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Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys]

MessageSujet: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Dim 23 Juin - 22:59
  • La forêt silencieuse ...

    La forêt silencieuse d’Alcombord … Qu’en dire ? Tout d’abord, c’est un endroit très … Silencieux. Oui, je ne me moque de personne, il n’y a d’autres mots pour décrire le calme absolu et gênant de ces bois. Un monde à part entière où le temps n’a d’effet que sur ceux qui sont assez puissants pour le braver, des Elfes des bois auraient adoré cet endroit, mais je n’étais pas un membre de cette espèce de sous-catégorie qui passe sa vie à batifoler au milieu des branchages. A l’exact opposé de la ville, cet endroit était désert, fini le marché où chaque jour se pressent gens de tous horizons pour dénicher de bonnes affaires, fini le port d’où le langage rude des marins rebondit sur les murs des maisons environnantes, créant une espèce de brouhaha que n’importe qui qualifierait de sympathique, n’importe qui à part moi, s’il en est qu’il existe d’autres personnes semblables à moi-même, j’aurais été heureux de les rencontrer, j’ai du mal avec l’existence des métropoles, qui sont des lieux où la nature n’est pas respectée, où l’homme a étendu sa main crasseuse et a élevé des bâtiments qu’il considère comme majestueux, qu’ils viennent à GreenArrow, où même chez les Nains de Tubalcain, et il pourront comprendre la vraie signification de ce mot.

    J’avais passé ma journée à me balader, sautant de toit en toit, je n’avais pas de raison particulière de me trouver dans cette ville en cette journée, si ce n’est la curiosité, l’envie d’enfin voir ce que certains qualifiaient de plateforme tournante du commerce de la Terre des Hommes. Ce n’était qu’un ramassis de briques et de moellons, encrassés et usés par les années. J’éprouvais tout de même une légère admiration pour les bateaux, je n’en avais encore jamais vu de si près et je devais admettre qu’ils étaient augustes à leur manière. J’avais fait le tour de tout ce qui était recommandé de voir et avait rencontré des gens intéressants, ainsi que des espèces de loques sans personnalité, mais on ne peut faire un monde sans eux me direz-vous. Après ce jour que j’avais occupé du mieux que je pouvais, j’avais décidé de me rendre ici, au sein des frondaisons de cette forêt, célèbre pour les monstres qu’elle protège. Je pouvais dire que je n’avais pas été déçu, jusqu’à présent j’avais eu la chance d’observer un cerf albinos géant, je n’avais pas le courage nécessaire pour abattre cette bête, qui dégageait une aura de grande puissance.

    Dans l’état actuel des choses, je traquais une forme humanoïde de petite taille et qui courrait fichtrement vite, j’avais beau sprinter et faire des bonds de branche en branche, je n’arrivais pas à rattraper ma proie, qui n’avait aucune raison de l’être si ce n’est la violence gratuite. J’espérais tomber sur un gobelin, ou un orc, et le faire souffrir de la pire façon qu’il existe, l’entaillant d’un couteau tout en évitant de lui faire perdre trop de sang. A cette idée je frissonnai, je n’avais plus tué depuis longtemps et l’odeur du fluide rouge me manquait … Ou alors il s’agissait du sentiment de toute puissance … De toute façon, j’avais besoin de massacrer quelqu’un ou quelque chose. Il n’empêche que si j’eus en face de ma personne un bambin, je n’aurais certainement pas réussi à lui ouvrir la gorge, de vieux souvenirs enfouis me dictant de ne pas agresser ceux qui sont sans défense, à l’exception des tyrans séniles.

    Elle ralentit … Sa vitesse était moindre à présent, elle pensait qu’elle était saine et sauve, qu’elle m’avait distancé, elle n’avait pas réfléchi … Un chasseur ne se laisse jamais dévier de son but, ou alors il n’est pas chasseur mais un petit prétentieux indolent sachant se servir plus ou moins bien d’un arc. J’accélérai une dernière fois, m’élançant avec toute la puissance qui était enfouie en moi, je m’agrippais aux arbres, les lames de mes bottes se fixant sans peine dans l’écorce intemporelle de cette forêt, ma proie était proche, je pouvais entendre sa respiration haletante, l’heure de s’amuser était venue. Je me recroquevillai sur le branchage d’un noyer, sans crier gare, je détendis mes muscles, attrapai ma lame et la tirai hors de son fourreau, m’élançai droit sur l’objet de mes convoitises.

    Malgré mon envie irréfrénable de tuer, une fois au sol, je rangeai mon épée, me renfrognant, j’avais vraiment envie de décapiter quelqu’un. Je regardai celui que je poursuivais auparavant, jaugeant sa personne de mon regard, un bâton, un rosaire … Étrange personne que voilà, néanmoins elle n’était que trop jeune pour que je lui fasse le cadeau d’une mort violente et très, très, lente.


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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Mer 26 Juin - 7:00
Je courais, comme je ne l’avais fait depuis les plus intensifs entraînements du vieux. Une bonne année ou deux, cela devait donc faire, bien que je n’eus pris le temps de compter les jours les uns après les autres. Les troncs servaient d’appui à mes bras pour former des angles nets dans ma course à chaque arbre croisé sur ma route. La force en moi diminuait petit à petit au fil de mes pas pressés, mais je voulais lutter aussi longtemps que je le pouvais. Mon endurance était au rendez-vous, mais elle restait une chose assez peu exploitée chez moi. Il était assez rare que choisisse la fuite. Je voulais vivre, j’avais un but à accomplir et j’étais prête à tout pour le réaliser. Je n’avais agi ici que par pulsion, encore une fois.
 
« Pourquoi tu cours ? »
 
Je me devais d’économiser mon énergie. Ma respiration se faisait déjà bien assez haletante que pour lui accorder ne serait-ce qu’un peu de mon souffle. Il ne suivait pas mes traces, il n’essayait pas d’accélérer son allure, ce fainéant. Il ne marchait même pas, de toute manière. Je croisais ses yeux azurs à chaque fois que, planté comme un piquet, il disparaissant de mon champ de vision quand je l’eus dépassé pour réapparaitre quelques mètres plus loin. De toute façon, s’il eut même décidé de se mettre à utiliser ses jambes, ça n’aurait rien changé à cet instant pour moi. Il fallait que je lui cloue le bec, que j’aie le dernier mot, avant de pouvoir accepter à sa juste valeur le silence de cet endroit.
 
« Et toi, pourquoi tu ne cours pas, hein ? »
 
Ce silence, il n’avait eu le temps de naître dans mes pensées qu’il était destiné à étouffer dans l’œuf. J’avais à peine pu l’imaginer envahir peu à peu tout ce qui m’entourait et cet endroit en général. Pourtant, d’après le nom de cette étrange forêt, c’était un peu le minimum que j’aurais pu en attendre. Oui, l’ambiance était un peu atypique, mais elle ne pouvait être ne serait-ce qu’un peu pesante pour moi alors que je me trainais inévitablement ce boulet au pied. Dorénavant, seuls les bruits de mes chaussures piétinants les fougères et de la chose qui se trouvait derrière moi étaient l’objet de mon attention. Je sentais, entre mes mains de plus en plus moites, les runes de mon bâton glisser pour laisser place à d’autres. J’allais bientôt lâcher, je ne tiendrais plus le rythme… Mais cela servait-il encore à quelque chose… ?
 
« Mais il n’y a rien, Monsieur… Quand est-ce qu’on s’arrête ? Je veux jouer, moi… ! »
 
« Arrête un peu tes caprices, gamin, il y a quelque chose, j’en suis certaine… », avais-je murmuré en guise de réponse, à peine se voix aigüe stoppée dans le vide.
 
Qu’était-ce ? Et que ce prédateur sorti de nulle part me voulait-il, au juste ? Les questions dans mon esprit affluaient. Était-ce plutôt un fauve, qui de sa discrétion lors de sa chasse ne m’aurait fait comprendre mon pistage que trop tard, et qui sauterait ainsi de branches en branches ? Ou alors étais-je poursuivie par un oiseau au plumage verdâtre qui m’aurait pris pour cible, et dont les ailes auraient produit ce bruit qui me suivait dans les feuillages ? Ce bois épais n’était-il pas renommé pour les créatures extraordinaires qui peuplent sa flore, après tout ?
 
Ma vitesse était soudainement ralentie, mais je n’étais pas encore à l’arrêt. Je me sentais si ridicule. Comme si mon attitude à fuir ainsi allait changer quelque chose. J’étais décidée à voir ce pisteur bien mystérieux, mais plus aucun son autour de moi ne me laissait de preuves à quoi me retenir quant à sa position. Malgré que je veuille faire face, je ne savais si cela devait me témoigner d’un échappatoire ou d’une position prête à me bondir dessus qu’il aurait adoptée. Quelle abrutie j’avais été de m’aventurer ici, alors que je savais pourtant que les chances d’y trouver un quelconque démon étaient aussi élevées que celle de trouver un requin dans un lac… Je ne le sus qu’assez tôt…
 
Une personne des couleurs de la sylve vêtue, un masque d’acier gravé lui couvrant le visage, un poignard plus qu’aiguisé dans la main… Une espèce de chasseur vraiment comme tombé du ciel. J’aurais bien cru mon heure arrivée s’il ne s’était arrêté si soudainement dans sa lancée. Il rangea son arme dans son fourreau. Je ne pouvais espérer un geste plus coopératif de sa part. Bonne chose : j’avais enfin trouvé mon poursuivant.
 
« Je t’avais bien dit qu’il y avait quelque chose, ahuri… », avais-je lancé en fixant de haut Alois, d’un maigre rire dans ce silence brisé sans aucun remord. Je me raclai la gorge. Je devais éviter d’adresser la parole au garçonnet en présence des autres hommes, mais c’était bien plus fort que moi. 
« Hm, pardonnez-moi pour ceci… »

Je marquai une pause, de suite engloutie par un silence gêné. Je soutins le regard de l’inconnu… Ou plutôt, je fixai l’endroit où je supposais que soient ses yeux que je ne pouvais réellement apercevoir derrière son masque… Il n’était pas très agréable d’observer ainsi les trous que me laissait son second visage de métal en supposition, mais je ne pouvais faire autrement.

