avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Dévouée
Localisation : Dans vos coeurs.
Exp : 2346

Messages : 138
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Confrontation entre l'épée et le bouclier Dim 28 Avr - 9:23
« Le calme avant la tempête. »

Le soleil tombait dans l’horizon, laissant ses lumières spectrales éclairer une dernière fois la cité portuaire. Autour de l’astre solaire, les nuages s’étaient colorés dans des nuances de rose et d’orange sur un ciel d’un bleu clair serein. Une infinité de pierres précieuses semblait onduler sur l’eau, illustrant toute la richesse de la mer. Le vent, caressant les grandes voiles des bateaux sur son passage, emportait l’air marin jusqu’au cœur même d’Alcombord. Les habitations, des bâtiments plus hauts que larges faits dans une pierre blanche, avait gagnés cette clarté inhabituelle, semblant si bienveillante, illuminaient par les derniers rayons du soleil. Quelques mages en voyage s’étaient amusés à semer quelques boules de lumière, des petites sphères éphémères connues pour chasser les ténèbres et répandre une douce lueur bleutée. S’il y avait beaucoup moins de monde au marché de la place centrale, il n’en était pas moins bruyant. C’était l’heure des négociations faciles. Quand la journée touchait à sa fin, les vendeurs étaient bien moins difficiles en affaire… Au risque de rentrer chez eux avec les poches bien trop légères ! On entendait notamment un vendeur de fruits hurlait ses prix à la baisse, une dispute entre un marchand de tapis et un client manifestement mécontent résonnait à des kilomètres à la ronde, tendit qu’un vendeur de bijoux s’amusait à charmer un groupe de jeunes femmes, lesquelles riaient à cœur joie avec lui.

Au milieu de la foule, indifférent aux personnes et aux étalages se trouvant autour de lui, Söl Randell avançait en tenant sa monture par les brides, le regard rivé sur la destination que lui avaient indiqué les gardes à l’entrée de la ville. Le paladin devait s’entretenir dès ce soir avec le Commandant Corentin Eudès. Celui-ci, à l’heure actuelle, devait toujours se trouver au « Moby Dick », un grand bâtiment que le garçon en armure, d’après les hommes de garde, reconnaîtrait grâce à sa fontaine. S’il n’était pas certain de pouvoir différencier cette fontaine d’une autre, Söl se contentait de suivre les quelques indications qui disait de « traverser la place centrale puis continuer toujours tout droit ». Eliel, toujours sur le dos de Monsieur Philibert, semblait captivée par toute cette marchandise venant des quatre coins de Midgard.

Le regard du jeune homme en armure semblait éteint. Comme s’il était indifférent à toute cette agitation autour de lui, dénué de curiosité. Pas un seul instant son regard bleuté ne s’était perdu sur les étalages, pourtant particulièrement attractif de par leurs nombreuses couleurs, leurs marchandises variées et les odeurs alléchantes qui se dégageaient des différents fruits et autres préparations locales. Quelques habitants de la citée jetaient des regards mauvais quant à la croix religieuse en argent portée par le paladin Randell. S’il n’avait pas été si impressionnant et armé, son appartenance à la foi lui aurait probablement attiré des problèmes… Mais pour l'heure, personne n'osait se trouver sur le chemin de cet étranger envoyé par l'église.

Avant de quitter la place centrale, Söl s’était arrêté un instant pour acheter quelques pommes vertes et un petit sachet contenant différents biscuits, parfumés au miel, aux graines de sésame ou encore aux noisettes. Il offrit le tout à sa petite protégée, lui adressant un doux sourire. Refusant de manger quoi que ce soit, il avait cependant insisté pour que la jeune femme se régale des petits biscuits. Si le garçon en armure avait une faim de loup, il avait pris pour habitude de se priver, triste souvenir d’un entrainement encore gravé au fer rouge sur sa peau de guerrier. Il se contenterait de pain dur après sa rencontre avec le commandant Eudès. La place du marché et toute son agitation derrière-eux, le guerrier saint et la jeune archer traversaient à présent « l’allée des gourmands » qui, était censée déboucher sur le « Moby Dick ». Quelques petits magasins se trouvaient sur leur chemin et leurs commerçants étaient encore en plein travail, rangeant les petits étalages qu’ils avaient dressés pour la journée, de sorte à attirer d’avantage de clients.

- « Oh mais que vois-je ?! Ne serait-ce pas un preux chevalier ?! » Les interpella une vieille femme portant un tablier taché, tout sourire.

Le pavé recouvrant le sol de toute la ville dessinait ci-et-là des silhouettes rappelant certains poissons ou mammifères marins populaires. Söl Randell l’avait découvert en baissant les yeux face à la commerçante, un peu vexé de son étourderie.

- « Je suis paladin… » Corrigea Söl en portant une main à sa nuque.

- « Ah… Il y en a encore ? » Lança innocemment la femme, réellement surprise. – « Quoi qu’il en soit, laissez-vous tenter ! Goûtez donc ! C’est cadeau ! »

Elle tendit au guerrier saint une jolie petite boite déjà entrouverte, laquelle présentait des petits chocolats sur un fond de papier doré brillant. Ils dégageaient un délicieux parfum de cacao. Faisant barrière avec ses mains gantées d'acier, Söl Randell avait reculé d'un pas, un sourire gêné dessiné sur son visage.

- « Je suis désolé ! C’est très gentil de votre part mais, je n’en ai pas besoin… »

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Dim 5 Mai - 2:02
Une première impression sur Alcombord ? GIGANTESQUE ! C'était de loin la plus grande étendue d'eau qu'Eliel n'ait jamais vue qui s'étendait face à eux. Elle offrait d'ailleurs grâce à la lumière du soleil une impression d'être du "feu liquide", l'eau devait être chaude de plus cela semblait si vaste, il devait y avoir tant de poisson dans ces eaux. D'autant que le port laissait supposer que d'autres villes, après l'horizon, devaient avoir le même bassin pour rivages. Les bateaux, c'était également la première fois qu'elle en voyait, et y en avait tellement et de toutes tailles. Ces habitations, à l'architecture si différente de celles de Lumïa étaient d'après elle vraiment magnifiques, elles donnaient l'impression de fraicheur. Et tous ces commerces ! Même de là d'où elle venait on ne voyait autant de marchands les jours de marchés.

Alcombord était définitivement un lieu plein de découvertes à faire pour Eliel, un tas de choses à voir ou à faire lui traversaient l'esprit. Elle voulait :
- visiter ces marchés
- grimper sur les toits de ces maisons
- voir le port et ses navires de plus près,
Mais surtout, elle voulait se baigner dans cet immense lac !

Eliel sautillait d'impatience et de joie, à présent debout sur Monsieur Philibert. Son regard était aussi pétillant que celui d'un enfant, même si elle en était encore une après tout. Elle aurait tant aimé énumérer à son ami Paladin la liste des choses qu'elle aurait souhaité faire, cependant lui avait une mission ici, et n'avait peut-être pas le temps de faire la moindre activité…

Leur marche s'était arrêtée devant un étalage, le temps de prendre quelques victuailles. L'archer avait tenté de proposer un peu de son argent pour l'achat de pommes, elle souhaitait en destiner quelques unes au shire blanc mais Söl refusa son argent et lui offrit des gâteaux.

- "Mais tu n'en veux pas ?" Demanda-t-elle en le voyant déjà bouger négativement la tête. L'avait-il au moins écouté ? Elle savait que dans le fond il avait faim… "Désolée Philibert." Ajouta-t-elle.

En tous cas, ces gateaux sentaient très bon, surtout ceux au miel, dont elle reconnaissait cette douce odeur qu'elle aimait tant, il n'avait pas pu deviner que le miel était sa gourmandise. Un coup de chance, pensa-t-elle alors qu'ils reprenaient leur route mais cela fut bref avant qu'une dame d'apparence très chaleureuse ne les aborde en appelant Söl "preux chevalier". Preux çà oui, mais Chevalier, pas tout à fait. Elle se fit d'ailleurs corriger.

- " Je suis paladin… " Répondit-il avec une certaine gêne.

La dame cacha quelque peut sa surprise, revenant à son idée de base, leur proposer quelques friandises qu'elle tenait dans une ravissante petite boîte. Ces denrées étaient de toutes formes, et finement décorées pour parraitre plus appétissantes. Söl refusa mais l'archer se pencha lui, soufflant :

- "On risque de la vexer si on passe notre chemin sans y goûter…"

En plus cela lui rappelait une leçon qu'on fait souvent aux enfants quand ils prétendent ne pas aimer quelque chose de nouveau… La jeune fille descendit de Monsieur Philibert et piocha deux de ces gourmandises dans la boîte, tout en poussant un timide :

- "Merci, c'est très généreux de votre part."

Elle en distribua un pour le Paladin, celui-ci manqua d'ailleurs presque de faire tomber sa part de ses gantelets, à son soupire soulagé on aurait dit qu'il venait de sauvé la vie d'un petit être innocent d'une chute mortelle.
Cela lui semblait être ce qu'on appelle "chocolat". A Lumïa les habitants ayant les moyens de s'en acheter semblaient en raffoler, d'après ses souvenirs. C'était dur, et l'odeur ne lui évoquait rien qu'elle ne connaisse déjà, contrairement aux biscuits, quant au goût, cela restait à découvrir. Tenant la bouchée devant elle, elle regardait Söl en attendant qu'il fasse comme elle.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Dévouée
Localisation : Dans vos coeurs.
Exp : 2346

Messages : 138
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Lun 20 Mai - 3:56
Söl Randell se trouvait dans une situation délicate. Ses yeux bleus allaient de la tendre frimousse de l’archer aux chocolats puis, des friandises cacaotées au visage aimable de la vielle femme. Il se sentait comme pris au piège. Le jeune homme d’Asunia ne souhaitait pas se montrer impoli au prêt de l’habitante d’Alcombord et, il faut avouer que le visage curieux et souriant de la petite Eliel ne l’aidait pas à se montrer récalcitrant. Quand la demoiselle déposa un morceau de chocolat dans sa paume gantelée, le paladin soupira, s’avouant finalement vaincu. Söl porta le chocolat à ses lèvres, le croqua à plusieurs reprises avant de le laisser fondre sur sa langue puis, de l’avaler. Furtivement, le bout de sa langue était passé sur sa lèvre supérieure, en disant long sur ce qu’il pensait de cette fameuse friandise. Son regard, d’ordinaire si paisible et doux s’était subitement laissé emporter par une émotion nouvelle, qui jusque-là lui était inconnue ; la gourmandise.

- « Je… Vous achète tout. » Déclara-t-il, les joues rouges et le regard pointé à terre.
- « Tout ? » Répéta la vieille dame, le regard écarquillé et un large sourire commercial aux lèvres.
- « Oui, tout. » Confirma le jeune homme en souriant timidement, une main à la nuque.

C’est avec une dizaine de boite de chocolats accrochées à la selle de son cheval que Söl continua sa progression dans la capitale marchande. Si Eliel semblait amusée des mésaventures du guerrier saint face à la gourmandise, le paladin quant à lui, en était très troublé.

- « Je suis si faible… »
Soupira-t-il, la tête basse, à l’intention de son amie. – « Même si c’est divinement bon, ce n’est pas quelque chose dont on ne peut se passer… » Se lamenta le jeune homme.

C’est en arrivant à destination que le paladin s’était ressaisi, comprenant à présent pourquoi le garde de la cité portuaire lui avait dit qu’il reconnaitrait le bâtiment par sa fontaine… En effet, il était impossible de se tromper. Le « Moby Dick » était un immense bâtiment en marbre blanc, dont l’apparence évoquée celle d’une baleine et, à son sommet, une impressionnante fontaine, illuminée par des lueurs bleuâtres, venait déverser son eau sur les côtés de l’édifice avant de la laisser rejoindre un petit bassin entourant l’étrange mammifère marin. Söl, un garçon simple vivant de choses simples, était resté consterné face à cette architecture tape à l’œil et ô combien inutile…

- « Je crois deviner que nous sommes arrivé. »
Déclara-t-il en se tournant vers Eliel.

Plusieurs gardes escortaient le paladin et l’archer à travers les vastes couloirs du « Moby Dick » et, il était dur pour Söl de constater que l’intérieur du bâtiment n’était pas mieux que l’extérieur… De larges tableaux représentant des figures célèbres d’Alcombord, ainsi que diverses scènes où des hommes affrontaient des monstres marins en mer, recouvraient les murs décorés et, environs tous les dix mètres – Söl avait approximativement compté -, de larges statuts d’Hippocampes étaient dressées contre les murs. En levant les yeux, le jeune homme en armure avait aussi remarqué les fresques peintes sur le plafond, représentant la mer et ses curieux habitants à branchies… Lui qui trouvait parfois les décorations de l’église un peu trop envahissantes… Tout en avançant, le guerrier saint avait adressé un sourire rassurant à son amie, laquelle n’avait probablement pas l’habitude d’être dans ce genre d’endroit. Enfin, le petit groupe s’était arrêté devant d’immenses portes, sur lesquelles le Léviathan lui-même était représenté au milieu d’une tempête.

- « Cette sauva… » Commença l’un des hommes d’Alcombord avant que le regard, à présent glacial, du paladin ne se braque sur lui. - « Elle ne peut pas venir. » Se reprit-il sans pâlir, marin qu’il était.

Si on ne jugeait que les regards tristes que s’échangèrent Eliel et Söl, on aurait pu croire qu’on les obligeait à se faire des adieux définitifs.

- « Je reviens vite. Attends-moi. »
Murmura Söl Randell, ses tristes yeux bleus dans ceux noisette de l’archer.

Puis, abandonnant sa douce protégée, le paladin était entré dans ce qui était la salle de réunion du « Moby Dick ». Le Commandant Corentin Eudès était un homme dans la trentaine, commerçant avant d’être marin, il était connu pour son esprit brillant et sa capacité à toujours mener les choses à sa façon, quoi qu’on puisse en dire. La pièce dans laquelle venait de pénétrer le jeune homme aux cheveux blonds comme le blé était vaste et tout aussi richement décoré que le reste de l'édifice. Au bout de la grande table en marbre occupant le centre de la salle, le Commandant était debout, dos à son siège et au guerrier en armure qui venait d'entrer.

- « Je me disais bien que Asunia finirait par sortir les grands moyens. » S’amusa Corentin Eudès sans se retourner.

- « Paladin Söl Randell d’Asunia. »
S’annonça le jeune homme blond en s’inclinant respectueusement.

- « Commandant Corentin Eudès, comme vous vous en doutez. Que me vaut l’honneur de la visite d’un paladin ? »


- « L’église m’a confiée comme honneur la mission de ramener le renégat Seyren Windsor en vie à Asunia afin qu'il puisse y être jugé celons nos lois et coutumes. »


- « Ah… Voici qui va être délicat. » Soupira Corentin Eudès en portant une main dans ses cheveux bruns. – « J’ai déjà donné des directives à mes hommes concernant le renégat. »

- « Vous voulez tuer le Windsor ? »
S’étonna le paladin en serrant les poings.

- « Sa mise à mort, et celle de son compagnon, est une possibilité que je n’écarte pas. Je ne vois pas d’autre solution, à vrai dire. Seyren Windsor ne se rendra pas et, je sais à quel point cet homme est dangereux. Il doit être neutralisé et ce, le plus vite possible. Je ne peux pas risquer la vie de mes hommes et des habitants d'Alcombord pour faire plaisir à Asunia, à l’église ou au premier paladin venu. »


Söl Randell baissa la tête. Il comprenait mieux que quiconque l’importance de protéger les vies innocentes.

- « Combien de personnes a-t-il tué ? »
Demanda-t-il d'une voix absente.

- « Aucune. »
Rétorqua le marin après un bref instant de silence, comme hésitant. Corentin Eudès s'était lentement retourné, faisant à présent face au guerrier envoyé par l'église d'Asunia.

Le paladin n'avait pas caché son soulagement, soupirant, les paupières closes. Le Commandant Corentin Eudès à donné pour ordre d’abattre un seigneur chevalier juste par simple précaution ? Aussi dangereux que puisse être Seyren Windsor, il n’est encore coupable d’aucun crime impardonnable et de ce fait, la mort est une sentence inappropriée et, un lourd péché pour qui la commanditerait. Après sa courte réflexion, Söl Randell avait braqué son regard dans celui du dirigeant de la cité marchande. Les deux hommes se faisaient face, comme s'ils s'apprêtaient à se livrer en duel.

- « Les Windsor sont des héros nés pour protéger le monde des hommes. Ils ont la bénédiction des Dieux. Si vous parvenez à faire tomber ce Windsor, Midgard finirait par en souffrir d'une façon ou d'une autre. » La voix du paladin était à présent percutante et glaciale.

- « Sans vouloir vous offenser, mon cher ami, les Dieux ne nous aident pas en ce moment même. Que la fin du monde soit proche ou non, nous sommes seuls, misérables petits humains, face à notre cruel destin. Si Seyren Windsor a raison et que les légendes sont vraies, sa mise à mort sera certainement une erreur qui nous coûtera cher. Mais, je suis prêt à prendre ce risque. Pour Alcombord. »
Répliqua le Commandant Eudès Corentin avec détachement.

- « Si les Dieux ne vous aident pas alors… Pourquoi suis-je ici ? »
Murmura le paladin, suffisamment assez fort pour être entendu par son interlocuteur.

- « Cette discussion est terminée, Paladin Randell. »
Déclara le dirigeant de la cité portuaire, sentant que la tension n'avait déjà que trop grimpée. – « Je remercie l’église d’avoir envoyé l’un de ses précieux guerriers saints mais, nous maitrisons la situation ici, à Alcombord. Je vous demanderai de ne pas intervenir mais, de rester dans le coin au cas où… Parait-il que les paladins savent utiliser une magie de guérison, vous pourrez toujours être un peu utile. » Acheva le marin sur un ton horriblement moqueur.

- « Personne ne mourra. »
Termina Söl avec défi avant de quitter la pièce, laissant les gardes refermer les larges portes derrière-lui.

Silencieux et sombre, il était passé devant Eliel sans lui accorder le moindre regard, lui faisant juste un petit signe de tête, comme pour lui indiquer de le suivre. Durant tout le trajet menant à la sortie du « Moby Dick », le paladin n'avait pas dit un seul mot. Ses poings étaient si serrés qu'on entendait grincer le métal de ses gantelets ; quant à son regard, il était resté aussi glacial que les contrées enneigés d'Utguard. La petite archer devait aisément avoir comprise que la discussion ne s'était pas déroulée comme Söl Randell l'avait prévue, que son importante mission était compromise.

- « Ne voulais-tu pas voir la mer, Eliel ? Il fait nuit à présent mais, elle n’en sera que plus belle. » Proposa Söl, de sa voix de velours, une fois dehors.

Son visage était de nouveau paisible, son regard bleu comparable à un ciel d'été et son tendre sourire retrouvés. C'était comme si, il ne lui avait fallu qu'un simple geste de la main pour chasser toute trace de colère et de frustration en son cœur. Söl Randell était définitivement un homme simple mais, ô combien compliqué…
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Jeu 23 Mai - 9:31
C'était donc çà ce fameux chocolat tant apprécié par les habitants de Lumïa ? Agressif, légèrement acide si ce n'est amer, le tout essayant de se dissimuler derrière une saveur sucrée et de croquants éclats de noisette. Les yeux fermés, Eliel appréciait cette découverte gustative particulière, complexe, et unique en goût, tout comme dans sa texture, dure à l'extérieure, mais au cœur tendre… Comme son ami Söl Randell, quand on le connait mieux. Pensa-t-elle en ouvrants ses paupières, avalant ce qu'elle avait encore sur langue.
Et quelle ne fut pas sa surprise en découvrant son ami avec des yeux tout écarquillés et scintillants. Pas de doute, cela était dû au chocolat, et l'expression heureuse de Söl, ses lèvres se serrées et sceller sa bouche afin que la saveur ne s'en échappe pas le temps que toute la friandise soit avalée. Il avait cette expression caractéristique qu'on ne fait que lorsque l'on a les papilles en éveil. Eliel se souvenait cet instant quand elle avait goûté la toute première fois à un bonbon au miel, cette sensation exquise, où elle s'était laissé aller à l'innocence de la gourmandise…

- " Je… Vous achète tout. " Prononça Söl avec cette honte significative du péché accomplit. Tout comme elle à ce même cap de leur vie, il en demandait encore.

