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Le touriste et l'oiseau [Daraen]

MessageSujet: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Jeu 30 Mai - 7:40
Les notes fluettes du léger violon calé sous mon menton s'en allaient dans l'air, filant au gré des vents, parcourant les airs, survolant les innombrables commerces du marché; j'avais le cou plié sur l'instrument, ma mâchoire servant de caisse de raisonnante, sans quoi je n'ouïssais pas mes propres créations. Cela avait le don de m'offrir une position un peu étrange, adossé à ce mur de pierres, non loin de la grand place; le charivari incommensurable qui couvrait ma musique - il y avait quelques temps que le recueil de partitions pour débutant avait été remplacé au profit de feuilles jadis vierges - n'en était que davantage amplifié, car le point était l'épicentre de la cité entière, et il n'arrivait pas quelques heures sans qu'un duel n'éclate non loin de moi. Il était arrivé, quelques fois, que des badauds me jettent quelques piécettes, acte que je m’efforçais de ne pas reléguer au rang de pitié - au vu de mon air probablement sale et vagabond - mais plutôt à la bonté pure qui était censée habiter tout être humain; je ne devais en effet pas passer inaperçu ici, parmi tout ces riches et nobles bien habillés aux chevelures soyeuses et aux vêtements couverts d'agréments ridicules et colorés. Mon teint pâle ainsi que ma chevelure neigeuse ne pouvaient que contribuer à ma réputation de fantôme, et mes iris d'or assez inhabituels - eux mêmes qui s'illuminaient sous l'effort magique - n'arrangeaient rien à mon air inhabituel; en outre, ma tenue, à savoir une veste en cuir et une chemise blanche, plutôt usés, ne pouvaient qu'ajouter des raisons de contraste envers les autres bonnes gens d'ici.

Cela faisait maintenant quelques heures que je demeurais au même point; il fallait dire que c'était relativement agréable, cependant mes jambes était engourdies, alors je me levai. A l'aller, je n'avais que parcouru rapidement le lieu pour dénicher un endroit ou me détendre, il était désormais temps de profiter un peu des joies du marché et de dépenser mon petit pécules restant de mes économies passées. Y avait-il un endroit plus approprié qu'Alcombord et son marché pour y dépenser son argent?

Autour de moi, qui tentait tant bien que mal de se frayer un chemin dans cette dense foule cosmopolite, se déchaînait sans relâche un véritable florilège sensoriel, titillant les cinq perçeptions offertes à l'être humain à chaque coin de rue. Des marchands aux accents chantants tentaient de vous faire goûter un morceau de saucisson, tandis qu'un artisan trois mètres plus loin prenait doucement votre main pour vous inviter a caresser ses doux tapis; inutile de préciser que j'étais un peu perdu... Cela n'avait absolument rien à voir avec le plus grand des marchés que j'eusses même connu avant l'intervention d'Adam, comme celui des portes Nord de Lumïa ou, comparaison plus dérisoire encore, celui du bidonville.

J'avais fui la ville aux milles merveilles, ma cité natale, au bout de plusieurs allers retours; j'avais déterré des centaines de souvenirs enfouis dans mon passé qui avaient manqué de me faire perdre la raison, et, malgré tout l'amour que le portais à l'endroit, j'avais été forcé de le quitter. Une caravane m'y avait conduit - ou plutôt je l'avais escortée -, flattant encore une fois ma bourse; c'était ma toute première fois en tant que véritable touriste, et je devais avouer trouver cette expérience agréable.

Un temps certain avait passé; si plaisant que je n'avais su le compter, et c'est l'astre solaire déclinant qui me rappela à l'ordre. Alors que je me dirigeais vers le port, je fis l'inventaire de cet après midi prodigue: Une huile inutile pour lustrer mon instrument - à chaque objet, je me sentais obligé de me justifier mon achat; je me sentais un peu comme une commère revenant des échoppes -, plusieurs fromages, des pommes de forme bizarre, un livre sur la magie de soin - j'avais toujours rêvé de l'apprendre! -, des pains de différentes couleurs... J'avais même hésiter à m'acheter un animal dans les nombreuses échoppes qui en présentaient... Parfois, j'avais honte de moi même.

J'étais finalement arrivé à la plage, bien décidé à pique-niquer la bas devant le coucher de soleil - quand je suis un touriste, je suis un bon touriste -, n'ayant jamais vu la mer. Je fus tout de même un peu déçu; elle semblait mieux dans les livres. Je m'assis en tailleur dans le sable et sortis mes provisions, jouissant du calme ambiant; j'avais assez avalé des rapports humains et des contacts physiques pour quelques mois, et je fus heureux de pouvoir profiter de la solitude.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Jeu 30 Mai - 9:37
C'était... grand. Plus en fait. La ville portuaire était tout simplement immense aux yeux de l'Hagorienne. C'était bau! Et sous ses pieds, des pierres taillées en rectangle! Elle s'amusa à tapoter de la pointe dessus. Elles semblaient grosses et solides. La voleuse leva les yeux, tournant sur elle même. Les bâtiments n'étaient pas très grands, mais ils étaient splendides. De la peinture blanche et des toits bleus qui captaient le soleil et magnifiaient la ville. Les rues étaient larges aussi, permettant à la foule immense de se croiser sans se heurter ni se gêner. Les gens étaient étonnants, habillés différemment. Leurs atours étaient soit riches, soit celui des baroudeurs, qui ont tout vus. Il y en avait même vêtus de quelques vêtements usés. Mais nul trop pauvres devant elle. Les enfants restaient près de leurs parents et ceux qui jouaient étaient surveillés attentivement.
Une mouette cria. Le regard doré se déporta des bâtisses pour préférer se fixer sur la mer. C'était donc ça, cette grande étendue d'eau dont on disait tant.... Certains disaient que c'était une bénédiction, autant de liquide en un endroit. D'autre que c'était fou d'espérer et que les habitants étaient malheureux, car il n'y avait rien de plus imbuvable que cela. Daraen ne comprenait pas trop: de l'eau, ça restait de l'eau, non? Y en avait-il des particulières? Il y avait une odeur de sel présente, certes, mais c'était lié?

L'ingénue était presque mignonne dans son innocence. Toutefois, encore fallait-il savoir à quoi elle pensait. Car pour tous, ce n'était qu'une étrangère découvrant la ville, regardant partout tel un chien examinant un nouvel endroit. On ne pouvait néanmoins nier que son dynamisme détonnait; à peine voyait elle un endroit qu'elle courrait vers un autre, sentait les odeurs des étals avant de fuir vers un autre. Elle semblait danser d'un endroit à l'autre, repoussant parfois la cape qui couvrait sa tête pour mieux observer. Elle glissait tel un oiseau, sans même s'en rendre compte. Un pas en arrière, petit tour sur elle même, un pas à gauche. Au final, on l'a prise pour une danseuse. On siffla alors qu'elle virevoltait, ou applaudit, ou bien sautait. A peine plus loin, les son d'un violon semblait l'accompagner. Etrange et heureux hasard que cela! Car le duo, séparé par une dense foule, se complétait sans même connaître ou apercevoir l'autre. Bien que cela ne changeait pas grand chose pour Daraen.

On se lassa d'elle au bout de quelques temps, d'autant plus que plus aucune musique ne l'accompagnait. Les badauds s'écartèrent, se raréfièrent pour finalement vaquer à leurs occupations. La Changeling ne remarqua rien. Désormais calme, elle fixait les mouettes qui passaient au dessus d'elle. Des mouettes.... C'était les drôles d'oiseaux qu'elle avait vu dans son rêve, là bas dans la forêt. Quand il y avait Jared. Ainsi, voilà à quoi elles ressemblaient... Une moue prit place sur le visage de la femme. Les oiseaux n'étaient pas aussi beaux qu'elle l'avait pensé. Pourtant, ils semblaient magnifiques quand elle les avait fantasmés.
Le vent souffla, rabattant son capuchon en arrière. Mais alors... S'il y avait la mer, comme dans son rêve, et les mouettes... L'homme aux cheveux blancs, avec son manteau, à la silhouette si grande et rassurante... Il devait être là lui aussi!