« Gabriëll, Gabriëll Amestris… On va dire… que ma personne est enchantée de faire votre connaissance… A qui ai-je l'honneur... ? »
 

Je lui tendis la main en haussant un sourcil, espérant au moins ne pas être laissée dans un grand moment de solitude. Etrange façon de faire connaissance qu’il avait eu.
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Ven 28 Juin - 21:36

    L’Humain se parlait à lui-même … J’étais tombé sur un demi-doux … Voilà bien ma veine ! A la place d’un orc un peu belliqueux que j’aurais pris plaisir à torturé, je me retrouvais avec un taré tout droit sorti de sa grange où ses parents l’avaient enfermé par peur qu’on ne l’empale sur des pics. Cette personne se rendit tout de même compte de discourir seule et s’excusa auprès de moi … Je revins sur mon premier jugement … L’habit ne fait pas le moine après tout. Elle planta ses yeux droit dans les miens et réussi à tenir son regard. Impressionnant, d’habitude on fuyait du mieux qu’on pouvait les deux trous obscures sensés être les portes de mon âmes, si tant est que j’en ai une. Cet Homme devait être doté d’un mental d’acier pour ne pas avoir peur de moi … Ou être doué d’une grande puissance ; cette race est désavantagée car elle croit toujours que détenir une forme de pouvoir la rend meilleure, ce n’est pas de posséder le pouvoir qui offre la suprématie, c’est de savoir le contrôler.

    J’avais un léger doute sur l’identité de mon interlocuteur, homme ou femme ? Rien ne me laissait la possibilité de savoir sur quel genre d’humain j’étais tombé. Pas de poitrine exubérante ou de barbe mal rasée … On aurait dit un enfant, mais de taille adulte. Un être androgyne … Amusant. Ce doute fut très vite balayé par une nouvelle phrase, qui, m’est avis, était empreinte d’une pointe de peur, ou de gène, au choix :

    Gabriëll, Gabriëll Amestris… On va dire… que ma personne est enchantée de faire votre connaissance… A qui ai-je l'honneur... ?

    C’était donc une demoiselle que j’avais en face de moi. Elle avait insisté sur l’accord de son participe, elle devait avoir une certaine habitude qu’on la prenne pour un homme, pauvre gamine, enfin, gamine, elle ressemblait plus à une jeune femme qu’à une enfant, mais je pense qu’après plus de cent-septante années de vie, j’ai le droit d’appeler tout le monde « gamin ». Elle me tendit une main, selon une des stupides traditions humaines, j’aurais dû réaliser ce qu’ils nomment un « baisemain », mais mon masque était quelque peu en travers de ma route … Je n’allais pas retirer cette protection, pas maintenant en tout cas, j’avais déjà rompu quelques fois mon vœu de ne jamais y toucher, je n’allais pas recommencer une fois de plus … Je laissai la pauvre, la main pendant dans le vide, dans un instant de solitude prolongé, finalement, je décidai de la saluer à la manière de tous les chasseurs que j’ai croisé jusqu’à aujourd’hui, je lui serrai la main et lui fit une accolade, ma main toujours serrée autour de la sienne. Je lâchai l’étreinte et lui dit :

    Aegan Feanör, pour vous servir. Vous ne devriez pas vous promener seule dans un bois à la triste réputation comme celui-ci, du moins pas sans un vrai équipement. Enchanté moi aussi de vous rencontrer.
    J’aurais très bien pu lui annoncer dans le mile qu’elle était, originellement, destinée à faire la nouvelle garniture d’un sac, mais je m’abstins, certaines choses ne doivent pas être dites … Une question me vint à l’esprit, je ne savais si je pouvais ou non la poser, elle trahissait légèrement mon ressenti vis-à-vis d’elle … Et cassait quelque peu ce que je m’accordais de prestige. Après tout …

    Une simple question et je vous laisserais repartir de là où vous venez, comment avez-vous fait pour … Pour soutenir mon regard ? Peu de gens y arrivent et vous vous y êtes parvenue, cela me trouble énormément …
    Ainsi scellais-je mon propre sort, si mon honneur m’interdisais de tuer un jeune humanoïde, il m’autorisait parfaitement à percer de flèches quiconque décidais de se dérober à ma vigilance sans mon autorisation …
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Sam 29 Juin - 5:59
Comme je m’y attendais un peu, l’inconnu ne me donna pas directement l’air de savoir que faire face à la main que je lui avais présentée par simple politesse, dans une pointe de monotonie. Cela me paraissait évident de me présenter ainsi aux personnes qui croisaient ma route, mais apparemment, face à une femme comme moi, il semblait hésitant face à la manière dont il aurait dû réagir. Je ne le demandais pas en mariage, quand même. Et je n’attendais pas non plus de sa part qu’il me fasse le traditionnel « baisemain » des aristocrates. Juste un petit signe qui me laissait supposer que je n’étais pas considérée en ennemi pour cet homme. Un petit geste qui me paraissait naturel au quotidien, même si je n’avais pas pu croiser énormément de gens durant la longue presque mise en quarantaine qui avait envahi mes années, il y a de cela encore à peine bientôt un an.
Sa main gantée saisit enfin la mienne, me laissant sentir contre ma peau le cuir qui les recouvrait. Face à la dureté de la matière qui l’habillait, j’avais du mal à m’imaginer ce qu’il aurait été de moi si je me vêtais chaque jour ainsi. Dans mes habits simples de piètre tissus sans aucune valeur, je me sentais à l’aise, mais je ne savais que m’aurait fait de porter au moins  une fois un attirail comme celui que j’avais en face de moi. Il me fit une accolade, me rendant un peu gênée face à la situation. Enfin, je ne lui en tins pas trop rigueur en attendant la suite.
 
« Aegan Feanör, pour vous servir. Vous ne devriez pas vous promener seule dans un bois à la triste réputation comme celui-ci, du moins pas sans un vrai équipement. Enchanté moi aussi de vous rencontrer », s’était-il présenté en guise de réponse, après un grand silence quelque peu embarrassant.
 
Il n’avait pas tort sur ce point, mais, contrairement aux apparences, je n’étais pas aussi faible. Mon bâton de bois était quand même bien plus efficace face à un ennemi, grâce à l’aide de mes psaumes, qu’il n’y paraissait aux premiers abords. Je supposais quand même que je ne ferais peut-être pas vraiment le poids face à lui et son poignard, même s’il me fut dur de penser qu’il n’eut que cette petite arme sur lui. C’était un chasseur, lui, pas un chevalier. Il devait cacher dans ses poches bien plus de choses que je n’aurais même pu en imaginer. Déjà la vue de son arc ne m’encourageait pas tant que ça. Du point de vue stratégique, il valait probablement mieux faire de lui un ami qu’un ennemi. Je soupirai. Il semblait quand même un peu éprouver de la pitié à mon égard… Une dernière interrogation  retentit soudain à mes oreilles, alors que je ne m’y attendais pas. Du moins… vraisemblablement pas à celle-là.
 
« Une simple question et je vous laisserais repartir de là où vous venez, comment avez-vous fait pour … Pour soutenir mon regard ? Peu de gens y arrivent et vous vous y êtes parvenue, cela me trouble énormément … »
 
Un sourire malicieux et un éclat vif dans mes yeux éclairèrent mon visage à l’entende de cette tant attendue question. Il me tardait de lui répondre. J’en trépignais, même.
 
« J’avoue ne pas vous connaître assez que pour vous craindre… même si je préfère encore rester sur mes gardes en ce qui vous concerne… Vous semblez plutôt disposé à me supprimer sans difficulté… », soufflai-je, dans un rire espiègle.
 
Je repris mon calme. Je devais un peu arrêter de faire des phrases dont les personnes extérieures ne pouvaient comprendre le sens. Je devais m’y faire : ils n’étaient pas tous dans ma tête comme le gamin. Je décidai de remettre un peu ça au clair en allant au bout de mon développement.
 
« Enfin, ce n’est pas bien compliqué, vous savez… On pourrait simplement dire que je n’ai pas hérité d’une très grande anxiété… Je n’ai pas peur de l’inconnu, voyez-vous ? », rajoutai-je enfin, cessant mes tergiversations inutiles.
 
Je marquai une pose, le laissant un peu cogiter ma phrase, puis profitai de l’occasion pour l’interpeler à nouveau.
 
« Hm, j’aimerais moi aussi vous poser une petite question, si je ne vous importune pas trop… Croyez-vous que ces lieux pourraient être objets à la présence d’un quelconque démon ? Ou alors, les créatures que j’ai déjà pu croiser en sont-elles les seuls habitants… ? »
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Ven 12 Juil - 5:25
    Son regard s’éclaira lorsque la question fut assimilée par sont esprit. Une première phrase fut prononcée, presque inaudible, mais j’en compris quelques bribes, entrecoupées par un rire, elle semblait être une personne assez spéciale, comme tourmentée, mais sans vraiment l’être, comme si quelque chose la dérangeait mais qu’elle avait appris à vivre avec … Elle dit enfin quelque chose d’intelligible.

    D’après ses dires, elle n’était pas quelqu’un d’anxieux, pour ma défense, j’aurais plutôt cru que j’avais en face de moi une tête de mule qui n’hésitait pas à foncer par delà le danger pour assouvir ses maigres ambitions sans fondement. De toute manière, je n’étais pas ici pour tenir conversation avec ma logique dans le but de déchiffrer le caractère de quelqu’un que je ne connaissais pas. Sa petite voix se fit à nouveau entendre, elle me posait elle aussi une question :

    Hm, j’aimerais moi aussi vous poser une petite question, si je ne vous importune pas trop… Croyez-vous que ces lieux pourraient être objets à la présence d’un quelconque démon ? Ou alors, les créatures que j’ai déjà pu croiser en sont-elles les seuls habitants… ?

    Un démon ? Un Seigneur des terres désolées ? Un des premiers fils des dieux, détenteur des puissances obscures ? Mais qui es-tu, gamine, pour chercher ces monstres ? As-tu quelque pouvoir venu d’Asgard pour maintenir la lutte avec le plus faible de ceux-ci ?
    Je m’étais emporté alors qu’elle n’avait fait que dénommer les innommables, par ces temps troublés il était rare que l’on prononce le nom de leur race, tant ils étaient craints et redoutés sur tout le continent et au-delà, je me ressaisis du mieux que je pouvais le faire, respirant bruyamment, son caverneux amplifié par mon masque, j’avais failli rompre le fin fil qu’était ma conscience et terrasser la demoiselle pour lui apprendre à user de termes comme ceux-ci. Moi aussi je traquais ces monstres, mais je n’avais en mon pouvoir que ma parole pour prévenir ceux qui le côtoyaient, aucune de mes flèches n’aurait pu percer leurs boucliers, magiques ou physiques, et j’aurais bien été incapable de survivre à la moindre attaque, j’étais un Elfe et un assassin, deux caractéristiques qui ne favorisent pas la force mais bien la ruse, qui est un atout dont je me sers régulièrement à des fins … A des fins personnelles. Je repris, calmé :

    Non il n’existe aucun démon connu qui vive en ces terres, ou j’en serais déjà alerté, je suis un Elfe, demoiselle intrépide, la forêt est mon amie … Et j’ai aussi d’autres … Aptitudes. Seuls des créatures vivent en ces lieux et ceux qui les dérangent ont souvent du mal à ressortir des bois. Mais je peux vous offrir une faveur, vous emmener où bon vous semble dans cette forêt et vous assister dans votre quête pendant cinq jours, après quoi je m’en irai. Bien entendu, cette faveur a un prix, que me proposez-vous ?