Ils quittèrent L'allée des gourmands avec au moins plusieurs kilos de chocolat en boîte chargés sur Monsieur Philibert. Le jeune homme blond ne semblait pas pouvoir expliquer cet achat impulsif, cela le travaillait et Eliel mieux que le voir, pouvait le ressentir. Ce devait donc être soit la première fois qu'il mangeait du chocolat, soit le meilleur qu'il n'ait jamais goûté jusqu'à ce soir. Cette dame semblait d'ailleurs tellement sûre d'elle en leur proposant cette dégustation gratuite...

- " Je suis si faible…" Poussa-t-il comme si il venait de perdre un combat contre un chaton. Il n'y avait pourtant pas matière à humiliation. "Même si c’est divinement bon, ce n’est pas quelque chose dont on ne peut se passer… "

- "Vous savez messire Randell, je n'ai encore rien dis à propos de vos précédents achats, mais le miel est mon péché-mignon… La première fois que j'en ai mangé, j'en ai tout de suite raffolé. Aujourd'hui encore dès que je peux en récolter un petit peu, je m'y risque…" Et même si elle ne précisait pas "où" elle obtenait son miel, c'était bien pour ne pas effrayer son ami en lui disant que la gourmandise la poussait à mettre ses mains dans des ruches.


Ils arrivèrent sur une place joliment pavée de blanc et de bleu, décorée d'une fontaine en son centre ; face à une construction particulièrement excentrique, au point que la changeling s'était mise à éprouver une crainte inexplicable pour ce poisson géant artificiel. Et comme elle le redoutait, Söl confirma que c'était là le lieu qu'il cherchait. Une chose aussi monstrueuse ? Elle était parfaitement capable de s'animer et dévorer tous les humains alentours ! L'archer comptait exprimer son désir de ne pas mettre les pieds à l'intérieur quand deux hommes armés et en armure légères vinrent les cueillir, puis les escorter vers la bouche dentelée du poisson géant. La jeune fille adressa alors un regard remplit d'anxiété à Monsieur Philibert, interdit de rentrer dans n'importe quel bâtiment, pour la simple cause d'être un "animal". Il n'y avait plus que à Söl à qui elle pouvait se serrer afin de se sentir un peu plus en sécurité dans le ventre de la bête. Et dedans était encore pire que dehors, ça transpirait la même excentricité que la Mairie de Lumïa, du sol au plafond, toute chose ici vomissait le luxe, l'arrogance et cette même indifférence aux plus démunis du peuple. Des fresques, des tapisseries, des peintures et des sculptures représentaient des poissons aussi colorés que des papillons, et des créatures aux proportions étranges qu'Eliel n'avait jamais vues. Cela ressemblait à un cauchemar mais en bien plus coloré, et cette décoration abusive n'aidait en rien la changeling, claustrophobe. Elle n'avait rien à faire ici, et aurait dû rester avec le shire blanc dehors plutôt que suivre le Paladin dans les entrailles de cette bâtisse monstrueuse.

- "J-je veux sortir…" Gémit-elle en attrapant le bras libre de Söl sans exercer la moindre pression, et même si cela avait été le cas, le métal était là.

Un gémissement si bas et timide qu'il n'avait dû entendre, mais auquel il répondit d'un sourire bienveillant. Ce n'était pas vraiment ce qu'avait espéré Eliel, elle n'oserait cependant pas se répéter. Être gênante serait pire pour elle que de se retrouver seule dans ces couloirs interminables et surchargés. Du moins elle ne tarda pas à regretter cette pensée lorsque leur marche s'arrêta devant le pire monstre de ces lieux, visiblement furieux. Revenant à côté du Paladin, Eliel était à présent plus curieuse de savoir ce qui les attendaient derrière ces portes qu'effrayée par le Léviathan sculpté sous forme de bas reliefs sur celles-ci.

- " Cette sauva… " Commença un garde de la porte sans terminer le mot commencé pour changer sa phrase. " Elle ne peut pas venir. "

Et même si cela fut bref, l'offense était faite envers l'archer, tellement habituée à entendre ces paroles blessantes partout où elle allait. Alcombord était seulement une belle ville alors ? Ses représentants ne valaient donc pas mieux que ceux de Lumïa ? ... Enfin, après Monsieur Philibert, on la séparait à présent de son dernier compagnon. Son cœur fragile s'en voyait déchiré de ces au revoirs, même brefs. Ses yeux en disaient long sur le bouleversement causé par la moindre absence de son ami.
Les portes s'ouvrirent, aspirant Söl Randell tandis que Eliel tendait les bras pour le retenir au près d'elle. Son ami lui échappa, disparaissant dans cette pièce inaccessible, emprisonné. Et à cause de la présence de ces deux gardes froids elle n'osait venir contre la porte pour écouter et attendre les vibrations signifiant l'éloignement ou le retour du guerrier saint.



- "Qu'est-ce qui vous permet de dire que je suis une sauvage ?" Gronda l'archer au garde qui s'était précédemment adressé à Söl. "C'est parce que mes chaussures me font mal aux pieds et que je ne les porte donc pas ? Ou que je n'ai pas d'assez beaux cheveux ? Mes vêtements ne sont pas à la mode de Alcombord non plus ?!" Serrant ses poings, élevant ses épaules et se dressant sur la plante des pieds, tel une enfant en colère, Eliel pointa sévèrement son index sur l'homme. "Apprenez donc que les plus délicates fleurs de lotus poussent dans la plus insalubre des vase !"

Sans mot dire et comme d'une pensée complice, les deux gardes se tournèrent l'un vers l'autre. Le premier, n'ayant rien dit retenait un éclat situé entre le rire nerveux et la moquerie tandis que son camarade, confus, reposa son regard sur la gamine qui le toisait avec une audace qui ne lui ressemblait pas.
Il était impossible et impardonnable pour la jeune archer qu'un simple marin ne détruise à lui seul toutes les bonnes impressions qu'Alcombord lui avait laissé. Oubliant sa peur de la décoration oppressante des lieux, sa claustrophobie et l'absence de ses compagnons, elle avait prit la décision que cet homme hautin s'excuserait de l'avoir insultée. Elle savait pourtant ô combien la mentalité des adultes pouvait être fermée à toute forme de morale.

- "Alors c'est comme çà. Vous n'avez pas le moindre égard pour les jeunes femmes ? Vous les jugez sans les connaître et profitez de votre statut pour salir leur honneur en toute impunité."

Hélas même ces paroles réfléchies n'avaient aucun effet sur ce garde. Son ami s'était au moins calmé, mais cela était certainement dû au suspense de cet affrontement. Si Eliel voulait adoucir ce marin, il lui faudrait donc lui sortir le grand jeu. Celui auquel tous les adultes succombent lorsque cela vient d'un enfant. Elle se mit alors à renifler en baissant la tête.

- "S'il vous plait Monsieur… vous pourriez être un peu plus gentil avec moi, je ne vous ai rien fais pour mériter ça…" Relevant furtivement la tête elle eut la désillusion de constater que MÊME cette technique là ne fonctionnait pas. Cela la révolta. "Vous ne valez finalement pas mieux que les soldats de Lumïa !"

Au regard à présent méprisant des deux hommes, la changeling affolée recula d'un pas en ramenant ses bras tremblants contre sa poitrine dans un réflexe défensif. Son petit cœur s'agitait, à cette sensation qu'un mal allait lui arriver si elle ne retirait pas rapidement ces mots. Alcombord ne devait pas non plus tenir Lumïa en grande estime…

- "P…pardon…" Souffla-t-elle tout bas.

La jeune fille bouleversée releva lentement la tête vers les deux gardes. Ses grands yeux noisette larmoyants étaient remplis de mélancolie, demandant le pardon. Ses pupilles étrangement dilatées et vacillantes rappelaient ces yeux qu'ont les animaux blessés ou terrifiés.
Ce regard attendrissant fit reculer les deux gardes jusqu'à ce que leur dos ne touche la porte au monstre. Leur froideur en fut même ébranlée. Ils s'échangèrent encore un regard quand :

- "Mes excuses…" Prononça enfin le marin en détournant son regard d'elle, les lèvres boudeuses.

Quoi ?! Après tant de lutte avec des mots, il avait suffit qu'elle prenne l'air d'un chaton sournois afin d'amadouer des adultes ? Ces chats, quels génies maléfiques ! Avec une technique pareille l'archer se sentait bien moins faible à présent, elle venait de découvrir une arme redoutable… Dont l'efficacité restait tout de même encore à vérifiée…

Le silence était revenu lorsque les grandes portes du Léviathan s'ouvrirent enfin, libérant un Söl Randell visiblement très contrarié. Eliel en fut profondément surprise, elle ne l'avait encore jamais vu ainsi, lui qui était si souriant et serein depuis leur rencontre… Il y avait forcément une raison à cela, mais hélas cela ne la regardait pas, du moins c'est que le Paladin dirait si elle lui demandait des explications. Sur le chemin de la sortie le silence et la tension pesaient à la changeling, tout de même satisfaite de quitter enfin le ventre de ce monstre. Mais à peine la porte d'entrée franchie que la sérénité de son ami fut de retour. C'était ce bâtiment qui rendait donc tout le monde en énervé et obscène ?

- " Ne voulais-tu pas voir la mer, Eliel ? Il fait nuit à présent mais, elle n’en sera que plus belle. " Demanda Söl de sa voix douce, telle qu'Eliel le connaissait.

- "La mère ? Mais la mère de qui ? … Moi je veux aller voir ce lac !" S'écriant cela, l'archer sautilla jusqu'à Monsieur Philibert, attrapant ses brides. "J'ai tellement envie de voir le port aussi ! J'aimerai faire tellement de choses à vrai dire… On n'aura jamais le temps, alors dépêchons Messire !"

Joyeuse, la jeune fille avait entrainé avec elle le grand shire blanc, visiblement disposé à trotter avec elle dans les rues venant tout juste d'êtres illuminées.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Dévouée
Localisation : Dans vos coeurs.
Exp : 2346

Messages : 138
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Dim 2 Juin - 6:21
Le voile nocturne était tombé sur Alcombord, plongeant la ville dans une douce atmosphère coloriée d’un profond bleu marin. Les places et les rues étaient à présent presque vides, laissant les petites mélodies de l’eau s’écoulant des nombreuses fontaines, disposées un peu partout dans la cité, venir caresser les oreilles du paladin et de l'archer. Quelques boules de lumière égarées venaient ajouter des lueurs d’un bleu vif au tableau, tandis que des roches magiques illuminaient les lampadaires et leurs environs de faibles lumières violette. Une brise fraîche et salée se répandait dans les allées comme l’écho d’un appel ; une invitation qu’aucun marin ne serait ignorer : l’appel du grand large.

Devant l’enthousiasme et l’ignorance de la demoiselle, le jeune homme aux cheveux blonds avait dissimulé un ricanement en portant ses doigts gantés à ses lèvres. Cela n’avait absolument rien de moqueur, Söl était juste amusé par la curiosité innocente, mais si énergique, de son amie de Lumïa. De sa voix douce, les paupières closes, le paladin tenta d’apporter quelques éclaircissements.

- « Cet immense lac en question, s’appelle la mer ou, l'océan. C’est un tout autre monde, aussi grand que le nôtre, qui se trouve dans les profondeurs marines. Les créatures et poissons représentés un peu partout dans la citée sont inspirés des habitants et des légendes de cet autre monde. Le bon peuple d’Alcombord est très proche de la mer. »

Alors que le guerrier saint prononçait ses dernières phrases avec sagesse, ouvrant à nouveau ses magnifiques yeux bleu, il remarqua tristement qu’Eliel et son cheval avaient déjà entreprit leur fameuse visite de la cité portuaire, l’abandonnant un peu plus loin, derrière-eux… C’est un peu gêné et à la traine que Söl avait pressé le pas pour les rattraper.

- « J'ai tellement envie de voir le port aussi ! J'aimerai faire tellement de choses à vrai dire… On n'aura jamais le temps, alors dépêchons Messire ! » S’exclama la jeune femme en tirant Monsieur Philibert par les brides, comme s’il s’agissait d’un chien promené en laisse.

Même s’il avait proposé à Eliel de voir la mer, le paladin n’était pas vraiment ici pour servir de guide touristique… Et puis, cela faisait si longtemps qu’il n’était pas venu à Alcombord, que tout lui était à présent étranger. Malheureusement pour le jeune homme en armure, il ignorait comment dire « non » au visage si tendre et émerveillé de la jeune archer… Söl Randell craignait sincèrement briser le sourire d’Eliel en lui rappelant l’objectif de sa venue dans la capitale marchande. Alors que le regard noisette de la petite femme s’était posé sur lui, pétillant à l’idée d’explorer les environs, le paladin avait perdu toute objection quant à la promenade nocturne qui s’annonçait…

- « Commençons par la plage puis, nous irons là où bon te semblera... » Murmura-t-il dans un petit sourire, vaincu.

Si Alcombord avait bien changé, autant dans ses architectures, sa maitrise des sciences de la magie, ainsi que dans son économie qui semblait fleurir chaque jour, il y avait certaines choses que les Hommes ne pourraient jamais changer. Utilisant plus sa logique que ses souvenirs, Söl n’avait pas tardé à quitter le centre-ville en compagnie de sa monture et de la jeune fille, rejoignant la cote et, inévitablement, la plage… On aurait pu confondre la réalité avec un rêve.Tout semblait si irréaliste, à tel point, que le paladin avait l’impression de voir la mer pour la toute première fois. Dans un décor profondément bleu, l’océan et le ciel semblaient s’épouser, limitant leur infinité que par l’étendue de horizon, illuminés en leur cœur par les éclats argentés de l’astre lunaire. Le vent était plus brusque mais, n’enlevait rien à toute la magie de l’instant présent. Prenant les brides de son grand cheval blanc pour les attacher à un pilier de bois, l'air un peu absent, Söl Randell avait fait un petit signe de tête à Eliel, l’encourageant à s’avancer sur la plage.

- « Je t’attends ici, le sable, l’eau salé et le métal ne s’entendent pas vraiment… »

Laissant la jeune demoiselle découvrir la sensation agréable du sable fin sous les pieds, écouter le déferlement des vagues sur la plage, admirer la déesse lunaire se refléter en fragments de diamants sur l’étendue semblant infinie de l’océan, le paladin, resté en retrait, avait posé un genou à terre. Joignant ses mains, Söl Randell avait fermé les yeux, accordant aux Ases une longue et silencieuse prière.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Joueuse
Localisation : Partout à la fois...
Exp : 3185

Messages : 1003
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Lun 10 Juin - 5:17
Le soleil venait à peine de pointer à l’horizon que d’ores et déjà, la cité marchande était en mouvement. Au port, des hommes déchargeaient des caisses de marchandises venant des quatre coins de Midgard, importées par des bateaux aussi différents et prodigieux les uns que les autres. Ceux de Jade étaient particulièrement incroyables. Non seulement car ils étaient richement décorés de couleur chaudes mais aussi, car ils possédaient d’immenses voiles d’un rouge flamboyant. Ses dernières années, c’étaient les rares et prestigieuses épices provenant de cette citée lointaine qui faisaient fureur au prêt des marchands d’Alcombord : on se les arrachés, tout simplement. J’avais entendu dire que certains mélanges pouvaient être troqués contre une poignée de pierres précieuses… Rien que ça ! Néanmoins, pour un œil expert à la guerre, c’était le navire du commandant Corentin Eudès qui attirait toute l’attention. Au milieu des autres bateaux, il semblait être un roi au milieu de ses sujets. Ce grand navire blanc était entièrement dédié à la guerre, comme ses soixante-deux canons pouvaient l’indiqués, réputé pour avoir fait couler plus de navires pirate à lui-seul que tout le reste de la flotte d’Alcombord réunie. Mieux valait affronter Corentin Eudès sur terre, que sur mer…

Gilford et moi-même, dissimulés sous de longue cape, avions choisi de hanter le port pour la simple et bonne raison que la concentration de la garde d’Alcombord se trouvait principalement aux sorties de la ville, ainsi que dans les lieux les plus fréquentés, comme la grande place du marché par exemple. Néanmoins, ils recherchaient deux hommes, dont un renégat au visage très célèbre et accessoirement, approvisionnant les deux mètres de haut… Même la face cachée, je ne pouvais que difficilement passer inaperçu, géant parmi les hommes. Une chance encore que Gilford Howling soit totalement inconnu aux yeux de la cité portuaire, semblable à n’importe quel sans-le-sou ambulant. L’un de nous pouvait encore se déplacer librement dans Alcombord sans attirer tous les chiens de ce coquin de Corentin Eudès à ses trousses. C’est pour cette raison qu’une fois de plus, nous avions conclu que la meilleure chose à faire était de se séparer. Howling irait donc cueillir des informations au cœur de la capitale marchande, pendant que je tacherai de me faire discret tout en enquêtant de mon côté. Le démon l’avait annoncé : Alcombord allait être détruite et ce, pas plus tard que demain.

- « Procures-toi de quoi fabriquer plusieurs bombes et, de quoi soulever un nuage de fumé. Cela pourrait être utile si on doit mener une courageuse retraite. Et, par pitié, mange quelque chose ! T’es tellement maigre qu’on a l’impression que je te pique toute ta nourriture ! » Lançai-je dans un soupir.

Je venais de demander, avec certes une pointe d'humour, quelque chose d’assez délicat à mon compagnon et ami… Et non, ça n’avait rien à voir avec son alimentation ! Les alchimistes avaient bon être des génies, ils recherchaient plus la maitrise de la mécanique, de la science, à mettre un pied dans le jardin des Créateurs, qu'à fabriquer des explosifs. Si un jour je venais à utiliser les créations d'Howling pour ôter la vie d’êtres-humains, que ce soit pour la bonne cause ou non, j’étais certain que Gilford ne s’en remettrait pas… Soupirant, j’avais laissé mon regard émeraude se
perdre dans la contemplation de la mer. Malheureusement pour moi, mes
pensées s'y noyèrent... J'avais l'impression cruelle de le trahir avant l'heure, bien qu'une fois encore, je sous-estimai le potentiel intellectuel du jeune homme aux étranges lunettes. Peut-être, avait-il déjà conscience de jusqu'où pouvait le mener cette quête de l'objet divin.

- « Nous ne savons pas encore ce que nous allons affronter. Si Loki lui-même a annoncé la destruction de la ville pour demain, c’est qu’il estime ne pas pouvoir faire face à cette mystérieuse menace. Ou alors, qu’il n’a tout simplement pas envie de se froisser les plumes, va savoir… Quoi qu’il en soit, nous devons être prêts à affronter tout type d’ennemis et toutes situations. »

J’espérai que le jeune homme comprenne que dans l’état actuel des choses, nous étions dans une dangereuse position d’infériorité. Je devais, coûte que coûte, acquérir une grande puissance. Un Windsor était peut-être prédestiné à la victoire mais, fallait-il encore qu’il s’en donne les moyens… Quelques mouettes venaient de repérer des restes de poissons non loin de notre position et, à leurs cris bruyants et agaçants, j'avais décidé qu'il était grand temps de mettre fin à cette conversation.

- « Une dernière chose, ne te fais pas prendre. Surtout si tu as de quoi faire sauter toute la ville sur toi… Je doute fort que tu es le droit à un procès… Si tu vois ce que je veux dire. Retrouvons-nous dans une ou deux heures à la fontaine à l’ouest de la place centrale, celle représentant des sirènes coquines. »


Ou juste des sirènes. Enfin, qu’importe.

