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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 23 Sep - 11:02
[Ceci est la suite de l'histoire commencée ICI]



Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau, Acte II



« T’es un peu taré toi… »

Quelle réaction étrange ! Le chevalier était décidément un personnage imprévisible. Il venait d'exprimer une certaine surprise, mais d'une façon disons...très personnelle, bien que potentiellement assez vexante. Son expression faciale traduisait une certaine circonspection. Probablement se demandait-il par quel délire un petit gaillard apprenti alchimiste lui avait demandé de l'accompagner. Gilford était décidé à lui répondre si celui-ci le lui demandait, mais seulement une fois que ses questions auraient trouvé réponse à travers les mots de Seyren. Ceux-ci ne vinrent cependant pas. A la place il se contenta d'afficher un large sourire...

C'est alors que des cris retentirent à quelques rues des deux fuyards. Plus que des cris, des vociférations. Des aboiements de soldats haineux, chauffés à blanc par les invectives de leurs supérieurs. Le genre de directive ne laissant pas le choix, soumettant les préposés à une obligation de résultat bien gênante pour leur solde...qui risquait de s'envoler en cas d'échec. Ils n'étaient donc pas prêts d'abandonner les pauvres bougres. Seulement ils reviendraient en masse, et cette course poursuite ne pouvait pas durer éternellement, il fallait enfin réussir à les semer. S'ils avaient décidé de suivre Howling et Windsor dans chaque coin d'Alcombord, la tâche en serait d'autant plus ardue. Leur conversation avait ainsi été coupée, et quelque chose disait à Gil que cela rendait Windsor fort aise. Celui-ci s'en retourna immédiatement et se remit à courir, lâchant dans son dos quelques paroles adressées à l'alchimiste :

« Si tu veux connaître les réponses à tes questions, je te conseil de me suivre ! »

Ses propos étaient encourageants pour Gilford : Il n'avait pas dit non. Mais il fallait se presser, le chevalier était déjà parti, et au pas de course. Gil le suivait facilement, c'était toujours ça de pris. La légèreté de son équipement lui permettait de ne pas trop se fatiguer. Dépassant régulièrement le chevalier de quelques foulées, Gil prenait soin de ne pas le semer, réduisant son allure lorsque cela était nécessaire. Cela ne l'empêcha cependant pas d'être surpris lorsque la puissante main de Seyren le saisit par le col pour l'arrêter. L'alchimiste jeta un regard au chevalier, attendant son indication quand à la suite des opérations. Mais celui-ci regardait au loin, en l'air.

« Je sais où nous allons nous replier. »

Sans dire un mot de plus il s'engouffra dans une fissure que présentait un mur voisin. Gilford le suivit, mais au moment de pénétrer dans le tunnel ainsi ouvert, il ne put se retenir d'esquisser un mouvement de recul. Quelle puanteur ! C'était diabolique ! On ne voyait pas à plus de deux mètres en contrebas. Compte tenu de l'odeur et de la profondeur, il s'agissait....des égoûts. Oh non. Pourquoi une telle épreuve si rapidement ? Gil venait d'exprimer au chevalier son envie de l'accompagner, il ne pouvait pas faire machine arrière maintenant. Etait-ce là un test du chevalier ? Etait-ce le meilleur moyen de semer la garde d'Alcombord ? Peut-être les deux...Mais tout de même quelle poisse !

Après avoir soufflé un grand coup, Gil se lança vers l'avant, puis se ravisa. Mais bien sur ! Les plumes de vent ! Il en saisit trois de son baluchon, puis commença à les agiter à mesure qu'il s'avançait vers l'égoût. L'effet fut pour le moins appréciable. La puanteur, bien que toujours trop forte, était relativement réduite. Mais plus intéressant encore, le vent tenait à distance des insectes pour le moins hideux, des libellules velues, des moucherons vindicatifs, et autres vers dégoûtants. A mesure qu'il s'avançait, la pénombre s'accentuait et le niveau des eaux usées grimpait. Le lieu déjà sordide en devenait tout bonnement épouvantable. Gil s'efforçait de ne pas perdre de vue Windsor, déjà préoccupé par cette rivière innomable qui lui arrivait à la taille et effrayé à l'idée que des sangsues avides de son sang ne s'y soient développées. Son compagnon se retournait régulièrement pour s'assurer de sa présence, du moins c'est ce que Gil croyait deviner dans la pénombre. Il se dit qu'il aurait pu prendre aussi quelques fioles de feu, histoire d'y voir un peu plus clair. Néanmoins le petit vent généré par les plumes réduisait un peu son calvaire. Dans son malheur Gilford se dit qu'il n'était pas le plus à plaindre.
Et la traversée durait, durait, durait...d'interminables minutes qui s'agglutinaient en un laps de temps qui, peu importe sa durée, était trop long, bien trop long. La délivrance vint sous la forme d'un rai de lumière qui apparut tout fin, puis qui grandissait au fur et à mesure de la progression des deux infortunés. Tout autant ébloui par la lumière retrouvée que ravi par la pureté de l'air qu'il respirait à nouveau (quand bien même il ne s'agit que d'un air vicié de ville peuplée, il parut à Gil aussi frais que celui d'une forêt vierge), il se plaça aux côtés de son camarade puant et regarda autour de lui. Il déchanta bien vite. L'endroit où ils étaient arrivés était tout aussi dérangeant que celui dont ils sortaient.

Des têtes empalées, des étals douteux, des vendeurs entièrement vêtus de noir, des chalands anonymes mais tout aussi peu recommandables...tout ça donnait une ambiance particulièrement malsaine qui faillit donner à Gil un haut-le-coeur.

« Le marché noir. » Annonça Seyren avec détermination.

Assez peu rassuré, Le jeune homme ne pouvait que remettre son sort entre les mains du chevalier.

"J...J'espère que tu sais ce que tu fais..." Etouffa Gilford entre deux pénibles reprises de souffle.
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Mer 10 Oct - 6:54
Le jeune génie n’avait pas eu beaucoup de mal à me suivre dans les souterrains de la ville, utilisant plus son cerveau et ses étranges et fascinantes créations que ses muscles. Je ne le connaissais que depuis peu mais déjà, j’avais l’impression qu’il possédait le pouvoir de matérialiser tout ce que son brillant cerveau était capable d’imaginer. Une fois la lumière du jour retrouvée, tout en reprenant un bain d’air frais, l’alchimiste Gilford commençait à douter. S’il m’avait suivi jusqu’ici, il n’avait toujours pas eu la moindre réponse à ses questions.

- « Cet endroit est plutôt dangereux pour le commun des gens mais… Je ne suis pas vraiment comme tout le monde et, je pense que toi non plus. » Déclarai-je en me mordant la lèvre inférieur devant le désastre en mon dos, ma magnifique cape rouge était saccagée. Maudit égouts !

Tout en pensant au temps que j’allais devoir consacrer au nettoyage de mon armure et de ma tunique, j’observai discrètement autour de nous. Ah le marché noir dans toute sa splendeur ! Déjà, quelques regards curieux, dissimulés sous de longues capes noires, nous épiaient au loin et, je n’avais guère envie de faire connaissance avec leurs futurs larcins. Alors que m'approchai du petit alchimiste désorienté, mon regard émeraude n’avait pas quitté les sombres individus. Ceux-là, ne comptaient pas nous perdre de vu.

- « Trouvons un endroit clos. Une auberge ferait très bien l’affaire. Nous devons parler et nous en profiterons pour nous restaurer et… Sans vouloir te vexer, tu ne sens pas vraiment la rose. »
Lançai-je avec un petit sourire.

Amicalement, j’avais tapoté son épaule, peut-être un peu trop fort d’ailleurs… Avant de reprendre la marche. Si mon corps était fatigué de toutes les dernières mésaventures, mes jambes semblaient quant à elles soulagées de retrouver un sol solide et sec. Tout en avançant, Gilford à mon côté, mon regard n’avait cessé de se tourner vers les étals douteux. Je dois l’avouer, le marché noir m’intriguait. J’étais curieux de découvrir toutes ses horreurs et bizarreries, d'affronter ses dangers et pourquoi pas, croiser le fer avec quelques gredins ? Si j’avais deviné son emplacement, il y a de cela des années lors de mes présentes excursions à Alcombord, c’était la toute première fois que je lui faisais face. Tant de rumeurs circulaient à son sujet, tant de drames et de légendes y avaient vus le jour et, il se trouvait là, à quelques mètres de moi ! J'avais eu toute la peine du monde à me raisonner, me faisant violence pour ne pas planter Gilford ici et courir, comme le dernier des idiots, à la recherche de ma dose d’adrénaline. La mine presque boudeuse, je continuai d’avancer vers ce qui me semblait être de vieilles habitations, ayant repéré au loin la vieille insigne d'une auberge. A aucun moment, je n’avais eu besoin de me retourner pour savoir que les ombres nous suivaient toujours.

Devant l'auberge en question, j'étais resté un moment comme paralysé, la bouche grande ouverte et les sourcils froncés dans une expression de révolte, observant ce qui aurait très bien pu être une relique de la grande guerre. Bon d'accord, c'était loin d'être une auberge quatre étoiles mais, elle devait bien proposer des pièces avec quatre murs et, c'était là tout ce dont on avait besoin. Puis à en juger par l'état misérable des lieux, je savais d'avance que les propriétaires ne feraient pas les différents devant le parfum abominable de mon compagnon à lunettes. D'ailleurs, pourquoi diable avait-il des lunettes s'il ne les portait pas ? Devant le lieu piteux, une vieille femme était assise sur une chaise en bois, à côté de l'entré, son regard fixant l’horizon. J'avais forcé un petit sourire avant de m'avancer vers elle, prêt à lui transmettre mes exigences.

- « Nous sommes complets. » Maronna la vieille femme avec un étrange accent, me coupant net dans mon élan.

Pour toute réplique, j’avais ouvert ma bourse pour en vider généreusement la moitié du contenu sur les genoux de l’ancêtre. Ses yeux, jusqu’à présent mi-clos, s’étaient subitement ouvert, brillants. Ses vieilles mains s'étaient refermées comme des mâchoires sur les joyaux. D’un signe de tête, elle nous invita à entrer.

- « L’argent parle toutes les langues. » M’amusai-je dans un murmure à l’attention du jeune alchimiste.

A l’intérieur, un vieil homme – et j’avais décidé de moi-même qu’il était le mari de la vieille peau à l’entrée -, nous avait remis la clé de notre chambre. Je lui avais fait part de notre désir de nous restaurer mais aussi de nous toiletter. Le regard fatigué de l’ancien s’était porté sur Gilford, puis sur moi, avant de recommencer sans cesse le même manège. J'avais l'impression qu'il espérait ainsi faire fonctionner son antique cerveau mais, devant la lenteur de la chose, j'avais pris les devant, attrapant la clé et le saluant.

- « Rassures-moi Gilford, tu aimes les femmes ? » Demandai-je sans réelle raison en empruntant les escaliers en ruine menant à notre… modeste pièce à quatre murs.

Spoiler:
 
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Jeu 18 Oct - 6:10
Face à mon appréhension, le chevalier Seyren opposa une certaine assurance :

« Cet endroit est plutôt dangereux pour le commun des gens mais… Je ne suis pas vraiment comme tout le monde et, je pense que toi non plus. »

Il avait l'air de penser ce qu'il disait le bougre. Pourtant moi je n'avais ni sa carrure ni son habileté à l'épée. J'aurais aussi pu ajouter que je n'avais pas autant de courage que lui, mais après tout, j'avais sauté dans les égouts avec lui. Après en être sorti, J'avais décidé d'estimer de ma bravoure à un niveau bien plus élevé qu'auparavant. Égouts qui laissaient un bien mauvais souvenir à mon compagnon en armure : sa cape était complètement fichue, pourrie par ce si doux mélange de déjections et d'eaux usées que nous venions de traverser. Quel drame. Cet accessoire devait coûter si cher que j'aurais pu renouveler tout mon matériel expérimental en le revendant par ici...j'espérais cependant qu'il n'y attachait pas une trop grande valeur sentimentale. Windsor lui, passée la mauvaise surprise, semblait aussi épanoui que puant. Il observait les alentours d'un air curieux et aventureux. L'ayant vu combattre quelques temps plus tôt, je savais qu'il était de ces fous de sensations fortes, toujours à la recherche de stimulants pour leur corps et leur instinct. Moi qui suis plus du genre posé, j'ai un peu de mal à saisir cet appétit pour le danger. Mais là n'est pas le plus intéressant.

« Trouvons un endroit clos. Une auberge ferait très bien l’affaire. Nous devons parler et nous en profiterons pour nous restaurer et… Sans vouloir te vexer, tu ne sens pas vraiment la rose. »

Dit-il comme une fleur en me tapant l'épaule de manière assez énergique pour manquer de me faire perdre l'équilibre. Concernant sa petite pique, j'étais tenté de lui répondre "J'ai l'habitude...", mais repenser à mon état d'il y a quelques semaines ne me rendait pas vraiment guilleret. Aussi choisis-je de me taire.

Marchant à la recherche d'un toit, je me mis également à observer les alentours. Et ce que je vis n'avait rien de très reluisant. Le lieu était tristement célèbre, et beaucoup de gens ont péri entre ces étals. Même Corentin Eudès lui même ne s'aventurait pas en ces lieux. C'est dire la densité de criminalité qui y sévissait. Dans l'absolu je n'étais vraiment pas mécontent de me promener aux côtés d'un grand gaillard dont l'épée était aussi grande que lui. Il regardait régulièrement mes lunettes. Quoi mes lunettes ? Peut-être se demandait-il pourquoi elles restaient sur mon front. Je suis scientifique et pas myope ! Ces lunettes ne servent pas à voir mais à protéger. J'espérais qu'il allait un jour avoir le loisir de s'en rendre compte. Sous-entendu, j'espérais pouvoir bientôt me remettre à mes petites expériences lors de mon voyage (si tant est qu'il continuât) avec lui. Enfin tout cela n'était que supposition, peut-être les trouvait-il simplement disgracieuses...

