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Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel]

MessageSujet: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Dim 9 Juin - 6:20


« Marché Noir.. »


C'était bien connu: les mauvaises personnes fréquentaient les mauvais endroits.

Mais ce n'était pas pourtant que cela justifiait la présence de Vyslinn dans la zone la plus glauque de tout Alcombord. Bien entendu, avec son armure noire et son masque, elle se fondait à merveille dans ce qu'elle considérait comme les fonds les plus bas, les plus vils, et les plus obscures de cette cité portuaire. Si elle devait un jour, pour une bonne raison ou de manière forcée, raconter et décrire ce qu'elle avait vu dans cet endroit, elle ne serait pas avare en compliments...

Ce marché noir représentait ce que toute créature dite civilisée avait d'atroce, d'infect et d'horrible. Vente de créatures sauvages et rares, de membres ou d'organes, d'esclaves toutes espèces confondues, et ce par des marchands souriants et n'ayant de hontes que celles concernant leur maîtresse ou leur enfant bâtard. Un déni de toutes les valeurs possibles et existantes, valeurs qui pourtant, logiquement, devait différencier êtres conscients, humains, et êtres sauvages, barbares. Il était difficile pour Vyslinn de garder un calme convenable, mais elle n'avait en aucun cas le choix: son objectif primait sur ses aversions les plus totales, sur ses ressentis personnels. Peu importait qu'elle ait un compte à régler, une grande rancune vis-à-vis des bandits et malfrats, elle devait se taire, se contenir. Du moins, jusqu'à être sortie de cet endroit, argent en poche.

Car la seule raison de sa présence ici était uniquement monétaire. Elle avait participé à l'escorte d'un marchand influent, et ce dernier était loin d'avoir les mains propres. La jeune femme fermait les yeux sur les activités douteuses des personnes pour qui elle travaillait, mais uniquement si cela n'impliquait aucun acte immoral de sa part, contre ses valeurs premières. Il lui était arrivé par exemple de laisser un riche seigneur à la merci d'une milice de haute instance qui avait été missionnée pour l'arrêter. Bien qu'elle escortait l'individu et devait logiquement le protéger de toute attaque extérieure le temps du trajet, elle ne pouvait se battre contre des individus représentant la justice d'un royaume ou d'un village. Ces derniers agissaient et œuvraient sous l'égide de la justice, de valeurs fortes, et il n'y avait aucune chance que la Gardienne Noire s'en mêle.

L'atmosphère était lourde dans ce marché noir. Visiblement, tout ce qui se rapportait au domaine maritime était devenu rare, et donc, financièrement intéressant. Et ce depuis qu'un être mythique semblait s'être réveillé dans l'étendue océanique, quelque part. Vyslinn en savait pas quoi en penser. Des rumeurs n'étaient jamais vraiment fiables, mais des rumeurs trop nombreuses ne pouvaient qu'être prémices d'une réalité sûre. Croyait-elle au mythologique? C'était une question délicate pour laquelle elle n'avait pas vraiment de réponse, et elle se réservait un certain délai de réflexion, si le problème revenait à lui être posé. Quoi qu'il en était, cela s'agitait autour d'elle. Des individus courraient dans tous les sens, certains voulant un type particulier de poisson rare, d'organe rare, d'espèce rare... Beaucoup de choses touchant au domaine marin et qui apparemment, s’amenuisait au fur et à mesure.

Arrivée avec difficulté et agacement dissimulé à une sorte de place, ou une fontaine couverte de mousse et crachant une eau croupie, Vyslinn poussa un discret soupir. Elle était sur les lieux du rendez-vous, prête à recevoir son dû de la main d'un serviteur désigné. Malgré les personnes nombreuses alentours peu recommandables, elle parvenait à garder son calme mais restait sur ses gardes. Après tout, il pouvait arriver tout et n'importe quoi... Peut être pas un piège vu la somme plutôt faible qu'on lui devait, mais un voleur un peu sournois qui frappait dans le dos et elle était vulnérable... Mais encore fallait-il qu'il ne se trompe pas de bourse lors de son larcin! Celle qui était accrochée à la taille de la guerrière était une fausse, contenant des cailloux. La vraie était accrochée à son cou, dissimulée sous son vêtement de corps, bien moins facile à subtiliser et hors de portée d'un enfant. Une sage précaution, utile plus d'une fois. Même si en général, son acpect visuel et sa longue épée apparente dissuadait les adversaires les moins téméraires...

La chaleur qui frappait donnait à ce marché à viande une odeur atroce. Plus vite elle quitterait cet endroit, mieux ce serait.
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Dim 9 Juin - 23:16
Je remarquai avec effroi que ces lieux sombres, dont les hauts plafonds, tantôt rocheux et naturels, tantôt taillés de briques pierreuses et géométrique me pesaient de toute leur pression dans la nuque, à la manière des mines de Tubalcain, possédaient une ambiance misérable qui m'était familière; outre les marchands aux façades souriantes qui tentaient de vous revendre des foies, des rates ou des cœurs, des pauvres hères, exclus de l'élitiste cité marchande et riche d'Alcombord, en étaient réduits à vendre de la viande douteuse cuite sur place dans des odeurs étranges, et je me fis la réflexion soudain que il aurait suffi que j’atterrisse dans les bas fonds de cette cité plutôt que de celle de Lumïa et quelques années plus tard, si j'avais eu la chance et la force de caractère de survive, mais aussi l'envie, j'aurais probablement fini comme l'uns de ces sans domicile édentés. Endroit le plus sombre de la cité portuaire, ce marché semblait à l'exact opposé de celui que j'avais visité quelques temps plus tôt, et peu de choses pouvaient justifier ma présence ici, dans lequel tout droit civil vous était arraché violemment ainsi qu'aux esclaves qui vivaient ici, enchaînés par de vils forbans; on en trouvait de toutes sortes, des jeunes gens biens bâtis pour les travaux ménagers aux péripatéticiennes à peine plus âgées que moi même, que j'observais avec pitié et dégoût envers cet endroit.

Je ne savais réellement ce que je cherchais ici, outre les odeurs et visions nauséabondes qui me parvenaient et les flashbacks déformés de mon passé qui me revenaient en mémoire tels des remontées acides; peut être un enchantement pour mon épée qui demeurait toujours dans son fourreau vide, légère, dans une autre dimension. C'est l'expert forgeron nain Drazh qui me l'avait forgée et confectionné ce système étrange qui me permettait de ne pas devoir soutenir son poids tout au long de mes périples, et la longue lame de silex demeurait quelque part, dans une autre temporalité, qui sait... Il me suffisait d'en énoncer mentalement le désir et elle apparaissait dans son étui, qui pendait continuellement dans mon dos et qui mesurait presque ma taille entière. Au fond de moi régnait un espoir impossible, intimement liées aux rumeurs que j'avais ouï sur ces lieux ou l'on trouvait de tout, et souvent le pire; c'était au bar des tavernes, lorsqu'un peu plus loin, à une table, j'entendais les vieux ivrognes déballer leurs affaires dont le créancier n'en avait que faire sur des livres interdits, des revenants et de pactes avec le mal. C'était idiot, des racontards absolument infondés sur la résurrection qui étaient improbables et impossibles, mais naïvement, j'y croyais, et je m'y raccrochais comme à une bouée de sauvetage dans la mer tourmentée de mon esprit, et c'était la réelle raison de ma présence ici.

Cependant, comme je m'y attendais, les uniques livres qui se trouvaient ici demeuraient du domaine des fabulations, ou encore traitaient de fausses formules grotesques pour apprendre la magie, faite pour tromper les novices et les simplets qui voulaient jouer aux pratiquants des arcanes experts, comme on en voyait dans les histoires. Désormais, je déambulais difficilement parmi les filous et les gredins, ma lame tantôt dans ma main, tantôt flottant non loin de moi depuis un petit incident avec un autre enfant qui avait tenté de dérober ma bourse, un peu plus tôt; j'étais heureux d'avoir cette arme à portée de main, car le sol n'était que rarement de pierre ou encore il était formé d'un seul bloc, et il était impossible que j'y forme Stephano, et les occasions de s'en servir, ne serait-ce que pour se défendre ne manquaient pas. Enfin, oppressé entre les corps crasseux des badauds, je parvenais à une place légèrement plus dégagée, gardant cette fois-ci mon épée en main, sans aucun usage de la magie; non loin de l'endroit ou je me trouvais se tenait debout une jeune femme, au visage ciselé en deux par un lugubre demi-masque. On pouvait remarquer en premier son armure sombre et impressionnante, son demi-faciès factice ou encore sa longue lame, semblable à la mienne, en plus imposante cependant, mais le premier élément qui attira mon regard était sa chevelure de neige ainsi que son iris libre qui luisait d'une couleur dorée. Je ne pouvais pas partir d'ici sans l'avoir interrogée, le regard plein d'espoir, et un sourire avait presque fait frémir mes lèvres. Je lui avait touché le dos, et sa réaction ne se fit pas attendre. Sans qu'elle n'aie le temps d'évaluer réellement la menace potentielle que j'aurais pu représenter, je l’interrogeai de ma voix plutôt grave pour un individu de mon âge, et qui restait néanmoins dénudée de joie.

- A tu un lien quelconque avec Adam Michaelis?
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Lun 10 Juin - 16:00
L'attente se faisait longue. Et la chaleur était particulièrement désagréable. Non pas que la jeune fille avait du mal à la supporter, mais plutôt que son odorat redoutait les odeurs de viandes avariées et de pestilences provenant de choses faisandées. De plus, l'endroit était enclavé, les ruelles étroites, et les égouts semblaient, s'ils existaient, semblaient être relativement inefficaces. Quant à la propreté des lieux, il n'y avait rien de plus à dire: c'était tantôt propre, tant tôt répugnant. A croire que chaque marchand nettoyait lui-même son terrain de vente, et que le reste était à l'abandon. Après tout, qui viendrait nettoyer ou s'occuper d'une zone strictement illégale, où pullulent brigands, commerçants véreux et pirates? Des inconscients, des fous, ou des idiots, peut être...

Une sensation particulière commençait à se faire sentir. A ne pas en douter, il s'agissait de la faim. A quand remontait le dernier repas de Vyslinn? La veille, vers midi, sans doute.. Une tranche de viande séchée et un morceau de pain, ni plus, ni moins. C'était très limite, mais elle ne pouvait pas se permettre de trop dépenser actuellement. Peut être allait-elle pouvoir prendre un repas plus consistant après avoir reçu sa paie, mais là encore, hors de question de faire banquet: elle devait continuer à économiser, à accumuler ses salaires divers et variés, jusqu'au jour où sa 'fortune' trouverait enfin utilité: une quête déterminante, une information cruciale, un livre interdit vital... De quoi avancer vers son but, de s'en rapprocher, et tôt ou tard, de l'accomplir. C'était son unique volonté, sa détermination première, infaillible et inflexible.

