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De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor]

MessageSujet: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Lun 19 Aoû - 10:23
Les cloches sonnaient a toutes volées ce matin la. Un fracas mélodieux qui résonnait aux oreilles de tous ceux qui se trouvaient là. C’était l’heure des prières et chacun se rendait d’un pas encore engourdit de sommeil vers le lieu consacré. Les yeux de certains étaient rouges et collés. D’autres ne parvenaient pas à les garder ouverts. Pourtant, tous se rendaient sans exception au sanctuaire.

Flora se mêla au flot de croyants, glissant ses pieds nus sur les pierres encore froides. D’une oreille la jeune femme perçut un commentaire d’un de ses ainés :

«
Bon sang ! Il fait encore nuit ! Comme j’aimerais mieux être sous ma couette ! »

Haussant les épaules pour elle-même, l’Enfant de foi effleura du bout des doigts les murs aux aspérités rugueuses. Elle en connaissait maintenant tous les détails, avec les huit dernières années passées ici. Parfois elle se demandait, si la caresse régulière qu’elle offrait aux murs n’avait accentué certaines des irrégularités qu’ils présentaient.

Lorsque le carillon métallique cessa enfin, l’aveugle prenait place à genoux sur l’un des bancs de bois dur de la chapelle. Avec un soupir, Flora joint ses mains dans son giron et baissa pieusement la tête. C’était son défaut en tant que novice.
Ses professeurs devaient souvent lui appuyer la nuque en avant, car sinon elle restait la seule à dévisager les visages des dieux. Mais elle n’y pouvait rien, n’est ce pas ? N’était ce pas ces mêmes dieux qui l’avaient affligée d’une cécité de naissance ?

L’office se déroula sereinement pour la jeune femme. Et quand vint l’heure de se relever, ses genoux émirent un craquement qu’elle apprécia à leur juste valeur. Celle d’une femme de foi, qui puise dans le réconfort de la prière.

Tranquillement, elle se retournait pour vaquer à ses activités du jour –probablement une aide offerte dans l’infirmerie. Il y avait beaucoup de gens qui venaient pour maladie ces derniers temps- quand une main se posa sur son épaule.

«
Flora, il faudrait que je te parle.
- Que puis-je pour vous mon Père ?
»

L’aveugle avait reconnu la voix, celle d’un prêtre soigneur qu’elle aidait très souvent. Il appréciait les dons de guérisons de la jeune femme ainsi que son esprit logique. Bien qu’infirme la jeune femme savait faire preuve de bonne volonté et de savoir faire. Doucement elle se laissa entrainer dans les couloirs, sa main appuyée sur le bras du vieil homme. Il marchait en silence, guidant les pas de Flora.

«
J’ai eu une nouvelle inquiétante commença-t-il.
- De quoi s’agit-il ?
- Il y a un petit village à la frontière de la forêt Lysa. Un corbeau m’est parvenu ce matin, très très tôt. Une maladie s’est emparée du hameau…
- Vous voulez que je garde l’hôpital en attendant votre retour ?
»

L’homme secoua la tête, sachant que la prêtresse ne le verrait pas. Cependant elle ne fut pas dupe, le silence entre eux se prolongeant de trop elle fini par reprendre la parole :

«
Vous voulez que j’y aille moi-même c’est ça ?
- Hé bien … Oui c’est ce que  je souhaite.
»

Pour faire ses preuves ajouta le religieux. Il voulait que la nouvelle nommée fasse ses preuves dans le monde, qu’elle montre son savoir faire en dehors des murs de l’Église et de son confort. Elle devait agir sans ressources infinies et surtout ailleurs qu’entre quatre murs.

L’Enfant de foi se mit alors à poser toutes sortes de questions : Quand devait-elle partir ? Le midi même. Comment se guiderait-elle ? Un guide lui serai affecté aux écuries. Un cheval ? Oui, un cheval. Flora n’aimait pas chevaucher. Ça lui donnait la nausée et des hauts le cœur terribles. Car à l’inverse des voyants, elle ne pouvait pas fixer son regard sur l’horizon et se laisser bercer. Ses yeux à la limite elle pouvait les fixer sur la ligne imaginaire, mais sans plus. La jeune religieuse fit une moue à l’annonce du dit compagnon équestre, mais elle se savait ne pas avoir le choix.

Elle partit donc au moment dit, n’emportant qu’une musette avec quelques poudres et flacons médicaux. Le guérisseur lui avait remit, juste avant de partir, une fiole tout exprès pour elle.

«
Tiens, prends ceci, quand tu entrera dans le village. J’espère que ça te préservera du mal qui y sévit. »

La jeune femme s’était inclinée et ses talons nus avaient caressés les flancs du destrier.
Durant un ou deux jours son guide et elle chevauchèrent à travers la plaine et les chemins. Flora tenta tant bien que mal de nouer une conversation avec l’homme, mais il était taciturne et ne répondait à ses tentatives de dialogue que par des grognements. Il tenait la longe de la monture de la religieuse, et lui donnait des ordres en claquant la langue, comme on fait avec les animaux.
Ca exaspérait la demoiselle, qui n’aimait rien moins que le fait qu’on la prenne pour une andouille à cause de son handicap.

Durant le troisième jour, enfin, Flora perçut du bruit devant eux. Croyant être arrivée elle fit prendre une avance à son cheval, le laissant choisir tout seul son chemin et arrachant l’attache a son chaperon-guide. Manque de chance ce n’est pas sur le village tant espéré que la jeune femme tomba, mais sur une troupe de bandit.
Lesquels ricanaient sous cape en découvrant la proie facile qui leur arrivait là.

«
Hey, c’est notre jour de chance les gars ! Les Sœurs ça a toujours du fric plein les poches !
-
Zut ! C’est bien ma veine ca » murmura l’Enfant de foi.

Son cheval devenait nerveux sous elle, et Flora était prête à parier, que bientôt, les bandits le feraient cabrer, la jetant à terre. Elle tournait la tête de gauche a droite et de droite a gauche, comme si ses yeux morts cherchaient une issue, sans en trouver bien sur. Mais ses oreilles avaient capté un autre son … le bruit de pas, sur l’herbe …
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De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor]

MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Lun 19 Aoû - 23:17
Encore une mission des plus idiotes, sans vouloir me montrer de mauvaise fois, je ne suis pas quelqu’un que l’on peut décrire comme ayant un physique de molosse baraqué, je suis plutôt filiforme bien que relativement bien sculpté par des années d’exercices différant les uns des autres, ce qui me permettait d’être aujourd’hui quelqu’un d’agile, rapide et endurant, j’avais aussi mon mot à dire dans un duel entre lames, je savais me débrouiller, bien que j’achève mes adversaires de manière lâche ou tordue, mais c’est un autre point. En ce qui concerne cette fameuse mission, il s’agissait d’escorter une nonne, une bonne sœur, oui, rien de plus, rien de moins. J’ai vraiment une tête à escorter une religieuse ? Enfin, je ne crache jamais sur de l’argent et c’était une tâche facile à accomplir.

Bref, autant vous expliquer comment cela s’est passé, vous comprendrez mieux mon point de vue, enfin je l’espère. Tout a commencé il y a trois jours, par une belle après-midi de printemps durant laquelle je me prélassais sur la branche d’un sorbier … Vous y croyez vraiment ? Oui tout a commencé il y a trois jours mais je ne passe pas mes journées à roupiller comme un vieux fermier qui a légué ses biens à son fils et qui est trop âgé pour réaliser quoi que ce soit, j’étais plutôt entrain … Je rapportais le cadavre d’un criminel, le portant sur mon épaule à la manière d’un sac, à une autorité quelconque, qui ne fut pas vraiment celle à laquelle je m’attendais, aux portes d’une espèce de vieux monastère, un Homme se chargea de me délivrer de mon fardeau, un homme de foi selon ses dires, la religion des Humains, voilà quelque chose qui me dépassait, il n’y avait pas, plus, de dieux et ils continuaient à prêcher une bonne parole laissée pour oubliée dans une vieille fosse où elle croupissait depuis des siècles. Ce prêtre paraissait enjoué de me voir, je ne l’avais jamais rencontré et n’avais jamais prodigué de services à sa petite congrégation, mais il avait une idée derrière la tête ou je n’étais pas Elfe. Il m’invita à entrer, ce que je fis sans pour autant montrer de la réticence, il était tôt dans la matinée, j’avais marché toute la nuit pour me débarrasser du corps et éviter de devoir camper au risque d’être la cible de prédateurs, si bien que le soleil n’avait pas encore commencé à poindre, l’homme m’amena dans une grande salle où de nombreux bancs étaient alignés et dirigés vers un même endroit, un autel. Il m’adressa un regard furtif et me glissa :

- Attendez-moi ici un instant mon Fils.

Mon … Fils ? Je devais être trois fois plus âgé que lui et il m’appelait son … Fils ? Décidément les Humains n’étaient pas la race la plus mesurée qui existe, le Petit Peuple avait beaucoup plus de respect pour nous et nous le leur rendions bien. Le temps passa, plus long que ce que je n’aurais cru, j’étais installé sur une petite chaise inconfortable dans un coin d’ombre d’où je pouvais observer chaque détail dans la pièce, toutes ces personnes qui venaient en même temps s’agenouiller m’intriguèrent, une espèce de cérémonie eut lieu et tous se relevèrent en même temps, mon regard fut attiré par la chevelure bleue éclatante d’une demoiselle, qui jaillissait tel des feux d’artifices au milieu des couleurs « traditionnelles ». L’homme qui m’avait abordé lui parla un court instant, après quoi il revint vers moi.

- Cette jeune femme à qui je viens de parler, vous allez lui servir d’escorte, murmura-t-il.

Tous étaient parti mais il chuchotait toujours, comme si on pouvait nous entendre.

- Et puis quoi encore ? Vous voulez que je lui prépare ses repas et lui donne la becquée, m’offusquais-je.

- Du tout mon Fils, du tout, suivez-la, je vous en prie, je l’ai envoyée en mission mais … Je dois vous avouer que j’ai peur pour elle, dit-il d’un ton étonnement sérieux.

- Vous autres les Hommes, à vous attacher à tout. Enfin, j’accepte, vous avez intérêt à bien payer parce que je n’aime pas perdre mon temps.

- Vous … Vous payer ? Mais j’aurais cru que pour le bien de l’église et de tous …

Il me glissa furtivement un petit sac de cuir dans la main, celui-ci était lourd et il émettait le doux bruit de l’argent lorsque je le secouais.

- Evidemment, si c’est pour le bien de l’église, je dois pouvoir accepter, dis-je réjoui.

- Parfait, un cheval vous attend dans nos écuries, vous partirez au zénith et vous la suivrez discrètement.

Au zénith … J’avais assez de temps pour faire des provisions et me reposer un peu, bien que c’était quelque chose d’accessoire.

Quand l’heure fut venue, je sautai en scelle d’une jument noire de jais, ce n’était pas ce qu’il y avait de plus discret en journée mais c’était toujours mieux que rien. Durant deux jours je suivis de près la demoiselle et son guide, veillant à rester à bonne distance pour ne pas être trahi par les piaffements de ma monture, aucun incident majeur n’eut lieu, de nuit je m’installais dans des taillis et je dormais entouré de ronces et d’orties, au matin du troisième jour, un mauvais pressentiment m’envahit et il n’avait pas tort, en milieu de journée, l’Humaine laissa son cheval s’éloigner de son guide pour se diriger plus loin en avant, que faisait-elle donc ? Il n’y avait rien ici à part des cailloux et des arbres poussant par-ci, par-là … La situation n’était plus sous contrôle, je voyais son guide essayer de la rejoindre sans y arriver, trop lent, je montai à nu sur mon cheval, n’ayant pas le temps de le sceller, et dans l’inconfort le plus total, je me dirigeai à toute vitesse dans la même direction que la demoiselle. Passant devant son compagnon de route, je rattrapai sa course et je pus descendre au sol, à bonne distance bien entendu, ce que je vis ne me mis pas en joie, un groupe de brigands, plus nombreux que la normale, avait arrêté le canasson de la jeunotte et tentait de la renverser, je saluerais bien le courage de l’animal d’avoir résisté de se cabrer jusqu’à mon arrivée, mais cela ne me ressemblerait pas. Lentement, je me dirigeai vers eux, j’étais encore loin de la dame mais celle-ci tourna sa tête dans ma direction, elle m’avait entendu … Mystère à élucider après l’avoir sauvée. Un des brigands, la voyant se tourner, fit de même et dans un rire gras, il me salua de la manière suivante :

- Un « Longues-Oreilles » qui s’invite à la fête ! Viens grand-père, plus on est de fous, plus on rit ! Hey ! Les gars ! On va pouvoir lui faire la peau ! Ce soir il y a distribution de matos elfique !

- Salut les gars, comment vont mes « Ventres-Percés » préférés ?


- « Ventres-Percés » ? Qu’est-ce que tu nous chante l’ancêtre, dit un compagnon du premier bandit.

Pour … Appuyer mon surnom, j’attrapai mon arc et lançai l’invocation de plusieurs flèches, en moins de temps qu’ils n’aient compris ce qu’il se passait, les deux gredins qui m’avaient adressé la parole étaient étalés au sol, un trait les ayant traversés de part en  part au niveau de leur estomac.

- Il y en a d’autres qui veulent s’essayer comme homme-cible ou bien vous dégagez vite fait ? Lançais-je.

Trois autres se lancèrent à mon assaut, le premier, un grand brun à la peau basanée et aux muscles de taureau, tomba avant même d’avoir fait deux enjambées, le second, un petit gars sec, s’écroula à mi-chemin, le troisième arriva devant moi et se retrouva avec une lame coincée dans la gorge, essayant un instant de l’arracher mais succombant dans son sang.


- Encore des amateurs ? Dis-je en hurlant de rire.

Les survivants s’enfuirent un à un, il ne resta plus que la dame et moi, je vins à sa rencontre, me rendant compte que j’avais en face de moi l’une des plus belles humaines que je n’avais jamais vue, elle avait une aura de grâce et de prestance, une véritable princesse des anciens temps. Je mis un temps avant de lui adressé la parole, occupé à la contempler, mais je revins à moi.

- Avez-vous la moindre idée de ce que vous venez de faire, mademoiselle ? Encore bien que votre « Père » m’a délivré cette tâche sinon je n’aurais pas donné cher de votre peau !
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De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor]

MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Mar 20 Aoû - 7:23
La prêtresse tenait fermement les rennes de sa monture. Celle-ci s’énervait de plus en plus, caracolant sur le chemin de terre. Flora écoutait de toutes ses oreilles, le doux bruissement des pas qu’elle pensait avoir entendu ayant disparut.

