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[Pv: Hinata, Aaku] Le duel des Mages

MessageSujet: [Pv: Hinata, Aaku] Le duel des Mages Jeu 27 Juin - 5:04
En m'apercevant, sa première réaction fut de me rire au nez, un vieux rire sec et froid, mais un éclat d'infinie et incontestable sagesse brillait au fond de son regard fatigué; cela n'avait nullement l'air d'être un individu aux nombreuses qualités humaines, mais il était indéniablement intelligent, et sans aucun doute doué dans les arcanes - ce qui allait généralement de paire. Dans ses amples vêtements gris anthracite qui assombrissaient encore d'avantage sa mine, il m'observait, m'offrant tout le loisir d'examiner son visage, l'un des plus ridés qu'il m'avait été donné d'observer au cours de ma vie, contrastant avec force avec ses iris bleus azur, seule touche de gaieté dans ce personnage monochrome, à l'image de l'intérieur sombre qui lui servaient de quartiers; cela ne pouvait que renforcer le contraste avec la vue depuis la fenêtre sur le palais du sultan, rutilant d'or et de joyaux sous le soleil brûlant, dont les rayons allaient éclaircir les pavés mornes du lieu. L'homme devant moi, mon futur employeur, était, outre un vieillard fripé parmi tant d'autres, le plus puissant mage du royaume - à ce qu'il en disait, et, à vrai dire, je n'avais nulle réelle envie de vérifier par moi même - et recrutait un mercenaire pour le représenter lors du duel annuel de magie.

- Petit impertinent, j'ai demandé des mages, pas des mendiants pleurnichards! Je me demande même comment on t'a laissé entrer dans ma tour.

Ah oui, les gardes à l'entrée... Ils avaient exercé une sélection basique, pour simplement vérifier que des pouvoirs circulaient dans les veines de ceux qui s'y présentaient... La vue de mon épée flottante les avaient vite dissuadés, et, sans dire un mot, je décidai d'en faire de même pour l'homme froid devant moi, gardant mes yeux plantés dans les siens. Les bras croisés à l'image de l'individu me faisant face - qui me surpassait de deux têtes -, la lame noire de silex s’extirpa doucement du fourreau pour soudain se projeter vers la porte du fond, frôlant son oreille avant de s'incruster dans le bois dans un bruit mat. Calmement, il alla examiner les planches, ouvrant la cloison de chêne, pour en jauger avec intérêt le fragment de pierre qui l'avait transpercé de part en part, l'air satisfait, la tâtant un instant du doigt.

- Du... Silex. Original, pour une épée. Qui que soit ta magie, ton caractère et tes pouvoirs me plaisent, petit. Mais je dois te prévenir: je ne paie pas d'avance.


Je m'y attendais; lors d'un combat, qu'il soit à mort ou non, personne ne pouvait être certain de sa réussite. J'étais arrivé par caravane marchande, en guise d'escorte, et avait eu ainsi de l'eau et une occupation pour traverser le désert; seul le voyage semblait avoir rendu une réelle saveur à la vie. Quant à cette annonce, je ne doutais pas de ma capacité à amocher mon adversaire, et, dans le pire des cas, je pouvais toujours fuir, et ne plus revenir à Hagor pour un certain temps; je n'avais pas grand chose a perdre en m'engageant ici.

Je dévalai quatre à quatre les marches de l'escalier en colimaçon,  pressé de sortir de ce lieu lugubre et anormalement froid malgré la chaleur extérieure, un document signé au nom du mage en poche, disant quelque chose comme: "Je, soussigné Archibald Asthar Lowel, autorise Samuel Michaelis à me représenter pour le Grand Tournoi des Arcanes Annuelles..." suivi de baratin interminable et technique... Ce qui comptait, c'était sa signature soignée à l'encre rouge au bas de la feuille, faite à la plume, au vu des pleins et des déliés. Je savais moi même écrire, mais jamais ne surpasserai une aussi parfaite calligraphie...