En attendant, la sensation n'avait pas disparue. Et un guerrier qui avait le ventre vide se battait beaucoup moins bien, il fallait l'avouer. Le repos du corps et de l'organisme était aussi une composante essentielle du combattant appliqué, quel que soit son niveau. Ainsi, elle extirpa une tranche de viande séchée d'une de ses poches, entamant son mets tout en gardant un œil aux alentours. L'avantage de ce genre de nourriture, c'est qu'elle était facilement dissimulable, que l'on pouvait en apporter une certaine quantité, qu'elle se conservait bien et qu'elle était très nourrissante. L'inconvénient, c'est qu'elle était très salée et demandait tôt ou tard un investissement dans le domaine de la boisson. Ah, et elle était plutôt facile à manger. Ce n'était pas comme une cuisse de poulet ou d'autre animal du genre, où le problème du masque particulièrement gênant se faisait sentir.

Mais le goût du morceau de viande posa rapidement problème. Apparemment, ce morceau était conservé depuis un peu trop longtemps, et n'était plus vraiment très goûtu... Ce qui ne signifiait pas qu'il ne pouvait plus être consommé. Disons qu'il n'était plus très agréable à manger, ni à mâcher. Mais le goût n'avait qu'une importance limitée sur les considérations et les choix de Vyslinn: la nourriture, c'était sacré et de première nécessité. Ainsi, hors de question de jeter quoi que ce soit, sauf si bien sûr il y avait un risque pour sa santé. Ici, ce n'était pas le cas, alors elle se contentait de mâcher en silence, faisant abstraction au mieux de ce qu'elle dégustait. Peu importait le goût, le confort, du moment qu'elle économisait suffisamment de moyens pour son périple et ses multiples aventures à venir...

Un contact dans son dos se fit alors sentir, et instinctivement, la Gardienne Noire s'était retournée avec la main sur le pommeau de son épée courte, prête à faire face à l'origine du geste. Paiement? Voleur? Mendiant? Brigand? Tout était possible, alors un geste d'autodéfense, un réflexe, était bienvenu, en fonction de la menace ou de ce qu'elle pouvait rencontrer. Pourtant, elle fut bien surprise de se retrouver face à un jeune adolescent. Taille moyenne, air plutôt jovial, chevelure blanche, peau blafarde, pupilles jaunes... Entre autres détails...

La tranche de viande séchée entamée chuta au sol, sans autre forme de procès. L'expression 'être figée comme une statue' prenait alors tout son sens, alors que Vyslinn semblait complètement paralysée, comme si elle avait vu un fantôme, une créature improbable, surnaturelle. Non, il n'y avait personne derrière le jeune garçon qui causait cet effet, c'était bien lui le seul et unique responsable de cet état. C'était bien lui qui, rien que part son physique, sa présence, sa voix, venait de figer la combattante, alors qu'il n'avait pourtant rien fait de notable. Et ce n'était pas l'énonciation d'un parfait inconnu qui avait contribué à cet état physique. Heureusement, il ne dura pas suffisamment longtemps pour que l’adolescent n'ait le temps de se poser la moindre question.


« A- A- A... Akelynn !! »

Tombant à genoux -ou plutôt se jetant sur lui en tombant à genoux-, la guerrière l'enlaça alors sans le moindre avertissement, s'accrochant à lui comme si sa vie en dépendait. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait absolument pas le sens et la logique de ces retrouvailles, mais les faits étaient là, prouvés: cette chaleur, ce corps, cette présence... C'était Akelynn. C'était bien lui, à n'en pas douter. Après toutes ces années où frère et sœur étaient séparées, après sept années sans se voir, voila que des retrouvailles impromptues avaient lieux, dans l'endroit le moins approprié de tout Alcombord... Voir même de tout le royaume. Que faisait-il ici? Que lui avait-il dit? Pourquoi était-il venu à elle? Comment allait-il? Était-ce un coup d'Oncle Orbëk? Et qu'en pensait les habitants du village? Les hautes instances? Non, avant tout, il y avait plus important. Et Vyslinn le réalisait, tardivement.

S'éloignant de quelques centimètres, elle le regardait des pieds à la tête rapidement, scrutant chaque parcelle de peau, chaque cheveu, dans ce qui semblait être un examen attentif mais trop précipité, affolé.


« M- Mais... Tu es guéri !! »

Comment était-ce possible? Comment pouvait-il tenir debout, alors que la dernière lettre reçue deux mois auparavant, le donnait souffrant, et alité? Dans un état qui se voulait stable mais toujours aussi préoccupant? Et puis, il n'avait plus le 'mal', cette marque noire et obscure sur le visage, étrange maléfice contagieux qui le rongeait inexorablement.. Une main gantée, noire et froide, touchait l'endroit où la marque était censée se trouver, à proximité de l’œil, dans une douceur qui était propre à une sœur aimante. Il n'y avait vraiment plus rien. Il était vraiment guéri! C'était un miracle, c'était formidable! Il n'y avait aucun mot suffisant pour décrire ce que Vyslinn ressentait, alors qu'elle ne laissait aucun répit au pauvre adolescent, l'enlaçant de plus belle sans se rendre compte de son erreur. L'enlaçant sans lui laisser la moindre chance de fuir, de disparaître. L'enlaçant comme pour se prouver qu'il existait, qu'il était bien en face d'elle, et qu'elle ne rêvait pas.

La joie et le soulagement dominaient fortement, plus que tout autre question, tout autre problème existentiels. Son frère représentait tout ce pour quoi elle se battait, tout ce qui la faisait avancer, tout ce qui nourrissait sa détermination. Son amour pour lui était incommensurable, et dans cette situation, il était normal que son bonheur obscurcisse quelques détails physiques essentiels qui pourtant l'aurait aidée à se rendre compte de sa méprise. La guerrière froide et discrète n'était plus: elle était redevenue la grande sœur qu'elle était autrefois, dans un passé qui se voulait temporellement éloigné mais dans ses mémoires toujours aussi présent...
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Mar 11 Juin - 1:32
A peine avais-je touché de mes doigts pâles et frais son armure noire et dure, luisante et glacée, qui rappelait la carapace du scarabée, qu'en un instant, elle avait fait volte-face, son œil blanc sur noir, qui contrastait fortement avec son second visage braqué sur moi; c'en était si peu naturel que je m'attendais presque à le voir se mouvoir indépendamment de son attache blanche, à l'inverse, telle une entité à part entière, qui aurait pris possession de la moitié de son corps, comme un démon s'empare d'une âme égarée. En tout points physiques, si j'omettais son demi-masque qui masquait manifestement des choses que je devinai terribles, elle me correspondait, malgré sa chevelure, blanche au demeurant, qui restait plus fine et ordonnée que la mienne, cheveux emmêlés et désordonnés, ainsi que son unique iris libre, doré, de la même teinte que moi qui en possédait une paire. J'aurais aimé lui poser une question, raison pour laquelle je l'avais interpellée d'un simple contact, mais elle ne m'en laissa pas le temps, et de ses bras noirs par son habit, elle m’enlaça, tombant presque à genoux pour arriver à ma taille, et le son du choc de l'armure sur les pavés résonnaient dans mon crâne. Il y a quelques secondes à peine elle s'était retournée, la main sur le fourreau, prête à dégainer une lame pour taillader un éventuel agresseur, et désormais, elle était en pâmoison devant moi, parfait inconnu à ses yeux, sans nulle raison. Son étreinte me fit, dans la surprise, lâcher ma lame de silex, qui, dans un fracas épouvantable, heurta plusieurs fois le sol avant de se stopper un peu plus loin, hors de ma portée. Je n'aimais pas la savoir trop loin de moi.

« A- A- A... Akelynn !! »

Manifestement il y avait erreur. Je reconnaissais ce genre de comportement pour cause qu'il m'était arrivé le même phénomène à diverses reprises, retrouvant Alice dans les yeux d'une autre quelconque petite mélanique, que je terrorisais par mon étreinte non justifiée, ou encore reconnaissant Molly, ma mère dont je connaissais à peine le visage, dans les traits d'une boulangère, ce qui avait le don de plonger celui qui était touché par cette chose dans une euphorie passagère causée par le retour inopiné d'un être cher perdu, et plus brutal encore était le dur retour à la réalité qu'il provoquait. Pour ma part, j'avais dans l'intention de l'interroger sur ses parents, sur Adam, mais je n'espérais nullement y retrouver quelqu'un que je connaissais directement; peut être un lien de parenté, au vu de ses similitudes physiques. Soudain, elle s'écarta légèrement, de façon à pouvoir m'examiner dans mon ensemble, et une vision plus détaillée de mon corps ne sembla pas la séparer de son état second.

« M- Mais... Tu es guéri ! »

Une situation plutôt gênante s'était installée, non pas pour l'étreinte qui ne me faisait ni chaud ni froid mais pour la vertigineuse chute vers le monde réel qui attendait l'atypique jeune femme, et je ne savais que faire pour amortir ce choc mental, connaissant la dureté de la révélation qui l'attendait. En effet, je me voyais encore enlacer une petite inconnue, quelque temps après, dans Lumïa, et c'était ses pleurs - d'effroi- qui m'avaient tiré de ma douce et cruelle rêverie. De son gant d'armure froid, semblable au mien, elle m'effleura le dessous de l’œil, dans un geste tendre qui ne m'était pas destiné, mais qui l'était plutôt à un présumé jeune frère. Il fallait mettre un terme à cette malheureuse méprise. Ouvrant la seule main qui n'était pas bloquée contre mon corps pour y accueillir la lame par un acte magique qui la fit étrangement frissonner, je tapotai légèrement son dos avec le plat de mon épée, afin que le son y attire son attention; je ne pense pas que des mots auraient suffi.

- Excuse moi... Je ne suis pas ton frère, ou qui que ce soit d'autre malgré que j'ai failli faire la même sorte d'erreur en t’apercevant. Je suis désolé.

Mon épée trônait devant moi, la pointe entre deux interstices de pierre, la lame qui m'arrivait presque au sommet du crâne coupant mon visage en deux à la manière de son masque, et mes deux mains demeuraient maintenant une de chaque côté de la garde.