Nous arrivâmes finalement devant une auberge miteuse, à peu près aussi pourrie que nous. La devanture peu engeante ne m'aida pas à me sentir plus détendu, mais qu'importe. Je décidai de laisser Seyren mener les négociations alors qu'il s'avançait vers la tenancière, une bonne femme complètement décrépite. Et très moyennement aimable au demeurant. Le chevalier n'eut d'autre choix que de payer en avance, déversant une quantité assez admirable de joyaux sur les genoux de la vieille. Qui ne se laissa pas prier pour nous indiquer l'entrée, les pupilles encore dilatées à la vue de tant de richesses. "L'argent parle toutes les langues" déclara mon compagnon, et les dieux savent qu'il avait raison. Après avoir récupéré une clé de chambre auprès un autre vestige des temps anciens, encore plus ridé que le précédent, et visiblement assez peu réactif, nous nous rendîmes à l'étage, là où se situaient les "suites". C'est alors que Windsor me posa une question embarrassante :

« Rassure-moi Gilford, tu aimes les femmes ? »

Rassure-moi ? Pourquoi donc...ah mais bien sur, nous partagerons la même chambre voilà pourquoi...Mais les femmes...qu'est-ce que j'en sais que j'aime les femmes...


Il fallait voir les choses en face, Gilford était un parfait ingénu. Il savait apprécier la beauté chez chacun des deux sexes, mais il n'avait jamais ressenti avec évidence une attirance pour le sexe opposé. Sa réponse n'en fut que plus gênée et a double sens :

"Euh...oui...je, je suppose oui...enfin je n'ai jamais eu l'occasion d'en être sur..."
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Lun 22 Oct - 4:47
- « Euh...oui...je, je suppose oui...enfin je n'ai jamais eu l'occasion d'en être sur... »

- « Voici qui est rassurant. Enfin, je crois. » Répondis-je, incertain.

C’était, d’une certaine façon, tout à fait logique. Gilford Howling était jeune et avait passé toute sa courte existence à étudier l’alchimie à l’école de magie de Lotheican. Dans sa quête de savoir, il n’avait probablement jamais pris le temps de s’adonner aux jeux des femmes et de l’amour. Le jeune érudit ne s’était donc pas détourné de l’essentiel. Je me demandai ce qu’il serait capable d’accomplir avec du matériel digne de ce nom, digne de la richesse des Windsor. Mais l’heure n’était pas à ce type de curiosité. Nous avions d’autres chats à fouetter.

- « Nos hôtes vont nous apporter de la nourriture. Surtout, n’y touches pas. Nous ne pouvons faire confiance à personne ici. » Ordonnai-je sans me soucier du fait que j’en étais à donner naturellement des ordres à mon nouvel ami. Vieille habitude… - « J’ai quelques minces provisions sur moi, assez pour que tu puisses te remplir l’estomac. »

J’avais commandé deux repas que dans l'unique but de faire croire à nos hôtes que, s’ils souhaitaient se débarrasser de nous, cela leur serait facile. Dissimuler du poison dans de la nourriture destinées à deux gaillards affamés, cela n’était pas une tache bien difficile, même pour un centenaire. Me dirigeant vers la porte, je m’étais assuré que celle-ci était bien fermée à clé avant de me rendre à la fenêtre, tirant deux vieux tissus d’un jaune sale en guise de rideaux. N’étant toujours pas rassuré quant au risque qu’on puisse nous épier, j’avais adopté une voix basse, murmurant.

- « Bon passons aux choses sérieuses. » Déclarai-je en ouvrant la sacoche accrochée à ma ceinture.

Autre que ma bourse, il y avait là plusieurs petits carnets de voyage, dont mon journal, ainsi que divers documents papiers et quelques modestes miches de pains. Marchant jusqu’à la seule table présente dans la pièce, j’y avais déposé le contenu de la sacoche en entier, avançant les morceaux de pain en direction de mon nouvel ami. Enroulés dans des morceaux de tissus, ceux-ci n’avaient heureusement gardés aucun souvenir de notre petit séjour dans les égouts. Après le courage dont Howling avait fait preuve, j’étais honteux de ne pas pouvoir lui offrir plus copieux. Ce petit gars méritait un festin digne des plus grands rois !

- « Je suis bien Seyren Windsor XIIème du nom. Qui d’autre possèderait mon épée, la 9K et également ça… » Ôtant rapidement mon gantelet d’acier gauche, j’avais levé la main pour mettre en valeur le bijou trônant seul sur mon annulaire. – « Peu d’hommes peuvent se vanter d’avoir une chevalière d’or portant l’emblème des Windsor. » Avançai-je.

Considérant qu’il ne devait plus trop douter de mon identité, je poursuivis, traitant une à une toutes les questions posées par le jeune prodige, plusieurs heures auparavant.

- « J’ai quitté Asunia dans le seul but de me lancer dans la quête d’une relique. Comme tu le sais déjà, le loup Fenrir a sonné la fin du monde que nous connaissons. Certes, ce n’est là qu’une vieille prophétie comme il en existe des centaines d’autres. Mais, depuis cette nuit, des évènements inquiétants se sont multipliés dans toute rune Midgard… »

J’avais alors étalé sur la petite table des dizaines de coupures de journaux, lesquels faisaient vent des apparitions de créatures gigantesques, d’hommes possédaient par des démons, de violentes tempêtes éclatantes sans crier garde, de plusieurs enfants nés le même jour avec deux têtes, de récoltes dévastées par des nués improbables d’insectes, d’une mer devenue sauvage et indomptable…

- « Cela fait beaucoup de coïncidences, tu ne trouves pas ? » Demandai-je en fronçant les sourcils, l’air grave. - « Plus inquiétant encore, j’ai la certitude que l’objet divin est réapparut. L’objet divin, aussi appelé Saint Graal, ou en tant que alchimiste, peut-être le connais-tu sous la désignation de pierre philosophale ? Cette relique serait capable d'offrir les pouvoirs d'un Dieu, à quiconque le trouve, pendant quelques instants. Assez pour modeler le monde selon son idéal ou même, pour le sauver. Il incarne ce que tout le monde cherche et, ce que tout le monde désire. »

J'avais marqué un temps d'arrêt, laissant ainsi le jeune alchimiste traiter l'ensemble des informations. Cela devait lui paraitre comme la quête désespérée d'un chevalier rêveur. Mais, l'objet divin était loin d'être un conte pour enfants. Il y a plus de deux cents ans, ce cadeau empoisonné des Dieux avait transformé le monde des Hommes en un gigantesque champ de batailles. Il fût l'élément déclencheur de la grande guerre. Les mains à plats sur la table, mon regard émeraude s'était planté dans celui du jeune homme, féroce et déterminé.

- « L’objet divin existe. J'en suis persuadé. Et, je compte bien m'en emparer. »
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Mar 30 Oct - 3:28
Heureusement pour Gilford, le chevalier n'insista pas. Il se contenta d'une phrase lancée de manière un peu hasardeuse et aborda immédiatement un autre sujet : celui de leur sécurité.

« Nos hôtes vont nous apporter de la nourriture. Surtout, n’y touche pas. Nous ne pouvons faire confiance à personne ici. J’ai quelques minces provisions sur moi, assez pour que tu puisses te remplir l’estomac. »

Le jeune alchimiste n'avait jusqu'à présent pas réalisé à quel point leur situation était instable, mais les paroles de Windsor provoquèrent en lui un déclic. Ils en étaient au point ou vraiment n'importe qui pouvait leur vouloir du mal...Cette impression d'insécurité fut encore renforcée par l'attitude du chevalier, vérifiant chaque recoin de la pièce, les rideaux, le verrouillage de la porte...plus que jamais les murs avaient des oreilles. Ceci fait, il tendit à Gil quelques morceaux de pain, avant de se placer devant lui.
Il confirma son identité, montrant au passage une superbe chevalière d'or, marquée des armes de la famille Windsor.
Ceci-fait il débuta son monologue :

« J’ai quitté Asunia dans le seul but de me lancer dans la quête d’une relique. Comme tu le sais déjà, le loup Fenrir a sonné la fin du monde que nous connaissons. Certes, ce n’est là qu’une vieille prophétie comme il en existe des centaines d’autres. Mais, depuis cette nuit, des évènements inquiétants se sont multipliés dans toute rune Midgard...Cela fait beaucoup de coïncidences, tu ne trouves pas ? Plus inquiétant encore, j’ai la certitude que l’objet divin est réapparu. L’objet divin, aussi appelé Saint Graal, ou en tant qu'alchimiste, peut-être le connais-tu sous la désignation de pierre philosophale ? Cette relique serait capable d'offrir les pouvoirs d'un Dieu, à quiconque le trouve, pendant quelques instants. Assez pour modeler le monde selon son idéal ou même, pour le sauver. Il incarne ce que tout le monde cherche et, ce que tout le monde désire.»

Il marqua alors un temps d'arrêt. Qui n'était ma foi pas de trop. La pierre philosophale, l'objet divin, ce Seyren Windsor était en train de donner corps aux mythes de Midgard, ni plus ni moins ! La réalité se mélangeait au légendaire, dans une forme de délire que l'esprit scientifique de Gilford tentait de combattre de toutes ses forces. Le loup Fenrir ? La fin du monde ? Les parchemins déballés par Seyren semblaient confirmer sa théorie, beaucoup d'évènements pour le moins inquiétants se déroulaient en ce moment même à travers toutes les contrées connues. Pour qu'un homme abandonne ainsi son royaume, ce ne peut être que pour quelque chose de plus grand, certes. Mais là, il s'agissait tout simplement d'une quête pour sauver le monde ?! Alors qu'il était en pleine réflexion, l'alchimiste vit Seyren plonger son regard dans le sien. Celui-ci reflétait une détermination sans faille, une aura incroyablement forte se dégageait de lui.

« L’objet divin existe. J'en suis persuadé. Et, je compte bien m'en emparer.»

Gil se surprit un instant à penser que cet homme allait effectivement sauver le monde, ébloui par un tel charisme. Néanmoins, il s'en retourna bien vite à ses pensées. Windsor avait effectivement répondu, et il avait été on ne peut plus clair. Mais qu'en était-il du jeune alchimiste ? Tout cela semblait impossible à avaler, et pourtant. Il sentait au fond de lui ce qu'il désirait le plus ardemment, à tel point que ce sentiment lui brûlait le ventre. Elle était là, devant lui, l'aventure dont il avait toujours rêvé. Une quête de la trempe de celle que l'on accomplit qu'une fois dans sa vie...non, LA quête d'une vie tout simplement...Trouver la pierre philosophale ? Un périple dans tout rune Midgard à sa recherche ? L'assurance de nombreuses rencontres amies comme ennemies ? Le danger inhérent à leur situation de fugitifs autant que de vagabonds ? L'appel de l'aventure plus fort que jamais raisonnait dans chaque cellule de Gilford Howling. A cela s'ajoutait sa curiosité irrépressible, son envie immense de découvrir le monde qui l'entourait dans toutes ses composantes. Il ne pouvait se résoudre à rebrousser chemin. La suite de son aventure devait se faire avec cet homme.

"Donc...si j'ai bien compris, tu comptes sauver le monde...Et pour ça tu dois trouver cet objet divin. Ca semble très clair. Absolument délirant mais tout aussi limpide. Ce n'est pas le genre de périple que tu pourrais accomplir seulement avec du courage et une épée, aussi immense soit-elle...Tu as une idée précise de ce que tu comptes faire ? Midgard est immense, as-tu déjà des indices ?...De plus, tu n'es certainement pas le seul à être en quête de cette relique...les mythes et surtout l'appât du gain, attirent toutes sortes de convoitises. Bref, tu n'y arriveras pas seul. Tu as pensé à recruter des compagnons ? Si ce n'est pas le cas, il te faudra le faire...et puis..."

Quelques heures plutôt, Gil avait demandé à Seyren s'il pouvait le suivre. Mais cette fois la situation était différente. Il avait un rôle à jouer dans cette histoire, il le savait, il le sentait au plus profond de son âme. Il devait reformuler sa demande.

"Et puis laisse moi mettre mes compétences à ton service. Je suis alchimiste, mes connaissances sont assez vastes, bien que théoriques, et je ne demande qu'à les mettre en pratique. Je suis débrouillard, je suis pas mauvais en cueillette et en collecte d'informations...je suis plutôt agile...bon je ne sais pas me battre, mais je ne demande qu'à apprendre ! Seyren Windsor, je veux être ceux qui trouveront l'objet divin avec toi."
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Jeu 1 Nov - 13:33
En silence, j’observai le visage du jeune alchimiste, plongé dans la réflexion. Ses yeux verts étaient brillants et vifs, reflétant un esprit brillant mais, encore jeune. Je ne pouvais pas le blâmer sur le dernier point, je n’étais pas âgé au point d’avoir acquis la sagesse, j’étais même très loin de là… Dans son for intérieur, Gilford devait trier les informations accumulées jusqu’à présent, pesant probablement la décence d’un certain chevalier sur une balance devenue instable. Mais, s’il m’avait suivi jusqu’ici, allant même jusqu’à prendre des risques pour me tendre la main lorsque j’en avais eu besoin, il devait être le genre d’homme à suivre son instinct plus que sa raison. Un instant, je crus même apercevoir le début d’un sourire sur ses lèvres, avant qu’il ne reprenne la parole.

- « Donc... Si j'ai bien compris, tu comptes sauver le monde... Et pour ça tu dois trouver cet objet divin. Ça semble très clair. Absolument délirant mais tout aussi limpide. Ce n'est pas le genre de périple que tu pourrais accomplir seulement avec du courage et une épée, aussi immense soit-elle... Tu as une idée précise de ce que tu comptes faire ? Midgard est immense, as-tu déjà des indices ?... De plus, tu n'es certainement pas le seul à être en quête de cette relique... Les mythes et surtout l'appât du gain, attirent toutes sortes de convoitises. Bref, tu n'y arriveras pas seul. Tu as pensé à recruter des compagnons ? Si ce n'est pas le cas, il te faudra le faire...et puis... » Il s’était un instant interrompu, comme hésitant ou cherchant une manière précise de formuler la suite. –« Et puis laisse-moi mettre mes compétences à ton service. Je suis alchimiste, mes connaissances sont assez vastes, bien que théoriques, et je ne demande qu'à les mettre en pratique. Je suis débrouillard, je suis pas mauvais en cueillette et en collecte d'informations... Je suis plutôt agile... Bon je ne sais pas me battre, mais je ne demande qu'à apprendre ! Seyren Windsor, je veux être ceux qui trouveront l'objet divin avec toi. »

Ses mots étaient forts et audacieux. J’en étais resté un instant bouche bée, les yeux écarquillés avant de sourire bêtement. Décidément, ce filou d’Howling n’était vraiment pas n’importe qui ! Puis, la réalité m’avait rattrapée, et mon sourire s’était aussitôt évanoui par la même occasion. Intérieurement, je ne pouvais me réjouir. Pour atteindre les hauts sommets de la victoire, il est parfois nécessaire d’escalader les cadavres de ses frères d’armes. A cette sombre pensée, ma gorge s’était nouée et un frisson m’avait parcouru l’échine. C’est presque absent que je répondis à Gilford, fixant le bois usé de la table sans vraiment le voir.