Devant elle les bandits s’agitèrent, riant de la venue d’un « Longues-Oreilles ». La jeune fille traduisit mentalement. Un Elfe. Un ancien d’après les dires de ces gens. Son cheval fit un écart, entrainant Flora hors de leur chemin, sans discrétion mais le dit Elfe avait commencé a répliquer autant avec les mots qu’avec les paroles.

Lorsque les cris de douleurs retentirent, la demoiselle bleue ne put fermer ses oreilles comme d’autres auraient fermé les yeux. Tout ce qu’elle put faire c’est plaquer ses paumes contre ses oreilles, des larmes suintant de ses yeux étroitement clos. Et pour étouffer encore le bruit, elle se mit à prier doucement :


« Douce Mère,  
Abaissez les épées et abaissez les flèches,
Puissent ils connaitre un meilleur jour.
»


C’est l’odeur du sang et une brusque poussée contre son cheval, un fuyard surement, qui lui firent retirer ses mains de ses oreilles et rouvrir ses yeux morts. Tandis qu’une nouvelle noix, celle de son sauveur sylvain surement.

De là ou elle se trouvait, Flora pouvait sentir le regard s’appesantir sur elle. Rougissant, la jeune femme rentra le menton et carra les épaules. Elle ne baissa pas la tête pour s’excuser de son imprudence. Un léger vent choisi ce moment la pour souffler, couvrant les bras nus de la prêtresse d’une fine chair de poule.

Elle laissa un silence s’étirer entre elle et son sauveur, pour enfin esquisser un demi-sourire gêné.

«
Je vous prie d’excuser mon impatience. J’avais simplement hâte d’arriver à destination. »

Puis elle soupira et leva ses yeux-qui-n’y-voyent-pas vers Aegan.

«
Je vous remercie de votre aide … Heuu … Monsieur. »

Un cataclop derrière eux, lui fit tourner vivement la tête. Sa bouche s’ouvrit de surprise, pour se refermer bien vite et se plisser en une mince ligne rose.

«
Je crois que mon guide en a profité pour prendre la clef des champs … »

Et en effet on pouvait distinguer, déjà bien loin, le nuage de poussière que soulevaient les sabots du destrier. Et vu la distance, son cavalier devait l’éperonner de toutes ses forces, poussant l'animal a bout. A ce rythme, il risquait de crever sa monture sous lui.

L’enfant de Foi soupira une nouvelle fois avant d’essayer de passer une jambe par-dessus le garrot de sa monture, pour mettre pied à terre. Elle y parvint maladroitement et ses pieds touchèrent enfin le sol de caillou. Du bout des doigts elle chercha les rennes et les pris fermement en main. Pour au final faire le tour de l’animal et faire face a l’Elfe.

«
Puis je abuser de votre patience encore un peu, Monsieur Elfe ? Je cherche un village en bordure de la forêt Lysa. Un groupe d’humain y est malade. »

Elle laissa passer un instant avant de continuer :

«
Dans quelle direction est ce ? »

Aidez moi, était le message sous entendu. Elle espérait sincèrement ne pas avoir à faire le restant de la route seule. Elle voulu tendre la main, effleurer du bout des doigts le bras de cet inconnu, mais il dégageait une aura qui effrayait la jeune femme. De plus, elle savait d’expérience que les voyants n'aimait pas ça, qu'on les touche a tout bout de champs. Son bras fit un sursaut, trahissant son intention et son visage pris une expression effrayée, presque pitoyable.

«
Excusez-moi … »

Elle voulut se rattraper et ses joues toutes rouges elle s’inclina doucement en se présentant.

«
Je suis Sœur Flora. »
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De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor]

MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Mar 20 Aoû - 23:03
S’excuser était donc tout ce que ma protégée avait trouvé ? Je ne comprenais toujours pas ce qui l’avait poussée à laisser son guide et se laisser porter par la hâte au beau milieu d’une plaine désertique où ne poussaient que deux ou trois arbres, dans un état lamentable. Elle leva ses yeux et les posa sur moi, je fus immédiatement frappé par le fait qu’ils étaient livides, je ne savais trop ce que cela voulait signifier, malgré tout, j’avais un espoir, je connaissais bien un nain aux yeux blancs comme la neige et qui voyait à merveille, je fis quelques gestes de la main, elle ne les remarqua pas, elle était, malheureusement pour elle, aveugle.

Derrière nous s’enfuyait le guide qui avait certainement récupéré ma monture, ce n’était peut-être pas plus mal, je n’aimais pas voyager à cheval, la dérangeante impression de ne pas être libre de mes mouvements, de ne pas pouvoir tout contrôler comme je le désire, la course à pied était décidemment le meilleur moyen de transport qui existe, bien que ce soit une discipline particulièrement fatigante. Absorbé par l’écoute attentive de la chevauchée, je lançais à moi-même des paris pour savoir où je retrouverais le cadavre de la bête au retour, une majorité de moi pensait qu’il n’attendrait pas le dernier bivouac que j’avais installé, le reste penchait pour que le canasson s’écroule très bientôt, la demoiselle me surprit lorsque je la retrouvai face à moi, marchant tant bien que mal, n’ayant pas d’appui.

- Puis-je abuser de votre patience encore un peu, Monsieur Elfe ? Je cherche un village en bordure de la forêt Lysa. Un groupe d’humain y est malade. Dans quelle direction est ce ?

Il … il n’y avait pas de village en bordure de Lysa, il n’y avait plus de village en bordure de Lysa, tout avait été brûlé, incinéré, enfoui depuis des années, il y avait exactement cent-cinquante ans, personne ne pouvait être retourné là, je ne pouvais pas y croire, l’aura malfaisante de cet endroit prenait aux tripes quiconque essayait de traverser l’ancienne barrière magique. Il y avait en cet endroit des Hommes qui étaient atteint par la maladie, tant mieux pour eux, ils avaient mérité ce qui leur arrivait, à cet endroit et uniquement à cet endroit, personne ne devait vivre car les morts voulaient la paix.

Un petit sursaut, voilà ce qui me tira une fois de plus de mes pensées obscures, mes yeux s’étaient perdus dans le vague, dans l’horizon, loin derrière les plaines où rien ne vivait, au-delà des hauts arbres, je revins sur le visage d’une jeune femme faisant une moue effrayée, ce qui me donna, presque, le sourire. La pauvre gamine essayait de prendre appui sur quelque chose et n’osait pas le faire sur moi, étais-je donc si mauvais ?

- Excusez-moi … Dit-elle en rougissant. Je suis Sœur Flora.

Elle était vraiment spéciale cette Humaine, cela ne me déplaisait pas, je n’avais pas souvent eu l’occasion de rencontrer des gens timides au point de rougir pour une touchette, je l’invitai à s’asseoir à même le sol pour pouvoir discuter dans des conditions plus favorables, bien que le nombre de cailloux qui m’arrachaient des grimaces à chaque fois que je bougeais un tant soit peu aurait été un argument suffisant pour parler debout.

- Ne vous excusez pas, vous faites ce qu’on vous a appris à faire pour vous en sortir dans la vie. Le prêtre qui vous a envoyé en mission m’a détaché pour m’occuper de votre sécurité, j’aurais normalement dû rester cacher le plus longtemps possible, mais il y a eu, comme vous le savez, une contre-indication, je serais votre guide dorénavant, mais nous allons chevaucher à deux, je ne veux pas lambiner en route. Concernant votre village, je crois savoir où il se trouve et avec beaucoup de malchance, il s’agira de mon ancien chez-moi … Dis-je sombre.

Je me relevai, offrant ma main à l’aveugle. Je l’attrapai à deux mains et la posai sur la scelle, m’asseyant derrière elle, prenant les rennes et cherchant la bonne direction vers le royaume des Elfes, il n’y avait pas vraiment de point de repère dans cette lande, mais j’aperçus enfin à l’horizon la haute forêt Lysa, susurrant quelques mots à ma monture pour qu’elle s’en aille au galop.

- Au fait, je me prénomme Aegan, je suis ce que vous autres, Humains, appelez chasseur de primes, lâchais-je en pleine course.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Mer 21 Aoû - 8:33
C’est étrange. D’être sur son cheval avec un pur inconnu derrière soi. Les bras de l’Elfe entouraient la taille de la religieuse, surs et fermes. Sa présence faisait comme une masse chaude dans le dos de la jeune femme. Durant deux minutes Flora se demanda si c’était convenable de se laisser reculer et d’appuyer ses omoplates contre cet homme.

Ils allaient partir quand l’Elfe donna son nom. Flora le répéta, en éprouvant les sonorités, en étudiant la façon dont les syllabes roulaient sur sa langue. Avant de convenir que ce nom lui plaisait. Elle hocha la tête a l’annonce du métier et se dit qu’il fallait bien gagner sa vie. Alors pourquoi pas, chasser ceux qui tuaient a tors et a travers ? C’est une occupation comme une autre. L’Enfant de foi était plutôt d’esprit ouvert.

Elle voulu en savoir plus, femme de foi, curieuse et tout en soif de savoir

«
Votre nom, a-t-il une signification particulière dans la langue Elfe ? »

Et tout à sa conversation, la religieuse n’oublia pas la fin de la première tirade de son compagnon de route : son ancien chez lui. Était-ce possible ? Et dans ce cas, ne risquait-il pas des ennuis en amenant une étrangère là-bas ?

«
Sais-tu ce que nous trouverons dans ce village ? On m’a parlé d’un mal, mais sans entrer dans les détails. »

Flora rougit et porta une main à ses lèvres. Elle était passée du vouvoiement spontanément, sans chercher à blesser, mais plutôt pour se rapprocher de l’individu qui chevauchait avec elle. Car la demoiselle s’en était rendu compte ; depuis que Nathaniel avait quitté le domicile familial, Flora se sentait horriblement seule.

Le cheval tanguait sous les jambes de la religieuse, lui donnant la nausée, et couvrant son visage d’un léger voile pâle et d’une fine pellicule de sueur. Pour calmer les galipettes que faisait son estomac, Flora se laissa finalement aller a s’adosser contre Aegan. Tout en s’excusant et en l’enjoignant de protester si elle le dérangeait.

Le voyage dura un temps, qui sembla une éternité à la prêtresse. Les yeux fermés, ballotée sur un cheval qui lui donnait des hauts le cœur, Flora priait pour que, ou le jour s’achève en ordonnant une halte pour la nuit, ou qu’enfin c’est le voyage qui arriverait à terme. Elle n’en pouvait plus, ses jambes lui semblaient du coton et elle rêvait que de plonger son corps dans un courant d’eau.

«
Dis ? On est bientôt arrivés ? »

Elle avait légèrement tourné la tête vers l’arrière, ses professeurs lui disant souvent que pour être compris, il fallait donner toute son attention a son vis-à-vis. Donc en les regardant. Flora avait donc appris à singer ces pratiques.

«
Si on arrive pas bientôt, on peut faire une pause ? J’ai besoin de marcher un peu. S’il te plait. »

Et quand enfin les prières de l’Enfant de foi furent entendues, quand enfin, elle put poser ses pieds déchaussés sur les graviers du sentier, Flora ne put retenir un soupir exalté. Il était plus que temps.

Son compagnon l’intriguait. Le son qu’il émettait était étouffé, métallique presque.

«
Dis, tu as quoi sur le visage ? Ça fait un drôle de son quand tu parle ? »

Des questions Flora en avait cent et mille, mais peuvent être indiscrètes, et elle ne voulait pas vexer cet homme.

«
Enfin, si tu veux bien me le dire. »
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Mer 21 Aoû - 23:13

- Votre nom, a-t-il une signification particulière dans la langue Elfe ?

Elle dit cela avec décontraction, semblant n’avoir que faire de mes activités, qui n’étaient pas des plus régulières, j’en eus presque chaud au cœur, je m’apprêtais à répondre qu’elle continua dans sa lancée en me posant une seconde question :

- Sais-tu ce que nous trouverons dans ce village ? On m’a parlé d’un mal, mais sans entrer dans les détails.

Rougissant à nouveau, elle posa sa main sur sa bouche pour une raison … Inconnue. Je pris mon temps pour répondre, un temps qui ne devait pas être celui que les humains mettaient habituellement, mais j’avais besoin de peser chacun de mes mots, je ne pouvais pas discuter de mon passé et le prendre à la légère, même si plus rien, à part quelques marques sur mon corps, ne me reliait à lui. Une lieue plus loin, elle s’adossa à moi, le réconfort de sentir la chaleur de quelqu’un qui pouvait me comprendre, m’écouter, ne pas me juger, m’envahit et je me décidai à lui donner ce qu’elle m’avait demandé :

- Mon prénom n’a pas de signification, mon nom, lui, bien que vous ne le connaissiez pas, veut dire « Esprit de feu », il était le nom de mon premier maître, je vous laisse la joie de vous informer auprès d’un Elfe pour en connaître la traduction, dis-je amusé. Pour ce qui est de mon village … Vers la fin de la Grande Guerre - vous connaissez la Grande Guerre n’est-ce pas ? – deux Humains, des maîtres de magie, découvrirent GreenArrow et prirent pour parti d’enlever douze enfants, même en ayant fait des recherches, je ne sais pas comment le roi a fait pour ne pas sentir cette intrusion. Ces enfants furent élevés en bordure de Lysa comme esclaves, les jeunes hommes servant aux rudes tâches et les jeunes filles … Je vous laisse deviner. On les força à s’aimer, à avoir des enfants, je fus l’un d’eux, nous n’avions pas de nom, juste un sobriquet dévalorisant, je vous passe les détails. Ce lieu de maltraitances et de débauche fut rasé il y a cent-cinquante ans exactement, mais la magie de mes Maîtres y était toujours très forte, mais je ne pense pas que cela soit la cause de l’infection de ces hommes. Tout autour de Lysa, c’est le seul endroit qui offre une zone habitable, terminais-je.

Plusieurs lieues après, la jeune Flora me demanda si nous étions bientôt arrivés à notre destination et si ce n’était pas le cas si nous pouvions faire une halte, je ne voulais pas que mon colis soit en mauvais état à l’arrivée et puis, je me devais d’admettre que je l’appréciais, pas autant que la somme qu’on m’en avait promis si elle survivait, mais je la portais assez haut dans mon estime. Elle descendit du dos du cheval, ne demandant aucune aide, faisant quelques pas à terre, elle me posa encore une question, la question.
- Dis, tu as quoi sur le visage ? Ça fait un drôle de son quand tu parle ? Enfin, si tu veux bien me le dire, se rattrapa-t-elle.

