée en situation réelle de combat "loyal", situations qu'elle cherchera toujours à éviter car rapidement désavantageuse pour elle...

  • Stats : (15 étoiles à distribuer)
Vitalité
Attaque
Magie
Déf. Physique
Déf. Magique
Vitesse

  • Caractère :
Un peu mélancolique, la jeune femme sait dissimuler ses émotions. Le silence est sa vertu première. Le calme la seconde. Mais sans-doute vont-elle de pair ? Amadeus aime la discrétion. Amadeus aime qu’on passe près d’elle sans la voir et qu’on l’oublie dès qu’elle s’éloigne. Non, elle n’est pas sociable. Allant de ville en ville, changeant d’identité, de nom, d’apparence au gré de ses envies et au service des nécessité de sa profession, Amadeus n’a guère l’occasion de s’entourer d’amis. Cela ne lui porterait-il pas préjudice ? Oui elle souffre de la solitude, mais elle la sait nécessaire à la garder en vie. Un assassin connu n’est qu’une tête sur une pique ou un corps pendu à un arbre.
En public elle est donc aussi douce et aimable que distante, faisant le nécessaire pour ne pas attirer les regards, faisant ce qu’il faut pour se rendre agréable. Elle attire la confiance, la jeune fille au visage innocent, elle attire la loyauté et l’honnêteté autant qu’elle est fourbe et malhonnête.
Car elle l’est. Manipulatrice, hautaine –un peu, oui- dédaigneuse. Ce sont les aléas du métier. Déformation professionnelle. Voila.
Curieuse, également, et pas dénuée de bonté. Prise de pitié pour un enfant des rues il lui arrive de faire un geste généreux à l’égard de ceux qui ont su s’attirer sa miséricorde. Mais c’est un fait rare sur lequel il vaut mieux ne pas compter.
Dans le cadre de son travail, Amadeus est appliquée. Paranoïaque comme personne lorsqu’il s’agit d’éviter les gardes, réfléchie, elle n’agit jamais au hasard, ne prend pas de risques inconsidérés. Le travail accomplit lui apporte une jouissance particulière, malgré le malaise qu’elle ressent toujours aux derniers souffles du condamné.
L’étranglement. Oui. L’étranglement. Voila qui lui provoque son plus grand plaisir.

  • Physique :
Avec son mètre 62 et ses 45kg bien répartis, soyons clair, Amadeus est une crevette. Une crevette filiforme, une crevette pâle et tristement fantomatique. Un spectre de noyé, oui voila, s’il fallait la décrire, on pourrait parler de spectre. Elle est pâle et mince, maigre ? Presque, mais ses bras fins et ses jambes sveltes dissimulent des muscles discret mais vifs. Elle n’a qu’une petite poitrine discrète –et pratique, vous dirait-elle- et peu de formes bien que son charme vienne plutôt de son visage angélique. Agile comme un chat, elle en a également la démarche féline et silencieuse. Ses cheveux d’un blond platine lui tombent en cascade dans le dos, encadrant un visage blanc surplombé d’yeux bleus-gris trop clairs.
A voir ainsi, la jeune fille, du haut de ses 17printemps, respire l’innocence et la candeur. Dieu qu’elle dissimule bien qui elle est ! Voyageant de ville en ville au grès de ses contrats, Amadeus porte la plupart du temps des vêtements bruns, de cuir avec de ça de là une pièce d’armure. Pourquoi pas ? Mais toujours quelque chose de léger. Elle n’attache que très rarement ses cheveux. En ville elle privilégie les robes de soie légères, les manteaux serrés à la taille, les capes à col de fourrure et, pourquoi pas, quelques bijoux ? Non elle n’est pas riche pour se les offrir. Mais elle est habile à les voler. Voila tout. A chaque départ de voyage elle laisse derrière elle la plupart de sa garde robe, n’emportant que le strict nécessaire et refait le plein une fois arrivée à la ville suivante, de fait, elle est toujours vêtue à la mode locale et se fond plus aisément dans la masse.