Les Changelings font des rêves qui semblent mêler plusieurs réalités, être le murmure d'un lointain, lointain passé. Hélas, il aurait fallut avoir un esprit plus logique pour savoir distinguer tout ça. Disons que la notre avait tendance à prendre les choses au pieds de la lettre. Et si elle avait vu cet homme dans ses songes, il ne pouvait pas être un ancêtre, ou juste un inconnu croisé dont son cerveau se souvenait. C'était un être qu'elle devait rencontré, qu'elle rencontrerait, qui se seraient rencontrés.
La vie devait être belle quand on songeait simplement. En plus, elle avait vu des hommes et des femmes dans une cité de pierre, telle que celle qu'elle foulait à cet instant. Les coïncidences n'existaient pas chez la voleuse...

La plage? Etait-il sur la plage? Peut être? Sûrement! Déjà, ses pas l'y portaient. Elle courait, cherchant une personne qui lui ressemblerait. Le sable, élément bien connu chez la belle, ne la ralentissait même pas. Tout juste était-elle légèrement entravée.
Sa joie retomba bien vite. Aucune personne ne correspondait. A part un garçon, les cheveux blancs, qui mangeait un peu plus loin. En échos à sa vision, son ventre gronda. Oh, c'était vrai... Il lui fallait manger. En plus, il semblait avoir des sucreries. Une cible facile, avec personne aux alentours pour l'accuser ou l'attraper. C'était plus qui ne lui en fallait.

L'étrange pauvre, ou tout du moins qui y ressemblait physiquement sans trop y ressembler mentalement, put voir une femme passer en courant à côté de lui. Et, bien plus loin, se retourner, une brioche en main. Petit signe d'au revoir, un sourire aux lèvres.

Et sans rancunes!
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Ven 31 Mai - 5:26
J'avais retiré mes vieilles chaussures pour jouir du sable fin d'Alcombord entre mes orteils - il ne faisait que quelques temps que j'en portais et je n'adhérais pas totalement au concept - et, les jambes croisées sur lesquelles je reposait - sans que mon postérieur ne touche le sol - commençaient à s'engourdir, au vu de la torsion de mes pieds, face contre la plage; j'avais commencé à manger, les yeux perdus dans les profondeurs de l'océan bleu sombre. Malgré mon aversion envers l'élément liquide - d'après moi, une simple force lâche de la nature qui n'était bonne qu'à éroder la roche discrètement, tel des termites rongeant la base d'une échelle -, je me devais de reconnaître quelques atouts aux mers qui peuplaient Midgard; le calme et la musique reposante et régulière qui semblait les animer en faisait assurément partie, ainsi que ces grains intrigants qui peuplaient les côtes par milliers. J'avais légèrement testé de les contrôler, et ils renfermaient manifestement un certain potentiel, mais c'était avant tout un élément que je ne maîtrisais nullement; aucune chance également d'en former des golems - trop petit et trop désordonné - ni de le retourner contre un ennemi dans sa forme originelle…A la limite, j'aurais pu, avec un peu d'entrainement, envoyer directement une poignée de sable dans les yeux d'un opposant, mais sans véritable suite. La plage n'était pas vraiment mon élément, malgré que j'eusses trouvé l'endroit agréable sans ces oiseaux blancs, criards et au cris dissonants qui parcouraient les cieux à la recherche d'un mets à chaparder.

Me délectant de mes achats ainsi que de mon repas sur la plage, je dévorais des petits pains accompagnés de fromage, agrémentés de quartiers de pommes - des rouges, des vertes, des bleues -, gardant la brioche pour la fin, malgré qu'elle titillait ma faim - ou plutôt ma gourmandise - de sa croûte dorée parsemée de fragments de sucre brillant comme des diamants... Son éclat resplendissants à mes yeux ne faisait qu'appauvrir l'appétit que j'éprouvais envers les autres mets, comme les pains rouges et verts que j'étais en train de dévorer. La gourmandise était un vice qui m'accablait, je le savais; sans tourner vers l’excès et l'embonpoint, j'aimais le sucre… Au fond, je restait un enfant; j'avais parfois tendance à l'oublier.

Au loin, des pas retentissaient, troublant la quiétude parfaite et rythmée du son des vagues frappant la côte, ce son régulier et apaisant; mon ouïe ne me trompait que rarement, ainsi que ma vue, et cette dernière vint bientôt s'ajouter à ma perception: quelqu'un arrivait au galop, non loin d'ici, une longue chevelure noire et libre battant ses épaules féminines. Mais je n'avais pas vraiment le temps d'y réfléchir, ni l'envie: j'avais enfin fini mon repas, et je voyais la pâtisserie me sourire, comme si elle avait pris vie et qu'elle m'attirait a elle, telle une sirène attirant un navire à s'échouer sur les flancs rocheux d'un récif. Soudain, un événement terrible eut lieu, à savoir que, a peine avais-je levé les yeux vers la mer une seconde, pour admirer les derniers déclins du soleil, que lorsque mes pupilles se rabaissèrent vers le fruit de mes convoitises, il avait disparu.

Non, tout mais pas ça! Je fis volte face en toute hâte, sur pieds en une seconde, pour apercevoir la jeune fille de toute à l'heure s'enfuir avec mon objet divin à moi... Et en plus, elle me faisait signe! C'en était trop. Personne ne me volait mes pâtisseries. Personne.

Je me tournai soudain vers la digue et m'y précipitai, constatant avec plaisir qu'elle était pavée de dalles de roches; je les arrachai sans aucune rancune du sol et, en un rien de temps, Stephano demeurait devant moi, ses yeux vides me regardant sans âme. J'en avais déjà fait l'expérience en compagnie d'Elenwë, j'avais la capacité de les faire se mouvoir à grande vitesse, à l'aide de ses grandes jambes; j'estimai cela suffisant pour grimper sur son dos et entamer la poursuite. C'était plutôt une position inconfortable, en particulier a chaque choc de ses jambes sur le sable de la plage que j'avais rejoint. Aggravant encore la douleur qu'appliquaient ses mains brutes, j'usais de mes dernières forces - courir était un acte épuisant - pour me hisser entre ses bras, et lui intimai par le regard de me projeter avec force vers la chipie que j'avais presque rattrapée.

Ce ne fut qu'une fois dans les airs que je constatai que mon acte était peut-être un peu irréfléchi - je perdais un peu mes moyens quand on me volait mes pâtisseries - mais au moins, ma précision magique n'avait pas changé; d'un regard en arrière rapide, j'aperçus le tas de dalles que j'avais laissé s'effondrer sur le sol avant de voir le dos de l'inconnue devant moi. J’atterris sur son dos, en guise de fin de vol plané, et nous roulâmes tout deux dans le sable; je n'avais pas la force de faire autre chose... Mes prouesses magiques m'avaient quelque peu épuisées. Je m'adressai a elle, détachant soigneusement chacun de mes mots. Elle avait les yeux dorés, comme moi.

Rends moi ma pâtisserie.

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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Sam 1 Juin - 22:41
Les battements de son coeur étaient plus vifs à mesure qu'elle courait. Sa respiration s'accélérait, ses poumons aspirant à grande goulée l'air marin commençaient à la picoter. Et elle en était heureuse. Chaque pas l'éloignait de plus en plus de sa victime qui s'était mise en tête de la poursuivre. Parfait. C'était la liberté pure et dure, celle de survivre pour sa peau, de vivre chaque seconde intensément comme ça. Le danger lui permettait de rester consciente que chaque instant comptait. Aucun risque qu'elle ne s'encroûte et ne devienne un civil, vivant placidement, heureux des chaînes qu'il portait au cou. Evidemment, la conscience et la réflexion de Daraen n'allait pas jusque là, mais c'était les murmures de son inconscient. Vivre à tout prix, par le vol, sans rien devoir à personne ni dépendre de quoi que ce soit. L'existence sauvage et sublime d'un animal...

Loin de ces idées, la réalité était autre. L'enfant albinos n'était pas heureux du vol, loin de là. Un coup d'oeil en arrière appris à la voleuse qu'une créature gigantesque de pierre était à ses côtés. Bizarre, elle ne l'avait pas vu auparavant.... Bah, ce n'était pas grave. Il ne la rattraperait pas. Ses jambes ne suffiraient pas pour la doubler, ni même arriver à sa hauteur en courant.
Arrivant non loin de gigantesque escaliers de pierre, la Changeling glissa soudainement. Ses jambes écartées, les bras en balance, elle fit mine de tomber. Pourtant ses doigts effleurèrent à peine le sol que déjà, son genoux au niveau de la poitrine, elle se propulsa vers les marches. L'équilibre jamais perdu, déjà retrouvé. Elle filerait vers les ruelles pour le semer. Et tant pis si elle devait se retrouver bloquée; l'aigle s'envolerait vers d'autres cieux, son butin durement gagné en bec. D'ailleurs, une partie était déjà faite; depuis que la poursuite avait commencé, elle tenait la brioche entre ses dents. Plus pratique.
Cependant, ce n'était pas ce qui devait se passer. Tandis qu'elle s'éloignait, un bruit soudain détourna son attention. Ce fut tout juste si elle eut le temps de voir l'inconnu propulsée vers elle avant que le monde ne tourne.

