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Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim

MessageSujet: Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim Jeu 12 Sep - 7:10


      † Iron and Gold †


    La Cité des Nains ronflait paisiblement parmi les nuages. Un bruit de mécanique incessant emplissait l’air d’une façon presque étouffante, et la fumée irritait les yeux secs des voyageurs peu accoutumés au commerce principal de la ville : la forge. Ainsi, outre les nains, spécialistes séculaires du maniement des métaux en tous genres et de leur fusion travaillée aussi précisément qu’un horloger assemble une montre, c’étaient des gens de tout Midgard que l’on pouvait croiser là, qu’ils soient riches marchands à la recherche d’objets précieux et uniques, ou futurs chevaliers en quête de l’arme qui leur assurerait renommée et protection.

    Ulrich Leodenor faisait partie de cette dernière catégorie, bien qu’il n’eût pas encore le pouvoir – ni la prétention – de se présenter auprès des forgerons de Tubalcaïn en tant que chevalier adoubé. A vrai dire… il n’était pas même écuyer. Néanmoins, un élément très convaincant avait fini par le décider à partir à la conquête de ce titre qu’il convoitait plus que tout, il y avait de cela quelques temps déjà… Il porta un regard et une main inquiets à sa ceinture, espérant y trouver la petite bourse qu’un certain chevalier, lui avait un jour dans l’ombre d’une ruelle sale de la capitale du royaume, avant de disparaître pour une destination qui lui était inconnue. Bien sûr, son angoisse était inutile – le petit sac de cuir était toujours à sa place, fermement attaché à sa ceinture, hors de portée de toute main un peu inquisitrice – il y avait veillé tout le long du voyage, protégeant les joyaux lumineux comme s’il s’agissait de la pauvre âme damnée d’un pécheur. Et maintenant qu’il était dans la Cité des Nains… sa quête touchait à sa fin. C’était un soulagement ; le voyage avait été si long, pour le jeune homme qui n’en avait pas l’habitude…


    Trois semaines plus tôt…

    Il était parti d’Asunia, laissant derrière lui l’abbaye où il avait grandi et les souvenirs qui le hantaient dans la capitale. Il avait quitté sa mère bien-aimée, sans pouvoir lui dire adieu, sans lui apprendre ce qu’il devenait avant d’aller vers ce qu’il allait devenir. Cela lui faisait un peu mal mais, il le savait pour l’avoir lu des centaines de fois dans les livres, il ne fallait pas regarder en arrière. Le héros va de l’avant, et seuls les détours sur sa route peuvent le mener vers les êtres aimés, sans qu’il sache quand ces détours se présenteront. Et dans cette histoire, le héros, c’était lui. La douce duchesse hocherait du chef si elle l’entendait à cet instant, elle sourirait silencieusement en prenant la main de son enfant dans les siennes, caressant les longs doigts de celui qu’elle n’avait presque pas vu grandir… Malgré toute sa bonne volonté, Ulrich ne pouvait s’empêcher d’avoir ce pincement au cœur en pensant au visage émacié de sa mère fatiguée, assaillie par le temps plus vite que voulu, aux petits yeux en amande qu’il aimait faire briller par des cadeaux maladroit de bambin un peu simplet.

    Le jeune Leodenor approchait désormais de la Cité de Lumïa, première et dernière étape de son chemin jusqu’aux mines lugubres du bout du monde. Là-bas, il devait trouver un forgeron assez habile de son marteau pour pouvoir créer une arme facile à manier pour l’apprenti chevalier qu’il allait devenir. Les nombreuses heures passées à attendre tout simplement que le temps passe, que les lieues fassent évoluer le paysage monotone des plaines verdoyantes du royaume, lui avaient permis de réfléchir quant à l’arme qu’il désirait avoir entre les mains pour aller se battre aux côtés du renégat. Malheureusement, son choix était loin d’être arrêté, mais son jugement lui disait qu’il ferait mieux d’attendre d’avoir trouvé l’expert qu’il lui fallait, afin d’être conseillé au mieux par une personne qui saurait sans doute ce qui lui conviendrait. Il passa donc le reste du voyage à ruminer sur la longueur de sa route, déplorant son manque de jugeote, lui qui n’avait pas même pris de quoi lire durant l’interminable chemin.


    Il n’avait pas fallu attendre d’être à quelques lieues de Tubalcaïn pour ressentir le froid transperçant des plaines qui bordaient les montagnes naines. Paradoxalement, en effet, le temps s’était considérablement rafraîchi, et la cape du jeune homme n’était pas de trop pour le protéger des crocs acérés du froid qui rôdait. Bientôt pourtant, la chaleur de la Cité des Nains, comme les douces ondes qui émanait d’un immense feu de joie, vint réchauffer ses os brisé par la fatigue et les lieues parcourues. La fumée qui enveloppait le ciel d’un épais linceul était la vapeur sortant des naseaux d’une bête colossale, et les lueurs écarlates qui dansaient sur les bâtiments, l’éclat sanglant de ses énormes iris. Etranger en cette terre, Ulrich hésitait entre se sentir accueilli à bras ouvert où légèrement menacé par les langues de feu qui se reflétaient dans les nuages.