Je détestais plus que tout cette question, pire, je la haïssais, pourquoi tout le monde voulait absolument savoir pourquoi je portais un masque, pourquoi on ne pouvait s’empêcher d’être curieux, ne pourrais-je jamais avoir la paix ? Vivre ma vie simplement ? Etais-je toujours obligé de remuer le couteau dans la plaie ? Descendant à mon tour de la scelle, je ramassai le premier caillou que je trouvai et le balançai le plus loin possible, en quelque sorte, je piquais une crise, marmonnant des insultes qui s’adressaient au monde entier. Je ne pouvais pas vraiment lui cacher cela, c’était trop évident, mais si elle se demandait ce qui avait entraîné cela, je pris le parti d’être direct.

- Je porte un masque, une gaine métallique, pour protéger d’anciennes cicatrices, mais ce qui les a causées, soit je vous le dirais plus tard, si vous réussissez à gagner ma confiance, soit cela restera mon secret.

Je m’éloignais un instant d’elle, il faisait chaud pour la saison et le soleil semblait décliner petit à petit, je voyais, en contrebas, une bande de lumière, un  ruisseau, je regardais à nouveau Flora, elle semblait ne pas être au mieux de sa forme après tant de chevauchée, je m’approchai d’elle et lui pris la main, lui disant :

- Allez vous baigner, il y a un ruisseau plus bas, je vous y amène, cela vous fera le plus grand bien, vous êtes toute pâle.

Je la fis descendre la petite pente de la colline de laquelle nous surplombions toute la plaine, une fois arrivé, je lui dis de faire attention, même si je restais à proximité. Une fois cela fait, je repartis vers la vieille bourrique pour discuter un peu avec elle, et la nourrir, elle avait beaucoup galopé ces derniers temps, la brave bête.
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De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor]

MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Dim 25 Aoû - 7:17
Aegan lui prit la main et la guida a travers la forêt, jusqu'à disait-il, une source. Flora s’agrippa à ces doigts et se laissa guider tout en prenant garde à ne pas trébucher. Le sol descendait en pente douce et l’Elfe semblait choisir un chemin pas trop pénible à emprunter par égard pour elle.

Lorsqu’ils arrivèrent, il lui laissa un peu d’intimité, tout en restant a portée de voix. Flora compta mentalement jusqu'à 60, une minute, dès qu’elle perçut les bruits de ses pas qui allaient en s’éloignant.

Une fois cela fait, la religieuse laissa tomber la robe blanche qu’elle portait, tout en étant conscience de la caresse du tissu sur sa peau pendant sa chute au sol. Puis elle fit un pas en avant, et ses pieds entrèrent dans l’eau. La rivière était froide et la peau d’ivoire de la jeune femme se couvrit tout de suite de chair de poule et ses dents claquèrent un instant. Mais cela n’empêcha pas Flora de faire d’autres pas en avant, jusqu'à ce que l’eau lui monte au nombril.

Alors Flora recueillit l’eau dans ses mains et concentra son esprit. L’eau format une bulle, d’aspect souple et de la taille d’une balle de handball, ce jeu dont certain était fières. Les yeux morts de la jeune femme se plissèrent et la balle d’eau se mit à briller d’une lumière irisée. Avec un sourire, car la religieuse n’avait pas besoin de ses yeux pour savoir que son sortilège avait marché, Flora leva les mains jusqu’au dessus de sa tête. Là elle écarta les doigts et creva la bulle. L’eau s’écoula doucement sur sa tête, et sur son corps, magiquement chargée d’ondes de soins. Elle dénoua les muscles crispés de la nuque, du dos et des épaules de la prêtresse, malmenés par le voyage et la vie à la dure.

L’Enfant de Foi répéta l’opération deux fois encore, avant de retourner vers la berge. Là elle récupéra sa robe pour aller la tremper dans l’eau et la décrasser. Elle frotta le tissu encore et encore sur la surface lisse d’une pierre qui se trouvait non loin, avant de repasser le vêtement encore mouillé. Tout en travaillant la demoiselle s’était mise a chanter doucement :

"Tendre Mère, exemple de la miséricorde,
Sauve  nos fils à la guerre, nous t’en  prions.

Tendre Mère, la force des femmes,
Aide nos filles à travers cette mêlée.
Apaise la colère et dompte la fureur,
Apprends-nous tous d'une manière plus douce.

Abaisse les épées et abaisse  les flèches,
Qu'ils connaissent un jour meilleur.
"
Et de recueillir une dernière fois un bulle souple d’eau entre ses mains. Puis Flora se retourna, les mains en coupe et doucement s’engagea dans la pente pour retourner auprès de l’Elfe et de la monture.

Il lui fallut du temps, surtout qu’Aegan avait choyé la prêtresse et qu’elle n’usa pas du même chemin au retour. Mais elle arriva sans encombre et tenant toujours entre ses mains son eau sous forme pseudo-solide.


« Je t’ai amené a boire … »

L’enfant de foi, espéra ne pas avoir effrayé son compagnon de voyage et tendit devant elle les mains.

« Tu peux la prendre comme ça, elle ne se brisera pas. »

***************************************

Le soir même, tous deux se tenaient devant un feu de camp. Ils avaient encore fait du chemin entre temps, et lors de cette nouvelle halte, Flora était presque tombée de sommeil avant le repas et avant même que le feu soit allumé.

Et à cet instant, Flora se tenait devant le feu, les bras passés autour de ses genoux, eux même remontés sous son menton.

L’esprit de la jeune prêtresse travaillait à tout allure, réfléchissant a toutes les maladies et malédictions possibles. Car il était un fait étrange qu’un groupe d’hommes se trouve mal, sur les lieux même ou une centaine d’années auparavant, il y avait eu des choses horribles qui s’y sont passées.

Plus  l’Enfant de Foi y pensait, plus l’idée d’un sort devenait importante. Bien sur l’erreur était toujours possible. Et Flora redoutait de se tromper. Des vies étaient tout de même en jeu.

Aussi elle soupira par-dessus ses genoux, et serra ses bras encore plus fort autour de ses jambes.
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De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor]

MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Mar 27 Aoû - 3:26
Après m’avoir apporté de quoi contenter ma soif, d’une manière qui laissait envisager ses pouvoirs en rapport avec le monde aquatique, je la fis remonter en scelle, ne la ménageant pas, je voulais en finir au plus vite avec cette histoire qui ne faisait que me prodiguer des frissons le long de la colonne vertébrale. J’avais étonnement beaucoup de mal avec cette affaire que je pensais définitivement classée, ou du moins, n’étant plus que le cadet de mes soucis, je devrais passer quelques jours à me ressourcer à la fin de tout cela. A la suite de ma compagne, je sautai sur le dos du cheval, que je venais de nourrir et qui était déjà plus frais qu’il y avait quelques heures.

Une fois de plus je la fis galoper jusqu’à l’épuisement total, usant même du langage des elfes pour lui insuffler la volonté de continuer à avancer, au soir la petite Humaine s’écroula littéralement d’épuisement et je montai le camp en la laissant sur un tapis de mousse, je ne pris même pas la peine de la réveiller après avoir accompli toutes les tâches nécessaire à une nuitée confortable. Je lui avais présenté, une fois qu’elle avait fait s’enfuir la fatigue qui la travaillait, un bol de bois contenant un repas plus que sommaire, qu’elle accepta, le regard dans le vide, perdue dans des pensées que je ne pouvais qu’imaginer.

Je ne voulais pas me reposer tant qu’elle ne serait pas elle-même sous sa couche, une simple peau étendue au sol et de la fourrure pour toute couverture, j’avais peur qu’il lui arrive quelque chose, elle valait beaucoup trop à elle toute seule, ce n’était pas de ces contrats où l’on récupérait tout de même une partie du butin en n’ayant que pour condition de ramener la cible en vie, soit respirant encore, qu’elle meurt après le payement était rarement bien vu mais n’était pas un inconvénient à s’en mettre plein les poches. Je pensai à la solution d’instaurer des tours de garde mais elle s’était déjà écroulée de fatigue et je ne voulais pas, qu’à notre arrivée, elle doive être alitée pendant plusieurs jours à cause d’une quelconque fièvre, tant que j’étais à me triturer les méninges, je remarquai qu’il ne nous restait plus qu’une seule journée de chevauchée pour enfin être à destination, après quoi je resterais hors des enceintes magiques et ne ferai que garder un œil attentif sur la demoiselle.

Au petit matin, c’est le chant d’un merle qui me tira de ma torpeur, j’étais dans la même position que la veille, assis sur une grosse roche qui saillait du sol, je ne pus m’empêcher d’avoir un petit rictus, bien caché sur ma carapace métallique, je n’étais vraiment pas un bon garde du corps, je n’aurais jamais dû accepter de mettre la vie de cette Humaine en jeu pour une maigre bourse … Mais si je réussissais, beaucoup plus de joyaux m’attendaient et je ne pouvais pas cracher sur un pécule supplémentaire … Mais cette jeune prêtresse risquait à chaque instant d’être la cible d’une créature sortie des ombres et je n’aurais que pour premier réflexe de sauver ma peau … Mais l’argent …

Je sifflai, trois coups secs, et la monture vint à ma rencontre, je n’avais pas le temps de tenir des débats, il nous fallait nous rendre au plus vite jusqu’à ce fameux village construit sur les ruines de mes anciens cauchemars, je sautai sur son échine et, tout en la lançant au galop, j’attrapai, une fois de plus sans la prévenir, la jeune fille, la soulevant et luttant contre l’inertie du cheval pour finalement la poser devant moi. Je n’avais même pas pris la peine de ramasser ce qui était notre bivouac, lisant sur le visage de la jeune femme une expression qui trahissait son ressenti vis-à-vis de la situation, je ne pus m’empêcher d’éclater d’un rire sonore qui résonna dans la plaine, qui se constellait petit à petit d’arbres.

- Ne vous inquiétez pas, nous sommes presque arrivés, je voulais que nous ayons atteint l’objectif avant que la nuit ne tombe, dis-je le sourire aux lèvres et la voix réchauffée par la joie.

Après avoir parcouru la moitié de la distance en moins d’une demi-journée, je fis ralentir la brave bête et c’est au petit trot que nous arrivâmes enfin devant un écriteau au niveau duquel l’herbe brunissait en un large arc-de-cercle, nous étions à destination.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Dim 1 Sep - 2:13
C’est le chant des oiseaux qui tira la prêtresse de sous sa fourrure. Se frottant les yeux de la main, Flora tendis l’oreille et savoura un instant les mélodies que produisaient les volatiles.

Malheureusement son répit fut de courte durée car Aegan fonçait déjà sur elle 0à dos de cheval.

Un bras tendu lui percuta l’estomac, avant de s’enrouler autour d’elle et de la hisser péniblement sur selle. Apeurée, la prêtresse s’agrippa aux vêtements de l’Elfe et y serra ses poings aussi forts que possible. Durant la chevauchée, chaque trou dans le terrain, chaque secousse un peu brusque arrachait a la jeune femme un cri surprit.

De même que ces mêmes reliefs secouaient passablement l’estomac de la prêtresse. Son visage perdit encore un peu de couleur, la laissant encore plus blanche que la neige. A un moment elle crut vraiment vomir, tellement chevaucher l’éprouvait.

Vers la mi-journée, le cheval parut ralentir et Flora, qui était avachie quasiment sur Aegan, put se redresser un peu.

«
Ne vous inquiétez pas, nous sommes presque arrivés, je voulais que nous ayons atteint l’objectif avant que la nuit ne tombe »

Aegan semblait joyeux sous son masque de fer. Flora ne put réprimer un frisson. Tout à coup l’Elfe l’effrayait.

Et en effet, le destrier parut enfin s’immobiliser. Glissant à bas de l’animal, Flora marcha en tremblant vers l’arrière et la croupe. Pour cacher ses pas titubants, la prêtresse posa ses mains sur le poil dru et rêche sous ses paumes et y prit appui. Bientôt ses doigts mal assurés rencontrèrent les sangles des fontes et s’y escrimèrent pour les ouvrir. Au bout d’un temps, la jeune femme réussit a dégrafer les sangles et plongea la main dans les bagages.

Tout au fond du sac, se trouvait la potion offerte par le prêtre là-bas dans la cité d’Asunia. Flora finit par trouver la fiole et la retira des fontes. Mais comme elle s’en saisissait, Flora sentit un liquide sirupeux et gluant sur le verre ainsi qu’un accroc par lequel la potion s’écoulait lentement. Quand donc avait elle put se briser? Durant la rencontre avec les bandits? Ou durant cette dernière chevauchée particulièrement violente?

«
Mince » murmura la prêtresse. Car elle ne savait pas si la potion la protégerait correctement quand on ne l’ingérait pas en entier. Et tout au fond de son cœur, Flora sentait que la décoction ne serait pas efficace ainsi. Toutefois, la prêtresse avala cul-sec ce qui restait du médicament. Il avait un gout acre et une texture sirupeuse épaisse. Flora fit la grimace avant de se tourner vers Aegan qui avait finalement quitté le cheval pour la rejoindre.

Le corps fragile de la prêtresse tremblait d’appréhension sur la maladie à l’œuvre dans le dit village. Avant d’y entrer, elle se tourna une dernière fois vers l’Elfe et doucement lui prit le poignet.

«
Merci de m’avoir amenée ici. Tu peux t’en retourner si tu le veux. »

La prêtresse se mit a sourire tendrement, dardant ses yeux qui n’y voient pas dans ceux d’Aegan, leur donnant un court instant l’illusion de la vie. Puis elle tira sur le poignet qu’elle gardait prisonnier entre ses mains pour faire se pencher Aegan et rapidement lui posa un baiser sur sa joue de métal. La surface était froide sous les lèvres de l'infirme qui en frissonna un peu, glissante même et Flora dérapa un peu a la fin du baiser pour se retrouver contre la commissure des lèvres du masque. Elle s'en aperçut et ne put cacher le rouge qui lui monta aux joues.

Gênée la jeune femme toussota avant de murmurer un appel a la vigilance des dieux :

«
Puissent les Ases, qu’ils brillent jusqu’au Ragnarök, garder un œil sur toi. »

Se détournant de l’Elfe, Flora prit une grande inspiration et redressa les épaules. S’encourageant mentalement, l’aveugle entra doucement dans le village.

