" Invité "
avatar
Who am i !

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Les liens du sang restaurés • Samuel Ven 17 Mai - 4:35

« Je crois bien que l’heure est aux retrouvailles… »

    Il faisait beau, il faisait doux. Comme à chaque fin de printemps. Des fleurs multicolores couvraient l’ensemble des pans d’herbes, les fruits à peine naissant alourdissaient les branches des arbres vigoureux ayant supporté l’hiver dernier. Les gens commençaient enfin à sortir plus souvent de chez eux pour profiter du soleil de ce jour et vaquer à leur occupation du moment. La foule se faisait donc grandissante, en particulier sur la place du marché, où plusieurs centaines d’hommes et femmes de tout style et de tout origine tentaient de baisser le prix des articles que vendaient ces marchands pour la plupart bien dodus, dotés d’une voix forte afin de vanter les mérites de leur boutique.
    Parmi cette masse qui s’était accumulée sur la place, on pouvait voir une petite tête sortir du lot, une tête dotée d’une chevelure d’un blanc pur attachée en queue de cheval sur le haut du crâne à l’aide d’un long ruban noir. Ses yeux d’un pourpre peu commun parcouraient le lieu rapidement, cherchant désespérément une personne bien précise, qui, en vue de son âge, ne devait pas être bien facile à repérer. Elle portait une longue robe ample à bretelle mauve, ainsi qu’une paire de chaussures noire. Le plus surprenant quand on la regardait était qu’un chat au poil aussi sombre que le plumage d’un corbeau était perché sur son épaule bien tranquillement, comme si c’était la chose la plus normale au monde. Il avait une petite clochette dorée accrochée à son cou grâce à un ruban rouge attaché en un joli nœud papillon sur sa nuque. Quand certains passant croisait son regard d’argent, ils avaient l’étrange et presque désagréable impression que celui-ci les regardait avec autant d’intelligence que si une autre personne les avait dévisagé. Lui aussi semblait être à la recherche de quelqu’un.

    < Rien par ici, Lyne. Allons plutôt au nord de la place. Il y a plus de monde, certes, mais c’est le seul endroit que nous n’avons pas encore fouillé. >

    La dénommée Lyne hocha la tête d’un air sérieux. Cela faisait maintenant une bonne demi-heure qu’elle cherchait Samuel, son petit frère, dans toute cette foule. Sans succès. Elle avait espéré ne pas avoir à s’enfoncer dans cette grande masse qui s’agglutinait au nord. Mais c’était le seul côté de la place qu’elle n’avait pas encore fouillé de fond en comble. Elle n’avait donc pas vraiment le choix.
    Elle marcha d’un pas lent vers cette dite foule, et s’y introduit tant bien que mal, plutôt mal d’ailleurs. Elle était bien heureuse de ne pas être tombée malade ces derniers temps, sinon sa faiblesse aurait eu vite fait de l’éjecter à cause de tous ces gens qui la bousculaient, trop pressés pour faire attention à elle.

    La jeune fille se plongea dans ses pensées. Dernièrement, elle était passée à Tubalcain, en apprenant que son frère s’y était rendu, et y avait fait une rencontre pour le moins sympathique d’un nain un peu bougre mais au fond gentil. Après quoi, elle était retournée sur les traces de Samuel en apprenant qu’il était retourné à Lumïa. Et aujourd’hui, elle pensait avoir enfin l’avoir rattrapé. Avec un peu de chance, il n’était toujours pas parti du marché et se promenait encore dans les environs.
    En effet, il y avait trois quarts d’heures de cela, Sirius l’avait réveillé –Et oui, après un bon voyage, un bon repos- avec une vision quelque peu brutale, où il pouvait voir le garçon se promener ici. Elle s’était aussitôt levée d’un bond et préparée vite fait, sans prendre grand soin à son apparence, même si au final le résultat n’était pas si terrible que ça, et avait accouru jusqu’au marché.
    Et voilà où elle en était maintenant. A chercher Samuel, en vain, dans cette masse.
    Du moins, c’est ce qu’elle pensait. Jusqu’à ce que Sirius lui donne un sérieux mal de tête en ‘criant’ un peu trop fort dans son esprit :

    < Là ! Il est là ! Près de la boutique avec toutes les poules ! >

    L’espace d’un instant, l’adolescente ria intérieurement en se demandant un peu stupidement pourquoi le Chat d’Argent avait regardé par là.
    Puis toutes ses pensées se tournèrent vers le garçon qui s’éloignait rapidement de la dite boutique. Elle l’aurait reconnu entre mille. Ses cheveux aussi blancs que la neige, des yeux dorés étranges mais magnifiques, et ce regard un peu froid et dur… Cela ne pouvait être qu’une seule personne. Samuel. Son cœur ne fit qu’un bond court, presque douloureux, puis reprit son battement d’un rythme bien plus rapide.

    < Il… a volé la poule. Tu crois que je pourrais lui demander un morceau ? >
    « Je te le déconseille, si tu veux garder un peu de place dans ton estomac pour la suite. » Répondit-elle à voix haute sans ses soucier des quelques regards intrigués qui se tournaient vers elle.
    < Toi, tu as une idée derrière la tête. Puis-je en être informé ? >
    « Pas maintenant. Tu comprendras d’ici quelques minutes… » Expliqua-t-elle avec un clin d’œil mystérieux.

    Elle se donnait des airs assurés, mais en réalité, elle était terrifiée. Est-ce que son frère accepterait-il au moins de lui parler, de l’écouter ? Et si c’était le cas, pourrait-il la croire, l’accepter en tant que sœur, l’aimer autant qu’elle l’aimait ? Elle l’ignorait totalement, et c’était ce doute en elle qui créait ce trou béant dans sa poitrine. Le doute, l’ignorance. Des choses qu’elle avait beaucoup de mal à supporter. Des choses qui étaient à l’origine de la boule au ventre qu’elle ressentait en ce moment même. Elle déglutit.
    Puis se décida à s’approcher de Samuel d’un pas décidé, malgré l’hésitation ancrée dans son esprit.

    Elle lui tapota l’épaule d’un air malicieux afin d'attirer son attention, et lui désigna de l'index la poule qu’il tenait entre ses mains. Elle ignorait d’ailleurs comment il faisait pour forcer cet animal bruyant à faire moins de brouhaha que la foule autour d’eux.

    « Dis-moi, ça ne se fait pas de voler. Surtout à ton âge. »

    Elle avait décidé de faire comme si elle ne connaissait pas, du moins pour au début. Elle ne lui dévoilerait que plus tard sa nouvelle identité… Elle voulait être sûre de ne pas se tromper dans sa manière de faire.
    Et elle avait surtout peur de sa réaction lorsqu’elle le lui révèlerait. Au fond, elle avait juste peur. Elle ne faisait que se trouver des prétextes.