- J'ai moi aussi perdu ma famille comme tu le sembles, et ce n'est sûrement pas la même similitude que nos deux personnes présentons. Quelle drôle de coïncidence de rencontrer un sosie presque aussi parfait dans un lieu aussi miteux...
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Mar 11 Juin - 4:54
Les similitudes étaient si grandes, si importantes, que la méprise était à la hauteur de ces dernières. Après sept ans d'absence, sept ans sans autres contacts que des écrits réguliers, voila qu'elle tombait sur un jeune garçon qui ressemblait en de trop nombreux points à son jeune frère. Sa chevelure, ses yeux, son visage... Tout correspondait, comment pouvait-elle se tromper? Certes, il avait un peu changé, mais avec le temps qui s'était écoulé, c'était plutôt normal non? Vyslinn elle-même avait changé, ne serait-ce que par sa plus longue coiffure ou son caractère plus... discret. Elle n'était plus vraiment la petite fille souriante, énergique, et hyperactive qu'elle était autrefois. Son empathie naturelle et son côté joyeux avait laissé place au morne et au froid, mais elle avait ses raisons.

Le bonheur et la joie furent cependant de courte durée, alors qu'un frisson et un fin malaise s'étaient fait ressentir. La seule réponse à ces maux était claire, nette: magie. Un geste du jeune garçon, des mots d'une voix étrangement trop grave pour lui appartenir, et la chute, imprévisible mais tant attendue... Bien que la jeune femme ne comprenait pas au début. S'écartant comme précédemment, elle le regardait attentivement, cherchant réponse sur son visage, dans son regard, autrement que par ses propos illogiques et sans aucun sens. Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas y avoir de méprise, c'était Akelynn à n'en pas douter, et donc c'était une bien mauvaise plaisanterie. Comment pouvait-il d'ailleurs dire cela après tant d'années de séparation? C'était particulièrement cruel, et cela ne plaisait pas du tout à Vyslinn qui pourtant, ne s'en offusquait pas.


« Mais... »

Elle s'en était rendue compte. Son regard attentif, malgré sa surprise et son air décontenancé, avait fini par payer. Les traits du visage n'étaient pas les mêmes. La forme des épaules n'était pas la même. La forme des yeux était différente. Certes, les détails étaient minimes, mais suffisant cependant pour écarter définitivement le fait qu'il soit son frère. Malgré la couleur des cheveux, la couleur des yeux, les ressemblances physiques... Ce n'était pas lui. Ce n'était pas sa voix, ni son caractère. Et il ne pouvait pas être ici, dans cet endroit, si loin des régions montagneuses de Lotheican. Tout comme il ne pouvait pas en si bonne santé.

D'après ses dires, alors qu'il reprenait la parole en présentant son épée, sa famille n'était plus de ce monde, et les caractéristiques physiques qu'il partageait avec la Gardienne n'avaient visiblement pas les mêmes origines, les mêmes causes. Le fait d'apprendre cela, plus sa méprise et sa fausse joie furent dès lors un rude contre-coup pour la guerrière, qui tombait de très haut sans vraiment pouvoir se rattraper. La déception se lisait grandement sur son visage, exprimant ainsi ses émotions trop clairement, alors qu'elle avait perdu l'habitude de le faire. Se ressaisir semblait particulièrement difficile, à tel point qu'elle semblait presque vaciller physiquement parlant. Mais s'il n'était pas son jeune frère, au moins partageait-il certaines similitudes physiologiques avec ce dernier, et il était ici quelque chose qu'elle devait exploiter, pour ne pas perdre le peu d'espoir restant.


« A- Attends ! C'est en effet u- une erreur de ma part mais tu ne souffres d'aucun mal? D'aucune m- maladie? Quelque chose comme ... »

S'apprêtant à retirer son demi-masque, elle mît son geste en suspens, réalisant ce qu'elle allait faire. Ce n'était pas, mais alors pas du tout une bonne idée. Seuls Oncle Orbëk et son frère devaient être au courant, elle ne devait pas montrer ses 'brulures' à n'importe qui. Elle avait l'air idiote, comme une personne qui ne savait pas vraiment quoi faire et qui était déboussolée. De plus, le fait qu'elle soit à genoux devant un adolescent attirait les regards, et certains individus suspicieux regardaient la scène de loin en ricanant. Ce n'était pas le genre de chose auquel on pouvait couramment assister dans un endroit aussi glauque et mal famé, c'était une évidence. Mais elle devait savoir, elle devait connaître le fin mot de cette histoire, s'il était souffrant lui aussi du 'mal'... La tâche sombre, le 'maléfice' rampant, pouvait être caché sous un vêtement, un ornement. Elle devait savoir, elle voulait savoir. Cette rencontre ne pouvait pas seulement être une simple coïncidence, il y avait forcément une raison, une logique derrière tout cela. De l'espoir.
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Mer 12 Juin - 5:27
La perte d'un être cher, et encore d'avantage d'un membre de la famille proche, était un événement difficile qui marquait à vie, par divers symptômes qui revenaient plus ou moins souvent, selon la personne; celui-ci en était un, plutôt fréquent, et ô combien violent, malgré que la personne atteinte sait pertinemment au fond d'elle que c'est impossible. Outre ce phénomène qui impliquait la vue d’êtres aimés dans des inconnus, maintes fois il m'était arrivé de sentir une soi-disant présence, revenante ou surnaturelle, malgré mon athéisme profond…Ces catastrophes, et j'en savais quelque chose, ne passaient jamais sans laisser de traces. Au probable jeune frère de l'individu devant moi, sans nul doute je ressemblais fortement au vu des similitudes physiques que nous comportions tout deux; mais son examen plus attentif, ainsi que mon intervention, finirent par lui faire durement avaler le contraire, passant d'une phase de totale euphorie au désespoir complet; comme précipitamment, elle s'écarta de ma personne.

« Mais... »

Malgré sa méprise et outre nos similitudes physiques, nous présentions de multiples ressemblances, comme dans la déception qu'elle afficha clairement, et que je devinai telle une démonstration rare de ses sentiments. Dévoiler ses émotions attirait des tas de problèmes, à tous âges; moi même, ne serrais-je pas les dents lors des moments difficiles, en compagnie d'Alice, faisant l'idiot pour arracher un sourire à ce visage pâle? Ou encore, n'étais-ce pas moi qui restait impassible, les poings serrés, devant les imbéciles du bidonville, pour me retenir de leur envoyé un pavé en pleine face? La sensibilité et l'ouverture aux inconnus n'était pas une qualité mais bien un vice qui m'avait jadis habité; mais j'avais tôt fait de l'éradiquer. Je marquai néanmoins un petit sourire de compassion, simple solidarité envers une jeune fille que je ne pouvais que comprendre. Encore pleine d'un cruel espoir, elle s'adressa à moi.

« A- Attends ! C'est en effet u- une erreur de ma part mais tu ne souffres d'aucun mal? D'aucune m- maladie? Quelque chose comme ... »

Alors que sa main avait déjà parcouru la moitié du chemin qui la menait à son demi-visage sombre et factice, dont la bouche se composait simplement de quelques lanières découpées dans la matière, lorsqu'elle stopa son geste, probablement en ayant, l'espace d'un instant, oublié les conséquences possibles de ce geste.

"Le seul mal qui m'habite, si l'on peut le considérer comme tel, est la magie qui coule dans mes veines ainsi qu'un passé associé à une lourde folie hallucinatoire. Rien de plus, je le crains..."

Elle demeurait toujours à genoux devant moi, comme si elle m'implorait ou priait tout les dieux pour retrouver son frère, le geste toujours en suspens au milieu des airs, et nous formions un groupe hétéroclite, blanc comme neige et jeune, dont l’aînée était agenouillée devant le cadet. C'était une scène inhabituelle, presque théâtrale, dont l'image émouvante ne devait que rarement apparaître en ces lieux glauques et sombres, et je pouvais ouïr quelques ricanements ironiques face à cette situation, messes-basses auxquelles je ne prêtais même plus attention. Cela m'aurait maintenant étonné, mais j'étais forcé de le lui demander.

- Cela en devient de plus en plus improbable mais j'ai moi aussi quelque chose à te demander…As tu eu des contacts avec le laboratoire de Lumïa, avec son chef, Adam Michaelis? Ce bourreau d'enfants est désormais mort, mais, si tu es née orpheline, par exemple, il est possible que tu sois une de ses filles. Cet homme séduisait des femmes avec ses pouvoirs, leur faisait des enfants pour se servir des pouvoirs dont ils héritaient mais avant, pour leur forger une résistance à la douleur, les séquestrait dans la misère...

Je laissai passer un petit moment afin qu'elle digère mes paroles, puis lui tendis la main.

- Je me nomme Samuel.

Encore une pause. Elle ne semblait pas mal intentionnée, étrangère à Lumïa, à un quelconque scientifique... Je pouvais le lui dire.

- Samuel Michaelis. 
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Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel]

MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Mer 12 Juin - 14:06
Oui, elle était déçue, mais tout n'était pas perdu. L'espoir était encore là, et cette rencontre providentielle, irréelle, devait déboucher sur quelque chose de concret. Si le destin l'avait amenée à croiser la route de cet adolescent, il y avait une raison. Si c'était ce même destin qui lui avait imposé une quête longue et hasardeuse, alors elle devait prendre cette offre comme une véritable bénédiction, un indice qui devait éclairer ses pas hésitants. Dès lors, perdre ce garçon de vue était hors de question. Bien qu'il n'était pas son frère, il pouvait encore répondre à certaines questions, notamment en ce qui concernait sa couleur de cheveux, de peau, et d'yeux. Il y avait peu de chances que l'origine du mal ne soit pas la même, ou que cela soit naturel chez l'adolescent... Il y avait quelque chose. Vyslinn en était persuadée. Et il fallait bien qu'elle se raccroche au moins à cela, après le choc reçu tantôt.

Mais ce n'était pas pour autant qu'elle devait montrer son visage marqué. Ce n'était pas pour autant qu'elle devait montrer sa 'brulure', son 'mal', à n'importe qui. Quand bien même les similitudes étaient grandes. S'étant ravisée, elle entendait le jeune garçon lui répondre, alors qu'il déclarait que son seul mal était la magie qu'il possédait, ainsi que des problèmes hallucinatoires. Du moins, c'était ainsi que l'avait compris la Gardienne, qui ne savait pas vraiment quoi en penser. Cela ne pouvait pas être simplement cela, il devait forcément y avoir autre chose, c'était obligé. Il devait y avoir un point commun, un lien, quelque chose qui les rapprochaient plus que de simples couleurs peu communes.