Les deux protagonistes roulèrent sur les dalles de pierre, pèles-mêles. Ses réflexes poussèrent la femme à se rouler en boule, le menton rentrée contre sa poitrine, afin d'amoindrir au possible le choc. Et, accessoirement, ne pas retrouver le petit pain couvert de sable.
Lorsque toute chose retrouva sa place, elle était allongée sur le côté, la mine renfrognée. C'était bien la première fois qu'une telle chose arrivait. Mais ce n'était pas grâce à ses foulées que le garçonnet l'avait rattrapé, l'honneur était sauf.

- Rends moi ma pâtisserie.

La femme se redressa, regardant son interlocuteur. Il était sale, et avec des vêtements rapiécés. Ce n'était pas vraiment un critère de pauvreté à ses yeux, mais le fait qu'il se soit épuisé à la rattraper d'avantage. Les riches ne prenaient pas cette peine. Soit ils pestaient alors qu'elle fuyait, soit ils appelaient la garde pour faire le sale boulot à la place. Rien qui ne corresponde à la réaction de sa cible donc. Soit.
Avant que le mage n'ait eu le temps de comprendre, Daraen arracha un bout de l'objet du délit. C'était à peu près une grosse moitié, qu'elle lui fourra vite fait bien fait dans la bouche. Quant à elle, croquant sa part, elle se dirigea vers le tas de roches qui fut le golem. Une perle de sucre craqua entre ses dents à son plus grand bonheur. L'odeur du pain lui chatouillait les narines et le goût, doux et sucré, lui caressait le palais. Ce devait être la première fois qu'elle goûtait à une telle chose et elle n'en avait aucun regret.

Agenouillée près d'une pierre, elle commença à tapoter l'ancien édifice du bout de l'index. Rien ne se mouvait. Comment avait-il fait? Il était mort? Déglutissant la dernière bouchée, la femme entreprit de soulever une dalle afin de savoir ce qu'il se cachait dessous. Ou si la créature allait réagir. Mais rien, absolument rien ne se produisit. En tout cas, le pavé ne montra aucune volonté quelconque de se mouvoir.
Quoiqu'il en fut, la dame ne s'intéressait plus qu'à ça, plus à l'humain.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Dim 2 Juin - 2:55
J'eus à peine une seconde avant d'atterrir sur le dos fin et élancé de la jeune fille, et constatai amèrement la surface dure et grise qui nous attendaient, un peu plus bas; à peine, tout comme moi, eut-elle le temps de tourner la tête pour apercevoir la mienne, et pendant un instant, nos deux paires d'iris tout deux d'or se toisèrent. L'inconnue, dans un heureux réflexe, fit à nouveau volte face, nous évitant un choc frontal difficile, et préféra que j’atterrisse de manière a ce que son ventre touche le sol en premier; nous roulâmes à l'unisson sur les durs pavés d'Alcombord - elle eut l'instinct de se rouler en boule, je m'empressai d'en faire autant - dans un fracas inquiétant. Je pensai soudain à mon violon, cherchant des yeux mon précieux sac, et l'aperçus, à mon soulagement, quelques mètres plus loin, dans le sable. Je ne devais pas tarder à le récupérer, au vu du phénomène étrange que j'avais observé selon qui la mer avalait peu à peu la plage; je supposai un événement naturel. Enfin, nous corps s'arrêtèrent, et j'étais étendu sur le dos, ma poitrine se soulevant avec une légère difficulté; je sentais la bise sur mon torse, et abaissai le menton vers mon corps pour constater le piètre état de ma chemise, qui avait été éraflée durant la chute. Fort heureusement, dans ma besace se trouvait toujours ma cape blanche et chaude. Je me souvins soudain que je n'avais pas entrepris cette course-poursuite uniquement pour me dégourdir les jambes, et réclamai mon dû.

- Rends moi ma pâtisserie.

Ce n'était pas réellement une question de joyaux - je pouvais largement m'en payer une autre, au vu de mes petits et nombreux pécules grattés un peu partout -, mais plus une question de principe; je pouvais peut-être l'aider un peu, le temps de quelques jours, comme une solidarité entre voleurs... J'en était moi même un, dès que ma bourse dégrossissais, je n'hésitait pas à chaparder divers mets. Ja jeune femme se redressa, me transcendant de ses yeux brillants, tels ceux d'un Michaelis, tels deux fragments d'ambre jaune, qui formaient un élégant binôme en compagnie de ses fines et longues mèches d'ébène qui tombaient en cascade sur ses épaules; une armure de cuir légère laissait entrevoir certaines parties de son corps ainsi que sa peau légèrement mate, dans l'ensemble toujours fine, et le tout formait une plutôt jolie dame, un brin sauvage.

De ses longs doigts, elle scinda en deux la pâtisserie, fourrant une des moitiés dans ma bouche que je n'avais pas encore refermée; mimant l'impassibilité, je la pris de mes mains pour m'en délecter plus proprement. Le fruit de ma longue convoitise... Enfin! C'était l'une des premières fois que je pouvais me payer ce genre de bijoux; jadis, je n'avais nullement de quoi me payer le plus misérable des pains, et l'absence cruelle de boulangerie au bidonville de Lumïa n'y arrangeait rien. J'avais bien troqué quelques bonbons à un marchand escroc au portes de la ville - en échange de mes meilleures bottes - pour l'anniversaire d'Alice, mais c'était tout. Je constatai, en goûtant à la sucrerie, que les superlatifs me manquaient soudain; l'odorat vint s’additionner au goût, et même le son de la pâte craquante lorsque mes dents attaquaient le sucre m'enivrait de sensations divines.

Malheureusement, le plaisir fut de courte durée. En me retournant, j'aperçus l'inconnue qui était partie tâter le tas de pierre; je m'empressai de faire venir à moi mon sac. Il était fait de cuir, et avait subi quelques modifications artisanales; en effet, j'y avais glissé diverses plaques fines de pierre à plusieurs endroits différents, de manière à avoir la possibilité de le contrôler par la pensée. Je désserai ses lanières, et son intérieur s'ouvrit à moi; mes livres s'y trouvaient toujours, ainsi que la housse de mon violon, de laquelle je m'empressai de l'extraire.

La jeune femme, du bout des doigts, tapotait curieusement le tas de cailloux, intriguée. Tantôt elle soulevait des pierres, tantôt elle les poussait légèrement du pied, et elle avait relégué l'intégralité de son attention sur les restes de Stephano; manifestement, elle l'avait vu alors que je la poursuivais. J'eus soudain une idée. Je calai mon instrument sous mon menton, et sortis mon archet pour entamer un air joyeux; au même instant, je formai mon ami minéral, plaçant par la pensée ses deux yeux en pépites d'or, et le fis danser furieusement, de ses gros bras faits de dalles. Mon regard se posa sur la jeune fille, guettant sa réaction.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Lun 3 Juin - 5:11
Les doigts caressaient les pierres, tentant vainement de trouver une réponse à « Pourquoi ». Pourtant, ils ne décelaient rien, pas plus que les yeux perçants. C’était sans espoir. Mais comment avait-il fait ? La bête était bien curieuse. Comme tous les Changelings. Et elle voulait savoir. C’était plus fort qu’elle. Il n’y avait même pas un instant, ces blocs se mouvaient sans soucis et comme un être vivant. Et maintenant, ils étaient au sol, plus morts que la poussière. On ne pouvait pas mourir si vite quand on était un géant de pierre… Si ? Et puis, depuis quand ça existait, de telles choses ?
L’Hagorienne fronça les sourcils. Avait-elle déjà entendue parler d’une telle histoire ? Sa mémoire lui rappelait bien un vieux mercenaire qui racontait à qui voulait l’entendre qu’il avait tué un troll, plus loin au Nord du désert, et un homme de sable mais rien qui y soit assimilable.
C’était ainsi une découverte. Enfin, le fait de découvrir n’était pas une découverte en soit, tant elle apprenait un peu plus chaque jour. Mais faire la connaissance et découvrir les golems était une découverte. Enfin.