- « Hey ! Gilford ! Fais attention à toi ! » Hurlai-je en lui faisant un signe de la main, alors que le jeune scientifique s’éloignait.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Aventureuse
Exp : 2261

Messages : 48
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Mer 12 Juin - 6:53
Drapés chacun dans une longue toile sombre, Seyren et Gilford arpentaient l'un des innombrables quais de la grande cité portuaire d'Alcombord. Gil ne reconnaissait rien du lieu où il avait débarqué quelques jours plus tôt (quelques jours à peine ? On aurait juré que cela faisait une éternité) de la corvette de son camarade pirate, et à juste titre. Ils devaient se trouver beaucoup à l'est de son point de débarquement. Alcombord donnant sur l'océan dans toute sa largeur, la superficie de son port devait facilement excéder celle du quartier dans lequel le jeune alchimiste avait grandi. Ce facteur géographique, ainsi qu'une matinée naissante, permirent à Gilford d'assister à un spectacle très différent de l'activité portuaire de début d'après-midi. Tant d’effervescence sur les docks ! Tant de bras puissants affairés à décharger des marchandises ! Tant de bâtiments différents ! La curiosité naturelle de Gil s'en donnait à cœur joie. Les capitaines éructaient des ordres qui se résumaient le plus souvent à quelques syllabes. Les matelots exécutaient, non sans marmonner quelques bribes de mots dans leur barbe (dont la qualité était d'ailleurs très variable d'un marin à l'autre). Gilford s'aperçut d'ailleurs que la marchandise n'était pas uniquement  transportée dans des caisses, mais également dans des cages, pour les animaux, ou simplement escortée les fers aux poignets pour les esclaves. Voir des êtres humains, parfois très jeunes, être bringuebalés avec plus ou moins de diligence faisait se serrer le cœur du jeune homme. Seul un caprice du destin a fait que lui est né dans un milieu aisé et a pu étudier dans la grande académie de magie de Lotheican, et que ces enfants ont vu leur village détruit et pillé, avant d'être réduits à l'état de chose. Les jeunes filles seraient vendues aux maisons de plaisir (et certains jeunes garçons aussi, pour les plus mignons), les autres trouveraient place chez des aristocrates, ou seront abandonnés quelque part, faute d'avoir été vendus. le jeune Howling se perdait dans ses pensées sur la considération de l'espèce humaine lorsque les mots de Seyren le firent revenir à la réalité :

« Nous ne savons pas encore ce que nous allons affronter. Si Loki lui-même a annoncé la destruction de la ville pour demain, c’est qu’il estime ne pas pouvoir faire face à cette mystérieuse menace. Ou alors, qu’il n’a tout simplement pas envie de se froisser les plumes, va savoir… Quoi qu’il en soit, nous devons être prêts à affronter tout type d’ennemis et toutes situations. Procure-toi de quoi fabriquer plusieurs bombes et, de quoi soulever un nuage de fumée. Cela pourrait être utile si on doit mener une courageuse retraite. Et, par pitié, mange quelque chose ! T’es tellement maigre qu’on a l’impression que je te pique toute ta nourriture ! »

Il avait raison le Windsor. Peu importe ce qui allait arriver demain, il fallait un minimum de préparation (et, effectivement, Gilford n'avait pas pris beaucoup de gras ces derniers mois). Le message du chevalier était clair : Termine ton projet, on risque fort d'en avoir besoin. Heureusement, ce fameux projet était en passe d'être finalisé...enfin sur le papier du moins. Disons que nous allions rentrer dans la phase de prototypes. Les étincelles produites par Seyren déclenchaient la détonation. Quant à Gil, il disposait de la poudre et de l'essence de feu contenue dans ses quelques cristaux pour l'amplifier. Restait à élaborer un contenant pour ces éléments. Réceptacle qui se devait d'être à la fois solide pour ne pas se rompre n'importe quand, mais également friable, pour ne pas étouffer l'explosion lorsque celle-ci s'exprimerait. Gilford avait pour cela pensé à de fines sphères de métal dont une jointure centrale s'ouvrirait, d'une part afin d'y placer le cœur de la bombe, et d'autre part afin de permettre une ouverture par la détonation. Mais il fallait aussi impérativement inclure dans ce schéma une mèche,  par laquelle le feu entrerait en contact avec la poudre. Trouver de la ficelle et un forgeron, tels étaient donc les objectifs immédiats de Gil !

Retrouvons-nous dans une ou deux heures à la fontaine à l’ouest de la place centrale, celle représentant des sirènes coquines. »

Des sirènes coquines...? Soit. Après avoir tablé sur deux heures plutôt qu'une et en avoir fait part à son royal camarade. Gilford emprunta l'une des grandes travées qui s'étendaient jusqu'au plein centre de la ville. Entendant le chevalier lui crier de faire attention à lui, il se retourna et leva la main, lui adressant un sourire amical. 

Il fut chose aisée de trouver de la ficelle. N'importe quel marchand en vendait, et pour trois fois rien. Gil prit soin de laisser sa bourse de joyaux à l'écart, se contentant de quelques sous laissés au commerçant qui lui fournit le matériau le plus adéquat. Il s'agissait à présent de trouver une forge. A en juger par l'ambiance du quartier, Gilford risquait fort ne pas y trouver son bonheur. Bien souvent les forgerons se regroupaient en corporations et s'installaient presque tous dans la même rue. Ainsi les coups de marteau ne battaient pas que l'acier, mais aussi les oreilles des passants. Conscient du fait que chercher à l'oreille quelle était la bonne allée dans une ville dont le gigantisme avait peu de chose à envier à la capitale Asunia n'était peut-être pas la meilleure chose à faire, il profita du sourire du marchand qui lui avait vendu la cordelette pour demander où il pourrait trouver des fourneaux. Le camelot le guida vers une placette à quelques rues de là où il trouverait certainement ce qu'il cherchait. S'y rendant, il ne retrouva cependant pas le boucan auquel il s'attendait. Arrivé sur ladite place, il n'y retrouva que l'agitation habituelle d'Alcombord. Un peu déçu, Gilford jeta un œil autour de lui. Lors de ce coup d’œil, un détail attira son attention. Un vieil écriteau de bois assez délabré pendouillait misérablement au sommet d'un encadrement de porte. On ne pouvait que difficilement lire ce qui y avait été inscrit, mais, plissant les yeux, le jeune alchimiste finit par déchiffrer "Eorje". L'état effrayant de la pancarte y était certainement pour beaucoup dans l'effacement du texte, mais Gil savait malgré tout à quoi s'en tenir. Il tenait vraisemblablement ce qu'il cherchait. 

L'entrée qu'il emprunta donnait directement sur un escalier qui descendait de façon assez abrupte. Au fur et a mesure des marches qui se succédaient, la luminosité baissait, et l'air se teintait d'humidité. Mais étrangement, comme cela aurait été le  cas dans tout souterrain, la température de baissait pas. Un indice de plus. Puis vint le son dur, sourd, presque violent du métal contre le métal. Ces fréquences de martèlement firent chavirer Gilford. Il avait toujours admiré les artisans chevronnés qu'étaient les forgerons, et était impressionné tant par leur savoir-faire que par leur musculature. Lorsque ledit artisan apparut, Gil ne vit pas l'idée qu'il s'était faite bafouée. Il avait en face de lui un homme haut, large...et trempé de sueur. Torse nu, musculeux, mais presque glabre, tout comme ses bras qui travaillaient l'acier d'un mouvement puissant et régulier. Son visage était carré, tendu, tapissé d'une barbe noire et drue. Son expression, sérieuse et appliquée, était celle d'un homme qui n'avait pas vu ou entendu un quelconque client arriver. L'atelier dont il disposait regroupait les principaux éléments d'une forge. Un plan de travail en roche sombre, un four qui dégageait une chaleur torride, un bassin d'eau claire pour saisir le métal en fusion, le tout dans une salle d'une taille acceptable, bien que l'on ne se trouvât assurément pas dans des fourneaux haut de gamme. Un peu gêné de devoir interrompre le travail du forgeron, Gil se résolut néanmoins à tenter un premier contact :

"Euh bonjour ?...Je voudrais vous demander quelque chose...Je-
-Fous moi le camp gamin, j'ai du boulot et c'est pas pour les gens comme toi ici."

Ces phrases avaient été prononcées sur un ton abrupt, tranchant comme le fil d'une épée toute neuve, sans même un regard, avant même que Gilford ne puisse terminer sa phrase. "Les gens comme toi"...La signification d'une telle expression ne faisait aucun doute pour Gil. "Les gens comme toi", c'étaient les intellectuels, les corps petits et menus, qui n'utilisent pas leurs bras, mais leur tête. Ceux qui avaient certainement dénigré le talent de cet homme, le traitant de sauvage ou d'on ne sait quoi d'autre. Il n'empêche que tout rustique qu'il était, il avait su jauger en un battement de cil les principales caractéristiques de Gilford et le classer immédiatement. Il avait à peu près raison, sauf sur un point. Lui n'était pas venu demander de forger une armure de décoration, ou une lame de collectionneur rabougri. Gilford sur très rapidement qu'avec un tel personnage, il faudrait parler sans détour. Il n'était pas intéressé par l'argent, ni par le contact humain, sinon sa devanture serait bien plus voyante, et son échoppe plus accueillante. Ce qui intéressait cet homme plus que toute autre chose, c'était ce qui poussait tout homme chez qui se révèle la vocation d'artisan. C'était...le défi.

"Je ne suis pas comme les autres. J'ai un projet à vous soumettre, j'ai besoin de vous pour le réaliser. C'est d'armes dont il s'agit, d'un type que vous n'avez peut-être encore jamais vu ."
Le forgeron arrêta son geste. Jusqu'alors complètement indifférent à la présence de Gilford, il esquissa un mouvement d'épaule et se retourna.
"J'en ai forgé des lames tu sais, de toutes sortes. Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai jamais vu la tienne ?"
A ce physique imposant, à ce visage dur et ce regard sévère qui lui était adressé, Gil répondit sur un ton à la limite de l'impertinence.
"Le fait que ce ne soit pas une lame."
La physionomie du géant ne trahit rien de son état d'esprit. Il se détourna de Gilford et sembla chercher quelque chose du regard. Celui-ci s'arrêta sur une étagère au dessus de lui. Sa main saisit alors un petit objet blanc qui s'y trouvait : un bâtonnet de craie. Il tendit le bras en direction de l'alchimiste, la craie au creux de sa main ouverte vers le plafond.
"Dessine. Je saurais bien vite si je l'ai déjà vue ton arme."

Gil s'exécuta, à même la pierre rêche du plan de travail du forgeron. Rapidement les contours sphériques de la bombe s'esquissèrent. Mais c'est lorsque les essences magiques apparurent dans le calcul que le colosse leva un sourcil...avant d'afficher un malicieux sourire en coin.

Une fois de retour à l'extérieur, le jeune homme prit la direction de la place centrale avant de bifurquer à l'ouest, comme convenu. Il repéra facilement la fontaine aux sirènes. Celles-ci n'avaient a priori rien de coquin si ce n'est leur poitrine dénudée (qui plus est c'était normal pour une sirène non ?). Leur regard taillé dans le roc semblait un peu joueur il est vrai, mais ça s'arrêtait là. Pas de trace de Seyren dans l'entourage immédiat de Gilford, cela semblait étrange. Windsor était un fantasque, mais un fantasque ponctuel. Un mouvement de foule sur la droite attira alors l'attention de l'alchimiste. Suivant la rumeur, il déboucha sur une place voisine, où il retrouva la grande carcasse du chevalier...qui faisait face à deux inconnus.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Sam 22 Juin - 12:39
Une fois encore Eliel se retrouvait seule ce soir. Seule avec "la mer", les pieds dans le sable doux et encore gorgé de la chaleur du soleil. Elle ne put s'empêcher de remuer les orteils et observer ses pieds se faire lentement ensevelir. Quel dommage que Söl reste à l'écart, mais lui devait déjà connaitre tous cela… Soudainement excitée la jeune archer s'élança à courir sur la plage dans tous les sens, puis se sentant l'irrésistible envie d'un bain*, elle jeta sa cape et roula dans le sable jusqu'à s'arrêter enfin pour reprendre un instant son souffle.
La lune était si belle au dessus de l'océan, et les étoiles bien plus brillantes que autour de Lumïa, bien trop éclairée de nuit, à tel point qu'il semble y faire constamment jour. Se redressant, elle sauta sur ses pieds et s'avança vers l'eau en remuant sa chevelure pleine de sable. Le flux et reflux était lent, reposant et quelque peu mélodieux. Au bord de l'eau le sable était bien différent froid plus dur, à l'approche d'une vague, Eliel recula de quelques pas pour l'éviter, re-avançant avec son reflux, restant sur place à la suivante. Un peu fraiche pour se baigner maintenant…
Retournant vers son ami, la jeune fille récupéra sa cape, la secouant elle et une dernière fois sa crinière avant de monter sur les pavés.
 
- "Désolée pour l'attente, nous y allons ?" Sourit-elle en basculant la tête de côté, les bras dans le dos.
 
 
 
Les deux compagnons retournèrent en direction du centre-ville, cherchant une auberge, ce dont Eliel aurait parfaitement  pu se passer bien que cela faisait des mois qu'elle n'avait pas dormit dans un lit… De toute façon l'argent de la chambre sera celui du Paladin, elle n'avait pas assez pour cela. Cependant une fois dans la chambre, les choses se compliquèrent lorsqu'Eliel découvrit la présence d'un unique lit dans la chambre. Se retourna vers Söl Randell en fronçant les sourcils, serrant ses maigres poings.
 
- "Je sais ce que vous voulez Messire, mais c'est hors de question. Je refuse, que dis-je, mon corps, mon esprit même mon âme refusent de vous laisser… Hé."
 
La main du guerrier saint posée sur son épaule la fit soudainement taire. Il affichait un étrange sourire serein, chaleureux. Il passa son chemin et alla s'asseoir dans un coin de la pièce, posant ses bagages autour de lui et s'endormant aussitôt, tout cela comme si il n'y avait jamais eu de lit. Eliel était perdu, avait-il planifié cela ?... Elle déposa son sac, fit un tour de la pièce en détaillant chaque meuble. L'eau dans la bassine de toilette était froide, mais la sauvageonne, ayant pour habitude de se laver dans un ruisseau en toutes saisons, se nettoya quand même. Une fois plus propre elle plia ses vêtements, détacha les grelots de ses cheveux et gagna le lit avec une certaine gêne. C'était très confortable, très douillet mais elle ne l'avait pas mérité…
 
 
Le lendemain, après s'être de nouveau toilettée, habillée, avoir mangé quelques biscuits et défait le lit ; Eliel, qui avait passé une excellente nuit était restée assise sur l'angle gauche au pied du lit à fixer Söl, attendant son réveil. En prévision de celui-ci, elle avait déposé à son côté des biscuits qu'il lui avait offert et une pomme, elle avait même demandé à faire remonter une cruche d'eau chaude  pour qu'il se toilette. Mais elle avait largement eut le temps de refroidir avant qu'il n'ouvre enfin l'œil, visiblement surprit de la voir l'attendre.
Dans les rues d'Alcombord, lui bâillait sans cesse, ayant du mal à circuler dans cette foule typique d'un jour de marché, surtout un jour de marché Alcombordien. Comment voulait-il trouver quelqu'un comme çà ? Il était trop lent, chercher au sol c'était long, et pas efficace. Et elle, elle avait très bien dormit et voulait aller vite… Profitant de son inattention, elle s'était progressivement éloignée de lui, trouvant un accès aux toits. Elle savait seulement que son ami Paladin cherchait un homme du nom de Seyren Windsor, tous ce que Söl a bien voulu lui dire… Mais de quoi avait-il l'air ? D'un étranger oui, certainement l'air d'une personne douteuse aussi !
Difficile pour Eliel de veiller à ne pas trop distancer Söl qui trainait des pieds au sol tandis qu'elle se déplaçait avec une agilité féline, détaillant d'un regard avisé et précis chaque passant. Arrivant au dessus d'une place un groupe de personne s'étaient rassemblée, attirant de nouveau curieux. A l'écart, un homme vêtu de sorte à se cacher semblait observer avec distance, un comportement suspect, sur lequel Eliel s'attardait plus que d'aller voir ce qui attirait tant de monde, peut-être des rabais de milieu de journée chez un vendeur, qui sait.
Elle descendit précautionneusement de son perchoir, veillant à ne pas se faire remarquée. Lui était toujours planté là et semblait hésitant. Vêtu de noir, avec des lunettes, sa tenue ne payait pas vraiment de mine.

- "Vous là ! Seriez-vous Seyren Windsor ?" Lança Eliel avant de détourner timidement le regard lorsqu'elle eut son attention. "Bonjour… Désolée j'essaie d'être un peu plus assurée… Quoi qu'il en soit je recherche Seyren Windsor."



*
Spoiler:
 

Ordre de réponse à suivre:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Joueuse
Localisation : Partout à la fois...
Exp : 3185

Messages : 1003
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Mar 2 Juil - 3:05
Mes précédentes missions dans la ville portuaire, lorsque j’affichai encore fièrement le titre de chevalier d’Asunia, ressemblaient à présent plus à de simples missions de reconnaissances qu’autre chose. Mes souvenirs du plan de la ville et de ses différentes zones étaient un avantage précieux face aux magouilles de Corentin Eudès. Le Commandant était certes un grand homme, il avait cet esprit vif et brillant, nullement comparable à d’autres mais, il avait également un défaut de taille… Il portait une confiance absolue, voir aveugle, envers notre époque et sa logique. Il ne croyait qu’en ce qu’il voyait et, inutile de vous préciser à quel point la prophétie du Ragnarök et de l’objet divin alimenteraient une hilarité générale chez lui et ses hommes. Triste chose pour un marin d’Alcombord ayant grandi dans les contes et les légendes issus des mystères de l’océan.

Il était encore tôt et, profitant que la population levée soit d’avantage rassemblée sur la place centrale et le port qu’ailleurs, j’avais rejoint le quartier littéraire. Jamais vous ne verrez un soldat d’Alcombord ici-bas ! D’une note générale, les livres et les guerriers ne sont pas bons amis. Discrètement – enfin à ma façon disons -, je m’étais introduit dans la plus grande librairie de la ville, laissant la petite clochette accrochée à la porte d’entrée retentir à mon arrivé. Une charmante bibliothécaire, aux grosses lunettes rondes et au sourire aimable, m’avait accueillie avec chaleur. Sans perdre de temps, je lui avais soumis ma requête et, prenant la chose très au sérieux, elle m’avait guidée à travers ses nombreuses étagères garnies, jusqu’à me proposer le livre parfait. Un énorme ouvrage traitant d’astrologie ! Après avoir payé la coquette somme d’une trentaine de joyaux, j’avais rapidement quitté les lieux, armé du savoir sur le ciel nocturne.

Non loin du port, au sud-ouest de la capitale marchande, se trouvait une petite zone forestière, donnant ensuite sur la fameuse forêt silencieuse, un lieu maudit que je ne recommanderai pas même à mes pires ennemis. Bien que je sois un citadin accompli, je devais bien reconnaître que se retrouver subitement en pleine nature avait quelque chose d’assez reposant enfin, si on en oubliait la raison de ma venue ici... Les chants entremêlés des oiseaux et des insectes offraient une alternative intéressante face aux hurlements des marchands de poissons du port d’Alcombord. Après avoir marché durant plusieurs dizaines de minutes, j’avais finalement débouché sur une grande clairière, au cœur-même des bois. L’espace était dégagé sur un ciel bleu sans nuage, encerclé par des arbres et arbustes. Son sol était recouvert d’une herbe verte, parsemées de petites fleurs aux pétales blanches. Mais, je vous accorde que n’importe qui d’autre que moi n’aurait absolument pas porté son regard sur l’environnement verdoyant… Contrastant parfaitement avec le lieu où il se trouvait, l’immense dragon, aux écailles brillantes d’un rouge-orangé sous les rayons insistant du soleil et aux yeux ambrés, était sagement assis au milieu de la clairière, droit et fier comme un roi. Ses ailes étaient repliées et la terrible griffe terminant chacune de ses ailes et de ses avant-bras étaient sagement posées contre le sol. Il paraissait plus surnaturel que jamais, ressemblant plus à une statue faite de chair et d’écailles qu’à l’impitoyable créature issue de nos légendes. Niddogur était calme, trop calme. 

- « Je sais que tu es en colère contre moi. Que ça fait des jours que je n’ai pas donné signe de vie… » Commençai-je en m’avancent vers lui, avant de m’immobiliser ; captant sa frustration à travers ses yeux dorés. Il n’y avait rien au monde de plus rancunier qu’un dragon.  – « J’ai une offrande. » Me rattrapai-je.