    « Allez, rends cette poule à son propriétaire, discrètement si possible. En échange, je t’offre de la nourriture à volonté dans la taverne la plus proche. Marché conclu ? »

    Un petit sourire naquit sur les lèvres de la demoiselle. Elle ne souriait que rarement, mais était prête à offrir plusieurs de ces dits sourires, si c’était pour Samuel. Elle était prête à beaucoup de choses pour lui, sans en être vraiment consciente.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Localisation : Lumïa
Exp : 800

Messages : 179
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 12
Grade : D
Joyau(x) : 100

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Dim 19 Mai - 22:57
Le menton relevé, adossé à une cloison, j'aurais aimé apercevoir le soleil, qui se cachait derrière une chape grise et infâme de pollution; cela en était à l'image de toute la ville et de ses habitants, tant l'anthracite général déteignait sur les courtauds qui la parcouraient, foulant sans nul dégoût le sol souillé d'immondices et longeant sans la moindre once de repoussement les murs sales. Pour la deuxième fois en moins d'un mois, la niche des monstres d'acier, la gargantuesque gare de Tubalcain s'élevait devant moi, déversant à nouveau sur mon corps frêle son flot cosmopolite de toutes races et âges. Dans une légère impression de déjà vu, je m'engouffrai dans la foule entrante parmi l'une des entrées, gouffres béants avaleurs d'hommes, et me laissai porter par ce ramassis de badauds crasseux; je fus vite à l'intérieur, et, à l'image de l'aller je me glissai dans un wagon à bestiaux, sous du foin. Malgré la lueur fantomatique qui m'entourait, je ne me faisais rarement remarquer ici; ma taille correspondait à peu près aux nains qui peuplaient ce pays.

Je quittais la ville aux milles courtauds pour rejoindre celle aux milles merveilles dans un fabuleux contraste de beauté qui me poussait à me demander pourquoi j'avais réalisé ce voyage d'aller. Certes, cette cité était chargée en souvenirs, douloureux pour la plupart, cependant c'était aussi, envers et contre tous les maux que je pouvais lui attribuer, ma maison, mon logis, mon lieu de naissance, les synonymes ne manquaient pas. Et puis, j'avais quelques éléments à régler au laboratoire; quelques éléments incertains, au niveau de ma famille par exemple. Le train s'ébranla, me tirant de mes pensées un instant, tandis que le vieux contrôleur jetait un dernier coup d’œil dans les wagons. Si j'avais été honnête, au vu des joyaux que j'avais amassé en travaillant pour mineur ici, j'aurais pu payer mon billet de train; mais je n'avais nulle envie de dépenser de mon précieux et minuscule pécule - il avait été en grande partie réduit par la commission de Drazh le forgeron, et il me restait a peine de qui me payer trois pommes, ou un billet de train -, à fortiori pour un voyage inconfortable sur les sièges dur et cahotants des wagons voyageurs bondés. Je préférais encore le foin.

Dans un mélange non harmonieux du cri déchirant d'une meule à aiguiser et d'une bataille à l'épée, les milles bras d'acier qui actionnaient les milles roues de fer ralentirent sur les voies tandis que, la tête légèrement hors du wagon j'apercevais l'édifice blanc et immense se rapprocher de plus en plus; bien vite, le grand cheval noir fut à l'arrêt dans son écurie, et je sortis rapidement de la gare. Tandis qu'à nouveau, je me délectais des milles merveilles de la ville - jamais un coin de rue ne passait sans que je puisse découvrir (ou redécouvrir) une fontaine resplendissante, un parc splendide ou un bâtiment à l’architecture tant harmonieuse qu’improbable -, le soleil brillait désormais fièrement du haut de son royaume azur et céleste sans que sa sérénité pure ne soit troublée par un quelconque nuage, et il dardait sur les riches badauds de chauds et protecteurs rayons.

Tel une douce rumeur, un charivari que je connaissais bien parvenait doucement à mes tympans, qui l’identifièrent immédiatement comme un marché joyeux et animé – je commençais à me demander quels étaient les après-midi ou Lumïa n’accueillait pas ce genre d’événements -, et je m’empressai de le rejoindre, poussé par mon estomac qui criait famine. Sur une grande place circulaire que je connaissais bien celui-ci battait son plein, et les accents chantants des commerçants qui redoublaient d’ardeur pour vendre leur produits ainsi que les odeurs alléchantes ne pouvaient d’avantage flatter mes sens ; quelques pas plus loin, un stand caquetant attira mon attention. Des poules s’ébattaient là-bas, certaines en cage, voletant en tous sens, et quelques-unes étaient simplement enfermées dans des cloisons au col, mais à ciel ouvert. Je me permis un instant de réflexion. Une poule, c’était avantageux, cela me fournirait de la nourriture pendant plusieurs jours si je réussissais mon larcin… Sans piper mot, je m’approchais du stand animalier, mes pupilles d’or dans les siennes ; je lui souris alors et, mes yeux toujours plantés dans les siens, je pris dans mes bras la poule. Doucement, sans brutalité, à reculons, je pris dans mes bras le volatile qui se débattait furieusement, et lui murmurai quelques mots doux à l’oreille – j’avais un certain instinct avec les animaux. J’étais déjà loin lorsque le marchand reprit ses esprits pour hurler « au voleur », l’animal somnolant dans mes bras.

Sur mon épaule je sentis de petits doigts fins tapoter ; je fis volte-face. Une jeune fille, à peu près la vingtaine, se trouvait devant moi ; à ses côtés, un chat d’un jais infini et intense me fixait, ses iris gris métal dans les miens, et j’eus beaucoup de mal à me détacher de son regard – quelque chose clochait avec ce chat.

« Dis-moi, ça ne se fait pas de voler. Surtout à ton âge. »

Je haussai un sourcil, seul indice pouvant déterminer ma perplexité face à cette femme qui m'interpellait, au vu de mon visage impassible, comme à mon habitude; sur ma veste, mes pointes effilées de pierres frémirent dans un réflexe - elle m'avait vu commettre mon larcin - mais elle ne semblait pas de nature agressive, je calmai donc mes ardeurs magiques. En effet, son corps frêle et blanc ne laissait paraître aucune animosité, et ses iris d'un pourpre envoûtant arboraient un air malicieux; sur ses épaules tombaient en une cascade neigeuse de fines mèches de platine, et elle me souriait de ses fines lèvres rosées qui s'accordaient si bien avec ton teint.

« Allez, rends cette poule à son propriétaire, discrètement si possible. En échange, je t’offre de la nourriture à volonté dans la taverne la plus proche. Marché conclu ? »

Quelle étrange jeune fille. Elle me surprenais en train de voler, je ne l'ai jamais vue de ma vie et elle m'offre le couvert? C'était improbable, mais pour le moins alléchant.

- ...
- D'accord.

Rapidement, accroupi parmi les genoux des badauds, je replaçai furtivement la poule de mes mains gantées entre les cloisons; elle se remit à caqueter furieusement, comme auparavant. Je rejoignis à nouveau la jeune fille, qui m'attira dans une taverne- brasserie. Nous nous attablèrent à la première place qui s'ouvrit à nous. Avant qu'elle prononce un mot, je m'adressai à elle, regardant du coin de l’œil son chat aussi noir que la nuit.

- Pourquoi tu fais ca?
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Lun 20 Mai - 3:09
    Le cœur de la jeune fille battait à n’en plus finir, à un rythme beaucoup trop rapide à son goût. Elle était incapable de contrôler tous ces sentiments qui montaient en elle, même si elle parvenait à les cacher derrière un visage plus ou moins inexpressif. Elle ressentait tout d’abord un bonheur infini, un de ces bonheurs sur lesquels il était impossible de mettre un mot capable de le décrire avec suffisamment d’intensité, pour avoir enfin retrouvé Samuel. D’un autre côté, elle sentait le stress monter au fur et à mesure que les secondes passaient, et la peur lui nouait le ventre. Et s’il refusait sa proposition ? Et s’il ne voulait tout simplement pas lui parler, et l’envoyait balader ? Elle imaginait toutes les réactions possibles et inimaginables venant de lui. Elle n’était pas aussi paranoïaque d’ordinaire, et encore moins aussi imaginative. C’était juste la situation qui lui donnait beaucoup d’inspiration… et malheureusement, pas tout à fait dans le bon sens.

