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[Forgeron] Ève Errin

MessageSujet: [Forgeron] Ève Errin Mer 7 Aoû - 4:24



Midgard

~~ Ève Errin~~

  • Nom : Errin
  • Prénom : Ève
  • Sexe : ♀
  • Âge : 20
  • Race : Semi-Naine
  • Classe : Forgeron


  • Magie & Armes : 

Magie du feu
Par ses ancêtres ecclésiastiques, Eve possède le don des arcanes dans ses veines, et malgré que le domaine de ses grands-parents reste le soin, la jeune femme possède en elle des pouvoirs pyrotechniques, tout juste assez puissants pour faire fondre du métal avec un peu de concentration ou allumer un feu ; elle ne possède aucunement assez de puissance pour brûler un homme et après tout, la magie, c’est pour les faibles. 

Fafnir est la première arme que la jeune fille a forgée, à l’âge de vingt ans, juste derrière un vulgaire couteau de cuisine offert à sa mère. C’est aussi en quelque sorte son initiation, sa première réussite en matière d’armement, et pour fêter l’événement, son mentor lui a offert les gravures l’ornant ainsi que la décoration, à savoir l’emblème de sa famille, un lion rugissant, qui demeure également sur son armure. L’arme, dans toute sa longueur, mesure approximativement un mètre et demi, et l’épaisseur de la tête avoisine les trente centimètres ; le manche, en bois sombre d’une qualité certaine, est surmonté de la partie la plus lourde de la masse d’arme, elle-même d’un acier gris foncé cerclé d’or. Lorsque certains s’en serviraient à une main, Eve l’emploie de ses deux membres, pour plus de puissance. La forgeronne l’affiche fièrement dans son dos.

Son armure, relativement lourde, faite d’acier trempé et de vrai-argent, reste aux mêmes couleurs que son arme de prédilection, cerclée de doré, et possédant le blason de son clan sur le cœur ; intégrale ou presque, elle couvre tout son corps à l’exception de sa tête. Plutôt luxueuse, elle lui a été offerte par sa famille.

  • Stats : (15 étoiles à distribuer)

Vitalité      
Attaque          
Magie          
Déf. Physique     
Déf. Magique          
Vitesse          

  • Caractère :

Ève, depuis sa tendre enfance et dans tous ses faits et gestes, est la représentation même de l’espièglerie et de la bonne humeur, mais aussi du fort caractère : toute petite déjà, elle égayait par ses rires et ses farces joyeuses les murs de la bâtisse familiale, arrachant des sourires ou des regards réprobateurs à ses géniteurs ; cependant, la versatilité de son caractère changeant de la colère soudaine à l’amusement en un tour de main faisait d’elle une petite fille difficile, d’avantage encore lors des visites à sa famille plus empreinte dans la noblesse du la ville du Monastère. Destinée initialement à reprendre la fromagerie de sa mère,  l’élevage de chevaux de son père étant réservé à son frère aîné, la jeune semi-naine n’avait pas pour autant l’intention d’obéir à ses parents ; la tête de mule était plus attiré par la magie – n’en déplaise à son peuple – ou encore par les arts de la forge, et nul ne pouvait l’escompter comme future femme au foyer sédentaire,  ancré dans les traditions et les rites. De ce fait, reniant les principes de bases de sa société, Ève n’hésite pas à se montrer publiquement et à sortir au grand jour, remettant en cause la discrétion coutumière des Naines ; seuls les instants ou l’on peut  les apercevoir restent les événements importants tels les batailles,  auxquelles la jeune femme compte bien participer pour y défendre ses origines.

