Aller à la page : Précédent  1, 2
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : °w°
Localisation : I'm flying away
Exp : 934

Messages : 315
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 13
Grade : D
Joyau(x) : 900

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Sam 29 Juin - 2:26
Son cœur était déchiré. L’image de Sven gisant par terre dans une mare de sang hantait son esprit. Faörih ne parvenait pas à chasser cette vision de sa tête, même en secouant sans s’arrêter dans une sorte de monotonie. On aurait presque dit une folle, mais elle ne l’était pas, du moins elle espérait qu’elle ne devînt pas cinglée après cette expérience traumatisante.

Et pourtant, combien de cadavres avait-elle vu dans sa vie ? Combien de têtes coupées avait-elle vu rouler sur le sol, laissant une trace de sang sur son passage ? Bien assez pour savoir supporter une scène comme celle-ci. Alors pourquoi cela lui donnait si mal au cœur, la rendait si triste et lui faisait si peur ? Elle pensait pourtant qu’il s’agissait d’une moitié d’ennemi à tuer, et que l’assassiner elle-même ne serait jamais un problème. Mais voilà qu’il s’était donné la mort, sans rien dire, sans rien faire, sans même laisser un mot… Pourquoi avait-il fait ça ? C’était vraiment de sa faute, elle l’avait rendu si triste, il avait peut-être cru qu’il était vraiment inutile et qu’il fallait mieux en finir que de rester avec ça sur la conscience… Comment avait-il pu penser comme ça ? Oui, elle lui avait dit des choses méchantes, mais elle était énervée, et une créature qui s’énerve n’est pas la chose la plus aimable du monde. Elle ne pensait pas vraiment ce qu’elle avait dit, ni ce qu’elle avait fait.

Elle entendit Aaku descendre lentement. Les yeux de la griffonne étaient fermés et un torrent de larmes s’écrasait sur le tapis herbeux. La griffonne n’arrivait pas à s’arrêter, ça faisait trop mal. Trop mal de savoir un ami parti pour toujours, que plus jamais elle ne pourrait le revoir. Allait-elle devoir supporter ça pour tous les membres de son clan et de sa famille adoptive ? Supporter leurs morts et leurs disparitions, Faörih n’était pas sûre de pouvoir tout supporter.

Un long silence s’installa, il n’y avait que les reniflements compulsifs de la griffonne dont les muscles étaient tellement crispés que ses articulations en étaient blanches. Elle pouvait sentir Aaku près d’elle, mais elle restait à distance. Elle aussi était en colère contre elle ? Sa seule amie allait-elle la laisser ici, après l’avoir fait encore plus culpabilisé ? Elle ne pensait pas qu’Aaku en soit capable, mais ces temps-ci des choses inimaginables pouvaient bien se passer, les pires choses qu’on pouvait imaginées…

Le silence était encore pire que tous les mots que l’on aurait pu dire. Pesant et dépressif, Faörih ne pouvait pas se résoudre à regarder Aaku en face. Elle craignait croiser un regard empli d’une haine noire. Soudain, les bras de son ami l’enserrèrent. Faörih entrouvrit ses yeux vairons sans pour autant les relever. Immédiatement, la griffonne prit Aaku dans ses bras et la serra fort, un peu trop fort. La griffonne poussait des cris muets et étouffés. Elle n’arrivait rien à dire, les larmes coulaient encore et encore. Mais elle était soulagée. Aaku n’était pas en colère, elle ne lui en voulait pas. Non, elle ne savait pas ce qui s’était passé, elle pouvait très bien la détester après.

Son amie la lâcha un petit peu. Faörih sentait qu’elle attendait qu’elle relève son regard pour lui dire quelque chose. Et après un moment sans bouger, la griffonne releva la tête en se forçant à sourire. Les larmes ne s’arrêtaient définitivement pas et le sourire n’était que le reflet du déchirement de son cœur. Aaku lui demanda ce qu’il s’était passé. Dès qu’elle entendit ses mots, Faörih ne put garder les yeux ouverts. Il fallait qu’elle répondât, elle devait lui dire, elle devait aussi l’obliger à ne pas aller voir le corps de Sven.

-Il… Il-il s’est sui-suicidé… Je-je… C’est ma faute, c’est ma faute ! Je… Il… hoqueta Faörih en pleurant encore plus fort.

Sans perdre un instant, la créature enserra Aaku de toutes ses forces, ses lamentations n’avaient plus rien de muets et elle n’arrivait pas à dire autre chose. Elle avait été aussi directe que possible, elle n’avait pas su quoi dire ni quoi faire, elle était trop bouleversée. Elle voulait juste qu’Aaku ne lui en veuille pas, et qu’elle comprendrait ce qu’elle-même n’arriva pas à comprendre ; ce n’était pas sa faute, ce ne devait pas être sa faute.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : Désolée
Localisation : C'est bien simple : aucune idée.
Exp : 2219

Messages : 340
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Sam 29 Juin - 3:46
Je ne pouvais même imaginer ce qui avait pu  se passer alors que j'étais emportée par mes peines. Avaient-elles réellement lieu d'être ? La jeune femme blottie contre moi que je redécouvrais sous un nouveau jour paraissait si abattue. Quand son regard avait été plongé dans le mien après une longue, très longue hésitation, j’avais constaté ses yeux d’un sombre triste auquel elle ne m’avait jamais habitué depuis le temps que nous nous connaissions. Elle me semblait toujours pleine de joie de vivre, forte, tenant bon face aux évènements… Même couper une main de sang-froid ne lui avait rien fait auparavant… Qu’est-ce qui avait pu atteindre son cœur blessé au plus profond d’elle-même pour arriver à la rendre si malheureuse d’un instant à l’autre ? Je m’attendais au pire, mais vraiment pas à ce qu’elle m’annonça finalement, hoquetant encore dans ses pleurs. Le monde sembla s’arrêter de tourner au moment même où j’entendis ces premiers mots.
 