  • Thème : Gone
  • Adore :
    Voyager, c’est encore ce qui lui plait le plus. Peut-être car cela revient à fuir, ou peut être parce qu’elle se sent libre et intouchable lorsqu’elle se perd entre deux routes. Amadeus, c’est une fille, et comme toutes les filles –dieu !- elle aime faire les boutiques. Oh, bien sur elle a sa façon bien personnelle de faire les boutiques… Elle paie rarement les articles les plus facile à subtiliser, et quand bien même elle s’achèterait un manteau à fourrure avec doublure intransportable et in-dissimulable, elle trouvera toujours un moyen de récupérer en douce dans la caisse la totalité voir plus de la somme qu’il lui a coûté. Plus que tout elle aime courir, le vent dans les cheveux, l’herbe et les dalles usées sous ses pieds nus –oui, elle affectionne de marcher pieds nus…- la sensation grisante d’être poursuivit… L’adrénaline qui va forcément avec son travail, celle de la fuite, celle de l’infiltration, celle de la traque, oui… cela aussi, elle l’affectionne grandement. Jusqu’à la peur de mourir à son tour qui lui prend les tripes et ne la quitte pas. Cette peur qui lui donne chaque jour la preuve qu’elle vit encore…
    De manière plus générales, elle aime la nourriture épicée, les chats sauvages, les cités comme la vaste campagne, les senteurs d’épice dans les marchés et même –oui-, le bruit des vagues… Le chant des mouettes. La pluie sur son visage. Les pleurs des goélands… La strangulation… Toutes ces choses…
  • Déteste :
    L’odeur des vieux ports et sa ville natale bien que, quelque part au fond d’elle, elle y attache aussi un peu d’amour. S’il est une chose parmi toutes qu’Amadeus déteste, c’est ce fichu regard implorant qu’ont la moitié des victimes, et plus encore, cette lueur de haine qu’à la moitié suivante. Oui, elle déteste ce regard aux portes de la mort et surtout –surtout- elle craint d’avoir le même lorsque son heure viendra. Un jour le loup Fenrir hurla dans la nuit et annonça le funeste présage : Ragnarök, la fin du monde. Cela aussi, elle le déteste, elle le craint. Et plus encore elle craint qu’un inconnu façonne le monde grâce à l’objet divin.


  • Histoire :
Chapitre 1_ This tears we cry are falling rain
Alcombord. Sur les quais, marins, marchands et mercenaires en tous genres se croisaient et se rencontraient, tous attirés par les marchandises multiformes qui y abondait. Des groupes d’hommes massifs charrient à même leurs bras musculeux de lourdes caisses de trésors venus de loin, de leur démarche chaloupée héritée d’interminables journées en mer, ils traversent le débarcadère sous les regards attentifs de riches négociants avides d’achats comme de vente. Cet endroit sentait l’argent. Cet endroit sentait le poisson. Cet endroit sentait l’or, la luxure, la misère et la pourriture décomposée. Les dalles au sol, humides, sales, abritaient quelques flaques d’eau salée. L’odeur de la mer, l’odeur de la poussière et des bêtes, l’odeur des parfums des nobles commerçants… Etouffant sous cette atmosphère lourde et bruyante, une enfant parcourait les quais.
Elle s’appelait Anselm, mais personne ne prononçait son nom. Silencieuse et discrète, elle longeait les murs et observait la cohue habituelle qui se déroulait sous ses yeux clairs. Ses vêtements étaient misérables, ses longs cheveux blonds, secs comme de la paille. Misérable, oui, c’était le mot idéal pour qualifier l’enfant muette des quais d’Alcombord. Les plus habitués du coin connaissaient tous son visage, elle errait jour et nuit dans les ruelles de la ville, chapardait ça et là, qui un morceau de pain, qui une poignée de dattes. Parfois, pour la forme, on lui donnait la chasse, on envoyait un ou deux serviteur de l’ordre la chercher et la punir pour ses chapardages. Mais, plus souvent, on fermait les yeux. Car elle inspirait la pitié, l’enfant seule des quais d’Alcombord. Personne, non personne ne savait d’où elle venait, avait-elle une famille ? Parfois elle apparaissait en pleine nuit, assise au bout du débarcadère, les jambes dans le vide et une comptine aux lèvres. Sa voix était douce et claire, plus discrète qu’un murmure et plus chantante qu’un gazouillis d’oiseau. Pâle, frêle, petite et mal vêtue, elle paraissait si fragile qu’on l’aurait cru capable de s’envoler avec la première brise.