Tous savent qu’il est fort mal venu de fâcher une Naine, et les plus avisés devineront qu’il l’est encore moins d’énerver Ève ; lourdement armée en permanence, accompagnée de ses familiers, elle n’hésitera pas une seconde à vous rendre  vos mots blessants en coups qui le seront tout autant, à l’aide de son fidèle marteau de guerre nommé Fafnir, en honneur des légendes. A ce sujet, la jeune femme y prend particulièrement soin, l’arme étant l’une des premières qu’elle ait forgée,  derrière son couteau, peu utilisée par maque de portée. C’est avec Flocon, son ourse, qu’elle s’entend le mieux, et elle n’hésitera jamais à lui offrir moult friandises, flatteries et caresses, et à la défendre de ses armes, l’animal étant souvent chargée de matériel l’empêchant de se battre efficacement ; il fut un temps ou la petiote l’utilisait en guise de monture, lorsqu’elles étaient toutes deux jeunes, et elles aimaient à parcourir les étroites et rares plaines du Duncain, lorsque le soleil estival rendait les températures agréables et faisait de l’hivernation de la bête un lointain souvenir.  Jamais Ève ne s’en irait loin de celle-ci, pour la bonne et simple raison qu’elle représente un besoin vital, soutenant son matériel et armes, mais aussi car, au fil des ans, une solide affection s’est tissée dentre les deux individus.

Habitante Du Monastère, ville enclavée entre deux sommets de La Lame, la chaîne de montagne constituant Duncaïn et séparant Tubalcaïn en deux, à l’image de sa cité d’origine et de son grand-père maternel, Ève demeure profondément religieuse, ancrée dans les traditions Naines, son ancêtre étant un prêtre chassé de la maison mère, la capitale, par manque d’adeptes en ces lieux ; dernier rempart religieux des Nains, le lieu de naissance de la jeune femme reste relativement pieux, peuplé d’anciens ecclésiastiques, et malgré que la religion n’y est plus réellement pratiquée, les habitants montrent un profond respect pour les représentants de celle-ci. A l’image de sa famille, l’une des dernières pratiquantes de la religion, la forgeronne, dont l’éducation fut imprégnée de foi, reste fervente croyante. Malgré que Naine à l’ancienne elle demeure, tenant aux traditions, elle n’en reste  pas moins féministe et indépendante,  revendiquant l’importance des dames dans la société Naine. 

C’est au travail que la jeune femme sait reprendre son sérieux, conservant malgré tout son rassurant sourire, attirant sympathie ; malgré que certains se méfient  de voir leurs armes et armures confectionnées par une femme, nul ne peut renier la qualité de son travail une fois l’œuvre dans les mains. Malgré cela et son étonnant attirail des plus fourni, Ève n’est pas prête à concurrencer les forgerons légendaires, initialement fournisseurs divins comme cela est conté dans les livres sacrés qu’elle connaît si bien.


  • Physique :

Malgré qu’Ève tienne plus, en apparence, de l’humaine que de la Naine, nul ne peut prétendre le contraire, car plus qu’une conviction, c’est un fait : la jeune femme est d’avantage, dans l’esprit, les coutumes et les centres d’intérêt, une parfaite représentante du petit peuple, et beaucoup montrent de l’étonnement lorsqu’ils apprennent les origines de la forgeronne. En effet, ses yeux bleus comme une mer exotique et son visage aux traits d’ange, si fins, ne peuvent que démentir cette affirmation, ainsi que la finesse de sa longue chevelure brune tombant en masse sur ses épaules et son dos dans une gracieuse cascade, dont la pureté couleur de bois n’est qu’embellie par le tiare qu’elle porte en permanence, s’avérant être en réalité un simple morceau de tissu doré passé autour de sa tête. Sa taille également, tenant plus du gabarit humain que de celui de la plupart des courtauds, est d’un mètre soixante-huit, et ainsi, bien vite, elle surpassa son père d’un demi-mètre ; malgré ce gouffre évident de grandeur entre les générations, l’autorité naturelle  n’a nullement cessé de faire effet sur la jeune femme. 

Lorsqu’Eve ne revêt pas son armure de combat, la jeune femme n’hésite pas à porter des vêtements légers, ne craignant pas le froid, et ainsi, sa tunique bleue découvre son nombril ainsi que ses bras ; en cas de gel trop mordant, ses dons lui permettent de rehausser sa température corporelle, lui permettant de s’adapter à la plupart des environnements. Un pantalon brun couvre ses jambes, masquant de belles cuisses, à l’image du reste de ses courbes, généreuses dans l’harmonie, l’ensemble lui conférant une certaine beauté qui lui a valu du succès auprès des hommes, cependant, ces aventures s’étant terminées par de cuisants échecs, la jeune femme s’en est un peu désintéressée. Son apprentissage du métier de forgeron et du maniement de la masse d’arme lui a offert de solides bras, légèrement musclés, et sous cette carrure peu impressionnante se cache pourtant une force étonnante. 