« Il… Il-il s’est sui-suicidé… Je-je… C’est ma faute, c’est ma faute ! Je… Il… »
 
Il s’était… Quoi… ? Je ne compris pas de suite ce qu’elle m’avait dit. Ces mots n’avaient pas de sens pour moi, je ne pouvais même accepter leur réalité… Je n’arrivais à me dire à moi-même que cela était possible, je ne pouvais l’admettre, même face à cette triste évidence. Mes yeux se fermèrent. Les larmes coulaient, coulaient, sans vouloir ne serait-ce que me laisser imaginer les laisser s’arrêter. Sven ? Mort ? Je ne le verrais plus… plus jamais… ? Était-ce ça que la jeune griffonne voulait m’avoir vraiment dit ? Les mots volaient dans mon esprit, résonnaient à mes oreilles… Tant d’interrogations ne voulaient me laisser en paix… Comment… ? Pourquoi un tel geste… ? C’est quelque chose que l’on ne peut pas regretter après avoir commis l’impensable… Mais c’était bel et bien fait, je ne pouvais rien changer face à ça… Je ne pouvais arrêter la peine qui me traversait dans cette ambiance plus que funeste, funèbre… Alors il venait de rejoindre les dieux… ? Mais était-ce Svartalfheim ou Asgard qui lui ouvrirait ses portes dorées ? Ou alors son âme finirait-elle condamnée à errer sans but… ? Je ne pouvais imaginer que sa fin soit réellement arrivée… Si près de moi, qui plus est… Si j’étais restée dans cette pièce… Si je ne l’avais pas quitté… Il ne se serait quand même pas suicidé devant mes yeux… ? J’avais fait preuve de tant d’égoïsme pour privilégier mes pleurs par rapport à la vie d’un compagnon… Oui, le paladin était mon ami, je le ressentais comme ça… J’avais beau ne l’avoir jamais vu qu’une fois et éprouver une crainte sans égal pour lui, sa mort me faisait mal, profondément mal… Une voix féminine troubla le silence macabre qui s’était installé sans crier gare…
 
« Ce… Ce n’est pas ta faute… Ça ne sera… jamais ta faute, Faörih… »
 
Je resserrai à mon tour l’étreinte… Si la peine et l’incompréhension dominaient chez  moi, je me demandais presque si son chagrin ne me donnait presque autant de cafard que le décès du jeune homme… Blessé, je le voyais encore blessé, étendu sur le sol alors que je lui murmurais de pardonner mon amie… Et là, il était mort… ? Vraiment… ? Mort pour de vrai, comme j’avais pu faire mourir mes parents adoptifs… ? Le destin pouvait-il être si dur à s’accabler ainsi… ? Qu’aurait-il bien pu faire pour mériter ça ? Je ne souhaitais ça à personne… ! Je n’osais réaliser le désespoir qui avait dû l’envahir pour qu’il ne puisse ne serait-ce que penser une seconde à une mort si peu honorable… Personne ne méritait de mourir dans l’inconnu, comme s’il n’avait existé… Il continuerait de vivre dans ma mémoire, toujours, et je ne pouvais imaginer le contraire pour ce qui était de Faörih… Mais ça me faisait mal, si mal, malgré tout… Cette douleur, cette désolation, elle n’avait ni queue ni tête, je ne l’avais pas vu, il n’était peut-être pas mort… ! S’il avait juste enfoncé une lame dans un organe autre que le cœur ou les poumons, l’hémorragie aurait facilement pu faire croire à un décès… ! Prise d’un espoir que je savais déjà révolu, j’avais pourtant tellement envie d’y croire plutôt qu’à cette réalité… Mais je ne pouvais pourtant penser à ce qu’aurait procuré à Faörih de ne pas m’avouer la vérité, à qui la peine ne semblait vouloir laisser de répit. Elle ne m’aurait menti de son plein gré, je n’en voyais aucun but… Mais si seulement elle s’était trompée…
 
« Je… Je veux voir le corps… Je… J’ai des connaissances médicales… Je ne peux croire que ça soit si… si vite fini… Laisse-moi y aller, je t’en supplie, je ne peux croire cela… C’est impossible… ! »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : °w°
Localisation : I'm flying away
Exp : 934

Messages : 315
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 13
Grade : D
Joyau(x) : 900

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Jeu 4 Juil - 22:14
Ce n'était pas sa faute? Même Aaku semblait le dire, fallait-il que la griffonne le crût à son tour? A vrai dire, personne n'en saurait jamais rien, il était mort, et seul le paladin connaissait la raison de son acte égoïste. Il l'avait emporté avec lui dans la mort. Faörih sentit l'étreinte de la petite mage se resserrer. La griffonne avait enfouit son visage dans ses cheveux et ses larmes mouillaient la robe blanche de la jeune fille. 

Mais que faisait-elle? Elle était si faible en cet instant, elle n'avait rien d'une guerrière impitoyable et sans regret qu'elle devait être. Il fallait qu'elle se ressaisisse au plus vite, ça ne pouvait plus continuer. Comment pourrait-elle être un modèle si elle pleurait à chaque mort? Jamais Faörih ne pourrait survivre pendant des siècles en étant si effondrée à chaque personne chère à ses yeux qui s'en allaient pour un autre monde. Il fallait qu'elle soit forte, qu'elle montre qu'il ne fallait pas être triste, relativiser, et tout ça. C'est son maître qui lui avait dite tout ça, une créature ne devrait pas pleurer ainsi pour la mort. Car Faörih en verra passer beaucoup de personne qu'elle aime et qui disparaîtront un jour ou l'autre, avant elle. Comme Aaku, qui n'était qu'une humaine et qui un jour partira elle aussi, d'une manière moins brutale, peut-être, mais elle mourra un jour, avant la griffonne. Celle-ci renifla. C'était exactement ce qu'il ne fallait pas faire. Elle releva un peu la tête. Comment montrer l'exemple en étant si triste devant quelqu'un qu'elle voulait protéger? Elle ne passait pas pour forte, ni grande, ni rassurante. La créature ressemblait juste à une petite fille qui avait perdu ses parents. C'était honteux, c'était ce qu'elle se dit en se moment. Elle n'avait pas été élevée comme ça. 

