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Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin]

MessageSujet: Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin] Dim 14 Juil - 14:02
C'était avec les premiers rayons de soleil révélant les silhouettes des habitations que Keith se leva. Il avait passé la nuit sur le toit d'une vielle bâtisse d'où il pouvait observer le repaire de Shade, un trafiquant de la pire espèce... Un trafiquant de drogue. Officiellement, celui-ci était un herboriste honorable, mais il avait développé une activité beaucoup plus lucrative derrière la façade de son respectable commerce. N'hésitant pas à tirer parti de la faiblesse des autres et de leur crédulité, il s'était constitué une clientèle qui dépensaient presque tout pour acheter les herbes et autres produits que Shade vendait sous le manteau. Bien sûr, Keith mis beaucoup de temps pour trouver les preuves de ce trafic, tellement qu'il ne s'en souvenait même plus, mais il était maintenant prêt à taper de la manière la plus dure qui soit ce trafic.

Attendant le moment pour agir, Keith se répéta mentalement son plan, relativement simple, mais qui devait servir à mettre en pleine lumière le trafic auquel se livrait Shade. Tout d'abord, Keith devait s'approcher sans être vu de l'herboristerie sinon seules les transactions normales seraient effectuées. Ensuite, il interviendrait au moment de l'échange en boutant le feu à la cargaison et volant l'argent. Veillant à rester le plus discret possible, l'Acrobate se laissa couler le long d'une corde qu'il avait solidement attaché la veille pour atteindre une terrasse en contrebas de sa position. Profitant de ce moment d'attente, il observa les alentours et remarqua une passante qui se distinguait de la foule. Il est étrange de voir une chasseuse sur un marché sans gibier ou herbe à vendre pensa-t-il avant de reporter son attention sur le chariot qu'il attendait. Essayant de disparaître complètement dans un recoin d'ombre, Keith était sur le qui-vive prêt à bondir dans la charrette à tout instant. Il n'eut pas longtemps à attendre pour voir Shade sortir avec une lampe à huile dans une main et dans l'autre la bourse pour le payement. D'un saut agile, l'Acrobate atterrit dans la cargaison d'herbe qui amortit sa chute, arracha la bourse et la lampe des mains de Shade puis lança cette dernière au milieu des paquets de plantes diverses.

Sous le choc, le réservoir de la lampe se renversa et rapidement le chariot devint un véritable brasier, mais qui, heureusement, ne menaçait guère la ville et les bâtiments. Sans prendre la peine de se retourner, Keith pris la fuite en empruntant la rue où les plus pauvres avaient l'habitude de mendier. Il ouvrit alors la bourse et se mit à jeter l'argent par-dessus son épaule à tous les miséreux qui se trouvaient là, bousculant au passage plusieurs personnes dont la chasseuse qu'il avait repérée plus tôt. Sans prendre le temps de s'excuser maintenant que les gardes avaient été attirés par son manège, le jeune homme s'engouffra dans une ruelle puis déboucha sur une place bondée de monde où il réussit à échapper à ses poursuivants parmi la foule. Cependant, il espérait que la chasseuse ne se lancerait pas à sa poursuite car berner les gardes était une chose facile, mais semer une experte de la traque était une tout autre histoire. Essayant de chasser cette pensée de son esprit, Keith entra dans une petite auberge et s'adressa au patron.

« Je monte dans ma chambre. Si une femme, une chasseuse ou une archère, arrive ici, envoyez-la moi. Elle sera certainement à ma recherche et vous pourrez la reconnaître à ses cheveux roux ainsi qu'un tatouage sous un œil... Je n'ai pas vraiment fait attention auquel. »

Sur ces mots, Keith monta l'escalier menant à l'étage puis traversa le couloir et entra dans la dernière des chambres. Là, il se mit à préparer calmement un petit-déjeuné pour deux personnes tel qu'il en avait dans le village où il avait grandi puis attendit l'archère qui, si son instinct ne le trompait pas, était partie sur ses traces et n'allait pas tarder à arriver.
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Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin]

MessageSujet: Re: Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin] Mar 16 Juil - 13:57
Le jour venait à peine de se lever sur Alcombord, la plus grande et plus importante des cités portuaires de tout Midgard, et déjà les rues grouillaient de vie.  Au cœur de cette dernière se trouvait l’immense marché, lieu d’échange par excellence et interminable, où tout produit du monde entier pouvais être déniché. A chaque fois, j’en étais impressionnée comme la première foi que je mis les pieds dans cette ville. Chaque petit mètre carré était occupé par des étales, exposant tous des articles des plus attractifs les uns des autres, et les rues s’animaient déjà de divers spectacles. Seulement, je ne pouvais me distraire pour l’instant. J’étais venu en cette ville pour un but précis. Je tenais en main un précieux manuscrit s’intitulant « médecine de la Nature » qui m’avait été offert par un vieil alchimiste pour lui avoir rendu service. Jamais je n’aurais cru que ce livre m’intéresserait autant. J’y appris que l’alchimiste avais vécu quelques années à GreenArrow et eut le privilège de côtoyer des elfes qui lui enseignèrent quelques formules pour la confection de leurs remèdes et c’était celles susceptibles de pallier aux blessures physiques qui m’intéressaient. Jamais je n’aurais eu accès à ces connaissances si bien gardés si se n’était ce livre et j’en étais maintenant très reconnaissante. Pour cela, il me faillait me procurer quelques herbes et autres produits dérivés pour préparer moi-même ces remèdes. Entre autres, j’aurais besoin d’huile essentiel de tea tree et de lavande fine pour préparer de puissants antiseptiques ; de l’huile essentielle de ciste ladanifère, des feuilles de plantain et d’achillée millefeuille pour préparer des cataplasmes et arrêter les hémorragies ; puis du Millepertuis pour les brûlures. Quelques unes de ces plantes ne se trouvaient que chez le peuple elfique, d’où la difficulté de s’en procurer. On m’avait alors recommandé de me rendre à Alcombord, où était installé un herboriste réputé pour la qualité et diversité de ses produits. Je retirais un petit papier que j’avais coincé dans le manuscrit. « Herboristerie Shade » était inscrit sur celui-ci, plus une adresse du commerçant. Je rangeais le précieux manuscrit et demandais à quelques passants des indications pour m’y rendre. Je n’étais plus très loin.