J’avais doucement posé l’énorme ouvrage traitant d’astrologie dans l’herbe molle, avant de reculer lentement, évitant tout geste brusque. L’immense reptile avait légèrement penché la tête sur le côté, l’air intrigué, avant d’avancer tout aussi lentement que j’avais reculé. Son regard ambré s’était planté dans le mien puis, s’était délicatement posé sur le titre du livre « Les mystères du ciel ». D’une de ses longues griffes, le dragon avait ouvert l’ouvrage en son centre, comme curieux de voir à quoi pouvait bien ressembler son contenu. Depuis que j’avais passé un pacte avec Loki, Niddogur était particulièrement difficile à satisfaire et, cela pouvait devenir dangereux. Les dragons étaient des créatures intelligentes et d’un naturel indomptable. Si Niddogur agissait comme je l’entendais, c’est bien parce que cela lui convenait à lui-aussi. Il partageait ma vision des choses et nos ambitions se rejoignaient sans peine. Néanmoins, s’il venait à être trop souvent en désaccord avec mes décisions ou, si je venais à m’égarer du chemin qu’il convoitait, aussi loyal soit-il, il disparaitrait à jamais de ma vie.

Alors que je commençais à imaginer le pire scénario possible, perdre mon plus précieux et mon plus vieux ami, les lèvres pincées, la tête basse et mon regard émeraude perdu dans l’étendu herbeuse, le dragon déploya silencieusement ses immenses ailes avant de les abattre brutalement en ma direction, m’envoyant à la figure plusieurs rafales. J’avais porté mon bras à mon visage, me protégeant ainsi du vent, mais aussi des brindilles arrachées, des cailloux et du pollen qu’il transportait. Quand Niddogur cessa son cirque, il reprit une position calme et paisible et, il était si crédible, que je ne pus étouffer mon fou rire. Si mon raisonnement était juste concernant Niddogur, j’en oubliais presque parfois que lui aussi, me considérait comme son précieux partenaire et ce, depuis sa naissance.

- « Tu as vraiment un caractère de merde, petit frère ! » Le taquinai-je.

D’un mouvement plus vif, il m’avait rejoint, s’amusant à me pousser du bout de sa gueule. C’était une façon bien à lui de me montrer son affection. Si à sa naissance il n’avait pas été plus gros qu’un chat, à présent, Niddogur n’avait aucun mal à dévorer un mouton tout entier et ce, en une seule bouchée. Tout en caressant sa cuirasse d’écailles écarlates, je m’étais dirigé vers son harnais. C’était l’une de mes rares créations, résultant de plusieurs années de bricolage. Autre qu’une scelle où prendre place en vol et un emplacement où attacher les bagages à l’aide d’un filet d’acier, plusieurs sangles équipées de mousquetons y pendaient. Elles me servaient à m’accrocher au harnais, une sécurité plus que nécessaire. Le vol d’un dragon n’avait absolument rien de calme et de paisible, surtout celui de Niddogur qu’on pouvait  facilement apparenter à la trajectoire vertigineuse d’une flèche. Une seule chute et s’était la mort assurée.

- « Il va falloir qu’on ajoute plusieurs attaches à ton équipement, je ne vais plus vraiment être ton seul passager. J’ai rencontré un jeune homme intéressant ici, à Alcombord. C’est un scientifique et un mécanicien de génie, il devrait te plaire d’avantage que notre ami à l’écharpe. » Lui souriais-je.

Niddogur n’avait pas régit le moins du monde, probablement perdu dans ses pensées, essayant peut-être d’imaginer un vague portrait de Gilford.

- « Aussi… Loki a prédit un désastre. Tiens-toi prêt à agir. » Lui murmurai-je d’une voix plus sombre.

Comme s'il savait déjà de quoi il en redoutait, le dragon rouge s’était redressé, ses cornes jetées vers l’arrière, portant son regard perçant vers le ciel qui pourtant, paraissait si ensoleillé et paisible. Si je ne comptai qu’agir une fois la menace face à moi, j’étais tout de même un peu anxieux. Qu’est-ce qui pouvait autant inquiéter un démon et un dragon ?

Mon entretien avec mon ami à écailles terminé, j’avais tout juste eu le temps de gagner le lieu de rendez-vous où m’attendait probablement déjà Gilford. Le soleil commençait à se prononcer et, au risque d'étouffer sous mes vêtements, j'avais abandonné mon long manteau sombre, l’enroulant simplement autour de mon épée afin qu’elle soit méconnaissable. Afin de faire preuve d’un peu plus de discrétion que d'ordinaire, j’avais retiré la sculpture représentant la tête d’un dragon de mon armure, de sorte à ne pas mettre la puce à l’oreille au premier malin venu. J’avais repérer au loin le petit génie aux étranges lunettes, non loin de la fontaine aux sirènes coquines et, c’est avec une certaine gaieté que je me dirigeais vers lui jusqu’à ce que… Deux soldats d’Alcombord me fassent obstacle de leurs modestes carrures. Morbleu, ils n’étaient pas censés être positionnés ici à une heure pareille !

- « Votre identité, guerrier. » Exigea l’un des deux hommes d'un ton qui n'attisait en rien la sympathie.

- « Ricard Vodkalin Rhuma. » Lançai-je en étant moi-même surprit de mon excès de créativité. Sérieusement, il fallait être par définition stupide pour croire un mot de…

- « Et vous venez de ? » Poursuivit-il en portant une main à sa barbe.

- « La seigneurie Faelivrin. » Oui, je venais de mentir en utilisant le nom de quelqu’un d’autre à son issu…

- « J’connais pas… » Commenta le soldat jusqu’ici muet. – « C’est surement prêt de Lotheican ça, non ? » S’interrogea le meneur.

Et merde... J’étais le pire menteur de toute Rune Midgard et apparemment, les chiens de Corentin Eudès avaient la langue bien pendue ! Il n’était que question de temps avant qu’ils ne découvrent la supercherie ! Calme qu’en apparence, j’analysai l’environnement en portant des regards furtifs autour de moi. Si je n’aurais aucun mal à assommer les deux guignols face à moi et à m’enfuir par une petite ruelle à ma droite, il faudrait néanmoins trancher dans la foule… Elle risquerait de me ralentir suffisamment pour que l’alerte soit donnée... Un peu en détresse, j’avais jeté un coup d’œil par-dessus les épaules des hommes d’Alcombord, apercevant mon très cher Gilford qui… fleuretait avec une jeune femme... Ok. Gilford, saches que tu me déçois au plus haut point ! Bon je dois bien avouer que, même si elle me tournait le dos, elle m'avait tout l’air d’être très charmante et, aux formes plutôt généreuses…

- « Que regardez-vous ? » Me ramena à la réalité l’un des deux hommes en armure d’une voix sèche.

- « Le postérieur d’une demoiselle… » Répondis-je d’un détachement et d'un naturel…

Les deux hommes s’étaient échangé un regard bien tendu, fronçant un sourcil puis, à l’unisson étaient parti d’un rire gras. L’un d’eux s’était même permit de me donner une tape dans l’épaule, comme si je n'étais qu'un simple serf. Mes lèvres n’étaient plus qu’une ligne verticale et mon regard blasé en disait long sur mon envie pressante de les assommer en y mettant tout mon cœur.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Aventureuse
Exp : 2261

Messages : 48
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Mer 10 Juil - 9:06
Au vu de leur accoutrement, lesdits inconnus étaient certainement des soldats de la garde civile d'Alcombord...c'était mauvais ! Seyren n'aurait eu aucun mal à se débarrasser de ces deux hommes en armure légère, mais ceci risquait fort d'attirer une nouvelle fois l'attention sur eux...et de les forcer à s'engager dans une nouvelle course-poursuite...très peu pour Gil ! Jaugeant la situation de là où il était, le jeune alchimiste en conclut qu'elle était vraiment sinistre. Il n'avait encore jamais vu son récent compagnon faire preuve de subtilité. Et c'était précisément ce dont il aurait besoin pour faire face à l'interrogatoire qu'il devait être en train de subir. Pour réussir à ce tirer des griffes d'un contrôle de l'autorité compétente alors qu'on devait tenir profil bas, il fallait bien sûr mentir, mais au delà du simple fait de faire sortir des paroles fausses de son œsophage. Chaque fibre du corps du menteur devait agir comme si les énormités qu'il proférait constituaient une vérité à part entière. Cet exercice est bien plus difficile à supporter qu'il n'y parait. Tout d'abord parce qu'il faut convaincre l'interlocuteur que ses doutes sont infondés, et se montrer convainquant sur toute la ligne. Par ailleurs si l'enquête vient à se prolonger, le risque de se trahir augmente d'autant. Il s'agit ainsi, en plus d'être capable de contenir la pression du risque encouru en cas d'échec, de faire preuve de beaucoup de patience. Qualité dont Gilford craignait que le Windsor en fut dénué.

Il fallait s'avancer et le tirer de là. Il improviserait quelque chose, ferait retomber la pression que les gardes exerçaient sur Seyren et détournerait leur attention, corroborant la version de l'inconnu qu'ils avaient en face d'eux. Sa décision était prise, mais à l'instant où il allait engager sa foulée, Gil sentit une voix traverser ses tympans. Une voix qui le gela sur place, une voix qui allait le faire paniquer, lorsqu'il se rendit compte que la voix était juvénile, et surtout, féminine. 

"Vous là ! Seriez-vous Seyren Windsor ?"

De quelle comédie était on en train de jouer le premier acte ? Ceux qui recherchent Seyren sont des soldats, pas des...une enfant ? En se retournant Gilford se rendit compte qu'il faisait face à une jeune fille. Petite, au visage...ma foi ravissant. Des traits fins, une silhouette idéalement proportionnée et un accoutrement proche d'une tenue de sauvageonne. Elle avait les pieds nus. "C'est mignon" se dit Gilford. "C'est BIZARRE", le corrigea sa conscience, en insistant bien sur le mot "bizarre", certainement dans le but de tirer Gil de la torpeur dans laquelle il était plongé depuis une seconde ou deux (ce qui était déjà beaucoup trop long). Bon sang mais d'où sortait cette fille ? Il devait voler à la rescousse de son compagnon, et voilà qu'elle déboule de nulle part et le prend lui même pour le chevalier. Croisant le regard mi-hagard mi-suspicieux du jeune homme, elle détourna le sien en rougissant d'un air timide. Bon sang qu'elle est mignonne ! 

"Bonjour… Désolée j'essaie d'être un peu plus assurée… Quoi qu'il en soit je recherche Seyren Windsor."

Elle avait parlé à nouveau. Mais pourquoi ! Gil était bien assez interloqué comme ça, par besoin d'en rajouter une couche ! Elle cherchait définitivement Seyren, mais dans quel but ? Et pourquoi fallait-il qu'elle le demande d'une voix si fluette et innocente ! C'était peut-être un piège. Oui forcément. Une jolie jeune fille à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, quoi de mieux pour soutirer des informations !...Mais là encore ça ne collait pas. Son allure était si...étrange, si inhabituelle. Des soldats n'auraient jamais eu recours à une telle personne, ils auraient envoyé une jeune fille habillée différemment, une jeune fille à qui l'on aurait demandé de jouer un rôle, de sourire, de se comporter de la manière la plus charmeuse possible. Pas une demi-sauvage qui semblait intimidée à l'idée même d'adresser la parole à quelqu'un d'aussi peu imposant que Gilford !...Mais peut-être avaient-ils poussé le vice jusque là et avaient prévu cette réaction de sa part ? A quel point Corentin Eudès était-il intelligent ?...Mais non c'était ridicule. Il ne connaissait pas Gil, ni sa fâcheuse tendance à prendre le contrepied du contrepied du raisonnement qu'il avait adopté à la base. Rien de tout ça n'était cohérent, et cette fille recherchait "juste" Seyren. Ce qui nous ramenait à la question pourquoi ?...Non ! Il n'y avait pas même le temps de se poser la question ! Il fallait la laisser là, et aller porter assistance à Windsor, avant que la situation ne dégénère ! 

"Euuhhhmmm, il est par là bas et...Non ! Non je veux dire que je ne le connais pas, je ne connais personne qui s'appelle comme ça et...et je dois y aller je suis désolé, je n'ai pas le temps !"


Puis il se mit à marcher, roïde et mal à l'aise, dans la direction opposée à la fille, sans même avoir calculé quoi que ce soit. "Mon Dieu quelle réaction ridicule ! Tu es complètement timbré, espèce de demeuré ! Tu as dit n'importe quoi, tu lui as a moité révélé ta pensée et à moitié pris congé d'elle de la manière la plus louche de toute l'histoire des trucs louches ! Elle va forcément se rendre compte de quelque chose elle va te suivre, elle va te questionner, ou pire encore, elle va appeler les gardes ! (A ce moment là de l'histoire Gil était bien loin de se douter ce dont Eliel était capable) Gilford Howling tu es un abruti !"

Trop tard pour faire marche arrière. Tiraillé entre la nécessité de rejoindre Seyren et la volonté de retourner s'excuser auprès ce cette fille, volonté au demeurant totalement imbibée de honte, il continuait à marcher dans la direction du chevalier. Ceci tout en n'ayant aucune idée du chaos dans lequel il venait de se fourrer.
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Lun 15 Juil - 2:36
Zack Hemsey - This is our Legacy
petite musique pour faire monter la tension !

La jeune archer avait réussit à gagner l'attention de cet inconnu en noir, à peine avait-il commencer à soulever sa jambe droite pour faire un pas que sa voix l'avait fait s'arrêter et se retourner dans sa direction. Son visage, pas bien âgé et son air presque trop sage trahissaient alors sa surprise à l'instant où son regard se posa sur elle. A quoi s'attendait-il donc ? S'attendait-il d'ailleurs à quelque chose ? Il l'avait minutieusement détaillée, chose à laquelle Eliel était habituée, surtout lorsqu'elle portait encore des haillons au beau milieu de Lumïa…
Ses pupilles plongées dans les siennes, elle percevait des allés et venus de ses iris vertes. Son attention vacillait entre elle et un groupe plus loin. Deux gardes et un autre homme… en armure… Il était très suspect, très incertain, comme si il était en plein combat intérieur…
Tout cela se produisit très vite et ce jeune homme ne cachait qu'à peine son empressement.

- "Euuhhhmmm, il est par là bas et..." Commença-t-il, assez bas, mais assez fort pour se faire entendre et trahir Seyren Windsor. Il ne tarda pas à reprendre rapidement son erreur fatale par un : "Non !" Et conclure par un mensonge afin de prendre la fuite. "Non je veux dire que je ne le connais pas, je ne connais personne qui s'appelle comme ça et...et je dois y aller je suis désolé, je n'ai pas le temps !"

Eliel avait donc vu juste et était tout près de celui que Söl Randell recherchait. Espérant même qu'il serait content de son aide dans la recherche et l'arrestation de Seyren Windsor. Elle ne se fit pas prier pour réagir, portant une main à son arc, l'amenant devant elle ; l'autre à son carquois, pinçant la queue d'une flèche entre son index et don majeur. Comptant les pas du garçon, elle calculait sa lenteur, bandant la corde qui poussa un faible grincement, elle se demandait où viser. Les jambes, non, les pieds restaient le meilleur moyen de l'arrêter. Sa tenue étant sans le moindre élément d'armure, cela offrait à Eliel la possibilité d'être un minimum créative quant au point à viser.

- "Arrêtez-vous… ou je vous enclave le talon entre les pavés…" Darda la jeune fille d'une voix très différente, très sentencieuse. Son regard lui aussi avait changé.

Avait-elle dit qu'elle essayait de se montrer plus assurée ?... Oserait-il mettre sa menace en doute et daigner croire qu'elle ne tirerait pas cette flèche ?
Sous cette façade froide et menaçante de chasseur, son cœur s'emballait. Si cet inconnu ne devait la sous-estimer, il devait en être de même pour elle.

*Messire Randell... faites vite...*

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Dévouée
Localisation : Dans vos coeurs.
Exp : 2346

Messages : 138
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Dim 28 Juil - 6:30
« J’étais à genoux. Mon corps était plus lourd que jamais, subissant une douleur que je savais d’ores et déjà éternelle. J’ignorai si j’étais encore en vie, il y avait comme ce trou béant dans ma poitrine. La mort ne fait pas de prisonnier. Mon visage était levé vers le ciel écarlate, cherchant en vain la lumière là où elle n’existait déjà plus. Je voulais prier mais, mes mains tremblantes avaient reniée la foi. Ce jour-là, je ne vus plus jamais l’aube se lever. Tous, ils étaient tous morts… Il n’y avait plus que moi. J’étais seul. Au milieu de l’horreur, je n’avais pu retenir mon hurlement. »

Le jeune homme avait subitement ouvert les yeux, un instant figé dans la stupeur et ce, jusqu’à ce qu’il réalise enfin que le regard noisette d’Eliel était braqué sur lui, son visage à quelques centimètres du sien… Il avait si brutalement reculé, en proie à la surprise, qu’il avait manqué de tomber sur le côté, se rattrapant maladroitement à la table de chevet, à bout de bras. Söl Randell n’avait pu s’empêcher de se demander depuis combien de temps la jeune femme l’observait-elle de cette façon effrayante ?!

- « Bonjour, Eliel. » Avait-il lançait, un petit sourire gêné sur les lèvres.

Söl Randell n’avait que trop peu et mal dormi. Ce qui en soit, n’était pas étonnant venant d’une personne dormant dans une position assise, sans prendre le temps de retirer son armure de guerre au préalable… A cette heure avancée de la matinée, le bon peuple d'Alcombord se bousculait déjà dans les rues, sautant sur les affaires du jour, s'arrachant les derniers arrivages en matière de mets et de tissus en provenance de royaumes lointains. A intervalles régulières, le paladin baillait haut les cœurs, ses yeux bleus soulignés par la fatigue. S'il semblait exténué, Söl ne freinait pas même le pas. Ce n’était pas la première nuit difficile du jeune homme aux cheveux blonds. Aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir, il avait toujours été victime d’insomnies, une partie intégrante de son châtiment… Mais, c’était là quelque chose que le paladin avait toujours accepté sans émettre la moindre plainte ou objection. Comme le proclamait sa religion, « Il n'y a pas de rédemption sans repentance » et « La conscience suit les profanateurs et leur rappel, à chaque instant de leur vie, leurs torts ».

L'heure n'y étant pas propice, Söl chassa ses pensées négatives, se concentrant sur le présent et la mission que lui avait confié la sainte église. Après son entretien avec le Commandant Corentin Eudès, le paladin savait par avance qu’elle ne serait pas facile à mener à bien. Beaucoup d’obstacles étaient dressés sur sa route. Il devait retrouver l’héritier Windsor le plus rapidement possible, avant que le marin ne mette la main dessus le premier. Néanmoins, Söl considérait qu’il avait une longueur d’avance sur le Commandant. Mais, avant de prendre risques et décisions, il devait avant tout s’occuper de son amie de Lumïa. Sans se retourner, l'homme en armure lui adressa la parole d'une voix formelle.

- « Eliel, je pense qu’il est préférable que tu m’attendes à… »

Le paladin s’était retourné et son regard s’était tristement perdu dans la solitude. Il n’y avait plus la moindre trace de sa petite protégée… Elle s’était volatilisée. Soupirant, le jeune homme avait doucement fermé les yeux, laissant ses formidables dons s’exprimer. Dans son esprit, une carte s’était dessinée, affichant une multitude de points lumineux. Chaque point représentait une personne vivante, une personne présente dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de la position du paladin. Avec précision, Söl n’eut aucun mal à identifier la lueur correspondant à Eliel, située bien loin devant lui… L’homme de foi s’était demandé avec angoisse comment une si petite femme avait-elle pu gagner une telle distance en si peu de temps…

Alors qu’il revenait à lui, le guerrier saint perçu ce qui lui avait semblé être un éclair glaciale effleurer son dos, électrisant instantanément chacun de ses muscles, parcourant son échine d'une langue gelée. Plus aucun son ne lui parvenait, comme si le jeune homme était à présent seul dans le noir le plus complet. Dans un mouvement agile, il avait fait volte-face, son bouclier au bras, le regard froid, prêt à se confronter à l'incarnation de la mort elle-même. Mais, dans un sentiment qui lui semblait aussi frustrant que familier, il ne fit face qu'à un espace vide, donnant sur une ruelle sans issue. Il n'y avait autour de lui que l'agitation commune de la cité portuaire, bruyante et enjouée. Le cœur du paladin battait à la chamade et, il lui avait fallu un moment, après avoir sondé les environs d'Alcombord plusieurs fois de suite à l'aide de ses dons, avant de retrouver pleinement contact avec la réalité.

