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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Dim 16 Juin - 5:10
Il faisait une fois de plus chaud, en cette après-midi au ciel dénudé de tout nuage. Où étais-je donc? Au milieu de nul part, cela ne faisait aucun doute. Le vent tiède et l'air humide rendaient ma marche pénible et ma gorge sèche. Tout autour de moi, il n'y avait rien que du bambous. Ces grandes tiges vertes et résistantes s'imposaient sur mon chemin, comme gardiennes d'un sanctuaire inviolable. Cet endroit avait tout d'un sanctuaire. Il y régnait un silence presque absolu, comme si aucunes créatures n'avaient le courage de déchirer cette sérénité presque oppressante pour moi. Seule la mélodie de cascade et de rivière parvenait à mes oreilles. Mais, comme si le sort se jouait de moi, elles semblaient comme disparaître aux personnes qui en avaient besoin. Tout baignait dans une lumière diffuse et trop claire. Pas une trace de vie sur ce sentier qui éventrait la forêt. Quelques rochers éparses brisaient la monotonie de mon voyage.

Comment étais-je arrivé dans cet endroit où semblait régner une atmosphère tendue? Combien de temps avais-je marché sous la lune, sous le soleil, sans jamais regarder derrière moi, sans jamais regarder où je mettais les pieds? Mon chemin s'était tracé de lui même, et mes traces de pas s'étaient comme évaporées, ne voulant pas que je retrouve mon chemin. J'étais perdu, loin de mes repères habituels. Néanmoins, cela ne m'affectait pas. Je vivais au jour le jour, ma survie n'étant assurée que par la chance et ma détermination. Seul depuis pas mal de temps, sans avoir vu une personne sur mon chemin incertain, j'avais laissé tomber mon rôle. Le regard perdu au loin, évitant les rochers comme par automatisme, je marchais, sans aucun but à suivre. Je n'avais pas d'objectif, je me contentais d'attendre que quelque chose se passe, quelque part. Or, ici, avalé par l'épaisseur des hautes tiges verdâtres, j'avais l'impression d'avoir été transporté dans un autre monde, dans un monde où il n'y avait plus que moi. 

Y avait-il une ville tout près d'ici? Une fourmilière prisonnière de ses habitudes? J'avais beau lever la tête vers le ciel et par delà la ligne des bambous, j'étais comme enveloppé dans des ténèbres verts. Il n'y avait rien, pas même un maigre fumet craché par une vieille cheminée. Juste le ciel bleu et le violent soleil qui agressait mes pupilles devenues trop sensibles. Les mains dans mes poches, je constatai que celles-ci avaient donné presque tout ce qu'elles cachaient aux yeux de tous. Je n'avais bientôt plus de nourriture, plus de lait, -celui-ci était tiède- et j'avais trop chaud pour chasser le gibier. Mon épée me pesait, sanglée à mon dos. Faire une pause? Je n'en voyais pas l'utilité. Je ne pouvais pas dormir, j'avais l'impression que chaque aliment que j'aurais pu avaler n'allait pas passer et que j'allais tout revomir. Je sortis une vieille gourde en cuir usé et ouvris le goulot avec les dents de mon masque. Une gorgée, puis deux, et s'en était déjà fini. Déjà la gourde était au trois quart vide et mon estomac semblait en quémander encore plus. 

Je soupirai. Il y avait toujours moyen de retrouver sa route ici. Les chemins menaient toujours quelque part. Il y avait toujours des points stratégiques quelque part. Mes pieds foulaient le chemin aux milles et unes petites caillasses qui s'enfonçaient dans la plante de mes pieds sans que je ne ressente la moindre douleur. Continuer, toujours tout droit, et un jour, je trouverais une ville, remplie de personnes naïves qu'on pouvait aisément voler. Une sorte de paradis pour moi, un paradis qui semblait me rire au nez, se cachant parmi les bambous, tout aussi moqueurs que ce fichu paradis.
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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Dim 16 Juin - 6:50
Enfin. Enfin un endroit où je pouvais espérer trouver calme et silence. Enfin un lieu, sur cette terre, où je pouvais imaginer me reposer sous les échos de l’eau qui ruisselle sans fin et où je pouvais ouïr le chant des oiseaux sans craindre l’arrivée d’un prédateur quelconque. Mes pas étaient lents, sur les cailloux, alternant de temps en temps avec le sable fin. Il faisait chaud, certes, mais le soleil éphémère sous l’ombre des bambous et la brise légère qui manquait de me faire frissonner par moment ne me dérangeaient pas tant que cela. Un paysage vert qui s’étendait devant moi à perte de vue, comme reculé, séparé, seul par rapport au monde extérieur. Je me voyais ici comme dans une bulle de sérénité dans une ambiance qu’on ne pouvait faire plus paisible… Si seulement…
Oui, le décor était calme, oui, le ciel était dégagé et sans le signe d’un nuage… Mais il n’était pas la seule chose azure qui ne cessait d’envahir mon champ de vision, tel les yeux du garçonnet qui remuait de droite à gauche en riant telle une hyène folle et infatigable.
 
Il sautait devant moi, gesticulait sans arrêt, à m’en donner la nausée si déjà ne me dégoutait-il pas. Avec sa voix sucrée, aigüe comme le cri d’un oisillon, il déchirait mes tympans d’une manière encore bien pire que de simple acouphènes. Il était le seul à pouvoir rompre un tel silence sans une once de remord. Il jouissait bien de sa situation. S’il fut un esprit ayant choisi mon pauvre corps pour cible à hanter, il fut bien moqueur d’en profiter dès que possible. Mais je ne craquerais pas, je l’espérais. Il ne m’avancerait à rien de lui répondre. Même si sur le moment, j’eus préféré qu’il pleure qu’il ne rie et gambade comme un ahuri comme il le faisait.


« Arrête de sauter partout, tu m’énerves », avais-je soufflé, dans une exaspération plus que présente.
 
« Mais… Mais… Ecoute, monsieur ! Il y a-… »
 
Je le coupai dans son élan, sa phrase à peine commencée. Mes yeux s’étaient détournés du chemin pour le suivre, lui, même si je ne m’arrêtai de marcher. Son sourire se transforma peu à peu en une moue et son regard se mit à briller, duquel allait plus que probablement pleuvoir des torrents de larmes qui n’allaient qu’accentuer ses jérémiades.
 
« Il n’y a rien, d’accord ? Cet endroit est vide ! Lâche-moi et laisse-moi continuer mon chemin  sans les émerveillements d’un mioche plus insignifiant que puéril face à du bambou et un peu d’eau ! »
 
Mes soupirs s’étaient transformés en grognements desquels j’avais plus qu’un peu haussé la voix. Mais ce n’est qu’après avoir montré mon autorité ou blondinet que je regrettai mon geste. L’endroit n’était peut-être pas si vide que cela, en réalité… Intéressant… Mon regard était plongé dans celui de l’inconnu, alors que le gosse fixait ses pieds en pleurant.
 

« Hé, lève un peu les yeux, gamin, nous ne sommes plus seuls. »
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Dim 16 Juin - 7:53
Était-ce des chants ou des rires que poussaient ces insupportables oiseaux? Aujourd'hui encore, et cela à cause d'une solitude totale prolongée, j'avais l'impression que je devenais peu à peu fou. Est-ce que le sort se moquait de moi? C'était ce que je me disais. Le sable sous mes pieds semblaient vouloir me donner un peu de répit. C'était la seule chose à peu prêt agréable dans ma misérable vie. Une vie que je ne voulais pas vraiment. Et pourtant, je survivais, déterminé à vivre malgré les difficultés. Cela faisait longtemps que je ne m'étonnais plus des pensées désespérées qui me venaient à l'esprit. Je pouvais très bien me laisser mourir contre un rocher, juste là, et mettre à terme à tout cela. Mais je ne le faisais pas. Et cela, car j'étais moi-même et que je n'arborais pas ce masque corrompu et taché de sang qui pourtant, était souvent présent sur mon visage pour effrayer la moindre personne ayant l'envie de me demander mon prénom. C'était ainsi que ça marchait, et pas autrement. Auparavant, je pensais que je ne faisais qu'un avec ce masque, que mon vrai "moi" s'était effrité petit à petit pour disparaître avec le temps. Et pourtant non, j'étais bien présent, déterminé à ne pas m'arrêter pour laisser filer ma vie comme l'eau file dans le lit tourmenté d'une rivière. 

Le regard perdu dans le vague, ma marche s'était comme mécanisée, automatisée. Mes jambes se mouvaient sans effort et semblaient dépendantes de ma volonté perdu dans les limbes de mon esprit. Quelque fois je heurtais une pierre avec mes orteils, mais je ne sentais rien, rien ne pouvait stopper mon avancement au plus profond de cette forêt. Rien, sauf une chose, au présence, une vie au milieu de ces ténèbres. Je m'arrêtai sans vraiment m'en rendre compte, et, quand mon regard daigna enfin à faire une mise au point, je me surpris à regarder deux yeux dont une dispute sur la couleur à prendre s'était soldé par deux choix différents. Ainsi, je fixai d'un air éteint un œil aussi bleu que l'infini ciel nocturne que je contemplais tellement souvent, et l'autre d'une couleur rappelant les joyaux les plus obscurs, semblant accueillir les ténèbres en leurs sains. 

Mon âme eut toutes les peines du monde à réintégrer le monde matériel. Après une dizaine de secondes de silence, une lueur de vie revint s'installer péniblement dans mes yeux turquoises. Je clignai une fois des yeux en inspirant profondément. Je sortais d'une transe. Ces transes dans lesquelles je tombai quand la nuit tombait. La lueur n'avait rien d'agressive, elle montrait clairement de la fatigue, une fatigue de la vie, de la lassitude. Mon visage neutre montrait peut-être une once de tristesse. Je n'avais pas besoin de réagir, cette personne ne faisait que passer, j'allais également continuer mon errance sans lui prêter plus d'attention. 

Cependant, aussi immobile qu'un arbre mort, je me contentais de le dévisager. C'était un homme vraisemblablement, même si ses traits me semblaient assez incertains. Cheveux courts aussi noir que du charbon et des vêtements aussi simples qu'un drap unicolore. Tout chez lui semblait être un désaccord total. Comme si, à sa conception, son être avait toujours hésiter de ce à quoi il allait ressembler, et que, alors que le temps venait à manquer, qu'il était né comme ça. Aussi étrange qu'étonnant, je n'avais cependant aucune envie de parler à qui que c'était, même si j'avais l'impression que voir quelqu'un de vivant rendait, à mon tour, mon corps plus vivant et mon âme plus éveillée. 