- « Je dois avouer que tu as raison sur un point : Je n’y arriverai pas seul. Windsor ou pas, je n’y arriverai pas seul… » Murmurai-je douloureusement.

Quelques bruits de pas grinçant maladroitement dans les escaliers m’avaient subitement tirés de ma torture. J’avais alors fait signe à mon nouvel ami Gilford de ne pas faire de bruit, portant un doigt sévère à mes lèvres. En écoutant plus attentivement, les pas n’avaient rien de discret, ils étaient lents et lourd. Soit on avait à faire à un orc ninja, soit c’était le vieux crouton de l’auberge qui nous apportait enfin ce qu’on lui avait demandé… Je m’étais dirigé vers la porte, attendant jusqu’aux limites de ma patience – ce qui n’avait jamais volé très haut, je dois bien l’admettre – que le vieil homme daigne atteindre la porte. Ma parole, il essayait de me tuer de vieillesse ?! Quand il cogna enfin à la porte, je lui avais aussitôt ouvert avec précipitation. J'avais essayé d'afficher un quelconque sourire de comédie en guise d’accueil mais, la frustration était comme gravée au fer rouge sur mon visage. Le vieil homme portait avec peine une petite bassine de bois contenant de l’eau et un instant, j’avais cru que ses bras allaient rompre sous le poids de son bagage. Lui venant en aide, je l’avais débarrassé de sa charge, le remerciant poliment. L’ancien avait commencé à ouvrir la bouche mais, aucun son n’en était sorti. Ses petits yeux sombres étaient rivés dans les miens et, au risque d’attraper des cheveux blancs, je lui avais « gentiment » claqué la porte au nez. Bon au moins, j’allais pouvoir enfin me débarbouiller un peu et, que l'odeur en témoigne, moi et mon copain alchimiste en avions grand besoin…

- « Je vais avoir besoin d’une nouvelle cape, plus robuste. Toi, de vêtements moins sales et usés. Je pense aussi qu’on peut espérer trouver dans le coin certaines babioles alchimiques dont tu pourrais avoir besoin… Tu m’as parlé de fabriquer des bombes, sais-tu exactement de quoi tu aurais besoin pour développer l’idée ? J'adore les explosions ! Il va également falloir qu’on fasse des provisions pour plusieurs semaines mais, avant, nous allons devoir fouiner dans les toutes tavernes d'Alcombord, sur le port également, toute rumeur sur l'objet divin est bonne à prendre… »
Commençai-je, comme si de rien n'était.

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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Sam 17 Nov - 0:41
Les mots de Gil semblaient avoir fait mouche. Seyren eut la même réaction que lorsqu'il avait évoqué pour la première fois le sujet : Une surprise non dissimulée, puis un détournement quasi-immédiat, comme si le fait pour Gil de lui demander de l'accepter avec lui réveillait des mauvais souvenirs. Le chevalier murmura quelque chose que le jeune alchimiste ne put entendre. Puis, alors que des pas commencèrent à retentir, Windsor lança un regard ferme à Gil en portant le doigt à sa bouche: Il lui intimait de se taire. Puis il se rua en silence vers la porte et se tenait aux aguets, prêt à recevoir n'importe qui, ou n'importe quoi. Voyant qu'il ne s'agissait que du vieillard de l'auberge apportant un baquet d'eau, Gil ne put que constater que son compagnons était actuellement en état de surcharge émotionnelle. Il était convaincu que derrière chaque rideau se cachait un ennemi, que derrière chaque personne se dissimulait un tueur. Cet accès de paranoïa n'était pas forcément injustifié, mais il était clair que le chevalier avait besoin de repos.

« Je vais avoir besoin d’une nouvelle cape, plus robuste. Toi, de vêtements moins sales et usés. Je pense aussi qu’on peut espérer trouver dans le coin certaines babioles alchimiques dont tu pourrais avoir besoin… Tu m’as parlé de fabriquer des bombes, sais-tu exactement de quoi tu aurais besoin pour développer l’idée ? J'adore les explosions ! Il va également falloir qu’on fasse des provisions pour plusieurs semaines mais, avant, nous allons devoir fouiner dans les toutes tavernes d'Alcombord, sur le port également, toute rumeur sur l'objet divin est bonne à prendre… »

Intérieurement Gilford ne put s'empêcher de jubiler. Seyren n'avait pas accepté sa demande en bonne et due forme, mais il l'avait inclus dans son programme de mouvement, ce qui revenait à peu près au même. Il s'agissait à présent pour Gil d'exprimer son avis :

"Je suis tout à fait d'accord. Dans le cas de la recherche d'un artéfact légendaire, les rumeurs sont toujours le meilleur point de départ. Je pense qu'il faut agir de manière méthodique. Il faut effectivement qu'on trouve de nouveaux vêtements, et c'est certainement l'occasion pour nous de changer un peu d'apparence. Tous les soldats de la ville vont rechercher un grand type tout de rouge vêtu et pourvu d'un plastron rutilant, ainsi qu'un gaillard un peu crasseux au long manteau marron...Nous ne serons pas obligés de nous transformer radicalement, mais quelques changements par ci par là nous permettront de passer inaperçus. Ensuite nous pourrons sans encombre parcourir chaque coin de la ville à la recherche d'informations. On a de la chance, Alcombord est une ville remplie de navigateurs qui ont vu bien du pays, et puis je pourrais en profiter pour chercher moi-même les ingrédients dont j'ai besoin pour parfaire la construction de mes bombes...Mais passons. Pour ce soir je pense qu'il nous faut nous reposer. Seyren, tu as l'air particulièrement tendu et, tout robuste que tu sois, cette nervosité finira par te rendre fou. Nous avons subi pas mal de pression aujourd'hui, et je ne pense pas que nous soyons fondamentalement en danger ici, du moins pour cette nuit. Il est évident qu'il nous faudra bouger demain à la première heure. Pour l'heure il faut qu'on s'occupe un peu de nous ! Et j'ai une petite surprise pour ça. Lors d'une précédente aventure à Asunia, j'ai fait la connaissance d'un corsaire solitaire qui m'a fait cadeau de quelques flacons de produits elfiques, ce sera idéal pour une toilette salvatrice !"

Attrapant son baluchon à la recherche de ces quelques fioles, Gil allait pouvoir constater que le destin était décidément facétieux. Il découvrit en effet par la même occasion la bourse pleine de joyaux que Ciral avait glissée dans ses affaires à son insu ! D'abord intrigué en découvrant l'objet, il ne put réprimer un cri de surprise lorsqu'il découvrit son contenu !

"WOW ! Eh bien...il faut croire qu'il ne m'avait pas laissé que ça au demeurant !...Nous n'aurons pas de problème pour faire les courses je crois..."

Puis se retournant vers Windsor, Gil afficha un grand sourire avant de demander :

"Alors patron ? Que diriez-vous d'une soirée de toilette et de repos ?"


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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Sam 24 Nov - 9:08
Gilford avait l’esprit vif et clair, son raisonnement suivait aisément le cours du mien, ce qui nous plaçait facilement sur la même longueur d’ondes. Néanmoins, je le trouvai bien naïf de croire à notre sécurité cette nuit. Cet endroit avait peut-être quatre murs mais, ils ne nous mettaient nullement à l’abri d’une éventuelle fourberie durant notre sommeil. Le marché noir était un repère et un refuge pour toutes sortes de vermine, du gibier de potence en provenance des quatre coins du pays ! Des quatre coins du pays… Morbleu, et dire que j’allais passer à côté de ça ! Les rumeurs et les murmures égarés étaient toujours bien plus auditifs depuis l’ombre ! Les marchands crapuleux faisaient toujours d’excellents informateurs, pour le peu qu’on ait une bourse suffisamment remplie pour démêler les langues. Je ne devais négliger aucune piste. Et puis, c’était là l’excuse idéale pour délaisser la raison et s’aventurer dans cet endroit ô combien dangereux et fascinant à la fois…

En cherchant quelques fioles elfiques dans son baluchon, l’alchimiste avait été surpris de découvrir le petit cadeau d’adieu qu’avait laissé par son ami corsaire. J’étais d’ailleurs moi-même assez étonné d’apercevoir une bourse bien plus remplie que la mienne.

- « Décidément, tu sais te faire de bons amis. » M’amusai-je en arquant un sourcil.

L’alchimiste Howling avait l’air quelque peu déboussolé par sa découverte et, j’osai croire que ces joyaux n’avaient pas été obtenus par un quelconque moyen malhonnête. J’étais tout de même chevalier… Oui, et renégat damné de surcroit.

- « Tu as raison, reposons-nous pour cette nuit. Demain, nous nous rendrons au marché noir. Je suis assez curieux vis-à-vis de cet endroit. Il pourrait beaucoup nous apprendre… Nous rejoindrons ensuite Alcombord à la tombée de la nuit, tâchant cette fois-ci d’être plus… discret. » Répondis-je enfin à mon nouvel ami, fronçant les sourcils au dernier mot.

Soit pas de cape rouge flamboyante, pas d’immense épée tout aussi écarlate et de chevalier à l’humeur bagarreuse. Autant dire que cela allait constituer un sacré défis ! Commençant à ôter le plus lourd de mon armure afin de procéder à une séance de nettoyage plus que nécessaire, le parfum des égouts n’étant pas vraiment le préféré de ces dames. Tout en détachant une à une les sangles de mon cuissard droit, je ne pouvais cesser de repenser aux trois ombres… Ces trois inconnus dissimulés sous de longues capes que j’avais repéré dès notre arrivé. Je refusai de croire qu’ils avaient tout bonnement continué leur chemin sans se préoccuper d'avantage de nous. J’avais un mauvais pressentiment. Délaissant mon matériel de guerre et de toilettage, je m’étais rendu à la fenêtre, laquelle derrière le triste tissu servant de rideau, n’offrirait qu’un simple voile noir en guise de vue sur l’extérieur.

- « Montes la garde. » Ordonnai-je dans un murmure à peine auditif.

Inutile d’user de la voix quand on s’adresse à un démon passé maître dans l’infiltration, à tel point, qu’il en était totalement invisible. Pourtant, je ne doutais pas un seul instant de sa présence dans cette pièce. Si je ne pouvais pas me fier à mes sens, il y avait cette pression constante, cette lourdeur dans l’air, cette insécurité... Durant un bref instant, j’avais cru apercevoir le reflet de la fine silhouette du démon et ses yeux d’un rouge enflammé sur la vitre au côté du mien mais, en me retournant vivement, je ne découvris que le jeune alchimiste, de dos, le nez dans ses affaires. Peut-être que l’érudit de Lotheican avait raison, j’étais peut-être trop tendu… Ou que j’étais victime d’un début de folie. Soupirant en portant une main à mon front, j’étais retourné à ma toilette, empruntant quelques flacons au parfum intéressant à l’alchimiste.

Le reste de la soirée s’était résumé à nous débarbouiller au mieux, bien que l’eau du baquet avait très rapidement prit une couleur incertaine, à manger mes trop faibles provisions – j’avais eu le cœur serré en jetant par précaution le ragout apporté par l’ancêtre par la fenêtre -, et enfin, à fermer l’œil. Épuisé par les derniers évènements, notamment par les mésaventures à travers tout Alcombord, je m'étais endormi presque aussitôt couché, comme un nourrisson dans les bras de sa mère, inconscient et insouciant.

Le lendemain matin, avant même que les premières lueurs du jour ne se pointent à l'horizon, j’avais déjà quitté ma couche et ré-équipé mon armure, ayant juste abandonné ma cape, bien trop amochée par notre petite aventure dans les égouts, pour être réutilisable. Ma légendaire épée de feu était sagement accrochée en mon dos, la première de mes dagues à ma ceinture quant à la deuxième…

- « Il y a une dague sur la table. Je souhaite que tu la garde précieusement sur toi. Elle doit être facilement accessible à ta main mais, suffisamment dissimulée pour ne pas être vue. C’est juste par… précaution. » Expliquai-je à Gilford alors qu’il venait à peine de soulever les paupières.

A ma surprise et, pour ma plus grande honte, il ne s’était absolument rien passé cette nuit. Pas un bruit, aucune quelconque tentative sournoise contre nous. J’étais encore bien trop jeune et je n’avais pas encore assez fréquenté le champ de bataille pour expliquer toute cette absurde paranoïa. Après seulement quelques minutes, juste le temps pour l’alchimiste de réunir ses minces affaires et d’abandonner définitivement le pays des rêves, nous quittâmes définitivement les lieux, fermant à clé la porte derrière nous avant d’emprunter l’escalier étroit et usé menant à la sortie.

Évidemment, aucun d’entre nous deux n’avait eu la curieuse idée de longer le couloir pour jeter un coup d’œil à la chambre voisine, encore entrouverte, là où un véritable carnage, pourtant silencieux, avait eu lieu durant la nuit. Des corps décapités, découpés en morceaux, baignant dans une dense et abominable mare de sang. Tout s'était déroulé si vite, que les malheureux n'avaient pas même eu le temps de saisir leurs poignards ou de hurler. Si j'avais eu cette curiosité, si j'avais jeté par hasard un coup d’œil à cette pièce, j’aurai alors pu parfaitement identifier les trois victimes, de par leurs longues et sombres capes, bien qu'elles ne soient à présent plus que de vulgaires lambeaux entourant de la viande…

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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Sam 8 Déc - 0:54
Le réveil fut âpre. Lorsque Gil ouvrit les yeux, le soleil était à peine levé, mais Seyren lui était debout depuis longtemps. Les muscles du plus jeune des deux hommes avaient été éprouvés par la longue journée de la veille. Toutes les émotions d'hier avaient laissé des traces dans le physique de Gilford. Fort-heureusement le programme du jour devait se révéler plus tranquille, même si en théorie rien n'était tranquille dans le marché noir. Récolter des informations dans un tel lieu restait une tâche aussi ardue que risquée. L'esprit encore embrumé, Gilford vit Windsor se tourner vers lui avant de lui adresser la parole :

« Il y a une dague sur la table. Je souhaite que tu la garde précieusement sur toi. Elle doit être facilement accessible à ta main mais, suffisamment dissimulée pour ne pas être vue. C’est juste par… précaution. »

Le temps que les informations parviennent au cerveau de l'alchimiste, le chevalier s'était levé et commençait de se mettre en route. Gil émergea à son tour du lit miteux dans lequel il avait passé la nuit. Miteux certes, mais c'était un lit quand même, donc un trésor qu'il a su apprécier à sa juste valeur. Prenant en main la dague laissée par son compagnon, il put constater qu'elle était assez légère et maniable, l'idéal pour une arme de cette taille.