- « Cette aura… Est apparue et a disparue presque instantanément. Je dois rester sur mes gardes. Quelque chose de sombre rôde… Que se passe t-il ici ?! Eliel… !! » Pensa-t-il.

Courant aussi vite que sa condition lui permettait, subissant le poids de son armure à chaque mouvement, le jeune homme se hâtait de rejoindre son cheval, laissé un peu plus loin devant l'auberge dans laquelle il avait passé la nuit. Quelque chose se préparait. Quelque chose de grave. Söl Randell en aurait mis la main à couper. Mettant pied à l'étrier, le paladin grimpa en scelle sur sa monture avant de s'élancer entres les étales, évitant avec justesse les quelques passants sur son chemin, en direction de l'endroit où il avait perçu l'aura d'Eliel.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Joueuse
Localisation : Partout à la fois...
Exp : 3185

Messages : 1003
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Ven 2 Aoû - 5:44
J’avais ma petite idée sur les talents de séducteur de Gilford et, si je les devinai désastreux, j’étais en réalité bien loin du compte… Non Gilford lui, n’était pas un petit joueur ! Oh ça, que non ! Dans ses vaines tentatives de faire la cour à une demoiselle, il mettait juste sa vie en jeu. La fille qui, étrangement avait loupée l’invention de la chaussure, avait mis flèche à l’arc avant de prendre mon ami pour cible. Si un courant électrique m’avait aussitôt parcourut, alerté par le risque planant sur le jeune génie, c’est en suivant la trajectoire prévue de la flèche que je m’étais autorisé à garder mon calme. La fillette ne souhaitait en rien la mort de l’alchimiste. Non, elle voulait l’immobiliser. Corentin Eudès nous avait-il déjà trouvé ?! Presque dans le même instant, les deux gardes d’Alcombord, qui observaient la scène depuis un petit moment déjà, avaient lentement dégainés leur épée. Non, ils ne la connaissaient définitivement pas.

Rapidement, j’avais analysé les environs, balayant la place du regard. Il y avait foule, un lot incomptable de témoins. Si je n’avais pas vraiment le temps de les chercher, je savais que les deux hommes face à moi n’étaient pas les seuls chiens de Corentin Eudès à trainer dans les parages. Revenant à notre situation délicate, je guettai une échappatoire. Sans nul doute, d’un instant à l’autre, les soldats allaient occire la jeune femme dans son dos, une sauvageonne ou moins parmi tant d’autres, personne ne les blâmerait… Ces lâches ne prendraient certainement pas le risque de se confronter à un arc long. La fille maitrisée, il ne me resterait plus qu’à me débarrasser des deux hommes de Corentin sans trop faire de grabuges et prendre la fuite avec mon compagnon aux drôles de lunettes. Nous serions alors déjà loin, lorsque les évènements parviendraient au Commandant. J’avais souris ironiquement à mon propre raisonnement. Sérieusement, depuis quand acceptes-tu que des personnes meurent devant tes yeux, Seyren ?

- « Je suis Seyren Windsor ! »
Lançai-je joyeusement dans le dos des deux gardes en écartant théâtralement les bras.

Alors qu’ils se tournaient vivement vers moi, le visage marqué par le conflit entre la stupeur et l'incompréhension, mon poing droit s’écrasa brutalement contre la face du premier, le laissant tomber lourdement en arrière. Esquivant l'épée furieuse du second garde avec une facilité presque moqueuse, j’avais pivoté sur moi-même pour lui infliger le même sort, me contentant néanmoins d’un coup plus modéré mais, largement suffisant pour l'envoyer pioncer quelques temps. Une femme, ayant assistée à la scène, son enfant blottit dans ses bras, avait poussée un cri mais, il s'était perdu dans le brouhaha du marché. J'avais encore la possibilité d'agir avant que mon geste ne s'ébruite jusqu'aux oreilles du reste de la garde d'Alcombord. La foule du marché me couvrirait un certain temps. Je m’étais jeté en direction de la sauvageonne, attrapant la dague à ma ceinture. Occupée à menacer mon pauvre ami, la fille pieds-nus ne remarqua ma présence que lorsque ma dague fit son entrée dans son champ de vision, menaçant sa gorge de son tranchant aiguisé.

- « Que tu sois plus rapide ou non, ma lame tranchera ton joli petit cou aussitôt ta flèche partie. Quitte ta cible, archer ! » Ordonnai-je depuis son dos, dans un sombre murmure. Le suspense avait eu le temps de s'installer. - « Bien… » Soufflai-je doucement lorsqu’elle comprit qu’elle n’avait pas d’autres choix que celui d'obtempérer, détendant lentement la corde de son arc.

D’un signe de la tête, j’avais ordonné à l'alchimiste de partir devant. Je n’étais pas fou au point de laisser un archer derrière nous. Et, je n'en avais pas terminé avec la petite sauvage !

- « Pour qui agis-tu ? » Demandai-je d'un ton agressif, la lame de ma dague toujours tendue devant sa maigre petite gorge.

Ma voix était presque entièrement couverte par l’agitation régnante. Pire encore, le boucan semblait prendre de l’ampleur. Bien que j’en sois la cause principale et, que déjà l’alerte avait dû être donnée par ces rapporteurs de paysans, je le trouvais soudainement trop… Le hennissement furieux d'un cheval m’avait abasourdi, tant il était proche et, à peine ai-je eu le temps d’apercevoir la blanche bête, dressait sur ses puissantes pattes arrière, que je dû bondir précipitamment sur le côté, abandonnant ma prisonnière. Les fers du cheval avaient frappés le sol avec colère, épargnant la jeune femme mais pas les pavés de la chaussée.

Mon visage devait être défiguré par la consternation. Mais bordel, d'où sortait-il ce con ?! Je n'avais ni vu, ni entendu l'animal se rapprocher. Il m'était apparu tel un spectre vengeur et, j’avais été à deux doigts de recevoir malencontreusement l'un de ses foutus sabots en pleine tête ! Encore un peu et, le légendaire Seyren Windsor, XIIème héritier du nom, se faisait royalement broyer le crâne par un stupide équidé ! Mon regard amer s'était jeté sur son cavalier. La première chose que je vis de cet homme, fût la croix argentée pendant fièrement sur le buste de son armure. Une armure lourde et richement décorée, de celles qu'on emploi en temps de guerre. Ses cheveux étaient coupés courts et blonds comme les blés et ses yeux, d'un bleu glacial, me toisaient d'une froideur incomparable. Ouais, cet enfoiré avait une belle gueule de prince charmant.

- « Seyren Windsor ! » Déclara à mi-voix, le cavalier.

Non, ce n’était pas là une question ou une supposition. Il savait.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Aventureuse
Exp : 2261

Messages : 48
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Jeu 8 Aoû - 9:58
"Arrêtez-vous… ou je vous enclave le talon entre les pavés…"

Entendant l'invective de la jeune fille, Gil se figea. "Merde...cette fille ne me laissera pas tranquille !" Gilford avait peu de marge de manoeuvre. Dos à la sauvageonne, mais les yeux toujours rivés sur Seyren et sa discussion avec les hommes en armure légère. Cette configuration lui laissait encore quelques choix, mais avant qu'il puisse les formuler et les soupeser, il surprit son chevalier de compagnon à jeter un regard vers lui. "Il m'a vu, il a vu que cette nymphette me tenait en joue. Il ne va pas tarder à développer ses talents, il a juste besoin de temps...je vais essayer de lui en donner".

Gil inspira une grande bouffée d'air. Lentement, il leva les bras au dessus de la tête, puis se retourna. Une fois face à la jeune fille, il constata qu'elle venait de relever son arc. Elle visait mes pieds, pensa-t'il. La fille affichait un visage dur, sévère. Si elle avait été surprise par l'attitude du jeune homme, au moins n'en montrait-elle rien. Ses jolis yeux en amande exprimaient force et détermination, le genre de regard qui disait : "Regarde moi bien, regarde, et vois que je n'hésiterai pas". A cette stratégie offensive, Gilford choisit de répondre par une fine expression de tristesse. Toujours les mains au dessus de la tête, il tenta de désamorcer la situation avec des mots tout simples.

"Ecoute...je ne veux pas me battre. Sincèrement je n'en ai aucune envie. Je crois qu'on est partis sur de mauvaises bases tous les deux, je souhaite qu'on essaie de se comprendre, plutôt que de se menacer. Mon nom est Gilford, et je voyage effectivement depuis peu avec..."

Seyren Windsor allait il terminer. Mais ce dernier ne lui en laissa pas le temps. En un éclair il venait de saisir la demoiselle dans son dos, plaçant la pointe se sa dague sur le mignon petit cou de la sauvageonne. Certains passants étouffèrent un cri, d'autres commencèrent à s'éloigner à pas feutrés, en murmurant. Le chevalier adressa à Gil un signe de tête l'invitant à prendre ses distances au plus vite, ce que s'apprêtait à faire le jeune alchimiste...lorsque sa manœuvre fut a nouveau interrompue, cette fois par des bruits de sabots qui martelaient le sol. Un cheval. Il arrivait à très, très vive allure. C'est alors que Gil le perçut, un éclair blanc qui fusait vers Windsor, si rapide que Gilford n'eut aucune marge pour réagir. Déjà, le destrier à la robe blanche se cabrait devant le chevalier, qui, dans un réflexe de survie, libéra son otage et se jeta se côté, évitant ainsi l'ire et les sabots de la bête, qui fracassèrent une dizaine de pavés en s'abattant sur la terre ferme. Les regards des deux compagnons se dirigèrent instantanément vers le cavalier. 

"Seyren Windsor !" Annonça-t'il, d'une voix claire et calme, à demi-étouffée.

Un homme jeune, blond, aux yeux d'un bleu de glace, terriblement bien charpenté, où peut-être était-ce son armure qui donnait cette impression. Une armure lourde, mais splendide. Chatoyante et magnifiquement décorée. L'homme portait une croix en argent autour du cou. Gil n'eut aucun mal à identifier le métal, et cette certitude fit naître en lui une peur sourde et soudaine. "Un homme si jeune ? Je croyais qu'il n'en restait qu'une poignée sur tout Rune Midgard...Bordel !". A cet instant le jeune homme cessa de garder ses pensées pour lui :
"Seyren ! Cet homme, c'est...c'est un Paladin !"



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Mer 21 Aoû - 1:21
En ce moment, Eliel se demandait où était l'erreur. Seule contre 2 hommes. Qu'est-ce qui aurait été la meilleure des stratégies ? Garder en joue le premier maigrelet qu'elle venait d'interpeler ou de prendre Seyren Windsor pour cible ?
Ils étaient alliés et par conséquent, chacun protègerait l'autre, comme elle et Söl Randell… Menacer l'un était s'attirer l'hostilité du second. Gilford, c'était son nom - il venait de lui donner - était le moins bien battis des deux, et donc le moins apte à se battre, même contre une jeune fille comme elle. Alors depuis qu'il avait vendu la mèche, peut-être aurait-elle dû viser le Chevalier…

Un frisson indescriptible lui avait parcourut l'échine lorsqu'une nouvelle voix retentit juste derrière elle. A présent et même si elle avait toujours pu s'en sortir, elle pouvait craindre pour sa vie ; car Windsor tenait à son cou une lame et ne semblait pas hésiter à la tuer si la vie de son compagnon en dépendrait… Néanmoins, une petite flèche dans la guibole, comme elle l'avait prévu n'aurait pas pu l'abattre ce pauvre garçon... Les poignets tremblants, Eliel cherchait son erreur en se mordant la lèvre inférieure. La sueur perlait à son visage et les larmes lui montaient à l'idée que son ami Paladin n'arrive jamais.

* Sir Randell… Je vous en prie, aidez-moi. J'ai été trop intrépide… *

Intérieurement, elle ne voulait se résoudre à un échec et réfléchissait à une ruse pour s'en sortir… Il marquait cependant un sérieux point en lui rappelant le mouvement à faire pour tirer et la distance entre la lame et sa carotide. Rapprochant la corde de la fenêtre, Eliel tourna son visage regardant du coin de l'œil l'homme qui la menaçait. Cette armure de Chevalier offrait bien des ouvertures… Si seulement elle avait été plus vive d'esprit...

- " Pour qui agis-tu ? " Demanda-t-il d'un ton sec, pour ne pas changer.

Que répondre ? Elle était au bord des larmes et recherchait toujours moyen de fuir. Une transformation lui aurait été bien salutaire, si seulement elle savait comment cela marchait… Incapable de se défendre ou de fuir, elle était contrainte de répondre. Mais pour dire quoi ? La vérité, bien qu'il ne la croirait pas. Non pour n'importe qui il serait évident qu'elle serve aux desseins de la garde d'Alcombord. Seyren devait s'impatienter de la voir réfléchir à sa réponse, ces précieuses secondes devaient lui sembler suspectent. Mais en réalité, la jeune fille devait lutter contre la peur qui glaçait son corps, tétanisait ses muscles.

- " P..P-personne ne me paie!... J-j'aide un ami." Couina désespérément Eliel alors qu'en bruit de fond, en plus d'une agitation de plus en plus lointaine, se rapprochait le son d'un galop tambourinant les pavés de pierre dans une rythmique de tambours comme ceux des exécutions matinales.

"Ils" étaient là. Ses deux amis, arrivaient en héros. Söl dans sa fière armure rutilante, affichant un regard guerrier, plein de détermination. Il était à cheval sur Monsieur Philibert, lequel se cabrait majestueusement plus haut que le Chevalier, faisant une magnifique démonstration de sa force en pulvérisant le sol. Seyren Windsor s'était écarté pour sa vie, laissant l'archer vive.
Encore troublée par les évènements, la jeune fille leva des yeux tantôt livides et larmoyants, tantôt écarquillés vers ses sauveurs. Le Paladin toisa celui qu'il recherchait depuis son départ d'Asunia avec hostilité et le ton avec lequel il le nomma ne présageait rien de bon.  
Eliel, elle s'était blottie à l'encolure du Shire blanc, cherchant du réconfort au près du valeureux destrier.

- "Merci. " Déclara à mi-voix l'archer qui s'attendait à se faire sévèrement réprimandée.

Les épaules tombantes, l'arc ballant au bout de doigts qui ne le serraient qu'à peine, l'archer restait ainsi, fixant le sol. Elle réalisait à quel point son attitude lui avait fait prendre des risques, et quels risques, elle aurait pu mourir... Mourir... Un tremblement l'agita.

Spoiler:
 

EDIT
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Dévouée
Localisation : Dans vos coeurs.
Exp : 2346

Messages : 138
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Ven 30 Aoû - 8:29
Paresseusement, des nuages sombres gagnaient batailles sur batailles dans leur conquête du ciel, rompant définitivement la promesse d’une douce journée ensoleillée. Perchés sur les sommets de la ville portuaire, sur les toits d’une baptise, deux grands corbeaux aux plumages noirs immaculés observaient l’approche de la tempête avec un intérêt considérable, comme s’ils étaient capable de percevoir au travers de ce brouillard, des choses qui ne pouvaient qu’échapper au commun des mortels. Comme subitement alerté, l’un des deux oiseaux poussa un cri perçant puis, dans le même mouvement, les deux corbeaux se laissèrent tomber vers l’avant, en proie au vide, avant d’ouvrir leurs ailes puissantes et de se laisser transporter dans les airs. La tempête allait s’abattre sur la ville tranquille d’Alcombord bien plus vite qu’on ne pouvait le prédire.

Seyren Windsor n’avait pas quitté un seul instant le nouvel arrivant des yeux. Son regard émeraude toisait cruellement le cavalier qui, sans lui porter la moindre haine, soutenait sans fléchir cette colère brûlante qu’il voyait s’embrasser dans les pupilles du renégat. L’alchimiste avait dévoilé l’identité du jeune homme en armure blanche, le paladin, mettant le chevalier sur ses gardes. Seyren avait toujours pensé que l’ordre des paladins, des guerriers d’élite à la foi inébranlable, s’était éteint en même temps que son défunt maître d’armes. Fouillant dans son incroyable mémoire, le Windsor s’était souvenu de divers détails concernant l’entrainement infernal que subissaient les jeunes enfants destinés à combattre pour les représentants sur terre des divinités. Sur une trentaine de candidats, un seul parvenait jusqu’à l’adoubement et beaucoup, beaucoup trop au goût de Seyren, périssaient dans d’épouvantables épreuves. Le Windsor était arrivé à cette conclusion facile : l’homme qu’il avait devant lui était fort. C’était inévitable. Et, à cette idée, un large sourire étira les lèvres du chevalier.

- « Un paladin ? Intéressant…» Lança le renégat sur un ton amusé.

L’agitation s’était éloignée avec les passants et marchands qui, souhaitaient mettre à l’abri ce qu’ils avaient de plus précieux, leur famille pour certains, leurs marchandises pour d’autres, avant que la situation ne dégénère au abord de la grande place. Alcombord était tristement habituée aux attaques des pirates et, son bon peuple avait appris à fuir lorsque la situation ne présager rien de bon. Söl Randell, de son calme naturel, observait discrètement la foule se dissipaient et s’éloigner rapidement, inquiet pour la sécurité des innocents, ayant déjà eu vent des dégâts que pouvait occasionner l’héritier des Windsor lors de ses colères les plus noires. Un agroupement s’était néanmoins formé au loin, intrigué de l’issu d’un combat qui n’avait pourtant pas même commencé. Si l’un des deux gardes de la citée était toujours à terre, sonné, l’autre avait disparu.

- « Seyren Windsor, vous êtes accusé de haute trahison envers la couronne. Dans sa grande bonté, le Roi, sa Majesté Alfonse Tristan Perceval VIème du nom, souhaite vous offrir une audience. Vous ne risquerez rien en me suivant jusqu’à Asunia, je me chargerai de votre sécurité. »


Le seigneur chevalier avait simplement arqué un sourcil, se demandant si le paladin était sérieux en prétextant vouloir l’escorter… Escorter un Windsor. Seyren se croyait en plein songe. Il soupira brièvement avant d’écarter théâtralement les bras.

- « Toutes mes excuses, j’ai d’autres projets dans l’actuel. » Répondit-il avant de lancer un regard confus et plein de reproches à Gilford qui, semblait avoir renoncé une fois de plus à fuir.

- « Dans ce cas, vous ne me laissez pas d’autres choix… » Répliqua le cavalier à la surprise du Windsor.

Sans empressement, le paladin Randell était descendu du dos de sa blanche monture, confiant les brides de cuir à Eliel qu’il gratifia d’un sourire doux et désolé. D’un murmure, il lui indiqua que dans le cas où la situation ne tournerait pas en sa faveur, elle devait fuir le plus vite possible sur le dos de Monsieur Philibert. Faisant de nouveau face à un chevalier de plus en plus impatient, Söl avait fait quelques pas vers lui, une manière discrète d’éloigner le danger de sa jeune amie. En face avec face avec le Windsor des légendes, le guerrier saint décrocha les sangles maintenant son gant d’arme droit en place avant d’en ôter sa main. La protection détachée, l’homme de foi jeta son gantelet aux pieds du chevalier. Si pour beaucoup cet acte semblait curieux, voir irrationnel, pour un chevalier, cela signifiait tellement…

- « J’accepte. » Tonna Seyren avant de ramasser le gantelet pour le rendre à son propriétaire d’un geste sec.

Depuis des temps immémoriaux, le gant symbolise la force du chevalier. Lorsqu’un chevalier lance son gant à terre, il défie les autres chevaliers d’engager un combat à mort. En ramassant le fameux gant, un chevalier accepte de relever le défi.

Le chevalier renégat se sentait, pour la première fois depuis la mort de son précieux souverain, entravé par le code d’honneur, auquel il avait juré de se soumettre lors de sa cérémonie d’adoubement. Il savait parfaitement que le paladin avait joué sur son honneur, crachant indirectement sur l’ordre des chevaliers, afin d’éviter que sa prestigieuse cible ne lui file entres les doigts. Mais d’un autre côté, Seyren Windsor avait-il, ne serait-ce qu’un seul instant, pensé à fuir face au paladin ? Son sang brûlait dans ses veines.

- « Je n’ai pas encore eu l’honneur de me présenter en personne. Seyren Windsor, XIIème héritier du nom. Chevalier sans Roi et sans royaume. » Déclara le guerrier d’une voix pesante.