Malgré toutes ces interrogations, la seule chose qui avait bougé était mes yeux, en effet, comme maudit par un sort de magie noire, je n'avais pas changé de position. Je n'arrivais pas à me remettre en route, comme figé dans le temps, je me demandais trop de chose. Devais-je me renseigner sur le chemin? Non, c'était bien trop loin de mon rôle, et je m'en sentais tout bonnement incapable. Depuis combien de temps n'avais-je pas entendu le son de ma voix? Depuis bien trop de temps. Mes cordes vocales s'étaient recroquevillées dans ma gorge aux allures de désert. Passer mon chemin, c'était tout ce que j'avais à faire.
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Lun 17 Juin - 2:38
Visiblement, l’inconnu n’était pas décidé à bouger d’un poil. Du moins, si même l’avait-il voulu, il ne l’avait pas fait. Ses iris bleues comme je n’en avais vu que chez Alois, totalement éteinte, étaient plongées dans les miennes, alors qu’il ne se semblait pas décidé à réagir. Mais son visage n’était pas aussi accueillant que celui du gamin : un profond air d’indifférence mêlé à une légère mélancolie se glissait dans son regard que j’observais en devant toutefois lever un peu la tête. C’est comme si ses jambes s’étaient arrêtées seules, mais qu’il n’avait eu la lucidité de s’en rendre compte et qu’il était pris dans une transe le jetant dans une inconscience guidant alors seule sa marche. Quand il cligna une fois des yeux et que son regard cessa de n’être qu’une porte ouverte sur le néant, je doutai qu’il soit très disposé à m’aider dans ma quête. Si même cherchais-je des compagnons de routes – bien qu’il n’en soit actuellement pas le cas -, j’eus encore préféré un second mioche qu’un adulte parfaitement dénué d’émotions… ou pas, en réalité. Mais il ne me donnait envie de lui adresser la parole. Pas le moins du monde. Continuer ma route sans me retourner, comme si je ne l’avais jamais croisé, c’était la seule et unique chose à faire. Mais le gamin n’avait pas l’air très décidé à suivre ma voie, aujourd’hui… Pour ma plus grande consternation…
Son corps frêle fit un léger bond sur place, poussant un cri de stupeur qui me glaça le sang, me faisant sursauter à mon tour. Qu’avait-il encore bien vu pour trembler ainsi ? Je me tournai vers lui, observant ses grands yeux qui me fixaient comme si j’allais faire quelque chose pour le consoler. Il savait pourtant pertinemment que jamais je ne le prendrais dans mes bras, de plus que si même j’en avais jamais eu l’envie, je n’en avais pas la possibilité.
 
« Qu’est-ce qu’il y a, cette fois, hein ? », soupirai-je en le regardant à mon tour.
 
« Mais… Mais… Un démon… ! Je suis sûr que c’est un démon… ! », avait-il pleurniché en faisant un pas en arrière, venant se coller à moi une expression d’épouvante figée sur son visage pâle. J’aurais presque pu sentir ses doigts serrer mon bras de toutes ses maigres forces et ses larmes mouiller peu à peu les manches de mes habits clairs.
 
« Et pourquoi donc, abruti ? » Ma voix était de plus en plus agacée au fil de ses réponses.
 
« Sa… Sa joue… ! »
 
J’avais tourné lentement la tête vers l’homme aux cheveux aussi azurs que ses yeux, observant enfin ce  qui avait pu effrayer le gosse. Enfin, il était aussi facile de lui faire peur qu’à un bébé, me laissant le bonheur de me servir de cela de temps en temps, donc ce n’était peut-être pas si inouï. Mais là n’était pas la question. L’espèce de mâchoire en os comme collée à la peau de l’individu m’intriguait  moi aussi, mais je doutai là qu’il s’agisse vraiment d’un être de Svartalfheim. Ses pupilles réfractées par la lumière de ce lieu ne semblaient pas être habitées par un éclat démoniaque. Une souffrance ou un désespoir, plutôt. Mais pas ceux qui ressortiraient chez une de mes cibles.
Je tendis mon bâton à bout de bras, effleurant le nez de l’individu à quelques millimètres. Les runes de bougèrent pas. Le peu qu’elles aient été éclairées ne témoignait que de la luminosité intense de cette forêt, et non pas de la proximité d’un moindre être à exorciser dans les parages.
 

« Je crois que tu es juste totalement fou, mon pauvre. Ou alors mon arme est cassée et nous sommes condamnés à mourir… Enfin, toi, c’est déjà fait, si je ne m’abuse », sortis-je dans un rictus moqueur. Avoir une victime si vulnérable n’était pas qu’un inconvénient, si même fut-elle la seule et unique création de mon imagination.
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Lun 17 Juin - 4:06
-Qu’est-ce qu’il y a, cette fois, hein ? 

Ce gosse était aussi fou que moi. Sauf que je ne parlais pas encore tout seul. Était-ce la prochaine étape, quand, alors que la solitude avait obscurci son âme toute entière, des visions et des nouvelles personnalités voyaient le jour? C'était probable, et je ne voulais pas finir comme ça. Je voulais être seul, et si je commençais à ne plus être seul dans mon esprit même, jamais je n'aurais pu survivre. 

Il n'avait pas bougé, il se contentait de parler avec sa malheureuse maladie qui prenait un plaisir malsain à corrompre sa victime, lentement. Je le laissai dialoguer pitoyablement avec elle. Avais-je pitié? Un peu oui, ce gamin avait dû passer bien plus de temps tout seul que moi, alors que j'étais probablement plus âgé que lui. Je soupirai. 

-Et pourquoi donc, abruti ?

N'ayant pas décoché un mot, je supposai qu'il parlait avec ses propres démons. Je n'avais rien à faire dans cette forêt, accompagné de ce fou qui se parlait tout seul. Je m’apprêtai  redémarrer, comme si le fait qu'il m'ignorait purement et simplement, m'avait fait reprendre mes esprits. J'étais comme une fantôme, qu'il croyait avoir vu, dans les rayons aveuglant du soleil, une présence. Ainsi il m'avait fixé pendant un cour moment, avant de me regarder de nouveau, pour voir si j'étais bien réel. Oui, je l'étais, même s'il me semblait quelque fois n'être qu'une insignifiante âme qui ne faisait qu'un bref détour sur Midgard, avant de retourner dans sa torpeur infinie. Mes nerfs semblaient enfin s'être tous reconnectés, et je levai le pied pour continuer mon errance, cette rencontre n'avait et ne serait jamais importante, deux regards étranges qui se croisent, deux fous, deux solitaires finissant par se séparer sans avoir échanger un mot. Je préférais rester dans ma bulle insonorisée et monochrome. 

Cependant, mon pied habitué aux défauts de la route n'eut pas le temps de se poser sur le sol rocailleux. En effet, le pauvre taré pointa devant moi une objet en bois où se trouvaient d'étranges signes. J'eu un réflexe de sortir mes mains de mes poches, près à riposter. J'étais devenu tel un animal sauvage, prudent, trop prudent. Mais il ne fit rien, il se contenta de le laisse devant mon nez. C'était énervant, je ne pouvais plus avancer, et mon rôle s'était réactivé aussitôt, la lueur dans mes yeux redevint pleine de haine injustifiée. 

-Je crois que tu es juste totalement fou, mon pauvre. Ou alors mon arme est cassée et nous sommes condamnés à mourir… Enfin, toi, c’est déjà fait, si je ne m’abuse.

Me parlait-il maintenant? Son rictus moqueur semblait en dire long. Quoiqu'il en était, la proximité de son bâton était bien trop importante, et mon instinct, si peu habitué à voir un objet sur proche de mon champ de vision, m'avait fait agir. Comme si mon corps avait décidé de nouveau de prendre son indépendance, j'attrapai avec vitesse le bâton, l'arrachai des mains de son taré de propriétaire et, d'un geste large, l'envoyai s'écraser contre de rocher qui avait péniblement réussi à s'établir au milieu de ces bambous menaçants. C'était mieux, je pouvais de nouveau voir quelque chose. Je renfonçai les mains dans mes poches en fixant d'un air dédaigneux le fou. Pris par l'élan du masque noir que j'avais renfilé, j'ajoutai, sans vraiment savoir ce que ma voix aller donner:

-T'peux éviter d'agiter ton bout de bois d'vant mon nez, s'pèce de taré? Retourne avec ta folie et cesse d'm'importuner. 

Ma voix avait, ce qui m'avait soulagé, question de crédibilité, été haineuse, crachant son venin d'un ton fort et grave. Je n'attendis qu'une demi dizaine de seconde une quelconque réponse de sa part, et recommençai à avancer, lentement.
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Mer 19 Juin - 7:58
Ainsi, il n’était pas du genre à se laisser faire, l’homme aux cheveux turquoises droits dressés sur son crâne. L’arme du vieux eut vite fait d’être propulsée contre un rocher à quelques mètres de nous. Moi qui tenais cette chose en permanence dans les mains, elle me sembla d’un coup bien plus légère, quand elle valsa dans les airs. Je ne fus pas étonnée de voir la force avec laquelle l’inconnu le fit, étant donné la taille de ses muscles. Il n’était pas moche, en prenant du recul. Sous les températures aux airs de canicules, ses épaules carrées lui donnaient un air viril, même avec son absence totale de barbe.
 
« T'peux éviter d'agiter ton bout de bois d'vant mon nez, s'pèce de taré ? Retourne avec ta folie et cesse d'm'importuner », avait-il sorti, visiblement pas très heureux de ma présence et de celle d’Alois – qui d’ailleurs n’eut rien à rajouter à cela.
 
« Ouh, alors comme ça, Monsieur fait des rimes lorsqu’il s’exprime ? », avais-je ri de lui, du côté un peu ironique de la situation. Certes son ton était-il menaçant, mais sa phrase eut le don d’éveiller en moi mon côté moqueur.
 
Mon esprit était vagabond, voici bien quelques semaines que je n’avais croisé âme qui vive. J’avais envie de m’amuser un peu, peut-être au damne de celui qui s’était retourné sans rajouter mot, poursuivant sa route comme si de rien n’était d’un pas lent mais décidé. Un grand fourreau noir était accroché dans son dos. Un sourire espiègle et mutin s’était dessiné sur mon visage pâle. Je saisis l’arme à deux mains, la faisant sortir, et l’observai un instant. La lame devait faire environ un bon mètre et brillait avec la lumière omniprésente du soleil. Je n’avais pas envie de laisser ce voyageur en paix de sitôt. Je m’attendais déjà à une réplique rapide de sa part. J’en jouissais d’avance.
 