Quoiqu’il en soit, tandis que notre demoiselle se demandait si cogner deux cailloux l’un contre l’autre allait activer le barda, une drôle de chose se produisit. Le tas bougea de lui-même, faisant rouler les différents éléments jusqu’à ce que tout se mette en place. Le final fut lorsque deux pépites d’or vinrent se loger dans ce qui était les orbites. Le tout se produisit rapidement, et dès l’instant où le grincement du violon se mit à retentir. On peut dire que la première réaction de Daraen fut… la surprise. Vu le bond en arrière qu’elle fit, la dague soudainement sortie par réflexe, c’était on ne peut plus probable. Ce n’était que par chance ou par choc qu’elle n’était pas devenue une semi.
Si elle ne fit pas mine de baisser sa garde les premières secondes, la danse que la chose effectua la rassura peu à peu. Il se servait de ses bras gigantesques pour bouger. Il s’agissait d’une chose curieuse à voir, mais qui lui plut. L’arme fut rengainée et un arc et carquois, sorti de son dos, furent posés aux pieds du musicien. Après quoi, la femme fit la chose la plus logique pour elle.

Elle commença par se positionner devant le monstre, l’observant un instant. Lorsque chaque mouvement fut examiné avec assez de satisfaction, elle saisit les bords de sa cape et les ouvrit, à la manière d’ailes de substitut. Elle aurait aimée se transformer réellement pour l’accompagner. Mais c’était la ville et ses jalousies humaines. Si l’enfant voyait ça, sans doute voudrait-il l’attraper, ou bien si un passant avare les voyait, il se dirait que c’était un moyen de se faire de l’or. Il n’y avait que dans la nature, quand elle savait qu’on ne l’attraperait pas ou qu’on chercherait à la blesser avec des flèches, qu’elle se métamorphosait. Ou quand elle l’était déjà et qu’on la surprenait, comme Jered avait fait.
Jered… Elle n’avait pas beaucoup pensé à lui ces derniers temps. Que devenait-il donc ? Pas moyen de savoir, mais un jour il se reverrait. Et elle saurait. Voilà tout. On n’avait pas trop le temps de se soucier en fait, quand on était libre d’aller où on voulait.

Pour l’instant elle était là, avec ses fausses ailes tendues. Doucement, elle se déplaça en diagonal, suivant les mouvements de la musique. Un pied qui passe devant l’autre, on ramène… Au moment où le rythme se fit plus rapide, elle fit de même. Virevoltant, sautant, tournant. Elle imitait son vol mais condamnée à être clouée au sol. Bondissant et tournant autour d’elle-même, ses cheveux volaient comme une nuée de corbeaux. Ses paupières fermées, elle goûtait au vent et à la mélodie. Hors de son corps, hors de son temps… Elle était transportée au-delà de l’imaginable humain.
La cape tantôt étendue, tantôt repliée contre son corps. Parfois les bras croisés en d’étrange torsion qu’elle aimait bien prendre quand elle piquait du ciel, parfois haut vers les nues comme si elle implorait.

Un aigle dans un corps de femme… qui dansait...
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Mar 4 Juin - 8:53
Du bout de ses doigts, fins et agiles, elle tâtait les pavés de pierre, curieuse, tournant, à la manière d'un moineau sautillant, autour de cet étrange ramassis minéral; elle semblait curieuse, comme une petite fille resterait en pâmoison devant un chat? Je m'imaginais cependant un instant la scène depuis des yeux étrangers; un tas de pierre, avec des pépites d'or en guise de globes oculaires qui ne pouvaient qu'accentuer son air de revenant sans âme, qui, d'une seconde à l'autre, avait le don de se soulever, de s'assembler, de courir, puis soudain, de se démanteler? Improbable, et je comprenais soudain son incompréhension, ou du moins le fait qu'elle soit intriguée. Je me décidai alors soudain à agir, soulevant par mes dons des arcanes les pierres pour reformer Stephano, et bien vite, les deux pépites d'or allèrent se loger à l'endroit ou auraient dus se situer des yeux humains; sans attendre, j'empoignai mon violon dans mon sac, le calant contre mon torse, afin d'entamer une mélodie joyeuse et dansante, tout en intimant au golem de se mouvoir dessus. Coordonner les deux taches n'était pas chose facile, et je ne pus assumer que quelques fausses notes terriblement dissonantes à mes yeux ne se glissèrent dans l'un des seuls morceaux entraînants à mon répertoire; les bras mal dégrossis de Stephano avaient entamé une suite de mouvements incertains que je ne pouvais assurer harmonieux.

La jeune inconnue, non loin de mon ami minéral, après un léger sursaut surpris - et je distinguai également un petit couteau dans sa main - fut l'immobilité. En effet, son corps ne bougea pas d'un pouce tandis que je la savais en train d'observer les mouvements de l'atronach, pour une raison obscure; il me semblait que même la brise avait cessé de se jouer de ses cheveux, et seul les notes de mon instrument résonnaient encore, accompagnés du bruit régulier et rassurant des vagues s'écrasant contre la plage. Alors, après plusieurs instants seulement, lentement, elle se retourna dans ma direction pour s'approcher de moi, un arc et carquois à la main; elle les déposa à mes pieds, et j'aurais volontiers examiné cette arme inconnue à mes yeux si j'avais seulement pu relâcher un instant ma concentration. Alors, lorsque la jeune femme aux yeux d'or et à la chevelure d'ébène fut débarrassée de tout entrave à ses mouvements, elle déploya sa cape de ses bras, tendus de chaque côté de son corps fin et musclé, rappelant l'oiseau et nourrissant encore mes soupçons d'une changeling en un quelconque volatile. Je n'en avais jamais croisé de réels, à part le chat, Tog, et, bien sur, dans les livres; ils semblaient plus proche de la nature que les autres hommes, et, d'après les écrits, avaient le don de se changer instantanément en un être animal, ou même revêtir une forme hybride. J'espérais sincèrement que cette jeune et étrange femme - un brin sauvage - en était une, car ma connaissance envers ces gens si spéciaux était, à mon gout, une lacune que je me devais de combler au plus vite.


Accompagnant la musique de ses pas assurés, en diagonale, à l'horizontale, restant dans le rythme, elle s'était mise à danser, accompagnant Stephano qui ne faisait que renforcer le contraste: Cette jeune femme fluette, tout de sombre vêtue ainsi que sa chevelure semblable à la mer noire sous la lune non loin, virevoltait à coté du grisâtre balourd de pierres et ses mouvements incertains…La scène était pour le moins hétéroclite. Lorsqu’enfin, la dernière note s'estompa, les cailloux retombèrent doucement, ainsi que l'inconnue stoppa lentement sa danse, avant de reporter son intérêt sur le tas qui demeurait sur le sable à côté d'elle.

- C'est moi qui contrôle ces pierres.

Comme pour illustrer mes dires, je fis flotter dans les airs une dalle, la faisant aller de gauche à droite devant ses yeux.

- Je suis Samuel. Et toi, tu n'as pas l'air du genre d'individus qui aiment divulguer leur nom à n'importe qui. J'aimerais juste savoir une chose, par simple curiosité. Tu es une changeling, je me trompe?

Elle eut un sursaut dont je ne sus déterminer l'intention déterminante.

- Ne t'inquiète pas, je n'ai pas envie de te faire de mal. Cela ne serait pas dans mes intérêts.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Lun 10 Juin - 8:58
Cheveux virevoltants au gré de ses mouvements, jupe se laissant portée par le vent, corps qui se balançait au rythme de la musique. Une façon de voler sans ailes. C'était étrange d'ailleurs que d'imiter les humains qui imitaient les oiseaux. Mais était-ce normal pour une Changeling, située entre deux races, de copier les uns reproduisant les mimiques des autres? Dommage que de tels êtres soient de tels mystères; encore une question sans réponse possible.
La belle ne sortie de sa transe qu'une fois les dernières notes s'estompèrent et que son compagnon de pierre s'effondra. Encore que, ce ne fut qu'avec lenteur qu'elle s'extirpa de sa rêverie. Elle battit des paupière, comme tout juste éveillée. Puis pencha la tête sur le côté, se demandant le pourquoi d'une telle réaction. Fallait-il de la musique afin qu'il puisse se mouvoir? Probable. Sauf de l'avis du jeune, qui répondit à ses questionnements.

- C'est moi qui contrôle ces pierres.