- « Söl Randell, paladin d’Asunia. Humble fils de travailleurs des champs. » Se présenta Söl à son tour, portant une main à son cœur, signe de bonne parole chez les religieux. S’il affichait un sourire doux, Seyren ne voyait que le regard de son adversaire, brillant d’une lueur combattive particulière, de celles qu'il n'avait vu sur nul autre auparavant.

L’air était devenu lourd et humide. Le ciel avait sombré, recouvrant la place devenue arène d’une gigantesque ombre. Sans que personne n'y fasse attention, deux grands oiseaux noirs venaient de survoler silencieusement le lieu de l'affrontement imminent.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Joueuse
Localisation : Partout à la fois...
Exp : 3185

Messages : 1003
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Ven 27 Sep - 2:45
[ Et la foudre frappa ! ]
Thème : Take Me Away par Globus

Il ne manifestait pas la moindre inquiétude, ne montrait aucun signe d’hésitation. Ses lèvres formaient une ligne horizontale sans saveur mais son regard, d’un bleu paraissant doux et paisible pour les plus naïfs des Hommes, dissimulait une lueur particulière qui ne pouvait m’échapper. Cette lueur était celle d’un guerrier incapable de douter de ses compétences. Que Söl Randell ait une foi absolue en lui-même ou en ses Dieux ne changeait rien quant au fait, qu’un adversaire confiant ne pouvait être que redoutable. Un paladin, guerrier suprême d’un temps révolu, à la foi inébranlable et au cœur censé refléter la pureté d’un point de vu religieux… Combien de temps avais-je attendu de tomber sur un tel adversaire ? Sur une telle occasion de me déchainer ?! Oh, que les Dieux te protège Söl Randell car je vais t’harceler jusqu’à ce que ma lame vienne à bout de ta si prodigieuse armure !  Mon sang bouillait dans mes veines.

- « Seyren Windsor, je sais que tes motivations sont louables. Mais, regardes la réalité en face. Quand bien même la fin de ce monde est proche, que peux faire un seul homme face au destin ? » Demanda-t-il, gardant toujours son masque d’impassibilité.

- « Si cet homme ne tente rien alors, il perdra de la manière la plus honteuse qu’il soit : sans même avoir livré bataille. Maintenant, tais-toi donc paladin. Aucun discours ne saura me dévier de mes convictions. » Lançai-je entres mes dents, aussi menaçant qu’un lion défendant son territoire. - « Fais ta prière, paladin !! » Ajoutai-je alors qu’un large et mauvais sourire étirait mes lèvres, dévoilant mes dents jusqu’aux gencives. L’excitation guerrière était à son comble.

D’un naturel que je devinais peu bavard, le jeune homme aux cheveux blonds n’avait pas ajouté mot. Il avait reculé de quelques pas encore, soulignant d’avantage la distance entre nous. D’une main délicate, comme s’il la tendait vers un objet fait de soie, le guerrier saint avait attrapé la lanière du bouclier reposant en son dos, brandissant son écu devant lui. Son bouclier était impressionnant, jamais avant je n’en avais vu de semblable. Si on en oublie sa taille au-dessus du standard et son poids que je devinais important, il était si richement décoré qu’il ressemblait plus à un bouclier d’apparat qu’à une protection de guerre. En son centre, se dressaient la croix religieuse et une aile angélique faite en ce qui me semblait être de l’argent, elles baignaient tous deux dans une mosaïque composée de différents bleus, laquelle était encadrée par une bordure d’or décorée avec précision de petits dessins symboliques. Avec une grâce étonnante pour quelqu’un portant un équipement de guerre aussi lourd et encombrant, Söl Randell avait adopté une position de combat, écartant les jambes et prenant appuis sur ses genoux, le bouclier tendu. Si des nuages grisonnants commençaient à se masser au-dessus de nos têtes, l’envoyé de l’église était pile au seul endroit de la place encore éclairée par une douce lueur, laquelle soulignée parfaitement la blancheur de son armure.

Par simple politesse, j’avais accordé à mon adversaire quelques secondes supplémentaires, afin qu’il puisse sortir son épée de son fourreau mais, le paladin Randell n’en fit rien, se contentant tout bonnement de m’observer par-dessus son bouclier. Ce gars serait-il si prétentieux ? Combien même les Dieux venaient à exister, apportant tout leur soutien à ce blondinet sacré, c’était tout de même le Windsor qu’il avait face à lui… En quête de compréhension, mon regard émeraude s’était porté sur le fourreau que l’homme de foi portait à sa droite – ce qui sous-entendait qu’il était gaucher. En faisant abstraction des dessins décoratifs ornant l’étui, je pouvais facilement distinguer la présence de runes antiques, me rappelant celles gravées sur la 9K. Une épée scellée par de la magie… Un bouclier divin… Un paladin sans peur…

En silence, j’avais fermé les yeux, expirant profondément. Ma main forte s’était logée dans mon dos, refermant sa poigne de fer sur la fusée de ma légendaire épée. D’un geste brusque, laissant un puissant scintillement métallique résonner autour de ma colossale silhouette, mon épée abandonna le fourreau accroché en mon dos. L’épée des Windsor était à présent tendue au-dessus de ma tête, sa pointe orientée vers le ciel, comme si c’était les Dieux eux-mêmes qu’elle défiait. Ma main libre se joignit à sa jumelle sur la poignée et, dans un bref mouvement de rotation, la 9K s’était rangée à ma gauche. J’avais écarté les jambes, prenant appuis jusqu’à la pointe des pieds sur ces dernières. Tous mes muscles étaient tendus, j’étais prêt à bondir. Un sourire bestial s’était dessiné sur mon visage tandis que mon regard le plus féroce s’était braqué dans celui du paladin.

Et le tonnerre gronda.

Imprévisible et violent, je m’étais élancé sur mon adversaire sans crier garde. Mon épée s’était abattue avec férocité sur le prodigieux écu du paladin. Réactif, l’envoyé de l’église avait paré mon attaque sans trop de peine. Un chevalier ordinaire aurait aussitôt reculé suite à l’échec de son assaut mais, j’étais loin, ô très loin, d’être un combattant ordinaire… Au lieu de relâcher la pression qu’exerçait ma lame sur le bouclier, je l’avais accrue, prenant appuis sur la pointe de mes pieds, faisant basculer mon poids vers l’avant. Sous mes muscles tendus, je pouvais sentir la défense du paladin s’écrasait sous ma force colossale. Son bras porteur du bouclier s’était plaqué contre son blason dans un cri grisant de métal compressé. Puis, d’un mouvement prodigieux, la lame écarlate fut déviée du bouclier divin, glissant et griffant le métal dans un bruit abominable avant, de poursuivre sa course précipitée jusqu’au sol qu’elle heurta brutalement. Ne laissant aucune seconde de répit au guerrier saint, j’avais tourbillonné sur moi-même pour prendre de l’élan, élançant avec rage la 9K vers le blason du paladin que j’espérai fracasser. S’il avait de nouveau réussi à contenir mon assaut à l’aide de son écu, le jeune homme fut déséquilibré, manquant de tomber sous le choc de l’impact. Décevant… Aussi confiant soit Söl Randell en ses capacités de combat, il m’avait tellement sous-estimé qu’il se retrouvait complètement déstabilisé face à ma force que beaucoup qualifiée de surhumaine. Comme s’il cherchait du courage ou du réconfort, ses yeux bleus s’étaient un instant portés sur la jeune femme restée à bonne distance de l’affrontement. J’ignore alors ce qu’il y trouva.

Dans un mouvement monstrueux, mon pied gauche avait frappé le sol, fracassant les tuiles sous ma force titanesque, alors que je brandissais mon épée au-dessus de ma tête. Un cri guerrier grimpa dans ma gorge, résonnant comme le rugissement puissant d’une bête féroce. Avec une brutalité jusqu’ici étrangère au paladin, le bouclier était venu lui-même venu à la rencontre de la 9K, la heurtant dans un fracas métallique étincelant, arrêtant ma lame dans sa course endiablée. Mais le saint n’en resta pas là. Reculant prestement d’un pas et courbant le dos, le coquin n’avait pas eu besoin de plus d’élan pour charger, son écu brandit devant lui. Ce n’était en rien une attaque, juste une bousculade qui m’avait néanmoins obligé à effectuer un mouvement défensive. Du plat de ma lame, je venais de parer… un bouclier. Cet enfoiré de l’église… Le regard du jeune homme aux cheveux blonds avait parfaitement conservé son calme du début, brillant encore de cette agaçante arrogance. Sous une rage envoutante, j’avais enchainé une redoutable et interminable succession d’attaques, faisant subitement part d’une vitesse jusqu’à lors restait scellée. Lancé, je tournais autour du guerrier saint, laissant la 9K exprimer toute sa sauvagerie. L’épée écarlate semblait possédée par je ne sais quel démon, dansant macabrement, tourbillonnant avec violence avant de fendre l’air puis s’écraser bruyamment contre le métal divin, espérant goûter de son tranchant le sang de mon adversaire. Mais, le paladin ne fut guère impressionné, adoptant mes assauts, épousant mon rythme,  faisant preuve d’une agilité et d’une souplesse improbable afin d’absorber chacune de mes furieuses attaques.

Plus aucune lueur ne parvenait à percer la couche sombre qui s’était emparé du ciel d’Alcombord. Nous étions plongés dans une inquiétante pénombre mais, absorbé par mon duel, je n’y avais prêté que trop peu d’attention, jusqu’à ce que la pluie se prononce. L’averse fut soudaine et forte et, en moins de temps qu’il en fallait pour le dire, mes cheveux étaient trempés et mon armure dégoulinante. La bataille n’en fut pas freinée pour autant. On n’entendait plus que le fracas provoqué par la collision de mon épée écarlate contre le bouclier du paladin Randell ou, de temps à autre, le sol qu’elle fracassait sans peine. L’envoyé de l’église ne laissait aucune ouverture. Pas à un seul instant, ma lame n’avait réussi à, ne serait-ce, frôler cette magnifique armure que, plus que tout au monde, je désirai broyer. Alors que je soufflais comme un bœuf, le visage probablement autant trempé par la pluie que par la sueur, le paladin n’était pas même essoufflé. Ses lèvres étaient restées parfaitement closes en une ligne verticale. Si je déployais toute mon énergie dans mon offensive, il en fallait que très peu au paladin pour maintenir sa défense. A ce rythme… J’allais finir à bout de force. Il ne lui resterait alors plus qu’à dégainer sa mystérieuse épée et m’achever. Söl Randell était une forteresse impénétrable.

Pour la première fois depuis mon adoubement, j’avais reculé, maintenant une certaine distance entre moi et mon adversaire, mon épée tenue à l’horizontale, sa lame pointant le guerrier saint dans une menace silencieuse. Mon souffle était saccadé. Mon arme était devenue lourde. Mes jambes me maintenaient debout avec un équilibre devenu certain. J’approchai de mes limites… Le Windsor était en train de se faire battre à plat de couture par un petit crétin armé d’un bouclier ! Qu’il tire sa force de ses Dieux ou de sa copine, je n’en avais foutrement rien à faire ! Je ne devais pas perdre ! Je ne pouvais pas perdre ! Pas face à un simple humain venu faire justice à des hommes aveugles et naïfs ! Tous mes sacrifices… Ne devaient pas être vains… Plus que tout, je ne pouvais pas perdre ! Dans l’incapacité de faire tomber Randell, je ne serai qu’un pathétique spectateur face au Ragnarök… Et à jamais, je salirai ce fardeau que je porte depuis ma naissance, le nom de Windsor.

- « Tu devrais abandonner. » Conseilla le paladin dans un ordre voilé.

Il avait commencé à baisser son écu dans un geste de paix mais, lorsque mes deux mains gantées levèrent avec détermination mon épée au ciel, le jeune homme en armure lourde adopta de nouveau sa position défensive. Non, je ne perdrai pas.

- « En mon sang boue cette flamme éternelle… Sang des rois, sang des héros. » Murmurai-je sombrement.

Le visage du paladin s’était figé dans la stupeur alors qu’il comprit, avec un handicapant retard, que mon charabia n’était autre qu’une invocation magique. La 9K s’était embrasée, faisant jaillir des flammes sauvages sur toute la longueur de sa lame. Les runes gravées sur le côté droit de l’épée ardente, de la chappe jusqu’à la gouttière, s’étaient illuminées d’une lueur brûlante alors que leurs pouvoirs s’éveillaient.

- « Je suis le feu ranimé des légendes. Je suis l’épée de ce monde… »


Les flammes s’étaient transformées en une spirale infernale, tourbillonnent autour de mon arme légendaire, tel un spectre de feu animé par une magie aussi ancienne que dangereuse. Le goût acre du sang, coulant lentement de mes narines, était parvenu jusqu’à mes lèvres, me laissant prendre pleinement conscience que j’atteignais déjà les limites des dons hérités de ma très chère et défunte mère. Mais qu’importe. Je suis le Windsor. Je suis le Roi qui gouverne les champs de batailles. Quoi qu’il puisse m’en coûter, je n’avais pas le droit de faillir face à l’adversité. Je ne pouvais accepter que le paladin Söl Randell, aussi noble de cœur et redoutable guerrier soit-il, puisse être celui qui m’empêchera d’accomplir ma destinée, aussi noire puisse-t-elle se révéler. Alors que les flammes enragées se déchainée au bout de mes bras, j’aperçus enfin la peur naitre sur le visage du saint. Douce et plaisante rêverie…

- « Ma détermination percera les ténèbres et ma lame guidera mon peuple vers la lumière ! »

En prononçant cette dernière phrase, empruntée à mon plus illustre ancêtre, l’épée des Windsor s’était illuminée d’un éclat doré, répandant une lueur pure mais intense dans cette pénombre annonciatrice de tempêtes. La 9K avait définitivement quittée les cieux pour se placer à ma gauche. Ma colère. Elle avait toujours été redoutée de tous, m’avait coupé des autres, avait condamné un enfant à grandir dans une pesante solitude. On dit qu’un Windsor est capable de déchainer les éléments, de détruire un village entier lorsque s'éveille sa fureur. La tempête du Windsor. Mon rugissement avait secoué la place, faisant un instant taire le vacarme du vent et de la pluie. Mon regard forcené s’était braqué sur ma proie, dénué de pitié ou de compassion, semblant en cet instant fatidique, inhumain. D’un mouvement puissant, je m’étais élancé en direction du paladin.

Avant même que quiconque ne puisse réagir, il était déjà trop tard.

Et la foudre frappa.

Les silhouettes des deux combattants s’étaient faites avalée par un torrent de flammes. La collision entre l'épée ardente et le bouclier divin fût si violente, qu'elle avait provoquée une terrible déflagration, ensellement les deux hommes sous un tombeau de flammes voraces et aveuglantes.
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Aventureuse
Exp : 2261

Messages : 48
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Jeu 10 Oct - 1:07
« Seyren Windsor, vous êtes accusé de haute trahison envers la couronne. Dans sa grande bonté, le Roi, sa Majesté Alfonse Tristan Perceval VIème du nom, souhaite vous offrir une audience. Vous ne risquerez rien en me suivant jusqu’à Asunia, je me chargerai de votre sécurité. »


Ces mots avaient été prononcés comme une sentence. 

Gilford connaissait l'ordre des Paladins (comme un certain nombre de choses) seulement par les quelques livres qu'il avait lu à ce sujet. Mais il en savait assez pour être persuadé que ce guerrier blond ne mentait pas. Ces combattants sacrés plaçaient le sens de l'honneur au delà de toute autre considération. C'était ce qui les rattachaient en premier lieu au Divin, une âme aussi immaculée que leur armure. Ainsi Seyren ne risquait effectivement rien en le suivant jusqu'à Asunia (bien qu'au vu de sa carrure et de ses talents, il ne risquât rien à s'y rendre sans autre protection que lui-même). Cependant, l'honnêteté du Paladin est une chose, et les lois militaires en sont une autre. Une fois arrivé face face au Roi, c'est la mort qui attendait Windsor, sans autre forme de procès. Le sort réservé aux déserteurs et a fortiori aux traîtres était implacablement le même, quelle que soit l'origine du condamné. 
Gil leva les yeux en direction de Seyren. Lui aussi le regardait, et le plus jeune des deux comprit.

Partir. Tout de suite. Se mettre à l'abri. L'affrontement était inévitable, et il allait être terrible. Quelque chose d'animal commençait à se dégager du chevalier. Face au stoïcisme du paladin, l'opposition était fortement contrastée, mais ne paraissait pas le moins du monde déséquilibrée. Deux monstres allaient s'affronter, il ne fallait pas rester dans le coin. S'éloignant de son compagnon, Gilford trouva refuge quelques dizaines de mètres plus loin, derrière une des colonnes qui entouraient la place centrale. A la fois anxieux et incrédule, il ne pouvait réprimer son envie de jeter un oeil par dessus son épaule. Oui, plus que jamais ce qui était dangereux s'avérait fascinant. Il remarqua que la place se vidait rapidement. Qu'on soit homme, femme ou enfant, on ne pouvait pas ne pas sentir la tension qui émanait du face à face entre les deux hommes en armure. Et tous ces gens avaient raison de faire confiance à leur instinct. Gil nota ensuite que la jeune sauvageonne qui le menaçait il y a une minute à peine s'était également retranchée derrière une colonne, pas si loin de lui. Elle qui ressemblait plus à un animal qu'à une jeune humaine, plus que quiconque pouvait sentir la tempête qui approchait. Et pas seulement au sens figuré. Le ciel se couvrait, d'une épaisse couche grisâtre de nuages gorgés d'instabilité. Le tonnerre gronda.

Sans crier gare, Seyren asséna, dans un fracassant hurlement de métal, un coup d'épée monumental. Le Paladin dut mobiliser toute la force de ses jambes pour ne pas se laisser écraser. Au lieu de cela, il parvint à dévier l'immense lame de Windsor. Le bouclier du guerrier saint y était pour beaucoup. Il n'avait pas dévoilé d'autre arme que ce dernier, mais semblé être passé maître dans l'art de la défense. Seyren, se rua de nouveau sur son adversaire, et lança une attaque furieuse après l'autre, sans aucun répit. Mais malgré toute la force déployée par la bête qu'il était devenu, l'autre de faiblissait pas. Il parait, contrait, esquivait, inlassablement, laissant le flamboyant chevalier se fatiguer tout seul comme un grand. Même lui l'avait compris. Forcé de se replier, Windsor semblait piqué au vif dans son orgueil. Il avait le regard de celui qui était prêt à tout, plutôt que de perdre. Il leva son épée vers le ciel, et resta immobile un instant. Son adversaire venait de baisser son bouclier, peut-être en signe de paix, mais se remit immédiatement en position de garde lorsque il constata que les bras de Seyren était en train de revêtir une véritable robe de flammes ardentes et crépitantes. Gil n'avait vu jusque là qu'un modeste échantillon de sa capacité à manipuler la magie du feu, force était de le constater. Le sort que le chevalier préparait défiait l'entendement, ainsi que le climat. Malgré la pluie qui s'était mise à tomber de plus en plus dru, les flammes ne donnaient même pas le sentiment qu'elles allaient faiblir. La lame, elle, étincelait. La lumière qui émanait de la titanesque 9K, héritage Windsor de génération en génération, avait quelque chose de solaire. Une étoile flamboyante, mais mortelle. Et la frappe survint, un choc météorique. 