    - …D'accord.

    Sur ces mots, le garçon s’éloigna rapidement et rejoint l’enclos pour y déposer discrètement la poule, qui poussa un de ses cris si caractéristiques et bruyants en retrouvant ses congénères. Pendant ce laps de temps, Lyne s’autorisa un bref soupir de soulagement, qui évacua plus ou moins bien son stress, alors qu’elle observa d’un œil bienveillant, voir même maternel. Elle dut cependant se reprendre et s’empêcher de trop montrer son affection quand il revint à ses côtés. Elle lui fit simplement signe de la suivre, et elle marcha d’un pas qui se voulait suffisamment lent pour que l’albinos puisse la suivre. Sirius toisait celui-ci de son regard si mystérieux, sans piper un mot. Il semblait le jauger du regard, même si elle n’en était pas certaine. Le frère et la sœur arrivèrent tous deux devant une petite taverne, réputée pour sa bonne ambiance et pour le peu de bagarres qui y éclataient. L’extérieur laissait voir un bâtiment comme les autres, accueillant, avec un panneau suspendu sur lequel il était inscrit : « Poney Fringuant ». Avant qu’elle pousse la porte afin d’entrer à l’intérieur, elle entendit la voix grave de l’enfant retentir.

    - Pourquoi tu fais ca?

    Elle resta un petit moment silencieuse, les yeux baissés vers son interlocuteur, la mine… presque nostalgique. Devait-elle lui dire qui elle était vraiment ? Ou ne pas lui dire ? Elle ne savait pas trop quoi faire. Elle avait réellement peur de sa réaction, elle avait réellement peur d’être rejetée, d’être niée… Elle déglutit, et jeta un coup d’œil au Chat d’Argent, qui comprit aussitôt la nature de son hésitation. Il ne la connaissait que trop bien. Il hocha imperceptiblement la tête d’un air compréhensif. Elle répondit finalement sur un ton doux :

    « C’est un peu long à expliquer. Allons d’abord à l’intérieur. »

    Son cœur fit un nouveau bond dans sa poitrine. Allez… l’heure de la vérité allait bientôt sonner. Elle n’avait plus le choix, maintenant qu’elle avait sous-entendu avoir quelque chose de long à raconter. La demoiselle pénétra donc à l’intérieur du bâtiment, et redécouvrit ce décor chaleureux qu’elle appréciait tant. Elle s’installa à une table encore libre, un peu à l’écart, et laissa Sirius s’installer sur la table paresseusement. Une fois Samuel assis, elle commença :

    « Eh bien… Je ne sais pas trop par où commencer. Je suppose que je devrais d’abord me présenter. Je suis Lyne, Lyne Whiters. Pas besoin de me dire qui tu es, je le sais déjà, Samuel. Nous avons le mêm-. »

    *le même père…*

    Elle fut interrompue par un monsieur âgé d’une trentaine d’années environ, aux cheveux châtains et aux yeux bleus pâles, qui vint prendre leur commande. Elle répondit qu’elle ne prendrait rien, mais interrogea du regard l’albinos.

    « Qu’est-ce que tu prendras ? Choisis ce que tu veux. »

    En fait, l’arrivée du serveur l’avait bien arrangé. Mais au fond, cela ne faisait que retarder les révélations. Pendant que son frère prenait la commande, elle réfléchissait à une manière de lui annoncer une nouvelle de cette taille. Ah… elle était trop hésitante. Cela ne lui ressemblait absolument pas. D’ordinaire, elle était tellement directe, elle ne passait pas par quatre chemins, et disaient clairement ce qu’elle pensait. Cette situation était trop délicate à son goût. Et un peu trop stressante, en même temps. Tout cela mélangé au bonheur, c’était trop d’émotions à la fois. Elle avait un peu de mal à tenir le rythme.

    < Tu devrais simplement lui dire qui tu es. Je veux dire, lui dire que tu es sa sœur. Et lui laisser poser ses propres questions après. > Résonna une voix familière dans mon esprit.

    Elle posa son regard sur le Chat d’Argent, qui passait la patte derrière son oreille pour la nettoyer. Il l’observait du coin de l’œil, donnant extérieurement la simple impression qu’il faisait sa toilette. La jeune fille le remercia d’un petit hochement de tête, et attendit que le serveur s’éloigne. Lorsque ce fut le cas, elle reprit, plus hésitante que jamais :

    « Ce que je voulais te dire, c’est que… » Elle poussa un soupir, et planta ses yeux écarlate dans ceux de l’enfant « Je suis ta sœur. Ta demi-sœur. Nous avons le même père. »

    Voilà, c’était dit. Lyne était à présent comme figée dans le temps, son cerveau marchait au ralenti. Son stress était au maximum. Elle l’avait dit. Elle l’avait enfin dit. Mais maintenant, elle craignait plus que tout sa réaction. Elle en aurait presque des sueurs froides, pour une révélation qui pouvait sembler à l’apparence tout à fait banal.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Localisation : Lumïa
Exp : 800

Messages : 179
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 12
Grade : D
Joyau(x) : 100

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Lun 20 Mai - 4:35
Tandis qu'elle déambulait devant moi - à une allure plutôt lente d'ailleurs, c'est à croire qu'elle me pensait incapable de me mouvoir -, je levai le menton pour apprécier la météo on ne peut plus agréable; en effet, la douce brise printanière qui faisait jouer mes cheveux sur mes épaules me caressait doucement le visage, tiède et splendide, poussant les petits nuages filandreux à travers les cieux. Du haut de son royaume céleste, le soleil brillait généreusement, dardant le marché de Lumïa et ses échoppes de ses rayons puissants. La jeune inconnue, une fois le petit groupe hétéroclite que nous formions, répondit enfin à mon interrogation; enfin, plus ou moins... Elle me promit d'y répondre.

- C’est un peu long à expliquer. Allons d’abord à l’intérieur.

Me trouvant derrière elle, j'avais tout le loisir d'observer sa chevelure épaisse qui tombait en masses blanches et floues sur ses fines épaules; sa chevelure était en beaucoup de points similaires à la mienne, ainsi que le reste de mon corps, lorsque j'y réfléchissais. Omettons le coloris des globes oculaires un instant, et la ressemblance en devient ahurissante; notre carrure, par exemple, étaient identiques - frêles, plutôt faibles physiquement et minces - ainsi que notre teint, aussi pâle que la neige fraîche des montagnes. Je passerais les détails du poids et de la taille, toujours un peu trop faible pour l'âge et le sexe, et je n’énumérerai pas les affinités avec les animaux. L'inconnue leva les yeux vers l'enseigne d'une auberge devant nous, et j'en fis de même; sur une petite pancarte bien nettoyée était arborée le nom de l'établissement: "Au Poney Fringant". De trois doigts pâles et fins dont on pouvait apercevoir les veines, elle ouvrit la porte, m’incitant à entrer, et souris à l’assemblée en redécouvrant ce lieu.