A l'extérieur, le soleil aussi doré que mes yeux se déversera dedans, éblouissant et magnifique dans son océan de pureté azuré et dont la beauté n'était nullement troublée par un quelconque nuage; de toute façon, nul vent chaud n'était présent pour les amener jusqu'ici, et cela n'était pas plus mal, car il faisait déjà torride. Je sentis alors la présence de Sebastian, chat avec lequel je m'étais lié - en réalité, je pouvais à peu près le localiser dans l'espace, jusqu'à une distance limitée, ressentir ses émotions et lui intimer des ordres simples, rien de plus; peut-être ce lien s'intensifierait-il avec le temps - s'approcher de moi, et il apparut enfin, au détour d'une ruelle salie par la sèche poussière sableuse qui traînait ici. Je ne pouvais me dire dépaysé en ces lieux lorsque j'observais les pauvres badauds sales et rachitiques qui bordaient les rues ainsi que les enfants mendiants et assoiffés qui vous imploraient, la bouche sèche. Sans difficulté, l'animal bondit sur mon épaule - il fallait dire que ma taille n'était pas démesurée - pour s'y percher, jaugeant le monde de ses yeux bleus depuis son point d'observation.

Dans mon lourd sac se trouvait désormais, outre mon violon et mes réserves d'eau, ma veste de cuir, ma cape et tout autre attirail physique que j'aie pu porter, afin d'être le plus léger possible, et c'était plutôt réussi, dans ma chemise blanche et pantalon blanc, et la seule tache sombre de cet accoutrement restaient mes chaussures. Je levai un instant les yeux pour jouir de l'ombre que me fournissait l'arène, gargantuesque et éblouissante dans sa clarté, lieu de mon futur combat, demain, sous le soleil dur du midi, à l'inverse de celui actuel qui déclinait doucement dans des lueurs d'agrumes et de rubis, hachant les silhouettes noires de Hagor dans sa splendeur orangée. La journée avait été chargée, et je n'étais arrivé que ce matin par la caravane, raison pour laquelle mon état de fatigue était grandement avancé. Sans plus tarder, je me dirigeai aux alentours du palais, là ou la pauvreté diminuait d'un minuscule cran pour entrer dans la première auberge qui se présenta à moi - miteuse au demeurant, à l'image de toutes ses semblables - pour y prendre un frugal repas composé d'un peu de viande pour Sebastian et de potée pour moi.

C'est allongé dans le noir, contemplant le plafond parfaitement immobile sur le lit vétuste - c'était ma façon de profiter de l'instant - que je pensai au combat du lendemain, une petite pointe d'appréhension tout de même coincée au fond de la gorge. Tout allait bien se passer, c'était certain.
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[Pv: Hinata, Aaku] Le duel des Mages

MessageSujet: Re: [Pv: Hinata, Aaku] Le duel des Mages Mar 2 Juil - 18:50
Le soleil commençait à tomber à l'horizon, faisant planer l'ombre de l'inquiétant palais sur toute la ville de sable, comme si elle cherchait à dominer ce qui l'entourait. Hinata n'avait jamais vu cet endroit auparavant et il fut surpris par la quantité d'entités faits uniquement de sable et autres matériaux que l'on ne trouvait que dans ces déserts; c'était la première chose qu'il remarqua ici avant de réaliser que, même au coucher du soleil, la chaleur était étouffante. Malgré la température toujours aussi affolement élevée, le mage se mit à trottiner dans les petits quartiers d'Hagor, au vu de retard qu'il avait accumulé durant le voyage avec ce marchand. Il ne pouvait pas nier que ce commerçant l'avait aidé, mais cet homme était réellement frustré et voyait le danger partout. Pour le satisfaire, ils durent passer par de petites routes à l'écart de toutes vies afin de ne pas être attaqué par des bandits imaginaires. Et il était finalement arrivé dans la ville quelques heures après son rendez-vous dans la grande tour, ce qui n'était pas un bon début.