L'Explosion qui en résulta fit voler en éclat toute forme de construction humaine qui eut le malheur de se trouver autour des deux combattants. Les pavés au sol et la fontaine de la place centrale furent désintégrés. Mais ça Gilford ne s'en aperçut que plus tard, une fois la déflagration passée, et la poussière retombée. Pour l'heure il se tenait recroquevillé derrière la colonne qui le séparait du champ de bataille, les mains sur la tête et les yeux hermétiquement couverts par ses lunettes de protection. Lorsqu'il se retourna. Il distingua Seyren, haletant, peinant à se tenir debout, son épée toujours serrée, mais vers le sol. Face à lui, le Paladin ,recouvert par son immense bouclier, amorçait sa relevée. Mais ce même bouclier, n'était-il pas plus grand ? N'avait-il pas...changé ?...Enlevant ses lunettes de laborantin, les oreilles encore sifflantes, Gilford voulut s'assurer que la détonation n'avait pas eu raison de l'ensemble de ses cinq sens. Ce qu'il put distinguer confirma sa première impression. Le bouclier était plus grand, plus...monolithique. Il avait perdu son aspect chatoyant, et semblait à présent fait de pierre, aussi résistant qu'une montagne. Seyren n'était vraisemblablement pas le seul à posséder une arme légendaire. Mais le plus inquiétant venait de l'attitude du guerrier saint. Il se relevait, quasiment indemne. Il avait encaissé l'attaque. Loin de s'avouer vaincu pour autant, le Windsor, empoignant sa garde avec d'autant plus de rage se releva d'un saut en arrière. Le combat allait...reprendre ? Dans de telles conditions, le chevalier était clairement désavantagé. Il avait sorti ce qui semblait être sa botte secrète, il était émoussé...et le Paladin semblait invincible, n'ayant pas même esquissé l'ombre d'une attaque. Gilford tenta, dans un élan désespéré, de faire tourner les turbines de son cerveau au maximum, pour trouver une solution miracle qui les sauverait. Mais rien ne vint. Sa force combative était bien faible face à ce combattant envoyé par la Foi, insignifiante même. La ruse ne fonctionnerait pas, tout comme n'importe quelle forme de négociation. Et "ça"...ne serait d'aucune utilité sans au moins un infime effet de surprise. Que faire ?...Rien ?

Un cri étouffé tira le jeune alchimiste de sa torpeur.

Une flèche venait de se loger dans l'épaule de Seyren. Probablement grâce à une ouverture au niveau de la jointure de son armure, un peu élargie du fait de l'explosion. Cet événement inattendu obligea Gilford à émerger de sa cachette...et à se rendre compte de la gravité de la situation. La Garde. Ils étaient de retour, plus nombreux que jamais, barrant consciencieusement chaque sortie et amenant de nombreux archers, disposés autour de la place. Gil prit un tel coup au moral qu'il fut tenté de tomber à genoux, mais il ne le fit pas. Seul un miracle pouvait les sauver, il le savait. Mais il s'était juré de ne plus abandonner, de survivre, quel qu'en soit le prix. Pour cela, la seule option était de se rendre. Ils seraient ramenés à Asunia, feraient face au Roi, et seraient exécutés...enfin peut-être lui n'aurait il pas le droit à cet honneur. Il serait certainement séparé de son compagnon et sordidement réduit au silence dans un coin sombre. Tout ça c'était la théorie. Dans la pratique, il y aurait des occasions de fuir, de se sauver, de vivre. Mais pas ici. Il fallait baisser les yeux pour mieux les relever le moment venu. 

S'apprêtant à lever les bras et à s'approcher, sans défense, du Paladin, Gilford ressentit un violent frisson, qui le saisit jusque dans ses os. Si bien qu'il ne put s'empêcher d'émettre un petit rire nerveux. Le miracle qu'il n'espérait plus, c'était "lui". Il était prêt à entrer en scène, alors que la température ambiante s'était soudainement rafraîchie.
Revenir en haut Aller en bas
" Loki "
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : =__=
Localisation : Dans votre ombre.
Exp : 2210

Messages : 66
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Mer 26 Mar - 11:49
[ Vent violent ]

Les ténèbres ont toujours été la plus grande crainte dans le cœur des Hommes. L'humanité, depuis la nuit des temps, s'est raccrochée d'une manière désespéré au divin afin de s'armer contre leur peur la plus noire. Aveuglés par une lumière dont ils ignorent tout, ils ont tourné le dos à la vérité dissimulée dans les profondeurs des ténèbres, berçant leur espoir dans des prières illusoires qui n'atteindront jamais les sourds à qui elles sont adressées. Pourtant, elle est bien là, à la portée d'une main... La vérité. Je le sais, je l'ai vu.

Le silence des vaincus régnait sur la place. La pluie s'abattait violemment sur les dalles usées, comblant le vide d'une manière tragique là où, quelques mots de trop ou de travers, coûterait la vie d'un homme. Le chevalier, ce héros en qui n'importe quel homme trop naïf placerait sa foi et son admiration, avait posé un genou à terre. S'il aurait tout donné pour rester debout avec honneur, il ne pouvait que subir les limites de sa condition de simple mortel. Il était blessé à l'épaule, victime de la flèche d'un adversaire trop sournois ou trop lâche et épuisé, par un duel qui, à présent, ne ressemblait plus qu'à une grotesque comédie destinée à le piéger. Le regard féroce du Windsor s'était braqué dans celui du religieux en armure lourde mais, il n'y trouva ni satisfaction, ni victoire. Au contraire, l'envoyé de l'église n'avait pas abandonné sa position de combat, gardant le bouclier à la hauteur du torse, ses yeux bleus défiant quiconque d'agir. Dans la confusion, une voix autoritaire s'éleva depuis un toit.

- « Seyren Windsor, Seigneur et chevalier d'Asunia, vous êtes à présent encerclé. Un simple geste de votre part et c'est une morte immédiate qui vous attend ! » hurla l'un des hommes d'Alcombord. Malgré la distance qui le séparait du renégat, il avait sorti son épée. Il portait un bel uniforme, soulignant sa position comme étant celle d'un haut gradé de la citée marchande. - « Laissez l'envoyé de l'église, je n'ai pas besoin des deux autres. » Indiqua l'homme à l'un de ses subordonnés, sa voix en partie couverte par le brouhaha de la pluie. Ce qu'aucun des rats piégés sur la place ne pouvait entendre, l'homme de foi le comprit aussitôt.

- « Vous ne pouvez ! » Riposta le paladin d'un geste de la main. - « Sa Majesté le Roi Tristan et Sa Sainteté l'église désirent que Seyren Windsor, ici présent, soit jugé pour ses actes ! J'ai été envoyé pour m'assurer qu'il rentrerait en vie à Asunia ! Je ne sais pas qui vous êtes mais, je vous interdis de prendre sa vie, celle de son valet ou celle de mon amie ! Cet acte serait perçu comme une trahison envers l'église et le Royaume d'Asunia ! »

Notons que le fameux valet n'était autre que l'alchimiste au manteau sale. Celui semblant être le chef du groupe de soldats de la cité portuaire s'avança avec fierté de quelques pas, jusqu'à se retrouver face au vide. Du haut du toit où il était perché, le lieutenant toisait le paladin Randell avec un mépris non dissimulé. Certains de ses hommes, connaissant sans nul doute le personnage, souriaient déjà par avance.

- « Soyons honnêtes, chien de l'église. Cet homme sera abattu comme n'importe quel criminel à peine de retour dans la capitale. Qu'importe ce que tes maîtres ont dit, ils ne le désirent vivant que pour rendre son exécution publique et planter sa tête sur un piquet en guise de trophée. Trahison dis-tu ? On me souffle à l'oreille que les morts ne parlent pas ! » Cria le lieutenant d'Alcombord .

Il s'en était donné à cœur joie mais, le guerrier de lumière n'avait pas même sourcillé. Son regard maintenait celui de son interlocuteur avec cet éclat de défi propre aux Hommes qui n'ont nul besoin de se répéter. Après avoir adressé un regard tendre à Eliel, le Paladin Randell comptait de nouveau ouvrir la bouche lorsque, à la surprise de tous...

- « HEY ! » Gueula soudainement le Windsor, faisant taire la pluie. - « Nous n'avons pas été présenté à ce que je sache, du con ! Pauvre lâche qui menace du haut son perchoir, tu sembles prendre un malin plaisir à affirmer ta position de force. T'es pas un peu mauvais coucheur, par hasard ? Hein ?! » Hurla Seyren pour dominer la tempête.

Utilisant son épée, plantée entre deux dalles, comme un vieillard se servirait d'une canne comme appuis, le chevalier avait peine à tenir debout mais, faisant parfaitement abstraction de la position délicate dans laquelle il se trouvait, il riait à gorge déployée. Tous se contentant d'observer ce fou-à-lier en silence, subissant son rire agaçant tout autant que son audace. La tension était montée d'un cran et déjà, la crainte se dessinait sur les visages des autres piégés. Seyren Windsor ne venait-il pas de tous les condamner à une morte certaine ? Soudain, le visage du chevalier renégat abandonna toute trace d'hilarité et son regard sérieux et déterminé rejoignit celui d'Howling. Un hochement de tête, c'est tout ce qu'il eut le temps de lui adresser comme message.

- « TUEZ-LE ! Ramenez-moi la tête de ce fils de pute ! » Éclata le chef des soldats en frappant l'air de son épée, le visage écarlate.

Oubliant Gilford et la jeune fille accompagnant le guerrier saint, toutes les pointes des flèches ennemies se braquèrent sur l'héritier des Windsor. A cet instant précis, Söl Randell compris tout l'intérêt de cette insolente démonstration. Seyren Windsor offrait une diversion rêvée.

- « Loki... !! » Murmura sombrement Seyren.


Le temps s'était arrêté. L'air était si lourd qu'il en était devenu étouffant. La pluie avait cessé. Un vent violent s'était levé. Était-ce dû à ce blasphème? Cette mention du nom de ce Dieu sournois tenant la fin des mondes entre ses griffes... Comme si une main humide et glaciale venait d'effleurer le long de son échine, Söl Randell s'était crispé d'horreur. Tous ses sens magiques étaient en alerte. Cette sensation n'était pas nouvelle, il l'avait déjà ressenti en arrivant à Alcombord. Cette aura noire et mouvante... Il arrive.

Un hurlement de terreur secoua la place de la fontaine. Personne n'avait vu quoi que ce soit. Tout s'était passé si vite... Un soldat était subitement tombé à genou, son arme au sol au côté de sa main droite qui, répandait lugubrement son sang. Tenant le reste de son bras ensanglanté contre lui, le pauvre homme hurla de nouveau en comprenant qu'en partie ce qui venait de se produire. Seyren reconnu aussitôt le propriétaire de la flèche encore logée dans son épaule. Le guerrier n'avait pas pu s'empêcher d'en ressentir un sombre sentiment de satisfaction. Un autre cri grimpa dans le sens opposé puis, un troisième.

La peur se propageait de seconde en seconde, telle une maladie contagieuse. Le lieutenant d'Alcombord, fauché par une lame invisible, était tombé de son perchoir dans le silence et l'indifférence la plus totale. Certains s'enfuyaient déjà. Söl Randell jetait des regards dans tous les sens, utilisant ses dons afin de détecter cette menace invisible mais, en vain, il était partout à la fois... Seules des entailles, gravées au sol dans la pierre lors de ses attaques, témoignées de l'existence de ce vent violent. Les cris d'horreur se poursuivaient. Dans la confusion, Eliel s'était éloignée, si efficacement que le paladin n'avait pu que se fier à sa magique pour retrouver sa trace. Puis, le glas de la confrontation sonna.

Le paladin s'était soudainement figé, regardant droit devant lui. Que ce soit Seyren Windsor qui, ignorait par ses ennemis, s'était mis en mouvement ou, les soldats blessés gisant ci-et-là autour de lui ou encore, Eliel qui tremblait comme une feuille dans sa cachette de fortune, rien ne pouvait plus détourner l'attention de Söl Randell. Il n'y avait plus, dans l'instant présent, que la lutte ancestrale envers le bien et le mal qui importait. Il ne pouvait en être autrement pour un guerrier né dans la lumière. Un pas invisible s'abattit lourdement dans une flaque d'eau laissée par l'averse puis, il apparut enfin.

Les ténèbres, plus noir qu'une nuit sans lune, dansaient lugubrement autour de sa fine silhouette. Ses yeux, d'un rouge enflammé, transperçaient sans difficulté l'obscurité pour toiser le guerrier saint dans un face à face haineux et silencieux. Un vent ensorcelé tournait autour du démon, jouant avec les mèches de ses cheveux et l'écharpe rouge dont l'extrémité pendait en son dos. Loki, la lame du démon.

- « Gil ! On se tire ! » Indiqua Seyren en rejoignant son compagnon, l'attrapant sauvagement par le vêtement.

Empruntant la petite ruelle par laquelle il avait rejoint la place, le chevalier s'éloignait du champ de bataille, blessé, vaincu mais, en vie. S'il avait toujours pensé que perdre une bataille n'était rien lorsqu'on avait toute une vie devant soit pour gagner la guerre, l'héritier des Windsor refoulait sa colère dans le silence. Il n'avait pas pu compter sur lui-même, s'était fait avoir comme un débutant et, comble du comble, n'avait pas eu d'autre choix que de faire appel à son pacte avec le démon. L'alchimiste n'avait rien d'un guerrier et pourtant, il venait d'avoir un aperçu de ce à quoi pouvait bien ressembler une tempête encore au loin...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Aventureuse
Exp : 2261

Messages : 48
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Sam 12 Avr - 10:31
A la fois sous le coup de la surprise et du soulagement, Gilford avait changé d'état d'esprit. La réponse du démon à ses inquiétudes avait été parfaitement minutée. Lui laissant juste tout le temps de se représenter pleinement son assassinat, sa misérable fin de vie dans une ruelle sordide, l'oppressante aura de Loki s'était manifestée sans que personne n'ait pu l'anticiper. Désormais, loin de l'espoir ténu qu'il entretenait avec chaleur dans les tréfonds de sa cage thoracique, le jeune érudit était victime de son plus vilain défaut : la curiosité. Méconnaissant l'ampleur des capacités du démon, qu'il imaginait colossales, il espérait quelque chose de grandiose. Galvanisé par ses attentes, il assista à une scène surréaliste.

Il ne put voir Loki en pleine action. Le suivre des yeux était déjà impossible, comprendre ses actions relevait d'une réalité qui le dépassait complètement. Au lieu de cela, il se surprit à compter les soldats qui tombaient, les repérant aux cris qu'ils poussaient avant de subir la frappe subtilement ajustée de l'être ténébreux. De francs mugissements, mêlant douleur et incrédulité, qui s'évanouissaient l'un après l'autre, tout comme les malheureux qui les émettaient. Extasié par le spectacle, Gil ne put s'empêcher de comparer de tels talents à ceux de Seyren, qui avait dévasté la place où ils se trouvaient d'un seul coup de 9K, ou de ce paladin qui avait, sans esquisser un mouvement de recul, encaissé la frappe. Face à un tel déchaînement de puissance, le constat était évident : 
"Je suis entouré de monstres..."

Complètement ébahi, Gilford ne perçut pas immédiatement que Seyren se précipitait vers lui. Lorsqu'il prit en conscience cependant, il nota rapidement que le bras du chevalier était maculé de sang. La flèche, toujours fichée dans l'épaule, remplissait ses fonctions à merveille, à mesure que l'hémorragie semblait s'étendre. Etant arrivé à la hauteur de l'alchimiste, le saisissant par la manche, Seyren éructa son commandement :  « Gil ! On se tire ! » 
Sans lui laisser le temps de répliquer, le Windsor s'était déjà précipité hors de la place, plongée dans la confusion et les hurlements depuis l'intervention de la bête aux yeux rouges. Gilford se sentit néanmoins obligé de formuler une réponse : "A tes ordres patron !" lança-t'il en l'air avant de se lancer à la poursuite de son renégat de compagnon.

...

Une nouvelle fuite effrénée ? Ben voyons, ça nous avait manqué ! La différence était néanmoins de taille : cette fois personne ne nous poursuivait. Loki se chargeait du sale boulot, et nous, on sauvait chèrement notre peau. Je pouvais voir Seyren, que je pensais à court de jus après sa démonstration de toute puissance, saignant comme un goret, détalant comme un lapin, transperçant les ruelles, ébouriffant les passants de sa vitesse de déplacement. L'instinct de survie est un moteur extraordinaire, je le conçois aisément, mais je n'imaginais pas ses effets potentiels sur une bête physique telle que lui. En des conditions normales, sa lourde armure le ralentissait, et je pouvais sans trop d'efforts me hisser jusqu'à lui, voire le dépasser. Pourtant, depuis lors, il semblait s'être doté d'ailes, tant il survolait son sujet. Je peinais à le suivre, à anticiper ses trajectoires, m'élevant progressivement à ma vitesse de pointe, détail que je considérais comme mon point fort...
Petit à petit cependant, sa pointe s'émoussait (je parle bien sur de sa pointe de vitesse, et pas de celle qu'il avait fichée dans l'épaule, celle-ci nous y reviendrons bien vite...) et je pus, au bout d'une dizaine de minutes de course, le rattraper. Je constatai alors que son souffle s'était alourdi, que sa respiration se faisait haletante. Il allait bientôt falloir s'arrêter...

...


Les deux compagnons trouvèrent refuge dans une étable excentrée, dont les occupants habituels étaient absents. Des montures certainement réquisitionnées pour traquer les criminels, et pourquoi pas Gilford et Seyren... Prenant place au fond de la grande pièce en bois, sur de la paille disposée là pour le plus grand confort des équidés du coin, le chevalier poussa un grognement, probablement de rage et de dépit. Son orgueil était certes atteint, mais rien ne devait lui faire plus mal en cet instant que la flèche qui l'avait atteint à l'épaule. Gilford se pencha vers son camarade et ne put réprimer une grimace de dégoût. La blessure était mauvaise. L'entaille était profonde. Gil s'en assurait un peu plus chaque seconde, mais il ignorait si Windsor le sentait. Il était capital de retirer le carreau au plus vite, pour empêcher la plaie de s'infecter. Mais ce genre de projectile n'est pas du genre à se laisser arracher sans rien dire. Pis encore, le retrait d'une flèche peut, selon sa forme, occasionner encore plus de dégâts que son insertion dans les chairs. Alors que Gilford tentait de mobiliser tout ce qu'il savait des flèches et de leur extraction, lui revinrent en mémoire les travaux d'un médecin antique, Aulus Cornelius Celsus, Celse pour les intimes. L'effort consenti pour faire remonter cette lecture vieille de plusieurs années amena Gilford à réciter, à haute voix malgré lui, le contenu de cette étude, ou du moins ce que son esprit en avait retenu : 

"Les traits dont le corps a été atteint, et qui y sont restés enfoncés, n’en sont souvent retirés qu’avec beaucoup de peine. En effet rien ne pénètre si aisément et si avant dans le corps que la flèche. Tous les traits se retirent ou par l’endroit par lequel ils sont entrés, ou par celui vers lequel ils tendent à sortir, mais on doit éviter soigneusement de ne couper ni nerf, ni veine, ni artère considérable. Dans le cas des flèches barbelées, on doit autant que faire se peut éviter de les retirer par l’endroit où elles sont entrées, car les pointes recourbées déchireraient plus les chairs en reculant qu’en avançant. Il faut donc, après avoir fait une incision, écarter les chairs de façon à chercher le fer, et voir si la hampe lui est encore attachée."

Seyren releva la tête, adressant à l'érudit en herbe, un visage hébété, donc l'expression aurait pu aisément être traduite par l'onomatopée : "Gnéééé ?". Réaction tout à fait compréhensible par ailleurs, tant les mots de son compagnon semblaient sortis de nulle part. Gil se retourna vers le chevalier, et lui répondit par un soupir : 

"Il va falloir l'enlever Seyren. Ce sera probablement...douloureux. Je vais d'abord essayer d'écarter l'entaille et essayer de voir à quelle profondeur la pointe s'est aventurée. Ensuite nous n'aurons pas le choix, il faudra tirer. Mais...Oh mes Dieux je n'ai pas envie de dire ça; Il faudra peut être la faire tourner avant de pouvoir la retirer. Finalement si on parvient à s'en débarrasser, il faudra probablement cautériser immédiatement la plaie, si tu ne tiens pas à te vider de ton sang. Tout ça va laisser des traces...Je suis désolé l'ami, serre les dents."

Ledit chevalier ne laissa approcher Gil qu'avec une certaine réticence. Quand bien même elle fut de circonstance, elle n'était que convenue. L'opération était inévitable, et il le savait. Éloignant délicatement les deux bords de la plaie, Gilford s'attira un nouveau grognement, un peu plus agressif. Le sang affluait par le sillon creusé par la flèche. Si bien que le médecin malgré lui ne put que difficilement distinguer la nuance à peine plus claire de rouge qui indiquait l'emplacement d'un des bouts de la pointe. Le fait qu'il puisse la voir indiquait à Gil qu'elle n'était pas aussi profondément ancrée qu'il ne le craignait. Cela constituait un espoir, il était toujours bon de le noter.

"On a de la chance. Le bout n'est pas trop loin. Je vais essayer de me placer de façon à retirer la flèche de la façon la plus droite possible."