Anselm aurait aimé pouvoir s’envoler. Là haut, très haut avec les mouettes qui piaillaient dans le vent du littoral. Elle aurait aimé s’envoler haut au dessus des odeurs de parfum et de pourriture mêlées. Orpheline, sans maison, sans le sous, sans famille ni amis, elle n’avait que ce petit espoir pour la maintenir debout. C’est pour se rapprocher du ciel qu’elle commença à grimper en haut des murs. Mais c’est pour échapper aux gardes qu’elle apprit à le faire vite, silencieusement, à sauter de toit en toit et à disparaitre au détour d’une ruelle. Discrète comme une ombre, rapide comme un chat de gouttière. Elle connaissait par cœur les coupes gorges de la ville et les égouts salvateurs. On ne l’attrapait jamais, la demoiselle muette des quais, on ne pourrait jamais l’attraper.
Elle avait faim. Levant les yeux au ciel, elle lorgnait sans émotion les nuages grisâtres entre lesquels perçaient ça et là quelques rayons de soleil et de rares taches de ciel bleu. Les mouettes hurlaient autour des mats des bateaux, les goélands pleuraient dans la brise. C’est ainsi qu’avait commencé le jour qui devait la libérer de cette triste existence qui était la sienne depuis toujours.

Marchant dans les ruelles bondées d’Alcombord, aussi transparente pour les habitants qu’un fantôme de passage, aussi silencieuse qu’un souffle, sans destination précise elle arpentait les rues. Attendait qu’une opportunité se présente. Une tarte mal surveillée ? Une étoffe emportée par le vent. N’importe quoi qu’elle puisse subtiliser et récupérer pour son confort minable.

Elle était si fatiguée de cette vie…

Une main lourde et autoritaire se posa sur son épaule, quelque chose dans ses tripes lui interdit de se retourner pour identifier son propriétaire. Elle reteint son souffle lorsque la voix rocailleuse murmura dans son dos ;

-Ne te retourne pas. Regarde droit devant. Tu vois ce gros marchand au manteau jaune brodé ?

Les yeux clairs de l’enfant s’agitèrent dans la foule, trouvèrent le marchand gras et jaune, canari obèse et tout couvert de sueur. Un valet emballé dans des vêtements de velours bleu tenait au dessus du canari grassouillet une ombrelle inutile. De ses doigts potelés, le marchand indiquait à son interlocuteur –un capitaine de navire sans doute- son désaccord quant à leur affaire en cours.
Oui. Elle le voyait.

-Sur sa poitrine, tu la vois ?

Une broche outrageusement ouvragée, couvertes de pierres et de liserés dorés. Le gros marchand l’exhibait avec fierté sur son pourpoint brun. Bombant le torse, on ne pouvait pas louper le bijou.

-Ramène la moi, gamine, et je t’emporte loin d’ici. Loin de la puanteur du port.

Elle frissonna.

-Va.

La main était toujours sur son épaule, contre sa gorge, mais elle se libéra de l’étreinte fluide comme un serpent et se dirigea vers la cible. Son cœur battait la chamade. Elle avait fait ça des centaines de fois sur le marché, entre les étals, dérober des bourses et des colliers d’argent… Mais une ombre sur son épaule lui murmurait que cette fois-ci était différente. Elle oeuvrait pour un autre, que lui promettait-il ? Qu’espérait-elle ?