Aaku demanda à voir le cadavre, ou plutôt Sven, car elle pensait qu'il n'était pas mort. Mais Faörih n'avait pas d'espoir, le sang écoulé était trop important, la blancheur dur corps était déjà trop élevée pour qu'il vive encore. Mais elles pouvaient croire, peut-être croire. Faörih renifla et lâcha Aaku. Elle devait montrer qu'elle était adulte et qu'elle pouvait gérer la situation. Ses yeux rougis se posèrent sur Aaku. La créature essuya ses larmes d'un revers de la main. Ses larmes ne coulaient plus. Mais son cœur était toujours aussi déchiré et la tristesse se lisait d'autant plus son son visage. Elle sourit, un sourire triste, mais qui se voulait rassurant. Reniflant une dernière fois, la griffonne dit d'une voix faible mais pas tremblante:

-Va-y, si tu peux faire quelque chose, tout le monde en serait heureux. Mais si il est bel et bien... mort... On ne pourra plus rien faire, et l'enterrer sera encore la meilleure chose à faire, pour lui.

Une boule se forma dans la gorge de la créature, mais elle ne pouvait pas recommencer à pleurer. Elle ne devait pas, pour sa crédibilité et pour elle, également. Elle pouvait supporter tout ça. Bien sûr elle ne pouvait cesser d'être si triste, mais sangloter dans les bras de sa protégée ne servirait à rien. 

Faörih attrapa la main d'Aaku et la dirigea, bien trop lentement, vers la salle. Était-elle prête à revoir le cadavre? L'image la hantait pourtant toujours, mais elle n'était pas sûre d'arriver à se contrôler devant le corps. Pourtant, il faudrait bien le faire, pour tout le monde, c'était mieux ainsi. Elles se retrouvèrent au pas de la porte bien trop rapidement à son goût, la griffonne, qui avait regardé ses pieds jusque là, releva enfin la tête. Le cadavre était toujours là, les moines étaient autour. L'épée avait été retirée, le sang coulait. La pièce empestait d'une odeur métallique caractéristique qui donnait presque le tournis à la créature aux sens plus développés. Elle se mordit la lèvre tellement fort que le sang emplit sa bouche. Elle ne voulait pas se résoudre à verser de nouveau des larmes. Sa main serra encore plus fort celle de son amie. Mais, se rendant compte que celle-ci en avait encore besoin, elle relâcha son emprise et ne bougea plus. Elle ne voulait pas plus avancer, elle était bien là, assez loin, mais pas trop quand même. 

-Allez, je compte sur toi... Soi forte, murmura-t-elle à Aaku à côté d'elle.

 Sa voix était de plus en plus rassurante, comme une mère quand son enfant avait perdu son animal de compagnie. Bien sûr, Sven n'avait rien d'un animal, de plus, elle avait aussi mal qu'Aaku, si pas plus, mais il fallait bien qu'elle soit forte, pour deux, ou pour elle-même. La boule dans sa gorge grandit. Est-ce qu'elle allait tenir juisqu'au bout? Faörih ne pouvait pas le savoir, mais en tout cas, elle essayerait du mieux qu'elle pouvait.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : Désolée
Localisation : C'est bien simple : aucune idée.
Exp : 2219

Messages : 340
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Dim 11 Aoû - 8:14
L’enterrer… La pire solution qui pouvait se présenter à nous était un enterrement pour le corps de Sven. Mourir comme ne jamais avoir vécu était inconcevable. C’était une manière déjà plus humble de rendre hommage à ce qu’il avait pu être durant sa courte vie… Courte, peut-être pas, car en tant de guerre et alors que le vol et le meurtre restaient les activités les plus rentables, la mort d’un homme de son âge n’était pas unique… Mais longue n’aurait pas non plus été un adjectif propice pour décrire son existence : j’aurais été étonnée qu’il ait atteint les trente ans, à avoir pu observer au moins une fois le visage du jeune homme sous le casque de la sombre armure qui lui collait à la peau.
Faörih attrapa ma main, lentement, sans l’élan qui l’habitait d’habitude, quand elle était heureuse. Elle marchait, doucement, vers la salle où il se trouvait, comme pour essayer de gagner un maximum de temps avant tout… comme pour pouvoir se préparer à le voir à nouveau et pour ne pas retomber en sanglots sur le sol froid. Mais moi, étais-je prête à revoir un corps sans vie ? Celui d’un humain, je veux dire... Et qui plus est, d’un ami… Mais être face à celui d’une créature où d’un animal était différent : j’avais appris à vivre avec leur décès sans trop subir le contrecoup d’une mort en plus sur la conscience. Enfin, apprendre à vivre avec était bien un grand mot parce qu’il ne fut pas une fois où laisser un cadavre sur mon chemin me laissa de marbre.
 