Tout en parlant, il s'était installé à califourchon sur l'épaule de Seyren, saisissant la hampe du carreau comme s'il s'apprêtait à retirer Excalibur de son rocher.

"N'oublie pas qu'il faudra cautériser dès que j'aurai terminé. Prépare tes flammes. Prêt ?"

S'apprêtant à lancer le décompte, Gilford fut traversé par la possibilité que Seyren ne s'évanouisse. Puis il l'évacua. Le Windsor n'était pas homme à céder de la sorte, cela semblait évident.

"Un...Deux...Trois !"


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
" Loki "
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : =__=
Localisation : Dans votre ombre.
Exp : 2210

Messages : 66
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Mer 30 Juil - 8:13
Les sirènes de la fontaine, piégées à jamais dans la pierre, semblaient à présent pleurer. Le sang avait été versé sur leur place. Le ciel baignait toujours dans cette obscurité grisâtre déprimante. Quelques éclaircis, ci-et-là, témoignaient de la volonté de la lumière à chasser les ténèbres. Et pourtant, la lumière du jour était impuissante, suffocante derrière l'épaisse couche de nuages. La pluie continuait de tomber, fine et abondante.

La plupart des soldats d'Alcombord avaient fuis. Les plus courageux d’entre eux évacuaient les blessés et d'autres, dont la folie semblait avoir pris le dessus sur le courage, continuaient de pointer leurs armes sur le démon, les mains tremblantes. Quant bien même Loki était immobile, aucun humain n'oserait tirer. Comment pouvait-il en être autrement ? L'Homme naïf avait toujours placé la cause de ses malheurs sur le dos d'une force obscure et invisible. Cette noirceur venait tout juste de se matérialiser devant eux. Loki inspirait la confusion et la peur dans le cœur des Hommes. Néanmoins, il y avait bien un homme présent sur la place de la fontaine pour qui, l'elfe noir n'inspirait pas la peur. Juste un profond dégoût et une haine immense.

Les yeux brûlants du démon, dont la fine pupille rappelait celle d'un serpent, s'étaient plantés dans ceux du paladin, bleu comme le ciel d'été. Sans que rien ne puisse le prédire, le démon s'était rué sur l'homme de foi. Dans un sifflement métallique, des lames avaient surgit des mécanismes présents sur les avants-bras de l'elfe noir. Söl Randell n'avait qu'à peine eut le temps de parer, de son bouclier divin, l'attaque en croix des lames du démon. Sans émotion, Loki avait pivoté sur le côté gauche du paladin, enchaînant ses attaques avec une précision et une vitesse inhumaine. Contrairement au chevalier qui, avait affronté le paladin de front, le démon ne lui faisait pas cet honneur. La silhouette sombre du démon se mouvait sans cesse, tournant autour de sa proie en libérant toute la violence et la fureur de ses lames. Söl Randell contenait au mieux cette danse folle, incapable de relâcher sa défense, ne serait-ce qu'une seconde, au risque d'être aussitôt taillé en pièces.

Les Dieux semblaient avoir abandonnés leur fidèle. Le combat ne durait que depuis quelques minutes et déjà Söl Randell, le visage trempé de sueur, atteignait sa limite. Alors que le bouclier déviait, une nouvelle fois, l'une des mains armées du démon, le regard du paladin s'était un instant attardé sur une chainette en argent enroulée autour de l'avant-bras de Loki. Au bout de cette chaine pendait une croix religieuse rompue qui, ne formait à présent plus qu'un vulgaire « X ». Saisissant l'ouverture dans la défense du paladin, l'elfe noir entailla le ventre de l'homme des Dieux de son second bras. Söl n'eut que le temps de rentrer le ventre dans un mouvement désespéré de recul. Le sang ne tarda pas à agresser sa cote de chaine, surgissant de la plaie. Comme pour empêcher son sang de s'échapper, le jeune homme avait violemment claqué son bras contre la large plaie. Ainsi plié en deux, il était à la merci de son adversaire.

Les yeux écarlates du démon brillaient comme des feux sauvages dans la demi-pénombre. Ses poings s'étaient complètement refermés, activant ainsi un nouveau mécanisme qui libéra une nouvelle lame, beaucoup plus longue et aiguisée que les premières, sur chacun de ses membres avant. Söl n'avait eu le temps que de relever son regard paniqué, sentant son sang se glacer à la vue de sa mort imminente. Il sentit le démon s'approchait dans un courant d'air mortelle puis, plus rien. Le démon aux yeux écarlates avaient subitement disparut, emportant avec lui l'atmosphère pesante qui avait engloutit la place aux fontaines lors de son apparition. Söl avait secoué la tête, essayant de sortir de sa torpeur, jetant son regard dans tous les sens avant de croiser celui inquiet d'Eliel. L'arc de la jeune femme était pointé dans sa direction. La main d'Eliel, qui ne tenait pas l'arc, était vide, à demi-ouverte et suspendue dans le vide. Le paladin comprit alors qu'il venait d'être sauvé in-extremis par l'intervention de la petite femme. Le démon avait battu en retraite.

***
Perché sur le toit du plus haut clocher de la cité portuaire, le démon aux yeux rouges observait le ciel tempétueux avec lassitude. Ses lames droites étaient toujours à l'air libre, imprégnée du sang du paladin. Sa main était fermée sur la flèche qui, avait manqué de peu son œil droit. Cette petite chose avait-elle eu simplement de la chance ou, était-ce là la preuve d'une dextérité surhumaine ? Qu'importe. Les humains restaient bêtes et lents pour un être tel que Loki. Immobile, l'être sombre semblait atteindre quelqu'un ou quelque chose. Dans un cri lugubre, deux grands corbeaux avaient transpercés le ciel gris pour rejoindre le clocher. Le premier avait atterrit au pied du démon tandis que le second, avait refermé ses serres noires sur l'épaule de Loki.

- « La tempête approche. » Murmura de sa voix sombre le corbeau à l'oreille du démon.
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Joueuse
Localisation : Partout à la fois...
Exp : 3185

Messages : 1003
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Mer 30 Juil - 8:44
Je fuyais comme le plus beau des lâches. Je n'avais pas eu d'autres choix à ma disposition, à vrai dire. Si ce n'est qu'une flèche était logée dans mon bras, rendant ma prise sur mon arme moins sûre, voir délicate, il y avait trop de facteurs qui m'auraient conduit à ma perte. Commençons par le plus évident, les archers d'Alcombord. Une seule bonne visée de leur part et, j'aurais été abattu comme du vulgaire bétail. La lignée des Windsor se serait achevée sur un pauvre fou abattu par un soldat à peine promu. Puis, il y avait ce mystérieux paladin, Söl Randell. S'il avait l'air de mon côté lors du trouble, il n'en restait pas moins un chien de l'église. Ce genre d'animal était dressé pour obéir en toute circonstance. Quelque soit la tournure des choses, il aurait fini par me faire à nouveau obstacle. Gilford était également un élément à prendre en considération. Personne ne le connaissait et de ce fait, sa vie n'avait aucune valeur marchande pour Alcombord et ce chien de l'église. J'avais peut-être déjà enterré beaucoup de frères d'armes, mais tous avaient été des soldats. Ils s'étaient engagés à donner leur vie pour la juste cause. Gilford Howling n'était pas un soldat.

J'avais lâché le démon. Je fuyais en vaincu. Je courais comme un déchainé en puisant dans mes derniers retranchements afin, de sauver ma peau. J'étais un pauvre idiot. C'est après une course trop longue pour mon état que nous avions finalement trouvé refuge dans une étable désertique, même les chevaux y étaient absents. Je m'étais traîné jusqu'au fond, libérant enfin toute ma frustration dans un coup de poing contre le bois d'une pauvre porte laquelle, éclata sous ma colère.

- « Et merde ! » Grognais-je en serrant les dents.

Je ne devais pas être très joli à voir... Comprenant que je devais effrayer mon pauvre compagnon par ma brutalité, je m'étais tourné vers lui, le visage désolé, m'apprêtant à lui adresser mes sincères excuses mais, l'alchimiste me devança en racontant une sorte de... Bordel ? Mais sérieux, c'était quoi ça ? Une incantation ? Un poème raté ? Le résumé d'un ouvrage ? Le regard du petit gars s'était figé et ses mots filaient à une vitesse vertigineuse. Il était comme possédé. Je n'avais pas eu besoin de lui faire oralement part de ma confusion, l'expression sur mon visage devait bien résumer la chose.

- « Il va falloir l'enlever Seyren. Ce sera probablement...douloureux. Je vais d'abord essayer d'écarter l'entaille et essayer de voir à quelle profondeur la pointe s'est aventurée. Ensuite nous n'aurons pas le choix, il faudra tirer. Mais...Oh mes Dieux je n'ai pas envie de dire ça; Il faudra peut être la faire tourner avant de pouvoir la retirer. Finalement si on parvient à s'en débarrasser, il faudra probablement cautériser immédiatement la plaie, si tu ne tiens pas à te vider de ton sang. Tout ça va laisser des traces...Je suis désolé l'ami, serre les dents. » Avait-il traduit dans notre langue, le visage réellement désolé.

J'avais eu comme première réaction un mouvement de recul. Mais, il avait raison. Cette flèche devait être retirée de ma chair et, au plus vite. Néanmoins, de là à cautériser la plaie... Cela pouvait m'handicaper durant plusieurs jours, voir plusieurs semaines. J'étais peut-être un Windsor mais, ce corps, aussi puissant et solide soit-il, restait celui d'un homme. J'avais soupiré, m'installant au sol pour me préparer à déguster sévèrement.

- « Ne te plante pas... C'est mon bras-fort, je ne peux plus combattre sans lui. » Dis-je en plantant mon regard émeraude dans le sien.

C'était peut-être un coup de pression supplémentaire pour l'alchimiste mais, il devait savoir l'enjeu de cette opération. Je n'avais pas eu le luxe de retirer l'épaulette de métal recouvrant normalement mon épaule, celle-ci avait explosé en partie durant la bataille. La flèche figée dans ma chair était à découverte. Je sentais les doigts de Gilford tripotait la blessure et, la sensation en était des plus dérangeantes...

- « On a de la chance. Le bout n'est pas trop loin. Je vais essayer de me placer de façon à retirer la flèche de la façon la plus droite possible. » S'était-il réjouis.

De la chance... C'est ça... L'alchimiste, médecin à ses heures perdues visiblement, m'avait rappelé que j'allais devoir carboni- cautériser la plaie à l'aide de ma magie du feu dès, que la flèche aurait quitté ma pauvre épaule. De mon autre main, j'avais saisi la garde de mon épée, observant la lame écarlate, prêt à utiliser mes dons afin de la chauffer. Mon regard n'avait pas quitté la 9K alors que Gilford lançait le compte à rebours.

- « Un...Deux...Trois ! »

Dans un étirement infernale la flèche avait quittée ma chair, libérant ainsi le sang pour lequel elle faisait jusqu'ici office de bouchon. La lame de mon épée était aussi ardente que celles que le forgeron venait à peine de sortir du feu. Serrant les dents, j'avais approché lentement la lame brulante à mon épaule, hésitant un instant, avant de la plaquer brutalement contre la plaie. Le sifflement et la chaleur vorace m'avaient retourné l'estomac et noué la gorge. D'un geste sec, j'avais retiré la lame, lâchant aussitôt mon épée pour attraper mon pauvre bras. L'odeur de la chair brûlée ne tarda pas à monter jusqu'à nos narines... J'avais l'angoissante et horrifiante sensation que mon épaule était en feu. J'avais laissé quelques minutes s'écoulaient paisiblement, reprenant mon souffle, avant d'adresser quelques aveux à mon compagnon.

- « Je dois t'avouer une petite chose... La douleur n'est pas aussi pénible pour moi que pour toi. » Dis-je, le visage en sueur, relâchant mon épaule pour m'empresser de chercher ma gourde à ma ceinture.

C'était une façon comme une autre de lui avouer que je ne ressentais pas la douleur. C'était une tare assez rare, même chez les Windsor. C'était à la fois un avantage certain sur le champ de bataille que s'en était un triste handicape. Mais dans l'actuel, je dois bien avouer que cela m'avait empêché de perdre connaissance telle une pauvre fillette. Afin de taire un peu la sensation de feu à mon épaule, j'avais vidé lentement le contenu de ma gourde sur mon épaule. C'était si bon ! Mais, ma gourde s'était vite retrouvé à sec. J'allais devoir faire avec cette foutue chaleur.

- « Merci Gilford... » Soupirais-je. - « Pardonne-moi de la tournure des choses... Je doute que ton ancienne vie était aussi... rythmée. Quoi que, en y repensant, t'es une espèce de monstre à ta façon, érudit acharné... Depuis quand t'improvises-tu médecin ? » Ajoutais-je dans un petit sourire.

Nous avions encore à faire, mais pour le moment, je n'étais pas en état de quoi que ce soit. Je devais me reposer, mon corps en avait grandement besoin. Quant à Gilford, j'imagine que c'est son esprit qui avait grand besoin d'un peu de répit.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Aventureuse
Exp : 2261

Messages : 48
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier Ven 29 Aoû - 6:00
Gilford appréhendait le moment où il allait effectivement tirer sur cette flèche. Alors même qu'il avait entamé son décompte, qu'il ne lui restait plus qu'une ou deux secondes avant d'entamer son mouvement, il sentit le temps se distendre autour de lui, du fait de l'affluence d'adrénaline dans son organisme. Il allait falloir être puissant, précis et bref, tout cela en même temps. Comme Seyren venait de le souligner, l'épaule concernée appartenait à son bras d'épée. Les conséquences pourraient être irréparables. Cela n'aidait pas à mettre en place un climat de sérénité. Mais il fallait agir, au plus vite. La moindre seconde supplémentaire que ce carreau passait dans le corps du chevalier était une seconde de trop. Il fallait tirer.

Et Gilford, arrivé au bout de son compte à rebours, tira. De toutes ses forces.

La sensation de la flèche s'échappant des chairs de Seyren sous l'effet du mouvement de traction apparut au jeune érudit comme indescriptible. L'indicible son qui s'échappa de l'épaule de son camarade, entre succion, mouvement de fluides et découpe de viande crue, lui donna un léger haut-le-coeur. L'opération fut néanmoins de courte durée. Avant d'avoir eu réellement le temps d'intérioriser ses impressions, Gilford tenait en main la hampe du maudit projectile, et put apprécier la teinte vermeille de la pointe, sur laquelle ruisselait du sang bleu de Windsor. Instinctivement, il se redressa, et quitta sa position à califourchon sur l'épaule du chevalier, laissant à ce dernier tout le loisir d'approcher, puis d'y plaquer le plat de sa lame chauffée à blanc. Gil fut dans un premier temps victime de la fascination que suscitait en lui l'idée d'assister à une opération aussi brute que la cautérisation d'une plaie au fer rouge. Son regard se porta dès qu'il se retourna sur l'épaule de Seyren. Mais lorsque le métal entra en contact avec la peau, un sifflement perçant fit vriller les tripes du jeune homme, qui détourna immédiatement les yeux. Une odeur de viande grillée emplit la pièce tandis qu'il s'efforçait de regarder ailleurs. Elle lui donna instinctivement l'eau à la bouche, puis lui occasionna d'insupportables nausées. Gilford, tombé à genoux, les bras serrés autour de l'estomac, faisait de son mieux pour ne pas rendre son petit déjeuner. Il se rendit compte dans le même temps, non sans une certaine admiration, que Seyren n'émettait pas le moindre son. Au bout d'une vingtaine de secondes, qui parurent une éternité, le supplice toucha à sa fin. Sans dire mot les deux camarades s'accordèrent quelques minutes de répit, pendant lesquelles chacun reprit son souffle. Le chevalier suait à grosses gouttes, mais ne semblait pas aussi touché qu'on aurait pu le croire, compte tenu de ce qu'il venait de s'infliger. Sa chair était marquée à vie, mais la blessure était refermée. Ce fut d'ailleurs Seyren qui brisa le silence :

"Je dois t'avouer une petite chose...La douleur n'est pas aussi pénible pour moi que pour toi. "

Puis, après une pause (et un soupir), il ajouta :

"Merci Gilford...Pardonne-moi de la tournure des choses...Je doute que ton ancienne vie était aussi...rythmée. Quoi que, en y repensant, t'es une espèce de monstre à ta façon, érudit acharné...Depuis quand t'improvises-tu médecin ?"

Cette remarque ramena un sourire sur le visage, encore un peu pâlot, de l'alchimiste. Son compagnon allait s'en sortir, même si sa voie était faible et son ton mal assuré. 

"Oh là oh là, je suis tout sauf médecin ! Répondit Gilford dans un éclat de rire soulagé. Je ne sais même pas comment ces connaissances me sont revenues, j'ai du lire ça il y a longtemps...Mes Dieux, j'ai du en lire des choses...J'ai appris à lire à l'âge de trois ans et depuis lors j'y passe le plus clair de mon temps. Enfin j'y passais. Depuis que j'ai quitté l'académie, je n'ai plus retouché au moindre ouvrage, ça commence à me manquer mine de rien...Mais passons. Toi aussi tu es impressionant Seyren. Tu as à peine bronché pendant la cautérisation, j'ai trouvé ça assez impressionnant. Tu ne ressens pas vraiment la douleur c'est ça ? C'est fou...et ça nous a permis de ne pas plus attirer l'attention sur nous. Enfin j'imagine que tu dois quand même être assez fatigué. Il faudrait que tu te reposes un peu, mais je pense que notre situation ne nous le permet pas vraiment. Loki est intervenu pour nous permettre de gagner du temps, à mon avis il faut mettre son initiative à profit...il nous a sauvé la mise d'ailleurs je viens de m'en rendre compte. Ce paladin était vraiment dangereux, même toi tu..."

Gilford interrompit son monologue lorsqu'il remarqua l'expression du chevalier. Le fait d'évoquer à nouveau le guerrier sacré ne le mettait visiblement pas dans les meilleures dispositions. C'était, en un sens , compréhensible. La force physique de Seyren, ainsi que sa capacité à atténuer la douleur ont du lui permettre de remporter nombre de combats. En un mot, il n'avait pas l'habitude de perdre. Et subir une telle défaite, face à un adversaire qui avait, au surplus, neutralisé sa carte maîtresse...son ego avait du en prendre un sacré coup. Gil choisit donc d'interrompre sa phrase, avant de poursuivre.

"Bref...Nous devrions nous rendre à Lotheican. Si des réponses nous y attendent, il faut aller les chercher au plus vite. Je ne me fais pas de souci pour Loki, il saura nous retrouver. Prenons le premier bateau pour la capitale de la connaissance, poursuivons notre quête. Je t'avais prévenu je suis avec toi maintenant ! Et depuis que je me suis assuré de la puissance de notre compagnon démoniaque, je suis presque sur que l'on peut réussir ! Rejoignons le port. Une fois qu'on aura embarqué, tu auras du temps pour te reposer...D'ailleurs il vaut mieux que tu gardes profil bas pendant quelques temps. Ta plaie est certes refermée, mais il vaut mieux éviter qu'une hémorragie ne se déclenche à l'intérieur de ton bras, tu risquerais gros, et on ne s'en tirerait pas avec une nouvelle démonstration pyrotechnique...Mais je te fais confiance. Je ne connais pas encore tes capacités de rétablissement, mais si elles s'alignent sur le reste de ton physique, tu n'auras aucun souci...Fiou...Je ne dirais pas non à une petite sieste moi non plus".

Gil tendit le bras en direction de Seyren, aussi heureux qu'excité par le futur qui se dessinait devant eux.

"Prends ma main et relève toi, l'aventure nous appelle !"
Revenir en haut Aller en bas
" Contenu sponsorisé "
Who am i !

Confrontation entre l'épée et le bouclier

MessageSujet: Re: Confrontation entre l'épée et le bouclier
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Céladopole Acte III : Confrontation entre rivaux ! Daisuke VS. Trey [Terminé]
» Haiti en Marche: Haiti entre la Chine et Taiwan
» Conflits entre les syndicats au sujet du CEP et des elections.
» Atelier de travail entre entrepreneurs dominicains et haïtiens
» ENTRE LA DROITE REVOLUTIONAIRE ET LA GAUCHE REACTIONAIRE ??

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
[- Midgard -] :: [ Midgard ] - Terres des hommes :: Alcombord-