Compagnon


Flocon, son ours brun, demeure une parfaite représentante de son espèce, sa fourrure couleur bois foncé lui offrant un camouflage relatif en milieu boisé ; plutôt massive, elle mesure deux mètres lorsqu’elle se dresse sur ses pattes avant. La charge sur son dos l’empêche cependant de se battre ou même de se lever, la reléguant au rang de mule ; Eve voyage donc à pied, cependant, au vu du rythme lent de la bête, la forgeronne ne se fatigue que rarement. Cependant, l’animal hiverne à chaque saison froide, état le tirant dans une forte léthargie, d’une façon cependant différente à certains animaux qui eux, hibernent. Ainsi, l’ourse peut, durant son sommeil, être éveillée, et se reproduit également durant cette période ; c’est durant ces instants que Flocon reprend une certaine part plus sauvage et animale, malgré son dévouement envers Eve.


  • Thème : Honey Pie ~ The Beatles
  • Adore : Adélaïde, le métal, la neige, les cheveux, le miel, les Nains, la guerre, la religion
  • Déteste : La canicule, les chasseurs, l'aniséïconie, les cavernes


  • Histoire :

C’est en faisant mes bagages que j’ai retrouvé ce vieux journal, au fond d’un tiroir, noyé sous une bonne épaisseur de poussière. Je pense que c’est Adèle qui me l’a offert, il y a de cela de nombreuses années, car la première page est marquée d’une écriture enfantine laissant comprendre, lorsque l’on parvient à déchiffrer les traits issus de la main du bambin, qu’il m’est dédié. J’ignore comment elle se l’était procuré, car la couverture est reliée soigneusement d’un cuir brun et épais, couvert de gravures que je sens en passant mes doigts sur sa couverture, et j’ignore également comment j’ai pu oublier un si beau cadeau, en tant que petite fille. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de lui faire honneur en y couchant mon voyage et mon histoire.

Je suis née dans une grande maison non loin du centre du Monastère, cité enclavée entre deux sommets de la chaine de montagne de la Lame, qui coupe la région de la capitale Tubalcain en deux, et par laquelle est composée l’entièreté de la province de Duncaïn ; cette ville, l’une des dernières pieuses de mon peuple – en réalité, on ne peut parler de foi comme on l’entend d’habitude : Le Monastère est composé de moult anciens ecclésiastiques et autres vieux barbus, ainsi que de nombreux édifices religieux, et malgré que les dieux ne sont plus réellement prêchés, tous doivent le respect aux représentants divins peuplant ces lieux. Difficile d’accès, l’unique voie pour y accéder serpente parmi les montagnes, rendant le passage par Shor, l’une des plus imposantes citadelles Naines, obligatoire, initialement créée quelques années après Le Monastère afin de protéger leur plus grand rassemblement de culture et de religion. Dans son ensemble, la ville s’est établie sur une petite colline, elle-même entourée par des montagnes, sur laquelle fut bâtie la Cathédrale, l’un des plus glorieux édifices de tout temps et races, à ma connaissance du moins ; c’est au pied de cette butte que je pus pour la première fois respirer l’air frais de cette nuit de décembre, alors que, dans l’obscurité, les flocons tombant dru des nuages venaient remplacer les étoiles, masquées par cette couverture gris foncé qui avait couvert les cieux. Au loin, les sommets de la Lame nous surplombaient de tous côtés par leur grandiloquence, si haut qu’ils perforaient les cieux, si beaux que, enfant, je croyais que les dieux y avaient élu domicile. Les premières années de ma vie filèrent sans peine, avec rapidité et une absence étonnante de souvenirs concrets, tels les eaux d’un ruisseau qui s’écoulent inlassablement, de la source à l’embouchure, et je pense pouvoir estimer qu’elles furent heureuses, baignées dans l’attention de mes parents et de ma grande sœur ; en ces temps-là, mon père était déjà fournisseur officiel du chef de clan et de son armée d’élite et ma mère produisait déjà du fromage de chèvre qu’elle vendait aux particuliers, tandis qu’ils me voyaient déjà assister ma génitrice dans son travail toute ma vie, et qu’ils attendaient un fils pour reprendre l’élevage paternel.