 « De plus, je vous prierais de me vouvoyer, il paraît impoli de parler ainsi à un inconnu comme moi. Enfin, vous pouvez m’appeler Gabriëll. Toute ma personne est enchantée de faire votre connaissance », avais-je murmuré juste assez fort que pour qu’il ne l’entende, penchée sur l’épée. « Si vous empruntez ainsi quelques secondes mon arme, me permettriez-vous de faire de même ? »
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Mer 19 Juin - 23:31
-Ouh, alors comme ça, Monsieur fait des rimes lorsqu’il s’exprime ?

Il était à frapper ce gamin. J'avais légèrement tourné mon visage pour apercevoir le sourire moqueur qu'ornaient fièrement ses lèvres. Comme tout ici, autour de moi, il se foutait de ma gueule. Un monde au sourire aussi moqueur que cet être semblant totalement sans défense. Je n'avais que faire de toute cette moquerie, je vivais avec, de toute part, elle semblait m'attaquer. Depuis longtemps, dès que j'étais seul, elle revenait à la charge, comme si elle profitait de ces moments où mon rôle tombait pour m'affaiblir petit à petit. Dommage pour elle, ma bulle sombre et monotone repoussait déjà tout ça. 

Je continuais ma route, l'ignorance, c'était souvent la meilleur des techniques contre les piques. J'aurais bien répliqué aussitôt, mais je doutais déjà du sens du mot rime, alors je ne pouvais pas me permettre de me casser la gueule sur une entreprise inconsciente. Néanmoins, le son familier du métal glissant d'un fourreau me parvint aux oreilles. Ce son annonceur de mort était bien trop près de moi pour qu'un quelconque guerrier l'eut fait derrière mon dos. Le poids constant dans mes épaules carrées s’allégea. Mon épée. C'était mon épée ça! Je fis volte-face, me mettant en garde, sans arme, préparant à lancer un de mes fatals coups de pieds. Mais premièrement, regarder la situation. Mes pupilles s'étaient amincies de sorte qu'elles ne ressemblaient plus qu'à une fine faille ténébreuse ouvrant le turquoise haineux de mes iris.  

Ce gamin tenait dans ses mains mon arme, ma précieuse arme à laquelle je tenais plus que tout. C'était la seule chose qui me rappelait le vieux, je le chérissais plus que moi-même, je l'avais toujours prêt de moi, ma première et seule arme. Un des trois objets que je gardais avec moi; la plume, la fourrure et l'épée. Je ne pouvais pas supporter un tel affront. 

-De plus, je vous prierais de me vouvoyer, il paraît impoli de parler ainsi à un inconnu comme moi. Enfin, vous pouvez m’appeler Gabriëll. Toute ma personne est enchantée de faire votre connaissance.  Si vous empruntez ainsi quelques secondes mon arme, me permettriez-vous de faire de même ?

L'arrogance, l'arrogance d'un gamin qui se croyait malin. Il me faisait penser aux riches chevaliers qui savaient lire, écrire et dont les poches étaient remplies d'or. Ils se croyaient plus forts que les autres, supérieurs par leurs richesses et leurs familles riches. Détestable. Je serrai les dents, regardant cet être tenir mon épée. Il voulait que je le vouvoie, il se prenait pour quelqu'un d'intéressant, était-ce un prince, un riche héritier d'entreprise? Je ne pensais pas, il était juste horriblement vantard. Je baissai ma garde, et répliquai en le foudroyant du regard.

-J'ai aucun respect à t'donner, ni à toi ni à personne. Alors, au lieu d'faire l'hypocrite pour t'foutre de ma gueule, tu vas la fermer et n'pas toucher à mes affaires, gamin.

Un faible vent passa entre nous, comme pour essayer de détendre l'atmosphère étrange qui s'était installée. Mon ton toujours aussi méprisant et dédaigneux accompagnait mon regard emplis de haine envers ces gens qui se pensaient supérieurs aux autres par leur situation sociale. Le vent décolla la plume des mèches bleues pastel sans pour autant la détacher. Le vent me faisait un peu du bien, mes cheveux étaient moites et ma gorge me faisait mal à parler ainsi alors que je manquais de liquide. 

Sans attendre la moindre réponse, je me concentrai avec rapidité et envoya mon poing avec une grande force dans la direction de la garde de mon épée. Bien sûr, j'étais bien trop loin pour pouvoir seulement l'effleurer, mais ce n'était pas le but. Alors que mon mouvement s'était arrêté, l'air sembla se mouvoir tout seul et toucha de plein fouet les doigts du gamin. J'inspirai profondément pour reprendre mon souffle et mon énergie et regardai l'épée s'envoler, libérée de l'emprise de cet être détestable. Ma lame blanche refléta le soleil et vint se planter dans le sol meuble, à égale distance de nous deux. Je ne souriais pas et m'avançai pour reprendre ce qui était mien.
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Dim 23 Juin - 8:24
Son regard en disait long sur l’inconnu. Ses yeux pourtant turquoises comme le ciel sans nuage arrivaient à faire passer une émotion si forte… à en faire sans problème reculer quelqu’un qui n’aurait pas un caractère comme le mien. Mais je tenais tête. Je ne savais pas pourquoi, d’ailleurs… Mon but n’était pas de me faire le plus d’ennemi possible durant ma quête, mais c’était plus fort que moi. Ce trait de caractère avait tendance à ressortir plus rapidement face aux inconnus, à ce que je voyais. Peut-être serait-ce différent face à une inconnue… Je n’en savais rien, et très franchement, ça ne m’intéressait pas tant que ça. A reprendre un peu de recul, j’étais un peu idiote de me comporter ainsi, il était peut-être temps que je stoppe tout cela et que je m’enfonce bien plus encore dans cette forêt… Ou que je fasse simplement demi-tour pour en sortir le plus rapidement possible.
 
« J'ai aucun respect à t'donner, ni à toi ni à personne. Alors, au lieu d'faire l'hypocrite pour t'foutre de ma gueule, tu vas la fermer et n'pas toucher à mes affaires, gamin », avait-il grogné.
 
Que je fasse demi-tour et que je m’éloigne de lui ? Alors que d’un coup de poing, l’épée avait valsé dans les airs pour venir se planter dans le sol. Valser dans les airs ? Et comment l’autre aurait-il pu seulement l’effleurer à la distance à laquelle il était situé par rapport à moi ? Je ne l’avais pas sentie me quitter que je la voyais déjà immobile enfoncée droite dans la terre. De la magie ? Encore plus captivant, c’était sûr. Je manquai de me prendre un fou-rire à la tête ébahie du gamin.
 
« Alors comme ça, nous avons affaire à un mage, hein ? Tu me plais de plus en plus. »
 
Je m’étais tournée vers le gosse pour l’interpeller en le regardant dans les yeux. Je ne savais pas si je m’étais plus adressée à lui ou à celui qui avait fait ça, mais ma remarque avait le mérite d’être dite. Si je n’avais pas tort, c’était un côté de lui plus qu’intéressant à exploiter. Donc un plus fort ennemi ? Pas s’il devenait mon allié, évidemment… 
 
« En tout cas, là, ça a l’air ton truc, les ondes de choc et tout… », dis-je en m’approchant de celui qui ramassait lentement son arme. Je posai ma main sur son épaule. « Est-ce qu’en échange d’un certain nombre d’or, je pourrais louer un peu tes services ? » Je marquai une brève pause, l'air songeuse. « Et aussi, tant que j'y suis, j'aimerai savoir... Quel est donc le nom que tes parents t'ont donné... ? Ou alors n'as-tu pas eu de parents... Bref, comment t'appelles-tu, épéiste aux cheveux azurs ? »

Un voyou comme lui pouvait bien m’être utile si mage il était vraiment. On disait que ces gens pouvaient détecter une grande source de magie comme les créatures… Et en l’occurrence, aussi les démons. 
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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Mar 25 Juin - 1:00
-Alors comme ça, nous avons affaire à un mage, hein ? Tu me plais de plus en plus.

Mais qu'est ce qu'il avait ce gamin? Il n'avait pas le sens de la peur. J'aurais bien pu lui couper la tête en deux temps trois mouvements. C'était insupportable. J'enlevai la lame blanche du sol meuble et sec mais n'eut pas le temps de la remettre dans son fourreau que le jeune éffronté s'était approché de moi et avait posé sa main sur mon épaule. Qu'est ce qu'il voulait à la fin?! Je me crispai, le foudroyant du regard. Il n'avait pas à me toucher! La main qui tenait l'épée blanche se resserra. J'allais vraiment lui couper le bras s'il ne m'avait pas arrêté juste avant. 

-En tout cas, là, ça a l’air ton truc, les ondes de choc et tout… Est-ce qu’en échange d’un certain nombre d’or, je pourrais louer un peu tes services ? Et aussi, tant que j'y suis, j'aimerai savoir... Quel est donc le nom que tes parents t'ont donné... ? Ou alors n'as-tu pas eu de parents... Bref, comment t'appelles-tu, épéiste aux cheveux azurs ?


Je claquai la langue en fronçant les sourcils. Mes parents? Comment pouvait-il me dire ça? La haine s'intensifia dans mon regard. D'un geste rapide, j'écartai sa main d'un coup de coude assez méchant. Cependant, je ne bougeai pas et restai campé à moins d'un mètre de lui, le regardant littéralement de haut. Peu de gens étaient plus grand que moi, avantage en soi. Et lui ne l'était pas. J'avais peut-être l'air un peu plus menaçant, ou pas, vu le regard confiant et légèrement hautain que ce gamin affichait. 

De l'argent? De l'or? Haha, encore un qui était attaché à ce truc complètement inutile. Je n'ai jamais eu besoin d'argent, et je n'en aurais jamais besoin le reste de ma vie! Tss, il essayait vraiment de m'acheter! Je ne suis pas un mercenaire, je suis un homme qui erre. Depuis quand les gens me demandaient leurs services? Depuis jamais, personne n'était censé m'adresser la parole. Ma magie devait lui faire peur, pas l'encourager à dialoguer! En plus, il commençait à devenir un peu plus respectueux, mentionner d’éventuels parents, puis donner l'éventualité qu'ils n'y en avaient pas. Il était quand même vachement gonflé. Pourquoi je lui aurais donné mon nom? Je n'avais aucune raison de le faire. Et pourquoi, bah je l'avais quand même fait. 

-Jered Elarn, nom que je me suis donné et je ne suis pas un mage, mais un faux mage, je n'aime pas les mages, répondis-je d'un ton grave et haineux. 

C'est vrai quoi, en tant que mage artificiel, je n'étais pas un réel mage et mon sens magique était aussi développé d'un rat dans les égouts. J'avais ce pouvoir, c'était tout, et c'était déjà bien. Je remis l'épée dans le fourreau en faisant de grands gestes, ce qui obligea le gamin à reculer pour ne pas se faire couper. Voilà un peu de distance, et je n'avais pas reculé, parfait. Je soupirai d'un air dépité et une expression de pitié et moqueuse se dessina sur mon visage. 