Quand il arriva en vue de la tour décrite dans la lettre de son, peut-être, futur embaucheur, il fut frappé de surprise en voyant la modernité de cette construction. Les briques de haute qualité s'entassaient les unes sur les autres de manière parfaite et élégante, le tout incrusté de pierres plus précieuses les unes que les autres. On ne pouvait voir le sommet de la tour sans prendre énormément de recul à cause de l'énorme cône déposé comme une sorte de chapeau sur le toit normalement plat du bâtiment. L'entrée était un grand arc de cercle avec comme clé de voûte des pierres ressemblant à de l'or. Après quelques instants d'hésitation, il décida d'y entrer.

À peine avait-il franchi le seuil d'entrée que des séries d'escaliers se croisaient de part et d'autres de la pièce comme si la tour n'était en fait qu'un simple labyrinthe. Des escaliers montaient, tandis que d'autres descendait, ou bien il y avait encore ceux qui semblaient s'enrouler sur eux-mêmes. En voyant ce dédale, Hinata avait hésité plus d'une fois sur le fait d'être au bon endroit ou non. Peut-être qu'il s'était simplement trompé dans l'adresse et que c'était l'originalité de cet bâtisse qui l'avait attiré ici, mais il n'en savait rien. Il n'eut même pas le temps de se creuser la tête qu'un homme entièrement vêtu d'une cuirasse de cuir incrusté de quelques pauvres pierres précieuses ne vienne le chercher et l'intime sans un mot de le suivre. D'abord assez perplexe sur la sûreté de le suivre, il décida finalement de lui emboîter le pas, car entre faire confiance à un inconnu ou bien se tromper d'escalier et tomber dans une pièce qu'il n'aurait jamais dû voir, le choix était rapide.

Lorsque le mage gravit les escaliers avec son sauveur, il remarqua d'un œil expert que les marches étaient incrustées de diamants à des endroits répétitifs durant tout l'escalier. Le mage grogna en pensant à tout ce qu'un mage de aussi haute renommée pouvait gagner pour réaliser des escaliers, une tour et des pierres précieuses de la sorte. Quand il arriva à la dernière marche et qu'il pénétra dans une sorte de salon, un grave son de trompette se fit entendre pendant quelques instants avant qu'une voix aiguë mais imposante ne se mette à annoncer:

- Bienvenue cher mage, vous vous trouvez ici dans la tour du mage Sulfurique Dirgan, le mage le plus puissant d'Hagor et de tout Rune Midgard. Veuillez vous incliner devant sa...

- Assez ! cria un homme visiblement couché sur un grand fauteuil rouge incrusté d'or autour de ses domestiques.

Cet homme semblait être celui qui était le plus haut placé ici de part le nombre de pierres qui l'avaient dans sa tunique et du nombre de personnes qui l'entouraient. Il était jeune, frais et d'une beauté affolante, malgré l'éclat de sagesse et de vanité qui brillait dans ses yeux. Le mage avait beau le fouillé du regard de manière insistante, il ne voyait pas en quoi ce magicien était vieux. Il semblait être l'incarnation de la jeunesse même. Quoi qu'un détail attira son attention et il comprit enfin pourquoi cela le troublait tant.

- Bonjour jeune mage... ou devrais-je dire, bonsoir en voyant l'heure tardive à laquelle tu viens me rendre visite, déclara le mage d'une voix mielleuse. Tu es venu pour le duel c'est ça ? Alors tu es la bienvenue ! Mais à une seule condition, qu'est-ce qui te choque ici ?

- Eh bien... C'est que vous devriez paraître plus vieux, au vu de l'annonce qui donnait plutôt l'image d'un mage ayant un certain âge.

Un sourire éclaira légèrement le visage de l'homme.

- Bien ! Et sais-tu pourquoi ? lui demanda-t-il en se réinstallant dans son siège et en posant sur lui un regard doux et curieux.

- Une magie que je connais plane ici, et, étrangement, je suis aussi illusionniste, tout comme vous, dit Hinata en lui rendant son sourire.

Le mage s'assit lentement sur son fauteuil avant de claper des mains de manière heureuse, mais virant au moqueur.