« Merci, même j'espère ne pas avoir à en faire usage, ça pourrait m'être utile...»

Il espérait sincèrement ne pas avoir à s'en servir. Mais ils se dirigeaient vers l'inconnu en allant sur ce marché. La possibilité de découvrir de précieuses informations, comme des articles de premier intérêt, cotoyait le risque d'agression, de tentative de vol ou d'enlèvement. Une nouvelle fois, Gil se sentait très chanceux d'avoir à ses côtés un gaillard tel que Seyren Windsor. Le temps de se préparer, le jeune homme prit un soin tout particulier à optimiser le rangement de son bagage. La bourse de Ciral Dowin trouva place dans une des poches intérieures de son manteau, à l'abri des mains indiscrètes. La dague était à portée de la main qui ne tenait pas l'éternel baluchon. Tout était prêt.

En sortant de l'auberge quasi-en-ruine, Gil ne put que constater à quel point l'endroit où ils avaient passé la nuit était insalubre. Ils avaient du partager leur nuitée avec des bestioles de tous poils, mais la fatigue aidant, ils n'avaient pas eu le loisir de s'en rendre compte. La première étape du plan du jour consistait en de la collecte d'information. Mais dans un tel quartier il fallait se montrer habile en négociation. Tout allait se monnayer. C'est dans cette idée que Gilford proposa une certaine marche à suivre à son compagnon :

« Seyren, je pense que tu seras bien plus à même de soutirer des informations aux vandales qui peuplent ce marché en les, disons...secouant un peu. Ce que je vais essayer de faire de mon côté est d'aller voir les divers marchands d'armes. J'ai besoin de poudre pour fabriquer des bombes et de quelques alliages pour fondre les enveloppes métalliques nécessaires à leur confection. Je risque de laisser un peu d'argent dans ces affaires et je suppose que les revendeurs seront plus enclins à délier leur langue. Une fois que j'aurai récupéré mes matériaux, je te propose qu'on fasse une petite tournée des tavernes...pour cette partie mieux vaut rester groupés.»

Les deux camarades évoluaient dans le marché noir, alertes et prêts à tout évènement soudain. L'un comme l'autre surveillaient régulièrement leurs arrières et angles morts. L'ambiance était réellement malsaine, encore plus lorsqu'on s'attardait en ces lieux. Des cris, des odeurs de mort, l'impression qu'un poignard va surgir de n'importe où...mais c'était dans cette ambiance pesant que les comparses allaient trouver ce qu'ils cherchaient. L'espoir d'obtenir une piste sur l'objet divin donnait du corps au coeur de Gilford.
C'est alors qu'au détour un nouveau bâtiment ignoble, il entraperçût quelques armes à feu sur un étal à sa gauche. Il lui fallait aller voir si il pouvait y obtenir de la poudre explosive. Il y a mille et une façons de concocter des explosifs. Des composés les plus simples aux plus élaborés. Le plus ancien, mais aussi le plus utilisé étant la poudre noire, inventée dans les lointains empires d'orient. Composée de charbon, de souffre et de salpêtre, son efficacité n'est plus à démontrer. Seulement Gilford était confronté à un certain nombre de problèmes. Le marchand allait certainement chercher à le rouler, et par ailleurs il ne savait absolument pas le prix réel d'une telle marchandise, en particulier compte tenu de la quantité qu'il voulait en acquérir. Dans ses plans l'explosion ne devait servir qu'à activer la puissance de l'élément contenu dans l'alliage de la bombe, aussi il n'y avait pas besoin qu'elle soit particulièrement puissante. Cependant, plus la bombe serait lourde, plus la quantité augmenterait. Tout cela étant, la poudre qu'il allait obtenir cette fois-ci lui servirait surtout à faire des expériences. Il ne risquait pas de se retrouver en difficulté. Autant pour l'heure choisir une quantité qui n'attirerait pas l'attention sur lui. Par ailleurs, il pouvait, compte tenu de ce que contenait sa bourse, tenter de bluffer le marchand afin d'écourter la transaction si la nécessité s'en faisait sentir. Gilford indiqua à Seyren de rester dans le coin, au cas où, et se dirigea vers l'étal.

Il était requis d'adopter un ton ferme sans être irrespectueux, nul ne savait ce dont ce gredin était capable. Un homme trapu, un peu avachi, aux cheveux frisés et crasseux, au grain de peau assez gras, mais dont les yeux avaient à coup sur vu bien des choses peu avouables.
« -Il me faut de la poudre noire. Tu as ça en quantité ?
-Eh là eh là jeunot, tu te crois où ? Ct'un repaire privé ici, je vends des trucs aux seuls habitués, fous le camp !
Une réponse pour le moins surprenante, mais Gil avait gardé quelques arguments en tête.
-Ah, aux seuls habitués ? C'est bien dommage. Je doute qu'un de vos habitués vous achète tout ce que j'étais venu vous acheter...
Gil savait que la négociation était lancée, il devait à tout prix attirer l'attention du vendeur.
-Mwaha ! Toi ? Non mais regarde toi parler, les assassins et les tueurs les plus sanguinaires viennent m'acheter les meilleures armes de tout le marché noir, et tu crois que toi, petite merde, tu peux te montrer à la hauteur de ma grande collection ? Te fous pas de ma gueule. Allez casse-toi et c'est la dernière fois que jt'e l'dis. La prochaine fois je prends mon fusil et je te troue la carcasse.
La situation était délicate. La voix rauque de ce receleur adoptait un ton assez mégalomaniaque. Il était certainement mythomane et un peu schizophrène par dessus le marché. Ces menaces étaient proférées avec un certain sérieux, mais Gilford ne devait pas se laisser impressionner. Peu de cartouches pourraient retourner la situation en sa faveur. Il décida donc de sortir le grand jeu. Il fouilla un instant dans la poche de son manteau et en sortit un saphir d'environ six centimètres.
-Je veux 600 grammes de poudre noire et toutes les infos que tu as sur l'objet divin, la pierre philosophale, peu importe le nom, contre ça.
Face à ce retournement de situation inattendu le gredin vit ses paupières se dilater. Son attitude ne put masquer un certain étonnement.
-Eh ben gamin c'est pas tout les jours que je vois une pierre comme ça...t'es p'têt bien un tueur toi aussi hein ? 600 grammes de poudre qu'est-ce que tu veux faire péter toi avec ça...bah je m'en contrefous. File moi la pierre, je te prépare ça.
-Je te la donne si tu me files les infos que je te demande pendant que tu prépares mon paquet.
Le marchand serra les dents. Il n'appréciait visiblement pas que Gil lui parle sur ce ton, et encore plus de par le fait qu'il possédait quelque chose qu'il pouvait difficilement refuser. La pierre était magnifique, et quand on en a une comme ça, on en a forcément d'autres..Il s'exécuta néanmoins. Attrapant un petit sac en toile, il ouvrit un autre tiroir duquel il commença à extirper de la poudre noir afin de l'en remplir.
-Je sais que dalle sur ta relique, t'as pas de bol. Même si tu me sors un machin deux fois plus gros que ton caillou là, j'en saurais pas plus. Moi mon truc c'est de buter des types pas de faire la causette avec eux.
Là dessus il posa la bourse de toile sur le comptoir. Gil s'en saisit et déposa le saphir à son tour. Après une légère vérification le marchand continua
-Mmm ouais il a l'air vrai. Bon maintenant casse-toi morveux, c'est pas parce que tu paies bien que j'ai plus envie de voir ta gueule.»

Gilford ne se fit pas prier et quitta les lieux. Il n'avait lui non plus pas très envie de rester dans une conversation avec un tel détraqué. "Mon truc c'est de buter des types". Il l'avait dit avec un tel calme que Gil en avait eu froid dans le dos. Il savait bien sur que cela existait. Mais rencontrer de tels êtres était pour le moins...intimidant. Son coeur battait encore bien vite lorsqu'il rejoint Seyren.

« Bon...au moins j'ai ma poudre. Mais c'est la dernière fois avant un moment que je traite sur un tel marché...c'est vraiment dangereux. Mon type n'avait pas d'infos, et je suis presque sur qu'il va donner mon signalement à d'autres pour récupérer ma bourse...en plus j'ai certainement tapé trop haut dans mon bluff je me suis séparé d'un joli saphir. Bref je te laisse faire maintenant, je continuerai mes achats quand on sera de retour dans la lumière...»

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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 16 Déc - 9:57
Le marché noir me faisait étrangement penser à un champ de bataille. Il faut dire que ces deux-là avaient de nombreux points communs : la cacophonie, l’anarchie, l’odeur insoutenable, l’essaim humain et, une mort violente pouvant surgir de n’importe où, à n’importe quel moment. Inutile de dire que je me sentais parfaitement dans mon élément. J’abordai d’ailleurs un sourire confiant et joueur, ce qui avait le mérite de rassurer mon compagnon alchimiste. Tous mes sens étaient aux aguets. Mon regard émeraude balayait furtivement les environs, s’attardant parfois sur quelques étals par simple curiosité. Mes oreilles volaient quelques brides de dialogues par-ci et par-là, à la recherche d’une quelconque information pouvant s’avérer utile. Je me méfiai particulièrement des hommes dissimulés sous de longs vêtements, là où une petite lame n’aurait aucune difficulté à se dissimuler, prête à être utilisée. Mais, il faut croire que s’attaquer à un gaillard de deux mètres en armure n’était pas vraiment dans les habitudes de ces sombres individus. Au contraire, la plus part m’observait avec méfiance, me contournant soigneusement. Moi qui désirai un peu d’action… C’était raté.

Mon compagnon aux lunettes bizarres m’avait pourtant suggéré de « secouer » quelques vandales pour en tirer des informations. Avais-je vraiment l’air d’une grosse brute épaisse ?! Bon ok… Mais sachez que derrière ce physique divin et cette musculature sans pareille, il y a un modeste petit cœur qui bat mélodieusement ! Gilford souhaitait qu’on fasse un peu cavalier seul pour cette mission mais, je n’étais pas vraiment certain que ce soit une bonne idée… Puis, depuis quand c’était lui qui prenait les décisions ? Quoi qu’il en soit, je l’avais laissé prendre un peu d’avance sur moi, restant à une bonne dizaine de mètres de lui. Je devais lui faire confiance, c’était essentiel maintenant qu’il s’était voué à me suivre. Faisant mine de m’intéresser à… des bocaux de yeux de chats, ouais… j’observai mon nouvel ami ouvrir les négociations face à un gredin de revendeur. Si les premiers échanges m’avaient parus enflammés, à tel point que la voix trapue de l’homme scrupuleux s’était élevée jusqu’à parvenir à mes oreilles agacées, Gilford avait su se montrer tenace et éloquent. J’étais particulièrement fier quand le jeune alchimiste était revenu vers moi, son petit sac de toile durement gagné entres les mains.

- « Bon...au moins j'ai ma poudre. Mais c'est la dernière fois avant un moment que je traite sur un tel marché...c'est vraiment dangereux. Mon type n'avait pas d'infos, et je suis presque sûr qu'il va donner mon signalement à d'autres pour récupérer ma bourse...en plus j'ai certainement tapé trop haut dans mon bluff je me suis séparé d'un joli saphir. Bref je te laisse faire maintenant, je continuerai mes achats quand on sera de retour dans la lumière...»

- « Je dois reconnaître que tu as du cran ! » Commençai-je par le complimenter. – « Qu’ils viennent donc tenter quoi que ce soit, cela aura au moins le don de me divertir un peu ! Ne t’inquiète pas, la journée est loin d’être finie. Nous avons encore le temps de dénicher une piste. » Tentai-je de le rassurer avant de réaliser que j’avais parlé tout en agitant un bocal contenant des queues de lézards. Je m’étais empressé de le reposer à sa place.

Nous avions reprit la marche à travers les étalages, plus immondes et curieux les uns que les autres, rythmé par les cliquetis métalliques de mon armure et des cris incessant de mon pauvre estomac. Il allait falloir bien plus d’une bête pour calmer mon bon vieux ventre… Tout en inspectant un stand de poignards et autres lames courtes du regard, j’avais repris la parole à l’attention de l’érudit de Lotheican.

- « Au fait, je ne t’en ai pas encore parlé mais… Tu n’es pas le premier à te joindre à ma cause. Bien que tu sois le premier avec qui je peux avoir un semblant de conversation ! Quand j’ai quitté Asunia, je… » Commençai-je avant de m’interrompre subitement.

A en juger par ma tête, on aurait pu penser que je venais tout juste de trouver l’objet divin, par pur hasard, ici au marché noir, sur un stand quelconque. C’était presque ça ! Abandonnant Gilford derrière moi, je m’étais hâtivement dirigé vers un grand étal, lequel affichait une multitude de tissus colorés, probablement en provenance directe d’Hagor ou de Jade, à en juger par leur qualité et leurs couleurs chaudes. Néanmoins, c’était un article particulier qui avait retenu toute mon attention. Aux cotés étoffes quelconques aux dessins rectangulaires, elle était là, comme si elle m’avait depuis toujours attendue… Ma future cape ! Son rouge était flamboyant et malgré sa finition semblant quelque peu usée et déchirée, elle était épaisse, mais probablement lourde… Pour en juger par moi-même, j’avais pris la cape entre mes mains, la laisser pendre dans le vide, l’admirant sur tout son ensemble. Sa longueur était parfaite… Son poids pas particulièrement dérangeant pour un guerrier de mon gabarit.