-Quand à ta p'tite demande, s'tu crois que j'travaillerais un jour pour d'l'argent, tu t'fous l'doigt dans l’œil jusqu'dans ton pantalon. J'me fous d'l'argent! Je n'ai pas b'soin d'ça pour vivre moi!

Enfin, le bon vieux sourire à la Jered apparut sur mon visage. Un sourire trop large, un peu fou sur le bord. Mais il était surtout fier. Mes canines étaient clairement visibles et la mâchoire collée sur ma joue s'était un peu ouverte. Hu hu, il était faible de s'attacher ainsi à l'argent. Tout ceux qui payaient étaient des faibles. Pitoyable et stupide, voila comment je le voyais maintenant.
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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Mer 26 Juin - 9:32
« Jered Elarn, nom que je me suis donné… »
 
Un orphelin, donc. Je doutais qu’il s’agisse là d’une autre explication que cette hypothèse dressée sur à peu près rien.
 
« … et je ne suis pas un mage, mais un faux mage… »
 
Et c’était encore un de ces idiots qui avait hérité de pouvoirs, néanmoins moindres que pour se faire nommer mage ? Mais pourquoi « faux mage » ? Soit on est mage, soit on ne l’est pas, j’avais du mal à saisir le sens qu’il aurait bien pu faire ressortir de cette phrase. La science n’avait quand même pas avancé au point de greffer un pouvoir à un homme normal… Et cela m’aurait étonné qu’un être doté de magie puisse transmettre son savoir… Ce « Jered », ainsi nommé, restait définitivement un mystère… Ça m’intéressait. Mes commentaires se faisaient au fur et à mesure de ses paroles.
 
« …  je n’aime pas les mages »
 
« Ça tombe bien, je n’en suis pas un », avais-je murmuré entre mes dents, juste assez fort que pour qu’il ne puisse deviner ma phrase de ces mots peu articulés.
 
« Quand à ta p'tite demande, s'tu crois que j'travaillerais un jour pour d'l'argent, tu t'fous l'doigt dans l’œil jusqu'dans ton pantalon. J'me fous d'l'argent ! Je n'ai pas b'soin d'ça pour vivre moi ! »
 
Un sourire fier trônait sur son visage. Tout comme le « faux mage » avait ramassé son épée plantée dans le sol meuble, il était au tour du « faux prêtre », si je puis dire, de ramasser son bout de bois. Je fis ces quelques pas, lui faisant alors dos. Il ne prêtait pas d’importance à l’argent, il semblait du genre à frapper ? Tout comme il avait retiré ma main de son épaule d’un geste brusque, du moins, i n’était pas non plus du genre à se laisser faire. Je le plaçais sur mon échelle entre les pirates et autres mercenaires et quête de femmes, d’or et d’alcool, et moi. En dessous, donc, évidemment. Il avait beau avoir un certain potentiel, on voyait bien à sa tête qu’il ne semblait pas très disposé à réfléchir… J’aurais été étonnée si seulement il savait compter jusqu’à cinq. Puis, après tout, je supposais qu’il était orphelin, donc cela m’aurait étonné qu’il ait pu accéder à l’enseignement. Mais ça, j’aurais pu le deviner avant même de lui adresser la parole.
Mon besoin d’avoir le dernier mot revint en force. Il avait souri ? Il osait faire le malin, alors qu’il n’avait répliqué là qu’une fois ? On ne me piquait pas mes victoires, à moi.
 
« Au fait, ça aussi, ça tombe bien… Je suis totalement fauché », avais-je soufflé en m’abaissant pour enfin sentir à nouveau les runes de mon bâton entre mes doigts.
 
Une ombre, derrière, manqua de me faire sursauter toute seule. Le gamin, le gamin était de retour. C’est qu’il était aussi discret qu’une bulette chez un antiquaire, celui-là ! Il ne pouvait pas attendre un peu, avant de revenir, comme ça, sans prévenir... ? Comme s’il ne voyait pas que j’étais en pleine conversation avec mon nouvel « ami ».
 
« Dis, Monsieur… ? Je peux te dire un truc… ? » Plus je l’entendais, et plus je me disais que sa voix niaise avait le don de me percer les tympans.
 
« Si tu veux, mais je doute que ça m’intéresse. »
 
« Moi, je dis que j’ai vu un truc bizarre dans les arbres, là ! »
 
« Oui, mais tu es fou, tu vois, les hallucinations, c’est normal ! Laisse-moi tranquille, maintenant, compris ? »
 

Je commençais vraiment à perdre patience, avec ce mioche. Je n’étais pas une gouvernante, moi, j’avais autre chose à faire que de m’occuper d’un blondinet invisible… Je ne savais pas si je pouvais me fier à lui ou pas, mais je ne lèverais pas les yeux, il n’en valait pas la peine. Il n’y avait rien, dans cette forêt. Nous étions seuls avec l’épéiste, en ce moment même. J’en étais convaincue.
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Lun 8 Juil - 2:45
Le soleil de plomb commençait à me taper sur les nerfs, dans les deux sens du terme. Son sourire m'énervait, je l'aurais bien pris par le col pour l'envoyer valser contre une pierre. Mais, curieusement, je ne bougeais pas d'un poil, mon sourire trop large figé. J'étais en sueur et plaquant, j'imagine que c'était ça qui m'en empêchait. Et puis je ne pouvais pas frapper des petits gosses comme ça, ça n'aurait servi à rien. J'avais besoin de personnes fortes qui me permettaient de me défouler et de recevoir des coups -que je ne sentais pourtant pas-  sans que le combat ne soit trop simple. 

Je le regardais récupérer le bâton qui s'était envolé contre une pierre sans le briser. Étrange d'ailleurs. Et puis, pourquoi l'avait-il agité devant mon nez comme ça sans raison apparente? Il était juste taré. 

 -Au fait, ça aussi, ça tombe bien… Je suis totalement fauché

Je levai les sourcils. Alors, il voulait me payer pour mes services, mais il n'avait pas d'argent, logique. Très logique. Un bref rire résonna dans la forêt épaisse. Je sortis les mains de mes poches pour croiser les bras sur mon torse découvert. Il était vraiment étrange, il se contredisait un peu lui-même. A moins que sa première intention était de se foutre de ma gueule, et dans ce cas-là, il ne méritait qu'une grosse claque dans sa figure. Mes poings se crispèrent alors que j'inspirai profondément. 

Et puis le voilà qu'il reparle tout seul. Ça ne m'étonne même plus. 

-Si tu veux, mais je doute que ça m’intéresse.

J'ai l'impression qu'il parle à quelqu'un. A moins qu'il ne parle vraiment à quelqu'un, ce taré. Alors quoi, un ami imaginaire? Un fantôme, un délire personnel qu'il croie réel? 

-Oui, mais tu es fou, tu vois, les hallucinations, c’est normal ! Laisse-moi tranquille, maintenant, compris.

Ou une hallucination, c'était probable aussi. Génial, un fou évadé d'un asile qui entendait et voyait des hallucinations, qui en plus semblaient l'énerver au plus haut point. C'était un bonhomme original. Enfin, je pensais ça, mais je suis aussi une expérience à moitié ratée échappée d'un laboratoire. Mais moi j'avais et j'ai encore toute ma tête. Je claque la langue sur mon palet. Il disait à sa propre hallucination qu'elle avait une hallucination. A croire que même les personnes irréelles peuvent être folles. C'est vraiment intéressant. 

Quelque chose attire soudainement mon regard. Je lâche le fou des yeux pour tourner mon regard azuré vers les grands bambous imposants. Quelque chose avait bougé. Dans une forêt comme celle-ci, ce ne pouvait pas être très dangereux. Voire pas dangereux du tout. Je fronçai les sourcils, les bambous se mirent à balancer un peu. Qu'est ce qu'il pouvait avoir dans cette foret à part des écureuils? 

Et la réponse était... Un gros panda joufflu et bedonnant. J'aurais dû penser à ça. Une grosse peluche noire et blanche qui devait vivre assez tranquillement avec sa nourriture partout autour d'elle Je soupirai en ignorant la bête qui nous regardait curieusement et un peu craintivement. Evidemment, voir deux inconnus étranges dans son habitat naturel ne devait pas lui être très familier. Il ne devait pas vraiment avoir beaucoup de gens qui passaient ici pour se relaxer. Je ne faisais que passer, et le fou manifestement aussi. Je reportai mon regard au taré. Est-ce qu'il allait avoir peur d'un gros panda qui mâchait avec une grande lassitude son bambou? Il en était parfaitement capable. 

De mon côté, je n'allais ni frapper ce pauvre animal, ni le tuer, ni le chasser. Moi j'aime bien les animaux, enfin, je les chasse quelque fois, parce que le marché n'est pas toujours intéressant. Mais je ne toucherais pas à l'animal qui était présent comme ça. Ce n'est pas mon genre, je ne faisais ça qu'avec les humanoïdes. 

-Tiens, on  de la compagnie. 
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Mer 17 Juil - 10:20
 
Un grand moment de silence, de solitude, même si j’étais d’une certaine manière accompagnée en permanence. Le calme régnait juste une minute au milieu d’une conversation qui n’avait de but sauf ma propre distraction. On ne pouvait plus ouïr que le sifflement du vent qui passait entre les arbres et le bruit de leurs feuilles remuant sous le courant d’air. Un son, cependant, attirait futilement mon attention. Futilement, c’est ce que je pensais, mais seulement jusqu’à ce que soudainement, il se fit plus présent et que de l’endroit d’où il venait allait sortir quelque chose. Les bambous se mirent à balancer, comme pour prévenir de la venue de ce qui se trouvait derrière. Je tournai le regard vers le feuillage et attendis longuement que l’animal sorte de sa cachette. Lentement, à son rythme. Une bête pareille, je n’en avais jamais réellement croisé, mais il ne semblait néanmoins pas vouloir nous faire plus de mal qu’une biche de passage dans une forêt. Il sembla d’ailleurs plus troublé de notre présence que nous de la sienne.
Il avait la stature d’un ours, les pattes d’un ours, les yeux d’un ours et la queue d’un ours. Cela dit, ce n’était pas un ours. Cette boule de poils jouissait d’un pelage blanc comme la neige en hiver, parsemé de taches d’un noir aussi sombre qu’on aurait pu croire qu’on l’avait peint. Un air étourdi semblait dominer sur son visage rond et joufflu qui lui donnait un air de peluche. Il ne paraissait pas vraiment là pour défendre son territoire : on aurait même plutôt dit qu’il était tombé sur nous deux – ou trois, selon la façon dont on voyait les choses - totalement par hasard.