Je traversais une rue où bon nombre de mendiants avaient pris place, lorsque j’entendis de l’agitation, au loin. Quelque chose d’anormal s’était produit. En alerte,  j’obtenu ma réponse lorsque je levais la tête vers le ciel, apercevant un nuage de fumée noire qui s’élevait pas trop loin d’ici. Un incendie.. Je m’apprêtais  à m’élancer pour rejoindre le lieu du sinistre, sauf qu’en rebaissant les yeux, je ne vu qu’au dernier moment quelque chose d’énorme me foncer dessus. Et c’est la bousculade ! J’eu juste le temps d’apercevoir les yeux bleu ciel et cheveux bruns, en bataille, de mon agresseur avant  de tomber à terre, évitant ainsi d’écraser un pauvre mendiant qui se trouvait là. La confusion était installé ; tous se ruaient et s’acharnaient sur le sol pour cueillir un grand nombre de Joyaux et s’ensuivit des hurlements ordonnant de laisser la voie libre. Les gardes d’Alcombord étaient aux trousses de ce garnement. Serais-se lui le responsable de l’incendie ? En tout cas, ces six gardes n’étaient pas très dégourdis aux milieux de la confusion. L’un d’eux failli me marcher sur mes jambes si je ne les avais pas repliés à temps et un autre chuta juste à coté de moi, en un lourd fracas d’armures.

– Monsieur, est-se ce garnement que vous poursuivez qui à déclenché l’incendie ici bas ? Heu… vous allez bien ? – L’interrogeais-je, remarquant son piètre état.

– Argh.. Oui..  C'est bien lui, toute une cargaison de marchandise  et.. gnh.. l'a aussi volé une grosse trousse d’argent, le voyou… Ouch.. j’ vais.. bien. – Grommelai le garde en jetant son casque au sol et levant ses mains au crâne.

– … Merci !

Aussitôt, je me relevais et me lança à la poursuite de cette canaille. Il avait sans doute pris une bonne longueur d’avance, fallait faire vite ! Et ce ne serais pas sur le sol que j'y arriverais. Le toit serais parfait. Durant ma course, un tonneau apparu accosté contre le mur et je m’y appuyais pour atteindre de mes mains une enseigne plus en hauteur et y mis pieds dessus grâce au balancement obtenu et par la force de mes bras, atteignant plus aisément la toiture du bâtiment. Voila qui était fait ! Je pouvais maintenant entrevoir les gardes plus aux loin qui s’engouffraient dans une ruelle, de mon coté, heureusement, et me lança à leurs trousses. Je l’apercevais enfin ! Le gredin était plutôt facile à repérer d’ici, vu sa grande taille, et je le suivais du regard pendant qu’il débouchait sur une place bondée, tout en avançant discrètement ; je ne devais pas me faire repérer à cet endroit, sinon ce serais moi qui aurais des ennuis. Ma vue plus développée et sensible à la lumière me permettait de le distinguer parmi la multitude de gents sans jamais le perdre. Ma vision latérale était quant à elle plus floue durant cet exercice de focalisation. Je le vit alors rentrer dans un établissement. Une auberge. J’attendit un instant pour voir s’il sortait par une des fenêtres, de l’un et de l’autre coté du toit, puis finis par descendre à terre pour entrer à mon tour dans cette auberge.

– Bonjour ! Est-ce que vous avez vu un homme châtain, yeux bleus et haut de presque deux mètres passer par la ? – Demandai-je à l’aubergiste qui se trouvait juste derrière son comptoir. Il me détaillait un instant, chose que je trouvais étrange.

– Oui, Il vous attend dans sa chambre, Madame. Dernière porte à droite.

Je restais un moment ébahie. Il m’attendait ? Mais.. Je montais prudemment les escaliers et une fois là haut, je préparais mon arc et forma une flèche de lumière de ma main droite. C’était vraiment étrange.. Comment pouvait-il savoir que je l’aurais suivi ? Il ne m’avait pas vu, je le savais, car il n’avait jamais regardé en arrière. Certes, il m’avait bousculé tout à l’heur, mais de là à imaginer que je vienne le réprimer jusqu’ici ? Je craignais que ce soit un mage qui ait senti ma présence. Redoublant de prudence, je m’avançais à pas feutrés jusqu’à la dernière des portes. Plaquant mon oreille gauche contre le mur, je tentais d’ouïr ce qui se passait dans la pièce adjacente, mais rien.. Pas un bruit. Je n’avais pas d’autre solution, il me fallait entrer. Pourvu que ce ne soit pas un piège.. C’est après une profonde inspiration que j’ouvrir la porte d’un coup de pied et y entra, arc bandé et prêt à tirer sur ma cible en cas de mouvement suspect. L’homme était bien là, enfin.. il ressembla plus à un adolescent maintenant, assis de l’autre coté d’une table. Il semblais m’attendre avec.. du pain elfe, du miel et de l’eau claire.. pour deux ? Je fronçais les sourcils, trouvant cette plaisanterie de mauvais goût et relevais mon regard, mélange d’émeraude et de saphir, pour fixer le sien, couleur azur.