- « Je vois que nous avons à faire à un connaisseur ! » Siffla une voix lugubre sur le côté.

J’avais déposé un regard peu chaleureux sur l’être sournois qui venait d’émerger d’entre deux longs draps pendus à une cordelette. Ses yeux noirs, ses longs doigts fins et son nez crochu me rappelait ceux d’un gobelin. Ce gredin n’avait rien d’un honnête homme… A mes côtés, Gilford m'avait rejoint.

- « Ouais, c’est une cape… » Répondis-je en fronçant les sourcils. S’il croyait être tombé sur une proie facile…

- « Détrompez-vous ! Ce n’est pas n’importe quelle cape ! Celle-ci est indestructible ! Elle est ensorcelée par un merveilleux et ancien pouvoir ! On raconte qu’elle aurait appartenu à un grand roi, qu’elle… » Commença-t-il, comme un bard aurait commencé à conter une histoire héroïque, avant de réaliser que je venais d’attraper la dague à ma ceinture. - « Mais que comptes-tu, pauvre imbécile ?! » S’alarma le faux gobelin.

- « Je test la marchandise ! » M’amusai-je en arquant un sourcil.

Indestructible…
Mais pour quel crétin fini me prenait-il ?! D’un geste sec, j’avais brusquement enfoncé la pointe de ma lame dans le tissu écarlate. Si j’avais prévu de le transpercer avant de le fendre de haut en bas, soucieux de donner une bonne leçon à ce vaurien, je fus particulièrement étonné de ne même pas réussir à, ne serait-ce, l’érafler. La fripouille fût encore bien plus impressionnée que moi, si bien que sa mâchoire aurait presque pu se décrocher. Ne me laissant néanmoins pas découragé, j’avais retenté l’expérience mais, même en usant d’avantage de force, la lame ne faisait que s’user au contact du tissu rouge, n’y laissant pas la moindre marque. Usant de mon dernier recours, j’avais sorti la petite babiole enflammée de Gilford, gardée jusqu'ici bien au chaud dans ma sacoche de cuir et ce, depuis ma rencontre mouvementée avec l'alchimiste vagabond.

- « Dis-moi Gilford, que dirais-tu d’une petite expérience ? » Demandai-je, un large et inquiétant sourire aux lèvres.

Je m’étais toujours demandé comment le concentré de magie de l’alchimiste réagirait face à ma magie du feu. Déposant la cape sur un pilier de bois isolé, tout en ignorant les protestations de l’infâme gobelin qui employait une langue étrangère pour m’insulter de noms d’oiseaux que j’imaginai particulièrement exotiques, j’avais reculé de quelques pas, prenant une distance sécuritaire. Puis, sans crier garde, j’avais lancé la création d’Howling en direction de la cape et, dans le même instant, de l’autre main, j’avais claqué des doigts pour employer la magie. D'ordinaire, ce simple geste était destiné à allumer de petites braises, notamment les feux de camps. Rien n'aurait pu alors prévoir que cette petite étincelle enflammée, accompagnée de ce que Gilford appelé la "flamme éternelle", causerait une si belle et impressionnante explosion… Le souffle de la déflagration m'avait propulsé vers l'arrière, m'envoyant valser à une dizaine de pieds de ce qui jadis, fût un pilier... A terre, mon cœur surprit battait à la chamade mais, un sourire béa de satisfaction s'était dessiné sur mon visage quand, au travers de la fumée et des morceaux de bois carbonisés, j’aperçus la cape flamboyante, idem. Morbleu !

- « Combien… ? » Lança-je, médusai, en me relevant, aidé par mon copain à lunettes.

- « 1 500 joyaux et elle est à vous ! » Répliqua la petite fripouille en se frottant les mains, avide.

- « Hahaa !!! 1 500 joyaux !! Hahaha !!! » Éclatai-je, hilare. Mais j’étais bien le seul à rire… - « Ha…ha. » Terminai-je sur une note bien moins amusé.

Mon poing s’était, par tragique accident, abattu sur le crâne du pauvre gredin qui, s’écroula aussitôt au sol, sonné. Il était grand temps de mettre les voiles ! N'avions nous pas un monde à sauver ?! Récupérant la cape indestructible, que j'avais ensuite jeté sur mon épaule, j'avais fait signe à Gilford de me suivre. J'étais quelque peu sonné par le choc de l'explosion mais, content de ma fabuleuse acquisition.

- « Soyons clair, ce n’est pas du vol ! Au contraire, c’est honnête de reprendre ce qui a était volé ! Je suis chevalier, je sais parfaitement de quoi je parle ! Puis, tu sais autant bien que moi il est essentiel de faire des économies ! » Grognai-je à mon compagnon avant même qu'il ait pu dire quoi que ce soit. - « Gilford, t'as vu cette explosion ?! Ta flamme éternelle devient une véritable bombe au contact du feu ! Rien qu'une petite étincelle suffit ! C'est fascinant ! » M'égaillai-je.
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 6 Jan - 10:47
« Je dois reconnaître que tu as du cran ! Qu’ils viennent donc tenter quoi que ce soit, cela aura au moins le don de me divertir un peu ! Ne t’inquiète pas, la journée est loin d’être finie. »

Une nouvelle fois, Gilford était rassuré. Se remémorant la déculottée administrée aux gardes de la cité la veille, il ne pouvait qu'accorder pleine confiance aux capacités guerrières de Seyren...même si le guerrier semblait avoir très faim. Son ventre criait famine de manière assez ostensible, cela ajoutait un peu de cocasserie au contexte beaucoup plus sombre du marché noir. De manière assez inexplicable, et ce en totale opposition avec son attitude de la veille au soir, l'homme était détaché de toute anxiété. Pas inquiété pour un sou, il s'avançait d'un pas assuré au milieu des étals, jetant un oeil curieux à tous les produits qui retenaient son attention. Fascinant. Comment ne pas se sentir soi-même plus détendu, lorsqu'on est aux côtés de quelqu'un sur qui la peur ne fait que glisser ? Ainsi revigoré, mais alerte, Gil ne put s'empêcher de décrocher un petit sourire tout en continuant à suivre son compagnon, qui s'intéressait cette fois à des couteaux et poignards. Seyren reprit alors la parole :

« Au fait, je ne t’en ai pas encore parlé mais… Tu n’es pas le premier à te joindre à ma cause. Bien que tu sois le premier avec qui je peux avoir un semblant de conversation ! Quand j’ai quitté Asunia, je… »

S'interrompant tout d'un coup, il s'avança vers un autre marchand, visiblement attiré par des tissus aux couleurs multiples. Il venait de trouver une cape ! Gil se souvint de l'expression du chevalier lorsqu'il constata, après leur escapade dans les égouts que la sienne était tout bonnement irrécupérable. C'était une bonne chose pour le moral de Seyren de retrouver un accessoire digne de ce nom. Se rapprochant de son camarade, Gil remarqua que l'ambiance était relativement électrique. Le tenancier de l'échoppe semblait s'envoler à mesure que sa voit gagnait en intensité :

« Ce n’est pas n’importe quelle cape ! Celle-ci est indestructible ! Elle est ensorcelée par un merveilleux et ancien pouvoir ! On raconte qu’elle aurait appartenu à un grand roi, qu’elle… »

Un ancien pouvoir ? Intéressant...intéressant de voir à quel niveau de mensonge les gredins du coin se haussaient pour vendre leur marchandise. Quoiqu'à bien y regarder ces tissus semblaient vraiment de qualité...mais enfin, de là à leur prêter des pouvoirs magiques, il fallait faire un raccourci assez rapide.
Et pourtant. Ne pensant pas être dupe, Seyren se saisit de sa dague et la planta dans le textile. Mais le morceau d'étoffe ne subit aucun dommage. Surnaturel. Et alors que Gil comme le marchand lui même n'en revenaient pas, le chevalier sortit de sa sacoche le petit cristal de feu éternel qu'il avait saisi à Gil lors de leur rencontre. Prétextant une "petite expérience", il déposa la cape sur un bout de bois isolé, se mit en retrait, lança le cristal dans la direction de l'étoffe et...claqua des doigts. S'en suivit une puissante détonation qui projeta Seyren en arrière. Il venait d'employer la magie du feu...et il était complètement fou au demeurant ! Mais la cape, elle, n'avait rien. Convaincu par les "pouvoirs antiques" de son futur accessoire, le chevalier se décida à l'acquérir. Mais au lieu des 1500 joyaux demandés, il paya le marchand, qui, il fallait le noter, ressemblait fort à un gobelin, avec un lourd coup sur la tête pour l'assommer. Cet homme était fou. On aurait juré un jeune enfant, tout content d'avoir dérobé son nouveau jouet à l'insu du marchand. Il revint vers Gil un grand sourire collé au visage, mais devant la mine un tantinet réprobatrice de son camarade, il tenta de se justifier :

« Soyons clair, ce n’est pas du vol ! Au contraire, c’est honnête de reprendre ce qui a était volé ! Je suis chevalier, je sais parfaitement de quoi je parle ! Puis, tu sais autant bien que moi il est essentiel de faire des économies ! Et puis Gilford, t'as vu cette explosion ?! Ta flamme éternelle devient une véritable bombe au contact du feu ! Rien qu'une petite étincelle suffit ! C'est fascinant ! »

Il avait raison sur le second point. En insérant un fragile cristal de feu dans chacune de ses futures bombes, il suffirait d'un lancer à Gil pour briser son enveloppe, enflammer la poudre, et provoquer l'explosion recherchée...il était indéniable qu'à sa manière, Seyren Windsor était un type brillant.

« Pour sur, ça c'est un point qui me servira ! Répondit l'alchimiste. Félicitations pour cette acquisition, je suis en parfait accord avec tes goûts ! J'approuve un peu moins tes méthodes de marchandage, il faut dire qu'elles sont assez voyantes...Mais bon tu l'as dit, tu es un chevalier, tu sais ce que tu fais. Pour l'heure mieux vaut ne pas trop traîner dans ce secteur... »

Après avoir fait quelques pas, Gil se souvint de qu'avait dit le chevalier juste avant d’apercevoir sa future cape.

«Il y a un point qui m'intrigue cependant. Tu t'es coupé en plein milieu de ton histoire, et tu disais que tu avais croisé quelqu'un en quittant Asunia et qu'il s'était rallié à ta cause...mais que tu ne pouvais pas converser avec lui...» Poursuivant avec un sourire amical, Gilford en vint au but de son discours.

«J'aimerais bien que tu poursuives, j'avoue être un peu perdu !»
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 20 Jan - 6:37
L’alchimiste n’avait pas réellement tort de vouloir quitter les lieux après une telle explosion. Les curieux ne tarderaient pas à rappliquer et, être le centre d’attention dans ce genre d’endroit peu fréquentable n’était pas vraiment une idée brillante. Certes, la réaction de mon jeune ami me faisait doucement sourire mais je dois avouer, qu’il était plus raisonnable de nous éloigner discrètement – du moins, autant qu’un chevalier en armure frôlant les deux mètres de haut et transportant un tissu rouge écarlate sur son épaule pouvait l’être – que de se confronter à une véritable petite armée de gredins en tout genre… Délaissant le corps sonné du vendeur de tissus dans un coin où il serait un tant soit peu à l’abri, nous nous étions rapidement éloignés en passant furtivement derrière les étalages, là où aucun acheteur potentiel n’irait l’idée de s’aventurer… Une belle issue de secours ! Tout en marchant, Gilford reprit la parole.

- « Il y a un point qui m'intrigue cependant. Tu t'es coupé en plein milieu de ton histoire, et tu disais que tu avais croisé quelqu'un en quittant Asunia et qu'il s'était rallié à ta cause...mais que tu ne pouvais pas converser avec lui... J'aimerais bien que tu poursuives, j'avoue être un peu perdu ! »

Ce n’était pas vraiment un sujet facile, à vrai dire… J’espérai seulement que Gilford ne me rirait pas au nez après avoir entendu l’histoire farfelue qu’est la vérité – ou ma vie, si vous préférez. Pire encore, j’espérai qu’il n’était pas un adepte de la foi… Ces gens-là n’apprécieraient vraiment pas mes copains. Même si ça ne m’enchantai pas le moins du monde, je me devais de lui dire la vérité. Gilford Howling était maintenant l’un de mes compagnons. Puis, s’il croyait en l’existence de l’objet divin et en la menace du Ragnarök, pourquoi ne croirait-il pas à celle d’un dragon rouge et d’un elfe sombre* ? Mon estomac trancha finalement pour moi en poussant son plus terrible grondement.

- « Hum… Je crois qu’il est temps de passer à table. » Lançai-je.

Nous nous étions suffisamment éloignés du marché noir pour que les commerces et habitations nous semblent beaucoup moins douteux bien que, des hommes dissimulés sous de longs vêtements sombres et d’autres, affichant clairement leurs innombrables dagues aux lames souillées, circulaient encore ci et là. J’avais tellement faim… Terriblement faim. A choisir, je préférai mourir empoissonné ou poignardé dans le dos plutôt que de reporter d’avantage mon repas à plus tard. Je n’avais pas fait mon difficile, choisissant la première taverne-auberge venue. L’intérieur du petit bâtiment était entièrement fait de pierre, à l’exception des longues tables et des chaises sculptés dans un bois clair. Quant à la décoration, elle était absente. Sauf si vous considérez un petit pot de fleurs fanées trônant royalement sur la table la plus proche de la sortie comme un objet de décoration. Mon nouvel ami et mon légendaire moi-même étions installées au fond de la grande pièce, choisissant une table isolée, à l’abri des oreilles indiscrètes. Quelques regards d’autres clients aux visages bien moins amicaux s’étaient attardés sur nous mais, même avec toute la bonne volonté du monde, ils étaient incapables de nous entendre à cette distance. Alors que je retirais mes gantelets, une femme au visage triste et fatigué, les yeux cernés, nous avait rejoints. Elle travaillait ici, comme l’indiqué ses vêtements usés et l’odeur de nourriture et de bière qui la suivait comme son ombre.