Je compris pourquoi elle semblait apprécier cet endroit ; un intérieur cossu aux décorations riches et variées nous entourait, dans de chaudes couleurs accueillantes. Au fond de la pièce se trouvait un bar sur lequel s’étaient accoudés quelques hommes sobres et à la trentaine – dans les quelques tavernes que j’avais eu le loisir d’observer au bidonville de Lumïa, rares étaient celles qui n’étaient pas fréquentées par des ivrognes qui parlaient des comas éthyliques comme de vieux copains. Au fond de l’établissement, le gérant, qui nous sourit lorsque nous entrâmes, nous désigna d’un signe de tête à un serveur, probablement pour lui intimer d’aller prendre les commandes ; celui-ci répliqua quelque chose que je ne saisis pas. Aux tables occupées demeuraient quelques individus, par groupes de deux ou trois, la plupart autour d’un repas fumant.

Elle tira une chaise non loin de moi, dans un coin plus retiré et intimiste, et me la désigna d’un geste de la main ; je m’assis, et, en face de moi, la jeune fille en fit de même. Son chat d’un jais nocturne magnifique et soyeux vint s’étaler littéralement sur la table, et je ne pus résister à lui flatter le haut du crâne du bout des doigts. Il me jeta un regard suspicieux de ses yeux de métal, puis finit par se laisser faire. Un éclat d’intelligence brillait dans ses iris splendides encore d’avantage que les autres petits félins que j’avais rencontrés au cours de ma vie, et il dégageait quelque chose… Comme une aura magique, quelque chose d’inexplicable du genre. Sa voix était fine et fluette, légère, et les murs rouges de la pièce semblaient absorber tout son, si bien que je dus tendre l’oreille.

- « Eh bien… Je « Eh bien… Je ne sais pas trop par où commencer. Je suppose que je devrais d’abord me présenter. Je suis Lyne, Lyne Whiters. Pas besoin de me dire qui tu es, je le sais déjà, Samuel. Nous avons le mêm-

Le même quoi ? Je n’avais déjà pas l’intention de me présenter immédiatement, mais voilà qu’elle connaissait mon nom par je ne sais quel tour étrange. Elle fut interrompue dans son discours par un homme aux cheveux bruns dont le regard bleu ciel me fascinait. Il venait prendre les commandes, mais la dénommée Lyne ne prit rien. De ses pupilles d’un pourpre envoûtant, elle m’interrogea.

« Qu’est-ce que tu prendras ? Choisis ce que tu veux. »

« Je prendrais un demi poulet rôti, dans ce cas. »

J’avais plutôt faim, et ma poule volée m’avait fait envie. Le serveur repartit après avoir noté ce que je lui avait demandé sur un petit calepin ; le vis que le chat noir de la jeune fille et elle-même se regardaient intensément, ce qui me fis pressentir un lien particulier, plus fort qu’entre un simple animal de compagnie et sa maîtresse.

« Ce que je voulais te dire, c’est que… "

Elle marqua une pause, pour se laisser le temps de soupirer. Pour une raison inconnue, elle semblait très stressée.

« Je suis ta sœur. Ta demi-sœur. Nous avons le même père. »

A l'entente de cette révélation, je ne savais pas réellement quoi penser. Lorsque j'y réfléchissais, il n'y avait rien d'étonnant à ce que cette ordure qu'était mon père biologique, Adam Michaelis, n'aie pas enrôlé que moi; et je devais avoir une quantité de frères et sœurs. Cependant, cela n'en était pas moins étonnant et intriguant. Que faisait elle ici? Avait elle connu les mêmes supplices que moi? Sortait elle directement du laboratoire?

- Je ne sais pas vraiment que dire... Tu as aussi connu les supplices d'Adam?
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Mar 21 Mai - 3:54
    La révélation de la jeune fille fut d’abord accueillit par un silence qu’elle ressentait comme pesant. Elle ne put s’empêcher de se mordre la lèvre inférieure et de tordre le plus discrètement possible les articulations de ses doigts en espérant faire passer son stress. Chose qui ne marchait évidemment pas, mais qui occupait au moins son esprit le temps d’une quelconque réponse. Il lui semblait que le temps passait au ralenti, à moins que ce ne soit son cerveau qui ne fonctionne plus correctement sous la pression. Une chose était sûre : elle avait vraiment peur de sa réaction, au point qu’elle peinait à analyser les expressions qui passèrent sur le visage de Samuel.

    - Je ne sais pas vraiment que dire... Tu as aussi connu les supplices d'Adam?

    Elle se figea dans un sourire triste envers elle-même, et poussa un petit rire. Les supplices d’Adam ? C’était pire. Bien pire. Elle avait dû effectuer la sale besogne à sa place, passer pour quelqu’un de cruel et méchant, sans cœur, qui se contentait d’obéir sagement à son père sans poser de questions. Certains avaient même pensés qu’elle lui vouait une fidélité aveugle tant elle semblait loyale. C’était totalement faux. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle était parvenue à mettre en échec ses plans sans se faire prendre, et heureusement. Elle n’osait même pas imaginer les traitements qu’il lui aurait infligés s’il avait découvert les complots qu’elle préparait dans son dos et l’ampleur que ceux-ci pouvaient prendre.

    « Eh bien… Plus ou moins, oui. J’ai été forcé de lui obéir pendant quelques années, de faire le sale boulot à sa place. Je le regrette amèrement… Même si mon pardon ne ramènerait pas le bonheur de ceux que je fais souffrir. »

    Un petit silence passa.
    Des images revinrent en mémoire à Lyne. Elle se revoyait utiliser son pouvoir sur des innocents, afin qu’il dévoile l’emplacement de tel ou tel enfant, ou bien pour rallier des gens à la cause de son géniteur. Elle regrettait réellement et sincèrement tout cela. Mais… c’était eux ou Sirius. Elle avait été égoïste, et avait choisi son ami, son seul ami sur lequel elle pouvait compter à l’époque. Et elle avait payé le prix de son égoïsme, au cas oui. Elle l’avait payé au centuple. Car, aussi surprenant que ce soit, faire souffrir autrui alors qu’on ne le veut pas alourdi notre cœur et promet de nombreuses nuits blanches passées à réfléchir à nos actes. Elle ne souhaitait cela à personne, pas même à Adam, pas même à ses pires ennemis.

    « J’aimerais te raconter comment j’en suis venue à te connaître, Samuel. Mais j’avoue vouloir en apprendre plus sur ta vie avant que tu rencontres notre père. Je n’en sais à mon goût pas assez au sujet de mon propre frère. Tu serais d’accord ? En échange, je répondrais à toutes les questions que tu voudrais me poser. »

    Pour le moment, elle voulait simplement s’éloigner de son propre passé. Elle n’en parlait pour ainsi dire jamais, et elle ne se permettait pas de le remémorer, d’ordinaire. Alors faire tout remonter à la surface en expliquant sa vie d’autrefois… C’était pour le moment un peu douloureux. Elle désirait juste changer de sujet, pour l’instant du moins.
    Et puis, au fond, c’était vrai qu’elle n’en savait pas assez sur son frère. Elle n’avait connu qu’à ses douze ans, et il avait déjà vécu tant de choses avant cela. Elle voulait savoir comment il s’en était sorti jusqu’aujourd’hui, comment il avait pu remonter la pente à la mort d’Alice, seul… Elle-même en aurait été incapable, elle le savait. Sans Sirius, elle aurait sombré dans une profonde dépression dont il aurait été presque impossible de sortir. Mais il avait été là, et il l’avait aidé à se trouver un nouvel objectif. Elle lui serait éternellement reconnaissante… Elle serait tombée bien bas sans son aide.