– Un geste de travers et je n’hésiterais pas à laisser filer cette flèche. – Le menaçai-je, flèche à la joue et corde toujours tendue, visant son cœur. Même si il semblait jeune et démuni, Il pouvait être tout aussi dangereux.

– … Et c’est quoi tous ce manège ? – Fis-je en lui indiquant la table avec le petit déjeuné préparé par ses soins, d’un signe de tête, tout en cachant mon incompréhension. J’étais bien curieuse de savoir comment avait il deviné mon arrivé. J’en étais perturbée, mais montrer un soupçon d'inquiétude n’était pas la meilleure des abordages. Mon regard restait des plus impassibles, en attendant une réponse de ma proie.
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MessageSujet: Re: Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin] Ven 19 Juil - 1:57
J'observais le soleil par la fenêtre de ma chambre, assis derrière la table en attendant la chasseuse rousse qui, je l'espérais, s'était lancée à ma poursuite. Bientôt, un bruit de porte et des voix m'indiquèrent que quelqu'un était entré dans l'auberge et je sentais en moi la même excitation que lorsque je déballais mes cadeaux étant enfant. Qui était-ce, était-ce celle que j'attendais? J'aurais voulu me lever pour aller voir mais mon égocentrisme eu le dessus et je me disais que c'était forcément l'archère que j'avais bousculé. La réponse à mes questions cependant ne s'était pas faite attendre bien longtemps car, après seulement deux ou trois minutes, l'archère entrait dans ma chambre l'arme prête à tirer un trait mortel en plein dans mon cœur. D'un côté, j'éprouvais de l'admiration pour ma poursuivante qui avait réussi à suivre ma trace mais, de l'autre, j'étais aussi mal à l'aise de me voir être mis en joue de la sorte. Mais ce n'était pas ma situation précaire qui me marqua le plus sur le moment... C'était le regard de ma poursuivante. Elle avait les mêmes yeux bleu-verts en amande que ma mère et ils brillaient de la même lueur que lorsqu'elle s'apprêtait à me réprimander pour une de mes nombreuses bêtises. Aussitôt, je baissais mon regard et fixait le sol à mes pieds, perdant toute mon assurance habituelle, mais le charme de ce retour imprévu en enfance se brisa dès que l'archère pris la parole et il ne me fallut pas longtemps pour retrouver mon comportement habituel même si j'étais persuadé que tout ceci n'était pas passé inaperçu à l'œil vigilant de la chasseuse.

« Un geste de travers et je n'hésiterais pas à laisser filer cette flèche. » me lança-t-elle « Et c'est quoi tout ce manège? ». Décidément, ma charmante poursuivante me plaisait de plus en plus. Bien que j'étais certain qu'elle mettrait sa menace à exécution si je lui fournissais une raison de le faire, je sentais à travers son intonation et sa posture fière et droite qu'elle était une personne juste et de confiance avec une force de caractère permettant de résister à la corruption et à la pression malgré sa manière très directe d'aborder les choses. « Baissez votre arme, je ne suis pas dangereux. Ma seule arme est déposée sur un meuble derrière vous et je suis vraiment désolé de vous avoir renversée ce matin. » commençai-je. Avant de continuer plus loin, je pris le temps d'observer un peu plus mon interlocutrice que j'avais prise pour une elfe au départ. Cependant, maintenant que je prenais le temps de mieux la regarder, il se posait des questions sur les origines de cette dernière. Elle avait une élégance et des yeux qui me rappelaient le peuple elfique mais des formes qui étaient typiques des jeunes humaines ayant à peu près mon âge. Mais ce n'était guère à moi de poser les questions aussi m'empressai-je de me présenter.

« Je m'appelle Keith Shadow, artiste et voleur itinérant usant de ses quelques talents pour essayer de rendre justice dans un monde corrompu par l'argent et le pouvoir. » dis-je sachant que l'utilisation des mots voleur et justice dans une même phrase allaient intriguer l'archère et attiser sa curiosité ce qui était l'objectif de mes paroles. Ce que je cherchais ce n'étais pas qu'elle s'interroge sur qui je suis mais sur les motifs de mes actes, ce qui les motivaient. Afin de retarder le moment où elle m'assaillirait de nouvelles questions, je répondis à sa première question pour qu'il s'écoule le plus de temps entre mes paroles et ses questions. « Pour répondre à votre question, ceci est mon petit-déjeuner. Ce n'est pas grand-chose mais je vous invite à le partager avec moi car je doute qu'il était dans vos plans de rester si longtemps en ville et je suppose que, tout comme moi, vous devez avoir faim. » ajoutai-je donc poliment avant de commencer à manger un peu de pain accompagné de miel.

Tout en mangeant, j'écoutais les bruits venant du rez-de-chaussé de l'auberge mais aucun ne trahissait d'activité anormale ce qui me rassura. J'en concluais que les gardes, ayant perdu ma trace, étaient partis chercher des renforts pour essayer de me débusquer et allaient peut-être mener leur enquête pour comprendre les raisons de cet acte de vandalisme en apparence gratuit. Le silence s'installait dans la pièce mais les tensions semblaient, elles, s'apaiser. Je m'amusais de la situation perturbante dans laquelle j'avais mis la chasseuse qui n'était certainement pas habitué à un comportement comme le mien de la part de ses proies et tout ceci flattait mon ego. Prenant mes aises, je me détendais en basculant ma chaise en arrière et posant mes pieds sur le rebord de ma fenêtre ouverte. Si une personne était entrée maintenant, je pense qu'elle aurait cru que l'archère et moi-même étions deux amis qui venaient de manger ensemble mais pour cette dernière la situation devaient être aussi invraisemblable qu'un lapin qui se mettrait à traquer le chasseur. « Je vais essayer de répondre à toutes vos questions tant que nous avons la paix... » dis-je pour briser le silence et encourager mon interlocutrice à étancher sa curiosité que je pensais avoir assez attisée par mon comportement et mes paroles « Cependant, avant cela il y a des choses que j'aimerais mettre au point. La première, j'aimerais sincèrement savoir qui ai-je en face de moi. La seconde, sachez que la loi et la justice sont deux choses différentes pour moi et que je ne respecte et ne sert que la seconde. ».