 
C’était donc cela dont avait voulu parler le gamin ? D’un pauvre presqu’ours qui se baladait dans le coin ? Alors que le gamin sautait dans tous les sens pour me prouver qu’il avait eu raison, je choisis à nouveau de l’ignorer. Il avait beau ne s’être peut-être pas trompé, il ne méritait pas mon respect. Je n’avais pas vraiment envie de lui laisser une victoire, aussi petite était-elle. Je ne devais pas accorder trop d’importance à cet enfant ou j’en paierais le prix fort quand le temps viendrait. Je le savais, néanmoins, c’était plus facile à dire qu’à faire. Si vous aviez un petit être sur votre épaule en permanence, arriveriez-vous à ne pas l’interpeler ? J’avais grandi avec Alois, et me défaire de lui et l’ignorer, certes cette idée non déplaisante, ce n’était pas des choses les plus faciles.
 
Alors que je fixais la bête, moi aussi un peu intriguée, je sentis que le faux mage voulait reprendre la parole lorsqu’il chercha mon regard. Plongeant donc à nouveau mes yeux vairons dans les siens, laissant toute mon attention lui être attribuée.
 
Alors que le blondinet tentait en vain de grimper sur l’ours à qui on avait retiré ses couleurs, j’avais quand même quelque chose à demander à l’homme aux cheveux bleus, moi. Dans mes contrées, jamais je n’avais pu apercevoir une telle bête, aussi paisible et pourtant avec une bouche qui ne semblait être dénuée de dents pointues. Un être carnivore ? J’en doutais aussi, vu les bambous qu’il mâchait nonchalamment en nous regardant de ses petits yeux noirs.
 
 
« Au fait, pardonne-moi cette question, mais… Quel est donc cet animal étrange ? »
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Lun 29 Juil - 3:29
- Au fait, pardonne-moi cette question, mais… Quel est donc cet animal étrange ?

Il se foutait de ma gueule ce gosse. Je soutenais son regard sans aucune difficulté, mais je ne pus m’empêcher de faire un sourire moqueur. D’où il sortait ? Il venait de sortir d’une grotte dans laquelle il avait vécu les premières années de sa vie ? C’était une perspective intéressante, et très drôle. Enfin, je me moquais surtout de lui. C’était vraiment un gamin qui n’avait rien à faire dans la nature sauvage. Bon, ouais, je disais ça, alors que mon terrain de chasse se trouvait également en pleine ville. Mais bon, il avait l’air d’un gamin de riche, ou en tout cas, il semblait avoir été formé dans les grandes écoles blablabla. Rien d’extraordinaire, des choses qui me répugnaient.

Un bref rire amusé mais moqueur s’échappa de mes lèvres et fut rapidement étouffé par le silence ambiant. Le bruit du panda qui mâchait ne m’était pas dérangeant, même s’il fallait dire qu’il semblait faire exprès de faire autant de bruit, pour se faire remarquer. Je n’entendais plus ses molaires broyer le bambou depuis longtemps. Je réfléchissais. Comment j’avais su comment s’appelait cet estomac sur pattes, bonne question. Ce devait être il y a très longtemps, quand je débutais dans ma vie de vagabond, vers douze ans. C’était mon sujet préféré, les animaux, si bien que j’en connaissais beaucoup après avoir suivi des chercheurs pour les écouter. Je m’étonnai à me souvenir de tout ça, c’était pas comme si c’était quelque chose qui me servait tous les jours, ça ne me servait jamais à la limite. Mais je le savais, point.

Je sortis de mes pensées, mes yeux qui semblaient s’éteindre dans ces moments-là, reprirent leur lueur moqueuse, fière et haineuse. Bon, pourquoi est-ce que j’aurais à lui expliquer ? C’était ça la raison principale. Pour la satisfaction de savoir quelque chose que ce gamin ne savait pas. Au vu du regard qu’il me lançait, le gamin me prenait surement pour un imbécile. Oui, je ne savais pas lire, oui je ne sais pas écrire, mais ça ne faisait pas de moi quelqu’un de stupide. Un abruti ne serait pas capable de voler tout et n’importe quoi comme je le faisais, j’étais le roi dans la matière. J’étais comme prédestiné à être un voleur. Un voleur et non un guerrier. Encore une fois, je me demandai qui avait bien pu être mes parents pour que je sois si étrange. Cependant, étais-je étrange à la base ? Je ne m’en souvenais même pas. Je ne me souvenais jamais de rien par rapport à ça. Mais évidemment, des informations sur des pandas, ça je savais !

-Panda, régime ; bambou uniquement, à priori inoffensif, ne pas chercher pour autant, curieux, lent, ne prend pas vite peur. Pattes redoutables.

J’avais dit ça d’un air vide, comme si, en voyant l’animal, mon esprit me rappelait ce que c’était et me donnait toutes les informations à savoir pour ne pas se faire tuer. Tss, comme si j’aurais pu me faire tuer par un estomac ambulant. Je détournai la tête, lâchant le regard du gamin. On aurait plus dit que je m’étais dit ça à moi-même, c’était voulu, mais, je ne pus même pas m’empêcher de rajouter d’un ton moqueur :

-T’vécu dans une cave toute ta vie ? Ca d’vait être triste. Faut quand même être vachement atteint pour pas c’nnaitre un panda.

Je ricanai et fis volte-face, revenant au panda. Lui était déjà plus intéressant, ses petits yeux noirs se posèrent sur moi, et s’arrêta de mâcher un instant avant de reprendre. Evidemment, j’ai un peu l’odeur d’un fauve, il avait dû se demander quoi. Mais généralement, peu d’animaux me fuyaient pour cette raison. Moi j’aimais bien les gros pandas, même si je n’en avais vu que deux fois avant celui-ci. Je m’avançai lentement, arrachant au passage une branche de bambou bien garnie en feuille, je le fais sans la moindre difficulté. Me voilà accroupi à un bon mètre du panda, ignorant totalement le gamin à qui je tournais le dos. De là, il pouvait certainement voir le gros six tatoué dans mon dos. Peut-être qu’il allait fuir. Je l’espérais.

Je tendis la branche de bambou devant le nez de l’ours pour attirer son attention. Je le regardais d’un air las, je n’avais même pas l’air d’être amusé ou content, j’étais Jered. J’arborais juste un masque froid et las. Le panda renifle la branche un instant et mord dedans. C’est reposant de regarder cette boule de poil se remplir l’estomac sans se soucier de rien d’autre.
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Sam 14 Sep - 3:27
« T’vécu dans une cave toute ta vie ? Ca d’vait être triste. Faut quand même être vachement atteint pour pas c’nnaitre un panda. »
 
Un ricanement. Un ricanement stupide s’échappait de sa bouche comme s’il se sentait puissant de pouvoir rajouter un animal de plus que moi à la liste de ses connaissances. Je me mordis la lèvre de contrariété. Je n’en avais que faire de savoir que cette chose s’appelait un panda. Je connaissais presque par cœur Midgard et ses recoins connus comme si j’avais pu les voir. On m’a éveillée au monde, on m’a appris le savoir des sages. Si je n’en ai que faire, toutes ses choses sont bien rentrées dans mon cerveau, et elles s’y trouvent en permanence. S’il avait osé me faire un tel affront, j’aurais bien retiré ma demande juste pour l’autre n’ait pas dit une telle infamie devant moi. Il méritait presque la mort, après ce qu’il venait de dire. Mais j’avais d’autres choses à faire que m’attarder sur quelqu’un qui se fut révélé aussi abruti. User de l’énergie pour répondre à… Ca… ? Inutile. C’était une déception de devoir lui coller l’étiquette qu’était cette trop fâcheuse répartie. Il baissait aussi vite dans mon estime qu’il n’y montait, hélas. Même s’il me semblait amusant de l’importuner et d’en faire un bon ennemi, s’il remontait en moi de vieux souvenirs, il ne m’intéressait pas. Il me fallait trouver quelqu’un qui aie son tempérament, mais encore moins intelligent que ce… « faux-mage ». M’approchant lentement de l’individu qui me tournait le dos pour batifoler avec la bête, je fermais les yeux un instant pour réfléchir.
 
« Atteint ? Non, il ne faut pas être atteint, comme tu t’avises de le dire, mon cher… Jered. »
 
Observant à nouveau ce qui m’entourait, il me sembla en comprendre bien plus qu’il n’y fallut sur lui. Et en un seul instant.
Un numéro… un numéro de série était tatoué sur son dos, représentant ce qui ressemblait le plus au chiffre six. Un « faux-mage » ? Tout était logique, voyons. Un pauvre petit enfant retiré à son destin pour subir les sombres expériences qui passaient par la tête des scientifiques d’aujourd’hui. Rah, le côté obscur du monde n’était-il pas effrayant ? J’y avais goûté aussi, tant on est impuissant à notre plus jeune âge. C’est presque que s’il y avait moyen de sauter cette étape, il y aurait bien plus de la moitié de la population actuelle en plus sur le globe. Outre les maladies que l’on contracte, les maladies mentales que les autres ont contractées se retournent contre nous. Et subir la folie des autres et bien pire que de subir la nôtre.
 

« Quand tu es réduit à être confiné dans un seul endroit pour te faire subir une rééducation parce qu’on te croit atteint, oui, tu ne connais pas bien le monde qui t’entoure. Mais je suppose que tu peux comprendre par toi-même… même si de toute évidence, tu n’es pas resté enfermé aussi longtemps que moi par le simple désir des hommes. »
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Ven 27 Sep - 5:19
-Atteint ? Non, il ne faut pas être atteint, comme tu t’avises de le dire, mon cher… Jered.

Il était beaucoup trop calme. C’était comme si mon agressivité se heurtait à un mur d’indifférence, de nonchalance, et de lassitude. C’était comme si cette personne avait tout vécu. Ou n’avait déjà plus envie de rien vivre. Il s’était approché, lentement, se voulant discret. Mais mes sens ne se trompaient pas, et je savais parfaitement tout ce qui se passait derrière mon dos. Il n’était pas discret. Ses pas résonnaient dans ma tête. Ses pas résonnaient comme ceux que j’entendais du fond de ma pitoyable cellule, il y a si longtemps. Des pas qui se voulaient silencieux, pour se cacher. Pour ne pas que je les vois, que je panique. Pour ne pas que je me rende compte de leur présence machiavélique et de leur seringues anesthésiante.

Et ses souvenirs m’avaient marqués. Assez pour que mes poils se hérissent. Assez pour que mes sens se réveillent. Mes pupilles se dilatèrent. J’avais toujours eu du mal avec les personnes qui s’approchaient de moi derrière mon dos. Des cicatrices. Des marques, des blessures. Rien ne pouvait plus disparaître. Et cela même si je m’y forçais, encore et encore.

C’est toujours pareil. Jamais ce ne sera différent.