Daraen releva la tête des rochers pour se reporter sur le blondin. Oh? Des êtres étaient capable de faire de telles choses? Vraiment? C'était... étrange. Bien plus que de pouvoir se transformer en un animal, qui était aussi naturel que normal par ailleurs. Par ailleurs l'enfant prit soin de prouver ses dires en faisant voler une dalle, qu'il s'amusait à faire bouger pour qu'on ne le taxe pas de menteurs. Mais loin de la femme l'idée de le considérer ainsi. Après tout, elle avait bien rencontré une Sirène au sale caractère, alors pourquoi pas un humain pouvant mouvoir les rochers?
Elle examinait l'objet avec curiosité un temps. Jusqu'à ce qu'elle se fige après quelques paroles.

- Je suis Samuel. Et toi, tu n'as pas l'air du genre d'individus qui aiment divulguer leur nom à n'importe qui. J'aimerais juste savoir une chose, par simple curiosité. Tu es une changeling, je me trompe?

- ....

Lentement, les yeux d'ors se déportèrent jusqu'au gamin. Plus d'amusement ni de belle paix, mais bien un éclat froid. Comme lorsque le golem avait soudainement bougé, la dame était sur ses gardes. Doucement, elle commença à reculer, un pas après l'autre. Elle n'avait pas cédé à l'appel pourtant. Ses ailes n'étaient pas sorties du temps durant et même pas une griffe n'avait parue. Alors comment?
Aussi furtive qu'elle le pouvait, sa main glissa jusqu'à sa cuisse, proche du fourreau de son poignard.
Son arc était toujours proche du mage. Mince. Mais elle pouvait toujours l'abandonner. Il ne lui faudrait pas longtemps pour pouvoir voler une nouvelle corde et tailler un corps dans une branche. Heureusement qu'il lui était facile d'abandonner les choses matérielles. Si les choses tournaient au vinaigre, il suffirait qu'elle devienne aigle puis file vers l'horizon.
Et sa dernière phrase n'était pas rassurante. Elle montra les crocs, au sens propre du terme. Servir ses intérêts... Là n'était pas son but, à elle. Sous-entendait-t-il des chaînes? Voulait-il l'observer comme un objet qu'on s'achèterait, un bibelot posé dans un coin? Le faux-mendiant faussement riche faussement pauvre commençait à lui déplaire.
La voix rauque qui lui répondit ne cachait pas sa méfiance.

- Pas de chaînes. Pas de Maître. Pas une chose.

Pour quiconque ne la connaissait pas, cette réponse n'en était pas une. Et surtout pas vraiment compréhensible, si ce n'était qu'elle était un être libre.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Mar 11 Juin - 7:26
- Je suis Samuel. Et toi, tu n'as pas l'air du genre d'individus qui aiment divulguer leur nom à n'importe qui. J'aimerais juste savoir une chose, par simple curiosité. Tu es une changeling, je me trompe?

C'était ma dernière phrase qui l'avait fait réagir, comme si je ne pouvais le distinguer; son air sauvage, son attitude le transcendaient, ou peut être étais-je plus perspicace que la moyenne des hommes, je ne savais le dire. Mais, outre son comportement, il demeurait un élément indéniable: elle possédait un certain potentiel, des pouvoirs en elle, et il m'aurait surpris qu'une jeune femme si libre et sauvage n'aie étudié une magie comme dans une école; elle aurait pu se trouver à l'état brut, sans qu'elle sache l'utiliser mais elle s'avérait être une changeforme, représentante plutôt adéquate de sa race: libre, simple, forte. Lentement, avec mille précautions, l'inconnue tourna la tête ainsi que le regard vers moi même, me transperçant de ses iris dorés, tout comme les miens; toute joie avait quitté son faciès, et, comme pour confirmer mes dires, elles montra les crocs, grognant légèrement à la manière d'un chien. Comme un félin cette fois, elle recula, doucement, le dos face à l'eau qui me flattait les tympans de son indifférent rythme régulier. Elle porta, plutôt discrètement malgré que je le vis, une main à sa ceinture, et pour lui prouver que je n'avais nullement l'intention de me battre, je matérialisai la lame dans son fourreau afin de la planter dans le sable, et croisai les bras.

- Tu vois? Je ne veux pas te nuire.

- Pas de chaînes. Pas de Maître. Pas une chose.

Je souris, un sourire légèrement carnassier, à la manière d'un fauve, et c'était presque comme si mes canines dépassaient.

- Ne t'inquiète pas. J'ai connu la captivité, par un père qui m'a séquestré dans la misère et je hais quiconque qui ressemble de près ou de loin à un scientifique. En outre, ma famille est morte, je suis un vagabond, je n'ai nullement envie de perdre ma liberté et je ne la prendrai pas aux autres; j'avais simplement remarqué par ton attitude et une série de petits détails que tu étais une changeling.Je ne tiens vraiment pas à me battre, mais je le ferais s'il le faut…

Comme un chat, je sautai sur la garde de mon épée, les deux pieds chacun d'un côté, en équilibre, et me tus en observant les dernieux feux solaires au loin, sur l'horizon noirci par la nuit, mais illuminé par les restes lumineux du déclin de l'astre il y a peu. L'air frais et marin soufflait, me donnant la chair de poule sur mes bras peu couvert et je fis venir mon sac à moi un instant pour en sortir ma cape blanche, don d'Elenwë la demi-Elfe, apaisé par l'inexorable fracassement des vaguelettes sur la digue, comme des assauts inlassables des océans sur le monde. Je laissai tomber mon sac au sol après en avoir ré-extirpé mon instrument, et entzmzi pour m'occuper les doigts un air un peu nostalgique, de ma composition. Je me tournai, d'un mouvement a 180 degrés, vers la jeune femme, et calai le violon sur mon torse.

- Es-tu une changeling de panthère noire? Tu as des airs félins.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Jeu 13 Juin - 9:12
Il semblait s'amuser de son point de vu. Une sorte de grondement s'échappa des lèvres de la femme, bien sur la défensive désormais. Les doigts étaient écartés, les bras légèrement loin du corps, presque pliée. Position de garde pour le combat à main nue tout autant que tentative de paraître plus imposante. Doucement, elle se mouvait sur le côté, comme lorsqu'elle avait commencé à danser. Une jambe passant devant l'autre, avec lenteur. Ce comportement était effectivement comme celui des chats, chose paradoxale. Mais un prédateur reste un prédateur, et en matière d'intimidation et de combats, l'un valait bien l'autre, quand bien même les capacités différaient.

- Ne t'inquiète pas. J'ai connu la captivité, par un père qui m'a séquestré dans la misère et je hais quiconque qui ressemble de près ou de loin à un scientifique. En outre, ma famille est morte, je suis un vagabond, je n'ai nullement envie de perdre ma liberté et je ne la prendrai pas aux autres; j'avais simplement remarqué par ton attitude et une série de petits détails que tu étais une changeling. Je ne tiens vraiment pas à me battre, mais je le ferais s'il le faut…


Qu'espérait-il? Qu'elle batte des cils et joue les "oh, mon dieu, pauvre petit, viens que je te prenne sous mon aile"? Folie. Elle savait bien ce que l'être humain valait, et s'il avait vraiment subit ce qu'il avait dit, ses positions ne faisaient que se renforcer. Les Sirènes, les Elfes, les Dragons et les Golems... Les mendiants aussi, bien qu'ils ne soient pas d'une race particulière. Ceux-là, ça allait. Mais pas les humains faussement pauvre. Pas ceux qui voulaient l'enchaîner, la briser et espérer qu'elle rapplique dès qu'on sifflait. 
Elle recula, montrant les crocs et... lâchant un cri d'avertissement quelque peu intriguant. Un peu bizarre même à vrai dire. Pas celui des chats et autres fauves. Mais l'avertissement était tout de même présent. Et la colère dans ses yeux, la méfiance l'étaient tout autant. Même en la plantant dans le sol, il avait sortie une arme. Pire encore, ils étaient en un lieux exposé, où un seul humain approchant pouvait ramener la garde toute entière et l'enfermer. Les chaînes... Jamais! 
C'était une sorte de furie qui s'emparait d'elle. D'un bon, elle se rua en avant. Son arc. Un moyen comme un autre de partir. De voir aussi ce qu'il pouvait en être réellement. A peine ses pieds eurent quittés le sol que l'aigle, ailes tendus, planait rapidement jusqu'à l'arme, s'étant aidés par quelques battements puissants. La femme roula au sol, attrapa le bois dans le même temps et, tout juste agenouillée sur les dalles, le coeur battant, une flèche encochée, visait l'enfant. 