Les personnes alentours ricanaient. Certains disaient même qu'ils allaient intervenir, rien que pour s'amuser de cette scène mielleuse au possible, bien que le physique de la Gardienne était toujours aussi dissuasif. Tout autant que le tranchant de son épée noire. Mais tout cela n'étaient que peccadilles face à la question, ou plutôt aux révélations de l'adolescent. Ce dernier parlait de bien sombres sujets, tous aussi morbides et peu sympathiques les uns que les autres. Un père qui utilisait les autres pour ses propres intérêts, qui était égocentrique au possible, sans voir autre chose que sa propre existence, son propre égo. Une personne détestable qui n'éprouvait aucun scrupule à jouer avec les sentiments et émotions de sa propre chair... D'autant qu'il avait fait en sorte de les faire vivre dans une certaine misère. Tout le contraire de Vyslinn, qui avait eu une existence plutôt aisée, et qui était couvée, chérie. Du moins jusqu'à ses treize ans.

Mais ce que la guerrière retînt surtout, ce fut le nom de l'individu incriminé, et surtout, le terme 'laboratoire'. Du peu qu'elle en savait, c'était un endroit où l'on faisait des recherches magiques ou scientifiques, parfois sur des créatures vivantes. C'était permis dans la limite de l'exigeable et les lois en vigueur, si elle ne se trompait pas. Mais ses connaissances étaient limitées, et elle se devait d'en savoir plus. Il disait ne pas être malade actuellement, mais peut être était-il actuellement guérit du 'mal'.. Ou peut être était-il touché par une variante? Il ne fallait écarter aucune piste, même la plus infime qui pouvait être. Après une telle rencontre -et une telle déception-, elle ne pouvait le lâcher aussi simplement.

Se redressant de façon à n'avoir plus qu'un genou au sol, chose qui donnait déjà un air bien moins pitoyable, la guerrière esquissa un sourire qui se voulait rassurant, ce dernier sortant de nul part telle une réminiscence passée qui remontait. Un sourire n'était pas censé convenir à un demi-masque aussi lugubre, mais l'expression de la jeune femme avait tout ce qu'il y avait de plus chaleureux... Même si des craintes subsistaient, des doutes, des hésitations. Tout ne pouvait être parfait.


« C- C'est un plaisir de te rencontrer Samuel, mais nous n-nous donnons trop en spectacle ici. A-Allons en discuter ailleurs, d'accord? Dans un endroit calme. Tu n'as r-rien à craindre de moi, je n'ai rien à voir avec cette lie alentour. »

La main tendue de l'adolescent fut alors prise, mais pas pour être simplement serrée quelques secondes. S'étant relevée, la guerrière allait se servir de cette main pour le faire suivre, alors qu'elle comptait se diriger vers une auberge, un endroit de préférence accueillant et qui ne ressemblait pas à cet immonde marché noir. Vyslinn savait que Samuel était méfiant, car après tout il pouvait craindre que la Gardienne n'ait un rapport avec son père. Pourtant, le sourire et l'expression de la jeune femme avaient tout de rassurant, quand bien même elle n'était plus habituée à en montrer autant. Mais il restait cependant un zeste de crainte non négligeable, celui de voir partir le jeune garçon, de le voir s'enfuir, voir se défendre. Il devait bien se douter, après les dernières minutes passées, qu'elle était loin d'être la cruelle guerrière qu'elle semblait être d'apparence...

« D'ai-D'ailleurs si tu as faim, on peut en profiter pour aller dans une auberge. C'est moi qui offre, n-ne t'inquiète pas! »

Partir... Elle ne devait surtout pas le laisser partir! Son besoin de réponse, son espoir, étaient trop forts. Et elle espérait bien l'appâter avec de la nourriture, chose qui pouvait peut être le retenir plus que de raison et lui donner à réfléchir à deux fois. Alors qu'elle s'emportait dans ses idées, et qu'elle s'accrochait à cet adolescent, la guerrière en oubliait de se présenter.. Des salutations manquées qui allaient peut être froisser le garçon. Mais elle n'y pouvait rien, les choses étaient ainsi, et elle était toujours aussi décontenancée malgré tout. Le choc des fausses-retrouvailles, les similitudes... Elle allait même jusqu'à lui proposer à manger, elle qui était si avare et si regardante sur ses économies. Non, décidément, quelque chose n'allait pas chez elle. Mais elle ne s'en rendait pas vraiment compte sur l'instant...

Tout ce qui l'importait, c'était de connaître sa réponse et de l'emmener hors de cet endroit obscur et glauque, serrant sa main comme on serrerait la main d'un enfant... Même si Samuel semblait bien plus mature que de raison pour son âge.
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Ven 14 Juin - 22:31
Désormais, je n'attendais plus de réponse, et s'en était presque comme si j'en avais oublié la question; non, elle n'avait définitivement aucun lien avec ma famille, le laboratoire, malgré les possibilités, et j'avais perdu cet espoir futile aussi vite qu'il m'avait envahi. La jeune fille, dont j'ignorais toujours le nom - ainsi que tout le reste de sa personne - cependant semblait garder au fond d'elle une lueur, telle une flamme de bougie dans une tempête, et la conservait précieusement, sans réaliser que tout espoir était perdu et que le magique feu de joie qui s'y consumait jadis ne reviendrait pas de sitôt, éteint par la bourrasque mortelle. Son geste étrange et arrêté en plein milieu me revint à l'esprit, et l'image de sa main s'approchant de son demi masque puis, se stoppant dans l'hésitation attisa ma curiosité; nul doute que cette étrangère cachait un terrible secret derrière la deuxième face de sa personne, mais elle semblait y tenir et je rangeai mes interrogations dans un coin de ma tête, pour peut être y repenser plus tard.
Malgré les quelconques ricanements alentours des badauds mesquins, moqueurs, sales et malhonnêtes devant cette scène théâtrale, j'empoignai mon épée à deux mains, comme si je voulais l'en extirper de la pierre et d'un geste, elle alla se dématérialiser dans mon fourreau et sa poche de vide, remarquable innovation technique et magique de Drazh le forgeron.

Elle s'était légèrement redressée, de manière qu'un seul de ses genoux ne demeure au sol, à l'inverse d'il y avait un instant ou elle était en position de prière,et m'avait souri; à travers les quelques déchirures volontaires au niveau de la bouche de son masque, je pouvais apercevoir ses lèvres rosées qui se voulaient rassurantes. Nous restions toujours au centre de la place, et le doux clapotis de l'eau croupie heurtant les pierres emplies de mousse de la fontaine ne suffisaient à couvrir le brouhaha et le charivari qui régnait en ces lieux qui demeuraient l'exact inverse du marché de la ville, un peu plus loin ; tout deux titillaient les sens de tout côtés, à tout instant, cependant pour l'obscur ces mots n'étaient point des éloges, et il me tardait de quitter ces lieux sordides et malsains.

« C- C'est un plaisir de te rencontrer Samuel, mais nous n-nous donnons trop en spectacle ici. A-Allons en discuter ailleurs, d'accord? Dans un endroit calme. Tu n'as r-rien à craindre de moi, je n'ai rien à voir avec cette lie alentour. »

Elle bégayait légèrement, mais je ne pus dire si ce défaut de prononciation était récurrent ou si elle éprouvait temporairement des difficultés à s'exprimer sous l'émotion; je lui tendis ma main pour l'aider à se relever, malgré qu'elle était plus grande que moi, et elle la serra afin de se hisser sur ses bottes noires. Dans toute sa hauteur relative, elle demeurait impressionnante, dans ses vêtements d'un bleu nuit ainsi que dans ses gants et ses protection de jambes qui remontaient jusqu'à la moitié des membres respectifs. Elle m'invitai à la suivre, et malgré qu'il me sembla pouvoir lui accorder une petite partie de ma confiance, je gardais à l'esprit mon épée que je ne sentais pas dans mon dos ou les lames de roches qui demeuraient non loin.

« D'ai-D'ailleurs si tu as faim, on peut en profiter pour aller dans une auberge. C'est moi qui offre, n-ne t'inquiète pas! »

Je ne pouvais réellement refuser, car mes économies s'étaient envolées il y a un certain temps déjà, à l'achat de mon violon; sans cette proposition, je n'aurais rechigné à voler dans un marché convenable, mais il s'avérait plus pratique de suivre cette solution. Je n'avais pas spécialement faim, mais dans l'instabilité de ma situation financière, je pouvais toujours établir des réserves en cas de famine. De sa main, me tirant un peu, elle m’entraînait en direction de la sortie lorsqu'un son attira mon attention; un bruit dont je ne déterminai pas l'origine immédiatement, comme un cri plaintif d'un enfant ou d'un animal. 

- Arrête toi un instant.

J'avais employé un ton sans condition possible. Je l'avais aperçu. Un chat, dont le pelage blanc sali par la misère grise contrastait avec la laideur de l’endroit, et dont les yeux bleus perdus dans ce visage noir me fixaient avec supplication; je remarquai sa patte blessée, ainsi que sa maigreur cadavérique, et la pitié m'envahit. J'avais toujours adoré ces félins pour lequel ma réserve de superlatifs n'était pas assez fournie, et je ne sais si je me revoyais dans cette pauvre bête affamée. Doucement, presque à genoux pour ne pas l'effrayer, je m'approchai du chat siamois qui miaulait parfois, acculé dans son coin sombre; c'était l'occasion de tester mes pouvoirs guérisseurs, que j'avais uniquement quelque fois appriqués sur moi même. D'une voix grave, je récitai une formule que je connaissais par cœur, chose dont je n'avais besoin pour la magie que je maîtrisais d'avantage; les syllabes étranges, comme venues d'un autre monde de ma voix trop grave pour être la mienne, tandis que mes yeux lumineux sous l'effort restaient braqués sur l'animal.

Cela fonctionnait. Les griffes, les plaies dénudées de poils blancs se refermaient peu à peu sous ma concentration et l'animal, terrorisé, restait immobile, à l’affût malgré son immobilité. Sa patte cassée n'irait cependant pas mieux de sitôt, et je ne pouvais le laisser là.

- Tu as de la viande?

Elle hésita un instant, puis chercha dans son sac un petit bout de viande séchée.

- Merci.

Avec on sourire, je l'offris à la pauvre bête qui l'engloutit rapidement.

- Il ne peut pas rester là. Je vais m'en occuper pour un moment.

Je pris l'animal craintif dans mes bras, et il manquait tant de force qu'il ne lutta nullement; je faisais attention à ne pas toucher sa fracture.

- Allons-y.