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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Lun 2 Sep - 4:31
Un vague instant, plus long et plus court que tout ce que je connus, le craignant, l’évitant, le repoussant, mais ne demandant qu’à le prolonger, vivre éternellement cette sensation enivrante, se laisser plonger dans les méandres de sentiments refoulés, une bouffée d’air pur, un feu ronronnant dans un âtre, je ne savais pas comment décrire autrement cette fraction d’éternité, ou plutôt de matérialité. Elle se retira, gênée, ses pommettes prenant des teintes de pomme mûre, je ne pus m’empêcher de la contempler à cet instant, moi aussi des couleurs me montaient aux joues, mais j’étais trop fier pour le reconnaître, j’appréciais cette humaine, elle enivrait mes sens et je ne voulais plus la laisser s’en aller, elle m’appartenait, personne à part moi n’aurait le droit de poser les yeux sur elle et de s’imaginer quoi que ce soit, partout où elle irait, je la suivrais, je la protégerais, je … Je n’avais plus toute ma tête, je me laissais emporter par un tourbillon d’émotions qui me ballottait d’un opposé à un autre, je devais reconnaitre que ce petit brin de femme était charmant en tous points, mais je savais à peine assez sur elle pour pronostiquer un avenir heureux, j’étais une créature des ombres, la mort et la violence me seyaient, mais qu’en était-il d’elle ? Elle n’était qu’une pauvre prêtresse aveugle, qui n’avait d’autres buts que d’aider la veuve et l’orphelin … D’ailleurs, une ecclésiaste pouvait-elle se marier, ou même aimer ?

Quelques mots s’envolèrent de sa bouche, je n’en saisis pas le sens, j’étais obnubilé par la seule pensée de la voir s’en aller, de perdre cette petite étoile qui ne cessait de me mettre en joie depuis notre rencontre, un peu forcée, certes. Elle s’éloigna, passant à l’intérieur du cercle d’herbes roussies, je voulus la suivre mais je n’en avais pas la force, ma peur de revenir sur des lieux qui ne m’inspiraient que la haine l’emportait sur mon envie de veiller sur Flora, ma Flora … Non, elle n’était pas mienne, non je ne devais pas employer son nom, elle n’était qu’un objet, une source de revenus, un sac d’argent sur pattes, ni plus, ni moins. Je m’éloignai, laissant la bourrique, qui nous avait amenée jusqu’ici, sur place, la jeune fille en aurait besoin, plus que moi, peut-être que lui trouver un guide pour le retour serait une bonne idée … Oui, j’allais me diriger vers l’auberge la plus proche et envoyer un homme connaissant assez bien la région pour la raccompagner jusqu’à chez … Non ! Je ne la laisserais pas, si je ne pouvais pas me permettre d’aimer, je pouvais me faire des alliés et quoi de mieux qu’une amie des dieux des Hommes comme alliée ?

Non ! Non ! Et non ! Mon esprit cherchait une solution pour ne pas abandonner ma chance … Ma seule chance, je devais la saisir, n’est-ce pas ? Je ne devais pas, je ne pouvais pas, je ne savais pas comment, je voulais que ce baiser, même non désiré, se répète à nouveau, à tout jamais, mais une part de moi-même ne demandait qu’à s’en aller à toutes jambes et calmer ma peine dans le sang, le sang d’un homme qui peut-être aimait une jeune demoiselle … Décidément tout me ramenait à cette histoire d’amour ! Il ne me restait plus qu’une chose à faire, laisser décider le hasard ; j’avais dans ma poche une petite pierre plate qui me servait à aiguiser mes couteaux, je décidai que le côté le plus usé me coûterait l’enfant de foi, la partie la plus lisse, elle, me ramènerait à elle. Je la fis sauter dans les airs et la laissai retomber sur un caillou, dans un bruit sourd. Côté usé … Maudit hasard ! Saleté de destin ! J’empoignai alors la caillasse et la lançai plus loin, le plus loin possible, je passai avec appréhension le dôme invisible, sentant à nouveau la compression de mes sens, la fermeture de mon esprit, la magie était à l’œuvre … Ou pas, une fois le panneau dépassé, tout redevint comme avant, je n’avais rien, ce n’était que mon imagination, j’étais persuadé que tout était immuable, mais les choses pouvaient changer, en effet. Il s’agissait donc d’un vrai mal qui agissait sur cette terre, une maladie virulente, je n’en avais que plus peur pour Flora. Cette-dernière n’avait pas été bien loin, elle se dirigeait en ligne droite, vers là où se trouvait l’ancien manoir et sur les cendres duquel avait été érigée une petite cahutte en bois digne d’un bûcheron maniant aussi bien la hache que le marteau et les clous.

Mon cœur palpitait, mes mains tremblaient, je n’osais pas lui parler, ombre dans son dos, ennemi d’une société rejetant mes semblables, les chasseurs de tête, les trouvant trop cruels, trop ambitieux, inaptes à vivre en communauté. Alors que je pensais tout espoir perdu, une force inconnue me fit me ressaisir et je pus articuler une phrase intelligible, tout en posant une main sur son épaule :

- Je reste … Avec toi. Au moins jusqu’à ce que tu te sois tirée de cette affaire. Je ne veux pas … Plus te perdre, plus maintenant.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Mar 3 Sep - 5:48
L’herbe se fit rêche sous les pieds de l’aveugle et un instant Flora s’arrêta pour tâter des orteils le terrain. Il y a deux pas, la végétation lui caressait la plante des pieds et maintenant elle l’écorchait.

Reprenant son souffle, Flora avança d’un pas, ressentant une résistance dans l’air. Une barrière magique ? Ici ? Se souvenant du récit d’Aegan la veille, cela lui parut approprié. Des pas précipités se firent entendre derrière elle et une main vint doucement sur son épaule.

«
Je reste … Avec toi. Au moins jusqu’à ce que tu te sois tirée de cette affaire. Je ne veux pas … Plus te perdre, plus maintenant. »

La prêtresse se retourna, s’attendant presque a sentir cette main lui glisser jusqu'à la taille pour lui offrir un soutient et peut être lui offrir une étreinte rapide avant de continuer a marcher. Sur son visage se dessina doucement un sourire tout aussi tendre que celui qu’elle lui avait offert un peu plus tôt. La main de la prêtresse chercha celle de l’Elfe. Elle entremêla ses doigts aux siens. Le cœur de la jeune femme battait un peu plus vite à cause de sa mission et des émotions qui s’agitaient en elle. C’était étrange et nouveau. Interdit et bénit, et la jeune femme se demanda pourquoi les prêtres se devaient d’être chastes et célibataires. Aimer, c’était la preuve qu’on vivait et qu’on se trouvait dans la lumière.

Sa main toujours dans celle de l’Elfe, Flora avança le front jusqu'à ce qu’il touche le torse de cet homme qui savait lui faire battre le cœur et tourner la tête. C’était rapide, mais bon. On y pouvait rien. Odin lui-même tombait amoureux dès les premiers regards, dès les premiers instants.

«
Merci. »

Tout deux avancèrent encore sur quelques pas. Flora se tenait fortement au bras de l’Elfe. Ses pieds butaient sur des pierres et les branches éparses qui lui meurtrissaient la peau. Toutefois, la jeune femme gardait l’oreille aux aguets et elle perçut les bruits très vite. Des branches qui revenaient vite en place, le froufrou de pas dansés sur le sol. On venait à leur rencontre.

«
Que viens-tu faire ici Humaine ? Et toi Frère, pourquoi la guide tu en ces lieux maudits. Partez de suite, ou elle en mourra. »

Flora leva le visage qu’elle gardait baissé et avec prudence prononça quelques mots. Il l’avait nommée Humaine, et Aegan Frère, il était donc un Elfe.

«
Navrée, Elfe, j’ai pour mission de soigner les gens ici. »

Flora avait tenté de donner un ton doux à sa voix, mais la peur qui en transpirait gâcha l’effet, transformant les mots en couinement affolé. Se raclant la gorge, Flora tourna la tête vers Aegan cherchant son soutient.

L’autre Elfe émit un soupir résigné.
«
A ta guise Humaine. Mon frère va te guider à ceux de ta race. Il rentre de la chasse. » Et en effet des buissons surgit un autre Elfe. « Que font ils ici, ne les as-tu pas avertis ? Elle va mourir si elle reste ici. »

Les pensées de Flora s’égarèrent le temps que les deux frères se mettent d’accord sur la suite des événements. La précédente conversation avait de quoi donner des cauchemars. En effet quoi que fut le mal qui régnait ici, seul les humains en souffraient. Un frisson parcourut l’échine de la prêtresse et instinctivement elle revint se blottir contre Aegan.

Bientôt il fut décidé que le premier elfe qui les a accueillit guiderait Aegan dans une bicoque vide où tout les deux pourrions dormir et loger, tandis que le second emmènerait Flora auprès des malades.


***********************************************

La maison sentait la maladie et la mort.
Dans un coin, Flora entendait les gémissements des malades. Resserrant les bras autour de sa taille la jeune femme s’avança dans la pièce.

«
J’ai besoin d’aide » demanda-t-elle à l’Elfe derrière elle. Celui-ci rechignait a entrer a son tour et ronchonna quand elle lui parla.

«
Je ne vois pas, vous devez me décrire leurs symptômes et …
- Frissons et fièvre, accompagnée de douleurs musculaires, douleurs articulaires, maux de tête et fatigue importante. Et enfin des bubons … »

L’Elfe avait coupé la parole, ânonné les mots sur un ton blazé. Qu’était l’humanité pour cet être immortel.
«
Peste noire » ajouta-t-il d’un ton neutre. « Et tu es contaminée toi aussi maintenant … »
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Dim 8 Sep - 4:36
L’ambiance du village était particulièrement glauque, ce qui n’était pas anormal au vu de la maladie qui sévissait, l’air vicié pesait sur mes poumons, chaque respiration m’apportait les relents de la mort, elle était partout, je pouvais presque la palper, néanmoins, la petite main lovée au sein de la mienne me poussait à continuer, voulant à tout prix la protéger. Je m’étais un peu emporté avec ces sentiments que je ne côtoyais pas souvent, peut-être éprouvais-je juste de l’amitié ? Non, l’amitié ne faisait pas palpiter un cœur comme cela, si ce n’était pas l’amour, c’en était proche.

Continuant paume contre paume, un elfe des bois se présenta, sortant d’un fourré, d’une manière assez grotesque, il paraissait que ce bourg n’abritait pas que des Humains, vivre au milieu de cette race inférieure, quels doux-dingues ces elfes des vois … Quoi que je m’étais bien entiché d’une des ceux-ci sans aucune raison apparente … Mais ce n’était pas pareil n’est-ce pas ? Je ne m’abaissais pas au niveau de ces lourdauds décérébrés ? Ce n’était pas possible … Enfin … Moi ?

- Que viens-tu faire ici Humaine ? Et toi Frère, pourquoi la guide tu en ces lieux maudits. Partez de suite, ou elle en mourra, dit le Sylvain, me prenant au dépourvu.

- Navrée, Elfe, j’ai pour mission de soigner les gens ici, répliqua immédiatement Flora.

Je ne voulais pas qu’il lui arrive quoi que ce soit mais elle insistait, elle voulait aider ces pauvres gens, elle avait été investie d’une mission et n’y renoncerait pas, moi aussi une tâche m’avait été confiée mais elle n’impliquait que de l’argent et un peu de bonne volonté de ma part, tandis qu’elle c’était une question de bonté, d’empathie. Méritais-je vraiment que cette demoiselle m’aime ? Méritais-je d’aimer quelqu’un qui se dévouait autant ? J’étais perdu, l’amour n’était vraiment mon habitude de tous les jours, rares avaient été les dames qui s’étaient attachées à moi, deux humaines dans ma jeunesse et une elfe un peu avant que je ne me vois affublé de balafres terribles, je les avais toutes laissées seules, un soir, craignant de ne plus avoir droit à ma liberté ; la liberté, voilà tout ce qui avait vraiment de l’importance, j’avais vécu une enfance d’esclavage et de soumission, quand j’avais reçu le don de décider de chacune de mes actions, je sus que plus jamais je ne voudrais la perdre.

Un second elfe sortit des fourrés et il fut décidé que je serais séparé de la jeune prêtresse, elle serait conduite jusqu’aux malades et, pour ma part, je serais amené à notre « petit nid douillet » où nous pourrions passer la nuit, peut-être la suivante même, et la suivante, et la suivante, jusqu’à ce que ma compagne décide de s’en aller, je n’avais pas l’impression  qu’elle abandonnerait tout ces gens avant qu’ils ne soient sains et saufs, elle était trop droite pour ça. Sur le rapide chemin qui menait à la bicoque, j’entamai mon guide entama une discussion qui ne porta pas ses fruits, me révélant un nom remâché à travers les âges, utilisé dans un elfique peu soigné, je ne pris même pas la peine de me présenter, je n’avais pas l’intention de faire ami-ami avec lui, je n’étais pas venu pour ça.

Une fois à la masure, je congédiai le Sylvain à la manière d’un bourgeois vis-à-vis de ses domestiques, il continuait à afficher un grand sourire mais je savais qu’il n’hésiterait pas un instant à me chasser de son territoire si l’envie le lui prenait. La maison tenait grâce à de vieilles poutres en sapin rongées par des bestioles en tous genres, pour ce qui était du toit, il semblait robuste et ne risquait pas de laisser se déverser l’eau s’il venait à pleuvoir, sur le sol, des rats grouillaient, en ouvrant la porte, une grande partie de ceux-ci s’étaient enfuis mais il en restait, leur parlant dans une langue qui avait traversé les millénaires, je leur demandai de s’en aller sans quoi un grand hibou viendrait et s’acharnerait sur leur famille, ce qui n’était pas tout à fait faux, j’avais bien Maeglin que je pouvais contacter et qui rappliquerait illico presto, même s’il se trouvait au-dessus d’une des nombreuses forêts de Midgard en ce moment. Etablissant un instant le lien d’empathie qui nous liait, je pus voir de hauts sapins recouverts de givre et entendis le bruit d’un petit rongeur se débattant pour s’échapper des serres d’un rapace.

M’asseyant sur une chaise branlante au coin d’un âtre sans feu, je retirai mon masque, je n’arrivais pas à inspirer correctement, l’air était mauvais, mon métabolisme n’arrivait pas à filtrer la quantité invraisemblable de bactéries, germes, microbes, virus, qui y stagnaient. J’attendais que l’heure arrive, que Flora revienne et que nous puissions discuter clairement de ce qui se passait, que je sache enfin mettre un nom sur mes émotions.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Lun 9 Sep - 3:11
L’après midi s’avançait doucement sur la soirée quand l’aveugle décida qu’il fallait rentrer. Marchant aux coté de l’Elfe qui les avait accueillis –Son frère était parti dans les bois- Flora songea tout ce qu’elle savait sur la peste noire. Sur son mode de transmission en particulier. Elle savait que la maladie se transmettait dans l’air. Qu’en restant dans la maison bondée de malades elle s’était surement contaminée et même condamnée. Portant nerveusement les doigts à ses lèvres puis a sa gorge, Flora réfléchissait.