Mais malgré la réticence de la griffonne, nous arrivâmes face à la porte et il le fallait bien. Relevant la tête plus dignement, elle saisit la poignée, et l’ouvrit, me laissant face à un spectacle qui me pétrifia. C’était comme si le temps c’était arrêté. Rien, rien n’avait bougé, mis à part l’arme, qui comme le paladin, était… ensanglantée…. Tout était suspendu. Je sentis la main de la jeune femme qui m’avait guidée serrer encore plus fort la mienne, pour mieux la lâcher ensuite. Il était à mon tour de faire ce que je pouvais. Pour ma conscience, évidemment, mais aussi pour Sven… Et pour la pauvre Faörih. Si je pouvais améliorer quelque chose, il était de mon devoir de le faire sans rechigner et ne pas reculer ensuite. C’était le corps d’un ami étalé par terre, c’était son sang qui était présent sur le sol, et dans lequel mes bottines trônaient, mais même s’il était mort de sa lame et de son intention, je ne pouvais laisser un homme peut-être encore vivant agoniser jusqu’à sa véritable mort, fut-ce t’il l’avoir décidée. On ne se suicide pas face à un monde qui s’ouvre à nous pour une simple dispute. La vie à bien plus d’importance que pour la gâcher ainsi. Moi, si j’y avais déjà pensé, je n’étais rien, je ne connaissais personne, et ma vie enfermée ne servait, si ce n’est à décorer  à des êtres ignobles. Sven comptait trop pour Faörih que pour qu’il ne mette fin à tout de cette manière. S’il s’était soulagé, il avait pourtant profondément marqué son amie. C’est quelque chose qu’on ne fait pas, qu’on ne doit pas faire dans ces cas-là, un point c’est tout.
Je repris mon souffle un instant, inspirai profondément et séchai mes larmes. Quant à moi, pleurer ne servirait à rien, si ce n’est à rendre la jeune femme encore plus triste que ce qu’elle n’était – si seulement cela était possible. Je devais être forte, faire mon possible pour aider les autres, accomplir mon devoir. Car je devais le faire, c’était tout. De mon propre élan, je voulais aider les autres. Coute que coute. A quoi bon ne rien faire ? Se lamenter ne ferait pas avancer les choses.
 
Me faisant une place près de lui, les moines s’écartèrent, silencieux. Mais sans me laisser le temps de faire quoi que ce soit, un flash passa devant ma vision, me pétrifiant. Quand je voyais un cadavre, je ne pouvais espérer passer à travers les souvenirs qui m’envahissaient. L’odeur du sang à mes narines, une blessure ouverte devant les yeux et une respiration bloquée dans la poitrine… C’était comme la nuit qui avait changé ma vie. Mais cette fois-ci, je ne devais fuir, je ne pouvais fuir. Je ne craignais rien et ma présence était bénéfique, mais un doute horrible causé par mon traumatisme me laissait immobile face à Sven. Une larme comme suspendue dans le temps coula malgré tout sur ma joue. Le voir lui à la place d’un mort était quand même dur à supporter.
 
Je fermai les yeux et arrêtai le sanglot qui arrivait et qui voulait déjà m’envahir. Non, non. Je ne cèderais pas.Je posai quelques doigts, tendue dans mon entièreté, sur la veine du cou de Sven.
 
Un grand instant de silence retenu de tout son. Je ne pouvais y croire. Il était bien mort. Mes bases en médecines n’auraient servi à rien dans ce cas. On ne pouvait plus rien pour lui. J’éclatai en pleur, laissant enfin cette tristesse s’échapper d’un seul coup. Il était mort. Vraiment mort.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : °w°
Localisation : I'm flying away
Exp : 934

Messages : 315
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 13
Grade : D
Joyau(x) : 900

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Ven 27 Sep - 4:38
«Au moment où un Homme prend la décision finale et irréversible de se tuer...c'est qu'il est déjà mort.»

Les petites phrases de son maître lui revenait toujours dans les moments difficiles. Il avait toujours pu dire un petit quelque chose qui prêtait à réflexion . Son regard vairon s'était vidé. Ne plus pleurer, c'était assez. Tout simplement. Il fallait continuer de lutter et avancer en espérant que pareille situation ne se reproduise plus. C'était bien difficile d'affirmer que cela n'arriverait plus. La vie d'une créature était trop longue pour avoir la certitude que le suicide ou la mort misérable d'une autre personne ne lui tomberait pas dessus encore plus d'une fois. Les larmes ne pouvaient plus rien changer, alors elle relativisait. Avancer, s'en rappeler, apprendre de ses erreurs. Et ainsi grandir. L'expérience, c'était comme ça que son mentor l'appelait. Il savait tout ce vieil homme!

Des yeux vides se posèrent sur la petite mage dont les larmes commençaient à tremper le sol et à former une petite flaque. La souris était dans un sale état... La griffonne ne savait pas si elle allait savoir la consoler, elle qui ne connaissait le paladin que depuis un jour. Elle s'attachait rapidement aux autres personnes. Faörih inspira longuement et s'approcha d'Aaku accrochée au cadavre à moitié nu et empestant déjà la chair décomposée. Il fallait faire quelque chose pour ça. La griffonne ne pouvait pas laisser le corps de son ami comme ça, sans rien fa ire. Son regard balaya la pièce, des moines priaient, d'autres s'éloignaient, d'autres mangeaient comme si rien ne s'était passé. Comme si il n'y avait pas de cadavre au milieu de la grande salle au plafond haut. La griffonne serra les dents. Comment pouvaient-ils faire comme si il ne s'était rien passé? Comme si il n'y avait pas une jeune fille faible et fragile en train de verser toutes les larmes de son corps sur le sol froid? Ils n'avaient donc aucun coeur?

Des poings se refermèrent. La créature savait; c'était un suicide. Les divinités n'appréciaient pas les suicides, on ne pouvait pas s'en occuper. C'était surement ce que ces hommes pensaient. La bêtise humaine se rajouta à la boule dans la gorge de la créature. Elle ne voulait pas rester une seconde de plus dans cet endroit. Elle ne pouvait pas, c'était insupportable.