HRP:
 
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Dim 16 Juin - 0:33
La chance semblait de son cote, car Samuel acceptait son invitation sans rechigner. Il n’était apparemment pas victime de famine, mais il semblait avoir d'autres raisons qui le poussait a accepter la proposition de la Gardienne. Évidemment, les auberges alentours étaient de véritables trous a rats, où malfrats et vermines diverses conversaient, et marchandaient des objets de façon la moins honnête possible. Des endroits bourrés de voleurs, d'arnaqueurs, d'esclavagistes véreux et de prostituées. Vraisemblablement pas un endroit pour un enfant, enfin, un adolescent, qui avait quand même de quoi se défendre. Son épée était d'ailleurs particulièrement intrigante, et surtout, avait le don de causer un relatif malaise chez la guerrière. Rien de terrible, mais suffisamment pour que cela soit souligné.

Mais il acceptait, et c'était tout ce qui comptait. Même si elle devait se délester de précieux deniers, le plus importait était sa présence, ce qu'il avait à dire, à lui apprendre. Malgré les contradictions, les révélations inconnues, Vyslinn ne désespérait pas. Elle voulait tout savoir, espérant récupérer au moins une information utile, celle qui ferait la différence. Elle demeurait persuadée que le destin jouait un rôle dans cette histoire abracadabrante et qu'il y avait définitivement quelque chose de positif à tirer de cette rencontre... quelque chose autre que la déception qu'elle ressentait en tout cas. Mais le temps n'était pas aux regrets et aux peines, mais à l'action: contenter le jeune garçon pendant qu'il était encore là.

La gardienne le tirait donc vers une auberge bienvenue, espérant en trouver une correcte malgré les lieux horribles présents. Mais elle fut arrêtée dans son élan par une voix trop rauque pour être vraie, celle de Samuel. Décidément, elle ne s'y faisait pas, c'était tellement différent d'Akelynn, qui avait la voix plutôt fluette. L'adolescent à l'apparence similaire s'était donc arrêté pour porter secours à un... chat. Un petit animal domestique qui devait probablement mendier des restes aux passants ou fouiller dans les poubelles pour subsister. Une créature parmi tant d'autres, elles devaient sûrement être des centaines, non peut être même des milliers. En aider un, juste par pitié, était un acte inutile qui ne pouvait satisfaire qu'un égo d'humain. Pourtant, Samuel semblait éprouver beaucoup de compassion pour cet être blessé et décharné, au point d'aller le soigner avec sa magie... Un acte qui soignait effectivement la bête mais causait un certain malaise chez Vyslinn... Encore ou toujours.

Mais la Gardienne ne disait rien. Elle aurait été tentée de lui dire que c'était inutile, qu'il devait y en avoir beaucoup d'autres dans ce cas, mais il ne fallait pas froisser le garçon. Silencieuse, elle le regardait œuvrer dans son action bienfaitrice, alors qu'il lui demandait si elle avait de la nourriture.. De la viande, même. Sans doute gardait-il à l'esprit ce qu'elle mâchouillait lors de leur rencontre, ce petit morceau de viande séché qui se conservait relativement bien. A vrai dire, elle ne savait même pas s'il lui en restait, celui qu'elle avait laissé tomber étant censé être le dernier. Elle hésitait cependant... Tout ça pour un chat? N'était-ce pas excessif? D'autant qu'elle utilisait cette nourriture de fortune pour ne pas dépenser plus que de raison... Mais il fallait, là encore, ne pas risquer de froisser Samuel.

Ce dernier était chanceux, il lui restait un bref morceau de viande, reliquat d'une réserve de nourriture désormais vide. Le mets était loin d'être de première fraîcheur, mais pour un animal habitué à une nourriture sûrement bien pire, ce devait être largement acceptable. Voir l'adolescent donner la tranche séchée au chat laissa Vyslinn étrangement rêveuse. Pour un peu, elle revoyait son frère, nourrissant une belette blanche un jour de printemps, belette agressive et hargneuse qui ne méritait pourtant pas autant d'égards. Mais la scène était tout aussi attendrissante, la crasse en plus. Est-ce que son frère avait beaucoup changé physiquement? Avait-il les cheveux longs, ou toujours courts, comme Samuel? Avait-il grandit? Aimait-il toujours autant les petits animaux? Aimerait-il faire comme avant, nourrir inconsciemment les petites créatures qui venaient quémander sous la fenêtre de sa chambre?

Tirée de ses pensées par l'adolescent qui décrétait soudainement qu'il allait s'en occuper, la Gardienne haussa un sourcil peu convaincu mais ne protesta guère, affichant un sourire renouvelé, de circonstance uniquement. Le réflexe de prendre la main du garçon s'était fait sentir, mais il tenait déjà le chat dans ses bras, alors ce n'était plus possible. Néanmoins, il était toujours partant pour la suivre, et Vyslinn n'y trouva rien à y ajouter. Elle se contenta de reprendre son chemin, se faufilant entre les malfrats et autres commerçants douteux dans le but de trouver une échoppe digne de ce nom. Et il fallait avouer que les établissements corrects, dans ces lieux obscurs, n'étaient pas légions. Heureusement, il y avait quand même quelques endroits propres réservés aux marchands riches et aux amateurs de luxe. Et cette auberge à l'enseigne rouge vif qui se trouvait non loin était un de ceux-là.

Passée la porte en bois -massive mais légère, contrairement aux apparences-, les discussions intérieures furent saupoudrées d'un bref silence. S'il n'était pas rare de voir des guerriers balafrés ou des filles de joie de luxe, une jeune fille vêtue de l'armure glauque de la Garde Noire, et un adolescent, c'était déjà plus rare. Le gérant des lieux déjà s'avançant, avec un brin d'hésitation... Et avant toute parole malheureuse, la Gardienne extirpa sa bourse de sa tenue, posant quelques piécettes de haute valeur sur le comptoir.


« V-Votre endroit le plus discret. Nous déjeunerons, aussi. »

« J'accepte pas les animaux dans mon auberge. »

« Faîtes un effort. » Dit-elle en ajoutant deux pièces supplémentaires.

Un silence, mais aucune réplique. Ni aucune négation. Marché conclu, semblait-il. L'homme, trapu et ventru, avec sa barbe hirsute, dirigea la guerrière et le garçon vers le fond de la pièce, sous les regards étonnés, méfiants ou intrigués des usagers déjà présents. Un rideau tiré, et un sorte de petite pièce apparaissait, avec un banc gravé et finement orné, une table tout aussi finement décorée et derrière, un lit à baldaquins blanc, aux draps qui semblaient relativement propres. Un endroit un peu à l'écart des clients habituels, au fond de la pièce, coupé du monde par un rideau de tissu épais et chaud. Sûrement un endroit réservé aux riches cherchant un coin calme et à l'abri des regards pour pouvoir batifoler avec quelques filles.. Espace douteux, mais plutôt tranquille, devait avouer la Gardienne.

« Voici une liste de c'qu'on sers. J'vous conseille les plats océaniques, c'est ce qui c'fait de mieux. »

Griffonnés sur un morceau de papier, il y avait effectivement une liste de plats... Mais sans les prix. Comme ça, il était possible de consommer sans regarder à la dépense. Vyslinn avait dépensé pour la discrétion et le chat, mais pas encore pour la nourriture. Et la note risquée d'être salée si elle ne savait pas à quoi s'attendre. une chose était sûre: les plats à base de poissons ou d'algues étaient à éviter absolument: le milieu marin n'était-il pas en crise? Soit les plats étaient hors de prix, soit la nourriture n'était pas fraîche. C'était une simple déduction, peut être infondée, mais il ne fallait pas tenter le diable. Et puis, cet homme respirait le mensonge et la malhonnêteté à lui seul. Faisant volte-face après avoir présenté les lieux, il ajouta avant de partir, sur un ton emplit de malice:

« Tirez sur la corde noire quand vous aurez choisit. Prenez vot' temps, personne vous gênera. »

Pas le temps de répondre qu'il était déjà partit. Ses derniers mots étaient d'une ambiguïté absolue... Il sous-entendait que Vyslinn désirait une pièce à part pour s'amuser avec l'adolescent.. et c'était particulièrement dégradant. D'ailleurs, la guerrière esquissait un rictus qui montrait bien son état d'esprit, alors qu'elle maudissait cet individu et ses probables pratiques qu'elle devinait particulièrement douteuses. Mais c'était sa faute, après tout, elle avait choisit l'endroit, et elle avait emmené Samuel avec elle. Posant sa longue épée avec un brin d'agacement, elle lâcha un murmure embarrassé:

« D-Désolée. »

Elle-même ne savait pas pourquoi elle s'excusait, mais au moins l'avait-elle fait. Il y avait sans doute plus d'une raison derrière ce simple mot.

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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Dim 16 Juin - 5:54
Elle ne m'avait toujours pas dit son nom, et je commençais à croire que cette attitude d’anonymat était universelle, à l'inverse de moi qui me présentait toujours, par mon simple prénom d'abord, puis, lorsqu'un peu plus de confiance eut été acquise, mon nom de famille, mais elle restait muette sur cet élément; peut être pour tenter d'éviter de me froisser, même si j'avais très bien compris qu'elle n'avait nul lien la reliant au Michaelis. Le chat, dans mes bras, le dos sur mes manches, s'était endormi, se remuant légèrement de temps à autre, malgré le bruit de foule malsaine qui régnait dans ces lieux sombres, dont les senteurs immondes m'agressaient les narines tels des pirates assaillant une côte; sas pattes sombres, contrastées avec son corps blanc, se remuaient parfois dans les airs, manquant d'atteindre mon visage de leurs coussinets noirs. Je ne savais pas réellement ce que j'allais faire de lui, après qu'il soit sauf; j'avais peur de trop m'attacher à lui pour qu'une fois en état, il me quitte sans préavis... On ne peut pas retenir un chat.

La jeune femme marchait devant, m'ayant lâché la main, mes bras étant encombrés, et suscitait, par son armure d'ébène, des regards méfiants des mendiants édentés et des foules de regards vicieux de certains marchands, vendant eux même des produits malsains dont je ne tentai d'identifier ni ces coups d’œil ni ces marchandises tant ils étaient sordides. Elle ne pressait nullement le pas, comme pour s'assurer que je demeurais en permanence derrière elle, tandis qu'elle me guidait vers une auberge qui semblait déterminée et non pas la première venue; et cela me semblait naturel au vu des établissements ui bordaient les ruelles de ce marché: emplis de prostituées, de voleurs, de mauvais alcool et de senteurs douteuses, ce n'étaient pas des lieux fréquentables, et malgré que je n'étais pas habitué au luxe, il me semblait indécent d'y mettre les pieds. J'ignorais toujours de quel sujet elle voulait traiter avec moi, si déterminée, et pourquoi elle désirait m'en parler si à l'écart; quel était ce fol espoir pour la pousser à me guider et m'offrir un repas - elle qui avait longuement hésité à l'instant ou je lui avait demandé un morceau de viande pour l'animal-, en tant que parfait inconnu? Elle disait avoir reconnu en moi une certaine personne, et m'avait questionnée au sujet d'un certain mal qui était censé m'habiter... Il n'en était rien, et j'avais peur que je ne puisse en rien l'aider, ni à retrouver son présumé frère ni a lui fournir une quelconque piste.