La peur? Etait-ce ce qui venait de l'animer? Peu à peu, elle sembla se calmer. Juste un peu. Il s'agissait effectivement d'un petit. Fort, maîtrisant les rochers. Mais un petit tout de même. Moins rapide, moins puissant, et surtout sans rien (mis à part des pierres) à lui lancer si elle devait s'envoler. 
Libre de tout, même de changements d'humeurs. La voleuse sembla s'adoucir légèrement. Elle lui fit même l'honneur de détourner légèrement, le temps d'une demi seconde, son regard de lui afin de voir s'il y avait des chances qu'on l'ait observé. Les plumes couvrant ses serres frémirent, démontrant son malaise. Vite suivit du fait qu'elle couvrit son corps de sa cape. Elle restait en une semi. Au cas où. 

En tout cas, Samuel avait désormais sa réponse. Et une Changeling aussi peu loquace qu'encore sur la défensive.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Ven 14 Juin - 8:01
Elle demeurait les bras légèrement écartés du corps, les doigts en un éventail étoilé, en position de défense personnelle, mais cette pose lui offrait plutôt l'image d'un moineau se mettant sur la pointe des pieds pour s'agrandir; malgré cela, nul doute que, si les pavés n'étaient pas à portée de main, ette l'aurait surpassée en combat singulier, malgré mon épée. Latéralement, elle se mouvait doucement, de côté, comme énoncé plus haut, les félins. Je m’efforçais de maintenir mon équilibre tout en l’observant, les bras croisés, semelles sur la garde de mon épée, en évitant de tomber pour ne pas briser le peu de crédibilité théâtrale que j'avais acquis. 

- Ne t'inquiète pas. J'ai connu la captivité, par un père qui m'a séquestré dans la misère et je hais quiconque qui ressemble de près ou de loin à un scientifique. En outre, ma famille est morte, je suis un vagabond, je n'ai nullement envie de perdre ma liberté et je ne la prendrai pas aux autres; j'avais simplement remarqué par ton attitude et une série de petits détails que tu étais une changeling. Je ne tiens vraiment pas à me battre, mais je le ferais s'il le faut…

Le seul fait que je lui avait demandé si elle était un changeling l'avait mis dans un état de méfiance incroyable, de la même façon que si je lui avais placé un poignard sous la gorge, méfiance probablement acquise par son passé; cependant, je ne sais pas ce à quoi elle s'attendait de la part d'un frêle gamin comme moi... Certes, ma maîtrise des roches pouvait se montrer menaçante, mais la magie ne suffit pas a vaincre la vivacité et l'instinct de survie qui habitait cette jeune femme à moitié animale; j’ignorais, en réalité, ce qu'elle craignait, et c'est pour cette raison que je me contentais d'observer la scène, toujours en équilibre. Elle montra ses dents, à la manière d'un chien - nul doute désormais que l'art changeforme des arcanes coulait dans ses veines - lâchant un cri d'avertissement, manifestement de source animale, mais je n'en distinguais pas la bête dont il provenait. Soudain, elle sembla s'emporter, craignant l'enfant que j'étais, et, s’élançant dans les airs au dessus du sable, se métamorphosa en plein vol, en un magnifique aigle royal à tête blanche qui déploya d'un geste et sans un bruit ses larges ailes au dessus de la plage; c'était vraisemblablement vers son arc, laissé un peu plus loin - je ne l'avais même pas remarqué auparavant - qu'elle s'était élancée, me dévoilant sa véritable forme tant protégée, tant que je m'étonnais qu'elle l'ai fait à un endroit ou d'autres hommes auraient pu la voir.

J'avais certainement prévu ce genre de réaction, sans pour autant en évaluer avec précision l'ampleur qui était beaucoup trop importante face à mes estimations; elle avait agi comme un oiseau auquel on cherche a couper les ailes, ou elles l'avait vécu de cette façon, de toute évidence. A l'instant ou ses serres de rapace frôlèrent le premier grain de sable, elle repris une forme humaine, malgré qu'après un examen attentif me permit d'apercevoir quelques plumes sur son avant bras visible... Peut être avait elle légèrement échoué sa transformation sous le coup de la surprise et que quelques restes de sa part bestiales avaient subsisté. Elle demeurait toujours accroupie, sous sa cape en grande partie, lorsqu'elle détourna un instant seulement le regard; j'en profitai pour attraper mon sac et en extirper mon violon. Lorsque son regard revint vers moi, alertée par le bruit, j'avais déjà dégagé mon sac a quelques mètres et mon instrument demeurait dans mes mains, sous son regard d'acier et d'or qui restait braqué sur moi. Ma situation d'otage était un peu étrange; en effet, elle avait braqué sur moi son arc, flèche encochée, mais j'étais resté souriant, en coin.

L'instrument sur le torse, l'archet entre les doigts, j'entamai un morceau qui s'accordait à la perfection avec les dernières lueurs dorées qui dépassaient de l'horizon comme les bras d'un noyé qui dépassaient de l'eau, dans toute sa mélancolie; les longues notes s'en allaient dans le vent du littoral, et la température diminuait... Malheureusement, ma cape demeurait dans mon sac? J'avais maintenant détourné les yeux de l'inconnue, ceux-ci s'étant tournés vers l'océan noirci par la nuit qui nous avait englobé d'un seul coup. Le crépuscule avait comme duré, s'étalant sur plusieurs heures à première vue, pour soudain, laisser place aux ténèbres et à leurs étoiles complices; ou bien les aventures des moments passés me les avait allongés, comme dans un rêve, tandis que cet instant d'inactivité, de silence et de trêve, plutôt reposant au final, demeurait comme un gouffre béant dans toute cette précipitation. Tandis qu'elle décompressai, la mer - il ne me fallait jamais beaucoup pour que Alice me revienne en mémoire - me rappela la petiote, et je pensai que le déclin solaire sur son horizon bleuté lui aurait plu, elle qui était si proche de la nature, elle qui tombait en pâmoison devant un simple chat gris et sale - tout comme moi, d'ailleurs. Comme elle aurait aimé Lyne... J'étais sur qu'elles se seraient entendues à merveille.

Je poussai un soupir, pour diverses raisons; pour la situation qui ne changeait pas, pour mes jambes engourdies debout sur l'épée, pour le froid qui envahissait mes os peu à peu. Soudain, je réalisais que je m'étais arrêté de jouer, je ne sais il y avait combien de temps, et que le violon rêgnait simplement dans mes mains, sans que je n'y touche. Je me demandais quelle allait être la site, quelles étaient les intentions de la jeune femme, si elle en avait dans l'immédiat; alors, je posai la question qui me semblait la plus appropriée à la situation.

- Et maintenant?
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Ven 14 Juin - 9:21
La musique transcende tout. Même la peur
 
 
 
Accusateur, les yeux dorés fixaient Samuel. Un peu comme s'ils cherchaient à le clouer sur place. Le bruit l'avait alerté et, à nouveau, l'enfant était l'objet de son attention. Elle ne faisait pas confiance tout de même. Car si le géant savait danser, il pouvait aussi frapper. La flèche n'avait pas bougé, le danger et sa réponse étaient encore là. Mais l'épée du garçonnet restait au stade du podium. Ce qu'il avait saisit, c'était le violon. Etait-ce parce qu'il n'avait rien d'autre? Apparemment non. Enfin, peut être, mais peut-être que l'instrument était plus précieux que l'acier. En tout cas, il n'avait pas l'air d'avoir peur. Lui au moins. 
Ridicule. Elle avait eu l'air ridicule, sans aucun doutes. En tout cas, pour quiconque n'était pas de sa race. Car ils étaient nombreux à les jalouser, les humains. A haïr au plus profond de leur être ceux qui étaient différents, ou dont les capacités étaient supérieurs aux leurs. Ou les riches, qui voulaient tout posséder. Encore plus, toujours plus. Quand bien même il s'agissait d'être vivant. Quand bien même c'était des esclaves, frappés, humiliés, trop brisés pour rugir. Des créatures exotiques, qu'on ne trouvait nul part ailleurs. Et qui auraient le désert comme tombeau, seul et unique cadeau que tout le monde obtenait un jour.