Je prenais plaisir à jouer ce petit jeu dangereux avec cette archère mais je restais prêt à basculer en arrière et me rétablir grâce à une roulade si jamais je devais éviter une attaque mais j'étais persuadé que ceci n'arriverait pas. Je restais donc assis en attendant les questions qui devaient se bousculer dans les pensées de ma poursuivante après mes paroles apportant plus de questions que de réponses, du moins chez la majorité des personnes mais peut-être m'impressionnerait-elle en réussissant à me comprendre grâce à celle-ci.
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MessageSujet: Re: Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin] Mer 31 Juil - 7:40
Ce fut le jeune homme qui brisa le contact visuel en premier, abaissant sa tête pour fixer le sol. Mon entrée l’aurait donc intimidé, il n’y avait aucun doute. Le langage corporel ne ment pas. Cependant, dés que je pris la parole, il se ressaisit, montrant une assurance qui devait être habituellement sienne. Il ne me tardait de connaitre ce que cet individu m’avait réservé.

– Baissez votre arme, je ne suis pas dangereux. Ma seule arme est déposée sur un meuble derrière vous et je suis vraiment désolé de vous avoir renversée ce matin. – Commençait-il tout en me détaillant.

Je ne bronchais point. C’étai à moi de juger si il était dangereux ou pas, et ses paroles n’y changeraient rien. Sans me retourner, je me mis également à étudier ce grand garnement qui se trouvait assis derrière la table, tout en m’approchant prudemment. Il devait être proche de la vingtaine, vu sa voix déjà muée, même si physiquement, on pourrait avoir des doutes. Mais il n’en était pas moins mignon.. Je pensais encore que ce pourrais être un elfe, vu sa carrure plutôt svelte, mais pas de doute, c’était bien un humain. Et pas d’armes sur lui, à première vue car ses habits pourraient bien en dissimuler.

– Qui es-tu ? – Demandais-je toujours dans le même ton. Il n’était pas question de me montrer plus douce, même après les excuses présentées par le jeune homme. Celui-ci s’empressa de m’apporter des réponses.

– Je m'appelle Keith Shadow, artiste et voleur itinérant usant de ses quelques talents pour essayer de rendre justice dans un monde corrompu par l'argent et le pouvoir.

Cette longue phrase n’était pas des plus aisées à digérer. Premièrement, il venait de m’avouer que c’était un voleur et j’en étais surprise. Excès d’assurance ou de stupidité ? Ou les deux ? Puis, le reste de sa phrase me fit cogiter sur l’événement de tout à l’heure, avant qu’il ne me fonce dessus, c’était de "sa" bourse que les joyaux s’envolaient. Les aurait-il donc intentionnellement distribués aux pauvres mendiants de la ruelle ? Voler pour punir et pour rendre service, équilibrer la balance.. Serai-ce donc ça ? Voilà un concept intéressant à débattre. Ou bien.. me faisait-il marcher ? Serait-ce une mise en scène pour me piéger ? Cette affaire était vraiment louche et cela me tracassait intérieurement. Je n’aimais vraiment pas cette situation et la corde de mon arc en était plus tendue.

– Pour répondre à votre question, ceci est mon petit-déjeuner. Ce n'est pas grand-chose mais je vous invite à le partager avec moi car je doute qu'il était dans vos plans de rester si longtemps en ville et je suppose que, tout comme moi, vous devez avoir faim.

Cette fausse politesse m’énervait vraiment, cela se voyait bien qu’il s’amusait à m’embrouiller. Et cerise sur le gâteau, voila qu’il se mettait à l’aise, se servant d’un pain au miel tout en basculant sa chaise en arrière et déposant ses pieds sur le rebord de la fenêtre. Il ne manquait vraiment pas de toupet celui-là. Une flèche était toujours braquée droit sur son buste, et pourtant il réagissait comme si aucune menace ne lui planait dessus. La situation était aussi invraisemblable que de voir une souris danser sous le nez d’un chat montrant ses crocs. Ô comme ce chat là devait se sentir ridicule, à cet instant.. A vrai dire, je ne savais même plus ce que je venais faire ici. Tout s’était passé si vite. A la base, je venais chercher un simple délinquant qui avait mis feu à une grosse cargaison de marchandise, un acte de vengeance sans doute qui aurait pu mettre des vies en danger. Je ne le savais pas encore.. Et maintenant, je me sentais plus que visé, comme si tout avait été manœuvré pour m’attirer ici. Il savait que je viendrais et s’était préparé à mon arrivée. Le gredin avait incontestablement une longueur d’avance sur moi.. Mon masque d’impassibilité avait atteint son limite, se fragmentant, et un soupçon de doute pouvait enfin se lire sur mon visage, pendant que celui de mon adversaire rayonnait. Je devais me préparer pour le pire.

– Je vais essayer de répondre à toutes vos questions tant que nous avons la paix... Cependant, avant cela il y a des choses que j'aimerais mettre au point. La première, j'aimerais sincèrement savoir qui ai-je en face de moi…

*Ah.. mais ça change beaucoup de chose!* Présumais-je, une vive lueur se rallumant dans mon regard bleu-vert.

– … La seconde, sachez que la loi et la justice sont deux choses différentes pour moi et que je ne respecte et ne sert que la seconde.