Non loin se trouvait une auberge flamboyante, à l'enseigne rutilante, façonnée dans la catégorie des auberges pour riches marchands d'esclaves ou d'organes, dont les sons qui en sortaient n'étaient pas beaucoup plus agréables qu'à l'extérieur; mais nous ne pouvions manger dehors, chez ces bouchers douteux et leur viande étrange. Une porte massive nous fit rapidement face, et la jeune femme, de sa main gantée, la poussa avec facilité - je ne savais si elle demeurait plus légère qu'en apparence ou si sa force était si développée - pour nous dévoiler un intérieur luxueux et cossu, de couleurs chaudes, et ce lieu aurait parfaitement défini l'opposé du qualificatif "sobre", dans les deux sens que ce terme pouvait désigner. Les odeurs d'immondices avaient fait place aux odeurs d'alcool et de tabac lorsqu'un homme, dont les pas résonnaient dans le silence que nous avions créé, vint nous adresser la parole. Quelques regards intrigués s'étaient tournés vers nous à l'instant ou elle prit la parole, et, évitant tout mot de la part du tavernier ventripotent et hautain entre deux âges, elle posa sur le comptoir quelques pièces.

« V-Votre endroit le plus discret. Nous déjeunerons, aussi. »

« J'accepte pas les animaux dans mon auberge. »

« Faîtes un effort. »

Quelques deniers vinrent s'ajouter au pécule qui demeurait sur le bar, et cela me rendait redevable envers elle; elle avait dépensé de sa bourse par ma faute. Le créancier se tut, la magie du mutisme par l'argent ayant fait son oeuvre. D'un pas lourd, grattant sa barbe sombre de ses ongles noirs, il se traîna vers une petite alcôve, au fond de la salle, cachée par un rideau épais. La petite pièce, coupée du reste de l'éatablissement, demeurait légèrement plus décente que le reste, d'un banc de qualité, d'une table et d'un lit à baldaquin meublé, et je n'eus pas la force d'en imaginer l'usage que de vieux pervers pouvaient en tirer.

« Voici une liste de c'qu'on sers. J'vous conseille les plats océaniques, c'est ce qui c'fait de mieux. »

De sa main grasse et ridée, il nous tendit en effet un petit parchemin représentant l'intégralité de ce qui pouvait avoir à notre disposition au niveau alimentaire, cependant, les prix avaient été volontairement omis, ce qui me fis constater que cet endroit était un lieu fait pour les riches désirant se détendre…sans compter. Je m'assis à la table, en face de la jeune femme, et sortis de mon sac de cuir ma cape blanche et chaude pour y coucher le chat qui était jadis entre mes bras. 

« Tirez sur la corde noire quand vous aurez choisit. Prenez vot' temps, personne vous gênera. »

J'us peur d'avoir compris le message ambigu qui résidai dans sa phrase que je chassai loin de mon esprit; quoi qu'il en soit, nous avions tout le loisir de déterminer un repas nourrissant et qui ne demeurait pas trop onéreux. Elle eut un rictus dégouté en posant son épée, ce qui confirma mes précédentes pensées.

« D-Désolée. »

J'ignorais réellement la raison de ses excuses, peut-être y en avait-il plusieurs. Quoi qu'il en était, je refusais qu'elle paye l'intégralité du repas, qui s’annonçait des plus onéreux, même si nous ne prenions que le strict nécessaire; ne reposant pas immédiatement mon sac, j'en sortis ma bourse qui s'aplatissait de plus en plus, et en sortis l'une des deux pierres précieuses qui y restaient - la paye du travail de mineur que j'avais effectué à Tubalcain étant composée de joyaux - afin de la poser sur la table. Avant qu'elle ne prononce un mot, je l'interrompis.

"- Je n'ai nullement besoin d'argent, et je t'ai déjà assez coûté ainsi."

Je détournai un instant les yeux pour examiner la carte, faussement intéressé; je remarquai cependant l'omniprésence, dans les suggestions dites "du chef", de produits marins, pour une raison qui m'échappa. Outre cela, il y demeurait en grande partie des plats de luxe, tirées de parties du corps étrange à manger pour des animaux, ou de viande exotique, comme du foie ou même de la cervelle, ce qui eut le don de me dégoûter légèrement. Revenant à mes interrogations principales, je relevai les yeux sur elle, dont les deux pupilles, contrastées, me fixaient.

"- J'aimerais savoir ton nom."
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Dim 16 Juin - 10:20
Laissés seuls, le rideau qui s'était refermé sur l'étrange duo, le coupant ainsi de la pièce, des autres mécréants, du monde extérieur. Seuls les bruits parvenaient à lui, rappelant la dure, sombre réalité qui était de vigueur. Le sinistre individu gérant les lieux avait tout fait pour attiser l'agacement de la Gardienne, et cette dernière n’appréciait vraiment pas la chose. D'ailleurs, cela se voyait sur son visage, chose plutôt rare pour ceux qui avaient déjà travaillé avec elle: elle était du genre inexpressive, faisant passer son travail avant tout, sans rien montrer. Un côté froid, discret et passe-partout pour œuvrer au mieux. Ses expressions ressortaient donc plus que de coutume, pour des raisons qui lui échappait. Elle-même s'en rendait compte, en voyant Samuel qui la regardait, elle et son rictus plus que révélateur. Cela ne lui ressemblait pas. S'excuser aussi bêtement, ne lui ressemblait pas non plus.

L'adolescent s'était assis face à elle, couchant le chat maintenant endormi dans un endroit au calme, sur une cape blanche. Tant d'attention lui rappelait vraiment de vieux souvenirs, mais elle ne devait pas se laisser dépasser par ce genre de choses. Il y avait plus important, et elle ne devait en aucun cas perdre cela de vue. Elle avait des questions à poser, même si pour cela elle devait vider toute sa bourse pour payer un repas à Samuel. Évidemment, ce n'était pas la totalité de sa fortune, c'était son porte-pièces de déplacement, pour faire face à quelques désagréments financiers. Le reste de ses économies était finement placé, dans un organisme officiel qui couvrait une partie de Midgard. Une sorte de guilde des marchands, où l'on pouvait déposer des biens et les récupérer à n'importe quel endroit, contre une légère commission. Un système très utile qui évitait d'avoir trop d'argent sur soi...

Des joyaux furent alors extirpés d'une bourse, posés sur la table, le tout accompagné d'une affirmation préventive qui coupait court à toute protestation de la Gardienne. Aucune chance donc qu'il la laisse payer ce repas entièrement, il allait participer. Cette détermination qu'il avait dans le regard, et ces pierres précieuses de haute valeur, ne pouvaient pas être contrés, aussi, la guerrière acceptait la chose en hochant de la tête, quand bien même elle paierait au moins la moitié, chose indiscutable. Ceci fait, le garçon revînt au parchemin qui détaillait les plats disponibles, mettant son sérieux en application alors qu'il s'agissait d'examiner les diverses choses proposées. Elle pouvait le regarder sous n'importe quel angle, sa chevelure blanche, ses pupilles, ses traits fins... Effectivement, il aurait très bien pu être son frère. Sa méprise était compréhensible, tant les différences étaient minimes... et peu flagrantes.

Quittant le parchemin des yeux, il la fixait de nouveau, avec un zeste de dégoût qui ne pouvait tromper: les mets proposés ne devaient pas être très ragoûtants, cela semblait une évidence. Peut être n'allait-il rien prendre? Ou alors le strict minimum, ce qu'il était acceptable de déguster. Vyslinn n'était pas du genre à faire la fine bouche, bien qu'ayant été difficile dans son enfance. A la Garde Noire, chacun était forcé de manger ce qui était offert, que ce soit par les villageois ou part la nature. Et c'était rarement des plats très agréables au palais.

Une question tomba, très simplement. Et la jeune fille se rendait compte que dans son affolement, sa surprise, sa déception, et toutes les émotions mélangées qui avaient été éprouvées, elle en avait complètement oublié de se présenter. Et elle qui ne voulait pas paraître suspicieuse. Faisant face poliment au garçon, dans une attitude qui tenait plus de la petite fille respectueuse de la guerrière sombre, elle adopta une voix de circonstance et...


« J-Je m'excuse, j'en ai oublié de me présenter. Je m'appelle Elvadia Vyslinn, je suis o-originaire de Lotheican, des régions montagneuses de Sëphora. Je suis membre de la G-Garde Noire, et je travaille librement en tant que guerrière engageable. Désolée si je t'ai surpris, je ne m'attendais pas à croiser qu-quelqu'un qui ressemblerait autant à mon jeune frère... même si cela fait sept ans que je ne l'ai pas vu. J-J'espère que tu ne m'en veux pas. C'est que... tu lui ressembles tellement que j'ai vraiment eu du mal à v-voir mon erreur. Mais il est malade, il n'aurait p-pas pu être là... »

Malade, oui, c'était le mot. Elle aussi, elle était malade. Pas seulement parce qu'elle souffrait du même 'mal', mais aussi parce qu'elle parlait trop! Elle était bavarde comme jamais, comme si les mots s'écoulaient naturellement, avec une aisance folle. Comme si elle parlait à un proche, un de ceux qui n'existaient plus, un de ceux du passé. Elle-même s'en rendait compte, là aussi tardivement, comprenant qu'elle avait la discussion un peu trop facile aujourd'hui... A moins que c'était parce que c'était Samuel, qu'elle avait du mal à se contenir. Comme il ne la connaissait pas auparavant, il ne pouvait savoir comment elle était d'habitude, et ce n'était pas si mal. Sinon, il comprendrait qu'il y avait vraiment un problème. Parler de son frère malade et d'elle, après ses désillusions et ses erreurs était particulièrement dur, et le contre-coup risquait de retomber de plus beau si elle n'y faisait pas attention.