Ses pas résonnèrent. Faörih attrapa toutes ses affaires, les mit sur son épaule, ne tenant pas compte des douleurs lancinantes qui lui faisaient amèrement rappeler ce qui l'avait amenée ici, ce qu'elle avait combattu. Avec qui elle avait combattu. Cet endroit n'était pas accueillant. Elles n'étaient pas la bienvenue ici, avec leur ami mort, suicidé et dont le sang coulait  dans les rainures du sol pavé. Elles devaient partir, et prendre leur ami. Il ne pouvait pas rester comme ça, mort, sans rien de plus, sans que personne ne se souvienne de lui. Sans que personne ne puisse lui rendre hommage un jour prochain. C'était inconcevable.
Une ombre obscurcit la petite mage qui pleurait toujours son compagnon. Comme si il allait revenir. Comme si les larmes allaient faire revenir son âme. Mais les morts ne reviennent pas. Les morts sont morts.

-Aaku, quittons cet endroit. Amenons Sven Tveskoeg loin de ces sans coeurs. Rendons lui hommage, une dernière fois.

Faörih posa une main chaude et rassurante sur l'épaule d'Aaku. La pauvre avait voulu confirmer la mort du corps qui gisait là. Mais qui aurait pu douter de sa fin en voyant tout ce sang de lequel la créature posait les pieds?

«L'espoir fait vivre.»

Ainsi disait son maître. La griffonne écarta la jeune femme de Sven. Son regard était toujours absent. Voilé de lassitude et de résignation. Une tombe, une sépulture, pour son ami, pour leur ami, à elles.

Quand la petite mage fut écartée, la guerrière blonde s'approcha du corps. La dernière once de chaleur s'était envolée récemment. Ses doigts enserrèrent les bras du cadavre. Évitant à tout pris de regarder son visage, la griffonne monta le lourd corps sur ses épaules. Son dos craqua, ses épaules s'affaissèrent. Ce faisait mal. Mais cette douleur n'était rien comparé à la douleur intérieure qu'elle ressentirait si le corps n'était pas  enterré comme il se devait, comme un guerrier. Avec son épée, avec son casque, avec une croix.

Son poids n'était rien contre tout ça, ce n'était même pas la peine d'y penser. Les traits de Faörih se durcirent, elle avança, droite et grave. Regardant vers Aaku, lui insistant du regard de venir, elle tint quand même à rajouter, de sa voix grave habituelle, mais qui n'avait plus rien de la bonne humeur et de l'enthousiasme qu'elle avait autrefois. Ce n'était plus le moment pour être heureux. Même s'il ne fallait pas tomber, pleurer, se lamenter et pourrir dans ses larmes, il ne fallait pas pour autant faire comme ces moines, et faire comme si cela ne touchait personne.

-Allez viens... On va trouver un endroit.... Un endroit pour sa tombe...

Elle retourna la tête vers la sortie, toisant en même temps les moines qui ne regardaient même pas la scène. Impur. Voilà ce qu'elles étaient. Les affaires de la griffonne cliquetèrent dans son dos. Elle avait l'impression que ses maigres affaires étaient beaucoup plus lourdes que d'habitude. Mais c'était normal dans un sens. Il n'y avait plus seulement son épée et sa besace. Il y avait également un corps. Le corps de son ami.[/color]
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : Désolée
Localisation : C'est bien simple : aucune idée.
Exp : 2219

Messages : 340
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Dim 22 Déc - 6:52
Aaku avait laissé la griffonne porter le corps du défunt. De toute son âme, elle aurait voulu se relever, forte dans son cœur comme son amie. Mais c’était au fond Faörih qui était la plus mal en point et la jeune mage n’arrivait à trouver les forces pour porter la dépouille, pour retirer le poids de cette mort de ses épaules tremblantes. Elle se sentait égoïste, égoïste de pleurer plus pour avoir subi au fond peut-être moins de peine, mais de s’accaparer la compassion. Elle se sentait fragile, aussi, fragile lorsqu’elle ne pouvait s’empêcher de pleurer pour quelque chose de toutefois normal ; rien ne pourrait le changer, rien ne ferait revenir Sven, et jamais. Mais ce besoin était froid et persistant de telle manière qu’elle aurait encore plus connu l’envie de se fâcher contre elle que contre ce qui avait fait partir leur ami. Elle se sentait inutile ; inutile, faible et impuissante. Elle ne sauverait jamais le paladin Tveskoeg. Désolée.
 
Sur ses frêles jambes, la jeune femme marchait, n’entendant pour elle que ses pas et ceux de son amie résonnant dans la pièce, comme perdus dans le temps. Le sang ruisselant sur les dalles prenait la forme des semelles de ses bottines, créant sur son passage des empreintes rouges estompées au fil du temps. Quelle atmosphère froide et remplie de tristesse… Je détestais cela, cela me rappelais… le manoir des Bellford. Ce lieu avait tout pour être joyeux mais l’espèce d’ambiance qu’il dégageait ne pouvait rappeler que la désolation.
 
« Ce lieu ne sent désormais plus que la mort et la souffrance », pensait tout bas la jeune mage.
 