Elle était fatiguée de la cohue des ports. Elle voulait partir, voila tout.

Profitant que le gros jaune montrait un chargement, que le valet s’épongeait le front, que l’interlocuteur barbu observait sans voir là où le doigt potelé pointait ; l’enfant fantomatique se glissa dans leur dos, passa sous le bras du marchand, tendit la main…
Lorsqu’elle se retourna et revint d’un pas rapide dans la ruelle, le souffle court mais l’esprit soulagé de n’avoir pas été vue, Anselm réalisa avec une pointe de dépit qu’elle ignorait le visage du commanditaire. Dissimulant la broche dans ses manches, elle observa a l’entour mais personne ne vint réclamer l’objet. Une poignée de minutes plus tard, un cri aigu déforma le visage du gros jaune qui jappait désespérément « au vol ! au vol ! » .
Elle s’éclipsa.

Il vint la trouver sur les quais ce soir là, alors que, spectre silencieux dans la nuit, elle observait son acquisition avec perplexité. Elle l’avait imaginé plus jeune, plus grand aussi. Mais l’homme qui lui faisait face et la surplombait de sa hauteur avait bien quarante années derrière lui, ses cheveux noirs étaient mêlés de blanc et une barbe de trois jours encadrait son visage. Dans ses vêtements sombres, il aurait pu disparaitre à sa guise. Ce qu’elle reteint de cette apparition, c’était avant tout son regard glacial posé sur elle. Elle s’y noya dès le premier contact.

Elle n’aurait pas pu le fuir.

Se laissant tomber accroupi devant elle, il l’étudia du regard avant de tendre une main gantée.

-Donne ça.

Elle abandonna la broche dans le creux de la main tendue.

-C’était du beau travail pour un amateur, gamine.
-Vous allez m’emmener ?

Il hocha la tête. Se redressa et lui tendit la main, pour l’aider à faire de même cette fois. Elle s’en saisit et le suivit dans les rues obscures, silencieux, il ne disait plus rien. Elle était effrayée par le personnage.

-Vous avez un nom ?
-Pas ici.

Un refus si froid et catégorique qu’elle n’osa plus questionner l’homme. Il la mena jusqu’aux écuries d’une taverne, y récupéra un cheval et, l’aidant à se hisser sur la bête, chevaucha vers les portes de la ville. L’emmena loin.


Chapitre 2 _ For all the lies you told us…
- Ecrase finement celle-ci. Et applique toi avec les quantités.
Elle hocha la tête, acheva de mettre en poudre ce qui se trouvait au fond du bol et tendit le bras à la recherche d’une cuiller. Dans la vaste maison du Maître, le soleil chaud entrait par les fenêtres ouvertes accompagné d’une senteur d’épice et de gazouillis d’oiseaux de ville. Asunia. C’est là qu’il l’avait emmenée en récompense de sa prestation de pickpocket sur le vieux port. Et là-bas, dans la capitale, « Il » avait un nom : Heimdal Azarov. A leur arrivée dans la cité, il avait fait deux cadeaux à l’enfant qu’il transportait avec lui. Le premier était son nom. Le second un nouveau prénom, pour commencer une nouvelle vie comme disciple. Elle était désormais connue sous le nom d’Anselm Amadeus Azarov. Elle vivait avec lui, dans la grande demeure aux murs blancs couverts de tentures richement brodées, entrecoupés de larges fenêtres donnant sur des balcons somptueux. Elle y avait sa propre chambre, son lit, on lui servait trois repas par jour et jamais plus elle n’alla chaparder dans les ruelles pour se nourrir.
Non. A présent elle chapardait pour le Maître. Elle chapardait pour l’apprentissage. De quoi ? Silencieuse, elle n’avait posé aucune question. Azarov dévoilait ce qu’il voulait bien et seulement quand il le voulait bien. S’il s’était tu, c’est qu’elle devait ignorer. Encore. Mais elle n’en avait cure, jamais sa vie n’avait été aussi simple et heureuse.