J’inspirai, laissant à la bête passive le repas que je lui montrais sans lui donner. Ça aussi c’était cruel. C’était ce dont j’avais bien droit également. Voir tous ces fous manger leurs viandes grasses devant mes yeux, riant à hautes voix devant mon corps si faible qu’il en faisait peur.

Pourquoi faut-il toujours que ma vie me ramène à ça ?

Je regardai derrière moi, regardant de mes yeux d’un bleu étrange ce gamin qui se croyait le plus malin. Encore une fois, mon rôle. Le Jered, se heurtait à une muraille imperturbable. Fallait-il que je parte ? Fallait-il que je continue à lutter, malgré le fait que ma motivation avait dépéri depuis bien trop longtemps déjà ? Que mon envie de vivre normalement, de continuer d’avancer, et non pas de m’acharner à vouloir régresser, était déjà partie voir si il y avait un être moins inutile que moi pour venir l’aider ? Tout m’avait abandonné. Tous m’avaient abandonné. Mais j’avais l’habitude maintenant. Laisser couler. Se cacher derrière un grand masque aux traits exagérés. Et continuer de jouer la pièce qu’était cette fausse vie que je me constituais.

-Quand tu es réduit à être confiné dans un seul endroit pour te faire subir une rééducation parce qu’on te croit atteint, oui, tu ne connais pas bien le monde qui t’entoure. Mais je suppose que tu peux comprendre par toi-même… même si de toute évidence, tu n’es pas resté enfermé aussi longtemps que moi par le simple désir des hommes.

Son ton était froid, las, résigné. Il me faisait presque penser à moi. Enfermé, lui aussi ? Je repassai les paroles du jeune homme, cherchant à remettre mon esprit loin de mes souvenirs et pensées sombres dans lesquelles il se plaisait de naviguer.

Ainsi lui aussi avait été enfermé ? C’était peut-être pareil dans un sens, mais différent dans l’autre. Une maladie mentale ne fait de mal à personne. Il y a des gens qui veulent t’aider, en principe. Ils y a des gens qui veulent que tu guérisses pour que tu vives mieux. En principe. Revenait-il à comparer nos peines ? Il trouvait ça amusant de jouer à « qui sera le plus triste et privé de vie de nous deux » ? Comment pouvait-il trouver ça marrant ? C’était n’importe quoi.

Mais ça, ce n’est pas Jered qui le pense.

Ainsi je me laissai de nouveau guider par ce masque imparfait. Un sourire fendit mon visage, un sourire fou, dérangé. Un sourire qui ne pouvait montrer que la folie qui avait coulé de mon esprit, rendu fou par l’enfermement, par la faim et la pensée qui me tiraillait chaque jour dans ma cellule. Se savoir impuissant, inutile, réduit à faire l’animal de compagnie, à obéir comme un être dénué de tout sentiment. Une folie qui s’était développée dans la rue, dans la misère, dans la solitude. Voila ce qu’était Jered.

Je me relevai lentement, délaissant l’ors en blanc et noir pour me tourner vers le jeune homme qui pensait que j’allais réagir. Mais je n’ai pas réagi, c’était Jered qui avait pris les devants, une fois de plus. Je croisai les bras. Je le dévisageai. Il voulait savoir ce que j’avais vécu, ce que ma vie avait enduré. J’avais envie de le frapper. Et c’était ce que j’avais fait.

D’un bond, j’étais près de lui. Et mon poing serré à l’extrême s’était envolé vers son visage. L’impact avait été violent. Je me redressai. Jered l’avait frappé. Pourquoi ? Non.

Ce ne sont pas des choses futiles, on ne parle pas de nos fardeaux avec si peu de respect.

-C’pas la durée qui compte, c’est l’traitement. Oui j’ai été enfermé. Oui, j’suis comme ça, à cause d’ça. Mais toi, t’pas l’air d’avoir guéris.

Tu ne sais même pas ce que j’ai enduré, tu penses savoir, mais tu ne sais rien.

-Tu t’berces d’illusions. T’es loin d’être guéris. Un être fou, une anomalie, voilà c’que t’es.

Voilà ce que nous sommes.

Je fis craquer mes doigts. Le coup n’avait rien de mortel. C’était juste une bonne droite, pour lui faire ravaler ses paroles. Pour lui faire ouvrir les yeux sur ce qu’il était. Pour rigoler. C’était les raisons de Jered. Le faire ployer, le rabaisser, ouvrir les blessures. La torture psychologique. C’était ce que bien de gens faisaient constamment. C’était ce que j’avais subi, vécu, et ce que Jered s’amusait à refaire. Essayait tout du moins. Ce mur froide et fatigué qu’il essayait d’ébranler n’allait pas se laisser faire, il ne céderait pas simplement à de la simple provocation.

Vivre pour se battre, se battre pour vivre.
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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Sam 2 Nov - 3:49
J’essuyai la fine coulée de sang qui s’échappait de ma bouche d’un geste machinal du coude. Il n’avait pas ménagé son poing, celui-là. Le coup m’avait arraché un gémissement ; cela faisait un moment que je n’avais pas pris une gifle pour me remettre les idées en place. A sa manière, il l’avait fait… et bien fait. Ah, le gouffre qu’était la bêtise de l’homme n’avait décidément pas de fond… Pourquoi seule une claque pouvait bien m’aider à prendre du recul sur les paroles que je prononçais spontanément sans seulement y réfléchir cinq petites secondes ? Je devais m’estimer heureuse qu’il ne m’ait pas déboîté la mâchoire, car à en croire la force avec laquelle ses phalanges avaient percuté ma joue, avec une intention plus brutale et une réflexion qui n’avait de toute évidence pas encore eut lieu, j’aurais pu craindre bien plus qu’un simple saignement. Juste un signe de mon corps pour me prévenir qu’un second coup comme celui-ci et je le regretterais plus amèrement. Juste un avertissement. Mais étais-je déterminée à arrêter ? La bonne foi trouverait-elle refuge dans un corps qui avait renié la droiture de tout son être et qui n’abritait qu’une âme aux pratiques malhonnêtes ? Non. De toute évidence, non.
 
 
J’étais un fou, un instable, un dérangé ? Une folle, une instable, une dérangée, ça, peut-être ; mais je m’en contrefichais sincèrement et même un seul petit coin de mon être ne pouvait être résolu à renvoyer la violence qu’on m’avait affligée avec un manque flagrant de respect. Ah, ces mots m’auraient bien blessée si j’étais seulement encore une jeune femme comme les autres. Mais je n’étais plus… plus qu’un monstre dont on a vanté les mérites et qui se retrouvait comme seul fruit de sa gloire enfermé dans une cage. Ah, quelle imbécile je faisais. A quoi cela me menait-il ? A ce que je fusse retrouvée dans quelques jours la gorge transpercée par une épée que j’avais de toute évidence cherchée ? Non, je m’enfonçais dans ce marécage qu’était la stupidité qui me parcourait dans un élan flagrant d’insouciance. J’avais un but à accomplir… une destinée triste mais toute tracée. J’avais un honneur perdu à retrouver, un flambeau dont je devais empêcher l’extinction tout en usant de sa flamme pour allumer ce qui ferait sa gloire plus tard.
 
 
Rah, sinon, c’était bête de  gâcher une si belle journée. C’était en m’asseyant par terre en penchant la tête à en avoir mal à la nuque pour regarder le magnifique océan de bleu que nous offrait le ciel que l’on se rendait compte qu’on perdait du temps à se faire des ennemis alors qu’une ambiance mélancolique vous envahi sans que vous ne puissiez lutter contre cela. Boah, pitoyable, je n’irais pas jusque-là… Un peu imbécile sur ce coup, peut-être, mais pas plus, ça non. Il y avait peut-être une occasion de relancer la conversation, c’était tout ce qu’il me restait. Ma capacité de passer d’une émotion à l’autre n’était plus à prouver, depuis.
 

« On peut recommencer du début si tu veux. Je pense que je manque de sommeil. Sinon, tu fous quoi par ici ? Personnellement, je dois avouer que l’ennui commence sérieusement à me peser », avançai-je à celui que j’hésitais à encore considérer comme un inconnu. 
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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Mar 12 Nov - 4:25
Du sang, l’odeur du sang, la vue du sang, le gout du sang qui venait à mes papilles. Je lui avais bien fait mal. Mes articulations en avaient craqué quand j’avais rouvert la main. Mes pauvres articulations malmenées par des combats incessants, par leur traitement assez sévère. Mon sourire s’élargit, fier de la douleur que moi je ne connaissais pas, que j’infligeais aux autres autour de moi.

Le Jered est fier, pas moi.

J’avais prouvé ma supériorité. Prouvé que je pouvais le tuer en un coup de l’épée qui pendait à mon dos. Il avait compris que m’insulter n’était absolument pas la bonne solution, tout comme se croire supérieur à moi. Il avait tort. On ne pouvait me battre sur ce domaine-là. Enfin, presque personne. Même pas en fait. Mon incapacité à voir le danger, à sentir la douleur et à connaitre ma limite m’avait déjà plusieurs fois sauvé la vie. Au prix de quelques jours d’agonie jusqu’à que je guérisse presque totalement. Les nombreuses cicatrices, pas des plus jolies, prouvaient mon aptitude pitoyable concernant la médecine.

Si elle était si pitoyable, on ne serait déjà plus là, hein.

J’avais envie de le frapper plus encore, de bien lui faire ravaler ses paroles avec ses dents. Et puis, ça m’aurait défoulé un peu. J’en avais besoin, après toute cette marche des plus ennuyantes dans cette chaleur étouffante. Je n’aimais pas Jade, c’était une ville trop chaude, trop calme. Avec des gens trop gentils et pas assez de criminalité à mon gout.

Alors pourquoi j’y allais ? Parce que mon chemin m’y avait conduit. Parce que les autres villes ne me connaissaient que trop bien pour espérer en tirer encore beaucoup beaucoup de nourriture. Bien sûr voler était quand même très facile, mais j’étais connu des marchands et le simple fait de me voir déclenchait bien souvent l’arrivée des gardes. Et combattre pour une miche de pain, c’était un peu trop, et chiant.

Mes yeux cyan suivirent le gamin s’asseoir sur le sol de terre. Qu’est-ce qu’il faisait à la fin ? Il abandonnait et se mettait en infériorité volontairement ? Un truc comme ça ? Je ne le comprenais pas. Il agissait vraiment comme si il avait deux personnalités et que ma droite lui avait faire  switcher. Je suivis son regard monter vers le ciel trop bleu et lumineux. Je les plissai, mes pupilles se rétractèrent avec le soleil trop chaud pour ne devenir que de fines fentes noires dans l’immensité bleu cyan.