Mais quelle arrogance ! Voilà qu’il se mettait à faire des exigences. Cependant, j’étais bien plus tranquille qu’avant. Il ne me connaissait donc pas. Me le demander alors qu’il le savait aurait été bien trop ridicule, il devait être sincère. Apparemment, il voudrait juste discuter un petit peu. L’affaire était toujours très louche, mais au moins je me rendais compte que le scénario que j’avais imaginé était totalement infondé, et j’en ris. Un petit fou-rire de soulagement que je m’empressais vite de dompter pendant que je rangeai mon arc. La luisante flèche était restée dans ma main droite.

– Bien.. si c’est comme ça… – Commençai-je à répliquer, plus pour le distraire qu’autre chose, pendant que je m’avançais ver lui, toujours en le regardant dans les yeux pour ne pas trahir mes intentions, un petit sourire en coin..

Tout se passa très vite. Je fis tourner horizontalement ma flèche avant de la faire disparaitre en un éclat, plus distrayant qu’aveuglant, et donna un coup de pieds sur la chaise pour la faire basculer en arrière, tout en lui prenant le bras qui se trouvais de mon côté. La force de la gravité n’aurais pas eu beaucoup de pitié si je ne lui aurais pas soutenu ce bras pendant sa chute, lui évitant de taper la tête contre le sol, enfin.. pas trop fort. Il ne pouvait plus rien faire. Je tenais sa main et son coude de manière à amener ces articulations au maximum de son amplitude, sans le blesser, mais se débattre ne ferais qu’accentuer la douleur, puis je terminais rapidement ma clé utilisant la douleur provoquée par celle-ci pour le forcer à se retourner sur le ventre pendant que d’un mouvement ample, j’immobilisais son bras contre son dos. Il n’y avait rien de plus efficace que les clés articulaires, ou le Chin na, pour maîtriser un adversaire, provoquant son abandon tout en réduisant le risque de blessure, et ces techniques étaient d’ailleurs très utilisée par les forces de sécurité du royaume de Jade. Jamais je ne remercierais assez mon Maître pour me les avoir enseignés.

– La première chose que tu dois savoir de moi, c’est que ma patience a des limites. – Fis-je tout en attirant les quelques éclats de lumière qui subsistaient sur le creux de ma main, formant un fluide filet de cette matière qui vint s’enrouler sur un des poignets du jeune homme, puis l’autre que je venais de ramener, avant de se solidifier. – Allez, lève-toi que l’on puisse discuter un peu.

Je vérifiais encore s’il avait une quelconque arme cachée en tâtant brièvement sur ses habits, puis l’aidais à se relever – si on peu appeler ça comme ça, vu la tentions que je provoquais en lui empoignant son avant bras – et le somma de se rasseoir, en replaçant la solide chaise à sa place. Voilà qui était mieux, je n’avais plus qu’à me préoccuper que si je faisais face à un mage capable de m’attaquer par la seule force de la pensée.. puis le voire moins faire le mariole me suffisait amplement.

Je m’assis à mon tour de l’autre coté de la table, sans oublier de jeter un coup d’œil à l'arme qui était posé sur un meuble plus loin, et me présenta tout en mettant le petit déjeuné de côté.

– Tu peux m’appeler Elen* – En tant que chasseuse furtive, je ne pouvais décliner mon identité à n’importe qui. – Je vague sur tout Midgard au gré du vent pour veiller sur ses terres, ou du moins je donne mon contribue..

Je restais un moment pensive sur la dernière déclaration du dénommé Keith, mon ton en était devenu plus sérieux.

- Si l’homme était spontanément juste, il ne serait pas nécessaire d’établir des lois. Malheureusement, ce n’est pas le cas et l’application de la loi s’avère nécessaire pour que règne la justice eu sein de notre société, pour que chaque individu puisse disposer d’une égalité formelle. Je le concède, l’ensemble des lois ne proposent jamais qu’un schéma de justice imparfait, nous sommes encore loin de l’idéal.. Mais que serais le monde sans elles ? Ce serait sans doute le règne de la force et de la pire injustice. – Je le regardais maintenant droit dans les yeux. – C’est ce qui nous attendrais si tous faisaient justice par sois-même, comme tu l’a apparemment fait, en mettant le feu à cette cargaison, risquant même d’incendier les habitations adjacentes et mettre des vies en danger.

Je marquais une pause pour le laisser réfléchir sur ses actes, toujours attentive au moindre geste suspect, une de mes mains proche d’une gourde noire accrochée à ma ceinture, pleine de cette substance que je savais tant bien manipuler, puis je conclu d’une simple question.

– Quel est donc le motif de cet acte ?


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* Elen, pas Hélène!! >.<
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MessageSujet: Re: Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin] Mar 6 Aoû - 9:35
Je pensais que tout danger était écarté maintenant que ma poursuivante avait rangé son arc cependant je ne m'attendais pas à ce qu'elle me réservait. Après s'être discrètement rapprochée, elle fît basculé ma chaise et m'immobilisa au sol grâce à une prise que je n'avais jamais vu. « La première chose que tu dois savoir sur moi, c'est que ma patience a des limites. » me dit-elle tout en m'attachant solidement les poignets grâce à une sorte de pouvoir. « Personne ne possède une patience sans limite. » répliquais-je à ses paroles mais visiblement la chasseuse voulait discuter d'autre chose que de points de vue philosophique.