- Très bien alors ! s'écria-t-il, avec une voix tout de suite plus enrouée. Toi là, va conduire notre invité dans une chambre digne de mon nom.

Ce fut une très jeune femme qui s'inclina à plat ventre devant son maître avant de sommer Hinata de la suivre prestement, ce qu'il fit immédiatement en voyant le regard de la servante. Après quelques marches seulement, ils arrivèrent tout deux devant une grande porte imposante faite de bois et d'autres matériaux indescriptibles. Lorsque la domestique ouvrit le battant de la porte, le mage fut surpris positivement par l'intérieur. De grands tableaux ornaient les murs de cette pièce, une grande fenêtre avec vue sur le château s'ouvrait à lui et un lit des plus confortable était installé droit devant ses yeux. Dés qu'il fut entré, la jeune femme clapa la porte d'un coup sec et annonça au travers de la porte qu'elle viendrait le chercher demain à l'aube. Le mage s'installa alors sur son magnifique lit et s'endormit presque immédiatement en s'allongeant sur ce nid composé d'une matière aussi agréable que les nuages.
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[Pv: Hinata, Aaku] Le duel des Mages

MessageSujet: Re: [Pv: Hinata, Aaku] Le duel des Mages Ven 5 Juil - 1:04
Hagor, les terres désolées. Tant de souvenirs me revenaient d’un coup, avec le vent sec et chaud qui faisait flotter doucement mes cheveux d’argent. Le duel des Mages, cet évènement annuel que je ne pouvais pas me permettre de rater une année de plus. Pour ce combat à mort qui en avait déjà tué bien plus d’un, des prospectus étaient distribués et affichés sur les panneaux à l’entrée des auberges perdues dans les petits chemins boisés, qu’on croyait jusqu’alors isolés du reste du monde. J’en avais entendu parler, auparavant, évidemment, mais ça ne faisait peut-être pas un an que j’avais quitté la chaumière qui me servait de maison à Lotheican. Maintenant, je prenais mon destin en main, je vivais différemment. Ma vie avait un prix, et elle ne devait être gâchée par une peur confinée dans ma poitrine en permanence. Je ne pouvais pas négliger recenser ça dans le bouquin qui s’écrivait chaque jour un peu plus de ma main. J’allais y assister. Pour la première fois, et avec tout l’enthousiasme que je pourrais éprouver pour un combat d’une telle envergure. Les deux Mages, les deux plus grands Mages qui faisaient honneur à Midgard allaient encore désigner ceux qui les représenteraient pour réaliser cet acte inhumain qui leur procurerait peut-être l’argent et la gloire dont ils rêvaient. Quels êtres dénués de bon sens au point d’être prêts à tuer ou à périr pour une bourse d’or pouvaient bien avoir choisi cette solution ?
 
Je marchais, donc. Il n’y avait rien que des dunes à perte de vue, l’air était lourd et mes pas incertains s’enfonçaient lentement dans le sable ou s’arrêtaient à la dureté des pierres lorsque j’en croisais sur ma route. Je n’avais pas soif, car j’économisais mon eau, et un sort m’avait permis de ne pas user inutilement mon énergie pour me faire survoler plus des trois quarts du chemin. Ici, j’avais trouvé ce qu’il me fallait : une formule, dans un de mes grimoires, qui traitait d’un vecteur à la même utilité qu’une boussole n’indiquant pas le Nord, mais une direction précise pour le pas me perdre dans ce désert. Je voyais la ville, mais ça faisait quelques heures que je marchais et qu’elle était visible au loin telle un mirage. Il fallut que je touche les briques beiges étranges du premier bâtiment que je voyais pour me convaincre qu’il ne s’agissait pas d’un rêve.
J’étais comme entrée dans un autre univers, d’un seul coup. Ca grouillait de gens, de marchands, d’échoppes diverses et vendant des produits que je n’avais jamais pu observer nulle part ailleurs. Il se dégageait ici une ambiance conviviale, chaleureuse, agréable, procurée par des senteurs étrangères et des couleurs vives partout autour de moi. Je m’approchais des marchands souriants à la peau mate et sentais les épices, fruits et autres plats qui emplissaient les stands. La ville semblait jouir d’un commerce prospère qui attirait bien des étrangers, qui plus est. Une ambiance agréable flottait ici, comme si cet endroit tentait de surplomber le reste et la misère qui y régnait. Des gens pressés dont les bras étaient surchargés comme des femmes d’une beauté magnifique portant de grandes jarres d’eau marchaient dans cette grande avenue dont l’arrivée semblait être un palais luxueux et prospère. Mais je n’étais pas là pour batifoler éternellement. J’avais voyagé toute cette longue journée, et le crépuscule allait bientôt prendre la place du ciel uniformément bleu car le soleil commençait à descendre dangereusement vers l’horizon. Je courus aussi vite que je le pouvais, m’excusant au passage aux personnes que je bousculai.
 