Elle suivait doucement Faörih en essuyant ses joues rosées où avaient perlé ses larmes. Il leur fallait maintenant trouver un endroit propice pour la tombe, la seule chose qui persisterait maintenant que son âme n’était plus dans son corps ; pas grand-chose techniquement, mais le seul moyen d’honorer comme il se devait sa mémoire, de se rappeler qu’il était là, qu’il serait toujours dans nos cœurs. C’était comme la dernière chose à lui offrir… la dernière chose qu’on pouvait faire pour lui dorénavant.
Elle ne se retourna pas pour regarder les moines, pas pour regarder ce carnage, ce sang qui jonchait le sol comme de la vulgaire eau de pluie sans aucune valeur. Elle voyait le tissu de l’armure légère de Faörih se tremper de ce liquide que le cadavre ne pouvait que refouler, sans plus aucune raison pour tenter de le récupérer. Quand ses yeux se posaient sur lui, les larmes revenaient, indéniablement, mais elle se reprenait, n’arrivant qu’à pouffer alors que son esprit voulait encore qu’elle laisse exploser son chagrin. Elle serait aussi forte que pouvait l’être la guerrière devant elle : Sven aurait-il voulut qu’elles se mettent à pleurer… ? Aaku n’était pas dans sa tête là où il était maintenant, mais c’était la seule chose qu’elle pouvait bien vouloir s’imaginer.
 
Il fallait un lieu où établir sa sépulture. Dehors, la lumière du jour ne fit pas broncher les yeux des deux jeunes femmes. Le soleil était là, arrogant, l’air de dire, les poussant à sangloter encore :  « Pourquoi pleurez-vous ? Je ne vois pas pourquoi il faudrait pleurer ! » ou encore : « Pour tout le monde sauf vous, c’est une excellente journée ! Profitez bien ! »

Les articulations de la mage étaient si tremblantes… Pourquoi n’avait-elle pas pu le sauver ? Pourquoi était-elle arrivée trop tard ? Pourquoi, simplement… Elle voulait pas que d’autres personnes meurent, elle ne voulait pas que d’autres gens subissent cela… Il devait y avoir un moyen pour sauver ces personnes, pour que leur âme retrouve leur corps… La magie ne peut-elle pas tout faire ? « Je n’ai pas ce talent », se disait la voyageuse. « Alors j’apprendrai, un jour et je sauverai ces gens. Je ne veux plus jamais être faible… »
 
Elle pensait, son esprit divaguait entre l’espoir ridicule de voir le cadavre bouger à nouveau et  sa soif de connaissance en ce rapport. Si elle y arrivait, elle reviendrait. Elle reviendrait et elle sauverait Sven. Elle chercherait partout quand il se retrouverait à moitié en paix là-bas et elle trouverait un livre, un parchemin. Elle ne cesserait d’apprendre tant qu’elle n’arriverait pas à faire revenir à la vie.  
Faörih s’arrêta nette et la faiblarde cognais dans son dos, évitant à tout prix de regarder pour autant le visage de Sven dévasté par la mort. Elles arrivaient à une petite clairière dans cette forêt, un petit endroit tranquille qui baignait dans la lumière prétentieuse.

« Ici ? »
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Jeu 26 Déc - 1:32
L'épée accrochée à la ceinture continuait, contrairement au corps, d'émettre une faible énergie, celle-ci peinait à rester active, mais l'hôte de cette arme ne se laisserait pas faire si facilement, le corps de son défunt porteur était à présent libre, l'âme de Sven était retournée à son Dieu, par la voie des lâches, l'entité prisonnière de l'arme riait d'un rire sadique et silencieux.


 Pauvre Sven, Oh Pauvre Sven, ayant choisi cette voie il se condamnait à l'éternelle souffrance, Skad Tepes haïssait les lâches. Le corps était à présent sans vie, mais l'âme serait torturée a jamais, quelle ironie, lui qui avait quitté le monastère l'esprit sombre et la tête pleine des slogans inculqués par les moines combattants. Lui qui avait tué, converti et prêché au nom de son dieu, lui qui s'était dévoué corps et âme à celui-ci, avait brisé son serment au nom de quoi? De l'amitié?! Quelle aberration pour un paladin noir, l'amitié, une belle hypocrisie, un refuge peut être? Mais il était évident que Sven avait changé depuis la mort de celle qui l'accompagnait autrefois. 


Bref, l'entité rompit le fil de ses pensées, à présent que le corps du porteur était libre, pourquoi ne pas s'en servir...Ce fut lent, long, l'énergie passa le long de la peau, entra par toutes entrées possibles dans le porteur, s'insinua lentement le long des organes, prenant peu à peu le contrôle de ce corps qui serait désormais tout à elle. Le cœur fut enserré par de noirs linceul, le compressant lentement, un battement, deux, trois, quatre, et il partit, lentement, faiblement. 


La respiration suivit, sifflante, faible. Les yeux s'ouvrirent, n'étant plus gris métalliques mais d'un rouge sanguin, le corps tomba au sol, se libérant de la porteuse, toussant et crachant un filet de sang, il eut du mal à se relever, la plaie au ventre se résorbait lentement, le regard sombre se posa sur les deux femmes, l'une en pleurs, l'autre qui avait porté le corps. Un sourire sadique se dessina lentement sur ses lèvres, de mauvais augure, mais surtout d'une joie sadique immense.
 

 « Allons, n’enterrez pas trop vite ce corps… Il est parfait…gssh»

Pain avait enfin un corps, enfin un moyen de se déplacer et d'agir a plein temps, il était libre. Sa main vint prendre la lame et la soupeser, elle était parfaitement équilibrée, l'armure était lourde mais supportable grâce au corps développé et entraîné. Le bouclier et l'arbalète pendant dans le dos, Pain rangea l'arme et prit l'arbalète déjà armée. Il la pointa sur la frêle femme, en pleurs. Riant sadiquement

« C’est bien dommage hein ? Lui mort, je peux enfin prendre son corps et agir à ma guise, et vous serez mes premieres proies… J’espère que vous êtes du genre combatives…j’aime quand mes proies se débattent… »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : °w°
Localisation : I'm flying away
Exp : 934

Messages : 315
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 13
Grade : D
Joyau(x) : 900

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Ven 27 Déc - 2:41
C’était une bien petite procession, mais elle devait contenir autant de tristesse que celles remplies de proches du défunt. Aaku pleurait, elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle était plus triste que la griffonne, qui pourtant peinait à contenir ses larmes qui menaçaient sans s’arrêter de rouler sur ses joues. Mais cela devait cesser ! Elle était forte. Elle n’était plus effrayée par les cadavres. Elle en avait déjà tant vu, provoqué tant de morts sans ressentir la moindre culpabilité et la moindre tristesse. Cela faisait partir de sa vie après tout. La mort, un simple mot qui avait tellement de sens.
 