    Hm… De ce dont elle se souvenait, le garçon avait vécu dans la rue, en attendant que leur père se décide à aller le chercher, pour en faire son…. Général ? Oui, cela devait être quelque chose comme cela. Quant à sa sœur, elle ignorait quel dessein nourrissait Adam à son sujet. Le seul problème, c’est qu’à part ces informations qu’elle avait récoltées grâce au Chat d’Argent et à la paperasse qu’elle avait lue plus ou moins sans autorisation, elle ne savait pas grand-chose d’autre au sujet de l’albinos. Résultat : elle espérait en apprendre plus sur lui. Même si elle se doutait que de nombreuses heures passées à discuter dans cette taverne ne leur permettraient pas de rattraper le temps perdu. Parfois, elle se demandait si tout se serait passé autrement si elle avait osé s’enfuir en prévenant Samuel et Alice du danger… Peut-être auraient-ils tous trois survécu, qui sait ? Elle l’ignorait.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Localisation : Lumïa
Exp : 800

Messages : 179
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 12
Grade : D
Joyau(x) : 100

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Mar 21 Mai - 7:04
Un silence plutôt gêné avait pris la place dans la taverne, couvrant toute la pièce; en effet, on pouvait presque avoir l'impression que les joyeux convives ici présents s'étaient tus pour ouïr notre conversation ô combien importante. Lyne, qui s'avérait être ma demi-soeur, devant moi, semblait intensément stressée pour une raison inconnue; visiblement, elle réprimait quelques tics physiques qui n'avaient pas l'air de lui ressembler. Si j'avais posé un regard inconnu sur elle, ce qui était presque le cas, j'en aurais distingué quelques traits de caractères directement déduits de son apparence et de ses faits et gestes; en guise d'exemple, il ne m'aurait nullement étonné qu'elle aie hérité, tout comme moi-même, de l'ambition et du perfectionnisme de mon père biologique, ou encore d'une détermination accrue par rapport à la norme. Mais certainement pas d'impatience ou de trac; ce n'était pas les défauts attribués à la famille. Je me décidai enfin à briser la gêne générale par une question plutôt banale; je mettrai mes idées au clair au sujet de mes liens de parenté plus tard.

- Je ne sais pas vraiment que dire... Tu as aussi connu les supplices d'Adam?


Elle esquissa un sourire gêné suivi d'un petit rire étrange et nerveux, presque compulsif, ce qui secoua doucement ses frêles épaules. Elle portait une robe violette ou un habit du genre - tout ces vêtements féminins au nom différents c'était trop compliqué pour moi - qui formait un splendide binôme avec la couleur envoûtante de ses iris; dans sa chevelure neigeuse qui s'accordait si bien avec son teint était nouée en une queue de cheval sur le haut de sa tête, le tout à l'aide d'un bandeau noir. Peut être allais-ce en devenir du narcissisme au vu des ressemblances et similitudes que nous comprenions tout deux, mais je la trouvais plutôt jolie. Elle prit une grande inspiration et se décida enfin à prendre la parole.

« Eh bien… Plus ou moins, oui. J’ai été forcé de lui obéir pendant quelques années, de faire le sale boulot à sa place. Je le regrette amèrement… Même si mon pardon ne ramènerait pas le bonheur de ceux que je fais souffrir. »

Sans qu'elle ne close ses paupières, ses pupilles se voilèrent un instant; elle était perdue dans ses pensées et ressassait visiblement de douloureux souvenirs.

« J’aimerais te raconter comment j’en suis venue à te connaître, Samuel. Mais j’avoue vouloir en apprendre plus sur ta vie avant que tu rencontres notre père. Je n’en sais à mon goût pas assez au sujet de mon propre frère. Tu serais d’accord ? En échange, je répondrais à toutes les questions que tu voudrais me poser. »

Faire resurgir des images, des flashs visuels d'événements difficiles, de bribes sonores ou sensoriels m'était difficile; des faits que j'avais acculés au fond de ma mémoire allaient devoir resurgir, et je n'aimais pas ça. C'était lâche, je sais; mais je suis un lâche, par certains cotés. Alice était morte, morte il y a quelques mois a peine, et je n'avais pas fait mon deuil; je n'avais pas vraiment accepté l'idée, je n'avais pas adhéré au concept. Je ne me donnais plus le temps de réfléchir, sans quoi j'aurais sombré dans une folie abyssale et insondable. Au final, sa présence était perçue par mon subconscient comme une bouée de sauvetage avant le point de non retour, salvateur pour ma personne voguant sur l'océan qu'était mon esprit tourmenté. Au final, je me fichais des faits. J'avais une famille, quelque chose à quoi se raccrocher; un phare dans les ténèbres. Je me frottai les yeux.

- Je suppose... Euh, pardon, oui, je veux bien. J'ai un peu l'esprit... Tourmenté, mais je ferais de mon mieux pour te raconter les faits. Ce... C'est... C'est plutôt difficile de parler de mon passé, plus que pour tout autre, je pense, même si certains ont connu pire. J'ai tenté de tout enfuir lâchement, et je ne tiens pas à plonger dans la folie; mais je vais essayer, je comprends que tu veuilles en savoir plus.

Hm... Bon, je devais m'y mettre, je suppose... Je ne suis plus sur de grand chose.

- Bien... Je vais commencer par le commencement... Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours vécu dans la rue; je ne sais pas bien comment j'ai survécu, probablement grâce à des vivres distribuées par Adam. Mais j'ai vite appris à me débrouiller, et j'ai pris goût à la lecture... Un vieillard m'avait rapidement appris à lire, de manière rudimentaire, avant de mourir quelques temps plus tard; j'ai perfectionné par la pratique, et j'ai appris la magie à l'aide d'un grimoire qu'ils m'avaient généreusement légué... Tu m'excuseras une seconde, je vais devoir manger un peu... J'ai trop faim pour parler.

En effet, le plat que j'avais commandé était arrivé devant moi, et j'employai toute mon énergie dans sa dégustation, sans lever les yeux. Je n'avais pas besoin de faire deux choses à la fois.
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Mer 29 Mai - 3:05
    La jeune fille écouta son frère d’une oreille particulièrement attentive. Elle remarqua bien vite que lui aussi n’aimait pas plus que cela évoquer de lointains souvenirs, certainement douloureux. Il avait dû vivre des choses dures, dans les rues de Lumïa. En fait, elle s’en doutait déjà bien avant de poser cette fameuse question sur son passé, sachant pertinemment que lui aussi ne devait pas avoir envie de ressasser de tels vestiges. Néanmoins, elle avait quand même posé la question, sous prétexte qu’elle voulait retarder son propre récit. C’était égoïste de sa part.