    Les marchés étaient quelque chose de délectable, mon offre semblait certes conséquente, perdre cinq jours de ma vie avec quelqu’un en risquant ma peau, mais j’étais originaire des forêts, le temps ne passait pas à la même vitesse pour moi, une année n’était qu’une goutte d’eau perdue dans un océan, et si je pouvais y gagner quelque chose d’intéressant, je n’allais tout de même pas rater cette occasion, fallait-il encore qu’elle accepte, j’avais tout de même cherché à la tuer, même si je n’avais pas accompli cet acte, j’avais tout de même dû lui inspirer un sentiment déplaisant.

    Je balayé l’idée qu’elle refuse mon offre et commençai à réfléchir au moyen de la transporter le plus rapidement possible. Maeglin, posé sur mon épaule, revenu de sa chasse, une souris dans son bec, hululait doucement, comme pour attirer mon attention sur quelque chose, le lien télépathique entre nos deux êtres se révéla être d’une grande utilité, cet oiseau avait beau ne pas savoir exprimer sa pensée par des mots, je pouvais interpréter ses émotions. Mon compagnon avait compris que je cherchais quelque chose et était décidé à m’aider, depuis le temps qu’il n’était pas intervenu dans mes affaires, je n’allais pas lui dire non.

    Il avait longtemps volé avant de trouver sa proie, ces arbres n’abritaient pas de créatures qui le satisfaisaient, il avait beau être devenu très grand, il se contentait de souris et autres rongeurs de petite taille, et il avait constaté de nombreux passages à l’abri que je pourrais emprunter. Il me servait souvent d’éclaireur, même si je savais escalader nombres de troncs avec la seule force de mes bras et de mes jambes. Selon lui, ou plutôt ce que je décodais de sa pensée, la petite aurait su me suivre à son aise sans trop forcer le pas, je décidai de lui faire confiance, il s’agirait d’une randonnée sur les arbres !
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Mer 14 Aoû - 3:24
« Un démon ? Un Seigneur des terres désolées ? Un des premiers fils des dieux, détenteur des puissances obscures ? Mais qui es-tu, gamine, pour chercher ces monstres ? As-tu quelque pouvoir venu d’Asgard pour maintenir la lutte avec le plus faible de ceux-ci ? »

J'haussai un sourcil. L'habit ne fait pas le moine, dit-on. Ici, l'habit ne faisait pas l'exorciste. Derrière mes apparences de jeune garçon innofensif et juste un peu impertinent se cachait une personnalité peu explotée, mais dont la présence ne pouvait que me satisfaire dans l'avancée de ma quête, pour le moment peu... avancée, justement. Ce n'était pas que je n'avais pas cherché, mais tuer un démon seule, malgré mon potentiel que je ne remettais pas en doute, aurait été une première pour moi en ce jour ou ceux qui le suiveraient. Mais l'entrainement et ces heures passées à réciter des psaumes ne serviraient pas à rien. Si je m'étais empli la tête de formules aussi barbantes et lentes à retenir, ce n'était pas pour aller cueillir des champignons. Je n'étais peut-être pas la plus expérimentée en ce qui concerne la chasse et le combat face à une créature ou un homme en général, mais ma spécialité restait la lutte contre le fléau qu'était un être de Svartalfheim. Si je priais les dieux et bénissais les anges, ces choses nées de désespoir et de colère en quête de puissance n'étaient qu'un essai infructueux de la part des tout puissants. Et les en débarrasser ne pouvait que nous être bénéfique à leurs yeux. Du moins, je le supposais, de m'être forgée, dans mes vingts-cinq années, ma propre vision de la situation face à laquelle se trouvait notre monde.

Enfin, bien forcée d'accepter l'image qui ressortait de moi et que j'envoyais aux hommes, je ne pouvais me permettre de m'emporter pour un être qu'il aurait été bon de placer de mon côté, de plus qu'il semblait me sousestimer. Aurais-je pu mettre à profit ce regard que les autres me portaient ? A creuser.

« Non il n’existe aucun démon connu qui vive en ces terres, ou j’en serais déjà alerté, je suis un Elfe, demoiselle intrépide, la forêt est mon amie … Et j’ai aussi d’autres … Aptitudes. Seuls des créatures vivent en ces lieux et ceux qui les dérangent ont souvent du mal à ressortir des bois. »

Il avait dit aucun démon « connu », celui qui se confirmait être un Elfe, après que j'aie pu enfin vraimet constater les longues oreilles pointues qui dépassaient de son masque de métal. Aurait-il été possible malgré tout qu'un d'eux ait trouvé refuge dans ce bois ? Toutes ces imperfections ne pouvaient jouir d'un niveau supérieur à 3, bien heureusement, et un démon de rang inférieur me serait largement satisfaisant pour ces lieux que j'avais décidé de harpenter. Juste un démon. Cette forêt n'était-elle pas assez grande que pour cacher un seul de ces êtres ? Enfin, l'offre restait bien peu alléchante. 

« Mais je peux vous offrir une faveur, ... » 

J'ouvrai grand mes oreilles : une faveur de la part de cet inconnu... ? Je ne savais à vrai dire à quoi m'attendre.

« ... vous emmener où bon vous semble dans cette forêt et vous assister dans votre quête pendant cinq jours, après quoi je m’en irai. Bien entendu, cette faveur a un prix, que me proposez-vous ? »

Il n'était pas bête comme ses pieds, le chasseur. Mais je n'étais certaine d'avoir que faire de ce bois s'il ne m'offrait qu'une petite touche - et encore incertaine. Si son terrain ne s'étendait plus loin que les frontières de la Forêt Silencieuse, je n'étais pas sûre d'avoir à faire de sa proposition. Mais que me coûtait-il d'essayer ? J'avais mon temps, même si je n'était fan de ce genre de détours qui n'auraient pu que me retarder. Mais un peu de distraction n'aurait pas été de refus. Puis il s'agissait de la compagnie de quelqu'un d'autre qu'un garçonnet insignifiant tel Alois, de plus. Il me tardait de découvrir les moindres facettes de cet homme et s'il méritait réellement que je m'attarde à lui comme j'étais en train de le faire. Je me lançai tête baissée, doutant d'un quelconque danger que cette offre aurait pu engendrer. Je n'avais qu'une vie pour explorer les mystère que Midgard, Asgard et Svartalfheim m'offraient. Autant ne pas trop douter pour quelque chose qui n'en valait la peine. Après une courte pause de réflexion, ayant jeté un regard vers le blondinet qui sautillait encore, j'affichai un visage faussement tourmenté à l'Elfe.

« Si cet endroit n'éberge aucun de ces monstres, je ne vois pas quel intérêt j'aurais à porter à votre suggestion... », lui soufflai-je.

Reprenant un visage soudainement souriant comme si l'idée venait de fleurir dans ma tête, je continuai d'un seul coup.

« Ecoutez-moi... Ma bourse est dans son entièreté vide, donc si vous n'êtes là que si vous êtes assoiffé de richesse, je n'ai rien à vous offrir directement. Cependant... » Je fis de nouveau mine de réfléchir un instant. « Je sais quoi vous proposer, mais c'est à vous de voir... La seule chose qui m'importe ici serait de trouver un démon à exterminer. Si au bout de ces cinq jours, nous n'en trouvons aucun, alors nous repartirons tous deux bredouilles », continuai-je. « Mais si cette chasse nous est fructueuse, vous gagneriez votre part du butin... Et en réalité, l'entièreté de butin, même. Je n'ai idée de ce que pourrait prendre avec lui une telle chose, mais je n'en ai que faire personnellement. En tout cas, la plupart de ces êtres ne sont-ils pas crains aussi pour leurs armes redoutables ayant tranché des têtes et des têtes ? Si même ce qu'il pourrait porter sur lui ne vous intéressait pas, une telle chose pourrait se vendre à bon prix. Qu'en dites-vous ? »
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Dim 18 Aoû - 10:00
Un véritable coup de poker que j’avais ainsi joué, mais il semblait que j’avais l’atout gagnant, la proposition était des plus … Alléchante. Récupérer des artefacts démoniques ne pouvait qu’être bénéfique, tant à l’utilisation qu’à la revente, mais j’avais l’impression de rester sur ma faim, j’étais obligé de découvrir un des ces Elfes Noirs pour être satisfait, néanmoins, la gamine portait sur elle un vieux bâton et ses vêtements pouvaient toujours se revendre … La dépouiller si je ne trouvais pas ce qu’elle cherchait, une excellente idée, et j’aurais peut-être l’occasion de m’accorder un petit « extra » … Cela faisait longtemps que la chair ne m’avait plus attiré et une femme était une femme, même si elle ressemblait étrangement à un homme … Ma nature elfique résistait tant bien que mal à cette option, ne supportant pas de voir souffrir cette humaine au profit d’une pulsion qui n’était pas mienne, mais j’étais corrompu et cette petite voix fut contrainte de se taire, je plantai mon regard dans celui de la petite effrontée, glacial.

- Marché conclu, petite, maintenant, il est temps d’y aller, veuillez prendre ma main je vous prie, il va y avoir un peu de sport …

Je préférais lui annoncer directement que notre petite escapade ne serait pas de tout repos, j’agrippai fermement sa petite main dans la mienne, gantée, sentant celle-ci forcer et s’accrocher de son mieux, si petite, si fragile … L’arbre duquel j’avais bondi était trop haut pour que je me suspende à une branche, tous les autres aussi d’ailleurs, mais j’avais plus d’un tour dans mon sac, sur ma ceinture se trouvait attachée une griffe métallique qui me servait à escalader les bâtiments et les murailles, je l’empoignai et, contrairement à ce qui était prévu, je soulevai du sol la Dame Gabriëll, la maintenant par la taille de mon bras gauche, je reculai de quelques pas et sans crier gare je m’élançai à toute vitesse sur le tronc, au dernier moment je fis un bond, balançai ma main droit sur le bois, poussai de toutes mes forces pour monter, ma charge avait beau être légère, elle n’était pas moins encombrante, par moments elle se débattait, je l’avais pourtant prévenue, il y a des gens comme ça …
Après m’être propulsé à de nombreuses reprises à l’aide de mes jambes vers la première branche qui s’offrait à moi, je pus enfin atteindre un espace où j’avais la possibilité de me tenir sur mes deux jambes, déposant la demoiselle sur son séant et m’asseyant à son côté, froid, éloigné dans mes pensées, lui adressant un seul regard dénué de toute forme de gentillesse, lui faisant comprendre que ce serait moi le seul maître à bord pendant les cinq prochains jours et que ce serait à moi qu’il faudrait plier et pas à des caprices infantiles, je pris aussi la parole.

- Toujours partante ? Dis-je moqueur. Si voyager par les cimes vous dérange, je peux toujours vous faire redescendre, mais ce sera la seule occasion.