Il y avait en tout neuf personnes encore en vie dans le village. Deux femmes, dont une enceinte, Quatre hommes et trois enfants, tous en bas âge. La prêtresse avait manqué de s’évanouir quand les gémissements des bambins avaient résonnés dans la bicoque. L’Elfe avait refusé de la mener près d’eux pour qu’elle puisse les soulager. En fait, il s’était opposé a tout ce que l’Enfant de Foi lui avait demandé, depuis un peu d’eau, jusqu’au morceau d’étoffe pour rincer les visages enfiévrés. Pour enfin s’éclipser en ronchonnant et en disant qu’il n’était pas garde malade et que les Humains l’avait bien cherché.

Flora était donc restée seule, n’osant pas rentrer et n’osant pas faire un tour autour de la maison.

L’air devenait plus froid et elle devinait le soleil en train de se coucher quand des pas crissèrent pres d’elle. La prêtresse tourna la tête et écouta l’Elfe arriver.

«
Mon frère t’a laissée la ? »

Elle hocha la tête en silence, resserra les pans de sa robe autour d’elle.

«
Viens »

Et elle le suivit. Ils marchèrent un moment. Car la maison choisie pour Aegan et elle se trouvait en retrait, un peu, des autres maisons. Trébuchant sur les marches, Flora finit par arriver devant la porte, et frappa doucement avant de se glisser à l’intérieur. Il faisait froid dans la masure et la prêtresse grelota un instant. Elle se demanda si Aegan avait allumé des chandelles pour y voir clair. Ca ne lui faisait rien à elle de vivre dans le noir, mais c’était une habitude du couvent. Là bas ses consœurs lui allumaient toujours une chandelle au cas où, une divinité prenait pitié de la pauvre infirme et lui rendait la vue. C’était plus symbolique, mais la jeune femme aimait l’odeur de la cire en train de fondre doucement sur son support de cuivre.

«
Aegan ? »

Elle l’entendit respirer, à l’ instant ou elle l’appelait. Il n’était pas loin d’elle. Flora fit un pas, en direction de lui, se prit les pieds dans la table qui encombrait la pièce, la contourna, et enfin posa ses doigts sur l’âtre d’une cheminée. La pierre était froide et on devinait qu’aucun feu n’y brulait depuis belle lurette. L’Elfe n’avait pas pipé mot et la prêtresse se demandait s’il était fâché. Elle le trouva finalement, le postérieur vissé sur une chaise instable. La respiration lente de son compagnon lui laissa à croire qu’il dormait. S’agenouillant a ses cotés Flora posa la joue sur la cuisse de l’Elfe et attendit qu’il prenne la parole. La main de la religieuse chercha celle de la créature des bois pour la poser sur sa propre joue, celle qui n’était pas contre la jambe de l’Elfe. Fatiguée par la longue journée, Flora soupira.

«
Je sais ce qui ronge les habitants du village. » commença doucement la jeune femme. Parler, raconter ce qu’elle avait découvert, lui fit du bien. Elle partagea même ses supposition de l’avant-veille au soir, quand elle pensait avoir à faire avec une malédiction ou un châtiment divin.

«
Qu’en penses-tu ? » demanda la jeune femme en redressant la tête. « Tu crois que … » Elle sanglota presque sur les derniers mots : « Que … moi … aussi, je, je … vais … ? » Le dernier mot resta coincé dans sa gorge, et elle eu un autre hoquet silencieux.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Jeu 12 Sep - 7:28
- Aegan ? Dit une petite voix à l’entrée.

J’étais concentré sur de petits morceaux de charbon gris dans l’âtre, n’ayant aucun mal à voir dans cette quasi obscurité, ils avaient leur histoire, d’abord semences s’envolant de la plante mère, tourbillonnant entre ciel et terre, venant se déposer délicatement au sol et entrant en communion avec le monde, s’enfonçant toujours plus profondément, de petites racines se formant, minuscules, fragiles, début d’une vie nouvelle, puis, elles grandissaient, devenant toujours plus larges, plus solides, plus longues et pendant ce temps, en surface, une tige fait son apparition, il lui faut des dizaines, voire des centaines d’années pour qu’enfin cet arbre acquière une existence honorable, mais avant cela, un homme, bien bâti, robuste, armé d’un simple bout de métal vient arracher cet enfant à son foyer, le faisant souffrir, le débitant en bûches, et le bois continue de crier mais personne ne l’entend, personne ne le comprend, même les siens ne peuvent rien faire car ils savent tous que ces êtres sans pitié viendront s’occuper de leur sort, d’une main à l’autre, le tronçon circule et finalement, il est entreposé dans une cave bien chaude, il croit que s’en est fini, il trouve sa nouvelle vie agréable, à ne plus devoir toujours pousser, s’évertuer à dépasser ses frères pour avoir droit à la lumière, mais une grosse main l’empoigne et l’emporte à nouveau, il panique, il voit une lueur qui lui inspire la plus grande crainte, il entend des râles, il ne peut pas fuir, il tombe, dans un ultime cri, la flamme le dévore jusqu’à ce qu’elle soit repue, violente, arrachant des hurlements atroces que l’Humain entend comme le doux bruit d’une flammèche dansante.

Il restait un peu de ce pauvre arbuste parmi le bois calciné, je l’attrapai et le déposai dans le creux de ma paume droite, le regardant attentivement, entendant cette conscience si affaiblie me supplier de la sauver, de la libérer, de la restituer au grand air, je scrute chacune des blessures qui l’ont flagellé, je ferme les yeux et je repense à ma vie.

- Naur, murmurais-je.

Dans une ultime torture, il en fut finit du ce morceau d’écorce qui avait échappé de justesse au châtiment, se désintégrant sous la brûlure intense. Un court instant, voilà tout ce que cela m’avait demandé et j’entendais toujours cette personne dans mon dos, je ne savais plus bien qui j’étais, qui était-ce, puis cela émergea au creux des pensées embrouillées, Flora, prêtresse Humaine, le Village, la maladie, les sentiments inconnus … Elle s’assit à côté de ma chaise, la joue posée contre ma cuisse et cherchant à attraper ma main.

- Je sais ce qui ronge les habitants du village, commença-t-elle. Qu’en penses-tu ? Me demanda-t-elle en me fixant de ses yeux morts. Tu crois que … Que … moi … aussi, je, je … vais … ? Termina-t-elle en étant prise de sanglots.

Je me relevai brusquement, attrapant ma compagne par les poignets et la levant à mon niveau, l’enserrant de mes bras, la peau de mon visage à nu touchant son épaisse chevelure, mes cicatrices picotaient à nouveau et je savais que le contact n’était pas bon pour elles, elles risquaient de se rouvrir et ce ne serait pas pour faciliter la tâche à la demoiselle.

- Je te le promets, il ne t’arrivera rien tant que je resterai à ton côté, même si tu es infectée par la pire maladie de ce bas monde, je mettrais tout en œuvre pour te sauver, lui susurrais-je à son oreille, des larmes se déversant également sur mon visage.

La perdre alors que je venais de la trouver ? Était-elle vraiment infectée elle aussi ? Je ne voulais pas y croire. L’agrippant toujours, je m’abaissai à sa taille, mes prunelles fixant les siennes, je crus pendant une fraction de temps que je pourrais y déceler la vie, mais il n’y avait rien, décidant alors d’outrepasser toutes mes craintes et mes appréhensions, mes lèvres et les siennes se rencontrèrent pour un baiser langoureux, encore une parcelle d’immatérialité volée à l’éternité, c’était un sentiment étrange, comme des papillons dans mon estomac, voletant à l’unisson, suivant les battements de mon cœur, à ce moment là, je le savais, je l’aimais.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Sam 14 Sep - 23:46
Toutes les fibres de son être tremblaient. Elle eu un petit peu peur quand l’Elfe sauta sur ses pieds et la tira vers lui. Mais tout s’envola à l’ instant ou les bras d’Aegan s’enroulèrent autour d’elle, lui offrant une sécurité qu’elle ne pensait plus connaitre depuis que son frère avait quitté la maison familiale. Se hissant sur la pointe des pieds, Flora passa ses bras autour du cou de l’Elfe. Elle sentait son souffle jouer dans ses cheveux, tandis que la jeune femme enfouissait son nez dans le cou du Sylvain en souriant. Son haleine chaude caressait la peau de l’Elfe pour retourner contre ses propres lèvres.

Les murmures d’Aegan lui rendirent courage et lui mirent du baume au cœur. Doucement, avec une prudence extrême, les doigts de la prêtresse caressèrent la joue ravagée de son compagnon, juste avant que celui-ci lui offre son premier vrai baiser. Le cœur de Flora bondit dans sa cage thoracique et accéléra à mesure que le baiser se prolongeait. Quand enfin leurs lèvres se séparèrent, presque à regret d’ailleurs, Flora émit un murmure : «
Tu ressens les mêmes choses que moi … » Son ton était surpris et ravi. Son visage se fit souriant et elle se musa contre l’Elfe.

«
Je te crois » ajouta l’enfant de foi.  « Je ne crains rien auprès de toi. » Flora rechignait à quitter le cercle protecteur qui s’était édifié autour de son corps. Ses doigts revirent aux abords du menton de l’Elfe, sans aller plus loin. « Veux tu que j’essaye d’effacer tes marques ? C’est agréable de t’écouter sans la gaine de métal sur ton visage. » Puis rougissant « J’aime beaucoup ta voix … » Sa voix, son odeur, le gout de sa langue, qu’il la tienne ainsi. Même son caractère un peu dur. Flora aimait tout ce qu’elle découvrait chez Aegan.

L’étreinte fini par se relâcher complètement, Flora recula d’un pas, tout en gardant les mains de l’Elfe dans les siennes. Elle lui sourit. «
J’ai faim. Pas toi ? » Et elle se mit a l’ouvrage, comme quand elle était petite, s’aidant de son sens du toucher très développé pour trouver ce dont elle avait besoin. Son nez lui indiqua quelles provisions étaient encore bonnes à consommer et lesquelles ne l’étaient plus. Bientôt, le fumet d’un brouet de légume emplit la pièce.

L’aveugle avait du demander de l’aide pour allumer le feu et cuire la soupe. La peur semblait être passée, la prêtresse ne donnait plus signe de s’inquiéter pour sa mission. Elle s’occupait du diner, comme une femme mariée le ferait pour son mari, dans n’importe quelle famille. Alors que la soupe finissait de cuir, Flora cassa des œufs qu’elle ajouta au brouet, en substitut de la viande. Elle fredonna tout du long de son ouvrage, des chants de prière et des chants de paix. Savoir que l’amour naissait entre elle et l’Elfe la rendait sereine

Quand le repas fut prêt, Flora s’employa à mettre le couver. Disposant bols et cuillers, la jeune femme continuait de réfléchir. Comment pouvait-elle soigner huit personnes de la peste noire, en étant seule, et surtout sans les remèdes nécessaires. Il faudrait surement qu’elle parte faire un tour dans la forêt alentour pour trouver des plantes et des racines qui aideraient les fermiers à aller mieux. Sauf si elle décidait d’user de ses dons de soins. Auquel cas, la demoiselle aurait besoin de stimulants, pour pouvoir garder toutes ses forces.

«
Il faudra que demain j’aille dans la forêt … » Flora se sentait le besoin de se justifier auprès d’Aegan « Je dois essayer de les aider au moins … Tu comprends ? Donne-moi deux jours, et ensuite, tu pourras me tirer d’ici par les oreilles s’il le faut. »
Apres le repas et la vaisselle, Flora tendit les bras à Aegan, l’invitant pour une nouvelle étreinte. Les joues roses elle murmura : «
Je crois que tu m’a ensorcelée … »
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Ven 20 Sep - 6:48
Dieux ! Tant de choses que j’avais manquée en repoussant l’amour dans un coin reculé de mes pensées, jamais je n’aurais dû réprimer ce sentiment enivrant, bien qu’il prenne beaucoup d’importance, au point de ne plus faire attention à ce qui se passait autour de moi, ne voulant que me concentrer sur le bonheur, le plaisir … Flora était une personne charmante et je ne lui trouvais que des qualités, connaissant les effets de cette émotion, je devais réprimer l’envie de souligner les quelques, petits, défauts que je lui avais trouvé, entre autre sa taille, j’avais toujours eu des préférences pour des dames faisant, à quelques pouces près, ma taille, sa chevelure était aussi un « défaut », le bleu n’était pas ce qui était le plus discret et je savais que j’aurais toujours du mal à l’amener avec moi sans risquer qu’elle n’attire les regards, sans ces deux petites taches sur le tableau, elle était une femme éblouissante et rayonnante de beauté, de grâce et surtout d’empathie, là où je m’étais enfoncé dans le désespoir après avoir reçu mes cicatrices, elle avait su s’affirmer malgré son handicap et était devenue quelqu’un de resplendissant, tant sur le plan moral … Que physique …

Concernant mes balafres, elle m’avait dit qu’elle pourrait essayer de s’en débarrasser, mais elle n’était pas au courant du fin fond de l’histoire et je ne comptais pas le lui révéler de sitôt, gâcher de belles heures serait une bêtise et s’il fallait que cela se passe comme avec les autres, je me rangerais du côté du destin, terrible et cruel, quitte à me débarrasser de cette conquête, ce n’est qu’une Humaine après tout … Non, avec celle-ci ce serait différent, je … Je ne lui ferais pas de mal, jamais ! … Non, j’avais dit la même chose pour celle d’avant … Cela faisait trente ans tout de même … Monstre un jour, monstre toujours … Pouvais-je me permettre de faire du tort à ce petit brin de femme qui aimait la partie de bien qui sommeillait en moi ? Certainement non, mais de toute manière, ça finit par mourir un Homme, de ma main ou de celle d’un autre … Non ! Jamais ! Plus jamais je ne tuerais mes proches, même pas intérêt ! … Allons, nous savons bien que tu renonceras assez vite quand tu auras trouvé mieux ! … Non ! Non ! Et non ! Je refuse de lui faire quoi que ce soit ! Elle m’aime, elle me l’a dit ! … On peut aimer de différentes façons, abréger les souffrances de quelqu’un n’est-ce pas là … Plus jamais ! Si le mal veut s’emparer de moi, qu’il le fasse, je mettrai un terme à mes jours !