- « Un petit tonneau de bière, une grande chope, deux poulets et un grand plat de pomme de terre. » Demandai-je de mon habituelle voix autoritaire. – « Et toi Gilford ? » Ajoutai-je en me tournant vers lui. Oui, j’avais bel appétit…

Quand la commande fût complète, la tavernière s’était simplement contentée de hocher la tête et de filer. Je n’avais pas pu m’empêcher de me demander à quoi ressembler la vie de cette dame… J’étais un peu triste pour elle mais, étais-je en mesure de l’aider d’une façon ou d’une autre ? Reportant mon intention sur mon érudit préféré, j’avais croisés mes mains sur la table, abordant une mine sérieuse. Même si Gilford refusait de me croire, contrairement à l’objet divin, je pouvais lui fournir une preuve immédiate de la véracité de mes dires. Il ne me suffisait que d’un mot pour l’invoquer…

« Je possède deux alliés.» Commençai-je. - « Le premier est depuis toujours mon partenaire de bataille. Comme tout chevalier, j’ai une monture. Bien que je trouve insultant de la réduire à cette grotesque appellation… C’est une créature intelligente, capable de comprendre le langage humain et possédant une incroyable faculté d’adaptation. Elle sait d’ailleurs lire. Si elle n’est pas avec moi dans l’actuel, c’est parce qu’elle n’est pas vraiment de la faune locale… Niddogur est assez impressionnant et démonstratif et de ce fait, je lui interdit d'approcher les zones habitées. Une autre de ses fabuleuses facultés est celle de me retrouver où que je sois. Concernant le second allié… C’est plus compliqué. »

Je m’étais un instant arrêté, le regard fixant les dessins dans la veine du bois de la table, cherchant mes mots.

- « Il est redoutable et dangereux. Et, j’ignore encore à quel point. Mais, il confirme à lui-seul l'existence de l'objet divin. »

La tavernière était de retour avec nos boissons et à peine l'avais-je aperçu, que je m'étais tus. Un silence de plomb s'était installé alors que la femme déposait nos commandes sur la table, dont une chope de bière déjà débordante d'un liquide ambré qui me ferait, en l'occurrence, plus de bien que de mal.

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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 3 Fév - 11:11
« Hum… Je crois qu’il est temps de passer à table. »

Comme d'habitude, il répondait à côté. C'était devenu une habitude dans les conversations entre Seyren et Gil. Le chevalier était passé maître dans l'art d'éluder grossièrement les questions. Heureusement qu'il finissait toujours par apporter des réponses, sans quoi Gil ne serait pas resté bien longtemps avec lui.
Ils s'étaient relativement éloignés du centre du marché noir, et au prix de quelques derniers regards inquiétants et quelques sifflements haineux, ils avaient retrouvé un semblant de tranquillité. La tension ambiante était un peu retombée, et Gilford se sentait autorisé à relâcher légèrement sa vigilance. Respirant un grand coup, il suivait simplement Seyren. Compte tenu de sa réponse précédente, le chevalier se rendait certainement dans un lieu où il pourrait se remplir le ventre.

Ils entrèrent dans un établissement dépouillé, mêlant pierre et bois. Rien n'attirait l'attention en ces lieux, et Gil se dit que ce n'était peut-être pas si mal. Après tout quoi de mieux qu'il endroit quelconque pour passer inaperçu ? Quelques clients étaient installés autour d'eux, mais à une distance tout à fait raisonnable. Ainsi il était possible pour le jeune alchimiste de poursuivre sa décompression. Les deux comparses n'eurent pas à attendre bien longtemps qu'on les serve. Une femme à l'allure abattue se présenta à eux et attendit leur commande.

« Un petit tonneau de bière, une grande chope, deux poulets et un grand plat de pomme de terre. » Demanda-t-il d'une voix plutôt autoritaire. – « Et toi Gilford ? »

La surprise s'empara de Gil lorsque Seyren lui demanda ce qu'il voulait. Il n'avait pas commandé pour deux ? Quel genre d'estomac possédait cet homme ? Ou plutôt de combien de panses disposait-il ? Le plus jeune des deux garçons regarda un instant dans la direction de son compagnon, une expression d'effarement collée à son visage, puis se ravisa. Il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait manger ou boire. Gil n'aimait pas l'alcool, ou du moins n'en supportait que difficilement l'odeur. Quant à la nourriture...Il était étrange de constater à quel point rien ne lui venait à l'esprit, alors qu'au vu des privations qu'il avait endurées, son imagination devait déborder d'idées de plats succulents dont il pourrait se repaître. Pourquoi ? Il paraissait difficilement concevable qu'en seulement deux mois il ait oublié ce qu'était une alimentation normale...Mais il ne fallait pas faire attendre l'hôtesse. Sentant que ses digressions internes commençait à durer, il se contenta de dire ce qui lui passait par la tête.

"Euh, juste une aile pour moi, avec un peu d'eau s'il vous plait..."

Alors que la serveuse s'éloignait, Gil était un peu perdu dans ses pensées. Alors qu'il songeait à l'étrange repas qu'il allait vivre, Seyren commença à expliquer :

"« Je possède deux alliés...»

Décidément plus Gilford en apprenait sur Seyren, plus ce dernier se révélait fascinant. Niddogur, une monture capable de comprendre le langage des hommes...quel genre de créature cela pouvait-il être ? Et qu'en était il de ce second compagnon ?

« Il est redoutable et dangereux. Et, j’ignore encore à quel point. Mais, il confirme à lui-seul l'existence de l'objet divin. »

Dangereux ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Et avec lequel d'entre eux Seyren ne pouvait-il pas converser ? L'animal ou...l'autre ? Trop de questions étaient en train d'assaillir la petite tête de Gil. A bien y réfléchir, il avait soudain le sentiment d'être à bout. Marre des questions, marre des tensions, fatigué, épuisé. La dépressurisation nerveuse entamée quelques minutes plus tôt arrivait à une nouvelle étape. Tous les évènements depuis la veille lui retombaient dessus, d'un seul coup. De légers maux de tête commençaient à monter, tout comme des tremblements qui saisissaient progressivement ses mains. C'en était trop pour cette fois. Gilford soupira longuement, puis répondit au chevalier.

"Seyren je...je n'en peux plus des énigmes. Je crois que tout ça commence vraiment à me peser, la poursuite, la nuit d'hier, le marché noir, tout ça...je ne suis pas encore habitué à vivre ce genre de choses, je suis sur une mauvaise pente je crois. Je te propose quelque chose. Quand on aura mangé, retournons dans Alcombord même. Si tu veux continuer à chercher des informations je t'attendrai quelque part et je prendrai un peu de repos. Et, j'aimerais rencontrer ce mystérieux compagnon. Puisqu'il semble si difficile à décrire, je crois qu'il ne reste plus que cette solution..."

Gilford s'interrompit un moment. Un élément arriva à son esprit. Lui qui martelait depuis la veille qu'il souhaitait suivre Seyren dans sa quête, il était épuisé au bout de deux petits jours ? Cela ne lui donnait pas beaucoup de crédibilité. Aussi il s'empressa d'ajouter :

"Que mon état ne te dissuade pas, d'ailleurs. Il me faut un peu de temps pour récupérer de tout ce que je vis depuis deux mois. Mais je m'en relèverai bien vite. Sache que ma motivation reste intacte."
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Sam 2 Mar - 8:07
Le jeune alchimiste de Lotheican n’avait que très peu commandé : une aile de poulet et de l’eau… Un repas bien trop modeste pour quelqu’un ayant vécu sans le sous, à courir après la moindre petite pièce susceptible de calmer, rien qu’un peu, son ventre hurlant. Quelque chose n’allait pas. Son regard était à présent las et son sourire avait disparu, laissant place à une ligne verticale amère. Silencieux, j’observai les mains tremblantes de mon compagnon jusqu’à ce qu’elles se referment avec conviction sous les paroles du jeune homme.

- « Seyren, Je... Je n'en peux plus des énigmes. Je crois que tout ça commence vraiment à me peser, la poursuite, la nuit d'hier, le marché noir, tout ça... Je ne suis pas encore habitué à vivre ce genre de choses, je suis sur une mauvaise pente je crois. Je te propose quelque chose. Quand on aura mangé, retournons dans Alcombord même. Si tu veux continuer à chercher des informations je t'attendrai quelque part et je prendrai un peu de repos. Et, j'aimerais rencontrer ce mystérieux compagnon. Puisqu'il semble si difficile à décrire, je crois qu'il ne reste plus que cette solution... »

Mon regard émeraude était à présent planté dans le sien, tempétueux. Ce discours était peut-être rationnel mais, il transpirait la lâcheté et l’échec. Deux choses qu’il m’était impossible de tolérer. Pire encore, j’avais peut-être mal jugé le jeune homme. Ce même jeune homme qui avait su déployer bien du courage afin de me venir en aide, quand j’en avais eu besoin… Partagé, je me contentais de faire durer un silence religieux.

- « Que mon état ne te dissuade pas, d'ailleurs. Il me faut un peu de temps pour récupérer de tout ce que je vis depuis deux mois. Mais je m'en relèverai bien vite. Sache que ma motivation reste intacte. » S’en pressa d’ajouter Gilford.

La tavernière au visage éteint était réapparut, presque subitement tant j’étais concentré sur les paroles du jeune érudit. Sans même oser croiser nos regards, elle avait déposé un gobelet d’eau et une grande chope vide, avant de disparaître comme une ombre. Probablement, retournait-elle chercher le tonneau que j’avais commandé. Cette femme me faisait définitivement de la peine… Je l’avais tristement regardé s’éloigner furtivement entres les tables avant de soupirer bruyamment à l’intention de Gilford, une main soutenant ma tête.

- « Cette réaction arrive bien tard à mon goût. Mais soit, je ne m’y opposerai pas. Je pense même qu’il est important que tu puisses prendre du recul afin de mieux tirer au clair cette situation. Qui plus est, je suis assez surpris de constater que tu ne t'ai pas encore posé les bonnes questions. Tu ne veux plus d’énigmes alors, je vais être direct : ces questions me concernent. Tu ne me connais pas. Ô combien les livres d'histoire mentionnent le nom de Windsor avec flatterie, ils ne t'apprendront rien me concernant. Je peux très bien être celui qui sauvera le monde comme un simple fou en quête de compagnon de beuverie. Dans un cas comme l'autre, me suivre peut te mener à ta perte. » Ma voix était autoritaire et transparente. Un peu trop percutante peut-être. Mes iris brillants étaient plongés dans ceux de Gilford, le défiant ouvertement. - « Concernant mon mystérieux compagnon, il s’appelle Loki. Ou du moins, c’est le nom que je lui ai donné. Et tu le rencontreras bien assez tôt. Cette nuit. » Lançai-je avec un sombre sourire disant long sur cette rencontre des plus prometteuses.

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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Dim 10 Mar - 6:11
« Cette réaction arrive bien tard à mon goût. Mais soit, je ne m’y opposerai pas. Je pense même qu’il est important que tu puisses prendre du recul afin de mieux tirer au clair cette situation. Qui plus est, je suis assez surpris de constater que tu ne t'es pas encore posé les bonnes questions...Concernant mon mystérieux compagnon, il s’appelle Loki. Ou du moins, c’est le nom que je lui ai donné. Et tu le rencontreras bien assez tôt. Cette nuit. »

Une réponse sévère, mais qui se rapprochait fatalement de la réalité. Il était essentiel pour Gil de se retrouver un certain temps face à lui-même, et se poser effectivement "les bonnes questions". Le fait que Seyren lui accorde un peu de temps constituait une certaine forme de réconfort pour le mental meurtri de Gilford. Décrochant un petit sourire, il se leva et adressa quelques mots au chevalier :

«Merci Seyren. Cet endroit dispose de quelques chambres si je ne m'abuse, je vais en prendre une. Je ne bougerai probablement pas jusqu'à ce soir, Loki saura où me trouver. Sur ce j'espère que le reste de ta journée sera fructeuse, à très bientôt. »

Prononçant ces mots, Gilford ignorait encore que Loki n'avait nul besoin qu'on lui indique le lieu de rendez-vous.

Après avoir retenu une chambre au comptoir principal de l'établissement, Gil se dirigea vers l'étage, empruntant des escaliers en bois massif. Cet étage se composait d'un long couloir de pierre, dont la linéarité était rompue par une dizaine de portes. Sa chambre se trouvait vers le fond du corridor. Une fois entré, Gil constata qu'il se trouvait dans un espace relativement réduit. Uniquement pourvu d'un lit, d'une petite commode et d'un miroir fixé au mur opposé à l'entrée. A quelques pas de ce dernier vers la gauche se trouvait l'unique fenêtre de la pièce. Elle aussi de taille réduite, ne laissant passer qu'un peu de l'intense lumière de la mi-journée. Une cellule étroite, peu éclairée, parfaite pour se retrouver seul avec son reflet pensa Gil. Celui-ci n'avait en effet besoin que de peu de mouvement pour se concentrer sur son esprit.

Il s'allongea sur le lit. Celui-ci était étonnement confortable. Si bien que sans crier gare, Gil s'endormit. Lorsqu'il ouvrit l'oeil, impossible de savoir combien de temps il s'était assoupi. Il savait simplement que ce sommeil avait été lourd, et vide de tout rêve. Jetant un oeil par la fenêtre Gilford observa que le soleil commençait à décliner. Il devait avoir dormi quelques heures tout au plus. Mais loin d'avoir été une perte de temps, ce petit somme inattendu lui avait rendu les idées un peu plus claires. Ce qui s'était passé pouvait être facilement analyser. L'appel de l'aventure avait retenti dans les entrailles du jeune alchimiste, mais son corps comme son esprit avaient suivi le signal, pensant qu'ils seraient prêts. Bien entendu ce n'était pas le cas, et il fallait maintenant se conditionner. L'aventure, c'était le danger, mais bien au-delà de cette image abstraite, c'était la mort, dans tout ce qu'elle a de plus concret et d'irréversible. Face à cette situation, deux possibilités s'offrent à tout un chacun : "Je me retire", et "je continue".Face à son reflet dans le miroir, Gil choisit la seconde option, en la teintant d'un semblant de détermination personnelle : "Je ne mourrai pas". Voilà la pensée qui l'animait au sortir de son sommeil.