-On peut recommencer du début si tu veux. Je pense que je manque de sommeil. Sinon, tu fous quoi par ici ? Personnellement, je dois avouer que l’ennui commence sérieusement à me peser.

Allons bon, changement total. Le gamin voulait tout recommencer ? C’était quoi son raisonnement ? La peur sans doute. Il savait qu’il ne fallait pas me chercher, que j’avais le sang chaud et que très souvent il ne faisait qu’un tour avant que je n’agisse. Les gens je vous jure. La peur les fait vite changer d’avis.

Ce n’est pas pour ça que j’ai choisi cette voie ?

Mon sourire se fait un rien moqueur. Il voulait sympathiser à présent. Qu’allais-je faire ? Ou plutôt, qu’allait faire le Jered ? Le frapper ? L’ignorer ? Non, enfin j’avais trouvé une personne, j’allais au moins rester un peu, histoire de sociabiliser, ou de le frapper. Je ne savais pas trop. Remarque, il n’y avait rien d’amusant à me battre avec un être faible ; c’était comme frapper un cadavre, ça ne servait à rien. Je soupirai intérieurement. Il fallait que je me décidai à répondre. Et ce fut d’un ton d’un mélange d’amusement, de moquerie, de méprise un peu aussi, que je lui répondis :

-J’fais rien ici, j’allais à Jade, c’tout. Et tous les trajets hors ville sont chiants, surtout quand i’fait chaud c’mme ça.

Simple réponse, dans la neutralité. Je n’avais pas trop eu l’occasion d’être méchant, donc à part le ton, je n’avais rien dit. Je fourrai les mains dans mes poches, restant debout néanmoins. Je redescendis le regard vers lui, mes pupilles toujours rétractées. Mon sourire s’était amoindris, mais était toujours présent.

J’ai un minimum à tenir pour garder mon rôle…
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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Ven 27 Déc - 5:33
« Huum… Intéressant. Je me doute que tu t’en fiches et que tu l’as peut-être deviné, mais moi, je cherche un démon. »
 
Ma voix se faisait droite, froide, remplie d’une certaine dignité qui en réalité guidait mes pas… et aussi malgré moi un peu de cet agacement abandonné pour cause de stupidité de ma part. J’avais évité son regard pour laisser le mien se perdre dans une chose toute aussi bleue, les tréfonds du turquoise intense du ciel. J’avais envie de parler, de me confier ; mais à lui ? Je ne savais pas, à vrai dire. Au premier venu, probablement. Et faire de cet homme mon allié, je l’avais oublié. Le mettre en confiance, lui prouver sa supériorité pour ensuite l’attaquer dans le dos. Pas de quoi me faire perdre mon honneur, juste… Atteindre mon but. Et me soulager par la même occasion s’il se prenait, sait-on jamais, au jeu.
 
Relancer la conversation, vite. Ne pas le brusquer, lui montrer que tu es comme lui. Ne pas insister et raconter sans forcément attendre que l’on te raconte. Ne pas faire changer ton tempérament du tout au tout et le laisser s’habituer à ta manière d’agir, à… à toi.
 
 « J’ai à la fois envie et pas envie de te raconter mon histoire, mais je pense qu’en fait… Je ne le ferai pas », avais-je finalement soufflé. « Après tout, tu sais très bien toi-même que les choses ne sont pas toujours faciles à dire, Jered. Cela dit, je conserve ce désir de t’avoir pour compagnon de route, que tu veuilles de l’argent ou non. »
 
« Commence doucement, Monsieur, sinon, tu n’y arriveras pas ! »
 
Je sais ce que je fais, être stupide. 
 
Assise à nouveau, je gribouillais le sol à l’aide de mon bâton de bois, laissant mes doigts glisser le long des runes anciennes avec légèreté. Des formes géométriques ? Non, juste un de mes psaumes qui nécessitait une base plus solide que les autres. Tournée vers les pierrailles, un rictus s’était formé sur mon visage, invisible pour l’épéiste. Je murmurai ce discours, qui s’écoulait comme la goutte de sueur sur mon front : sans aucune difficulté tant c’était naturel. Je l’avais appris par cœur. Ça me servirait bien à un moment ou à un autre : la localisation à distance, c’est pratique.
 
Ces formules répétées encore et encore… Je savais qui j’étais, maintenant ; je ne renoncerais pas à mon devoir ni à mon caractère, même si j’étais une véritable tête de mule. Commencer par le début, je voulais ? D’accord, faisons-le entièrement, alors !
 
« Je devrais mieux me présenter, si je compte attendre quelque chose de toi. Je dois avoir un peu plus d’une vingtaine d’année aujourd’hui et tu pourrais m’appeler « Mademoiselle Amestrys », si tu n’aimes pas « Gabriëll », mais je suppose que tu ne le feras pas », ajoutai-je en riant à peu près amicalement.
 
Je marquai une courte pause et fit redescendre mon sourire pour relever la tête et regarder l’autre dans les yeux, toujours accroupie sur les caillasses. Un regard sombre et imposant tant qu’il pouvait l’être pour le corps dans lequel j’étais. Ah, c’était à se demander qui m’avait choisi pour combattre un démon celui d’une jeune femme faible, la seule force possédée venant de ses entrainements longs et douloureux à répétition. J’avais tant souffert pour ça, ce n’était pas pour me faire ridiculiser ; j’avais des choses à prouver sur cette terre. Un jour, Midgard me reconnaîtrait comme ce que je valais. N’étais-je pas aussi un peu avide de gloire, au fond de moi, après tout ? Ce n’était plus seulement un honneur à récupérer, c’était une fierté que je voulais me forger. J’étais ce que j’étais, maudite ou non. Après tout, c’était un travail que l’on préfèrerait laisser aux autres. Moi, je n’en avais pas peur ; je l’assumais, voilà.
 
« Je suis exorciste. »
 
« Je sais que tu n’espères peut-être pas sa peur, mais au moins, tu sais que cela fait toujours frémir, n’importe qui se trouvant face à toi. Lui ? Qui sait, sa face ne peut pas encore le dire, pourtant, tu sais bien que je ferais tout pour savoir. Hihi, j’ai hâte de voir la suite, Gaby ! »
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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Mer 29 Jan - 5:14
-Huum… Intéressant. Je me doute que tu t’en fiches et que tu l’as peut-être deviné, mais moi, je cherche un démon.

Ha, un démon. N’en étais-je pas moi-même un ? Sanguinaire, puissant, sans cœur apparent. Il était normal qu’elle m’ait pris pour uns des leurs. Si seulement j’avais la possibilité, un jour, de devenir une de ces bêtes surpuissantes et immortelles, je n’hésiterais jamais. J’aurais l’éternité pour me trouver. J’aurais l’éternité pour trouver enfin ce que je désire. J’aurais l’éternité pour enfin retrouver mon passé. Au final, c’était tout ce que je désirais. Mais comment se focaliser sur une chose si importante, avec si peu de chance de réussite si on est attaché par des personnes qui pourraient nous en empêcher ?

Sa voix m’irritait. Mais j’étais encore relativement apte à me contrôler. Je lui avais fait une fleur, je n’allais pas lui gâcher si vite. La bonté, pour une fois, pouvait m’être utile, à moi.

-J’ai à la fois envie et pas envie de te raconter mon histoire, mais je pense qu’en fait… Je ne le ferai pas. Après tout, tu sais très bien toi-même que les choses ne sont pas toujours faciles à dire, Jered. Cela dit, je conserve ce désir de t’avoir pour compagnon de route, que tu veuilles de l’argent ou non.  

Il ne croyait pas si bien dire. Mon histoire n’était rien. Que des fragments de moi-même. Mon histoire, je la cherchais toujours. Et à ce moment-là, je doutais fort que cette personne puisse m’y aider. Compagnon de route ? Moi ? Il n’avait pas les yeux en face des trous. Je n’étais pas fait pour les groupes. Pas fait pour la coopération. Rien de tout cela ne m’intéressait. Que voulait-i faire de moi ? Un guerrier qui pourrait tuer tous les obstacles sans qu’il n’ait, lui, à lever le petit doigt ? Je ne suis pas un esclave. Je n’en serais plus jamais un. Mon poing se serra.

-Je devrais mieux me présenter, si je compte attendre quelque chose de toi. Je dois avoir un peu plus d’une vingtaine d’année aujourd’hui et tu pourrais m’appeler « Mademoiselle Amestrys », si tu n’aimes pas « Gabriëll », mais je suppose que tu ne le feras pas.

Un rire irritant me dressa l’échine. Je passai l’énonciation du « Mademoiselle », il avait le droit de se rendre pour une fille, ce n’était pas mon problème au final. Je trouvai juste cela ridicule. Tout comme le fait d’attendre quelque chose du tueur que j’étais. Qu’est-ce que je pourrais y gagner moi, j’aurais bien voulu le savoir. D’autant plus, que je ne demandais rien, sauf des choses sur moi-même. Ce n’était pas lui qui risquait de me le donner. Un bref coup d’œil vers lui me suffit à prendre une décision. Je n’avais pas à l’aider de quelques manières que ce soit. Je devais rester seul, ne pas laisser des liens.

Devenir moi-même…

Son aptitude au mensonge en était presque amusante. C’était qu’il se débrouillait bien au final. Plus de vingt années, c’était tout bonnement impossible. Je pouvais envisager le vingt, mais le reste, bien sûr que non. Il me semblait avoir entre trente et vingt, mais je n’en étais plus vraiment sûr, le décompte n’avait jamais été facile. D’autant plus que je ne savais pas vraiment compter. J’écoutais depuis longtemps les conversations, j’assimilais les âges aux personnes, et je retenais. Mes estimations étaient certes approximatives, mais elles pouvaient tenir la route. C’était ainsi pour moi impossible que ce Gabriëll.

Celui-ci capta mon regard et ne le lâcha plus. Qu’est-ce qu’il me voulait ? Prouver sa force ? Sa présence par son seul regard désaccordé ? Je n’étais pas de ce genre. Nombreux avaient été les combattants au regard aussi glacial que le vent, au regard aussi noir que les ténèbres. Au regard aussi meurtri que l’avait été leurs vies. Depuis longtemps les regards ne représentaient plus aucune menace pour moi. J’avais déjà pu voir un jeune voleur au regard aussi déterminé que le plus grand des soldats de la ville. Et pourtant, il aurait été si facile de lui briser les os.

-Je suis exorciste.