La musique s'éleva doucement, lentement. Comme une plume qui caresse une peau. En réponse, et avec le soleil qui se couchait, le vent soufflait, apportant un air plus frais. C'était finit. Elle n'en avait plus à cure du mage. Ses cheveux furent entraînés. A nouveau, la nuée de corbeaux prenait place, encadrant le visage à l'air si neutre. Le ressac de la mer vint accompagner le violon. A la perfection. 
Plongée dans son monde, Daraen oublia. Debout, le regard vers l'horizon. Sa cape claquait dans la brise, dévoilant de temps à autre un bout d'aile, totalement ses bras pourvus de griffes. De loin, on les aurait simplement pris pour des ornements décoratifs: cape de plume, gantelets un peu étranges. Le reste était suffisamment camouflé. Il n'en fallait pas plus. Pas plus....

Déjà, la nuit avait prit le relais. On ne voyait plus beaucoup, à moins d'être proche. Bientôt, l'obscurité serait totale. Déjà dans la ville on avait allumé les lampadaires à mèche et les lampions fleurissaient. Comme si les humains tentaient de concurrencer les étoiles ou les lucioles. Mais ce ne serait jamais aussi beau ou magique. 
 
La voleuse respira l'embrun calmement. Même si elle avait les deux pieds sur terre, tout ceci lui faisait penser à ses vols. Aussi plaisant. Aussi calme. Aussi absolu, divin. 
Les yeux fermés, insouciante, elle tendit les bras face à l'océan et aux vents. Et elle ne bougea plus. Comme une statue, offerte à la furie des éléments. Impassible. Impassible malgré sa chevelure qui dansait, impassible malgré ses vêtements qui s'envolaient, l'invitant à faire de même. Impassible malgré le danger des hommes et de leur vilenie. 
Le murmure qui s'échappa de ses lèvres fut intriguant. Plus intriguant encore fut-il quand il devint comme un chant. Ancien, oublié et dont on disait en fait des vers de poésie. 
 
- Libre... A jamais. Malgré les guerres. Malgré les Hommes. Malgré les chaînes. Malgré la mort.
 
Eternellement... libre... 
 
Elle se sentait appelé. Mais si faiblement par rapport à d'habitude... Elle rouvrit les yeux, sereine. Ses bras revinrent le long de son corps, cachés dans les replis de cape. On la retenait. L'homme de son rêve. Elle devait toujours le retrouver.
 
- Et maintenant?
 
Un mâle. Grand. Cheveux blancs. Un guerrier.
 
Elle ne prit même pas la peine de regarder l'enfant. Et pour elle, la question qu'elle sous-entendait était implicite. 
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Sam 15 Juin - 22:00
Thème: http://www.youtube.com/watch?v=q7DBoiyBoJ8

Au loin, l'océan sombre et ses flots calme, comme une plaine d'ébène dont aucun vent ne faisait danser les herbages, nous apportait sa brise marine et fraîche, chargée d'odeurs de poisson qui me titillaient les narines de ces senteurs inconnues pour moi, et dont le souffle avait le don de me glacer les os, sensation s'additionnant à la raideur de mes jambes; mais le regard percant de la jeune femme me mettait au défi de faire le moindre geste brusque. Lentement, j'avais pris mon violon de mon sac, ce qui avait eu le don de faire braquer le regard de la changeling sur moi, ses yeux perçants dans lesquels on pouvait distinguer l'acuité accrue de ses yeux d'oiseau de proie me clouant sur place, et, l'archet entre les doigts, avec un certain trémolo, entamai les notes, qui se perdaient dans les airs du littoral, dans l'obscurité douce ambiante, dans le néant qui semblait nous entourer. Plus rien ne semblait compter, et mes complaintes d'il y a un instant furent vite oubliés sous l'écoute de ma propre mélopée mélancolique. L'horizon tout autour avait disparu, laissant place à la noirceur rassurante de la nuit, cachant les constructions humaines de la digue un peu plus loin, accordant toute l'importance qui devait lui être dédiée, à l'océan et a son ressac incessant en indifférent. La mer, ses vagues, son inlassable complainte demeurait la seule chose qui résisterait au passage du temps, des guerres, et de toutes ces futilités humaines qui nous entouraient. Je soupirai un instant, dans le brouillard nocturne qui nous entourait.

L'inconnue tendis ses bras, face aux éléments et à l'eau qui lui faisait face, les yeux fermés, respirant calmement, tandis que les vents se jouaient de sa chevelure qui m’apparaissait comme une nuée d'oiseaux d'ébène dans cette obscurité, et ses vêtements, remués en tout sens, claquant parfois, ne l'encourageaient pas d'avantage à se remuer.  Un murmure, comme une complainte plus douce que raison ou un poème chanté sur la musique, s'échappait de ses lèvres.

- Libre... A jamais. Malgré les guerres. Malgré les Hommes. Malgré les chaînes. Malgré la mort.
Éternellement... libre... 

Sur ces mots, ses bras vinrent rejoindre son corps à nouveau.

- Et maintenant?

- Un mâle. Grand. Cheveux blancs. Un guerrier.

La goutte qui atterrit sur mon bras me poussa à sauter doucement de l'épée afin de ranger mon violon dans le sac étanche, juste à temps; la pluie avait envahi ce monde à l'instant ou j'avais enfilé ma cape blanche, et le tonnerre éclata. Ici

Sa réponse m'intriguait quelque peu, et dirigeait immédiatement mes souvenirs vers Adam. Le son des goutes sur l'océan et le sable demeuraient, accompagnée des vagues, la seule musique qui pouvait nous envahir. En effet, l'homme qui était mon père avait une force surhumaine pour sa carrure et il n'y avait aucun doute qu'il demeurait un redoutable combattant à l'épée, au vu de l'image d'Alice étranglée à bout de bras par mon paternel.

- C'est peut être mon père que tu cherches. Mais il est mort, je l'ai dit plus tôt. Il était blanc, une taille démesurée, une carrure frêle et pourtant une force qui dépassait la raison. Il a étranglé ma soeur de huit ans à bout de bras, d'un seul de ses membres, et savait se battre à l'épée. C'était un adversaire redoutable, mais Alice l'a tuée.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Sam 15 Juin - 22:40
Daraen resta imperturbable tandis que les gouttes commençaient à tomber. Enfin, le temps qu'elle comprenne qu'il ne s'agissait pas de l'embrun de la mer mais bien d'eau venu du ciel. Elle n'en avait pas encore vu pour l'instant. Et ce fut avec une expression d'étonnement pur que ses orbites fixaient les nuages, ignorant quand une "larme du ciel" vint s'écraser près de son oeil. Suivie de biens des consoeurs. 
Qu'était-ce donc que cela? De la magie? Elle regarda Samuel les sourcils froncés. Pourquoi avoir fait ça? C'était bizarre. Et curieux. Très curieux même. Elle étendit ses ailes, fort heureusement imperméable à la pluie. Elle les secoua doucement, les ébrouant pour chasser la fatigue et la gêne. Suite à quoi elle commença à s'élever doucement, en cercle afin d'attraper un courant aérien. Déjà elle ne s'intéressait plus réellement à son interlocuteur, préférant slalomer dans les airs, à la recherche d'une quelconque explication quand à cet événement mystérieux. Pourtant elle ne trouva rien, et le récit que fit le mage sur son passé ne l'aida pas à chercher. L'aigle qu'elle devint, malgré ses bon deux mètres d'envergures toutes ailes tendues, vint se poser sur le pommeau de l'épée. Ses yeux étaient durs. Il n'avait pas compris. 
Elle sauta avec grâce sur le sol, reprenant sa forme tant aimée d'hybride.

- C'est peut être mon père que tu cherches. Mais il est mort, je l'ai dit plus tôt. Il était blanc, une taille démesurée, une carrure frêle et pourtant une force qui dépassait la raison. Il a étranglé ma soeur de huit ans à bout de bras, d'un seul de ses membres, et savait se battre à l'épée. C'était un adversaire redoutable, mais Alice l'a tuée.

- Non.

L'animal secoua la tête, presque débité. Et ne sembla pas le moins du monde éprouver de la pitié pour le meurtre sauvage d'une enfant.

- Un guerrier. Pas frêle. Grand. Fort. Des épaules larges; imposantes et réconfortantes.  

Ses yeux passèrent sur les maisons qui composaient la ville. Il était tard. Et c'était l'endroit dont elle avait rêvé. A peu près. Dansce cas, il devait être en train de dormir quelque part. Il fallait qu'elle le trouve. Mais comment s'y retrouver? Peut être que l'enfant pourrait lui être d'une quelconque utilité...?

- Guide? 