    - Bien... Je vais commencer par le commencement... Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours vécu dans la rue; je ne sais pas bien comment j'ai survécu, probablement grâce à des vivres distribués par Adam. Mais j'ai vite appris à me débrouiller, et j'ai pris goût à la lecture... Un vieillard m'avait rapidement appris à lire, de manière rudimentaire, avant de mourir quelques temps plus tard; j'ai perfectionné par la pratique, et j'ai appris la magie à l'aide d'un grimoire qu'ils m'avaient généreusement légué... Tu m'excuseras une seconde, je vais devoir manger un peu... J'ai trop faim pour parler.

    Le plat qu’avait commandé son frère arrivait, aux yeux de Lyne, au mauvais moment. Elle aurait aimé en entendre plus avant qu’il ne s’interrompe pour déguster son poulet. Enfin, elle le comprenait, parler le ventre vide n’était pas toujours facile. Alors elle s’accouda sur la table et attendit simplement qu’il finisse son plat.
    Et elle l’observa. Chaque petit détail, chaque petit mouvement qu’il effectua pour porter l’aliment à sa bouche. Affamé comme il était, il mangeait avec beaucoup de rapidité. Mais pas salement pour autant. Un nouveau sourire se dessina progressivement sur le visage de l’adolescente, un sourire apaisé et amusé à la fois. Elle le connaissait à peine, pourtant elle ressentait envers lui ce puissant lien qu’entretenait les frères et sœurs, un de ces liens qui les poussaient à s’aimer malgré les disputes et les différents, qui les poussaient à s’entraider en cas de problème et à ne jamais se laisser tomber. Elle ignorait totalement si ce sentiment était réciproque. Elle espérait sincèrement que ce soit le cas. Samuel et Sirius étaient les seules personnes au monde pour qui elle serait capable de donner sa vie sans une once d’hésitation. Oh, pas qu’elle soit prête à se sacrifier stupidement alors qu’il serait possible de sauver tout le monde en survivant, mais elle sentait tout au fond de son esprit qu’elle serait prête à laisser quelqu’un lui ôter la vie si c’était la seule chance de sauver son frère. Une pensée certes un peu tragique, et qui pourtant lui prouvait qu’elle tenait à lui.

    Elle imagina un peu ce que devait ressentir l’albinos. Etait-il embarrassé par cette révélation ? Peut-être ne voulait-il pas d’une autre sœur, depuis la mort d’Alice. Peut-être ne voulait-il tout simplement pas d’elle. Au contraire, il était possible qu’il soit heureux de retrouver une famille. Si c’était le cas, il cachait drôlement bien sa joie. A moins que son visage fermé et inexpressif soit, tout comme pour la demoiselle, un masque lui permettant de se protéger des gens aux mauvaises intentions ? Elle était bien incapable de le dire, et c’était ce qui la vexait le plus : elle ne connaissait même pas son propre frangin, elle était incapable de lire en lui comme le faisaient habituellement frères et sœurs.

    Elle poussa un petit soupir.
    Oui, il y avait beaucoup de choses à rattraper.
    Et cela ne se ferait pas en quelques jours, ni mêmes semaines, voir mois. Cela se compterait plutôt en années.

    Finalement, lorsque le garçon eut fini son plat, la jeune fille l’invita à reprendre son discours à l’aide d’une simple question :

    « Que lui est-il arrivé à ce vieillard ? »

    Elle était presque sûre de déjà connaître la réponse. Mais elle voulait en être certaine. Peut-être n’était-il pas mort, au fond.
    Sirius, quant à lui, restait tranquillement assis sur la table, l’air faussement désintéressé par la discussion entre sa maîtresse et son frère.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Localisation : Lumïa
Exp : 800

Messages : 179
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 12
Grade : D
Joyau(x) : 100

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Mer 29 Mai - 4:10
- Bien... Je vais commencer par le commencement... Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours vécu dans la rue; je ne sais pas bien comment j'ai survécu, probablement grâce à des vivres distribués par Adam. Mais j'ai vite appris à me débrouiller, et j'ai pris goût à la lecture... Un vieillard m'avait rapidement appris à lire, de manière rudimentaire, avant de mourir quelques temps plus tard; j'ai perfectionné par la pratique, et j'ai appris la magie à l'aide d'un grimoire qu'ils m'avaient généreusement légué... Tu m'excuseras une seconde, je vais devoir manger un peu... J'ai trop faim pour parler.

Le plat fumant s'était posé devant moi, comme par magie, comme si je n'avais distingué le serveur qui me l'avait fait quérir et amené jusqu'à notre tablée; je pouvais observer la fumée s'émanant du mets bien chaud s'en aller dans l'espace de la pièce, parcourant les murs colorés, contribuant à l'agréable fumet général du lieu. Il trônait fièrement un demi poulet rôti, sans crudité aucune; une petite voix au fond de moi me fit remarquer que je n'avais pas stipulé en désirer, alors je m'intimai à dévorer le plat rapidement. Sans pour autant lever les yeux ni parler - je ne comprendrais jamais pourquoi les hommes tiennent tellement à faire deux choses en même temps -, je pouvais ressentir l'impatience de ma soeur, devant moi, qui m'observait intensément, de ses pupilles d'un violet pourpre intense. Elle avait hérité, tout comme moi, de la blancheur immaculée d'Adam, de la finesse de ses traits, et de sa beauté naturelle - principalement due à l'accord de nombreux petits détails harmonieux juxtaposés; je le savais également, elle était persévérante, ambitieuse, avec une détermination de fer et une impassibilité chronique. Je ne connaissais trop bien la famille Michaelis - il me suffisait d'observer mes propres habitudes pour en déduire celles de la fratrie et, à mon humble avis, je me connaissais plutôt bien - pour en déduire ces qualités indéniables, mais aussi de nombreux défauts, comme le fait d'être têtu comme une vieille mule, par exemple.

J'avais presque fini de manger que je levai les yeux pour rencontrer les siens, et nos iris - issus de notre mère respective, pauvre femme manipulée par Adam - se rencontrèrent; elle me sourit de ses fines lèvres rosées qui contrastaient si parfaitement avec son teint de porcelaine, tel une poupée de Jade, inclinant légèrement la tête sur le côté, les yeux un peu plissés, à ma manière. Dans sa chevelure neigeuse, tout aussi désordonnée que la mienne malgré quelques efforts visibles, s'étendait sur ses épaules et derrière sa tête, explosant en une queue de cheval nouée par un élastique noir, de longues et fines mèches blanches, qui pouvaient caresser ses épaules lorsqu'elle regardait ailleurs, le haut du dos couvert par un habit violet, à l'image de ses pupilles. J'achevai, à son soulagement, mon repas avant de m'essuyer délicatement le coin de la bouche avec les serviettes qui étaient à notre disposition avant de me frotter les yeux pour la regarder. Elle demeurait pensive, n'ayant manifestement pas remarqué que j'avais achevé de dévorer la volaille; je ne m'étais pas fait d'opinion à son sujet, préférant attendre de m'être posé un instant pour y réfléchir. Non pas que j'étais simple d'esprit au point de ne pouvoir réfléchir partout, mais, à mon point de vue, il valait mieux y penser à tête reposée... Et puis, je n'étais pas vraiment sain d'esprit en ce moment...

« Que lui est-il arrivé à ce vieillard ? »

Il est mort.

Je manquais parfois un petit peu de tact, je pense... Mais elle était idiote si elle ne s'y attendait pas.

