avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Poker face
Localisation : Dreamscape
Exp : 1647

Messages : 14
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

[PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable

MessageSujet: [PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable Mar 14 Mai - 6:47
(Musique : Desires Under Starry Skies)

Quoique quelques étoiles se reflétassent dans les eaux calmes du port d’Alcombord, ni les lumières dansantes, ni les passants rieurs ne tiraient leur révérence à la lune pleine. La mer, contant une berceuse à la ville marine, écoutait sagement le bourdonnement citadin. Les commerçants les plus vaillants éteignaient les bougies tremblantes de leur boutique. Les auberges, ne cessaient au contraire d’enfler, pressées par la fête grondante d’une clientèle bien nombreuse. On pouvait, sans trop tendre l’oreille, percevoir les chants du pays, ronronnant depuis les bars animés. Ah, les bardes avaient raison : rien n’égalait les festivités des tavernes habitées par de vieux loups de mer.

Dryew était de la fête. Toute la journée durant, il s’était occupé de diverses livraisons à travers le port, pour des marchands prêts à mettre la main à la bourse. Il était clair que ses grandes foulées, couplées avec son « Atout du Vagabond », en faisaient un atout idéal pour les colis express. Suite à cette grande vadrouille, le cartomancien était juste exténué, et tout à fait réjoui. Une jolie bourse bien pleine, aux cliquetis ravissants ! Il était maintenant grand temps pour lui de mettre les pieds sous la table et de profiter un peu de l’ambiance nocturne.

Voilà. La soirée s’éteignait comme une petite bougie pour Dryew, qu’il avait beaucoup appréciée. Une charmante demoiselle lui avait tenu compagnie à sa table, suivie d’une de ses connaissances un peu pompette. Oh, que c’était drôle : la nain racontait un tas d’histoires tordues que l’on ne peut déblatère normalement qu’à partir d’une heure bien plus tardive, tandis que la prêtresse gloussait comme un dindon. D’ailleurs, le petit bonhomme en armure avait payé pour un petit tour de divination. Ça n’avait pas manqué : l’homme bien en chair avait implosé d’hilarité en voyant la carte du Pendu apparaître devant lui. Le pauvre n’avait même pas daigné écouter les explications du devin, bien qu’elles auraient pu gâcher la sacrée tranche de rigolade que ces trois-là se payaient.

Il était désormais temps pour Dryew d’aller se coucher sur ses deux oreilles. Lorsqu’il s’adressa au comptoir, il apprit que toutes les chambres étaient prises, ce qui n’avait rien de bien étonnant. Bien déterminé à ne pas veiller parmi quelques chiens sauvages répugnants, le mage sortit, à la recherche d’une auberge un peu plus vide et plus calme, dans la cité d’Alcombord.

Dehors, seuls quelques couples et groupes d’heureux fêtards trainaillaient, dans le calme enfin retrouvé de la mer. La lune était à son plus haut dans l’océan lumineux bleu marine. Quelques chats miaulaient sur les toits, tel qu’on les imaginait dans les vieux contes. Dryew s’enfonça dans la ville, jusqu’à une petite auberge aux fenêtres encore jaunies par la lumière pâle d’une lampe. « Le bar du borgne ». Le nom n’évoquait rien de bien rassurant, mais peu importait : des chambres étaient encore disponibles. Dans la petite salle de fête, un barman borgne – quel doux hasard, si ç’en était ! – essuyait quelques choppes trempées. D’un air grave et fatigué, il s’adressa à Dryew :

« Bah alors ? On ne sait pas où dormir ce soir ? »

Le sorcier acquiesça et, d’un ton perplexe, demanda une chambre. Les gens, tout comme le quartier, n’inspiraient rien d’autre que la méfiance… De ses pas légers, le cartomancien monta à l’étage, et se coucha, sans tarder davantage.

La nuit fut agitée. À plusieurs reprises, Dryew se réveilla et entendit du grabuge au rez-de-chaussée. Toutefois, l’appel de l’oreiller lui boucha les oreilles, et, jusqu’à l’aube, de drôles de rêves défilèrent dans son esprit.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Exp : 1662

Messages : 23
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

[PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable

MessageSujet: Re: [PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable Jeu 16 Mai - 8:18
2.1. La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable


Il y a de ces jours où vous aimeriez prendre la tête de la personne en face de vous, et de l'écraser avec le plus de délicatesse possible contre le pavé, puis de jeter le corps à la mer pour le voir couler et rire aux larmes en voyant la tête des marins qui repêchaient la pauvre victime dans leur filet. Ethan Milkas était dans cet état d'esprit en ce moment même, mais le jeune garçon n'était sans doute pas assez cruel pour faire couler le sang. A moins que l'homme en face de lui était de toute façon bien trop musclé pour se faire exploser le crâne par un jeune garçon frêle de 17 ans.