Le premier événement notable qui me semble important d’être couché par écrit remonte à l’année de mes huit ans.


Une épaisse nappe immaculée avait pris possession de la beauté Du Monastère, remplaçant son charme bucolique et montagnard par une couverture féérique, si pure, si blanche sous le soleil qui brillait haut dans le ciel bleu, dont la quiétude n’était que rognée par les sommets alentour ; comme si la neige avait étouffé tout son pouvant troubler cet instant, un épais silence régnait dans la maison familiale, et seuls mes pas légers sur l’escalier de vieux bois, grinçant mais solide, tandis que je m’empressai de plaquer mon nez contre la vitre. Ce n’était aucunement la première fois que j’apercevais l’eau sous sa plus noble forme, mais tout cela était tombé si vite, si calmement que l’envie d’aller m’en délecter m’avait saisi aux tripes, me poussant à rebrousser chemin, mes pieds nus chatouillés par la douceur du tapis coloré ; sans bruit, je poussai la porte de chêne menant à ma chambre, et, alors que j’avais pris soin de ne pas l’éveiller auparavant, je remuai légèrement la masse de couvertures rouges qu’étaient ma sœur, qui sommeillait toujours dans son lit au matelas trop mou dans lequel elle s’enfonçait. Dans un lent mouvement, elle se retourna sur le dos, et je pus enfin apercevoir son visage aux yeux bouffis par le sommeil, et, pour toute réponse, elle émit ce que j’apparentai à un grognement mécontent.

- Allez, viens, réveille-toi, j’ai quelque chose à te montrer !

- Mghff…

Tandis qu’Adèle faisait son possible pour poser pied à terre, je retirai mes vêtements de nuit pour enfiler une tunique plus chaude, rouge accompagnée d’un pantalon blanc, initialement pour garçons, mais cela n’avait pas grande importance. Le temps d’enfiler mes chaussures, ma grande sœur était sur ses pieds, cherchant à tâtons ses habits de la veille pour les enfiler une nouvelle fois en vitesse ; d’un geste, elle les happa pour les passer sur ses jambes et bras et bien vite, nous pûmes tout deux revenir dans la pièce à vivre, au rez-de-chaussée, prêtes à l’exploration.

- Eve, il est tôt…

- Justement, parle moins fort, tu vas réveiller papa et maman !

A cette époque, Adélaïde Errin de son vrai nom avait dix ans et moi huit, et pourtant, c’était toujours moi qui l’entraînait vers les bêtises ou autres escapades insensées, dans les alentours de la ville ou même dans son cœur, et malgré la demi-douzaine de milliers d’habitants y résidant, beaucoup nous connaissaient, les deux petites Errin qui faisaient les quatre cent coups ensemble, cependant nous en venions à avoir exploré coins et recoins de la cité, de la Cathédrale en son sommet jusqu’aux portes de la ville et aux gardes qui les défendaient avec ferveur, malgré l’absence d’ennemis, et qui nous offraient des friandises ; c’est pourquoi l’appel  de l’aventure, en dehors des murailles, nous appelaient. 

Ainsi donc, ce matin-là, alors que la neige crissait sous nos bottes et que le soleil brillait sur la blancheur immaculée, nous forçant à nous protéger de nos mains contre les agressifs rayons, j’entraînais ma sœur vers les hauteurs de la ville, et bien vite, nous nous retrouvâmes devant l’impressionnant édifice pieux qui nous surplombait ; la lumière, dans ses vitraux colorés, décalquait les scènes divines sur le tapis blanc, juste à nos pieds. Contournant le bâtiment par son arrière, là où se trouvait cours fleuries et jardins publics envahis par la végétation, nous écartions de nos bras branches et feuilles couvertes d’épines, progressant inlassablement pendant quelques temps, jusqu’à parvenir à un pan de l’espace public voisinant directement la muraille ; accroupie, je désignai à ma sœur du doigt un gouffre dans l’impénétrable – soi-disant – protection envers des adversaires n’existant pas réellement, par lequel les lapins allaient et venaient librement, au vu des traces de pattes dans la neige, pour aller grignoter les plantations à l’intérieur de la cité. L’émerveillement pu se lire sur les yeux de la petite fille, suivi sans attendre d’un froncement de sourcils inquiet.