Je me réveillai dans la paillasse miteuse dans laquelle ma compagne et moi-même avions passé la nuit, le soleil perçait par de-là les planches mal arrangées de la bâtisse, la présence réconfortante n’était plus à côté de moi ! Je commençai à m’inquiéter sérieusement, je ne l’avais pas entendue s’en aller, je ne l’avais pas sentie … Et si tout ceci avait été un rêve ? Si j’avais cauchemardé une fois de plus ? J’enfilai ma tunique en vitesse et j’ouvris le battant de la porte avec violence … Non je n’avais pas rêvé, l’air vicié, le ciel pâle, comme mourant, j’étais … A la maison. Je voulus l’appeler mais je remarquai de petites empreintes, de l’herbe repliée par endroit et formant l’esquisse d’un délicat petit pied, les pas se dirigeaient droit vers la forêt Lysa, à une bonne lieue du village. Je m’employai à me préparer du mieux que je le pouvais, arrangé après un bon moment – c’est qu’il en faut de la patience pour ranger dix poignards, cinq dagues et une douzaine d’autres lames. Je partis sur les traces de ma bien-aimée, espérant qu’il ne lui serait rien arrivé, bien que je doute que quoi que ce soit ait envie de venir dans cet endroit glauque au possible. A mi-chemin, notre discussion de la veille émergea et je me rappelai qu’elle avait mentionné qu’elle devrait se rendre entre les arbres pour trouver les plantes qui aideraient les malheureux infectés, elle aurait au moins pu prendre la peine de me demander de l’accompagner …

J’étais arrivé sous le couvert des feuilles et l’atmosphère s’était détendue, la zone de contrôle des anciens mages venait de cesser à cet endroit, les oiseaux chantaient ici, je sentais la présence de petits animaux ainsi que celle de l’être aimé …
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Mar 24 Sep - 2:29
Flora s’était éveillée tôt, la joue posée sur l'épaule d'Aegan, son bras a lui enroulé autour de sa frêle carrure. Un long moment la prêtresse était restée allongée contre l'Elfe a écouter son souffle régulier et paisible, tandis que celui ci rêvait.
Et pour finir Flora s’était levée puis habillée, le tout dans un silence paisible, avant de se pencher sur la paillasse qui sentait le moisi et la vieille paille, pour déposer un léger baiser sur la joue meurtrie d'Aegan. Lui murmurant de faire de jolis rêves. Flora avait particulièrement aimé cette première nuit auprès de l'Elfe. Très gentlemen n'avait rien tenté envers la demoiselle de foi. Surement qu'il lui laissait le temps pour que naisse le désir et toutes ces autres choses qui unissent les hommes et les femmes.

Les pieds nus de la prêtresse avaient caressé l'herbe sans la coucher franchement alors qu'elle se glissait dans les bois. Une fois sous l’abri des arbres, Flora eu un soupir. Même elle pouvait maintenant sentir l'absence de la pollution dans l'air, et de toutes les noires magies qui rendaient l'atmosphère si désagréable, là-bas au village. Ici, hors du champs magique, Flora eu l'impression de respirer, de vivre a nouveau. Bien qu'elle ne fut pas aussi sensible aux miasmes des enchanteurs que son compagnon Elfe, la prêtresse ressentait leur puissance, justement dans leur absence. Comme une intuition qui s’évanouit ou s’accomplit.

S’aventurant plus loin, pour mieux se protéger des mauvaises ondes qui régnaient alentour, Flora se mit en quête des plantes dont elle avait besoin. Grâce a son sens de l'odorat, elle eu tôt fait de mettre la main sur quelques une d'entre elles, mais pas sur les stimulants qui lui serait nécessaires. il faut dire que le regard était fortement utile dans ce cas. En plus durant la nuit, la jeune femme avait décidé d'user de sortilèges pour venir a bout de la peste. Certaine que la maladie était d'ordre magique, Flora songeait que seule la magie pourrait en venir a bout.

Flora se trouvait a genoux, en train de caresser du bout des doigts une touffe d'herbe, quand des pas se firent entendre derrière elle. Flora senti un regard s'attarder sur elle, inquiet, vérifiant son état de santé. Riant doucement la prêtresse se redressa et fit face a son bien aimé. "Tu dormais si bien. Je n'ai pas voulu te déranger."
La jeune femme s'approcha prudemment de l'Elfe, le bas de sa robe replié de façon a en faire un panier, dans lequel elle avait glissé ses trouvailles de la matinée."Comment vas tu ce matin?" Flora tendis une main, et toucha le torse d'Aegan, un sourire illuminant son visage. "Je me sent mieux ici que là-bas. Je comprends pourquoi tu n'aime pas rentrer chez toi."

Serrant le pan relevé de sa robe contre son ventre, la prêtresse vint se blottir contre son bien-aimé. Durant les quelques instants ou elle resta ainsi, la fermeture de son vêtement se pris dans l'une des nombreuses lame du chasseur de prime. Et quand Flora fit un pas en arrière pour reprendre sa quête, l'habit s'ouvrit et tomba au sol, sauf ce quelle tenait en main , bien-sur. Les plantes étaient reversées et éparpillées, le tissu gisait a leur cotés. Mais ce qui était très gênant, c’était la nudité de la prêtresse ainsi dévoilée. Non pas que ça dérangeait particulièrement la demoiselle. Étant aveugle, elle ne se souciait pas du regard des autres sur son corps, ne pouvant se contempler elle même, et par de la, ne pouvait pas comparer son anatomie a celle des autres femmes.

Flora avait simplement crainte de mettre mal a l'aise son bien aimé. Faisant fi des bonnes manières, et surtout pour démontrer qu'il n'y avait pas de gène a avoir, Flora saisi les main d'Aegan et les enroula autour de sa taille. Le contact des paumes rugueuses sur sa peau lui procura une sensation étrange, mais non pas désagréable. "Il n'y a pas de gène a avoir. je n'ai pas peur de ton regard." murmura la jeune femme, simplement femme dans cet instant. Levant la tête, elle oublia que la Foi était sa vie et sa conduite.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Jeu 26 Sep - 22:06
Je reculai lentement, ôtant mes mains de la taille de ma compagne, me retournant prestement, je dégrafai mon long manteau et le lui lançai, lui disant :

- N-ne … Ne brûlons pas les étapes j-je t’en prie, t-t-tiens, m-mets ça et p-préviens moi quand ce sera fait …

Pour qui donc se prenait-elle ? Nous avions échangé quelques baisers, certes, nous avions partagé le même lit, soit ! Mais nous ne nous éions pas engagés l’un à l’autre, à moins que ce que je lui ai dit la veille n’ait un double sens. Les mœurs des humains évoluent vite, qui sait, en cinquante ans j’étais peut-être un peu devenu « vieux-jeu » ? J’aurais mieux fait de consommer l’amour naissant dans la soirée et m’en aller, la laisser se débrouiller comme une grande, de toute façon, elle risquait d’attraper le mal noir quoi qu’il arrive et j’avais beau jurer, je ne pourrais rien faire pour l’aider, trop faible pour voyager, une espérance de vie amenuisée, m’empêchant de ramener un quelconque guérisseur … Une chose immuable m’avais poussé à rester à son côté et la protéger, savais-je tenir une promesse finalement ? Quand il y avait de l’argent en jeu, certes oui, mais ici je ne devais que l’escorter, elle qui, en ce moment me tentait plus que tout au monde avec ses formes envoutantes, mais elle me repoussait également, l’amour serait ma perte, le laisser-aller serait ma déchéance, le meilleur moment pour un ennemi pour me terrasser par les sentiments ou pour me planter une dague dans le dos quand je n’y prêterais pas attention, de plus, elle, n’était-elle pas censée servir des Dieux, dont le nom m’échappait, et, par la même occasion, bannir tout acte d’amour envers le sexe opposé ? Pourtant elle ne semblait pas réticente à transgresser ce commandement … Les Humains sont imprévisibles, j’ai toujours eu du mal à m’attacher à eux, mais celle-ci ne voulait pas quitter mes pensées.

J’amorçai un demi-tour, m’étant résigné à profiter de ce qu’on m’offrait, quitte à faire quelque chose, autant le faire bien, non ? Mais je n’y arrivais pas, je ne savais pas pourquoi j’étais à la foi attiré par ces courbes féminines et repoussé plus loin par mon propre corps … J’avais toujours fonctionné ainsi avec toutes les autres, m’amusant et jouant avec elles pendant des soirées entières, le lendemain je disparaissais discrètement et elles n’entendaient plus jamais parler de moi, c’était une solution qui me plaisait particulièrement car je n’avais pas besoin de m’attacher plus de quelques heures et, si je ne voulais pas quitter la demoiselle, je me forçais à m’en aller et pour ne pas souffrir de notre séparation, je la laissais pour morte, baignant dans son sang, ce n’était pas une option très plaisante, mais elle était viable. Celle-ci, je ne voulais pas l’abandonner, elle était trop précieuse, elle avait parlé de guérir mes cicatrices, elle disait m’aimer et moi de même, et c’était assez rare pour que je dévoile ainsi mes sentiments, mon instinct de survie ne s’était pas défilé et je ne lui avais pas servi un mensonge gros comme une maison …

Je restai dos à cette Humaine qui m’envoutait et je décidai de mettre les choses au clair avec elle, qu’elle ne soit pas offusquée par mon refus un peu violent de m’offrir à elle.

- Flora …  Je suis désolé mais je ne peux pas faire ça, je suis trop dangereux, je pourrais te laisser seule si je venais à obtenir satisfaction dans ce domaine, je ne veux pas te perdre, ce serait un trop grand sacrifice, j’ai déjà cédé beaucoup de choses à cette vie cruelle, mais je refuse de t’abandonner … Excuse-moi, dis-je, d’une voix chevrotante.

Je partis à grandes enjambées vers l’intérieur de la forêt, allant me ressourcer dans un endroit calme et mettre les choses au point avec moi-même, que je sache ce que je devais faire pour ne pas céder à un instinct primaire qui n’était pas celui de ma race, je n’avais jamais été un vrai Elfe, juste un moins que rien, c’était à se demander si je méritais vraiment de vivre …
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De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor]

MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Sam 28 Sep - 2:26
Quelle gourde, quelle cruche ! Flora aurait put se jeter elle-même bien nombre de nom d’oiseaux encore. Rien, elle le savait, n’effacerait la bourde qu’elle venait de faire. Elle sentit un froid immense s’installer entre l’Elfe et elle alors que celui-ci la repoussait en bredouillant. Les mains de la jeune femme, toutes maladroites, eurent un sursaut quand le manteau jeté dans sa direction vint lui fouetter le visage. Aussitôt, Flora entrepris de le passer sur ses épaules et en rabattit la capuche bien bas sur sa figure, les joues toutes rouges de honte. Se baissant très vite, la demoiselle réenfila sa robe de religieuse, tout en prenant garde a tenir fermé les cotés avec ses mains, que l’incident ne se reproduise pas.

Aegan lui parlait, mais Flora ne l’écoutait pas. Sa gorge se retrouvai nouée et son estomac alourdi d’une pierre. La honte de la prêtresse l’étouffait, Flora n’était pas capable d’aligner deux mots. Aussi garda-t-elle le silence, résolument, alors que l’Elfe tournait les talons et disparaissait dans les ombres vertes. La cueillette de la prêtresse gisait, oubliée sur le sol. Pendant un long moment la jeune femme resta debout, là, ne sachant pas vraiment quoi faire. Elle méritait la colère d’Aegan. Pourtant, elle s’en défendait pour elle-même, se rappelant ne pas avoir vraiment « cherché à ». Non Flora se souvenait d’avoir voulu dédramatiser. Eh bien, c’était plutôt râpé !

En fait, c’était plutôt un sentiment de trahison qui habita la jeune femme des l’instant ou les talons de son bien-aimé tournèrent pour la laisser. Comme dit, Flora ne comprenait pas le mal fait et se sentait abandonnée. Ne venait-il pas, juste à l’ instant, qu’il ne voulait pas la perdre ? Et que faisait-il ? Il la laissait seule ici.

C’est durant son trajet de retour que la prêtresse laissa libre cours a son émotion. Les larmes roulaient sans discontinuer et en silence. Regagnant le village, la jeune femme fila droit vers le seul lieu où elle se sentait utile et « bienvenue ». Si on peut parler de « bienvenue » de la part d’un groupe d’Humain aux seuils de la mort. Un rapide tour permit a Flora de constater que l’état de ses patients s’étaient aggravé. Elle eu même un décès : la femme qui attendait un enfant. Flora en fut mortifiée. Durant toute la journée, la prêtresse usa sans restriction de ses dons de soins. Bien sur elle n’avait pas apporté les plantes de la forêt, bien trop troublée par « ce qui s’y était passé » pour y penser.
La nuit était tombée depuis belle lurette quand enfin la jeune femme quitta le chevet de ses patients. Certains lui paraissaient même se porter un peu mieux. Flora quant à elle tremblait d’épuisement. Ses pieds se faisaient maladroits et elle trébucha plus d’une fois avant d’arriver près de la chaumine qu’elle occupait.

Poussant doucement la porte qui grinça, la jeune femme se guida du bout des doigts jusque dans la chambre, puis a la paillasse, sur laquelle Flora se laissa choir avec un soupir. Et de s’y allonger tout a fait. Son corps entier la faisait souffrir. Sa peau lui brulait. Et en même temps, la jeune femme grelottait de froid. De sa main droite, elle tira sur elle ce qui, au toucher, ressemblait a une couverture. Flora savait qu’elle avait trop donné, qu’elle avait encore fait une bêtise, qu’elle n’avait pas fait attention à elle. Et alors ? songea la prêtresse, faut bien servir a quelque chose. Mais doucement elle souriait malgré tout. Car Flora avait trouvé un truc, une chose qui lui avait permis de soulager les villageois, et peut être, leur avait rendu espoir.

Les doigts de la prêtresse glissèrent par-dessous la robe et le manteau –qu’elle n’avait plus quitté depuis le matin- pour aller effleurer la peau, sous ses aisselles. Elle pouvait les sentir, les ganglions boursoufflés et dur. Ils étaient encore discret … mais demain on ne verrait plus qu’eux.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Mer 9 Oct - 6:01
Où es-tu vieux frère quand j’ai besoin de toi ? Perdu quelque part dans les cieux à profiter d’instants magiques, à profiter de ta liberté, ne pas se soucier de besoins futiles comme l’argent, la possession, la belle vie pas vrai ? Et moi je me retrouvais seul, comme toujours, à me morfondre sur mes erreurs, aussi inutile que ce soit, c’était une habitude, j’avais beau savoir que tout cela était vain, que ça ne m’aiderait pas à progresser, je me renfermais, je détestais chacun de ceux que je connaissais, que j’avais croisé, même un court instant, dans mon existence.