Elle fit mine de voler vers l'avant, sans réellement bouger, signifiant son envie d'explorer. 
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Le touriste et l'oiseau [Daraen]

MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Lun 17 Juin - 3:59
La nuit était tombée, accompagnée de son lots de beautés et douceurs habituelles, comme la fraîche brise nocturne qui me caressait la peau, ou la vue des étoiles dans leur océan d'ébène, sous le doux ressac de la mer invisible; cependant, l'arrivée de l'obscurité n'avait pas qu'apporté des beautés, car une pluie froide et forte était venue tambouriner à mes vêtements, comme si elle voulait y pénétrer, et, allant de paire avec le brouillard, je n'y voyais goutte. Les froides larmes célestes frappaient ma peau, sur le visage, et je le levai vers le ciel pour en apprécier le goût salé; je n’apercevais plus, à mon grand regret, les milles et un joyaux qui flottaient, haut, très haut au dessus de moi. La jeune femme se rapprocha, et je la vis enfin, slalomant entre les airs de ses ailes immenses sur son corps de rapace, se jouant des lois les plus basiques de la gravité, à l'inverse de la pluie qui tombait inexorablement pour finir sur le sable ou, dans un doux clapotis, à la surface de l'eau. Se posant sur le pommeau de l'épée que j'avais quitté quelques temps plus tôt, elle me fixa de ses yeux d'or.

- C'est peut être mon père que tu cherches. Mais il est mort, je l'ai dit plus tôt. Il était blanc, une taille démesurée, une carrure frêle et pourtant une force qui dépassait la raison. Il a étranglé ma soeur de huit ans à bout de bras, d'un seul de ses membres, et savait se battre à l'épée. C'était un adversaire redoutable, mais Alice l'a tuée.

J'avais prononcé ces mots sans la moindre trace d'émotion cette fois, signe d'une nette amélioration dans mon état moral et mental; indifférente elle aussi, elle sauta de la lame pour se métamorphoser afin de me répondre, d'un mot simple et précis, secouant sa tête, faisant danser ses cheveux noirs dans le brouillard.

- Non.

Dans ce cas, cela allait devenir ardu de l'aider à trouver la personne qu'elle cherchait.

- Un guerrier. Pas frêle. Grand. Fort. Des épaules larges; imposantes et réconfortantes.  

Son regard se posa, au loin, sur les façades à peine visible, qui demeuraient sur la digue, un peu plus loin.

- Guide? 

Ses ailes mimèrent un mouvement vers l'avant.

- D'accord.

Sans dire un mot de plus, je me relevai, m'appuyant sur la garde de mon épée, afin de la ranger dans son fourreau animé d'une poche de vide; ceci fait, j'enfilai ma cape et empoignai mon sac pour me diriger vers la digue.

- Ou désires tu aller? Tu cherches quelque chose en particulier?
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Le touriste et l'oiseau [Daraen]

MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Dim 23 Juin - 5:34
Samuel devenait donc son guide, ayant le devoir de l'aider à découvrir les coins et recoins de la cité. C'était un bon début. Elle n'était plus aussi méfiante qu'avant, ne faisant que suivre les gestes du garçonnet lorsqu'il reprit son épée. Elle n'aimait pas quand les gens savaient sa nature, notamment parce qu'ils étaient jaloux. Mais lui, ça allait. Comme si elle ne se rappelait pas ses mouvements d'humeur de tantôt.

En tout cas, puisqu'ils allaient pénétrer sur un territoire humain, la belle était obligée de s'y adapter. Adieux donc, ailes et griffes si utiles. Bonjour à la place à la monotonie. Elle fit presque la moue quand elle examina ses mains sans serres. Depuis qu'elle avait fuit d'Hagor elle n'avait presque jamais repris une telle forme. Exceptions faites quand, lors d'une chute, elle devait protéger ses ailes à tout prix. Mais pour chasser, pour explorer, pour dormir ou vivre... Sa nature animale n'était jamais cachée. 
Sa nervosité revint petit à petit. Elle n'aimait pas être déguisée ainsi. Ce n'était pas naturel pour elle. Sans serres, sans plumes, elle avait l'impression d'être... Pas nue, ça, ça ne la dérangeait pas mais... affaiblie disons. La chose ne l'avait pas perturbée auparavant, car elle était seule. Mais si le mage décidait de la trahir ou de la vendre, il lui faudrait pouvoir fuir. C'était... perturbant. Compliqué. Elle n'aimait pas ça. Les choses étaient bien mieux quand elle se baladait dans la forêt. Au moins les lapins et les loups ne se souciaient pas qu'elle soit une changeling!

Mais bon, elle pouvait laisser ça de côté. Elle était forte et pouvait se défendre. Au pire, elle tuerait et fuirait. Rien de bien dérangeant. Ca rendait les choses plus simples. Elle préférait ça. 

- Ou désires tu aller? Tu cherches quelque chose en particulier?

La voleuse pencha la tête sur le côté. Il n'avait pas compris, vraiment? C'était bête... Le ton agacé de sa voix laissant bien entendre ce qu'elle ressentait.

- Le guerrier.... Je le cherche. Il est tard. Une auberge. Un lieux où manger. Où dormir. Un bar....?

Elle commença à cheminer sans se soucier de l'enfant. Elle semblait tendre l'oreille. Le vent lui chuchotait encore un peu le chant de la liberté, mais c'était encore faible. Il fallait qu'elle trouve l'inconnu. Et ensuite, la brise chanterait encore pour elle. Elle s'envolerait à nouveau, sans avoir envie de jeter un regard en arrière.
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen] Lun 24 Juin - 6:48
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La pluie avait redoublé de violence, le vent s'étant ajouté à la fête, et il faisait un certain temps que j'avais renoncé à tenter de rester au sec; emmitouflé dans ma cape blanche, de loin, je ressemblais, comme à mon habitudue, à un fantôme, dont seuls les iris dorés fendaient la nuit, légèrement luisants sous l'effort de ma lame qui flottait devant mes yeux. Doucement, sans me presser malgré la chute inexorable des larmes du ciel sur les dalles, provoquant un clapotis qui emplissait toute mon ouïe, je montai les marches de la digue, m'inquiétant simplement que mon sac était hermétiquement fermé, afin que mon violon ne prenne point l'eau; je m'en serais voulu plus que tout. Je pense qu'elle me suivait, et au fond, je n'en avais cure; si elle n'en était pas capable ou n'en avait pas la motivation, c'est qu'elle ne le voulait pas réellement; sous forme humaine, elle me dépassa enfin.

- Ou désires tu aller? Tu cherches quelque chose en particulier?

Je me rendis soudain compte que ma question était mal formulée. J'aurais voulu lui demander si elle avait une piste, une quelconque idée d'ou il pouvait se trouver; son agacement se ressentait dans sa voix.

- Le guerrier.... Je le cherche. Il est tard. Une auberge. Un lieux où manger. Où dormir. Un bar....?

Elle se mit à cheminer, indépendamment de moi même, alors que j'étais censé lui servir de guide; j'avais un peu mieux à faire que de l'aider, alors si elle n'avait pas besoin de moi, autant que je m'en aille. Mon épée vint s'envoler pour la bloquer de son plat, horizontalement, devant elle.

- Si tu n'as pas besoin de moi, je m'en vais; mais si tu as toujours l'intention que je te guide, attends moi et suis moi. Compris?

Je supposai que nous allions devoir écumer les bars de la région, croiser moult poivrots et types louches pour trouver le prince charmant de mademoiselle... Charmante soirée en perspective, et je n'avais aucune idée de pourquoi j'avais accepté de l'aider quelques moments plus tôt; mais désormais, je ne pouvais plus reculer.

- Apparemment, vu ta réponse précédente, tu n'as pas de piste, à part qu'il se situe dans une taverne…As tu seulement une idée du nombre d'établissements du genre dans cette cité? 

Je m'arrêtai un instant, soupirant.

- Je suppose que je n'ai plus trop le choix, maintenant que j'ai dit que je t'aiderais...

Sans ajouter un mot de plus, je me dirigeai vers la première hostellerie que je vis qui ne me semblait pas d'être un repère ou un trou à rats, et y entrai, ouvrant en grand la porte, pour, une fois à l'intérieur, ranger mon épée, Daraen sur mes talons. Je lui demandai, derrière moi:

- Alors, est-il ici?

A première vue, aucun individu ne ressemblant à la description faite ne convenait, mais je ne discernais pas l'intégralité de la taverne, d'ou j'étais. On ne sait jamais...
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MessageSujet: Re: Le touriste et l'oiseau [Daraen]
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