Le jeune changeling faisait un vol de fin de jorunée, car il aimait voir le soleil couchant, au dessus de la mer calme et des bateaux de marins qui commençaient à rentrer au port, afin que les hommes rejoigant femme et enfants, quand il avait remarqué cet homme qui l'observait de loin, assit au bord du port. Le regard perçant de la buse en laquelle il était changé, lui permit de pouvoir détailler l'homme: grand, d'une cinquantaines d'années, aux cheveux presque tous gris et à la barbe épaisse. L'humain était musclé, du genre à stopper dans sa course un taureau lancé à pleine vitesse. Ethan était sûr qu'il connaissait cet homme, et pour en avoir la confirmation, il avait battu des ailes vers lui, sans pour autant se poser à ses côtés. Quand il était passé au-dessus de l'homme, ce dernier avait dit

- Allez, je sais que tu n'es pas vraiment un animal. Je te connaît bien, Ethan.

Le jeune homme avait faillit en perdre l'équilibre dans les airs et avait battu des ailes pour éviter de piquer vers le sol. Doucement, il s'était posé, méfiant et, après avoir regardé autour de lui pour vérifier qu'il n'y avait personne dans les environs, il s'était transformé.

- Qui êtes-vous ? avait-t-il demandé.

L'homme lui avait sourit. Une sorte de flash, tellement rapide qu'il ne put l'identifier, traversa l'esprit du changeling. Ethan ne savait pas qui était cet homme, mais il en était sûr maintenant, il l'avait déjà vu quelque part, et ce sourire... il le connaissait, c'était certain.

- Allons nous poser dans une taverne. Je n'ai pas encore mangé.

L'homme s'était levé et Ethan l'avait suivit sans rien dire. Il avait marché derrière lui, gardant tout de même la main dans la poche qui contenait sa dague, au cas où cet étranger -qui ne l'était peut-être pas tant que ça- essaierait de l'attaquer.
Ils s'étaient dirigés jusqu'à la "Taverne d'Or". Ethan Milkas connaissait cet endroit. Il y été déjà allé, avec son oncle, qui connaissait le gérant. Les deux hommes s'était installés à une table et avait commandés un repas. Ethan avait eu le ventre creux mais assez d'argent pour se payer un bon dîner. Une fois la commande passée, l'homme s'était mit à parler:

- Ethan, tu ne te souvient sans doute pas de moi. Je suis Georg Lith, j'étais un bon ami à ta mère.
Le regard du garçon s'était assombrit. Il n'aimait pas évoquer son passé. Pourtant, il avait affiché un petit sourire. Il avait dû rencontrer cet homme étant petit. Sa mère avait beaucoup d'amis et les invitaient souvent. Ethan avait au bout d'un moment arrêté de compter les soirées que sa mère passait en compagnie de gens que lui-même n'avait jamais vu.

Georg avait continué de parler, et vous allez bientôt comprendre les envies de meurtres vis-à-vis de cet homme que Ethan ressentait:

- Je suis désolé pour ce qui est arrivé. Enfin bon, passons, j'imagine que tu ne veux pas te remettre ces images horribles dans la tête. Vois-tu, j'ai quelque chose à te demander. Il y a longtemps, j'avais prêté un peu... enfin beaucoup, d'argent à ta mère. A cause de ce drame horrible, elle n'a jamais put me le rembourser. Et il se trouve qu'aujourd'hui, j'ai aurais besoin. Voilà Ethan, toi qui as hérité, je voudrais te demander si te pourrais me rembourser -au moins en partie- ce que j'avais prêté.

Et maintenant, Ethan était là, face à l'homme, le regardant droit dans les yeux, se demandant pourquoi cet homme lui disait ça. Mais le jeune garçon ne se décida pas à réfléchir plus longtemps. Il se leva d'un coup, faisant tomber sa chaise, sans dire un mot. Des gens se retournaient pour le regarder. Il se dirigea droit vers la porte, sortit et claqua derrière lui d'un coup sec. Là, des larmes commencèrent à couler. Il n'eu même pas le courage de se transformer pour se détendre. Il se mit en quête d'un endroit où dormir, et il se trouva que la seule auberge non complète fut celle du Borgne, un établissement très mal réputé. Peu importait pour le jeune homme, il avait juste besoin de repos.
Il s'endormit très vite, fatigué des épreuves de la journée. Il fut réveillé par le bruit de personnes qui s'agitaient, parlaient fort et avaient l'air préoccupés. Ethan rangea ses affaires dans son sac de toile, se disant que de toute façon il devait partir, et descendit.
En bas, c'était un grabuge phénoménale. Mais que se passait-t-il? Ethan resta sur les dernières marches de l'escalier, en attendant que la foule sorte de l'auberge, avant de se diriger vers l'aubergiste pour lui demander ce qui se passait.