De ce fait, porter un cadavre, même celui d’un ami, n’avait pas été la plus dure des taches. Ce n’était pas la première fois, loin de là. Et la sensation de froid ainsi que la puanteur de la mort ne retournait pas son estomac et ne l’affectait pas. Pendant longtemps elle regardait en arrière pour surveiller que la jeune mage allait bien. Pendant longtemps elle la vit se torturer les nerfs à vouloir regarder Sven qui pendait tel un sac de patate sur son épaule. La griffonne n’avait en effet plus besoin de faire doucement avec un cadavre.
 
Le voyage semblait trop long, le soleil semblait trop chaud, trop scintillant face à la froideur du poids qu’elle portait. Les plaines s’enchainèrent, les paysages défilèrent dans l’attente de trouver un endroit approprié. Mais la griffonne ne faisait même pas attention. Elle se concentrait sur ses pas, sur sa respiration, sur son équilibre, autant physique que mental. Il ne fallait pas qu’elle hurlât, elle ne devait pas jeter le corps, dire que tout était de sa faute, qu’il n’aurait pas dû se suicider. Oui, Faörih était un peu en colère. Ce n’était que de la faute du mort, il n’avait même pas pensé à elles avant de lâchement se tuer. Néanmoins, la griffonne savait qu’il s’agissait d’une des phases du deuil, et elle essayait, avec succès, de se contenir,  d’accepter, même si c’était difficile.
 
Son regard vairon vagabondait sur la Nature. Son épaule lui faisait souffrir ; le paladin était lourd et pesait sur son épaule. La forêt ne semblait pas se terminer. Plusieurs fois elles avaient traversé des clairières, plusieurs fois elles les avaient dépassées. Mais il était temps de s’arrêter, sinon la griffonne ne le ferait jamais, elle le savait. Sa marche se stoppa d’un coup. Elle observa cette clairière. Mais tout lui paraissait morne, sans vie, triste. Elle secoua la tête, il ne fallait pas résonner comme ça !
 
-Ici ?
 
Elle hocha la tête pour la mage qui lui avait rentrée dedans sans qu’elle ne réagît pour autant. Faörih ne savait pas si c’était un bon endroit, mais c’était mieux que rien. Elle soupira. Et soudain, alors qu’elle s’apprêtait à déposer le corps, ses sens l’avertirent. Mais de quoi ? Elle ne l’avait pas tout de suite compris. Elle aurait du faire plus attention, aux faibles battements qu’elle pouvait sentir et qu’elle avait cru n’être qu’une illusion de son esprit. Pour lui faire croire qu’il y avait encore une chance, qu’il soit encore là, parmi elles. Mais c’était impossible, son âme n’était plus là, il ne pouvait pas revenir, tout simplement.
 
Et pourtant, quelque chose était revenu. Car un corps ne pouvait pas rouler de son épaule sans raison. La griffonne se figea quand elle vit le corps, par terre, gigoter pour se relever. C’était impossible, impossible, impossible.
 
Si tu ne comprends pas, acceptes, et agis.
 
Il était mort, il devait être mort ! Ce n’était pas possible. Il n’y avait pas de raison. Son âme avait disparu, elle était surement partie dans l’enfer pour s’être suicidée. Alors pourquoi ? Elle devait réfléchir, se concentrer, ne pas perdre son sang-froid. Mais son crâne lui faisait mal, elle n’arrivait pas à bouger, trop déboussolée pour comprendre.
 
 -Allons, n’enterrez pas trop vite ce corps… Il est parfait…gssh.
 
Quelque chose clochait ! Ce sourire, sa posture, son attitude…Ce corps… Ce corps ? Mais, il n’aurait jamais pu dire ça. La vérité semblait s’imposer d’elle-même, alors que l’arbalète du cadavre se pointait vers quelqu’un. Les yeux vairons se tournèrent vers la cible. Et cela ne plus pas du tout à la créature sanguinaire.
 
-C’est bien dommage hein ? Lui mort, je peux enfin prendre son corps et agir à ma guise, et vous serez mes premières proies… J’espère que vous êtes du genre combatives…j’aime quand mes proies se débattent…
 
Elle avait raison. Ce n’était pas Sven. Ce n’était plus le paladin, mais l’être qu’elle s’était jurée de tuer, au prix de n’importe quoi. Et cet être, ce monstre osait pointer une arme vers une jeune femme en pleurs. Sans défense, incapable de se battre d’elle-même. Aaku. Et à cette vue, la tristesse se mua en rage, en une colère noire qui envahit la créature. Tout, mais pas elle. Qui était la véritable proie et le véritable chasseur ? Son ennemi se trompait largement sur l’attribution des rôles.
 
-NE LA TOUCHE PAS! cria-t-elle, sa voix se muant, devenant grave et rauque. 


La colère déforma les traits de la griffonne qui sentit sa magie se libérer, sa magie de transformation. En un éclair, elle se cabra en avant, son cri de rage se mua en rugissement fébrile, des ailes déchirèrent la peau de son dos pour se déployer. Et tout changea, des poils poussèrent en une fraction de secondes, sa queue apparut, fouettant l’air rageusement. Faörih n’avait plus rien d’humain, en deux secondes, elle était revenue à son origine. Un opinicus imposant, plus grand que son adversaire, plus puissant, plus sauvage.
 