-Pas autant ! Pas autant gamine ! Tu veux nous tueur ?

Il arrêta son geste alors qu’elle versait dans un bocal une pleine cuiller de sa poudre blanche.

-Une moitié seulement, et c’est déjà un luxe.

Elle hocha la tête, enregistra l’information. Ce qu’ils faisaient aujourd’hui, c’était un explosif. Une leçon que le Maître avait gardée tout spécialement pour ce jour car, disait-il, « on tirerait des feux d’artifice le soir même » et c’était l’occasion ou jamais de tester leur création, n’est-ce pas ? Jour après jour, semaine après semaine, Azarov lui avait enseigné tour à tour la création de poisons, le maniement des dagues, l’escalade, le chapardage, l’art de se dissimuler, l’art de pister… Non, tout cela ne pouvait clairement pas faire partie d’un apprentissage innocent. Bien qu’elle ne s’autorise pas à s’interroger à ce sujet, Anselm savait pertinemment que sa ‘formation’ était criminelle. Que la tâche qu’on voulait lui confier devait rester secrète… Espionne ? Voleuse ? Informatrice ? Ce pouvait-être des centaines de choses différentes… Ou bien tout à la fois.

La leçon s’acheva tard dans l’après-midi et enfin elle fut autorisée à s’absenter pour prendre un bain. A son retour dans le salon principal de la vaste demeure, le Maître attendait, tout vêtu de cuir sombre et le regard plus sérieux et froid que jamais. Elle s’immobilisa alors qu’il ordonnait qu’elle se prépare pour sortir. « Sortir. » Elle enfila de quoi se déplacer discrètement, silencieusement. Ombre dans l’ombre et murmure dans la foule. Ils quittèrent la maison.
Les feux d’artifice hurlaient et explosaient en couleurs innombrables dans le ciel nocturne mais Anselm n’eut guère le loisir de les admirer, rapide, elle suivait les pas de son mentor, empruntant les ruelles les plus étroites et les moins fréquentées. Se dirigeant vers le tumulte sans jamais apercevoir plus que l’ombre d’un citoyen. S’immobilisant à un angle de mur, le Maître tendit à sa disciple aux mains tremblantes d’excitation le résultat de leur travail laborieux. « Là-bas » Indiqua-t-il. Et elle alla accomplir sa mission. Elle n’était plus l’enfant crasseuse d’Alcombord. Elle ne chapardait plus sur les étals du marcher. Aujourd’hui elle semblait aussi noble que son illustre Maître, ses vêtements étaient de soie et ses cheveux d’un blond platine faisaient sa fierté. Et surtout, surtout elle œuvrait dans l’ombre pour accomplir aveuglément les desseins de l’homme qui l’avait tirée de la misère. Ce soir elle dissimulait à l’endroit convenu le petit baril de poudre qu’ils avaient concocté de concert. Sans se poser de question. Avec, seulement, une foi immense en son protecteur. Elle agit comme à son habitude, en silence et à l’insu de tous.

Et le baril explosa. Incendia le bâtiment le plus proche. Le lendemain, on croirait encore à un accident. L'accident était une diversion. Mais pour l’heure la garde approchait, et l’enfant avait rejoint son protecteur qui déjà l’entrainait ailleurs. « C’était parfait. » l’avait-il félicité. Il n’en fallait pas plus à la jeune fille pour le suivre aveuglément. Jusqu’à ce manoir, jusqu’au sommet d’un mur. Il s’arrêta, attendit qu’elle se fut immobilisée près de lui et, par-dessus la balustrade, pointa du doigt une fenêtre obscure du bâtiment. « Là-bas. » Murmura-t-il. De sous son manteau sombre, il tira une dague acérée et quelques fioles qu’elle reconnu immédiatement. Les lui présenta.