Eve… Tu es sûre qu’on a le droit ? 

Adélaïde était la seule de nous deux qui avaient déjà quittés ces murs grisâtres pour voir le monde extérieur, ayant accompagné mon père à Shor, la maison de la région, capitale commerciale Naine, pour l’exportation annuelle chevaline ; elle avait investi les monts, chevauché un cheval derrière mon père, les bras fermement accrochés à son ventre tandis que ils parcouraient au trot les voies étriquées traversant la lame jusqu’à la forteresse mère en compagnie des partenaires commerçants de mon père, à savoir le forgeron et l’éleveur de bœufs. Ils s’en étaient allés un peu moins d’une lune et demie, autant dire, à cette époque, une éternité, et, pour cette raison, je la jalousais ; j’avais moi aussi une soif d’aventure grandissante. En réponse à sa précédente interrogation, je lui souris de toutes mes dents.

Bien sûr qu’on a le droit !

Nous dévalâmes la pente de la colline sur laquelle était bâtie la ville, couverte de givre, et nos bottes aux semelles trop lisses dérapaient sans peine sur ce sol gelé ; tandis qu’Adélaïde avait maîtrisé sa descente, moi, ayant toujours été la plus maladroite des deux, j’avais patiné de mes pieds sur le sol froid, ma bavure me projetant avec force vers l’avant, et malgré que je touchai bien vite le sol, je continuai ma glissade à plat ventre dans la neige qui avait amorti le choc. Tandis que je me faisais la réflexion que j’avais bien fait de revêtir mes habits de pluie, ma sœur, inquiète, trotta rapidement vers moi, s’assurant de mon état, et, comme pour signifier que l’on pouvait continuer, j’éclatai d’un rire clair qui s’en alla raisonner haut, tout en haut, contre les parois des montagnes qui nous entouraient.

Hé, viens voir par ici !

La voix de ma sœur me tira brutalement de mes pensées emplies d’émerveillement alors que je progressais à petits pas dans la vallée, le nez en l’air vers les sommets, tout aussi blanc qu’ici-bas, la tête pleine d’histoires de dieux et déesses – Ma mère m’avait certifié qu’ils habitaient La Lame – et de projet insensés ; ayant emprunté un chemin différent, la petite fille demeurait à une vingtaine de mètres de moi-même, non loin d’une paroi rocheuse qui marquait  le pied de la montagne, elle-même creusée d’une cavité sombre dont, malgré le soleil éblouissant, restait des plus sombres.

Attends-moi !

D’une course emplie d’impatience juvénile et d’excitation, tandis que ma longue chevelure brune jouait dans le vent, je me ruai vers Adélaïde, sa frange blonde et son nez rougi par le froid environnant, qui patientait les bras croisés, à la limite entre la lumière naturelle et l’obscurité profonde qui semblait littéralement se dégager de ce lieu ; son visage, dans un mélange d’une envie d’aventures et d’une légère frousse, me fixait d’un regard qui me mettait au défi. Bien sûr que j’allais oser !

- Alors, tu oses visiter la grotte ?

- Évidemment ! Dis plutôt que tu as trop peur pour la visiter en première !