"La mort n'est pas une option, elle n'existe que dans mes cauchemars. La mort n'est que ce qui arrivera si je la crains. J'apprendrai à me défendre, je créerai des armes, des outils de destruction mêlant les lois de la physique et de la magie, j'apprendrai à me servir d'armes plus...conventionnelles (pensa-t-il en saisissant le poignard prêté par Seyren et en esquissant quelques mouvements, suivant le bout de la lame des yeux), je ne prendrai ni décision inconsidérée, ni n'agirai sans avoir pesé pleinement chaque possibilité qui s'ouvre à moi. J'endurerai les épreuves lorsqu'elles se présenteront et forcerai mon destin. Je suis Gilford Howling, je suivrai Seyren Windsor dans sa quête de l'objet divin."

Satisfait de son état d'esprit, le jeune alchimiste décida après s'être rallongé, de faire le point sur l'avancement de son projet de bombes élémentales. Le génie de cette création résidait dans l'infinité de possibilités qu'elle recelait. Une bombe incendiaire, pourquoi pas. Mais tout autre élément pouvait se substituer au feu. Glace, tonnerre...Gil frissonnait de plaisir. Le simple fait d'imaginer l'effet de certaines essences magiques l'électrisait. Mais il allait avoir besoin d'un magicien plus qualifié que lui en matière d'essences élémentales afin de parfaire son projet. Tout comme il aurait besoin d'un artisan capable de lui concocter des sphères dont la vocation était d'exploser. Peu importe la façon dont on retournait la question. L'endroit où il avait le plus de chances de rencontrer l'expert en magie dont il avait besoin était la royaume de la magie lui-même : Lotheican. Son pays natal. Même si ça ne l'enchantait pas tant que ça de rentrer chez lui si peu de temps après son départ (qui devait a priori être définitif), il faudrait y passer un jour où l'autre. En espérant que le voyage de Seyren les y porterait. Quant à l'artisan, il n'avait aucune espèce d'idée de là où il pourrait tomber dessus. Mais chaque chose en son temps. La priorité était de parfaire les recherches concernant l'objet avant de penser à sa réalisation.

Gil choisit finalement de laisser vagabonder ses pensées à leur gré, laissant au soir le temps de tomber doucement. Se levant à nouveau, Gil observa par sa petite fenêtre l'Alcombord du jour céder sa place à l'Alcombord de la nuit. Un spectacle toujours fascinant quelque soit l'endroit où l'on se trouve. Mais le jeune homme savait aussi que l'arrivée des ténèbres annonçait également l'arrivée du dénommé Loki. Gilford, ne sachant pas vraiment à quoi s'attendre, ne put que se remémorer son credo nouvellement adopté, afin de se donner du courage.

"Je ne mourrai pas."
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Mar 19 Mar - 5:47
L’érudit aux lunettes bizarres avait pris poliment congé, m’abandonnant seul à ma table. Seul ou presque, allez savoir où est actuellement ce fourbe de Loki. La mine boudeuse, je regardais Howling s’éloigner vers le comptoir, adressait la parole à une femme d’âge mûr afin d’acquérir une chambre où se retrouver avec lui-même. Hum… Soit. Il ne me restait plus qu’à arpenter les bars de la capitale marchande et tenter de soutirer quelques brides d’informations concernant l’objet divin ou le porteur de lumière. Le porteur de lumière… Quel genre de personne pouvait-il bien être ? Avait-il seulement conscience de qui il est ? De son rôle ? Si ce n’est pas le cas, qui le sait ? J’avais croisé mes bras massifs avant d’y loger ma tête, réfléchissant. Étrangement, l’image du grand mage Sigurd s’imposa d’elle-même à mon esprit. Quel âge avait ce vieillard ? Deux cents ans d’après les dires ? Se pourrait-il qu’il ait connu la grande guerre, ses héros et le premier porteur de lumière ? Je pense sincèrement que je n’étais pas loin de trouver une piste sérieuse mais, la serveuse frétille venait de déposer le petit tonneau de bière devant moi, avant de revenir avec les poulets encore fumant. Je vous laisse tout le loisir de deviner vers où mes pensées ont ensuite vaguées.

Le repas copieux terminé, je m’étais étendu sur ma chaise, les pieds croisés sur la table. Il ne restait qu’un petit fond d’alcool dans ma choppe, ce qui m’avait un peu chagriné. L’assiette de Gilford était toujours là, face à moi, à présent froide… Ce petit était maigre comme une femmelette et se permettait de sauter un repas ! J’avais longuement soupiré à l’idée de devoir jouer le serviteur avant de prendre pleinement conscience que ma vie de château était belle et bien terminée. Je n’étais à présent plus considéré comme un personnage royal. Seyren Windsor valait autant que Gilford Howling. Enfin, un peu plus quand même… Fronçant les sourcils, j’avais pris son assiette et après avoir cueilli quelques renseignements au comptoir, je m’étais rendu devant la porte de la chambre dans laquelle l’alchimiste était censé se trouver. Après un dernier élan d’hésitation, j’avais toqué à sa porte avec toute la délicatesse d’un chevalier de deux mètres de haut.

- « Hey, Howling ! Je ne suis pas ton valet à ce que je sache ! Je dépose ton assiette devant la porte. Je te conseil de la récupérer assez rapidement, Alcombord est un nid à voleurs ! Sur ce, je sors. » Grondai-je avant de poser son repas au sol et de faire demi-tour.

Un instant, alors que j’étais sur le point de quitter le long couloir menant aux diverses chambres, je m’étais immobilisé, jetant un regard derrière-moi vers le plat délaissé. -*Pourvu qu’il aille mieux…* Pensais-je tristement.

Avant de quitter l’auberge, je m’étais entretenu quelques instants en privé avec la serveuse au regard éteint. Si celle-ci fit d’abord effrayée, à tel point que je dû attraper son avant-bras maigrichon pour l’empêcher de fuir, elle s’était rapidement calmée en découvrant le bijou brillant logé au creux de ma main gantée. Si je n’avais pas assez de joyaux sur moi pour lui offrir une vie meilleure, elle n’aurait aucun mal à revendre cette bague à un prix exorbitant. Je n’avais pas vraiment besoin de bijoux et autres foutaises, bien que j’aie toujours attaché une valeur sentimentale particulière à la chevalière des Windsor et à l’éclat d’émeraude, portait à mon oreille droite et ayant appartenu à ma mère. J’avais souris sincèrement en découvrant une étincelle d’espoir et de gratitude dans le regard de la servante avant de tirer ma révérence, ne souhaitant pas attirer d’avantage l’attention des autres clients et aussi car… C’est beaucoup plus chevaleresque de se la jouer de la sorte.


****
Le reste de la journée avait défilé à une vitesse exaspérante. Alcombord était certes un royaume mais aussi une ville immense. Je n’avais pas même eu le temps de faire un quart des bars et autres tavernes que le soleil disparaissait déjà dans l’horizon, répandant ses premières couleurs spectrales, fortes d’un rouge flamboyant. J’avais interrogé pas mal de monde - certes la plus part avaient l’esprit embrumé dans les vapeurs d’alcool - mais rien de très concluant en soit. Très peu se souciaient vraiment de la prophétie. Ce que je considérais comme l’histoire de notre monde était perçue par les yeux d'autrui comme un conte pour enfants. Même le nom de Windsor entrait plus dans le mythe que la réalité. Maudite fatalité. Las, je m’étais immobilisé entres deux ruelles, pointant mon regard émeraude vers le ciel qui semblait si paisible, capable de toujours sombrer vers le lendemain sans incertitude… Quand bien même la nuit le dévore chaque soir. M’adossant brutalement contre un mur, j’avais fouillé dans ma sacoche, attrapant un objet dont je ne me souvenais ni de la forme, ni de la texture. Sortant le dit objet de mon sac, je découvris l’une des créations de Gilford que, j’avais probablement choppé sans m’en rendre compte à un moment ou un autre. Comment l’appelait-il déjà ? L'essence de foudre ? Souriant doucement au souvenir de cette rencontre peu probable avec l’alchimiste à l’allure de mendiant, je m’amusais à jouer avec son œuvre, la jetant en l’air avant de la réceptionner dans ma paume.

- « Ah… Tu devrais peut-être lui rendre toi-même. » Murmurai-je en lançant l’essence de foudre beaucoup plus haut que précédemment, lui faisant franchir la hauteur des toits des habitations puis, plus rien.

L’objet n’était pas retombé comme il aurait dû. C’était comme si une poigne invisible s’était emparée de lui avant de retourner se cacher dans l’ombre. Métaphore ô combien inutile. L’ombre. C’était bien le mot.


****
Un froid glacial et inhabituel s’était infiltré dans la petite chambre close. Une buée s’était formée lentement sur la vitre de la petite fenêtre, face au regard observateur du jeune alchimiste. Il était subitement apparut. Pourtant, c’était comme s’il avait toujours été là. Une fumée dense et sombre se dégageait encore de lui, indice quant au fait qu’il avait usé de sa sorcellerie. Le regard flamboyant du démon s’était braqué dans celui de Gilford, transperçant la logique du jeune homme de ses pupilles semblables à celles d’un serpent. Son visage était à moitié dissimulé sous une écharpe rouge, laquelle se terminait en deux longues séparations son dos. Un courant d’air glacial tournait dans la pièce, secouant légèrement les cheveux noirs corbeau du démon et animant sa curieuse écharpe écarlate.

Comme Seyren l’avait annoncé, Loki était venu à Gilford.

Sans prononcer un seul mot, le démon aux yeux rouges tendit sa main vers l’alchimiste. Elle était recouverte d’un gantelet d’acier, lequel terminait chaque doigt par une pointe. Si aucune arme n’était apparente, ces griffes et ce regard luisant comme des torches suffisaient à créer un climat d’incertitude. Le courant d'air disparut aussi subitement qu'il était apparut et la main du démon s’ouvrit sur l’essence de foudre confiait par Seyren.

- « Cette ville sera détruite dans deux jours. » Annonça soudainement l’elfe noir dans un murmure lugubre.
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MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Jeu 28 Mar - 10:46
A mesure que le jour tombait, Gil ne pouvait s'empêcher de cogiter. Il n'avait aucune idée de ce à quoi sa rencontre avec Loki allait ressembler, mais son intuition lui disait qu'elle allait constituer un test à part entière. "Il est dangereux" avait dit Seyren. Qu'est-ce que cela pouvait vouloir dire ? Et s'il voyageait effectivement avec le chevalier, pourquoi ne marchait-il pas à ses côtés ? Tant de questions qui allaient rapidement trouver réponse.

Sans crier gare, le jeune garçon ressentit un frisson qui lui parcourut l'échine. La température était assez brusquement tombée, si bien que ça en paraissait anormal. Puis il ressentit une pression, une sensation malsaine, qui ressemblait à une envie de tuer. Alors qu'une gouttelette de sueur froide commençait à couler le long de sa tempe gauche, Gilford sut. Instinctivement, Il prit une forte inspiration et retint son souffle. Il était là. Comment était-il arrivé sans le moindre bruit ? Nul ne le saura jamais. Sa présence était totalement silencieuse, même sa respiration était voilée. On aurait pu jurer que rien n'avait changé dans la pièce si cette aura si forte, si sombre, si pesante n'émanait pas de lui. Prenant son courage à deux mains, Gilford se retourna. Il fut immédiatement transpercé par son regard. Des yeux de serpent, emplis de pulsion de mort. Mais cette pulsion semblait, de façon étonnante, totalement maîtrisée. En quelques instants, Gil sut qu'il n'allait rien lui arriver. Néanmoins, réussir à se mouvoir, et par dessus tout à adresser la parole à cet être n'allait pas être chose aisée. Ce que l'alchimiste ressentait était si opposé d'une part à ce à quoi il s'attendait, et d'autre part à tout ce qu'il avait jamais ressenti, que son esprit analytique en vint rapidement à une conclusion invraisemblable : Loki n'est pas humain, on dirait...un démon.

Il tendit alors la main à Gilford, qui restait parfaitement immobile, et l'ouvrit. Elle contenait un petit cristal parcouru de petit filaments d'électricité. C'était l'une de ses créations. N'ayant aucune idée de comment elle était arrivée là, Gil se contenta de garder le silence. Loki prononça alors quelques mots :

« Cette ville sera détruite dans deux jours. »

Pour une entrée en matière, on avait déjà vu plus réjouissant. Cependant elle en disait déjà long sur l'être qui faisait face au jeune homme. Une personne pragmatique, sombre, secrète et sans détour, voilà ce qu'était Loki. Aussi Gilford comprit rapidement que les politesses étaient superflues. Il s'avança, récupéra son cristal, et répondit :

« Merci Loki. Je ne saurais dire pourquoi mais je comprends mieux ce que Seyren m'a raconté sur toi. Tu es un être de l'ombre n'est-ce pas ? Néanmoins je suis heureux de te savoir allié, je crois que je n'aurais pas pu faire grand chose contre toi.»

Il parlait d'une voix calme, grave et posée, malgré la sensation de poids qu'il avait au fond de l'estomac. Malgré l'ambiance glaciale qui s'était installée dans la pièce, Loki était un ami, et il fallait lui parler en tant que tel, quand bien même cela nécessitait une certaine dose de courage.

« Tu dis que cette ville va être détruite ? Par qui ? Par quoi ? Seyren le sait-il ? Et puis par dessus tout, qu'allons nous faire sachant ceci ? »
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MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Mar 9 Avr - 6:30
A défaut de ne pas pouvoir rentrer, préférant laisser un peu d’intimité à Loki et Gilford, j’avais fait la chose que je sais le mieux faire au monde… Noyer ma peine dans l’alcool.

- « Une autre ! » Exigeai-je en abattant férocement mon poing sur le comptoir du bar, laissant le bois râlait sous ma force colossale.

Mon regard émeraude était braqué sur le barman, tel une menace silencieuse, bien que mes joues rouges et ma mine boudeuse avaient tôt fait de me décrédibilisées. L’homme avait soupiré avant de reprendre ma choppe vide avec l’intention de la remplir pour la dixième fois de la soirée. Oh, ne me jugez pas ! J’avais passé ma pauvre journée à interroger un nombre sidérant d'ivrognes dans quasi toutes les tavernes de la ville, je méritai bien une petite récompense ! Même si au final, je n’avais absolument rien trouvé… Néant. Le barman avait déposé mon précieux nectar devant moi, me regardant d’un air blasé. Il avait tout de suite deviné que j’allais continuer mon petit numéro qui, soit dit au passage, duré déjà depuis une bonne petite heure.