Je n’eus aucune réaction. Enfin, si, je clignai des yeux. Et pourquoi donc ? Parce que je ne savais tout simplement absolument pas ce que ce mot voulait dire. Il était exorciste, soit. Je ne pouvais pas voir ce que ça changeait. C’était peut-être important, qui sait. Dans mon regard, aucune perplexité ne put se lire. J’étais trop doué pour dissimuler mes émotions pour que le simple étonnement de me trahît. Cherchait-il à m’impressionner ? Je ne pouvais pas le dire. Je n’en avais pas grand-chose à faire. J’avais juste envie de lui rabattre le clapet. Il parlait trop, ça, c’était certain. Et je comptais, évidement, y remédier. Et d’une manière ou d’une autre, je n’en avais cure. Le premier moyen qui me vint à l’esprit fut, sans surprise, le côté violent. Quoi d’autre, venant de ma part ?

J’enfonçai mes orteils dans le sol pour prendre appui. D’une impulsion inhumaine, je fondis sur lui dans l’espoir de lui prendre la gorge pour le soulever du sol. J’étais bien trop rapide pour un humain, et pour cause, ma magie s’était manifestée pour me pousser brutalement au niveau des pieds. Une impulsion augmentée, qui me donnait l’avantage de la surprise. Dans mon saut, je ne pus m’empêcher, dans un grognement de rage, de m’exclamer :

-T’parles trop gamin.

Je fondai sur lui à une vitesse ahurissante. Mes doigts s’enfoncèrent dans sa gorge, puissamment. Comme une étreinte lente et progressive. Un étau inexorable vers la suffocation. Je n’avais pas l’intention de le tuer. Je voulais juste qu’il cesse, qui cesse de parler. De raconter des inepties. De me taper sur les nerfs. Ma tête tourna quelque peu. L’onde de choc m’avait un peu affaibli. Et ma concentration se relâcha pendant quelques secondes. Je comptai sur son étonnement pour qu’il ne saisît pas cette opportunité, qui, il fallait bien l’avouer, m’avait value bien des blessures.

C'est pourquoi tu te résous à utiliser toujours cette même technique...
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MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Sam 5 Avr - 6:31
« T’parles trop gamin. »

La douleur envahit ses muscles et le temps sembla s’arrêter. Gabriëll se vit tomber au ralentit, ses cheveux s’ébouriffer avec la chute. Mais elle ne s’écroula pas au sol. Son adversaire, lui, semblait fort déstabilisé d’un coup, par cette manœuvre plutôt étrange. Elle aurait pu, voulu en profiter. Elle aurait voulu le clouer au sol et lui montrer que ce n’était pas qu’un jeu. Et elle le vit bien, cet instant parfait. Elle gifla la joue de l’épéiste et saisit à son tour le visage du jeune homme. Elle tenait son menton avec sa main douce, sa main de femme. La jeune exorciste fixa son regard azur avec des yeux grands ouverts. Elle gardait un sourire malsain sur le visage. Après quelques secondes, pour qu’il comprenne que ça ne se faisait pas, elle murmura, assez fort pour qu’il l’entende.
 
« J’avais demandé… la paix… Épéiste du dimanche… »
 
Elle le relâcha, bien sûre qu’il l’avait écoutée. Ses mots étaient faibles, sa voix passait difficilement au travers de sa gorge. Elle se frotta le cou, douloureux d’une raison plutôt compréhensible, il fallait l’avouer. Là, elle insistait pour parler, pas pour se battre. Ils n’étaient plus des enfants, et encore bien. Ils avaient chacun un passé derrière eux, et l’androgyne aurait souhaité peut-être qu’il partage sa route dans un futur.
 
« Maintenant, parlons sérieusement… », continua-t-elle. « Tu ne veux vraiment pas m’accompagner… Avant de te rendre à Jade… ? »
 
Sa voix était faussement suppliante. Elle avait juste envie d’une petite compagnie, d’une petite rivalité. Il avait beau être très stupide et inculte, il était combatif et facilement agacé. Elle gagnerait contre lui, de toute façon, si elle récitait ses psaumes en même temps. Elle était juste un peu paresseuse, sur le coup. Et puis, le clouer au sol ne marcherait pas très bien, niveau durabilité.
 
Et elle ne voulait plus partir seule. Elle voulait quelqu’un qui remplace Alois, au moins un moment. Elle ignorait déjà le gamin, mais elle voulait quelqu’un qui puisse remplacer ses paroles définitivement par les siennes. L’exorciste afficha un faciès ironique.
 
« C’est pas désespéré, quand même ? T’aurais pas pitié d’une pauvre petite chasseuse de démon, si désespérée qu’elle a besoin de se faire taper sur la tronche pour se rendre compte des choses… ? »
 
Elle lui effleura le torse.
 
« Tu veux quoi, en échange ? Avoue à la petite Gabriëll, s’il te plait », continua-t-elle, d’un air grave.

Spoiler:
 
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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

MessageSujet: Re: Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll] Jeu 2 Juil - 22:49

Un démon ! Ou pas

AVEC — Gabriëll Amestrys



Sa main était arrivée sur mon champ de vision comme un aigle fondant sur sa proie. Putain, il l’avait prise, cette opportunité, et putain, il l’avait bien prise, en plus de ça. La gifle raisonna, puissante, comme un revirement de la situation, installant un cours silence qui marquait que lui aussi, il pouvait en mettre des claques. Personnellement, cela ne me changeait rien. Bien que je pouvais sentir cette joue chauffer, et sans doute devenir un peu rouge, aucune douleur ne se manifesta, comme d’habitude, comme à chaque fois.
Cela me fatiguait, en fait. Ne rien sentir de mal, ne pas pouvoir regretter mes gestes, ne pas savoir quand fuir, quand abandonner. Avantage, auraient dis certains, je le sais. Mais en fait, non. Ce n’était pas un avantage, pas vraiment. A la longue, cela gâchait toute l’intensité d’un combat, l’adrénaline n’arrivait jamais à me donner un second souffle, à continuer même quand la tête me tournait. Je ne pouvais pas sentir la douleur fuser dans chaque parcelle de peau, me hurler d’abandonner, me prévenir d’une mort certaine. Non, je devais attendre, combattre comme toujours, m’amuser avec mes adversaires, jusqu’à la fin, un combat plat, sans que mon coeur ne s’accélère brusquement, sans que je ne puisse grogner sous la souffrance, comme le faisaient les futurs cadavres en face de moi.

Des doigts agrippèrent soudainement mon visage alors que je n’avais absolument pas réagis à l’attaque directe, vu qu’elle ne m’avait fait globalement rien ressentir.
Ahah, quelle poigne de femmelette. Franchement, et ça se disait homme ! Quelle honte pour tous les hommes sur Midgard. Cette main, sérieusement, c’était une main de femme, non ? Allez, je souris largement, moqueur. Voilà, ça, c’était fait, toujours un peu de rabaissement pour se sentir supérieur même en position de presque faiblesse se révélait une bonne technique pour déstabiliser l’adversaire. Même si cet adversaire ne pouvait pas être appelé comme ça, pour avoir ce titre, il fallait un minimum que cette personne pût tenir plus de deux minutes contre moi. Or, je doutais que ce fut le cas. Pourquoi ? Parce que cela se voyait. Frêle, un mec qui ressemblait à une femme, franchement, je refuse. Encore, il aurait été une femme, très bien, je ne l’aurais pas frappée, c’était un point d’honneur chez moi. Mais là, non. Un homme qui se déguisait en femme, voilà ce qu’il se passait. « J’avais demandé… la paix… Épéiste du dimanche… »  Il me cherchait, en plus, l’exorciste amateur. C’était pas comme si je pouvais lui casser le coude là, maintenant, si je le voulais. C’était bien beau de tenir un visage, mais j’avais encore l'entièreté de mon corps à disposition pour le mettre au tapis comme un vulgaire débutant. Et sans même me fatiguer. Sa voix s’atténuait au fur et à mesure, pour devenir quelque chose de faible et de très peu convainquant. Même un gosse ne l’aurait pas écoutée. Mais bon, j’allais un peu l’écouter, cette fois-ci, oui, je pouvais me révéler curieux, parfois. Surtout pour un homme aussi … nul ? Enfin, je me comprenais. Je croisai les bras, mon sourire se perdit rapidement afin de reprendre un air supérieur, le menton haut, dans une position imposante. Il n’avait plus qu’à continuer, le gamin. « Maintenant, parlons sérieusement… Tu ne veux vraiment pas m’accompagner… Avant de te rendre à Jade… ? » Je me retins de rire. Parler sérieusement, ça ? Pas vraiment, non. Je soufflai un rire du nez, sans rien ajouter de plus, je me contentais de montrer mon amusement pour l’instant. Il n’avait pas fini de parler, après tout. « C’est pas désespéré, quand même ? T’aurais pas pitié d’une pauvre petite chasseuse de démon, si désespérée qu’elle a besoin de se faire taper sur la tronche pour se rendre compte des choses… ? » Petite chasseuse… Petite ? Chasseuse ? Il se prenait encore pour une fille ? Ça commençait à partir loin, là.
Non non non, je refusais d’avouer qu’il s’agissait d’une femme. Impossible, je ne me trompais jamais. Je plissai les yeux malgré moi. Une femme ? Non, non. Je rêvais, il tentait simplement de m’amadouer, de me tromper pour que mon attention diminuât.

Je sentis quelque chose effleurer ma peau, au niveau de mon torse. Je réprimai difficilement l’envie de reculer. Je n’aimais pas le contact, pas ce genre de contact de séduction stupide. Non mais, de séduction ? Mais c’était un homme ! Rah et puis merde à la fin ! Je ne savais pas, en fait. Point. « Tu veux quoi, en échange ? Avoue à la petite Gabriëll, s’il te plait » Et là, ça devenait carrément dégueulasse. Enfin, pas que les choses dégueulasses m’énervaient où me dégoûtait loin de là, mais pourquoi faire soudainement du charme à un mec qui était violent et qui en plus, ressemblait à un monstre qui avait pris forme humaine, enfin, pas tout à fait ? Je secouai la tête et ma main vint chasser la sienne d’un geste brusque. Petite, encore. Petite ! Je n’y comprenais rien. Ou je ne voulais pas comprendre. C’était peut-être bien une fille, en fin de compte.
J’allais m’en vouloir de demander. Je savais que c’était une mauvaise idée. Je me saisis de son poignet. Une main de femme, sans aucune doute. Ou très très efféminée. Mon regard pastel se leva vers le visage de Gabriëll, je ne montrais aucune émotion ; je savais me contrôler, depuis le temps. J’allais le regretter. « Dis moi, t’une femme, en fait, hein. Ou tu t’fous d’ma gueule en parlant comme une fille ? » Quelle finesse Jered, bravo. En même temps, c’était ce que je désirais. Et je ne savais pas parler autrement. Soit ! Voilà que j’avais posé une question à la con, de manière tout à faire sérieuse, et même avec un ton plutôt sec. J’allais avoir l’air de quoi moi ?
J’suis trop con.





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Un démon! ... Ou pas [pv Gabriëll]

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