- Un meurtre, souffla le borgne. Cette nuit. On offre une grosse récompense à celui qui retrouvera le coupable. Il a fait un sacré coup, le gars. Il a égorgé une femme. Bref, faut le retrouver. Si t'as pas d'argent, tu peux t'en faire là. J'tai vu arriver que hier, gamin, mais tu m'as l'air futé. Tu devrais tenter le truc!

Ethan hocha la tête. Il n'avait jamais enquêté sur ce genre de chose. Outre l'argent, l'idée d'arrêter un homme qui avait tué de sang-froid une femme sans défense lui plaisait. Il sortit donc, prêt à prendre la route. Il n'avait pas encore pensé qu'il prenait beaucoup de risques, seul...



HRP: Désolée de mon temps de réponse.
Et j'espère que ça vous va comme intrigue

[/color][/size]
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Localisation : Lumïa
Exp : 916

Messages : 179
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 12
Grade : D
Joyau(x) : 100

[PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable

MessageSujet: Re: [PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable Lun 20 Mai - 8:59
-Tourisme à Alcombord-

_Lumïa_

-Bonjour, je viens pour l'emploi.

Je m'étais adressé au riche commerçant de ma voix grave qui résonnait entre les murs du bureau des petites annonces, pièce froide et avare en décoration, dont les murs nus ressortaient durement sous l'éclairage cru. L'homme à la bedaine replète devant moi - qui avait manifestement un peu abusé des bonnes chères et des bons vins à sa disposition - éclata sans nulle gêne d'un rire gras et sonore d'oisif moqueur devant mon frêle corps; en effet, je me présentais en tant que candidat pour une escorte de caravane de Lumïa à Alcombord. Malgré tout l'amour que je portais à cette ville et ses merveilles innombrables, je n'avais plus rien à y faire et les livres contaient les centaines de splendeurs et marchandises loufoques qu'abritaient la ville portuaire, et, grâce au généreux pécule que j'aurais récupéré suite à cette mission, pour la première fois de ma vie, j'aurais fait les magasins - ou plus précisément le marché noir, qui m'intriguait au plus haut point. Mon gras interlocuteur avait enfin repris son sérieux.

- Petit, on demande des guerriers, pas des clowns.

- Accompagnez-moi à l'extérieur, je vous prie. J'aimerais vous faire une démonstration.

Avec toutes les difficultés du monde, l'offreur d'emploi se leva de son siège moelleux pour aller poser ses fines chausses sur les pavés de la rue qui jouxtait le bâtiment. Des pavés sales de Lumïa, je formai Stephano et Roberto pour le petit spectacle; je m'employai à les faire s'entretuer en une cadence parfaite.

- Est ce que cela suffira, comme arme, monseigneur?

- Hm, je suppose... Je ne m'attendais pas à cela, petit, tu me surprends. Tu pars demain à l'aube, et tu recevras ta paye à Alcombord. Signe ici et file!

- Merci.


_Alcombord_

Le voyage fut sans histoire, hormis une attaque de bandits vite contrée par mes golems et les deux autres membres de l'escorte, des archers Elfes jumeaux. Avec quelques difficultés, j'avais monté à cheval pour la première fois de ma vie, accompagné des ventripotents riches dans leur calèche couverte, et couché sous tente, le tout pendant deux semaines. Comme promis, j'avais reçu une coquette somme à l’arrivée.

Jour un

Mon voyage s'était achevé ce matin, alors que nous étions arrivés à l'aube devant les fières murailles de la ville portuaire, dont les silhouettes aux créneaux étaient hachées par le soleil levant. Après un rapide adieu de mes compagnons, le reçu de ma paye et l'extase que j'avais ressenti juste après, je m'étais directement dirigé vers la plage; je n'avais jamais vu la mer, et il paraissait que c'était magnifique. En réalité, je ne fus pas déçu. Une longue promenade le long de la plage sableuse me donna tout le loisir d'apprécier la beauté époustouflante des flots pour un novice dans la marine; au loin voguaient de fiers navires, leurs voiles visibles fièrement bombées par la brise printanière. J'y avais passé une bonne partie de la journée, si bien que les quelques heures me restant avant le déclin solaire furent employés à la recherche d'un établissement ou manger et passer la nuit.