La caverne s’offrait à moi, tel un trou béant dans la paroi lisse et givrée de la montagne, dont l’obscurité avait été préservée par l’absence de neige en son intérieur, mais aussi car le soleil avait dépassé le sommet et que l’ombre imposante de la Lame nous avait désormais englobées ; doucement, comme si le sol allait s’affaisser sous mes pas, je posais un pied devant l’autre, les yeux grand ouverts, impressionnée par cette représentation de dame nature, si banale et pourtant, pour moi, la petite fille qui n’avait jamais quitté sa ville, grandiose. Des bruits d’eau résonnaient, gouttes tombant de stalactites sur stalagmites, et dès les premiers mètres parcourus à l’intérieur, l’ambiance se métamorphosait, passant des monts enneigés à une atmosphère humide et sombre, fraîche, accompagnée d’une odeur de renfermé, comme si nulle botte ne l’avait foulée depuis dix lunes, et le silence n’y arrangeait rien, car seules nos respirations venaient le briser dans un petit nuage blanc ; Adélaïde était restée à l’entrée, me fixant de ses grands yeux bleus tandis que je disparaissais peu à peu dans l’obscurité. Soudain, quelque chose attira mon attention ; mon acuité visuelle étant réduite, je m’étais concentrée sur mon ouïe qui avait repéré quelque chose d’anormal. J’étais trop éloignée de ma sœur pour toujours entendre son souffle, pourtant un autre que le mien se faisait entendre parmi le son des gouttes heurtant le sol de la grotte ; je m’accroupis, dans un réflexe naturel, comme si, dans l’ombre la plus totale, cela allait changer quelque chose. Alors que, le cœur battant, je m’approchais à pas feutrés pour tenter d’apercevoir ne serait-ce qu’un instant le propriétaire de ce souffle – qui semblait plus animal qu’humain – avant de m’enfuir en courant, ma botte heurta quelque chose de mou, ce qui ressemblait à un corps vivant ; plutôt que de faire comme toute petite fille normalement constituée et rebrousser chemin en hurlant, j’approchai ma main qui put, à mon étonnement, tâter une douce fourrure, chaude et un peu sale au toucher tandis que je sentais qu’une respiration animait le petit être qui se trouvait sous mes doigts. Sondant l’animal de mes deux paumes, je pus déterminer qu’il s’agissait d’un bébé, ou encore d’une petite bête comme un lapin. Quelque chose était cependant étrange ; il respirait, mais s’était laisser toucher par un étranger sans esquisser un geste, ce qui ne pouvait rien valoir de bon ; certes, peut-être qu’un sommeil de plomb l’avait envahi, mais je savais au fond de moi que il était plus probablement blessé.

- Adèle, viens vite voir !

- Mais… Tu es sûre que c’est bien prudent ? Tu sais bien que mes yeux…

- C’est important !

Adélaïde était atteinte d’aniséïconie – je n’avais appris ce terme que bien plus tard, dans une encyclopédie -, un défaut oculaire dans laquelle les tailles des images que l’on perçoit semble parfois faussée, handicap ne l’ayant jamais réellement affectée dans la vie courante, si ce n’est que cela la rendait plus maladroite que raison ; il était fréquent qu’elle trébuche ou casse de la vaisselle, mais nous ne lui en tenions aucunement rigueur. Elle n’y pouvait rien, voilà tout, et nous ne nous en étions jamais  plaints, n’en ayant jamais réellement souffert, et elle non plus. Pourtant, ce jour-là, j’aurais préféré qu’elle n’en soit pas atteinte ; qu’au lieu d’avoir neigé, il ait plu, plu une tempête, un ouragan, j’aurais préféré tomber malade et rester clouée au lit, j’aurais préféré ne jamais avoir découvert cette faille dans la muraille ou m’être foulée la cheville en chemin et être obligée de rentrer; mais le destin en a voulu autrement. Il a voulu que le malheur s’abatte sur nous. Ma sœur plaça ses premiers pas sur le sol, avec une infinie prudence. Patiemment, elle progressait, mètre par mètre. 

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Mais soudain, une stalagmite, un cri, un bruit sourd. Elle trébuche. Je me revois, comme de l’extérieur, m’élancer vers elle, l’animal blessé en main. Je me souviens de moi, portant son corps entre mes bras, ce qui s’avérait être un ourson affamé et mal en point du son corps. Je me souviens de mes pas effrénés sur la neige teintée de rouge, de sang rouge qui goutte de sa tête sur le blanc tandis que je monte la côte, je me souviens que j’ai oublié ma fatigue, que le poids de leurs deux corps cumulés n’est d’un détail. Je ne me souviens même pas d’avoir passé la petite faille dans la muraille, juste que je me sois précipitée au hasard vers un endroit familier. Mon grand-père m’accueille, son sourire le quitte vite. Il fronce les sourcils mais ne dit rien. Il ne demande pas comment c’est arrivé, il ne demande rien, il voit juste mes larmes qui collent mes cheveux sur mon visage et ma sœur, inanimée dans mes bras. Je ne prononce pas un mot non plus, ou je ne m’en souviens plus ; je vois son regard, il a une idée. Il a aussi remarqué l’ourson souillé par le sang dans mes bras. Délicatement, avec toute la douceur du monde, il prend ma sœur dans les bras, ses longs bras minces, et il l’emmène, avec l’animal, dans la grande cathédrale, dans une pièce ou lui seul à accès. Un grand vitrail nous illumine, c’est celui qui donne sur le jardin, nous somme à l’arrière de l’église ; il décalque ses formes colorés sur le sol, mais je n’ai pas le cœur à ça. Il trace à la craie des formes compliquées, étranges et géométriques, qui s’illuminent, il me dit de m’éloigner et il place les deux corps dessus. La lumière m’éblouit, et je ferme les yeux tandis que je l’entends réciter des psaumes étranges dans une langue que je ne connais pas. Après, je crois que je m’endors, car je me souviens juste que je m’éveille, plus tard, dans mon lit, avec l’ourson à mes côtés. Dans ses yeux, je reconnais un regard familier. Je reconnais Adèle.