J’avais gagné une clairière où coulait un petit ruisseau, cascadant entre les pierres moussues, d’un bleu très légèrement troublé, emportant les quelques feuilles tombées sur l’eau en cette saison. La lumière perçait difficilement entre les épais feuillages des hauts chênes, frênes, églantiers et autres arbres feuillus. Le vent faisait bruisser la couverture verte qui enveloppait la forêt, telle l’édredon d’un lit bien chaud, créant une atmosphère paisible et sereine, rien ne laissait présager qu’un grand gaillard comme moi vienne déranger cette paix par des pas qui laissaient transparaître ma haine, ma tristesse, ma colère, ma peur. Je m’assis sur le tronc d’un vieil érable, déraciné depuis longtemps par une quelconque intempérie, sur celui-ci circulait tout un petit monde dont je ne fis pas grand cas, ne me gênant pas d’en écraser une ou deux fourmis au passage.

Il m’était difficile d’imaginer qu’ici était le domaine d’Aranwë , qu’il savait que je me trouvais sur ce bois à la limite de la décomposition, j’étais presque certain qu’il pouvait scruter ma conscience pour savoir si je n’étais pas une menace directe, mais le roi Elfe me connaissait, nous nous étions déjà rencontrés à de nombreuses reprises et de nous deux ce n’était pas moi qui repartait ébahi, lors de mes débuts dans le métier, j’avais réussi à passer la ligne de sa garde alors qu’il se promenait tranquillement dans cette même étendue boisée, les nombreux chasseurs et chevaliers qui étaient en charge de sa protection ne m’avaient même pas vu passer alors que je coupais à travers le massif pour gagner du temps, exploit prodigieux, je m’étais retrouvé face à face avec le monarque … Plus que face à face à vrai dire, je lui étais rentré dedans, j’aurais très bien pu continuer ma route si deux guerriers armés d’épées à double lames ne m’avaient pas arrêté dans une chorégraphie digne des plus grandes auberges de royaume des Hommes.

A me remémorer cette anecdote, je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire sous mon lourd masque, mais celui-ci disparut vite, je n’étais pas venu pour ressasser le bon vieux temps, je m’étais assis ici pour cracher mon venin à la face du monde sans pour autant que l’on ne m’entende. Les gens normaux supportent difficilement la vérité, c’est pour ça que je préfère mentir un peu sur certains points qui méritent de rester obscures, entre-autres l’égoïsme Humain, mais il s’agit encore d’une autre histoire … Flora était une personne pleine de charme, du moins, à ce que j’avais maigrement pu découvrir … Comment pouvais-je aimer quelqu’un que je ne connaissais pratiquement pas ? Certes, l’amour est dit inconditionnel, mais tout de même … Après tout, une doctrine du peuple de la prêtresse voulait que c’était en se mariant que l’on apprenait tout sur son conjoint, je pouvais appliquer ceci à ma situation, n’est-ce pas ? Certainement.

Je restai plusieurs heures à peser le pour et le contre, insulter de temps à autre une société décadente, me lamenter sur le sort de mon monde, avec le réveil du Grand Loup, le retour de la malédiction des dieux des Hommes, les nouvelles batailles, les morts par milliers, les enfants enlevés … Non pas d’enfants enlevés … Surtout pas ça … Plus jamais … Jamais …
Le soleil était parti se coucher, laissant place à l’obscurité amie, complice des pires méfaits, j’en étais arrivé à une solution qui pouvait peut-être satisfaire mon amie, c’est pourquoi j’avais entrepris le chemin du retour, ne me préoccupant d’aucun bruit, tout ici était contrôlé par mon seigneur. Certes il me faudrait au moins jusqu’au retour de l’astre solaire pour être à nouveau aux frontières de l’ancien bouclier magique, si je pouvais me trouver devant la chaumière que j’avais partagée avec Flora avant qu’elle ne se réveille, si seulement elle prenait la peine de se reposer, je pourrais préparer un semblant de discours et ne pas me mettre à bafouiller bêtement.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Jeu 10 Oct - 2:34
Le matin cueilli Flora, alors que celle-ci se trouvait encore sous les couvertures. La jeune femme avait dormi d’un sommeil agité, presque délirant. La fièvre la dévorait, lui ôtait tout ses esprits. Durant les petits moments de lucidité elle tentait de se lever et de chercher à boire ou repartir a sa tache. Flora murmurait, appelait son frère ou son bien-aimé dans ses soupirs. Elle rêvait, et dans ses rêves elle voyait … La jeune femme rêvait de l’objet divin, des divinités qui avaient abandonné son peuple, du refus de l’Elfe dans la foret la veille, de la honte qui en avait découlé. Elle rêvait du chagrin causé par la perte de son Nahtaniel, de son départ.

Flora s’éveilla pour de bon quand elle chuta hors du lit. Se redressant vivement, elle tendit la main et la fit courir sur la paillasse … vide. Visiblement Aegan ne l’avait pas rejointe cette nuit. Le visage triste, la jeune femme se releva pour se rassoir sur le couchage. Ses épaules s’affaissèrent.

«
De toutes façons ca sert à rien de se morfondre … »

Oui peut être mais ca faisait mal. Aussi mal que ses articulations, aussi mal que sa tête, aussi mal que son corps en entier. Un bruit fit redresser la tête à la prêtresse. Elle tendit l’oreille. On dirait des pas. Elle fut prise d’espoir et eu envie de courir a la porte mais des voix vinrent accompagner les pas. Des voix inconnues, des voix humaines. «
Venez, dépêchez vous ! Je ne veux pas rester une seconde de plus dans ce trou maudit. »

Facile de deviner ce qui se passait maintenant. Les villageois s’enfuiraient et quittaient la région qui les avait rendus malades. Durant ses cauchemars Flora avait découvert la cause de la maladie. Il y avait une certaine logique la dedans. Mais elle voulait en parler avec son Elfe, si toute fois celui-ci se décidait à reparaitre.

Toutefois elle ne put s’empêcher un profond soupir, exprimant sa déception et sa tristesse. Ses mains resserrèrent le manteau autour d’elle. Le vêtement était maintenant trempé de sueur a cause de la fièvre et pourtant la prêtresse le gardait sur elle. Il lui tenait chaud, mais pas physiquement, il lui donnait chaud au cœur. Bon, décidant qu’il était l’heure de se lever, Flora quitta péniblement le lit. A l’aide de ses doigts hypersensibles la jeune femme traversa la maison et alla dans la cuisine. Elle voulu se servir un peu d’eau, car sa langue était desséchée. Sauf que, le broc était vide. La prêtresse devait se rendre au puits tirer l’eau et enfin pourrait se désaltérer. Qu’a cela ne tienne, Flora se dirigea vers la porte.

Mais elle ne l’atteint pas … S’écroulant sur le sol, bien avant de l’atteindre, totalement à bout de forces. Dans sa chute, la prêtresse entraina la table et ce qui l’encombrait, provoquant par la un chahut de tous les diables. Les divers objets tombèrent sur la jeune femme, sans recouvrir son corps, mais apportant quelques menues coupures. Et la table coinçait la jeune femme contre la porte de la maison, bloquant ainsi l’accès a l’intérieur et en même temps a l’extérieur. Malgré son handicap, la tête lui tournait, elle avait envie de vomir. La prêtresse gémissait de douleur. Odin devait s’étouffer de rire la haut en la regardant, si il la regardait …

«
Au secours » murmura l’aveugle …
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Sam 12 Oct - 8:01
Non ! Non ! Et non ! Il fallait toujours que je rate tout ce qui était important à mes yeux, cette fois-ci n’échappait pas à la règle, j’avais beau avoir couru comme un pauvre homme ayant la mort aux trousses, le soleil s’était déjà levé depuis longtemps et je n’étais toujours pas arrivé à la lisière de la forêt ; d’où je me trouvais je pouvais apercevoir la trouée lumineuse qui marquait la fin de l’étendue boisée mais je savais qu’il me faudrait encore du temps avant de voir l’herbe roussie de la sphère occulte, ce n’était pas pour me mettre de bonne humeur tout cela …

Décidant de gagner un peu de temps en passant par la voute de feuilles, je montai au tronc d’un jeune chêne et commençai à réaliser des bonds toujours plus risqués pour me projeter d’une branche à une autre, manquant au passage de tomber par maladresse cause d’une précipitation qui n’avait pas lieu d’être. Ma vitesse fut nettement accrue, ne devant plus que viser d’une manière plus ou moins correcte pour atterrir à l’endroit propice, je gagnai l’orée du bois avant que le soleil ne soit à son zénith, j’étais plutôt satisfait de ce retournement de situation, bien que je tendais plus à être excédé par la moindre tige venant s’accrocher à ma tunique, la moindre écharde se logeant dans un de mes gants et titillant ma paume. Dans un dernier saut, j’atterris au sol dans une roulade suite à laquelle je me relevai avec célérité et partis en direction de la masure qui m’avait accueillie le temps d’un soir, le village était silencieux, tout du moins, la pesante impression de mort qui plainait la veille avait disparue, les seuls êtres vivants que je croisai furent les deux Elfes de bois, sur les dos desquels étaient empaquetés des objets en tous genres, ustensiles de cuisine, couverture, et d’autres babioles. J’apostrophai le plus grand des deux.

- Alors ? Vous levez le camp ? Vous ne restez pas avec les Humains pour les aider ? Belle mentalité !

- Les Hommes ont quitté le village à l’aube, nous n’avons pas revu ton amie depuis hier soir, il y a eu pas mal de remue-ménage du côté de votre habitation ce matin, mon frère et moi-même pensions que vous étiez ensemble mais il semblerait que notre jugement ait été trop hâtif. Me répondit le plus petit du duo, une note de sarcasme dans la voix, son regard évitant le mien à chaque fois que je tentais de plonger mes yeux dans les siens pour savoir s’il mentait.

Je l’attrapai par le col de son habit et je soulevai du sol avant de l’envoyer promener un peu plus loin après avoir exécuté un vol plané digne d’un saltimbanque de renom. Son « frère » se précipita sur le corps malingre qui venait de rebondir plusieurs fois sur des pavés qui formaient une route sommaire et dont je me souvenais de la construction vu que c’était moi qui avais été chargé d’enlever chaque carré de terre avec seulement mes mains pour outils. Je repris le chemin que je m’étais initialement imposé pour m’arrêter devant la bâtisse, dépité de ne plus voir la porte de la pseudo infirmerie ouverte et par l’entrebâillement apercevoir ma compagne s’occuper des malades. Il n’y avait plus un chat, les deux originaux ne m’avaient pas raconté de salades, c’était tant mieux pour eux.

Si il y avait eu de l’agitation dans la matinée, il fallait que j’entre dans la cahutte pour savoir si Flora s’en était allée de son plein gré et que ce boucan ne venait pas de « chez-nous », ou bien si il s’était passé quelque chose de grave. J’entrepris d’ouvrir le battant mais rien ne fit, la porte était verrouillée, je ne pourrais même pas savoir si elle avait été victime d’un quelconque malheur, je devrais vivre avec cela sur ma conscience, déjà bien chargée depuis tant d’années … Je m’affalai sur le sol boueux devant la façade, la tête entre les mains, respirant difficilement à travers le masque, c’était atroce de savoir que j’avais encore fauté et que je ne pourrais plus rien faire pour être pardonné par celle que j’aimais.

A bien y réfléchir, au moment où j’étais revenu ici et où j’avais ouvert cette porte qui était entrouverte à cause de l’absence de serrure qui avait été arrachée par le temps et les termites, j’avais condamné mon aimée, la maladie l’atteindrait quoi qu’il arriverait, j’avais été irresponsable, comme d’habitude. Que venais-je alors de me dire à moi-même ? Que la serrure manquait …  Donc la porte ne pouvait avoir été fermée à clé … Quelque chose devait la bloquer de l’intérieur et ci c’était le cas … Flora ne pouvait être que là !

L’espoir me gagna un court instant avant que je ne réalise que je n’avais toujours pas de moyen de me faufiler entre ces murs, c’était un problème … Je décidai tout de même de prévenir la fille de foi de ma présence.

- Flora ?! Flora je suis là ! Je suis désolé pour hier … Je, commençais-je à sangloter, Je t’aime tu le sais, je ne veux pas te perdre, je peux changer, je vais changer, pour toi, continuais-je les yeux pleins de larmes.

Aucune réponse ne me parvint, la tristesse reprenait le dessus quand un léger râle se fit entendre. Je fus libéré d’un poids énorme, bien que je m’inquiétais encore pour elle, elle devait être dans un mauvais, très mauvais état … J’entrepris de défoncer la porte, ce qui bloquait l’accès ne devait pas être bien solide. Je fis porter toute ma masse sur chacun de mes coups, m’abîmant l’épaule droite un peu plus à chaque impact, les piliers en bois qui soutenaient la construction vibraient de plus en plus et j’avais peur que tout ne s’écroule sur Flora, mais heureusement je réussis à enfoncer l’accès à temps et je découvris une demoiselle au sol, sur laquelle il y avait quelques objets et dont le corps comportait quelques coupures, mais ce qui m’inquiéta le plus, ce fut de voir que les symptômes de la maladie noire avaient apparu … Je me jetai sur elle, la soulevant et la tirant à l’air libre. Je ne pus me retenir de pleurer et, contre ma propre volonté, je retirai mon masque et appuyai ma joue dont les chairs étaient encore en bon état sur la sienne, lui susurrant des mots d’amour.
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Lun 14 Oct - 9:52
Combien de temps elle resta là, allongée sur le sol ? Impossible à dire. Flora perdait connaissance puis se réveillait, sombrait, émergeait … Pas tout à fait ici, mais pas dans les limbes, pas encore. Mais comment le savoir, quand on ouvrait les yeux et que tout n’était que ténèbres ? Elle remuait faiblement les doigts comme pour se prouver que c’était bien le sol sous elle.

Les oreilles affutées de Flora détectaient les sons caractéristiques de gens en fuite. Etrange, il lui semblait que tout les Humains avaient quitté le village à l’aube. Et –et la prêtresse en fut chagrinée- sans même se prendre la peine de venir remercier celle qui les avait soignés. Elle avait soif, ses lèvres en étaient desséchées et craquelées, et sa langue encroutée. La maison avait maintenant l’odeur de la maladie, comme dans l’infirmerie de fortune.

Flora perdit à nouveau pied avec la réalité …

C’est le bruit de pas sur le gravier proche de la maison qui la tira de l’inconscience. Son battit un peu plus vite, elle chercha à appeler, a crier a l’aide, mais seuls des chuchotements rauques sortaient de sa bouche. La danse de l’individu dura un moment autour de la maison, avant que ne retentisse la voix d’Aegan. Il avait dut l’entendre alors qu’elle cherchait à appeler. Flora eu un gémissement d’espoir en reconnaissant sa voix. Tout de suite remplacé, certes par de légers râles de douleurs. Que lui prenait il a défoncer la porte ainsi ? Il ne se rendait pas compte qu’elle se trouvait juste derrière ? Cela était si douloureux que la prêtresse en vint à prier que l’Elfe lui brise l’échine en deux et mette fin a ses souffrances.