-Utilise de préférence un poison. En dernier recours, la dague. Mais en dernier recours seulement car je préfère qu’on croit à un accident.

Elle observa, muette, les armes mortelles que lui présentait son Maître avec un frisson d’horreur. Voleur, espion… non. Assassin. Elle leva vers lui un regard implorant.

-Va. Ordonna-t-il implacable.

Elle prit les armes. Se glissa dans la cours.

Elle n’oublierait jamais. Le grincement traitre de la fenêtre,
La lueur sous la porte, les pas d’une servante dans le couloir,
Le souffle régulier du vieil homme dans son lit couteux,
La corbeille de fruit abandonnée sur la table. Quelques goutes…
Le hoquet de surprise du vieil homme lorsque, couvert de sueurs froides
Il avait aperçu la jeune fille perchée sur sa fenêtre, prête à fuir.
Il avait fallut revenir sur ses pas, vive et silencieuse,
Plaquer sa main sur la bouche grimaçante, paniquée,
Elle ne parvint pas à saisir sa dague, attrapa un oreiller…
Le plaqua sur le visage cramoisi aux yeux écarquillés.
Il s’agitait sous elle, se débattait. Puis s’immobilisa sous ses mains tremblantes.
Mort. Raide mort. Elle prit la fuite.


Le Maître dormait déjà lorsqu’elle rentra dans la grande maison aux murs blancs. Elle abandonna sur la table la dague inutile et les fioles. Se glissa dans sa chambre.
Ne ferma pas l’œil de la nuit.
Ni cette nuit, ni la suivante. Ni bien d’autres encore après elles. Parfois elle s’éveillerait en sursaut d’un cauchemar harassant. Ses nuits, longues et froides, hantées par un visage suppliant.

-Pourquoi m’avez-vous emmenée, cette fois là ?... Maître ?
-Regarde-toi, avait-il répondu avec un sourire satisfait ; l’air si douce. Garde cet air innocent sur ton visage, on ne te poursuivra jamais pour ces horribles crimes.

Il l’avait félicitée.

C’est tout ce dont elle avait besoin pour le suivre aveuglément.
Jusqu’à présent…



Chapitre 3_ And you will weep when you face the end alone

Elle avait hurlé, protesté, pleuré. Puis recommencé. Un hématome douloureux au coin de l’œil et l’égo tout abimé par les remontrances du Maître, elle avait concocté quelques poisons, affuté une lame. Et travaillé à nouveau à ses côtés. Jour après jour, nuit après nuit, hantée par les visages de plus en plus nombreux des inconnus qu’il, ou qu’elle arrachait à la vie. Anselm se rendit malade, plus d’une fois, à se torturer l’esprit pour ces pauvres âmes. Mais tuer devient plus simple lorsqu’on l’a déjà fait une fois et petit à petit, elle cessa de pleurer. Cessa de trembler. C’est à peine si son cœur se serrait lorsque, déterminée, elle plantait une lame dans la gorge d’un inconnu éploré.
Elle haïssait le Maître autant qu’elle avait pu l’aimer. Et qu’elle l’aimait encore. Et lui se faisait lointain, distant, soupçonneux.
Lorsque, une nuit, il la laissa aux mains de la garde, elle crut d’abord que son heure était venue mais parvint à s’enfuir. Ils ne virent pas son visage mais –elle l’aurait juré- l’un d’entre eux avait aperçu sa silhouette fuyarde à l’angle d’une ruelle. Elle en tremblait encore à son retour à la maison, furieuse, car il avait promis de « distraire leur attention ». Il sembla presque surpris de la revoir. Surpris, inquiet, et –était-ce une illusion ?- un peu fier aussi.

-Tu es de retour.
-Ils sont venus pour moi.
-J’ai rencontré quelques résistances en chemin, mais je vois que tu t’en es sortie. Comme toujours.

Il souriait. C’était tellement faux ! Tellement criard !

-Ils savaient que je viendrais.
-Vraiment ?