Un jour, je l'ai trouvé dans son taudis, le torse entaillé profondément. Désormais, lorsque je m'efforce de revoir les faits, je me rends compte qu'il y a de fortes chances que la seule personne que j'aie jamais considéré comme une famille durant mon enfance n'en était pas une; plutôt un employé, une machine à civilité et à réconfort parfois. Je suppose qu'un jour, il a fini par avoir pité de moi et a tenté de faire un geste envers ma personne... Ca n'a pas du plaire a mon pè...

Je ne pouvais pas prononcer ce mot envers lui. Ce n'est pas mon père et ne l'a jamais été.

Ca n'a pas du plaire à Adam. Bref. Tout allait relativement bien - ou plutôt je survivais - grâce à une chèvre trouvée - a mon avis Adam l'y avait déposée pour que nous subsistions - et utilisée pour produire du fromage vendu au marché. Jusqu'au jour ou je suis allé à une sorte de foire, un rassemblement de commerçants plus grand que les autres, annuel, je crois... Je voulais, de mes maigres économies, m'acheter un violon de basse qualité... J'ai toujours voulu jouer du violon...

Je marquai une pause, les yeux perdus au loin.

Mais je n'eus pas le temps. Après avoir rejoint ma soeur qui vendait au marché, je suis parti vers l'échoppe musicale et me suis fait intercepter par Adam, qui m'a fait brutaliser avant de m'emmener avec lui. Je me suis réveillé sur un lit, sanglé... Mes souvenirs restent assez flous. Il m'a alors proposé des choses étranges et troubles dans mon esprit, quelque chose a propos d'une armée... Puis Alice a débarqué; je crois qu'elle avait tué tout les gardes. Elle avait tout entendu, je crois, et s'est quelque peu énervée. Elle est encore... Enfin, était encore plus puissante que Molly.

Je n'avais pas réalisé que nous n'avions la même mère.

Molly, ma mère. Comme moi, elle maîtrisait les roches.
Revenir en haut Aller en bas
" Invité "
avatar
Who am i !

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Mer 5 Juin - 3:09
    Hrp:
     

    Il est mort.

    La jeune fille s'était attendue à cette réponse. Pourtant, cela n'empêcha pas son cœur de faire un bond dans sa poitrine. Elle baissa les yeux, un peu attristée par cette annonce prévisible. Cela n'avait pas dû être facile pour Samuel de supporter cette perte, sachant qu'il vivait dans la rue et que le peu de famille qu'il possédait à l'époque ne devait s'étendre qu'à Alice et ce dit vieil homme. Bien qu'elle n'ait jamais eu à connaître le décès d'une personne qui lui était extrêmement proche, elle ne se rendait pas exactement compte de la douleur que cela devait causer. A dire vrai, le simple fait de savoir sa petite sœur disparue rendait sa poitrine bien douloureuse. Alors elle avait un peu de mal à imaginer ce que cela devait donner lorsque quelqu'un à qui on tenait énormément mourrait.

    Un jour, je l'ai trouvé dans son taudis, le torse entaillé profondément. Désormais, lorsque je m'efforce de revoir les faits, je me rends compte qu'il y a de fortes chances que la seule personne que j'aie jamais considéré comme une famille durant mon enfance n'en était pas une; plutôt un employé, une machine à civilité et à réconfort parfois. Je suppose qu'un jour, il a fini par avoir pité de moi et a tenté de faire un geste envers ma personne... Ca n'a pas du plaire a mon pè...

    Oh... vu de cette façon, il n'avait pas tord. Et cela ne rendait que plus exécrable Adam, de part son caractère insupportable et sa fâcheuse manie à toujours désirer plus de puissance.
    L'auditrice releva les yeux et observa à nouveau son frère. Il s'était arrêté alors qu'il allait prononcé le mot 'père'. Au fond, elle comprenait qu'il ne puisse pas le dire. Contrairement à elle, il avait toujours haï ce dernier et ne l'avait jamais côtoyé de près. Pour lui, il ne devait être qu'une simple connaissance. Alors qu'elle-même était allée jusqu'à travailler pour lui... Elle avait appris à le connaître, s'était habituée à le considérer comme un géniteur et à l'appeler comme tel. Chose qui lui permettait de croire en sa loyauté et qui l'empêcher de douter une seule seconde de la bonne volonté de sa fille. C'était certainement pour cette raison qu'il ne l'avait jamais soupçonné d'être celle qui faisait sans cesse échouer ses plans... Sans son air docile, elle n'aurait pas tenu longtemps. Elle allait jusqu'à se demander comment elle avait pu rester à couvert pendant ces longues années de servitude.

    Ca n'a pas du plaire à Adam. Bref. Tout allait relativement bien - ou plutôt je survivais - grâce à une chèvre trouvée - a mon avis Adam l'y avait déposée pour que nous subsistions - et utilisée pour produire du fromage vendu au marché. Jusqu'au jour ou je suis allé à une sorte de foire, un rassemblement de commerçants plus grand que les autres, annuel, je crois... Je voulais, de mes maigres économies, m'acheter un violon de basse qualité... J'ai toujours voulu jouer du violon...

    Un petit sourire naquit sur les lèvres de l'adolescente. Un violon, hein...? Elle nota dans un coin de sa tête ce détail ô combien important. Un de ses jours, elle lui achèterait un beau violon flambant neuf. Enfin... encore fallait-il qu'elle économise suffisamment pour une telle dépense. Il lui faudrait beaucoup de patience pour acquérir une telle somme, mais elle était prête à cela pour prouver à son frère à quel point elle tenait à lui malgré le fait qu'ils se rencontrent réellement pour la première fois.

    Mais je n'eus pas le temps. Après avoir rejoint ma soeur qui vendait au marché, je suis parti vers l'échoppe musicale et me suis fait intercepter par Adam, qui m'a fait brutaliser avant de m'emmener avec lui. Je me suis réveillé sur un lit, sanglé... Mes souvenirs restent assez flous. Il m'a alors proposé des choses étranges et troubles dans mon esprit, quelque chose a propos d'une armée... Puis Alice a débarqué; je crois qu'elle avait tué tout les gardes. Elle avait tout entendu, je crois, et s'est quelque peu énervée. Elle est encore... Enfin, était encore plus puissante que Molly. Molly, ma mère. Comme moi, elle maîtrisait les roches.

    Et voilà. Elle était arrivée à ce moment où tout s'était déroulé si vite qu'elle n'était pas arrivée à temps dans le bureau d'Adam. Elle avait juste découvert ce trou béant, ce jour-là... Et nul trace d'Alice et de Samuel. Un moment à marquer d'une croix rouge. La mort de son père en échange de celle de sa sœur, la fuite de son frangin... Lui comme elle avaient beaucoup souffert à cause de tels évènements. Elle priait intérieurement pour que cela n'arrive plus jamais.
    Elle repensa ensuite à la précision apportée en fin de phrase. Alors comme ça, il maîtrisait les roches, et sa mère portait le nom de Molly...? Intéressant.

    La jeune fille tapa dans ses mains en provoquant un bruit sourd mais discret, un sourire aux lèvres. Cela dans le but de détendre un peu l'atmosphère lourde qui s'était installée entre eux. Oh que non, elle ne laisserait pas le passé affecter son présent, encore moins en mal ! Elle s'était promis de ne plus jamais revenir en arrière, de ne plus se plaindre de ses actes d'autrefois et de tourner la page. Elle ne se laisserait pas envahir par le chagrin avec tant de facilité.