Une parole inaudible, voilà toute réponse qui me fut offerte, je pris cela pour une approbation et je me relevai prestement, je fis un signe de tête, l’invitant à se relever, je la fis passer devant moi pour pouvoir la rattraper en cas de chute, je lui laissai le temps de prendre un peu d’altitude pour débuter à mon tour l’ascension, ce fut une véritable balade de santé, je n’avais pas souvent été aussi lent à escalader un arbre, j’entendais de temps à autres la voix fluette de l’humaine, plus proche de moi que ce je n’avais envisagé, malgré la proximité, je n’arrivais pas à la voir dans l’épais feuillage. J’entendais des bruits tout autour de moi, certainement de petits oiseaux qui batifolaient dans les branchages, s’amusant d’un rien, légers, insouciants, libres comme l’air, des piaillements retentissaient de temps à autre, légers gazouillis, Maeglin montait en battant des ailes, suivant un rythme proche du mien, ne faisant aucun bruit.
A mi-parcours, un bruit sec et net vint perturber mon avancée, comme celui d’une flèche qui venait se planter dans une cible, mais il n’y avait personne d’autre que nous à des lieues à la ronde … Tout autant que … Il n’y avait jamais de bruits dans la Forêt Silencieuse et ces oiseaux … Ils n’avaient rien à faire ici, aucun animal ne s’aventurait d’ordinaire dans ces bois, c’était totalement illogique d’avoir entendu de petits cris … Petits cris qui redoublaient d’intensité, comme si … Comme s’ils étaient plein de hargne. J’envoyai mon compagnon et reconnaissance, usant de notre lien télépathique pour voir à travers ses yeux et ce que je découvris fut effrayant, tellement horrible que je ne pus empêcher un cri de s’échapper :

- Nuée de Stymphales, vite ! A couvert , hurlais-je à plein poumons.
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Mer 25 Sep - 7:26
Et à peine proposé que voici notre marché conclu. C’était presque trop facile. Mais était-ce par contre vraiment un avantage que d’avoir ainsi un chasseur collé à moi en permanence pendant ces cinq jours ? J’avais beau trouver stratégique de ne pas trop me frotter à lui, cette puissance plus forte que la mienne pouvait me faire craindre une certaine rébellion de sa part. N’était-ce pas un Elfe qui, en plus de pouvoir se vanter de ses facultés à la chasse, avait l’air de jouir d’une agilité impressionnante pour avoir ainsi pu me suivre par les arbres ? Je hochai la tête comme pour moi-même. A quoi me servait-il de me torturer l’esprit sur un choix déjà clôt, si il ne me restait comme solution que de m’y fier sans faire demi-tour ? Je ne perdrai rien à cet échange, qui plus est si l’enjeu pour moi m’était superflu jusqu’à en être encombrant. Ce butin n’aurait jamais fini qu’abandonné sur le sol crasseux de la forêt. Autant le savoir appartenir à un chasseur qui semblait respecter cette même sylve. Peut-être.
 
Il m’attrapa doucement de son gant de cuir. Malgré une certaine réticence, je dus m’agripper fortement à celui-ci, n’osant imaginer par quel chemin il espérait nous emmener. Mes muscles se crispaient, et je devais avouer ne pas être très à mon aise de devoir me fier à un tel inconnu et avoir ses bras pour seuls soutiens face au vide. Oui, face au vide. Car il ne trouva de meilleure idée que de me hisser à une branche où il avait réussi à grimper avec une adresse plutôt déconcertante. Me retrouver dans une position pareille me rendait si vulnérable qu’il m’en aurait fait perdre toute ma fierté en un geste. Je ne devais pas perdre mon sang-froid, même si je ne pouvais nier qu’en m’attrapant brusquement dans son élan, il m’arracha un juron de protestation. Ça lui allait, à ce cher Feanör, d’empoigner ainsi sans prévenir la taille d’une demoiselle ? Rah, à peine ensemble depuis quelques minutes que son impertinence commençait à me taper sur les nerfs (qu’on savait déjà chez moi très fragiles). Que cela allait-il bien donner si notre cohabitation devait durer cinq jours ?
Sans crier gare, il me balança comme un vulgaire sac à patate, me laissant le loisir inouï de gouter aux plaisirs que d’être suspendue à je ne sais quelle hauteur du sol. C’était comme si je venais de découvrir en moi une frayeur que je ne pensais pas exister. Un quelconque vertige ? Non, je ne pouvais pas m’abaisser à ce genre de futilités si je voulais avoir la moindre chance face à un démon. Comme s’il ne s’était absolument rien passé et comme si je n’étais qu’un pauvre enfant dont le modique poids était négligeable, il me souleva ensuite de la seule force de son bras droit pour me laisser me remettre de mes émotions. Et quelles émotions ? C’était par-dessus tout la rage enfuie au fond de moi qui dominait même la moindre anxiété que j’avais pu percevoir.
 
« Toujours partante ? Si voyager par les cimes vous dérange, je peux toujours vous faire redescendre, mais ce sera la seule occasion », se moqua-t-il.
 
Je détournai les yeux de son visage et du masque qui le recouvrait. Mes jambes étaient un peu tremblantes ; je m’agaçais également moi-même et contre ce corps si faible.
 
« Cause toujours », marmonnai-je dans un soupir presqu’inaudible. « Elfe de malheur. »
Me relevant sous son regard, il m’invita à grimper en premier à travers le feuillage. Mon premier pas fut plus qu’incertain, mais je ne voulais pas me retourner : ce ne serait pas un morceau de bois cinquantenaire qui viendrait à bout de moi. Et je n’avais en aucun cas besoin de l’aide du chasseur dont j’entendais les mouvements sous mes pieds. Mais, ah, mais pourquoi ces branches étaient-elles si peu espacées qu’il me fallait parfois les écarter ? Pourquoi le gamin sur lequel je passais ma colère n’était-il pas obligé de gravir ces obstacles, lui ? Mais pourquoi la vie était-elle décidément si dure avec moi ? Tout ça pour des stupides démons qui ne valaient pas un seul millième de l’énergie que j’utilisais à les chasser. Outre les injures désignées au Ciel, les soupirs se faisaient incessants.
 
Concentrée sur mes seules pensées qui prenaient déjà assez de place  que cela dans mon esprit, rien ne m’eut avertie d’un tel cri de la part du Feänor.
 
« Nuée de Stymphales, vite ! A couvert », hurla-t-il.
 
« Quoi… ? Stympha- ?… »
 
Je n’avais eu le temps de demander qu’était ce mot inconnu à mes oreilles, qu’une plume semblable à l’argent, telle une flèche tirée par un des meilleurs archers, vint se planter dans la branche à mes côtés, me frôlant assez que pour m’arracher un cri de douleur à l’entaille qui traversa désormais mon avant-bras. Je lâchai mes appuis et glissai le long du tronc jusqu’à devoir m’accrocher  au prétendu Aegan. Des cris d’oiseaux troublaient le silence de la forêt. Mais quels oiseaux pouvaient bien trouver  points positifs à s’attaquer aux hommes ? Je ne connaissais que trop peu ce terrain que pour m’y aventurer seule, et si cet Elfe passant par là ne m’avait point prise en chasse, je n’aurais su qu’étaient ces bêtes immondes qui fonçaient sur nous, et une plume pareille ou un de leur bec aurait vite fait de me transpercer la gorge. La vie n’était-elle pas merveilleuse ?
 
Creusant au plus profond de ma mémoire pour trouver ce psaume qui pourrait nous sauver la peau, je fus bien aise de constater du coin du regard ce véritable nuage qui commençait à se mêler aux feuillages, de ce qu’il me sembla être des prédateurs bien plus dangereux qu’à leurs habitudes.  L’énergie en moi diminuait, mais je continuais à déclamer de ces souvenirs qui, en me revenant, m’emplissaient à la fois d’une profonde nostalgie comme si elle s’en foutait du contexte. Je tentai de dévaler l’écorce qu’il m’avait fallu bien des efforts pour grimper aussi vite que mes membres me le permettaient, mais m’arrêtai assez vite pour me tourner vers les arbres aux alentours. Sauter de branches en branches n’était décidément pas mon fort. Des perles de sueurs se formaient sur mon front au même rythme que les échardes s’enfonçaient dans mes doigts, faits de cette enveloppe féminine bien trop fragile pour un milieu comme celui-ci. Quand j’eus enfin fini ce cantique, j’arrêtai un instant le chasseur en l’attrapant par les épaules. Mais à peine le temps de sortir un souffle qu’un de nos poursuivants tenta de descendre en piqué vers nous. Il fut fort heureusement arrêté par ce qui ressemblait à une coque invisible, qui fit alors apparaître une fissure.
 

« Dépêchez, je ne sais où nous devrions aller. Passez donc devant. Ce que je peux faire pour nous ne devrait pas tenir éternellement, hélas… »
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Mer 9 Oct - 6:01
- Dépêchez, je ne sais où nous devrions aller. Passez donc devant. Ce que je peux faire pour nous ne devrait pas tenir éternellement, hélas … Me dit l’Humaine juste après qu’un des oiseaux soit venu s’écraser sur un globe invisible qui nous protégeait à présent.

Ce qui était certain, c’était qu’il faudrait que je ménage la gamine pour ne pas que son sort se voit fondre, ainsi que tous nos espoirs de survie. Déjà que l’apparition de ces créatures ailées m’avait fait croire à la fin, maintenant que nous nous trouvions dans un état de sécurité relatif, je n’avais pas envie de me retrouver criblé de plumes et servir de casse-croûte à ces bestioles. J’avais fait se replier Maeglin vers des positions arrière, il ne me servirait à rien dans la fuite, à part ralentir nos opposants et encore, il était à peine plus gros qu’eux et s’il pouvait en mettre un, voire deux, hors d’état de nuire, il y en aurait toujours une douzaine qui lui tomberait dessus et lui arracherait jusqu’aux os, d’où il se trouvait, il était en mesure de surveiller la nuée avec plus ou moins de précision.