Elle saisit la dague à sa ceinture et le regard du Maître se fit plus glacial que jamais.

-Tu n’as pas le mental. Il tira de son manteau une paire de lames qu’il brandit devant lui. Tu ne l’as jamais eu. Je ne peux pas prendre de risque avec toi.

Elle prit la fuite, voulut fuir, seulement. Car il fut sur elle bien avant qu’elle n’ait atteint fenêtre ou porte. Prêt à la couper en deux. Mais elle était allé à bonne école, avait retenu toutes les leçons, elle glissa sous lui, se déroba et voulut frapper la première. Il dévia sa lame alors que, d’une feinte elle le désarmait à son tour, glissait dans son dos. Ils tombèrent en arrière, lui sur elle, et sa main paniquée trouva la corde tressée qui retenait les rideaux de soie. Elle en entoura le cou de son maître. Serra. Serra… serra………


Chapitre 4_ So in the end, i’ll be what i’ll will be


Elle quittait la maison de son Maître, traitre, lorsque le hurlement de Fenrir fendit le ciel et effraya les plus valeureux cœurs. Tremblante, Anselm Amadeus Azarov erra dans les rues de la capitale elle serrait encore dans son poing la corde qui avait étranglé son père et Maître. Son sauveur. Son protecteur. L’homme qui lui avait tout donné… Le hurlement lui vrilla les tympans, son cœur rata un battement. « La fin du monde. » Etait-ce seulement possible ?
Elle prit la route. Quitta la capitale, reprenant à son propre compte les activités qu’Heimdal Azarov lui avait inculquées. A. Amadeus Azarov. L’assassin. On ne soupçonna jamais le visage angélique de dissimuler de si vils aspects.
Sur les routes, d’une cité à l’autre, d’un contrat à un autre, le temps passant elle croisa de plus en plus d’aventuriers vigoureux, courageux et avides de victoires. Ils cherchaient, disaient-ils, l’artefact divin qui leur permettrait de faire renaître le monde. Suivant leur bon plaisir.

-La fin du monde… ?

Aux portes de Lotheican, elle ouï les murmures des mages et des érudits. Tous n’avaient aux lèvres qu’un sujet, qu’un mythe, cet objet divin, ce dernier espoir du monde.
Elle reteint un frisson, passa les portes, traqua sa victime. Sans trop y penser.
La renaissance du monde. Un monde créé par… Un inconnu. Alors que, traversant une place bondée, elle repérait sa proie dans la foule, Anselm se promit à part elle de ne pas laisser arriver une telle chose. Quitte à favoriser la fin du monde. Quitte à en créer un elle-même… Tout recommencer. Effacer le passé.
Elle trébucha. Il la rattrapa pour son plus grand plaisir et, tandis qu’elle le remerciait platement, Anselm prit ses mains dans les siennes, y laissant de fines particules de poudre claire. Elle tournait à l’angle de la rue suivante lorsque le pauvre homme commença à tousser. Encore quelques heures et il serait raide mort. Se mettant en route pour récupérer sa paye, Anselm murissait un nouveau projet, de quoi la sortir de cette nouvelle misère dans laquelle elle s’était elle-même empêtrée, de quoi changer sa vie du tout au tout, encore une fois.
Trouver l’objet divin. Faire renaître le monde selon son bon plaisir. Repartir à zéro…
Elle passa les portes de la ville.