Le premier panneau qui m’annonçait une chambre de libre fit le bonheur de son propriétaire. Je m’installai dans ce qui se rapprochait chez moi d’une auberge et m’allongeai  sur le lit de tissus légers et un peu piteux. Mais c’était ce à quoi je devais m’attendre : je n’étais pas riche au point de pouvoir me payer une meilleure qualité, aussi piètre était celle que j’avais choisi. J’attendais  le lendemain avec une impatience indescriptible, même si il était clair que ce que je verrais le lendemain ne serait pas exactement ce à quoi je m’attendais…
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MessageSujet: Re: [Pv: Hinata, Aaku] Le duel des Mages Ven 5 Juil - 3:35
 « - Que fais-tu, petit homme ? Ne désires-tu pas manger ? »

« - Merci, Ky, mais je n’ai pas faim. Je m’entraîne. »

Sa voix s’était élevée derrière moi sans que j’aie besoin de me retourner pour le reconnaître,  et ses mots chantants s’en allèrent  dans l’immensité du désert brûlant, qui aurait été des plus silencieux si les hommes du campement ne s’agitaient pas autour du repas ; dans ma chemise blanche et mon pantalon de toile d’un coloris proche du sable sur lequel j’étais assis, je sentais les rayons me dardant les jambes et le visage, rendant, sous mes paupières, mon obscurité rougeoyante et rassurante. Ma concentration m’avait fait oublier mes sens, reléguant au second plan l’ouïe, l’odorat, la vue et même le toucher, me soulageant de la chaleur malgré qu’elle demeurait là, à attaquer mon corps ; de temps en temps, j’entendais les ronronnements ou miaulements de Sebastian non loin, comme un écart dans mon état magique, mais rien de plus. Tout autour de moi, comme je détectais mes lames sur ma chemise ou mon épée placée plus loin, je sentais des millions de présences minérales ; infimes, et pourtant si nombreuses, si puissantes, qu’elles en auraient tué un colosse, et cela me frustrait terriblement de ne pouvoir les atteindre, les faire chanter et entrer en symbiose avec elles, à l’image même de mes dons avec les golems ou les armes tranchantes.
 
Un frémissement. J’avais tenté d’entrer en contact avec l’une d’elles, et elle avait frémi, tout comme je frémissais devant tant de puissance potentielle juste sous mes pieds ; je rêvais de devenir l’image même du vent qui déplaçait des dunes entières, les poussant en croissant, doucement, mais sûrement, et d’incarner la puissance destructrice et aveuglante des tempêtes de sable. 
 
« - Sieur Michaelis, nous devons repartir ! »

C’était encore Ky qui m’avait tiré de mes rêveries. Je me relevai difficilement, tout engourdi, en m’aidant de mes bras sur mes genoux ; rapidement, je rangeai l’épée pour retourner sur le chameau, inconfortable mais brave bête, placide et stoïque, pour continuer la traversée.
 