Une autre certitude était que m’éloigner de la jeune demoiselle, même pour lui fausser compagnie et me sauver, serait équivalent à m’ouvrir les veines et sauter du haut d’une falaise donnant sur des pics, la douleur en plus. Si mon souvenir était bon, les Oiseaux de Stymphale déchiquetaient leurs proies encore vivantes … J’en frissonnais à l’idée. Mon analyse de la situation avait déjà coûté de précieuses secondes et trois autres bêtes étaient venues sur jeter sur le bouclier magique. Un peu plus en contrebas, au sol, il y avait un renfoncement qui donnait l’impression qu’on pouvait y trouver une cachette, mais les oiseaux devaient déjà se trouver sous nous, ils étaient de redoutables chasseurs et je n’enviais à personne de devoir les affronter sans aucune aide. Le bruit de la nuée était assourdissant, piaillant en tous sens, poussant des cris aigus à tout va, mais au sein de tout ce boucan, je réussis à distinguer un bruit qui se démarquait dans la cohue, un pas lourd et lent, une cible parfaite pour détourner l’attention de nos harceleurs, ce pouvait être n’importe quel monstre, il me suffisait d’avoir un appât. Je fis un signe à Gabriëll en lui désignant l’endroit approximatif ou notre salut était entrain de se mouvoir, accompagnant le geste de la parole :

- Suivez-moi et ne vous laissez pas distancer, il va falloir que vous adoptiez mon rythme si vous voulez garder votre guide en vie et conserver une chance de vous en sortir vivante, nous allons devoir être rapides, sans quoi le maigre plan que je viens de trouver ne servira à rien et une autre échappatoire n’est pas vraiment envisageable ...

J’amorçai la descente avec célérité en veillant à ce que la demoiselle Amestrys soit toujours assez proche pour que son sort me protège des plumes d’acier qui fusaient de toutes parts. A une dizaine de coudées du sol, j’aperçus enfin ma cible, elle avait beau faire un remue-ménage conséquent, arrachant les branches sur son passage et déplaçant les rares rochers qui s’opposaient à son passage à la seule force de ses bras, l’important rassemblement d’oiseaux enragés couvrait une majeur partie des sons qu’il émettait sans se soucier de ce qui l’entourait.

Il s’agissait d’un troll d’une taille considérable et dont l’odeur était pestilentielle, un véritable cadavre ambulant, transportant très certainement avec lui des miasmes en quantité qui risquaient de me faire tousser jusqu’à cracher du sang, mais c’était ça ou crever, tout simplement. Nous devions nous trouver hors de son champ de vision car il n’avait toujours pas fait preuve d’une quelconque agressivité, pourtant commune à son espèce de décérébrés amoureux de sang, par contre il nous avait senti car son énorme truffe reniflais l’air à tout va, le faisant ressembler à un sanglier gigantesque et plus crasseux que n’importe lequel que l’on puisse croiser dans ce bas monde.

La tactique était toute simple, il me suffisait d’attirer les créatures de Stymphale avec ce dont ils raffolaient le plus, le parfum du sang bouillonnant d’une victime affaiblie, oui le troll n’était pas ce que l’on pouvait appeler une bête en difficulté, il se portait plutôt bien et était presque plus menaçant que la nuée. Je profitai d’un court instant pour vérifier si la gamine me suivait toujours, saisissant l’occasion pour lui expliquer, du mieux que je le pouvais via l’unique utilisation des gestes pour ne pas que l’attention de tous nos poursuivants ne soit portée sur nous, car dans cet immense rassemblement, ils devaient être seulement cinq ou six à vraiment nous avoir vu, les autres ne faisaient que suivre, que je comptais l’abandonner le temps de mettre en œuvre ma machination.

Je fis un bond jusqu’à terre, mais au moment où j’avais quitté le bouclier protecteur, une plume lancée à pleine vitesse vint ricocher sur mon masque, dévoilant ma position au troll et abîmant ce sublime objet, dans mon intérêt, il fallait me dépêcher. Mon arc était bandé, il ne me restait plus qu’à utiliser mon arme secrète, une flèche au mécanisme retord …
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Dim 22 Déc - 23:37
« Suivez-moi et ne vous laissez pas distancer, il va falloir que vous adoptiez mon rythme si vous voulez garder votre guide en vie et conserver une chance de vous en sortir vivante, nous allons devoir être rapides, sans quoi le maigre plan que je viens de trouver ne servira à rien et une autre échappatoire n’est pas vraiment envisageable... »
 
« Sans blague… Dites-moi  plutôt au lieu de vous étaler, la prochaine fois qu’il vous vient à l’esprit un si simple discours. Vous pouvez comme moi le garder pour vous », étais-je déjà presque en train de cracher à l’entente de cette seule parole.
 
Il me paraissait évident de me hâter, évident de te suivre. Je le savais déjà, tu sais ? Les mots n’étaient-ils pas inutiles dans ce genre de situations, Fëanor ?
 
Après tout, la seule chose qui obligeait cet Elfe à se coller à moi restait… sa simple vie. Pourquoi ne te détaches-tu pas de moi ? Pour l’argent ? Pour la richesse, évidemment. Il restait pitoyable de me louer ses services ainsi ; il aurait bien pu trouver autre chose, me laisser partir. Au fond de moi, ma conscience me murmurait presque : « Tu as besoin d’aide ; de toute manière, accepte, ou il t’étripera quand tu dormiras. »
Il n’était peut-être pas vraiment le bon moment pour chercher des défauts à cette chose dans laquelle je m’étais de toute façon déjà embarquée. Il me fallait cesser ces injures intimes et ces reproches intérieurs avec celui qui tenait, ne l’oublions pas, aussi ma vie entre ces doigts. C’était comme si je ressentais malgré moi cette envie de compétition ; j’étais faite ainsi, je m’étais construite ainsi. Tant d’envies misérables que c’était comme un véritable système d’autodéfense qui s’actionnait en moi. Mais la vie n’avait pas de place pour ce genre de futilités… surtout lorsque vous êtes poursuivis par une horde d’oiseau ne rêvant que de votre chair et de vos tripes pour déjeuner.
 
Nous eûmes, pour unique récompense que d’avoir poussé branches et rochers, une créature poisseuse et d’une odeur pestilentielle. Une bête énorme dont l’esprit ne semblait pas plus brillant que celui d’un poisson rouge. Son faciès ne semblait vouloir crier qu’une chose : « taper, et encore taper », humant l’air qui l’entourait - alors qu’on aurait pu se demander comment sa crasse n’avait pas encore totalement submergé son odorat et ses sens. Mais le bout de ses ongles, dans un piteux état et presque semblables à des griffes, n’avait d’égal que ses dents, acérées par un désir de viande. Ça se voyait, cette créature ne pouvait respirer la sérénité.
Explique-moi ton plan, Archer des bois, je suis attentive.
 
Il m’intima son idée, par des gestes dont la plupart me restaient sans signification claire. On se comprenait, mais on n’aurait su retranscrire cela par message. La situation ne le permettait pas, et de pareilles choses ne s’établissaient pas si bêtement. Pas besoin de dire « par là ! », si on peut montrer l’endroit sans même devoir sortir un murmure. Le calme ressortait-il pour autant ? Non, ces saletés de piafs ne pouvaient s’arrêter de crier à tue-tête. Je détestais la forêt.
 
L’Elfe sortit du champ de force, affrontant à nouveau la véritable lumière du soleil… et les plumes fusant que nous avions presque oublié. Le « cling ! » que produit la première sur son masque attira l’attention du prédateur. Il tira une flèche bien étrange et je tentai d’agrandir à son maximum mon bouclier de manière à offrir un moyen de repli à mon allier plutôt téméraire. Je sentais mon énergie et mon envie de gagner diminuer pour se voir remplacer par une bien autre pensée. « Et si j’arrêtais là ? Et si je laissais la mort me ravager ? Ne me sentirais-je pas mieux… ? »
Non, j’ai un honneur à rattraper.
 
« Dépêchez-vous, bon-sang, Fëanor ! »
 

J’essuyais la légère trainée de sang sous mon nez et me préparai déjà à la fuite. Dès que le monstre se verrait à moitié mort, il nous faudrait courir aussi vite que nous le pouvions.
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Sam 28 Déc - 2:56
Je devais aligner mon tir, il fallait être très précis sans quoi je pouvais dire adieu à la vie, il faut noter que ça ne me gênait pas plus que cela, après tout j’ai fait mon temps, mais la gamine derrière était bien trop jeune pour y rester … Depuis quand je me préoccupe de mes clients ? Depuis quand j’ai une once, un semblant d’humanité ? Ca, ça ne va pas, pas du tout, va falloir arranger ça, mais avant tout, me tirer d’affaire, oui, sauver ma peau en dépit de celle du troll. Je n’ai pas beaucoup de temps, les plumes sont projetées dans tous les sens autour de moi, plus d’une me frôle, heureusement que ces oiseaux sont excités, l’odeur du sang les a mis dans tous leurs états et leur précision est amoindrie, finalement nous n’aurions peut-être pas besoin d’utiliser mon atout … Un projectile lancé à pleine vitesse vient se caler à l’exact endroit où est percé un trou pour mon œil droit, mon sang ne fait qu’un tour, heureusement, le passage est trop étroit et la plume rebondit pour disparaître sur le manteau de feuilles mortes, mes illusions se dissipent en un éclair, aujourd’hui est le jour de la mort d’un troll pour le bien d’un duo, une compagnie, que dis-je, de l’humanité toute entière et tout ce qui lui est affilié !

Le trait est décoché et siffle à mes oreilles, une petite fente a été pratiquée dans celui-ci pour tarauder l’ouïe des potentiels adversaires, mais ici je m’en sers plus comme appât et cela paraît immédiatement fonctionner, un petit groupe de Stymphales se détache de la nuée pour suivre de près cet objet, ils sont sacrément rapides, en terrain découvert nous n’aurions eu aucune chance, c’était bon à savoir pour une prochaine fois.

Accompagnant le sifflement perçant, de petits engrenages se mettent en route, émettant des « clic-clac » à intervalles réguliers, avant que le troll n’ait compris quoi que ce soit, un grand filet métallique le retient au sol et la pointe de ce qui était ma flèche vient s’enfoncer loin dans ses chairs pour exploser en libérant une odeur bien plus putride que celle que dégageait déjà ce monstre, j’en eu la chair de poule de voir cette masse flasque se gonfler d’un seul coup et ensuite se relâcher en laissant s’échapper des bruits immondes, au moins, les piafs auraient de quoi festoyer pendant de longues heures et pourraient s’en aller satisfaits.

La gamine avait agrandi le bouclier de protection, c’était adorable de sa part mais ça ne nous mènerait pas très loin, à part à la fatiguer, mais je ne me fis pas prier pour sauter à pieds joints dans la gangue protectrice et rejoindre cette humaine. Une cacophonie bien au-deçà de tout ce que nous avait proposé la troupe de carnassiers retentit dans toute la forêt, c’était presque si je ne les entendais pas hurler « Du sang ! Du sang ! A manger ! », atroce, affreux, abominable ; il y a vraiment des bestioles qui mériteraient de ne jamais voir le jour, les oiseaux de Stymphale en premier, quoi que j’avais des doutes, peut-être était-ce aux manticores de disparaître, après tout elles n’étaient pas belles, pas plus intelligente qu’une poule et se délectaient de tout ce qui leur tombait sous la main, du lapin à la baleine échouée sur une côte, mais c’eut été que de discriminer les manticores de souhaiter leur disparition, il en était de même pour nos actuels agresseurs, somme toute une réflexion inutile me direz-vous … Qu’est-ce qui se passe dehors pendant que moi je fais de l’esprit ? Ce serait peut-être une bonne idée de vérifier mes fonctions vitales, comme la respiration ou l’acheminement du sang au cerveau, non ? Non, j’ai juste envie de réfléchir finalement, on n’est pas plus mal comme ça, suspendu dans les airs, quand le temps se fige et que mes méninges tournent à plein régime, faisant défiler une véritable discussion avec moi-même, alors qu’à l’extérieur plus rien ne se passe.