Shiro Errin, mon grand-père, avait averti mes parents pendant que je dormais, leur donnant une version en ma faveur de la chose ; ils ne surent pas, pour l’ourse, mais ils ont reçu l’ordre de ne pas m’en séparer.

Les années passent, Adélaïde à mes côtés ; je parviens peu à peu à communiquer avec elle, par la pensée, et malgré qu’elle éprouve quelques difficultés en sens inverse, tout est pour le mieux. Mon adolescence s’écoule, composée de quelques amourettes idiotes avec nains ou humains, toutes terminées par une impasse ; ils disaient que j’avais un trop fort caractère pour eux… Foutaises ! C’est eux qui n’en avaient pas assez ! L’année de mes quinze ans, ma mère mets au monde un petit garçon, et je suis destinée à reprendre la fromagerie de ma génitrice jusqu’au jour où l’on découvre mes dons pour la magie du feu, dévoilés lors d’une forte émotion – en fait, c’est la première fois qu’un garçon m’a embrassé ; le pauvre, une brûlure au 3e degré… Mais c’est bien fait pour lui, je n’étais pas encore prête ! A partir de cet instant, on me dirige tout naturellement vers les arts de la forge, mes pouvoirs étant trop faibles pour en faire un mage – et la forge, ça plait plus à mon père ; au vu de la noblesse relative de notre famille, je deviens l’apprentie du forgeron personnel du maitre de clan. Je commence par faire des travaux ingrats, comme nettoyer la forge ou livrer l’acier, mais au vu de mes vives protestations, il m’enseigne le véritable métier de forgeron et bien vite, je forge ma première arme, un vulgaire couteau ; quelques temps plus tard, j’apprends de nouvelles méthodes et tactiques, ainsi que l’usage de ma magie à l’aide d’un professeur particulier, et je parviens à forger ma seconde arme avec succès, sur laquelle il m’offre décorations et gravure, en l’honneur de mon premier véritable succès. Je débute alors à exécuter des commandes de mon mentor, à l’aide de mes dons, et malgré que je m’occupe de la majorité du travail et des armes durant les trois dernières années de mes « études », je ne suis pas payée, étant considérée comme apprentie.
Le passage que je vais conter ici ne remonte qu’il y a quelques jours.


Le soleil brillait d’une lueur fade et froide, typique du début du printemps ; Adélaïde s’était extirpée de sa torpeur il y avait de cela quelques jours, et  il me démangeait de fuir ces lieux trop plein de souvenirs et d’endroits familiers ; Shor m’appelait, ainsi que la grande Tubalcain, dont on disait tant de vices, mais, qui, par son cosmopolitisme, m’attirait irrésistiblement, sans oublier les cités humaines ou même Elfes, la légendaire forêt de GreenArrow, les îles pirates, au sud, et la légendaire cité marchande d’Alcombord. Mes parents, bien sûr, étaient avertis depuis des lunes, et ne s’étaient que peu opposés à mon départ, la présence d’un forgeron valide pour le chef de clan ainsi qu’une multitude de successeurs possibles n’ayant que joué en la faveur de mon départ, et, malgré que ma mère aie versé une larme, mon père avait arboré un air fier, comme si mon épopée lui rappelait ses périples d’antan, du temps où il était un brave guerrier et il n’avait pas encore connu son épouse ; dans le temps, il demeurait fêtard, bagarreur, combattant à la hache de guerre expérimenté, et encore plus poilu- désormais, ma mère le rase, à son grand désagrément.