-Pourquoi pas…?
Midgard

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  • Pseudonyme ou Prénom : call me Gauze
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  • Expérience Role Play :je fais du RP depuis… lemethink… 3 ans ? Tombée là dedans grâce à l’ennuie du lycéen. C’est beau la jeunesse. D’abord un premier forum de fantasy qui tombe en décrépitude, c’est malheureux. Puis un autre que j’ai quitté pour cause de… mauvaise ambiance on va dire. Par la suite un forum pensionnat dans lequel j’ai élu domicile et que je hante copieusement de posts d’une longueur tout à fait obscène (oué. Quand le compteur dit « 2000mots » je considère qu’il y a emportement… XD) et c’est en particulier là-bas que j’ai développé mon style de rp qui est plus axé sur le ressentit que sur les actions (voila, quand mon personnage attrape une pomme je me sens obligée de parler de la sensation de froid sur sa main et des reflets du soleil sur le fruit /PAN/). A présent je vais jongler entre le-dit forum rp-pensionnat et le charmant monde de rune Midgard. Dieu j’ai eu un coup de foudre pour votre forum quand j’ai mis les pieds dedans j’espère tellement que je vais aimer tout le monde et vous envahir de ma présence comme un vil parasite increvable et in-bannissable QwQ…….. bref. Quel est mon niveau rp ? J’en sais trop rien mes chers petits amis de rune Midgard. Je laisse à mes partenaires in crime le soin de le définir pour moi.
  • Avez-vous lu le règlement ? ... oui… C’est une question piège ? Y’a un code que j’ai loupé ? C’EST CA ? çç … vous en faites pas je suis une gentille fille je ne piétinerais pas votre règlement amoureusement rédigé~ ♥

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Amadeus - You are lost, you can never go home

MessageSujet: Re: Amadeus - You are lost, you can never go home Sam 2 Juin - 6:39
Tu as oublié les stats (étoiles). :p
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Amadeus - You are lost, you can never go home

MessageSujet: Re: Amadeus - You are lost, you can never go home Sam 2 Juin - 7:18
Je n'avais pas terminé :face:
Maintenant c'est bon. Enfin je crois. Enfin j'espère... Je vous laisse juger 8D
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Amadeus - You are lost, you can never go home

MessageSujet: Re: Amadeus - You are lost, you can never go home Sam 2 Juin - 8:13

Eh bien, je vois que, finalement, elle fut très vite postée, cette fiche. :) Motivation, quand tu nous tiens~

Je l'ai lue dans son entièreté, et je n'ai rien vu qui puisse poser problème. Très belle fiche, très beau style d'écriture (les seules fautes que j'ai pu retrouver étaient des fautes d'inattention, c'est dire!) et une histoire mal foi fort intéressante. Le personnage l'est aussi. :)

La seule chose qui me dérangeait, dans la lecture du texte, du caractère, etc., c'est son âge. Je trouve que, de la façon dont tu la décris, et au vu de sa maturité, elle semble plus âgée, moins enfant. Mais après tout, c'est à toi à décider de la façon dont se comporte ton personnage, et si les admins n'ont rien à y redire, je n'insiste pas! :)

J'ai hâte de voir ça en jeu! (D'ailleurs je suis bien tentée de te proposer un rp dès que j'aurai un peu plus de temps... *-*)

C'est aux grands-chefs de ce forum de juger, mais à moi il me semble que ta fiche sera très vite validée! :)
Bienvenue parmi nous! ♥
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Amadeus - You are lost, you can never go home

MessageSujet: Re: Amadeus - You are lost, you can never go home Sam 2 Juin - 8:49
merci!

C'est vrai que son caractère peut sembler un peu décalé par rapport a son âge... je suis partie sur le même principe que tous ces romans fantasy dans lesquels des univers plus durs que le notre forment des caractères plus rapidement matures... Avec son bg je pense que ça se justifie, reste a voir si les admins trouvent que c'est cohérent... 8D
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Amadeus - You are lost, you can never go home

MessageSujet: Re: Amadeus - You are lost, you can never go home Sam 2 Juin - 9:23
Cela ne me pose aucun problème ;).
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MessageSujet: Re: Amadeus - You are lost, you can never go home Sam 2 Juin - 9:47
Tout étant K.O, je me permet de te validé.

Fiche validée.

N'oublie pas de remplir la feuille personnage dans ton profil !

Bon jeu sur Midgard !
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MessageSujet: Re: Amadeus - You are lost, you can never go home
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