Un rugissement résonna dans la clairière, et la griffonne se mit devant Aaku, ailes dépliées, prête à bondir. Ce n’était plus Sven, c’était un être dangereux et il menaçait sa seule amie. Ses yeux foudroyaient le paladin du regard, le défiant de tirer ce carreau qui ne servirait à rien vu la distance. Derrière, la queue de la créature s’était enroulée autour la taille d’Aaku d’un geste sur-protecteur. Elle était prête à décoller, prête à esquiver ce carreau, mais surtout, prête à se battre.
 
La griffonne était le prédateur, elle pouvait le traquer et le poursuivre sur des kilomètres, elle pouvait le tuer, non sans difficulté, et ça, elle le savait. C’était pourquoi elle n’avait pas encore attaqué. Sa présence forçait la tempérance, sa posture, sa puissance, imposaient la réflexion. En effet, elle espérait plus que tout qu’il décampât, loin, là où elle n’aurait plus à massacrer le corps de son ami.
 

Tu dois toujours donner une chance. 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : Désolée
Localisation : C'est bien simple : aucune idée.
Exp : 2219

Messages : 340
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih] Dim 29 Déc - 1:50
La vie de la jeune femme défila devant ses yeux. Ces pauvres yeux écarquillés qui eux-mêmes brillaient comme la pointe du  carreau qui était prêt à venir se loger dans sa tête ou dans son cœur ; qui savait de quoi aurait été capable celui qui se trouvait face à elle si déjà il était capable de pointer son arme sur elle. Seul son souffle haletant troubla le silence durant un instant. Elle ne comprenait rien à ce qui se passait. Le visage de Sven, le corps de Sven, son armure… Ce n’était pas son regard, ce n’était pas ses gestes… La mage aurait voulu crier au secours, mais même ça, elle ne l’osa pas. Ses muscles étaient tétanisés, son cœur comme arrêté.
 
… Que… ? Que se passe-t-il… ?
 
« C’est bien dommage hein ? Lui mort, je peux enfin prendre son corps et agir à ma guise, et vous serez mes premières proies… J’espère que vous êtes du genre combatives… j’aime quand mes proies se débattent… »
 
… Qui est-il cet homme… ?
 
« Ne la touche pas ! »
 
La voix de Faörih était effrayante, même si c’était juste pour protéger la faiblarde aux cheveux blancs. Le teint d’Aaku venait de passer à une  blancheur pire que celle des cadavres. Elle avait peur ; et qu’est-ce qui pouvait bien lui garantir qu’elle serait encore en vie dans les minutes qui venaient… ? Pas même le corps de la griffonne révélé à nouveau au grand jour. Pas même ses crocs et ses griffes acérés qui, si cela ne tenait qu’à eux, auraient déjà fait du corps revenu à la vie une bouillie difforme. Les traits de la tourmentée étaient figés sur une expression d’effroi. Était-elle plus terrifiée par la créature qui tenait sa vie entre ses pattes, bien qu’elle lui offre sa confiance ? Ou par le corps qui s’était retrouvé à nouveau parmi elles par le biais de ce qui semblait être une autre âme aux intentions meurtrières ? Tout allait trop vite pour elle. Beaucoup trop vite.
 
La queue touffue de la bête serrait la taille de la mage si fort qu’elle sentait bien qu’elle aurait pu la faire décoller du sol sans aucun effort, tant cette musculature était impressionnante. La jeune femme aurait voulu lui dire de la lâcher, même si elle avait peur. Elle aurait voulu la calmer et demander au paladin ce qui lui prenait, lui sauter dans les bras et fêter peut-être celui qui était après tout quand même revenu d’entre les morts. Les mots ne se formaient pas, sa voix restait calée longtemps dans sa gorge ; elle ne pleurait pas et ses larmes restaient coincées en elle,  n’arrivaient pas à couler sur ses joues.  Ses yeux piquaient, grattaient, mais elle ne bougeait pas. Elle ne priait pas les dieux pour sortir vivante et elle aurait pu mourir, à quoi bon ; personne ne l’attendait encore nulle part.
Était-elle vraiment actrice dans cette scène, ou n’était-elle encore qu’un objet qu’on se disputait comme son rôle dans sa piètre enfance ?
 
… Pourquoi voulez-vous vous battre… ? Cette journée avait tout pour être bonne…
 
« Je ne comprends pas... Arrêtez ça toute suite… ou… »
 
Elle retint sa respiration de longues secondes. Sa vie ne valait rien pour elle ; autant s’en servir comme un simple objet si cela pouvait au moins empêcher ses seuls amis de s'entre-tuer. Sous cette forme, Faörih aurait été capable de tout si on s’attaquait à la plus frêle. Son poignard luisait à la limite de sa botte, comme pour la tenter de manière immorale. Ils ne l’écouteraient pas. Elle serait son propre otage pour sauver ceux à qui elle tenait.
Tu n’y arriverais pas, de toute façon, imbécile.
Elle laissa éclater tout ce qui bouillonnait en elle.

« … Ou je me suicide moi aussi sans aucun regret ! »
Revenir en haut Aller en bas
" Contenu sponsorisé "
Who am i !

Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Retrouvailles, rencontres et adieux... [pv: Sven Tveskoeg, Faörih Xseih]
Revenir en haut Aller en bas
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Sujets similaires

-
» [Flashback] Qui a raté ses adieux ne peut attendre grand-chose de ses retrouvailles. | Cletus & Allyria
» Des retrouvailles tragiques...
» Retrouvailles percutantes...[London]
» Fin du rp: Retrouvailles {OK}
» [TERMINE] Retrouvailles inattendues [Chase]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
[- Midgard -] :: [ Midgard ] - Terres des hommes :: Asunia :: Ruines-