- « Je suis dépassé par notre époque ! Les chevaliers c’est plus à la mode ! Sauver le monde ça n’intéresse plus personne ! Tout c’qu’ils veulent les jeunes d’aujourd’hui, c’est se saouler la gueule avant d’aller fêter le Ragnarök à oooonnze heures du soir ! Puis je suis sûr que Gilford a des penchants pour Loki ! J’peux pas m’y opposer ! Oh… Vous ne pouvez pas comprendre vous, vous êtes si laid… » Déclarai-je, sans dessus-dessous, avant d’avaler la moitié de ma bière en une seule et longue gorgée. – « Morbleu ! Comment suis-je censé trouver une piste pour l’objet divin alors que j’sais même pas si il est matériel ou si c’est un truc lumineux spirituel et pas matériel… »

Repoussant ma chope de bière sur le côté, je m’étais affalé sur le comptoir, tel un homme sans valeur et au bout du rouleau. Je faisais la moue, tel un enfant de dix ans à qui on aurait refusé sa friandise préféré quand, soudain…

- « Hey beau gosse ! » M’appela une voix féminine en mon dos. Je m’étais retourné avec un regard interrogatif ou, quelque chose du genre... – « Si tu cherches des informations sur ces vieux machins, va donc voir dans les bouquins ! Ce sont les seuls trucs encore marqué par cette ère-là ! » Grogna t-elle avec lassitude.

Mon regard s’illumina soudain.

- « Mais bien sûr ! » M’écriai-je dans un large sourire. – « Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?! » Ajoutai-je en me levant d’un bond. – « Merci à tous de votre participation ! C’était marrant ! » Déclarai-je sereinement en m’inclinant devant le barman et ses clients nocturnes, quittant aussitôt les lieux sans même prendre la peine de finir ma bière.

- « Il… n’était pas ivre… N’est-ce pas ? » Demanda une voix masculine choquée dans mon ombre.

* * *

D’une certaine manière, le jeune alchimiste avait quelque peu surprit l’elfe noir qui, s’attendait à un tout autre comportement venant d’un si frêle petit humain. Loki pouvait parfaitement ressentir cette crainte enfouit, cette incertitude cachée, cette âme tremblante. Pourtant, le Midgardien ne montrait aucun signe de faiblesse, aucun signe trahissant ses états d’âme. Il faisait face au démon avec une simplicité surprenante, comme si il s’adresserait à son égal. Quand bien même l’immortel traversait les siècles, les hommes étaient les seules créatures capables de le surprendre de la sorte. Cependant… Gilford Howling posait bien trop de questions au goût du démon aux yeux rouges. Rien ne l’obligeait à rester et, l’elfe noir n’allait pas se faire prier… Subitement, Loki apparut juste à côté de Gilford, ne lui laissant pas même le temps de bouger. L’écharpe écarlate s’agitait dans le dos de l’inhumain, comme animée par on ne sait quelle sorcellerie.

- « Tu ne mourras pas. N’est-ce pas suffisant ? » Souffla-t-il sombrement à l’oreille de l’érudit avant de s’évaporer tel un spectre blasé.

Le jeune garçon aux yeux vert se retrouvait à nouveau seul dans la petite pièce carrée avec, pour seul témoin de l’apparition d’un véritable démon, l’essence de foudre logée dans le creux de sa main. Un silence angoissant s’était installé alors, qu’un inquiétant compte à rebours venait d’être enclenché.

...

Soudainement, dans un craquement marquant toute la brutalité propre à ma bonne humeur, la porte de la chambre s’ouvrit… Enfin, elle tomba vivement au sol plus précisément, me laissant pousser un petit « oups » de maladresse. Ben une porte en moins ou en plus, de toute façon… Tout le monde s’en bat les… En retrouvant le visage si pensif et interrogé de l’alchimiste, un large sourire s’était dessiné sur mes lèvres. J'étais content qu'il soit encore là !

- « Gilford ! J’ai une piste ! Nous devons nous rendre à Lotheican ! » Déclarai-je en émergeant dans la pièce. – « Je suis bête de ne pas y avoir pensé plus tôt ! » J'avais porté une main honteuse à mon visage. – « Il y a deux cents ans, les mêmes évènements se sont produits sur cette même terre. Un Windsor est partit en quête, avec pour seul objectif de protéger ce monde. Le porteur de lumière s'est dévoilé et l’objet divin fût trouvé. Seyren Windsor IX, mon ancêtre, avait un journal ! Cet homme légendaire est mort après la grande guerre ! Il a forcément inscrit quelque chose à propos du porteur de lumière, ou même de l’objet divin, dans son carnet ! Considéré comme un ouvrage historique, ce journal se trouve aujourd'hui dans la bibliothèque privée de Lotheican ! » Dévoilai-je avant de remarquer la mine particulière de mon compagnon. - « Tout va bien, Gilford ? » M'inquiétai-je, posant une main sur l'épaule de mon camarade.
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MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Lun 15 Avr - 10:18
Pour toute réponse face aux interrogations de Gilford, Loki resta impassible. Son expression était restée inchangée depuis le début de leur entrevue, si bien que le jeune alchimiste se demandait si les êtres de l'ombre comme lui ressentaient des émotions. Son regard toujours fixé sur Gil, Loki ne dit mot. Un tel silence s'était installé dans la pièce que le seul bruit qu'on pouvait entendre était celui provoqué par la respiration de Gil.

« Tu ne mourras pas. N’est-ce pas suffisant ? »

Un frisson fit tressaillir le jeune érudit. La voix était venue de sa droite. Se retournant dans un sursaut, il ne vit que la commode qui meublait tristement la petite pièce. Il s'était évanoui, on ne sait comment. Au surplus, Gilford ne se souvenait même pas de l'instant durant lequel Loki avait disparu de son champ de vision. Terrifiant personnage que cet être noir, tant de par l'aura qui se dégageait de lui que de par ses capacités d'infiltration et de disparition. Il s'agissait en tous points d'un allié extraordinaire. Gilford se demandait d'ailleurs par quel miracle (ou forfait), Seyren avait pu le convaincre de se joindre à lui dans sa quête de doux idéaliste qu'il était. Le chevalier était-il même plus fort que le démon ? Incroyable...Il venait décidément de rejoindre une équipe aussi mystérieuse qu'impressionnante (Et qu'aurait-il dit s'il avait su ce qui l'attendait encore).

Alors que le jeune homme restait abasourdi par la performance que lui avait délivré Loki, une salve de lourds bruits de pas retentirent dans le couloir. C'était Seyren, qui, sans autre forme de procès, surgit comme un boulet de canon, pulvérisant les gonds de la porte, la laissant s'aplatir dans un vacarme qui ne manquerait pas d'attirer les curieux. Sans vraiment prêter attention au chambard qu'il avait causé, il arborait un sourire radieux, visiblement ravi de retrouver son camarade.

« Gilford ! J’ai une piste ! Nous devons nous rendre à Lotheican ! Je suis bête de ne pas y avoir pensé plus tôt ! »

Pour le coup, Gil aurait également pu y songer dès le début. C'est dans la grande bibliothèque de Lotheican même qu'il avait appris les quelques histoires qui circulaient sur l'objet divin. Et Seyren venait de dire que le journal de son ancêtre, qui avait lui-même sauvé le monde deux cents ans plus tôt avec le même objet divin, se trouvait dans la section privée de cette bibliothèque ? Gilford sut tout de suite ce que tout cela voulait dire. Cette partie de la bibliothèque n'était réservée qu'à quelques élus, et placée sous grande protection. Même en ayant (presque) terminé sa formation à l'académie de magie, on ne l'avait pas laissé approcher du bâtiment à moins de cent mètres. Il allait donc certainement falloir s'y infiltrer et dérober l'ouvrage...quoi qu'avec les talents de Loki, l'opération allait peut-être se révéler moins dangereuse que prévue...Mais il y avait autre chose. Lotheican était la terre natale de Gilford, la ville où il avait grandi...et d'où il avait fugué. Il allait soit devoir garder profil bas, soit clairement s'afficher et fournir des explications à ceux qui se sont inquiétés (et s'inquiètent toujours) de sa disparition. Du travail en perspective. Songeant qu'il n'était pas opportun de casser l'enthousiasme de Seyren avec toutes ces considérations, il répondit sous forme de boutade :

« Ton ancêtre a sauvé le monde aussi ? Décidément c'est une histoire de famille l'objet divin ! En route pour Lotheican alors ! »

Puis il se ravisa. Il repensa aux mots de Loki : "Cette ville sera détruite dans deux jours". Il juga qu'il était bon de s'assurer que le chevalier était lui aussi dans le coup.

«D'ailleurs je ne suis pas déçu de ma rencontre avec Loki. Il est...unique en son genre c'est le moins qu'on puisse dire. Il m'a révélé quelque chose d'étrange, comme quoi cette ville allait être détruite dans deux jours, tu es au courant...? »
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

MessageSujet: Re: [Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren] Lun 22 Avr - 4:24
Je m’en voulais terriblement de ne pas y avoir songé plus tôt ! L’histoire se répète bien souvent et, si on compare les récits anciens aux phénomènes s’étant déroulés ses dernières semaines, annonciateurs de la toute fin, tout s’accordaient parfaitement. Tout comme moi, mon illustre ancêtre, Seyren Windsor IX, « le grand démon », avait quitté sa ville natale pour se lancer à la quête de l’objet divin. Ce grand homme avait vu toute l’horreur de la grande guerre de ses propres yeux, mené ses troupes au sommet de la bataille contres les démons et les anges, tenu l’objet divin dans le creux de sa main avant d’être couronné par la plus grande des victoires. Seyren Windsor IX, le héros de Midgard, avait réussi l'exploit de repousser la fin des temps. Néanmoins, aussi grand soit-il, le héros de Midgard mourut quelques mois après la fin de la grande guerre, emporté par la maladie. Une fin bien misérable, si vous voulez mon avis… Mon père avait eu son propre avis à ce sujet : Windsor IX s’était laissé mourir car, après la guerre, il n’avait plus rien à accomplir. La vie d'un Windsor ne se résumait donc qu'à protéger la terre des Hommes puis, disparaître en laissant une descendante, juste "au cas où" ? Dé-pri-mant~ !!

Un silence s’était installé dans la petite pièce, Gilford tout comme moi, était lui aussi perdu dans ses pensées. Puis, affichant un air enthousiaste peu convaincant, il reprit la parole. Quand bien même il avait conscience de la nature si particulière de mon ami amateur d’écharpes, l’alchimiste était toujours de la partie. A croire que, tout comme moi, rien ne pouvait le faire reculer.

- « D'ailleurs je ne suis pas déçu de ma rencontre avec Loki. Il est...unique en son genre c'est le moins qu'on puisse dire. Il m'a révélé quelque chose d'étrange, comme quoi cette ville allait être détruite dans deux jours, tu es au courant...? »

En vue de mon regard écarquillé et de ma bouche grande ouverte, Howling n’avait eu aucun mal à deviner que je l’apprenais de ses lèvres.

- « Je suppose que Loki savait que tu me le dirai. » Ou alors, me boudait-il ? – « Deux jours… » Répétai-je dans un murmure à peine auditif, mon regard émeraude pointé au hasard sur une planche au sol. – « Ça nous laisse de la marge ! » Souriais-je enfin.

Si mon visage paraissait serein et confiant, voir naïf, j’avais serré les poings jusqu’à en faire blanchir les jointures. Quelle que soit la menace guettant la capitale marchande, il était de mon devoir de l'affronter. J’étais peut-être à présent dénué de titres et autres conneries mais, je possédai toujours l’âme et le cœur d’un chevalier. Puis, il y a cette part sombre de moi qui n'attendait que ça, l'opportunitéde pouvoir se déchaîner. Il n'y a qu'au cœur de la bataille, l'épée au poing et le goût cuivré du sang en bouche, où je me sens existait. Vivant.

- « Rejoignons Alcombord dès l’aube et tentons de découvrir ce qui s’y trame. Si Loki n’en a pas dit plus, c’est qu’il n’en sait pas plus… Nous remettons notre petit séjour à Lotheican à plus part. En attendant, Gilford, tâche de manger un peu et de trouver le sommeil. » Déclarai-je sous forme d’un ordre, vieille habitude.

Le reste de la nuit s’était déroulé dans un calme rassurant, sauf quand ce bougre de Gilford s’était mis à ronfler et, haut les cœurs ! Au moins, il y en avait un d’assez épuisé pour fermer l’œil. Pensif, allongé dans mon lit, j’avais laissé mon regard se perdre sur le plafond, repensant aux légendes et récits historiques concernant mon illustre ancêtre. Qui était le héros de Midgard ? Quel homme était-il ? Tout en laissant divers hypothèses – dont certaines reflétaient parfaitement mon état de fatigue – s’installaient dans mon esprit, je m’étais laissé dire que, peut-être, ma quête pour l’objet divin me mènerait sur les routes sombres et sinueuses du passé des Windsor.


***
Sur le toit de l’auberge, la silhouette immobile d’un homme se mêlait parfaitement au tableau nocturne. Son écharpe et son manteau, terminant en une petite cape lacérée de toute part, se détachait du silence, laissant le vent leur donner une once de vie. Les iris ardents du démon étaient pointés vers l’astre lunaire, contemplant sa robe noire et étoilé. Même l’elfe noir ignorait pourquoi il s’adonnait à ce rituel chaque nuit. Aussi loin qu’il s’en souvenait, il avait toujours fait ainsi.

Les yeux rouges du démon délaissèrent un instant la déesse blanche pour se porter sur sa main fermée, d’où une fine chaine en argent dépassée. Ses iris, d’ordinaire fins et verticaux, s’étaient adoucis, prenant un aspect arrondit, plus proche de celui des humains. La mélancolie s’était dessinée sur ce visage d’ordinaire si froid et impassible. Progressivement, la main du démon s’ouvrit…

Au creux de sa paume, trônant au milieu de la chaîne argentée, pendait une croix religieuse brisée. Si autrefois elle représentait une certaine appartenance à la foi, à présent, elle n’affichait plus qu’un vulgaire « X ». Mais pour Loki, elle signifiait bien plus. Une relique, un souvenir, une leçon, un regret… La source même du désespoir.


Fin.

[ A suivre dans : Confrontation entre l’épée et le bouclier ! ]
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[Acte II] Howling et Windsor / Alcombord : Théatre du renouveau [Pv Seyren]

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