Il était temps de partir. Mon mentor m’avait acheté tout un attirail de forgeron le plus léger possible en guise de cadeau d’adieu, et malgré son poids ridicule et sa taille minime, il cumule efficacité et qualité, et je l’avais déjà chargé sur le dos d’Adélaïde tandis que j’allais saluer une dernière fois ma famille ; je passai une dernière fois la vieille porte de chêne, reniflai une dernière fois cette odeur de cheminée et de tabac à pipe, embrassai une dernière fois mon père. Il me sourit.

- T’as intérêt à bien t’amuser, gamine !

- Promis.

Ma mère, quant à elle, éclata en sanglots ; je m’empressai de tâter amicalement la joue de Simon, mon frère. Lorsque je reviendrai, il sera grand et fort, peut-être même aura-t-il des enfants tout aussi robustes et guerroyeur. Il tenait déjà tout de son papa. Un dernier regard en arrière, et la porte se referme pour un demi-siècle. Au moins. Je dévalai la pente à toutes jambes pour retrouver Adélaïde, et je lui souris. Elle me sourit, elle aussi, à sa manière, étirant ses babines. 

Souviens-toi, Adèle : garde le sourire!


Liens externes

Le Monastère et La Lame

Arme et Armure d'Ève

Je tenais à remercier tout particulièrement Drazh que j'ai bombardé de questions et le guide de Tubalcain et l'encyclopédie qu'il a rédigé qui me furent ô combien utiles, ainsi que Sey' pour toutes les questions que je lui ai posé également; et Loki, car il est sexy (c'est Ève qui le dit)








Midgard

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  • Pseudonyme ou Prénom : El Manjano~ aussi connu sous le nom de Don Michaelis
  • Âge & sexe : 18 ans, ♂
  • Expérience Role Play : Cela va faire dix mois que j'écris ici pour toujours plus de supers partenaires et de moments géniaux, merci à tous! 
  • Code secret de la charte de Midgard : 









(J'ai eu quelques galères de codes, et j'ignore si tout est réglé Oui oui mon p'tit Léo, c'est réglé, votre modérateur adoré a réglé ça ~)
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[Forgeron] Ève Errin

MessageSujet: Re: [Forgeron] Ève Errin Mar 13 Aoû - 22:47
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 Déteste : La canicule, les chasseurs, l'aniséïconie, les cavernes
*ouvre son dictionnaire en fronçant les sourcils*

A mes yeux, cette fiche est encore meilleure que celle de Samuel. Et, j'avoue que ça m'a surpris, je t'ai sous estimer et je m'en excuse ! xD Tout me semble parfait mais, si jamais Drazh a quelque chose à redire sur la mention du petit peuple, qu'il m'envoie un message privé afin qu'on puisse voir ensemble une édition mais, je pense que ça ira. =p

Fiche validée.

Éclates-toi avec notre second nain national !
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MessageSujet: Re: [Forgeron] Ève Errin Mar 13 Aoû - 22:57
Merci beaucoup! J'ai tenté de me renseigner le plus possible sur les Nains mais il se peut que j'ai commis quelques erreurs dans le contexte, nous verrons donc avec Drazh notre cher courtaud si tout est correct 
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MessageSujet: Re: [Forgeron] Ève Errin Mer 14 Aoû - 1:56
Rien à redire, non non, on sent un peu la caricature due au jeu elfique précédent (j'ai pas fait mieux avec Aegan je le sais >.<)
J'ai juste un peu du mal avec le personnage mais nous mettrons ça sur le fait que je suis jaloux de devoir partager ^__^
(Aprèèèèès je trouve que c'est totalement bâclé et plein de fautes d'orthographes ~ Comme toujours avec ce cher Sam/Léo évidemment ~ *Pour ceux qui ne sont pas réceptifs c'est une blague _ _"*)

N.B. : Ne m'appelle plus jamais courtaud ... <____>

P.S. : Désolé de ne pas avoir fait un tour de validation plus tôt j'ai eu une semaine assez chargée et j'ai cru pouvoir gérer Mid' et ça en même temps mais j'ai un peu battu de l'aile  
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MessageSujet: Re: [Forgeron] Ève Errin
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