"La taverne d'Or", indiquait une pancarte bien luisante au dessus de la porte. Je poussai, de trois de mes fins doigts, la cloison qui me séparai de l'intérieur du bâtiment, et, sans prendre le temps d'apprécier la décoration intérieure, n'écoutai que mon ventre et me payai un copieux repas. Il me fallait désormais un lieu ou coucher; malheureusement, aucune chambre n'était disponible dans l'établissement au nom aurifère. Je payai donc au comptoir et sortis dans la rue. La lune, déjà, brillait haut dans les cieux parsemés d'étoiles, et l'ensemble se reflétait sur l'océan.

J'étais exténué; en effet, j'avais parcouru mille tavernes pour toutes m'entendre dire qu'elles étaient complètes. A la vue d'un dernier établissement, "le bar du borgne", qui possédait une écurie, je n'entrai même pas et m'allongeai dans la paille. Je ne tardai pas a m'endormir.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Poker face
Localisation : Dreamscape
Exp : 1647

Messages : 14
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

[PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable

MessageSujet: Re: [PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable Sam 1 Juin - 0:25
Musique : Memory of Forgathering Dream (https://www.youtube.com/watch?v=vjcrAO0OoUM)

Quel sombre gris parfumait les nuages ce jour-là ! Par un seul rayon solaire n’osait plus pointer son long bras jaune le long des eaux bercées d’un vent agaçant. Depuis l’intérieur, on pouvait observer les robes des dames bien grassouillettes ou des magiciens stéréotypés balancer le pli de leur robe au rythme des souffles froids. Au loin, le ciel grondait, l’océan s’agitait, comme si ces deux puissances élémentaires se déchiraient l’une et l’autre. Un temps à ne pas sortir dehors ! Pourtant, il le fallait. Dryew, comme chaque matin, tira un Atout : une carte lui octroyant une capacité sensiblement accrue pendant la journée. Il obtint celle de l’Étoile, la bonne fortune orientant nos pas vers les objets de nos désirs chers. Pourquoi pas ? S’il ne s’agissait que d’argent pour le moment, le mage savait que les envies germaient aussi vite que le bambou atteint le sommet des forêts. Il ne tarderait pas à trouver la clé de son gagne-pain quotidien !

Préparer sa besace, ordonner les paquets, se faire élégant pour les baisers du danger, tout est prêt pour quitter la chambre bien peu coquette. Les murs pâles auxquels pendaient deux tableaux décolorés avaient laissé filtrer beaucoup de sons indésirables, rendant les lieux quelque peu infréquentables. Dryew dévala les escaliers, précipité par les chuchotis nocturnes d’une nuit peu revigorante. La situation demeurait un tantinet stupide, étant donné le vacarme de la grande salle. Les gens s’agglutinaient autour d’un même point, derrière le comptoir, concentrant toute l’attention si volatile des plus matinaux. Une odeur, celle qui pique le nez et qui fait déglutir, flottait dans l’atmosphère que le matin ne rendait pas plus accueillante. Une dame bien en chair, haute, de ses tissus et ses dentelles tout colorés, s’égosillait d’une voix outrée. Elle crachait de sa poitrine encrassée une longue plainte :

« …et quand je suis descendue, cette nuit, il n’y avait personne. Pas l’ombre d’un chat ! Pourtant, il y en avait du bruit ! Je n’ai pas osé regarder dans les cuisines, ni appeler Monsieur. Mais, doux jésus, ma nuit a été interminable ! D’ailleurs, Monsieur devra me rembourser pour les… »

Dryew se mêla au troupeau agité, glissa quelques questions adroitement tournées, et se pencha sur la belle peinture de sang œuvrée sur le sol. Visiblement, l’agresseur avait été également blessé, et pas des moindres, en raison des petits pétales rouges parsemés sur le sol jusqu’à la porte grinçante. Rien d’étonnant à ce que la bonne dame n’ait rien pu remarquer : elle n’avait pas daigné jeter un œil plus loin que du bas de l’escalier, toute tremblante de peur. Le meurtrier devait être caché à ce moment-là, parmi les verres et les assiettes luisantes d’une fausse propreté repoussante.