Elle m'aida à m'installer à nouveau sur ma chaise même si mes entraves m'empêchaient de continuer mon déjeuner. Visiblement, elle avait mal pris mon petit jeu mais j'avais encore un atout dans mon jeu pour m'échapper si jamais la suite des événements tournaient au vinaigre. Elen, puisque c'est ainsi qu'elle se présenta, s'assit ensuite à table mais délaissa complètement le repas qui était toujours posé dessus et commença à m'interroger. Bien que je ne retint pas tout de son discours, plusieurs passage me marquèrent. Elle commença par dire « Si l'Homme était spontanément juste, il ne serait pas nécessaire d'établir des lois. » et, même si elle reconnaissait que le système était imparfait, cette phrase me fît sourire. Je dû même faire de gros effort sur ma personne pour ne pas l'interrompre lorsqu'elle décrit les lois comme nécessaire pour ne pas sombrer dans le chaos. Visiblement, elle essayait d'avoir un discours moralisateur, un peu comme ma mère, mais elle me comprenait nettement moins bien que cette dernière.

Elle laissa le silence s'installer mais je compris que ce n'était guère pour entendre mais réponse mais plutôt me faire réfléchir à mes actes... Cependant ils étaient mûrement réfléchis et je ne regrettais rien, je mis donc ce temps à profit pour élaborer ma réponse afin d'être moins arrogant que depuis le début de notre rencontre. « Quel est donc le motif de cet acte? » me demanda-t-elle et je lui répondu simplement « La Justice. ». Cependant, je ne lui laissa pas le loisir de répliquer à cette réponse trop brève pour en être une afin de dire ce que j'avais sur le cœur. « Je ne suis qu'un homme, mais j'ai eu le privilège d'être élevé par des elfes depuis ma naissance. » déclarai-je « Les lois en vigueur dans les territoires des Hommes ont été rédigée par les puissants et les riches qui, sous couvert d'assurer l'égalité entre chacun, ont en réalité cherché à asseoir leur domination. Les lois instaure la société du plus fort en la faisant passer pour celle de l'équité... C'est juste moins sanglant. » terminai-je quelque énervé par le point de vue de mon interlocutrice sur les lois que je détestais tant.

Bien sûr, je ne pouvais pas lui en vouloir mais je trouvais étrange d'une personne ayant visiblement des origines elfiques d'avoir un tel point de vue. Les elfes n'ont pas vraiment de lois mais plutôt une tradition et une sagesse assurant l'ordre. Mais, contrairement aux humains, les elfes sont des êtres bons et justes de nature, c'est sans doute là la plus grande différence entre ces deux peuples pensai-je. Après tout, j'estimais que la rousse avait reçue une éducation elfique mais ce n'était peut-être pas le cas puisque j'avais déjà remarqué qu'elle avait aussi des caractéristiques physiques similaires aux humains aussi je pris la décision d'expliquer un peu plus en détail le choix de ma victime. « Shade est une crapule... Sous couvert de les soigner, il rends dépendant des personnes, assez aisée pour l'enrichir mais trop faible pour s'opposer à lui, à des drogues. Mais évidemment, tant que ça ne provoque aucun soucis, les gardes ne se pose pas de question à cause de ses relations. » dis-je toujours quelque peu excédé par le discours qu'Elen m'avait tenu.

Bien sûr, je ne possédais aucune preuve physique pour appuyer mes accusations dont le seul élément étayant ma certitude était d'avoir été le témoin oculaire des agissements douteux de l'herboriste. Mais j'étais sûr que le serpent qu'était Shade avait prévu ce genre de situation et prévu un plan de secours et qu'il devait donc encore y avoir des traces de ses activités dans sa boutique. Fixant dans les yeux l'archère, je la mis rapidement dans la confidence en lui exposant mon plan. « Vous n'avez que ma parole pour l'instant. » commençai-je « Mais, cette nuit, j'irai voler les preuves des magouilles de Shade qui sont encore en sa possession si les gardes ne l'ont pas arrêté. J'ai utilisé cette méthode pour faire croire à un règlement de compte entre trafiquant pour forcer les gardes à prendre les choses en main au lieu de faire l'autruche. ». Je terminai ma réponse en marmonnant que cette méthode, en plus d'attirer l'attention des gardes, m'avait permis de dérober une quantité de joyaux assez conséquente pour donner aux plus démuni sans quoi nous ne nous serions jamais rencontré. J'avais cependant évité de le dire d'une voix intelligible car je doutais fortement que ma rencontre soit un événement dont la jeune femme reparlerais un jour.

Malheureusement, une activité anormale au rez-de-chaussée attira mon attention. Des bruits de pas lourds m'indiquaient qu'une ou plusieurs personnes porteuses d'armure étaient entrée dans l'établissement et je fis donc immédiatement le lien avec les gardes. Il était temps pour moi de partir d'ici mais je ne pouvais laisser Elirith derrière moi. Je lançai donc à Elen « Si vous partez à ma poursuite, auriez-vous la gentillesse de prendre ma rapière avec vous? Cela me fendrait le cœur d'avoir à la laisser derrière moi car elle représente mon histoire. » avant de me transformer grâce à mon pouvoir de changeling. Grâce à ma nouvelle forme beaucoup plus petite, les liens qui entravaient mes poignets devinrent trop ample et, sans laisser le temps à l'archère de réagir, je bondis par la fenêtre. Je traversait rapidement les ruelles tout en veillant à laisser des traces suffisante pour être retrouvé par la rousse car j'avais envie de poursuivre notre conversation à laquelle j'avais du mettre fin si brusquement à cause des gardes. En moi-même, je me plaignais de mon pouvoir qui m'était toujours si désagréable mais j'en oubliais de laisser une piste pour la chasseuse. Je profitais donc de ce moment de répit, même si elle devait toujours être sur mes talons, afin de faire un crochet par l'herboristerie afin de voir où en était l'enquête. Un garde était de faction devant la porte, à priori bien fermée, de la bâtisse. Visiblement, les gardes avaient décidé d'ouvrir les yeux sur les petits trafics de Shade et cette nouvelle était pour moi une raison suffisante d'être content de mon travail avant de reprendre ma route à travers les rues d'Alcombord.
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Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin]

MessageSujet: Re: Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin] Sam 7 Sep - 15:18
Spoiler:
 

– La Justice. – Avait-il déclaré sèchement, avant de développer sa réponse, montrant tout son agacement pour cette réalité qu’il décrivait, et ma réprimande y était sans doute pour quelque chose aussi..