La lune brillait haut dans le ciel tacheté de blanc, tel une digne souveraine parmi ses concitoyennes, et sa lueur pâle rendait le désert fantomatique, dans ses immensités vides de créatures vivantes, hormis celles derrière moi, dont la plupart dormaient ou montaient la garde. Doucement, je repris la même position que cet après-midi, en tailleur, jambes croisées, pour me ré-atteler à mon entraînement. Les heures passent, filent comme le vent, comme, au bout d’un temps, les grains de sable dans les airs ; ils dansaient autour de moi, se jouant de la gravité, mais dévorant ma concentration. Jamais je n’aurais pu me battre en manipulant ces minéraux et Stephano à la fois; à la rigueur, je pouvais me servir de mon épée, mais rien de plus. Il était plus tôt que tard lorsque je regagnai ma tente, épuisé mais heureux.
 
L’aube pointait déjà à travers les rideaux fins de la chambre de l’auberge, et je me levai du lit miteux qui m’aurait flanqué un sérieux mal de dos si je n’étais pas habitué au manque de confort ; je m’étirai un instant, et enfilai mes vêtements tout en examinant la position du soleil : il me restait quelques heures, trois ou quatre, tout au plus, avant le début du combat. De quoi flâner encore un peu avant de s’y mettre, visiter les échoppes m’ayant échappé, les marchands d’épices et d’aromates, de pierres précieuses, et passer du temps à admirer le visage de ces marchands riches et énigmatiques à la peau mate, emmitouflés dans des habits blancs malgré la chaleur dont, pour certains, seuls leurs yeux bleus et brillants restaient visibles ; le palais du sultan méritait aussi une pose, pour s’extasier devant tant de beauté ou s’indigner devant l’affreux contraste de la situation sociale des habitants, là où la misère la plus totale côtoyaient sans aucune honte la plus grande des fortunes.
 
Une fois encore, je ne vis pas le temps passer, et le soleil avait presque atteint son zénith brûlant lorsque je m’approchai de l’entrée des combattants afin d’y présenter mon document signé de la main même d’Archibald Asthar Lowel, le célèbre mage surpuissant de Hagor ; j’ignorais presque tout de lui, jusqu’à son domaine de prédilection dans les arcanes ou son âge, qui devait être astronomique ; je pouvais uniquement distinguer l’infinie sagesse qui brillait au fond de ses yeux. Le garde me faisant face accepta mon document, le conservant sur lui, et je n’y émis pas d’objection ; une sorte d’instructeur vint rapidement m’expliquer les règles, très simples, du combat : le but était de s'entre-tuer, et tous les coups étaient permis tant que cela ne touchait pas le sultan ou ses proches. Abimer le public, dans les rangs supérieurs, n’était pas un problème, malgré que je n’en avais pas envie ; je ne pouvais m’assurer qu’au fond des yeux du préposé ne demeurait pas un peu de pitié, devant un gamin comme moi, mais j’étais certain que l’adversaire n’en aurait pas, alors moi non plus. Après son passage, je fus seul un instant ; il m’avait tout simplement déposé un peu d’eau pour patienter.
 
« - Michaelis, c’est l’heure de ton combat. Suis-moi. »
 
La porte s’était ouverte à la volée pour me dévoiler un grand homme aux yeux verts et froids, me toisant d’un air supérieur. Après un petit dédale de couloirs et d’escaliers, je me retrouvai devant une sombre porte de bois lourd, verrouillée d’une solide poutre que l’homme s’empressa de retirer, la gardant néanmoins à portée de main. De ses deux mains, il les ouvrit à la volée, me poussant dehors, sous le soleil brûlant et éblouissant et sous les cris déchaînés de la foule ; je pus entendre, malgré ce charivari, la barre métallique sceller la sortie. La première chose que je remarquai, si l’on omettait le public immense qui avait les yeux rivés sur l’intérieur de l’arène, elle-même circulaire, fut le sable, non sans un sourire ; voilà qui allait grandement faciliter les choses. Je ne fis même pas attention à  la silhouette noire, à l’autre bout de la plate étendue, attendant le signal de départ impatiemment.
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[Pv: Hinata, Aaku] Le duel des Mages

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