Ni une, ni deux, Dryew s’accroupit devant le cadavre de la victime : une jeune femme, innocente, aux doux cheveux écarlates comme le filet coagulé de sa gorge. De nombreux bijoux, tachés par malheur, révélaient toute la noblesse de la mince dame. Une magicienne ? Non ! Ses petites sacoches et ceintures, éventrées, devaient contenir quelques produits avec de drôles de couleurs. Une alchimiste de toute évidence. S’agissait-il du butin de notre délinquant ? Pourquoi tant de risques pour un si maigre intérêt ? À moins qu’elle n’ait de lourds pouvoirs. Ah, quel doux mystère, nouvelle énigme.
« Un meurtre. Cette nuit. On offre une grosse récompense à celui qui retrouvera le coupable. »
C’était le borgne, bien gaillard pour le pétrin dans lequel il était fourré. Il s’adressait à un jeune garçon, voilé dans une cape noire bien sombre pour paraître honnête. Toutefois, l’heure n’était pas à la spéculation : les premières apparences sont toujours trompeuses.

« Il a fait un sacré coup, le gars. Il a égorgé une femme. Bref, faut le retrouver. Si tu n’as pas d'argent, tu peux t'en faire là. J’t’ai vu arriver qu’hier, gamin, mais tu m'as l'air futé. Tu devrais tenter le truc ! »

Il acquiesça de sa tête vêtue d’ombre et fila dehors. Dryew sentait la bonne affaire se faufiler entre ses doigts, il ne suffisait plus qu’à l’empoigner avec avarice. Il patienta quelques instants, laissant à l’intrépide quelques pas d’avance pour enfin engager une filature.

La nuit, on ne voit pas toutes les cochonneries des ruelles. Puisqu’il était jour, Dryew pouvait enfin réaliser à quel point les rats chantaient bien sous la pluie des gouttières. De la vase… non, des eaux sales, reposaient dans les creux des pavés défoncés. Tout était plus vide, il n’y avait plus les faux reflets d’hommes fuyants la peur des vieux quartiers lugubres. Seul lui, ce fou se lançant à la poursuite d’un meurtrier, toujours seul, éveillait le regard. Visiblement, ce dernier avait préféré lancer ses enquêtes très personnelles à l’extérieur.

Soudain, l’enquêteur en herbe jeta quelques coups d’œil derrière lui – heureusement pas vers Dryew – et concentra l’énergie magique autour de lui. Il allait se téléporter, se transformer, disparaître !
« Hey, toi, une petite minute ! » objecta le cartomancien.

L’incantation s’interrompit et le garçon se retourna rapidement vers le mage. Manifestement, il l’avait surpris, et ça n’avait pas l’air de lui plaire le moins du monde. Un silence assourdissant résonnait entre les murs gris de la ruelle. Les deux hommes se dévisageaient avec attention. Dryew reprit :
« Ne devrais-tu pas commencer à enquêter dans l’auberge avant de t’envoler vers le marché noir ? Je sais bien que c’est un nid à brigands, mais tout de même. On ne peut pas s’y lancer sans aucune piste. »

Le jeunot écoutait attentivement, quoiqu’un peu méfiant. Était-ce l’accoutrement original de Dryew qui le repoussait ? Ou alors son sourire malin. Ou même, un ensemble entier, l’être.

« Je me présente : Dryew Fatenight. J’ai entendu dire qu’une coquette récompense serait accordée à celui qui se chargerait de l’affaire. Tu t’es déjà lancé on dirait, et pour être honnête, j’ai bien envie de m’inviter à la partie. Peut-être ne le veux-tu pas ? Choisis donc, jouons le jeu. Je peux t’accompagner et, si nous nous en sortons plutôt bien, nous nous partagerons le gros lot. Ou alors, nous engageons une course, et le premier à le débusquer empoche la récompense. Pas de triche, juste une petite partie de rigolade. »

Dryew perçut derrière lui des pas, légers mais sûrs. Un espion, peut-être, manquant dramatiquement de finesse. Ou bien le fameux malfaiteur. Où donner de la tête ?

« Alors, décide-toi. Mais vite. »

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
" Contenu sponsorisé "
Who am i !

[PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable

MessageSujet: Re: [PV Samuel et Ethan] La nuit, personne ne sourit, sauf le coupable
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Dans les églises, personne ne prie, sauf les bougies. [PV Nanash ♥]
» Mélodies du soir, alchimie des passions [Ethan]
» Nuit torride entre des glaçons [Crispin & Samuel]
» A quand l'arrestation de Lucifer en personne?
» La nuit du renouveau.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
[- Midgard -] :: [ Midgard ] - Terres des hommes :: Alcombord-