« Je.. n'ai aucun lien avec Adam Michaelis mais... »

Ce n'était plus dur. C'était devenu horriblement dur. Elle voulait savoir, elle voulait se raccrocher à un maigre espoir. Et elle voulait revoir son frère. Cette fausse joie avait attisé de plus bel son envie de retrouver Akelynn, même si ce n'était pas la meilleure chose pour lui. Au contraire, elle devait d'abord trouver un moyen de le guérir avant tout, et peut être qu'avec Samuel, elle allait pouvoir avancer. N'avait-il pas une couleur de cheveux et d'yeux semblable à celle causée par le 'mal'? Il y avait forcément un lien, c'était obligé. Cependant, pour que Samuel comprenne tous les tenants et aboutissants des problèmes rencontrés, elle allait devoir parler de ce qui l'affectait, de ce qui terrassait son frère. Elle allait devoir retirer son masque et lui expliquer, simplement. Ainsi, peut être qu'elle allait obtenir des réponses...

Mais ce n'était pas comme si elle pouvait enlever ce masque aussi simplement. C'était une partie d'elle maudite qu'elle détestait et redoutait, dont elle n'était pas fière. Telle une enfant qui complexait ou n’appréciait pas quelque chose, elle dissimulait ses maux, gardant tout pour elle et se complaisant dans l'ignorance d'autrui. C'était une question d'image, de fierté, de stabilité psychologique, aussi. Sa main hésitait à quitter la table pour défaire les attaches du demi-masque, et ce n'était pas l'envie qui manquait. C'était le moyen le plus simple même. Un choix difficile, mais un choix nécessaire...

Et puis, que risquait-il d'en penser?
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Lun 17 Juin - 7:36
Notre intimité, dont la nécessite était limitée, avait été assurée par le rideau brodé et bordeaux qui nous séparait du reste de la taverne, elle même emplie de riches marchands, de prostituées, et d'un tas d'arnaqueurs et vils forbans de toutes sortes, dans des affaires malsaines qui ne nous concernaient nullement; nous étions désormais seuls dans cette alcôve, meublée, au contraire de l'autre partie de l'établissement, sobrement et avec un certain goût d'un banc, d'une table, et d'un lit pour les plus vicieux des clients. Le tenancier nous avait quittés quelques temps plus tôt, glissant au passage des mots ambigus qui n'avaient fait que renforcer mes soupçons sur la perversion abusive de certains, et qui avaient eu le don de nous agacer au plus haut point tout deux, la jeune femme et moi; d'ailleurs, un rictus énervé déformait son visage, et, elle qui semblait si réservée laissait paraître ses émotions au grand jour pour la deuxième fois de la journée, chose qui, pour moi, ne pouvait qu'attirer des ennuis. Je la regardai, ne comprenant toujours pas la raison pour laquelle elle s'était excusée. Sebastian, le félin qui régnait à côté de moi - car j'avais décidé de le nommer ainsi - s'était réveillé, m'observant de ses yeux de saphir, sans trop se remuer, sa patte brisée traînant à l'arrière de la cape qui lui servait de lit, miaulant de temps à autre. Peut être avait-il faim, et je devrais penser à prendre un plat composé de viande pour le satisfaire.

Après avoir rapidement examiné la carte, sans en démontrer beaucoup d'intérêt, et  au vu de l'absence de prix à coté des mets proposés, je posai sur la table un de mes deux joyaux restants; il était impensable qu'elle s’acquitte de l’entièreté du repas, alors que je lui avait déjà coûté auparavant. Elle avait compris l'absence de réponse possible dans mon ton et l'avait acceptée sans rechigner, probablement tout de même soulagée de ne pas devoir payer l'intégralité. Mais il me tardait désormais de connaitre comment l'inconnue qui demeurait devant moi devait être nommée, non par pure curiosité mais car il me le semblait d'usage, étant donné que moi même, je m'étais présenté; en outre, malgré que tout mes espoirs ou presque se soient évaporés, j'aurais aimé m'assurer de ses rapports avec mon père. Cependant, une voix intérieure idiote et naïve souffla quelques mots à mon esprit: Lyne Whiters ne portait absolument pas le nom Michaelis, et pourtant elle avait été l'employé directe du chef du laboratoire de Lumïa, ou du moins de sa partie la plus sombre. Je chassai bien vites ces lueurs futiles d'espoir de mon cœur, car tout était perdu à ce niveau la.

« J-Je m'excuse, j'en ai oublié de me présenter. Je m'appelle Elvadia Vyslinn, je suis o-originaire de Lotheican, des régions montagneuses de Sëphora. Je suis membre de la G-Garde Noire, et je travaille librement en tant que guerrière engageable. Désolée si je t'ai surpris, je ne m'attendais pas à croiser qu-quelqu'un qui ressemblerait autant à mon jeune frère... même si cela fait sept ans que je ne l'ai pas vu. J-J'espère que tu ne m'en veux pas. C'est que... tu lui ressembles tellement que j'ai vraiment eu du mal à v-voir mon erreur. Mais il est malade, il n'aurait p-pas pu être là... »

Lotheican, la ville des pratiquants des arcanes. En était-elle l'une de ces dignes représentants? J'essayai d'imaginer quels seraient ses dons. Les roches comme moi? Le feu, la glace? Peut être comme ma demi-soeur, Lyne, la douleur? Ou encore était-elle télépathe? Cette dernière proposition me rebuta quelque peu. Mon esprit était déjà assez sombre pour que quelqu'un aille le mélanger de ses sales pattes. Elle avait également énoncé une certaine Garde Noire, dont le nom effrayant ne m'évoquait rien à première vue, et, même en fouillant ma mémoire, aucun n'ouvrage ne semblait en traiter. Ainsi, mes soupçons s'avéraient fondés, et c'était bien son jeune frère qu'elle cherchait, et qu'elle avait reconnu dans les traits; j'eus le regret d'apprendre sa maladie, et je me demandais si cela n'était pas un euphémisme pour signifier qu'il était à l'article de la mort. Quoi qu'il en était, je lui souhaitait tout le contraire.


« Je.. n'ai aucun lien avec Adam Michaelis mais... »

En moins de dix mots, elle avait démoli tout espoir, tel un raz-de-marée ravageant une côte; cependant, je ne semblais pas être le seul troublé. En effet, elle arborait une expression inquiète, et semblait encore une fois avoir amorcé un mouvement vers son masque, cachant probablement un lourd secret. Mais elle ne fit finalement rien du tout, et un silence un peu pesant s'était installé ici, le rideau épais coupant tout son; pour m'occuper les doigts, je pris quelques cailloux dans ma poche afin de les faire jouer entre mes doigts.

- Tout à l'heure, tu m'as vu soigner ce chat par mes dons, mais ce n'est pas ma principale magie. Je maîtrise les roches, et l'épée que tu as vu précédemment est faite de cette matière; je peux aussi en faire des golems, ou d'autres choses... J'ai appris en étant plus jeune...

Elle disait provenir de Lotheican, et malgré qu'elle soit probablement avant tout une guerrière accomplie, peut être pratiquait-elle les arcanes, elle aussi.

- Et toi, tu exerces cet art également?


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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Mar 18 Juin - 19:27
Une impasse sans en être une, des difficultés supplémentaires pour des raisons plus ou moins futiles... Bien entendu, il était convenu qu'elle ne devait montrer sa 'brulure' qu'à de rares personnes, de préférence celles de confiance ou celles qui pouvaient l'aider, lui donner des renseignements. Samuel était de ceux qui pouvaient lui permettre d'avancer, de part les possibles informations qu'il pouvait lui transmettre, lui apprendre. Il y avait peu de chances que les choses soient cependant concluantes, et la probabilité que ce jeune garçon n'ait absolument aucun lien ni aucun rapport avec le 'mal' qui la touchait, elle et son frère, était très élevée. C'était sûrement une coïncidence, un sale tour du destin qui aimait narguer les pauvres pêcheurs qui se débattaient à la surface de ce monde..

Seulement, y avait-il un mal à se rattacher à un quelconque espoir? Même si la chute était dure, l'espoir, c'était ce qui permettait d'avancer. De trouver la volonté, la motivation. Tout était possible, du moment qu'il y avait de l'espérance. Et cet adolescent avait fait naître, rien que par sa présence, une faible lueur d'espoir. Aussi faible qu'une bougie grasse, laissée à l'extérieur par un temps froid et sous une brise légère, mais cette lueur avait au moins le mérite d'exister. Et avant qu'elle ne soit définitivement éteinte, il devait agir. Elle devait lui dire, lui expliquer, et nul doute était qu'une image valait toutes les explications les plus complexes et les plus alambiquées. Mettre ses hontes et ses craintes de côté n'était donc qu'une chose nécessaire, obligatoire. Même si cela pouvait mettre mal à l'aise son interlocuteur.

Le regard rivé sur la table, elle ne pouvait voir le trouble sur le visage de l'adolescent alors qu'elle venait de balayer ses espoirs à lui. Cependant, il mit fin au silence en parlant de ses pouvoirs magiques, de ce qu'il était capable de faire. Et naturellement, ou par curiosité, il voulait savoir si elle pouvait user de magie ou non. Il n'y avait pas dix mille solutions pour répondre à cette interrogation désintéressée. Il y avait un moyen simple, extrêmement simple, pour répondre et parler de ce sujet, aussi sensible était-il. Assez d'hésitation, de fierté mal placée, ou plutôt de honte à peine dissimulée. Le silence qui était retombé suite aux paroles du garçon laissèrent place à des cliquetis soudains, alors que la jeune femme détachait les attaches de son demi-masque noir.

L'objet sombre et rigide ne tenait que par deux attaches, mais elles étaient solides et difficiles d'accès, rivées dans la chevelure de la guerrière. Quelques secondes, une vingtaine en fait, furent nécessaire pour ôter ce lugubre cache, dévoilant ainsi la partie de son visage dont elle était la moins fière. La partie dissimulée était ainsi la même que l'autre, à l'exception de quelques différences près. Déjà, son oeil droit, complètement aveugle, avait une coloration véritablement étrange: le blanc avait viré au noir, un noir profond et dérangeant qui mettait forcément mal à l'aise tellement c'était peu naturel. L'iris était jaune, comme l'autre œil, mais la pupille avait une forme différente: c'était une forme semblable aux yeux de chat, aux yeux de reptile.. Une ligne verticale, qui s'allongeait ou s'agrandissait en fonction de la lumière... Mais sans jamais ressembler à une pupille humaine. De cet œil étrange partaient des arabesques noires, qui semblaient s'étendre de façon désordonnée, rampant sous la peau telles des brulures intérieures qui rongeait petit à petit l'utilisatrice concernée. Voila, ce qu'était son 'mal': un sorte de tâche qui partait de l’œil droit et s'étendait, s'étendait, inexorablement. Mais bien qu'inutilisable, l'organe semblait suivre les mêmes mouvements que celui de gauche, alors que la guerrière reprenait enfin la parole, posant le demi-masque sur la table.