Je n’aimais pas le ton qu’il employait, surtout pour me reprocher une réalité que je n’avais pas contribué et que je méprisais autant. Et pourtant, j’avais vécu une partie de mon enfance dans ce monde d’hypocrisie et d’opulence, bien consciente de son luxe, son gaspillage injustifié et ses mœurs relâchés. Le sentiment d’injustice de tous ses privilèges, obtenus sans mérite, était bien plus intense que pourrait croire Keith, mais je ne voulais m’énerver de nouveau, ni m’égarer dans une discussion sans fin… Et effectivement, la société elfique serait des plus saines et n’avais rien à envier des autres royaumes en terme d’équité, même si elle n’était pas parfaite pour autant. J’étais bien surprise d’apprendre que cet humain aurait bénéficié d’une éducation du peuple Sylvain, surtout pour un présumé voleur. Je saisis le verre d’eau vide et jouais avec, distraitement, avant de répondre plus calmement à sa remarque.

– C’est les inégalités juridiques et sociales de la terre des Humains qui sont à plaindre, et non pas ses lois.. La loi du plus fort persiste à cause de l’hiérarchisation de notre société et c’est l’obéissance aux lois communes qui n’est pas garantie, malheureusement… Là est un sujet complexe, intéressant à débattre, mais nous divaguons.

D’un signe de main, je lui sommais de continuer, chose qu’il se décida rapidement à faire, rentrant finalement dans le vif du sujet.

– Shade est une crapule... Sous couvert de les soigner, il rends dépendant des personnes, assez aisée pour l'enrichir mais trop faible pour s'opposer à lui, à des drogues. Mais évidemment, tant que ça ne provoque aucun soucis, les gardes ne se pose pas de question à cause de ses relations. – Expliqua le jeune homme, toujours un peu excédé.

Cette fois, je ne pus dissimuler ma surprise. Shade ? C’était bien l’herboriste que l’on m’avait recommandé ?!  S’il racontait bien la vérité, cette histoire était sérieuse. C’était vraiment répugnent comme méthode, et j’aurais bien pu être la prochaine victime.. J’aurais peut-être jugé ce chenapan trop rapidement, tout compte fait. Mais les choses auraient pu prendre une autre tournure s’il n’avait pas tenté de se jouer de moi. Je ne me sentais pas en tord.. Celui-ci finit par me fixer de ses yeux bleus ciel et m’exposa ce qui semblait être un plan. J'était toute ouïe.

– Vous n'avez que ma parole pour l'instant. Mais, cette nuit, j'irai voler les preuves des magouilles de Shade qui sont encore en sa possession si les gardes ne l'ont pas arrêté. J'ai utilisé cette méthode pour faire croire à un règlement de compte entre trafiquant pour forcer les gardes à prendre les choses en main au lieu de faire l'autruche. – Déclara-t-il, finissant par marmonner quelque chose qui m'était pratiquement inaudible, malgré ma fine audition.

Il s’agissait donc de le relâcher pour le laisser terminer le travail qu’il avait commencé. Vraiment, je ne savais pas si je pouvais lui faire confiance, mais cette affaire m’intéressait et je devais m’assurer que cette crapule soie mit hors service, pour qu’il n’y aie plus de nouvelles victimes. Seulement, quelques bruits d’agitation à l’étage du dessous coupèrent net mon raisonnement et je me relevais brusquement, réalisant que nous serions bientôt à découvert.

– Les gardes arrivent !– Soufflais-je à son adresse, avant de me rendre compte qu’il avait également entendu.

Je comptais le libérer de mon emprise, mais une fois encore, il avait une longueur d’avance sur moi. Je n’eu le temps de le répondre à sa demande, qu’il se transforma aussitôt en… rat ? Un changeling ?! Mais alors.. ce n’était pas un mage ! Ahurie, je regardais filer par la fenêtre ce que je pus identifier comme un loire, et non un rat comme à ma première impression. Je m’était donc préoccupée pour peu.. Plein de nouvelles questions se bousculaient dans mon esprit, mais là n’était pas le moment car, immédiatement après la disparition du rongeur, cinq gardes pointèrent leurs nez à l’entrée de la chambre, épées dédaignées. Je n’eu que le temps de me déplacer vers le meuble d’en face, cachant de mon dos la rapière qui s’y trouvait toujours. Entre ces quelques mines surprises de trouver une femme dans la pièce, je reconnus le garde qui était tombé auprès de moi quelques instants plus tôt, ce qui me rassura quelques peu.

– Messieurs, le suspect s’est malheureusement enfuit par la fenêtre lorsque je fis éruption dans la chambre, il y a de cela deux minutes... – Déclarais-je le plus naturellement du monde, espérant que les gardes le penseraient bien loin maintenant. – Il a même laissé son petit déjeuné quasi intacte. – Continuai-je en leurs montrant la table, sans vraiment savoir ce que cela prouverait. Je profitait juste de cette distraction improvisée pour saisis subtilement l’arme du changeling et l’accrocher à ma ceinture, sous ma cape.. Ça, c'est fait.

Visiblement de mauvaise humeur, celui qui semblait être leur chef s’avança vers moi et, rapidement, je me vis menacé d’une lame contre ma gorge.

– Qui êtes-vous, oreilles pointues ? Et que faisiez-vous avec la crapule ? Ne me cachez pas que vous agissez avec lui !