Voilà, c’est fini, la crise est passée, le monde peut reprendre le rythme désiré, celui d’une vie humaine, là où chaque instant compte, pas comme pour ceux de mon peuple, qui peuvent séjourner reclus pendant plusieurs années sans pour autant que le temps ne leur paraisse long, c’est formidable la nature. Je suis actuellement dans un espace d’air entre deux branches, propulsé récemment, et désirant retourner à côté d’un sac d’argent sur pattes, bien, c’est reparti alors !

Le choc de l’atterrissage se fait sentir, j’ai mal visé et je me retiens à la force des bras sur une ramification aussi large que le buste d’un enfant, il faut quand même faire quelque chose pour se sortir de ce mauvais pas, se laisser tomber ne sera pas l’option à privilégier, nous sommes trop haut, une chute ne me serait pas fatale mais causerait des dommages irréversibles quoi qu’il en soit, utilisons les griffes de métal. Les griffes ? Tu sauras les attraper et te maintenir par la même occasion ? J’ai des doutes mon petit Aegan, mais tentons le tout pour le tout ! Bien Aegan, comme tu voudras, de toute façon, jusqu’à présent je n’ai jamais eu mon mot à redire sur tes décisions. C’est cela, retourne dormir, quand j’aurais besoin de toi je t’appellerai ! Promis ? Même pas en rêve.

Une, deux, une, deux. Respirer un grand coup, c’est primordial, ne pas me retrouver à court d’air, le plus important, maintenant, on s’appuie de toutes ses forces, comme ça, voilà, c’est bien, je laisse ma main fureter à ma ceinture, la griffe est là, parfait, on remonte tout ça, encore bien que c’est léger sinon je donnerais pas cher de ma peau. Ah ! Mon bras a lâché, bon ben, au revoir tout le monde, si j’ai une chance de cocu les piafs seront trop occupés par le tas d’immondices que je leur ai fourni et j’aurais droit à une mort digne d’un elfe, mais j’ai sérieusement des doutes, présentement. C’est quand même triste pour l’humaine-chasseuse-de-démons-un-peu-fêlée, de nous deux c’est elle qui va le plus peiner pour trouver la sortie, moi le chemin est déjà tout tracé.

Je ferme les yeux, j’ai un peu peur, qui sait ce qui m’attend de l’autre côté … Et puis finalement non, pas de douleur fulgurante qui me traverse de part en part, juste un petit choc sur l’arrière-train, une plus grosse branche a stoppé ma chute, bien, très bien. J’ouvre mes paupières, j’aurais pu me laisser aller depuis le début, d’ici j’ai la possibilité de me lever et de continuer le chemin en suivant une petite route arboricole faite de branches se suivant telles des marches d’escaliers, j’ai dû avoir l’ai fin. « Je vais bien, je vais bien, tout était calculé. » Dis-je d’une voix se voulant assurée et déterminée, perdre la face c’est bien la dernière chose dont j’ai besoin.
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Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys]

MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Dim 29 Déc - 7:00
Je hais les arbres, je hais les feuilles, je hais la forêt toute entière. Et ces Elfes de mes fesses ? Je leur crache dessus.
 
Pour une fois que j’aurais voulu qu’il m’attrape la main avec son gant de chasseur stupide, il m’avait devancée et il ne s’était même pas retourné. « Attendez-moi, dégénéré ! » voulais-je crier ; mais m’abaisser à ça aurait été mal me connaître. Il n’avait qu’à aller pourrir torturé par les démons : je pouvais les lui laisser s’il se croyait plus malin que moi.  Et le silence de cet endroit était-il pour une fois vraiment mis en valeur ? J’en doutais, jurant tout haut de ma voix haineuse à tort et à travers entre les branches, me faufilant tant que possible dans ce milieu peu propice à mes activités. Bon-sang, mais que faisais-je accroupie sur les arbres à chercher un passage tracé dans ce bois inconnu ? Je n’étais pas un singe, et encore moins un de ces enfoirés d’Elfes !
 
Je te rappelle que c’est de moi que dépend le butin qui sera au bout de cette quête, bon à rien de Feänor !
 
Mes membres étaient lourds ; mes oreilles bourdonnaient à cause des piaillements passés et j’aurais cru mourir sous la chaleur étouffante. Faire un pareil effort sous un tel temps, j’aurais pu m’en passer. Certes pas de là à jouir d’une pluie diluvienne, mais quand même.
Chacun de mes doigts longs et fins était si éraflé ou coupé à sang que s’en était dégoûtant même pour moi. Continuer tout droit était lassant, de plus ; terriblement lassant, mais pas assez que pour commencer à me taper la causette avec le spectre ambulant. Mes bras faiblissait de devoir attraper chaque bout de bois qui était à portée de main ; mes jambes de devoir enjamber tout ce qui passait  en plus de devoir me réceptionner dans mes chutes en chaînes et mes sauts difficiles. Cette douleur horrible emplissait chaque recoin de mon corps, me faisant plier face à un simple tas de branche. J’haletais, mais je ne m’arrêtais pas. Un coup en haut, un coup en bas, un regard rapide vers l’avant et on redémarrait, si on y arrivait. 
Le ciel commençait à prendre les couleurs du crépuscule, il me fallait me hâter au possible et retrouver celui qui était censé être mon guide. Savait-il que cela incluait de me garder à l’œil ? Si je m’égarais, il était vrai que c’était mon temps qui s’écoulait ; mais si je renonçais, le butin serait à moi et à moi seule, bien que je n’en aie rien à faire.
 
Il nous faudrait trouver assez rapidement un campement, un endroit où nous reposer, et je savais que je l’avais ralenti, mais si l’archer était loin, je ne pourrais m’établir ici directement. D’abord le retrouver, d’abord… aller jusque là où quelqu’un avait une raison pour m’attendre. Si la fatigue n’avait pas eu raison de mon pauvre corps, peut-être que j’aurais pu y arriver, bien que j’en doutais profondément. Et si je m’étais trop égarée que pour qu’on me retrouve… ?
Un Elfe aurait su te retrouver.
Et si le Feänor, aussi vicieux qu’il était, m’avait suivie à pas feutrés dans les feuillages et m’avait laissée dans mon propre pétrin en attendant que je meure pour me dépouiller tranquillement… ? Dans mon esprit, c’était bien plus probable. Qu’il me lâche, qu’il me laisse me retirer d’ici seule et qu’il ne me suive plus… plus jamais.
 
J’en avais marre, mais de toute façon, j’étais tombée sur le sol ; de pas trop haut. Le choc du à la chute m’avait réveillée : j’étais tombée raide d’épuisement. Je m’assis sans aucun chichi dans l’herbe fraîche encore à moitié sonnée et songeai au soleil qui était presque caché maintenant. Là seulement commençait à me peser la solitude, le gamin m’avait un peu lâchée sur la fin pour juste disparaître. Il reviendrait demain. Dorénavant, juste ce vide, ce murmure incessant mais presque imperceptible.
 

« Montrez-vous, Feänor. Il est pervers de vous cacher à moi ainsi », criai-je de ma voix faible dans le silence.
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Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys]

MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Dim 26 Jan - 9:41
Qu’on est mieux à la cime des arbres, à marcher calmement, sans qu’un seul bruit ne vienne vous déranger, loin d’une gamine insupportable au caractère de cochon, je pense être de mauvaise foi envers ces porcidés en disant cela, c’est pour vous laisser imaginer. J’avais besoin du grand air ! Pas celui qui vous colle à la gorge tant il est humide et lourd, pas celui sous les feuillus, celui que l’on trouve au-dessus de ceux-ci ! Que seuls les bons grimpeurs, dont je fais partie, même s’il faut rester modeste, peuvent atteindre. Bien entendu, je ne laissais pas mon contrat sans surveillance, je restais toujours à distance suffisante de lui pour ne pas à m’en vouloir d’avoir perdu de l’argent, j’étais donc à une dizaine de coudées en retrait, à l’écouter brailler à chacun de ses pas, seul bruit dans la Forêt Silencieuse, qui portait admirablement bien son nom.

Mes pas étaient assurés, ne craignant pas que les branches ploient sous mon poids, c’est dans la nature de mon peuple que de vivre en communion avec la nature, nous ne devons pas incessamment nous poser des questions quant à la logique de ce que nous faisons, ce serait se torturer pour rien. Quoi que j’apprécie me torturer, ou plutôt, torturer les autres, c’est un jeu auquel j’excelle, trouvant à chaque fois de nouvelles techniques pour varier les plaisirs du bourreau et de la victime. Chasseur de prime, c’est un métier où il faut savoir faire tout et n’importe quoi pour obtenir quelques piécettes.

Toujours aucun démon à l’horizon, voilà une aventure bien monotone, si on ne prenait pas en compte les oiseaux de Stymphale qui, somme toute, n’étaient qu’un divertissement qui ne nous avait rien coûté si ce n’est du temps. Gabriëll était en contrebas à avancer comme elle pouvait, c’était amusant à voir, mais un autre spectacle était très attendu par ma personne, quelque chose que je ne prenais pas toujours le temps d’observer mais qui valait son pesant d’or, plus qu’une Humaine se dépatouillant pour continuer son chemin.

Le soleil tombait petit à petit et il rallierait bientôt la ligne d’horizon, le ciel se tentait des couleurs marquantes de la fin de journée, un jaune orangé avec quelques touches de rose ou de rouge ici et là, de somptueux nuages cotonneux à souhait se trouvaient tout du long de la voute de ce monde, se parant eux aussi de ces coloris, la nuit ne tarderait pas à tomber. L’astre solaire vint se joindre à la ligne de délimitation de la vision, faisant rougeoyer les bois, les feuilles des arbres crissant sous un petit vent, un papillon s’envolant non loin de moi, le silence presque total, un moment de recueillement, de paix, loin de l’agitation que j’affectionnais pourtant énormément. Juste la nature et moi, ainsi qu’Amestrys, mais elle n’était que le cadet de mes soucis en cet instant.  

Mais comme l’univers ne laisse jamais un instant de répit à ses occupants – si, si, je vous assure – il fallait qu’il me tire de ma transe poétique, lyrique – c’est si bien dit – et il n’y avait pas de meilleur moyen pour ce faire que de me rappeler l’existence de ma compagne de route – cette phrase comporte trop d’éléments inutiles mis à l’écart.