Sauf que c’est le bois vermoulu qui céda le premier, au grand soulagement de la jeune femme qui retrouva bientôt les bras rassurant de son bien-aimé. Elle agrippa, ou plutôt tenta d’agripper la chemise de l’Elfe alors qu’il l’entrainait dehors. L’air frais fit un peu de bien a la prêtresse, elle eu l’impression de mieux respirer.

La chaude humidité des larmes d’Aegan, et la douce sensation de sa joue conte la sienne arrachèrent des larmes aux yeux morts de Flora. Elle tourna doucement la tête et déposa un baiser sur la joue de l’Elfe. «
Tu es revenu. » Un murmure. Elle sourit, comme quand on fait une bonne surprise, sauf que le sourire de la jeune femme est fatigué et las. « J’ai … j’ai réussi, tu as vu ? Les Humains sont saufs, ma mission ici est finie. » La jeune femme soupire et gémit en même temps. Elle porte les mains sur une articulation, sauf que ce n’est pas une, c’est toutes qui la font souffrir.

Elle sentait que ca ne suffirait pas, alors elle continua dans un souffle : «
Il y avait bien une malédiction. C’était la haine des Elfes séquestré ici qui a crée cette maladie. C’est votre colère qui la propagée … Et c'est la magie noir de vos tortionnaires qui lui a donné vie ...» Elle se tut le temps de reprendre son souffle. « Après avoir comprit ça, j’ai tout simplement banni le sort des corps des malades … Et l’ai attiré en moi … J'ai ... voulu te protéger ... Je suis désolée. » La petite prêtresse étouffa un sanglot et tourna la tête, comme pour se dérober au regard de son bien-aimé.

Flora laissa un temps de silence et murmura : «
Tu es fâché pour hier, encore ? »
Pourquoi cette question la harcelait maintenant. Elle se gourmanda elle-même. A cette heure elle aurait du chercher un remède pour elle-même, ou tenter un exorcisme. Mais non, elle s’attardait sur les états d’âmes qui n’avaient pas lieux d’être. Enfin, c’était tout elle ca, s’inquiéter du bonheur et du bien être des autres, toujours, toujours avant le sien.

Les yeux blancs de la jeune femme semblèrent chercher ceux de son compagnon. Sa main partit caresser la joue meurtrie de l’Elfe, dessinant légèrement ses cicatrices. «
Il faut que je te dise une chose … Je t’aime, moi aussi. »
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Lun 28 Oct - 1:50
- Il faut que je te dise une chose … Je t’aime moi aussi.

Elle avait tout fait pour sauver ces Humains, qui en contrepartie ne lui avaient même pas accordé un simple remerciement, l’avaient laissée pour morte après s’être lâchement enfuis, c’était misérable, méprisable. Ils ne méritaient pas ce travail acharné qu’elle avait fourni, ils n’auraient jamais dû survivre, elle s’était donnée corps et âme pour leur salut et elle se retrouvait aux portes de la morts, avec toute compagnie, un Elfe psychotique qu’elle avait rencontré tout au plus moitié moins d’une lune auparavant et qui se prétendait l’aimer sans même savoir quel était ce sentiment qu’il revendiquait sien.

Je voulais venger cette prêtresse, fille de foi, servante d’Odin, mais il n’était pas encore temps aux lamentations, elle était peut-être sur la mauvaise pente mais je devais tenter l’impossible pour lui permettre de vivre, quitte à me mettre en danger, de nous deux, elle était celle qui méritait de continuer son chemin en ce monde, j’avais baroudé pendant un siècle et plus, je pouvais m’en aller maintenant, je n’aurais pas de regrets, si ce n’est celui de ne pas avoir mené la tâche, qui m’était assignée, à bien. Renforçant mon étreinte autour du corps de ma bien-aimée, je lui glissai un tendre baiser, ses lèvres étaient décolorées, s’accordant presque avec sa chevelure.

Une solution, je devais trouver une solution, mais je n’avais plus beaucoup de temps, Flora était trop affaiblie, je ne pourrais pas la transporter rapidement jusqu’à une ville, ni même un autre village, chevaucher jusqu’à trouver un médecin, guérisseur, mage, chaman, était aussi trop risqué, elle avait beaucoup de chances de ne pas survivre à une seule nuit, il lui fallait de l’assistance immédiatement, mais il n’y avait personne qui pouvait m’aider, personne qui accepterait de m’offrir un soutien, ils fuiraient tous en me voyant et même si je réussissais à en ramener un, il ne ferait pas son travail dans des conditions optimales.

Peut-être que les deux Elfes des bois étaient encore là ?! Non, c’était une mauvaise idée, ils ne devaient pas vraiment me porter dans le cœur après ce que je leur avais fait, j’avais été ignoble, médisant, et voilà que cet écart de conduite me retombait dessus. Personne, personne, personne aux alentours … Aucun allié, aucun ennemi, juste moi et moi seul accompagné de l’amour personnifié, il ne me restait que deux solutions, abandonner à son sort la pauvre enfant ou tenter le diable et me mettre en danger. Je fis un choix lâche, une décision qui était semblable à un moi que j’essayais d’oublier, que je voulais mettre de côté et m’en séparer petit à petit, j’avais pris la résolution de la laisser sombrer lentement, mais au moins dans un endroit où les charognards ne viendraient pas se délecter de son corps, quoi que, la peste noire ne devait pas être un assaisonnement à la convenance de ces messieurs, j’eus un rire nerveux, je me détestais.

Elle n’avait pas dit mot depuis tantôt, ses yeux ne m’étaient d’aucune utilité pour savoir si elle était tombée dans le coma, ou bien avait déjà succombé, je la transportai jusqu’à la lisière de Lysa, elle ne bougea pas, sans doute était-elle à bout de forces, je faisais attention à ne pas la malmener, à chaque fois que je le pensais nécessaire, je marquais un arrêt, la déposais en douceur et lui faisais avaler quelques goutes d’eau d’une gourde que je portais sur moi, je cherchais un lieu où elle pourrait reposer en paix, où son visage pourrait surpasser les beautés de la forêt, où plus rien n’aurait d’importance à part elle, je voulais l’honorer avant même qu’elle n’ait trépassé.

J’abandonnai cette quête, le bois paraissait résolu à m’empêcher de lui trouver un linceul digne d’elle, je l’allongeai sur une grande pierre plate, ses cheveux s’éparpillant sur la roche ressemblaient à d’innombrables rivières, elle était magnifique, même en dépit de sa maladie. Des animaux s’approchèrent, restant à bonne distance du monstre que j’étais, mais l’un d’eux fut pris d’un élan de courage, une espèce de grand corbeau au plumage plus noir que la nuit se plongea de la voute de feuilles, ne faisant aucun bruit, étrange, et atterrit sans émettre plus de sons, il se posa à quelques pouces du visage de la demoiselle, ce n’était pas un corbeau, c’était …

- Qu’est-ce que tu fais ici, toi ? Me demandais-je intérieurement, sachant pertinemment que ces paroles ne seraient pas entendues que de moi-même.

- Je suis venu vous empêcher de commettre votre pire crime, Maître Fëanor. Me répondit une voix, logée dans un petit coin de mon esprit.

- Vous n’êtes pas Maeglin, il ne sait pas parler, il ne le saura jamais, tout comme cette Humaine ne pourra jamais voir, qui êtes-vous ? Répliquais-je de manière cinglante.

- En effet, je ne suis pas l’Oiseau, mais vous me connaissez, chasseur de primes, je suis celui qui a tout pouvoir, celui que la nature écoute, celui …

- Aranwë …
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MessageSujet: Re: De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor] Dim 3 Nov - 23:51
« Flora, Flora réveille toi. »

Je sens qu’il est tard, mais je refuse d’ouvrir les yeux. Le soleil qui tombe sur ma chambre m’ … éblouit ? Une part de moi, se contente de hausser les épaules, une autre s’en étonne. Depuis quand le soleil peut m’éblouir ?

Pour échapper aux rayons ardents, je me tourne dans le lit. Mon nez frôle quelque chose. Je ne veux toujours pas ouvrir mes yeux. Mes mains explorent l’objet, comme j’en ai l’habitude. Elles me rapportent que je me trouve contre un corps, le corps chaud d’un homme.

La voix s’élève encore une fois, et je reconnais Aegan. En souriant je me muse encore un peu contre lui, et prends la parole.

«
J’ai fais un drôle de rêve. »

Et d’une voix encore endormie je raconte ce rêve. Je raconte a mon … Mari ?! … que j’avais la peste, que lui m’était un parfait étranger, mais que je l’aimais quand même, qu’il essayait de me sauver, mais que j’allais surement mourir. Et tout en racontant, je me rends compte que ce rêve paraissait trop réel.

D’un bond, je me redresse sur notre couche, et pour la première fois de la journée, ouvre les yeux. Et là quel choc. Car je n’avais jamais savoir a quoi ressemblait le monde, ça j’en suis sure. Émerveillée je trace du regard les contours de tout les objets qui se trouvent devant moi, depuis les plis de la pelisse qui nous sert de couverture, jusqu’aux dessins des boiseries et des meubles. Mon regard est insatiable, assoiffé.

«
Aegan … je vois ! »

Je suis au comble du bonheur, et je me tourne vers l’être aimé, pour enfin le découvrir. Par contre lui, porte une drôle d’expression sur son visage, je n’arrive pas a la déchiffrer. Ce sont ses paroles qui m’indiquent qu’il me pense encore endormie.

«
Comment ça, tu vois, tu as toujours vu ma douce. »

Son comportement est étrange, trop … câlin … trop tendre. Ce qui avait été une forme de rapprochement dans notre couple avait justement été ma cécité. Un détail me chatouille et je lève aussitôt les yeux sur son visage, le détaillant pour la première fois. Mon regard s’attarde sur les joues, toutes lisses de mon compagnon. Pourtant mes doigts se souviennent des creux et des plis qu’on laissé une chose horrible dans la peau de mon bien aimé. Tiens, d’ailleurs mes dis doigts partent a ce moment précis pour dessiner les contours et les arêtes du visage d’Aegan. Les détails de mon « rêve » sont plus que troublant. Cet homme en face de moi me semble si étranger.

Les mains de l’Elfe se posent sur moi. Pendant un long moment je perds pieds avec la réalité … Ensemble nous explorons l’immortalité.


******************************

La douleur est atroce. Elle voudrait crier, pleurer mais son corps ne peux plus bouger. Prisonnière d’elle-même, Flora souhaiterais retourner dans ses rêves, même s’ils ne sont qu’un très pale reflet de sa vie. Elle l’a bien comprit, et depuis le début, que ces lieux où ses yeux voyaient, ou Aegan était un homme doux, ces lieux là n’existaient pas. Respirer lui était difficile et il lui semblait que ce qui sortait de ses poumons était aussi brulant que le foyer d’une cheminée. Aussi la jeune femme s’appliqua à respirer par à-coups, en laissant de longs intervalles entre chaque inspiration.

Tout près d’elle, la jeune femme sent des présences. L’une est chaude, mais distante, triste, et  haineuse. Elle se déteste elle-même, s’en veux d’une situation a laquelle cette âme n’y peut rien. Flora voudrait se lever, et prendre dans ses bras Aegan, lui murmurer qu’il n’a pas fait de faute, que tout ira bien.

L’autre présence se trouvait juste a ses cotés. Elle rayonnait, d’une sérénité, et d’un magnétisme inconnu jusqu'alors à l’aveugle. Comme si le soleil perçait les brumes et les ténèbres de sa vie, et y installait la couleur et la lumière. Cette présence ci lui fit du bien, et Flora avait l’impression que devant elle, la douleur reculait un tout petit peu.

Ses oreilles perçurent le murmure émerveillé d’Aegan : «Aranwë … » Le nom parut résonner encore et encore dans le corps de la prêtresse. Une larme perla aux coins de ses yeux. Quelque chose frôla son front comme pour vérifier sa fièvre. La jeune femme perdit le reste de la conversation, s’il y en avait une, pour se concentrer sur la sensation. Puis une petite voix s’éleva dans son cœur et dans sa tête.

«
Ouvre les yeux, Humaine. »

Ouvrir les yeux ? Pourquoi ? Non, ca ne servirait à rien, a rien d’autre que d’avoir mal, de ne rien voir, de ...

Lentement, elle obéit, et découvrit un monde gris. S’apercevant qu’elle peut bouger, Flora se redresse. Elle tourne la tête a droite et  a gauche, découvrant la forêt qui sera bientôt sa dernière demeure. Ses oreilles toujours connectées avec la réalité, percevaient les pleurs quasi sans bruit de son compagnon Elfique.

Flora tourna la tete vers Aegan, pour ne trouver qu’une place vide. Son cœur se serra.
«
Voici l’Autre Monde » murmura une voix triste. Une main se posa sur l’épaule de la jeune femme, celle-ci trembla. « Je n’ai pas envie de mourir » sanglota-t-elle. « Pourtant, tous les êtres sont appelés a trépasser. » Flora se mit alors à pleurer franchement. Là dans ce monde sans couleurs, sans odeurs et sans sons. Dans un monde … mort. Elle se disait en contemplant ces lieux, qu’elle préférait être aveugle et ailleurs, avec Aegan et d’autres, plutôt que voyante et seule ici.

Le soleil perça d’entre les arbres, et le temps que ses rayons chauffent l’air, Flora devina la silhouette de son bien aimé, juste la, à coté d’elle. La jeune femme s’approcha, le soleil éclaira l’Elfe, porte communiquant entre les deux mondes antagonistes. Elle le découvrit pour la première fois, cet homme véritable et dès la seconde ou elle posa son regard de morte sur lui, la jeune femme sut qu’elle l’aimait, profondément et avec toute la passion de ses dix-huit printemps. Que les sentiments qu’elle avait pour lui la veille ne valaient rien, comparés à ceux de maintenant. Flora voyait bien que son bien aimé portait son masque, qu’il cachait ses traits par honte, mais la bouffée de tendresse qui emplit son cœur lui assura que tout ira au mieux.

Elle avait une conviction, une seule. Elle voulait rester auprès de son Elfe, et vivre a ses cotés, peu importe les dangers. A cet instant, la prêtresse perçut comme un sourire, et un hochement de tête, de la part de cette autre personne. Le soleil se posa sur elle, et commença à réchauffer son corps, donnant des couleurs au monde. Puis, tandis que Flora entourait de ses bras le corps d’Aegan, sa perception du monde se fit floue, et bientôt, le noir se referma sur elle.

Mais elle ne le craignait pas et l’accueillit comme un vieil ami. La jeune femme était confiante. Et bientôt, elle se rendormit.



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De maladie, de soins et de prières. [Aegan Fëanor]

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