Me voila dans un beau pétrin. Je tentais de garder mon calme face à la stature intimidante et oppressante du garde incliné sur moi, le froid de l’acier toujours appuyé sur ma peau, et surtout, face à l’odeur non identifié qui émanait de son museau, trop repoussante, trop proche à mon goût.. Par tous les dieux, quel horreur!!

– Je.. suis Elenwë Faelivrin, archère sans étendard. Je voyage sur tout rune Midgard pour apporter mon aide aux causes que j’estime justes.. Et je n’ai aucun rapport avec lui! Je suis arrivée ce matin même au sein de cette ville et me suis fait bousculer dans la rue par le vandale en fuite.. et l’ai suivi jusqu’ici. Votre collègue ici présent peu vous le confirmer. – Me défendais-je tout en écartant mon visage autant que je le pouvais.

– Hum.. Effectivement, je l’ai vue dans la rue aux mendiants, mon Caporal. – Témoigna-le garde tout en faisant un pas en avant.

Leur chef resta encore un instants pensif, maintenant son regard colérique sur moi, avant de me relâcher de son emprise, à mon grand soulagement.

– Restez tranquillement ici !  – M’ordonna-t-il avant de se retourner ver les autres gardes – Eric et Odoris, continuez les recherches dehors. Quant à vous autres, fouillez tous les recoins de la chambre !!

Tous s’exécutèrent illico. Quant à moi, je m’assis sur la chaise précédemment occupé par le changeling. Profitant de l'air qui y était plus frais, je les observais mettre la pièce sans dessus dessous. Que penseraient-ils trouver dans la chambre d’un simple voleur? Je trouvais cet acharnement suspect, même que l’agressivité employée par ce garde était excessive à mon goût. Il y avait anguille sous roche, à coup sûr, et tenter de soustraire plus d’informations de ce caporal me semblait inviable maintenant. Comme ils ne semblaient ne rien trouver, je retournais mon attention vers la fenêtre ouverte, songeant sur les prochains pas à faire, du moins si les gardes auront l’amabilité de me laisser tranquille. Je fronçais les sourcils en pensant que je n’aurais probablement pas cette chance…

Cela pris un temps fou avant que tous trois abandonnent leurs recherches, chacun affilié à son recoin de la pièce. Terminant d’inspecter l’intérieur du matelas éventré, le chef éleva finalement sa rude voix à l’adresse de la demi-elfe.

– Mademoiselle, vous viendrez avec nous pour que l’on puisse vous interroger sur… Mais.. ? Où est elle passé ??! – Finit-il par s’exclamer en se retournant, ne trouvant à sa place que quelques plumes blanches d’un oreiller qui voletaient sous un courant d’air frais.  



Courir sur les toits des grandes villes m’était presque aussi plaisant que de branche en branche, en plein milieux des forêts. L’adrénaline y était, et la vue aérienne de l’imposante cité, simplement époustouflante. Suivant quelques pistes clairement laissées par le rongeur, j’étais arrivé sur le haut bâtiment en face de l’herboriste, qui était d’ailleurs fermé. L’acte de Keith avait sans doute fait de l’effet. Mais.. où était t’il donc passé ? Comme je ne trouvais plus de pistes, je m’étais accroupi sur le point le plus élevé de l’édifice et cherchais parmi les passant des proches ruelles. Des runes circulairement disposés se dessinaient d’un fin trait doré sur l’iris de mes yeux, mélange d’émeraude et de saphir, sous l’effort de focaliser à cette distance, et un par un, chacun des visages. Ce seau me permettait en quelques sortes de contrôler mon énergie lorsque celle-ci fluait dans mon corps. Pfiuu! Il y avait tellement de monde! jamais je n’arriverais à le trouver de cette façon, pensais-je, mais rester près du commerce de Shade restait tout de même le mieux à faire.. J’observais distraitement une dispute entre deux marchant dans une rue qui aboutissait sur une grande place, lorsque la chance me sourie enfin.. et aussitôt, j’avais disparu de mon perchoir pour vite rejoindre le dense flot de gents.

La place où je me retrouvais maintenant était des plus animées. Un spectacle d’acrobaties s’y déroulait, mêlant force, équilibre, agilité et souplesse au son de la musique pleine d’entrain. Moi-même j’en étais impressionnée, me sentant incapable de faire pas même la moitié des prouesses de ces acrobates. Cependant je passais vite à d’autres choses. M’adossant contre le mur, au coin d’un édifice, je repris la rapière et son fourreau en main et la contempla, la manipulant avec précaution et considérant le joli ornement elfique sur la garde de celle-ci.

– C’est une singulière arme que tu as là, Keith. – Déclarais-je, jetant un coup d’œil de côté. Le Changeling venait d’apparaître juste au coin, faisant ses premiers pas dans l’enceinte de la grande place. – Je serais curieuse de te voir t’en servir, mais pour le moment, je préférerais la garder sur moi. J’espère que tu ne m’en voudras pas trop..

Toujours méfiante, je tenais à la garder comme garantie, dissuadant, si jamais, le filou de prendre la poudre d’escampette à la première occasion venue. Je rangeais l’arme et me retournais finalement vers le jeune homme aux yeux azur.

– La réaction du chef des gardes qui sont apparus dans l’auberge m’a semblé excessive pour un "simple" cas de vandalisme. Sans compter la chambre totalement ravagé par leurs fouilles. Je m’en méfierais.. – Je restais un instant pensive, observant les mouvements spectaculaires des acrobates, un peu plus loin, puis lui adressa un premier semblant de sourire. – Si jamais ton histoire est vraie et que nous arrivons à obtenir les dites preuves, je me chargerais de les apporter à un ami de confiance, un Chevalier d’Alcombord bien positionné dans l’Ordre. Je pense qu’il saura quoi faire après..  
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Un vol en plein jour. [PV: Elenwë Faelivrin]

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