J’avais entendu un bruit de chute et m’étais arrêté immédiatement, craignant à nouveau pour la vie de notre duo dépareillé, quel genre de monstre allait encore sortir de nulle part pour nous arracher la vie dans des cris infâmes et atroces ? Excellente question. Néanmoins, le temps de réfléchir n’était pas venu, il me fallait agir et vite, pour la protéger, pour la mettre en sécurité, pour pouvoir toucher ma prime. C’est très pragmatique comme raisonnement mais ça me plait. Hé ouais.

« Montrez-vous, Fëanor. Il est pervers de vous cacher ainsi à moi. » Une petite voix remonte jusqu’à ma position. Moi qui pensais qu’elle était parfaitement au courant que je la gardais à vue, je n’avais même pas fait attention à dissimuler ma montée aux cimes, c’était à la limite que je ne lui avais pas indiqué la direction de mon déplacement. Enfin, un vrai pisteur ou chasseur l’aurait aisément déduit mais c’était une Humaine dans sa plus banale expression, sauf qu’elle avait une drôle de lubie de chercher un démon ; pourquoi pas, ai-je envie de dire.

Je m’approche de sa position, toujours au niveau des plus hautes feuilles, une fois que je décide l’emplacement opportun, je me laisse glisser sur les branches pour rejoindre ma compère, j’atterris au sol dans un bruit étouffé, le pan de tissu servant de cape à mon humble personne retombant à ma suite pour recouvrir mon dos. Je me dresse de toute ma hauteur devant Gabriëll et la toise d’un regard mauvais, une voix dédaigneuse faisant office de tout réconfort à cette demoiselle. « J’avais dit que nous avancerions dans les arbres, la terre ferme est trop dangereuse. Je pensais avoir été clair. »

***
Quelques heures plus tard, nous étions tous deux perchés sur une petite plateforme que j’avais réalisée avec les moyens du bord, un entremêlement de branches de plusieurs arbres pour soutenir nos poids respectifs. Aucun feu, aucune lumière si ce n’est celle perçant faiblement la voute verte, je suis assis en tailleur, n’ayant pas le courage de m’étendre pour appuyer ma tête sur aucun autre coussin que l’étoffe de mon manteau. J’attends. Je regarde le vent faire son œuvre dans ce monde hors du temps. Je ne sais pas si ma compagne s’est endormie et je ne veux même pas le savoir car je n’en ai fichtrement rien à faire. « Ce n’est pas vraiment dans mes habitudes de poser des questions sur ce que je dois faire mais, qu’est-ce qui vous pousse, vous, à courir après un démon ? Il n’y a pas quelqu’un de plus … Qualifié pour ce genre de travail ? » Je fais attention à ne pas être trop bruyant, de peur de réveiller une créature d’outre-tombe. Si elle ne me répond pas, tant pis, je pourrai abreuver ma curiosité une autre fois.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Dim 16 Mar - 0:49
Comme un de ces arrogants membres du clergé, Féanör était de ces hommes qui semblaient tout savoir mieux que tout le monde, il était hautain et supérieur. Le moins que l’on puisse dire, c’était qu’il ne se prenait pas pour de la merde, lui, qu’il n’était pas n’importe qui. Il avait le droit de mépriser n’importe quel pauvre quidam tombé du ciel sur son chemin, lui. Mon dieu, l’idée que ce ne soit qu’une perte de temps, elle s’intensifiait, que d’avoir choisi ne serait-ce qu’une maigre route à parcourir avec un tel individu. Comme un maître du jeu ou un véritable être divin, ses propos le laissaient comme le chef de la situation, celui qui contrôlait tout avec un sang-froid irrémédiable et flegmatique. Mais c’était ma requête et il avait beau être mon guide, j’avais la capacité de tout régler en quelques secondes et de l’oublier jusqu’à la fin. Et pourtant, bon sang ce que j’aurais aimé effacer de ma vie ces journées gâchées avec lui. En un mot, il m’horripilait terriblement… et on pouvait dire que c’était le cas un peu pour tout le reste d’ailleurs.
Et il me faisait la leçon, maintenant.
 
La nuit n’était pas fort éclairée, mais non aussi sombre que les abysses dans lesquelles on avait bien fort tôt jeté mon âme à peine éclose. Je n’avais pas froid, je n’avais pas chaud ; cependant, je n’avais pas vraiment bon non plus. Je n’étais pas à mon aise, pas tranquille. Le sommeil ne vint pas me trouver pour m’emporter, me snoba indéniablement près de quelqu’un d’autre, loin de cette forêt vide. Et pourtant j’étais épuisée et j’aurais voulu dormir autant que quitter cet endroit.
 
« Ce n’est pas vraiment dans mes habitudes de poser des questions sur ce que je dois faire mais, qu’est-ce qui vous pousse, vous, à courir après un démon ? Il n’y a pas quelqu’un de plus … Qualifié pour ce genre de travail ? »
 
« Ça ne vous regarde pas. Et puis je ne vois pas vraiment qui serait plus apte à l’art de la chasse aux démons.  »
 
Il était en effet fort impertinent, mais je me sentis quelque peu adoucie par ce climat désormais bien plus calme : le temps ne me courait plus après, et l’archer non plus. J’abandonnai à tenir droites et fières mes épaules et laissais juste un long soupir prendre part au silence. Mes jambes étaient douloureuses et du point de vue de mes muscles, ils étaient compressés, compactés, comme si la foudre m’était tombée sur la tête. Car oui, j’éprouvais un mal de crâne, aussi là pour m’énerver et compléter cette aubaine qu’étaient déjà mes muscles tendus. Du bonheur en bouteille, la randonnée en forêt.  
 
« Je suis exorciste, Féanör. »
 
Cette phrase sembla résonner dans ma pensée perdue au loin. Au fond, je n’avais même pas envie de connaître la quelconque réaction de l’Elfe même s’il m’offrait une occasion inédite de me confier et… je n’étais pas sûre de contenir en moi ce besoin, ce désir. Il était un homme douteux que je ne croiserais qu’une fois dans ma pitoyable existence ; mais cela dit, peut-être sa voix à ce moment éveilla en moi une profonde soif d’en dire plus, comme une éventuelle proposition implicite à laquelle je ne pus m’empêcher de succomber.
 
« J’ai un honneur à retrouver. Je n’ai rien : pas un seul bien, pas un titre à défendre, pas même une petite connaissance et pas de passé derrière moi sans compter qu’il n’y a pas d’avenir devant. Ma vie ne vaut plus rien telle qu’elle est. On n’obtiendrait même pas un morceau de pain en échange, je vous jure. »
 
Ma voix était pleine de regrets, de mélancolie. La fierté semblait s’être échappée par la fenêtre, pourtant seul élément clé de ma réussite. Quant à eux, mes soupçons par rapport à Aegan s’étaient enfuis avec la fatigue qui m’emportait vers le sommeil. Il n’était pas devenu un ami et je ne voulais absolument pas parler d’un confident. Il était quelqu’un, juste quelqu’un ; et j’avais besoin de quelqu’un, j’étais seule.
 
« En plus de ça, j’ai presque pactisé avec le Mal en personne… »
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Jeu 27 Mar - 6:26
Mes yeux étaient posés sur le corps de l’humaine, deux fentes lumineuses dans l’obscurité quasi-totale, la large capuche de mon manteau rabattue sur ma tête, assis en tailleur. Mes oreilles frémissaient de par les trous prévus à cet effet dans le pan de tissu à l’entente des paroles de mademoiselle Gabriëll, je n’en attendais pas tant de la part de cette petite comique. C’était presque comme si elle se confiait à moi, pour une raison qui m’échappait, j’étais plus une espèce de compagnon râleur et embêtant – pas à sa mesure, certes – qu’à l’écoute du premier inconnu venu ayant décidé de me déballer ce que son cœur renfermait.

Je détournai mon regard, perçant les ombres en direction de feuilles mouvantes, les branchages s’agitant un peu trop fort pour qu’il s’agisse de vent, mais je revins vite à ma première source d’observations en tous genres, apaisé de n’avoir rien vu d’autre qu’une silhouette vaguement humanoïde sauter de branche en branche. Ce ne serait pas un souci, plus un potentiel guide vers une forme de créature du plan démonique ; guide dont il faudrait suivre la trace à l’envers, un membre du petit peuple des forêts, un lutin, ou quelque chose y ressemblant fortement. Le vent balayait notre plateforme tandis qu’Amestrys continuait sur un ton lancinant de déblatérer que sa vie n’avait pas de valeur et d’autres idioties du même répertoire.

J’attendis bien sagement qu’elle ait fini d’éructer ce qu’elle portait sur la conscience, si conscience elle avait, pour ouvrir à mon tour ma bouche et laisser quelques mots s’échapper, toujours le plus silencieux qu’il m’était possible, la forêt recelant des ennemis plus variés et dangereux les uns que les autres. « Nous sommes deux dans ce cas, alors. Ma vie n’a de valeur que les contrats que j’exécute. Le Mal est une vision assez subjective, mais pour le combattre je n’ai pas trouvé mieux que de rejoindre ses rangs. » Des sons attiraient mon attention, sous notre campement de fortune, des piaillements, des gazouillis, les oiseaux ne sont pas éveillés à cette heure, même ceux des nuées de Stymphale, c’était une langue que j’avais déjà entendu, celle de mes petits frères de la sylve, mais à laquelle je ne comprenais pas un traitre mot. Ces êtres sont très renfermés dans leur culture propre, ils ne divulguent pas leur parlé aussi facilement et ont généralement peur de tout ce qui est plus grand qu’eux.

Mon regard se déplaçait sur les cimes qui bruissaient, suivant les longues branches torsadées qui s’en dégageaient, plongeant vers le sol, rejoignant des arbres aussi tordus qu’elles. Le silence revint, seule la respiration de la gamine et la mienne étaient à nouveau perceptibles, les gardiens de ce lieu avaient préféré nous laisser en paix pour cette nuit au moins. Mon attention fut de nouveau redirigée vers mon interlocutrice, je m’attardai à essayer de planter mes yeux dans les siens, n’arrivant à rien, même pour moi la noirceur était telle que j’y voyais nettement moins biens.