« Je ne peux pas utiliser de magie. Cette... tâche que je possède sur le visage est une sorte de maladie, de maléfice, et m'en empêche. Dès qu'il y a une source magique non loin, elle s’étend et me dévore, petit à petit. Mon frère et moi souffrons du même 'mal', et nos parents en sont morts. C'est pour ça que maintenant je voyage, cherchant un remède. Mon frère te ressemble beaucoup mais contrairement à moi, il n'est pas en état de marcher. Il mourra probablement dans les mois qui viennent si je ne trouve pas de solution. »

Affichant un sourire très léger, presque ironique, son regard revînt sur Samuel, alors qu'elle souffrait de ses dires, de ses propres paroles. Elle n'y pouvait rien, ce n'était pas agréable de parler de ce genre de choses après tout. Surtout à un garçon que l'on connaissait à peine. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle allait se lâcher et se laisser aller. Même si cela la réconforterait et lui ferait plaisir, elle ne pouvait pas lui infliger ça.


« Mes parents, mon oncle, les magiciens, les médecins... Aucun n'a su comment guérir ce maléfice sans nom. Avant, j'étais brune et j'avais les yeux marrons, mais depuis que j'ai été touchée par ce 'mal', ma chevelure est devenue blanche, et mes yeux jaunes. C'est pour cela que quand je t'ai vu, j'ai... pensé que tu étais peut être atteint aussi. Je me rends compte que c'était idiot de se faire de faux espoirs pour des raisons aussi stupides. Néanmoins, si tu sais quelque chose qui pourrait avoir un rapport avec ce dont moi et mon frère souffrons... »

Léger silence. Sa phrase en suspens.

« ... je t'en prie, dis le moi. »

Une supplication? C'en était une? Oui, mais ce n'était pas une simple supplication. C'était relativement au delà. Si Samuel avait une idée, n'importe quoi, alors elle écouterait. Elle récupèrerais l'information avec le plus grand bonheur. S'il ne savait rien, alors elle n'allait pas le blâmer pour cela, non, sûrement pas. Coïncidence troublante peut être, mais ce n'était pas une raison pour lui coller divers maux sur le dos. Alors qu'elle attendait une réponse de sa part, elle triturait son demi-masque dans tous les sens, ses doigts gesticulant avec nervosité. Son regard était cependant dirigé vers Samuel, même s'il était loin d'être inquisiteur... Elle ne faisait qu'attendre, attendre les paroles de ce garçon qui pouvaient être synonyme de joie ou de déception supplémentaire. Mais quoi qu'il ait à dire, elle l'accepterait sans autre forme de procès.

Même si elle espérait quand même, au plus profond de son être, quelque chose de positif...
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MessageSujet: Re: Qui se ressemble, s'assemble ? [Pv Samuel] Sam 22 Juin - 7:09
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Les petites rocailles se mouvaient toujours entre mes phalanges, slalomant parmi mes doigts longs et fins, tels ceux d'un pianiste, malgré que ma prédilection demeure sans conteste le violon; mon regard, légèrement empreint d'une brillance dorée au vu de l'effort magique que j'étais en train d'effectuer - souder les petits fragments minéraux entre eux - s'était depuis quelques temps déjà perdu au loin, sans beaucoup d'intérêt pour la table de bois sombre et solide qu'il fixait. Tout portait à croire que j'allais demeurer dans mes pensées pour un moment, mais Sebastian me tira de mes rêveries; à peine un oeil jeté vers l'animal miaulant, je constatai que je ne pourrais rien faire pour lui avant d'avoir reçu le repas, si au moins nous l'avions commandé - il me fallait cependant stipuler que les plats proposés n'étaient que peu enivrants pour les papilles, à première vue - et reportait donc mon attention sur la jeune femme. Elle aussi semblait pensive, derrière son demi-masque lugubre, masquant la moitié de son visage pâle dans un fort contraste. Je lui demandai alors si elle pratiquais également l'art des arcanes, si une force comme la mienne, en guise d'exemple, courait ses veines, simple curiosité qui sembla provoquer un certain malaise sur Vyslinn, dont les lèvres - ou plutôt la partie de celles-ci qui n'était obscurcie - s'étendirent à l'horizontale, et j'ignorais si cela était vraiment un sourire ou bien une simple lippe d'embarras.

Le silence envahit la pièce, les lourds rideaux bordeaux séparant l'alcôve du reste de l'établissement fonctionnant tel un formidable isolant, et son humeur taciturne avait recouvert lourdement la pièce, tel un manteau blanc et neigeux recouvre une ville en une nuit. Tête baissée sur le meuble qui nous servait de table, elle ne pipait mot, se tortillant légèrement, agitée de petites manies physiques, durant quelques secondes seulement; en effet, un cliquetis qui m'était inconnu retentit, légèrement semblable à celui d'une arme pliante que l'on déploie, qui me rappelait le son de mon épée, et je reportais vivement mon regard partout ailleurs, pour voir et identifier la potentielle menace. Mais, lorsque, rentrant bredouille, je relevai le regard vers la jeune que je croyais albinos que je découvris les mains si blanches dans sa chevelure si pure que je les distinguais à peine, je compris le geste qu'elle effectuait. Son demi visage factice semblait être maintenu en place par deux attaches à l'arrière de sa tête, et elle mis un certain temps à les défaire, libérant enfin ce lugubre accessoire, qui demeurait bien loin de l'agrément frivole qu'on pourrait croire être la nature de ce masque; en effet, ce qu'il dévoila eut le don de me surprendre, si je pouvais du moins me permettre ce doux euphémisme - il n'empêchait que mon visage resta de marbre.

Ce fut son œil qui attira en premier lieu mon regard. Celui-ci avait radicalement changé sa teinte originale, le blanc ayant passé au noir, et, seul élément inchangé, son iris formait un formidable contraste avec sa cornée semblable à l'ébène, et sa pupille était... Dérangeante. Oui, c'est cela, dérangeante, par sa forme verticale, semblable à celle de Sebastian à mes côtés, et elle semblait, à la manière des félins, avoir la possibilité de se mouvoir en fonction de la lumière; j'ignorais si il était toujours opérationnel pour épauler son autre oeil dans ses sens, mais je pouvais en avoir un indice: la malformation se déplacait de manière coordonnée, exactement comme si elle avait enfilée une letille de contact. De ce point s'étendaient de sombres marques noires, désordonnées, chaotiques, comme si quelqu'un s'était amusé à les rendre les plus aléatoires possible. Machinalement, perdu dans mes pensées, je sortis mon violon de mon sac pour effectuer des harmoniques de mes mains, doux son s'étendant sur les murs feutrés ayant pour but de m'occuper les mains, sans prévenir; je ne savais si ca allait lui plaire, mais c'était devenu quelque chose de mécanique, lorsqu'il m'était devenu impossible d'en jouer.

« Je ne peux pas utiliser de magie. Cette... tâche que je possède sur le visage est une sorte de maladie, de maléfice, et m'en empêche. Dès qu'il y a une source magique non loin, elle s’étend et me dévore, petit à petit. Mon frère et moi souffrons du même 'mal', et nos parents en sont morts. C'est pour ça que maintenant je voyage, cherchant un remède. Mon frère te ressemble beaucoup mais contrairement à moi, il n'est pas en état de marcher. Il mourra probablement dans les mois qui viennent si je ne trouve pas de solution. »

Son espoir ne pouvait qu'en être plus difficile; cependant, une pensée égoïste me traversa l'esprit. Au moins, son frère était en vie, elle…Je chassai bien vite cette sombre idée, gardant en tête qu'il valait mieux chérir les vivants plutôt que pleurer les morts. Elle ne semblait pas heureuse de parler de son frère, et je ne pus retenir un petit rire nerveux; dans le thème de la misère, elle n'avait rien vu. De plus, c'était lorsqu'on était enfant que l'on était le plus traumatisé par des images difficiles. Elle me sourit un peu, presque ironiquement, avant de reprendre, brisant le silence qui s'était installé.

« Mes parents, mon oncle, les magiciens, les médecins... Aucun n'a su comment guérir ce maléfice sans nom. Avant, j'étais brune et j'avais les yeux marrons, mais depuis que j'ai été touchée par ce 'mal', ma chevelure est devenue blanche, et mes yeux jaunes. C'est pour cela que quand je t'ai vu, j'ai... pensé que tu étais peut être atteint aussi. Je me rends compte que c'était idiot de se faire de faux espoirs pour des raisons aussi stupides. Néanmoins, si tu sais quelque chose qui pourrait avoir un rapport avec ce dont moi et mon frère souffrons... »

Retour du silence un instant seulement de répit. 

« ... je t'en prie, dis le moi. »

Lorsque j'y repensais, reprenant cet événement dans son ensemble, il me semblait étrange... Une jeune femme inconnue m'aborde, m’entraîne dans une taverne pour me révéler un passé douloureux... Elle semblait vraiment être en trouble. Au vu de son regard inquiet, suppliant, j'étais obligé d'énoncer une piste, aussi mince soit elle.

"Le laboratoire."

Je me rendis rapidement compte que cela ne pouvait pas être très clair, et qu'elle n'avait pas dans sa tête l'intégralité du reste de mes pensées.

"Ah, euh... Le laboratoire de Lumïa, la ou mon pè..."

Je m'arrêtai un instant, pour respirer, fermer les yeux. Inspirer. Expirer. Inspirer... Bien.

"Mon géniteur. C'est, ou plutôt c'était, le chef de l'étage -5 du laboratoire de Lumïa, la ou se trament les plus sombres des expériences, et cela ne m'étonnerait nullement qu'on puisse y trouver des choses horribles comme celle qui te ronge. Il serait, il me semble, judicieux d'y faire un tour... Enfin, j'essayerai. J'ai déjà eu quelques hallucinations à l'approche du bidonville, avec des mains de petites filles ensanglantées et ce genre de douceurs..."

Je lui souris, ironiquement, et mes lèvres étirées laissaient presque entrevoir mes canines blanches, aussi pâles que mon visage était blafard.

"Pour toi, j'essayerai, si tu le désires. J'ai connu ce genre de choses."

Restait, si elle acceptait le problème du voyage. Lumïa était presque la plus proche des villes majeures en partant d'Alcombord, mais cela aurait pris trop de temps à pied*; j'en avais presque oublié le repas. Je levai un regard interrogateur vers la jeune femme.

"Qu'en dis tu?"






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