    « Dis, Samuel… Tu voudrais bien me faire une démonstration de ton pouvoir ? »

    Cette demande était aussi bien destinée à détendre l'atmosphère qu'à assouvir sa curiosité. La Maîtrise des roches ? Elle n'avait jamais vu de tels pouvoirs. Alors elle avait hâte de voir jusqu'où cela pouvait aller. Créer un gros rocher ? Faire flotter des cailloux dans les airs ? Elle imaginait que cela serait faisable pour quelqu'un comme Samuel. Là où elle se posait le plus de questions, ce serait dans sa capacité à user d'inventivité pour la manière à utiliser sa maîtrise.
    Elle espérait juste qu'il ne lui demanderait pas à son tour de lui présenter son propre pouvoir... Lyne savait qu'il n'était pas à utiliser à la légère. Encore moins dans un lieu aussi bondé. Mais elle se doutait que cela arriverait un jour ou l'autre...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Localisation : Lumïa
Exp : 800

Messages : 179
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 12
Grade : D
Joyau(x) : 100

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel Ven 7 Juin - 5:41
Mais je n'eus pas le temps. Après avoir rejoint ma soeur qui vendait au marché, je suis parti vers l'échoppe musicale et me suis fait intercepter par Adam, qui m'a fait brutaliser avant de m'emmener avec lui. Je me suis réveillé sur un lit, sanglé... Mes souvenirs restent assez flous. Il m'a alors proposé des choses étranges et troubles dans mon esprit, quelque chose a propos d'une armée... Puis Alice a débarqué; je crois qu'elle avait tué tout les gardes. Elle avait tout entendu, je crois, et s'est quelque peu énervée. Elle est encore... Enfin, était encore plus puissante que Molly. Molly, ma mère. Comme moi, elle maîtrisait les roches.

Je réalisai soudain que jamais, par quelque moyen que cela soit, elle n'aurait pu ouïr de mes dons, et que, je venais, dans la suite logique des choses, les lui révéler, cependant, elle ne sembla pas d'avantage surprise que cela; bien sûr, fils d'Adam, il était évident que des dons m'habitaient, sans quoi jamais il n'aurait tenté de me recruter, mais son visage était resté de marbre. Elle semblait sonder mon âme toute entière et lire en moi comme dans un livre ouvert, et ses yeux d'un envoûtant pourpre me transcendaient. Elle décroisa ses mais qui étaient accoudées à la table pour émettre un petit son sourd. Je pense qu'elle avait l'intention de détendre l'atmosphère chargé qui s'était installé, et que je n'avais nullement l'envie de dénouer. Je savais que conter mon passé n'était pas une réelle bonne idée, et des flashs lugubres prenaient possession de mon esprit, déformant la réalité pour la noircir d'avantage.

- Ne t'inquiète pas grand frère, je vais jouer un peu avec lui... Et tout sera bientôt terminé. Le mélange de maturité et de juvénilité dans sa voix étrange troublait mes neurones et mes tympans, tandis que déjà, ses dons effroyables m'avaient cloué au mur. L'ouragan qui régnait ici faisait tournoyer ses cheveux de nuit qui semblaient emplir toute la pièce, obstruant partiellement ma vision affaiblie par la folie. La réalité temporelle semblait distendue, comme si celle-ci accélérait ou ralentissait par moments, tandis que je pouvais voir les mains ensanglantés d'Alice qui avait froidement éliminé tout les gardes; Adam, lui aussi, qui lui faisait face, avait changé de coloris pour passer au noir, à l’exception de sa peau, et surplombait la petiote de sa taille démesurée et surréaliste, riant aux éclats dont le son ricochait contre les murs blancs.
- Ferme les yeux mon ange, cela ne va pas être beau à voir...
Molly avait pris possession de ses cordes vocales, semblait il, et sa chevelure semblable au néant avait recouvert mes sens.


« Dis, Samuel… Tu voudrais bien me faire une démonstration de ton pouvoir ? »

Brutal retour à la réalité, ô combien plus douce que mon monde; heureux fait qu'elle m'en ai extirpé, car la suite ne pouvait qu'être encore pire. Un fait, cependant, m'étonnait; sa voix m'avait tiré de mes hallucinations, sa si semblable à ma mère malgré l'absence de lien de parenté. Je ne sais pas de qui j'avais eu l'air durant ma crise, mais son expression n'avait pas changé; cependant, je ne savais si celle-ci avait durée plus de quelques secondes. Elle désirait apparemment une démonstration de mes pouvoirs... Si une telle chose pouvait la satisfaire, je ne voyais aucune raison de la lui refuser.

- Il serait préférable d'aller dehors, dans ce cas...

Je me levai, et elle en fis autant avant de régler la commission au bar, pour enfin m'accompagner à l'extérieur; l'air frais et le vent tiède qui faisaient jouer mes cheveux dans ma nuque était agréablement rafraîchissant. Les rayons du soleil qui dardaient généreusement la chevelure de ma soeur les blanchissaient tant qu'il m'était difficile de les regarder en face.

- Ici sera parfait.

Il ne me fallait que peu d'éléments pour déployer ma magie, et même si ceux-ci n'étaient pas présent, j'avais toujours mon épée ou mes pointes de pierre en cas de problème; en ce cas ci, le matériel minéral nécéssaire pour former un golem était présent - à savoir, ici, des dalles - et, de plus, la foule n'était pas très importante dans cette partie ci de la ville.

- Je ne sais et ne saurais jamais créer de matière; je peux, avec de la concentration, la faire changer d'état, comme fondre de la roche, mais c'est un travail éreintant. La part de mes dons la plus évidente est de faire flotter des roches dans les airs, et plus généralement de les contrôler.

Illustrant mes dires, j'arrachai une dalle du sol pour la faire léviter devant ses yeux, la suivant du regard alors que je la faisais tourner autour de sa tête tel un satellite.

- Mais en général, je vais plus loin que cela. Mon expérience en la matière et plutôt développée - pas au niveau de Molly et encore moins d'Alice - et me permet de créer des choses plus complexes et efficaces.

Stephano vint alors devant ses yeux, multiples fragments minéraux joignant leur compagnon qui n'avait pas quitté les airs. J'y placai ses yeux sans âme, deux pépites d'or; dans son ensemble, l'atronach frôlait le mètre quatre vingt-dix*, et ses bras mal dégrossis étaient du même registre que sa tête de roche. Je lui fis faire une petite gymnastique, pour illustrer sa mobilité.

- Voilà, c'est Stephano.



*:
 
Revenir en haut Aller en bas
" Contenu sponsorisé "
Who am i !

Les liens du sang restaurés • Samuel

MessageSujet: Re: Les liens du sang restaurés • Samuel
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» (F) Katie McGrath ✣ les liens du sang sont parfois les plus forts [LIBRE]
» (m) Les liens du sang sont les plus fort - Lien famillial
» Les liens du sang ne peuvent être défaits ♥ Grey's family
» [TERMINE] Le temps n'efface pas les liens du sang
» Les liens du sang

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
[- Midgard -] :: [ Midgard ] - Terres des hommes :: Lumïa-