« Je suppose que raconter ma petite histoire pourra faire passer le temps. » J’en vins à me lever, partant m’adosser contre l’épais tronc du feuillu qui nous abritait, laissant lambiner les choses, faisant durer le suspense, si l’on veut. J’hésitais à me montrer d’une parfaite insolence en prenant le ton le plus enjoué qu’il m’était donné d’avoir, ou bien encore ne m’exprimer que de manière monocorde, en total détachement. J’optai en finalité pour ma voix de chaque jour, bien évidemment étouffée par mon masque ainsi que mes propres précautions. « Je suis né hors du domaine de mes Ancêtres, fils d’esclaves. Esclaves des Hommes, esclaves de la cupidité, de l’envie. Mille et une souffrances, voilà ce que j’ai connu comme enfance, craignant d’être bastonné à la moindre désobéissance, le régime de la terreur à la lisière de la forêt de mon peuple. Nous étions enfermés par une puissante magie obscure, maintenue par la haine que tous nous éprouvions, se nourrissant au plus profond de nos âmes, se délectant de nos sentiments négatifs. »

Je laissai un ange passer, n’attendant pas spécifiquement de réaction de « l’Exorciste », m’assurant simplement que des oreilles indiscrètes n’étaient pas à se ravir de ma vie. Si j’avais eu le moindre doute d’un potentiel danger venant de l’humaine, je me serais tu, mais elle était plus un fardeau pour elle-même qu’une fière combattante, quelques passes à l’épée et elle ne sortait pas de sous les voûtes de feuilles. « Et puis un jour, des gens de l’Extérieur sont arrivés. Le bouclier de mes maîtres était un moyen de nous empêcher de sortir, toute personne le désirant pouvait entrer, malgré les sortilèges d’illusion mis en place par ces monstres. Ces gens de l’Extérieur n’étaient pas des amis, ils voulaient juste de l’or, en grande quantité et ont massacré sans exception enfants, adultes, vieillards. Ils violèrent, éventrèrent, découpèrent, tout ce qui passait à portée de leurs mains. » Ma voix se faisait plus dure, plus sèche, accompagnant ces propos de toute la rancœur que j’éprouvais à les énoncer, à me souvenir de ce que je méprisais par-dessus tout.

« J’ai réussi à me sauver. Moi, un jeune elfe. Sans famille, sans amis, sans rien. J’ai parcouru la Terre des Hommes pendant près d’un siècle et demi, cachant ma nature, mon peuple ne s’étant pas encore dévoilé, à l’époque. J’exécutais contrat sur contrat dans l’espoir de purger ce bas monde du mal qui le ronge. Il semblerait que ce ne soit pas la solution la plus efficace ; les bandits courent toujours gaiement dans les champs à saccager des villages isolés, les voleurs n’ont cessé leurs activités, les puissants sont toujours corrompu. Je suis devenu la Dae Gwarth, quelque chose se rapprochant de « l’Ombre Pernicieuse » dans votre langue. »

Je repartis un peu plus loin sur la plateforme, m’approchant de prises convenables, commençant une nouvelle ascension vers les cimes, mon faciès se retournant une dernière fois vers mon contrat. « Tout est dit. Maintenant, il faut dormir, je peux tenir le rythme sans sommeil, pour une petite chose comme vous, j’ai des doutes. » Je disparus dans les frondaisons.
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Ven 2 Mai - 23:44
Les ténèbres avalèrent celui qui, déjà imperceptible, s’avançait d’un pas décidé vers le vide. Le silence envahit tout ce que l’exorciste pouvait avant percevoir, l’abandonnant seule, oubliée et laissant place à un sentiment d’angoisse qui envahit bien vite son corps grelottant et fatigué. Elle n’avait même pas été capable d’arrêter le seul être proche, ni même de lui demander de rester auprès d’elle. Chaque nuit était un cauchemar, chaque nuit était un éternel recommencement. Elle assistait, interdite, à cette même scène, à ce même souvenir d’horreur. Sa fierté pourrie, corrompue, l’avait empêchée de lui attraper le bras, tremblante, et de le retenir, la laissant seule, couchée sur cette plateforme inconfortable. Cette douleur réelle fit pleurer l’androgyne, silencieusement, jusqu’à trouver le sommeil. Son esprit, sa pensée se déchainaient : pourquoi lui, qui avait vécu presque pire qu’elle, semblait imperméable à ce besoin de compagnie ? Probablement juste parce qu’elle n’était pas si forte qu’elle le voulait. Parce qu’elle restait une femme, aussi fière pouvait-elle être.  
 
Elle entendit les pas, résonnant dans son crâne.
 
« Disparais ! » cria-t-elle.
 
Seul un courant d’air brisa ce rythme léger et irrémédiable ; elle aperçut soudain un visage penché sur elle, plein de pitié, de compassion. Il la regardait doucement, gentiment, mais elle ne voulait pas sa présence : elle voulait pleurer seule, ou avec quelqu’un de réel pour l’enlacer dans ces bras.
 
« Attends ! Je veux juste te parler, Monsieur… »

« Je ne veux pas te voir ! Disparais, j’ai dit ! »
 
Ses cris étaient impulsifs et elle hurlait au même rythme que ses larmes coulaient sur ses joues froides. Apeuré, l’esprit disparut dans le silence, perpétuant ses sanglots, totalement déconcertée. Elle avait besoin de réfléchir, mais elle réfléchissait trop et ses pensées bouillonnaient dans un capharnaüm monumental et indescriptible. Elle hurla de désespoir à qui voudrait bien l’entendre. Mais n’était-elle pas éternellement seule, dans cette gigantesque forêt ? Et pourquoi Féanör reviendrait-il, si c’était pour trouver une personne aussi folle et inutile que celle-ci ?
Elle serra les poings si fort que ses paumes se marquèrent de ses ongles.
 
Elle s’endormit en boule, dans l’horreur, au bout d’un temps. Elle avait tellement mal d’être comme elle était, qu’elle aurait presque préféré une vie sans goût qu’une vie avec un goût aussi amer.  
 
A l’aube, elle se réveilla avec un mal de crâne encore plus affreux et des membres à peine rétablis de ses aventures de la veille. La lumière entre les feuillages la fit grimacer, et elle se redressa péniblement avec les souvenirs de la soirée.
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MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys] Sam 12 Juil - 8:31
Une seconde de répit, à peine, voilà ce que cette chose me concède, avant qu’il ne faille reprendre le combat. C’est adossé au large tronc d’un arbre, à plus d’une cinquantaine de pieds du sol, que je réalise toute la complexité de la situation, mon épaulière déchiquetée, du sang bouillonnant de ma plaie, le bout d’une de mes oreilles arraché. Bon sang, pourquoi fallait-il que j’accepte une telle mission ? L’argent, toujours l’argent. Ah ! Il est bien beau, l’argent, maintenant, surtout lorsque qu’une entité quasiment invincible par des moyens traditionnels s’en prend à vous.

« Gamine ! C’est peut-être le moment de faire quelque chose, non ? J’pourrai pas tenir cette saleté bien longtemps ! » Oui, parce qu’elle n’est pas partie, celle-là. Moi qui aurait cru qu’elle s’enfuirait dès la première embuche sur notre chemin, je m’étais enfoncé le doigt bien loin dans l’œil. Je devais admettre reconnaître là une forme de courage plutôt prononcée, si ce n’était pas de la folie.

L’arbre vole en éclats, je suis projeté plus loin, me cognant contre tous les obstacles imaginables lors de ma chute, poussant un cri de désespoir avant de me rattraper à une énorme branche, accroché uniquement avec mes deux bras, la tête dépassant du bois, je peux voir l’abomination s’approcher de moi le plus calmement du monde. Les démons, ce n’est pas vraiment mon domaine de prédilection, on m’aurait demandé de tendre des collets que je me serais mieux débrouillé, mais on raconte qu’ils possèdent une forme dite originelle, une forme « d’Éveil ». Un corbeau de cendres aux yeux vermeilles dégageant une odeur pestilentielle. Vraiment très sympathique, ça donne un certain charme à la scène.

Qu’ai-je pu découvrir en dix minutes d’esquive et de parades ? Que cette mocheté se téléporte dans les zones d’ombre, qu’il prend forme humaine une fois au contact, un petit homme, à peine plus grand que la fille, vieux mais diablement redoutable avec ses poignards et qui utilise des vagues d’énergie pour faire imploser ce qui lui barre la route. Très sincèrement, à sa place je n’aurais pas choisi telle apparence, mais il fait ce qu’il veut, le pas beau.

« Gamiiiiine ! » Je hurle en voyant l’oiseau de mort faire un piqué dans ma direction, me tâtant à savoir si j’avais la force de remonter ou bien si me laisser choir au sol était plus avantageux. Lorsque l’odeur de l’animal fut assez forte pour me donner une puissante envie de régurgiter le peu que j’avais avalé ce matin avant de partir, aucune autre solution que de me laisser dégringoler une fois de plus ne pouvait s’imposer. Je repartis donc pour une valse aérienne, dégageant deux griffes métalliques que j’essayai de planter sans succès dans quelque saillie de bois, me retrouvant bien vite étendu au sol, os brisés, espoir anéanti.

« Aaaargh … » Que l’on me sorte d’ici, je n’ai pas envie de mourir ! Pas comme ça ! Trop d’économies pendant des années qui sont cachées à gauche et à droite qu’il serait tellement stupide de perdre …

La douleur se propage dans mon bras droit, je tente de me relever, titubant dans les premiers instants avant de m’appuyer sur un feuillu, une flèche vient se ficher à ras de ma joue, faisant crisser le métal du masque, si la précision de mon adversaire avait été un tantinet plus juste, il ne restait rien de bien utile de ma pauvre carcasse. En parlant d’adversaire, celui-ci se matérialise à quelques pas de moi, dégainant deux superbes lames courbes, de petits couteaux, aiguisés comme des rasoirs, qui découpent aussi bien protections que chair.

Je dégage ma propre arme de son fourreau, la tenant dans la main gauche, plongeant au dernier instant où un trait d’ombre fait jaillir de la terre à l’endroit même où je me trouvais, creusant un trou qui aurait sans doute été mon tombeau. « Amestrys, si vous avez quelque chose à me proposer pour que je ne finisse pas en petits morceaux, il serait aimable de … » Je m’abaisse en voyant un poignard tracer une courbe dans ma direction, prolongement de la volonté de son maître, je l’entends siffler dans l’air, inspirant longuement avant d’amorcer un premier coup.

Le démon esquive l’attaque, vient bloquer ma lame avec l’une des siennes, de son autre main, il referme sa poigne sur mon cou, crachant à mon visage son haleine cadavérique. « Vieil elfe, tu seras l’une des proies avec laquelle j’ai eu le moins de difficultés pour parvenir à m- … » Nous dirons que j’ai assez bien du mal avec la senteur de la viande en décomposition, c’est pourquoi j’ai délibérément décidé d’interrompre ce magnifique monologue d’un coup de rapière dans le bas-ventre de mon interlocuteur, même si cela m’arrache un gémissement, ayant dû me servir de mon bras blessé. Je sens l’étreinte mortelle se désserrer et en profite pour prendre la poudre d’escampette, m’accrochant aux branchages d’un conifère proche avec tous mes membres valides. « GABRIËLL ! FAITES QUELQUES CHOSE, PAR TOUS LES ESPRITS DE CETTE FICHUE NATURE ! »

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Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys]

MessageSujet: Re: Plus on est de fous ... Plus on rit. [Pv : Gabriëll Amestrys]
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