    Jamais le petit Leodenor n’aurait cru que la ville naine eût pu être aussi grouillante de vie. C’était une fourmilière à taille humaine, où tous s’activaient, marchandaient, soupesaient, frappaient contre leur enclume le précieux métal qui servirait à faire une lame des plus tranchantes. A la fois intrigué et légèrement méfiant, le jeune homme avançait à pas lent dans les rues où régnait un clair-obscur étrange.

    C’est dans cette ambiance teintée de mystère qu’une main osseuse vint se poser sur l’épaule du voyageur Asunien.

    « Alors jeune homme, on veut devenir chevalier… » grinça l’homme qui venait de faire bondir Ulrich, paniqué.

    « J-je… C’est-à-dire que… »

    Le jeune homme hoqueta. Comment savait-il ?...

    « Tututututu… Pas la peine de me faire gober des bobards… » Le petit homme s’agrippait à lui tellement fort que le prêtre n’avait aucun moyen de se défaire de l’étreinte forcée. « Je l’ai vu… oui, là, dans tes yeux… LAAAA ! » s’écria le fou furieux, en pointant du doigt les iris émeraude de sa victime.

    Ulrich avala patiemment sa salive. Cet homme l’effrayait, mais il savait par habitude que les gens les plus terrifiants dans leurs attitudes pouvaient se révéler aisément inoffensif si l’on se montrait assez ferme avec eux. Il lui rappelait, en effet, les fanatiques, ces gens tellement avides de la rémission du moindre de leurs péchés qu’ils venaient même en pleine nuit frapper aux portes de l’Eglise pour obtenir le pardon qui calmerait leurs angoisses nocturnes, pour un simple clin d’œil aguicheur lancé la veille à une fille de joie…

    Le squelette possédé gesticulait autour de lui, tandis qu’Ulrich écoutait d’une oreille distraite ses paroles, hochant de temps à autres, mais promenant aussi son regard sur les passants arborant si fièrement le travail des nains.

    « Moi aussi, je veux une arme éclatante comme celle-ci, forgée par un Maître Nain ! » murmura inconsciemment le cadet Leodenor, assez fort pour que le vieillard entendît ses paroles.

    « HhhhhaaahhH ! Je le savais ! Je le savais ! Suis-moi, petit, je te ferai fabriquer la plus belle arme que tu n’aies jamais vue !… »

    Ulrich se raidit alors. Un « non ! » un peu plus agressif que prévu s’échappa de ses lèvres, et le maigrelet lui jeta un regard furieux. Comment ? Il ne voulait pas de l’art et des relations de Gegan le Grand ? Ulrich se retint de rire quand il entendit le nom du bonhomme. Il se moquait réellement de lui. Alors, sans qu’il ne pût s’y préparer, le fou se rua sur lui et le fit basculer par terre, brisant l’équilibre naturel de la rue. Il tenta de dépouiller le jeune voyageur de sa bourse, mais celui-ci fut plus rapide et se défit du dénommé Gegan.

    Ulrich Leodenor courait désormais sans se retourner, serrant dans ses mains le sac de cuir, ignorant quelle mésaventure l’attendrait au prochain carrefour.

    Mais, comme dit le proverbe, un nain peut en cacher un autre…


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Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim

MessageSujet: Re: Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim Sam 14 Sep - 23:00
    C’était une belle journée qui s’avançait, belle, oui ! Comme à mon habitude je m’étais levé en même temps que le coq, bien qu’il n’y avait pas de coq dans la Ville Mère, mais là n’est pas la question, j’avais dépensé ma dernière soirée à préparer les pointes des carreaux des quelques arbalétriers qui jouaient le rôle de gardes à l’intérieur de la cité, quand le travail fut achevé et le résultat me plut, de petits losanges parfaitement équilibrés et dont le bout tranchant pouvait découper une pièce de cuir à lui seul, j’avais décidé de laisser à cette matinée l’empennage ainsi que l’enchâssement  du parallélépipède sur la tige de bois, j’avais transpiré tout un soir et mon atelier sentait le brûlé, je pris la décision d’ouvrir en grand chacune des fenêtres de celui-ci, quitte à m’attirer les foudres du voisinage en faisant un véritable raffut à une heure aussi peu avancée. Il me fallut quelques heures pour que tous les traits soient prêts et qu’il ne reste plus aucun défaut, j’avais pesé chaque partie, gribouillé sur des feuilles et des feuilles de papier des calculs mathématiques qui devaient m’aider à trouver le point d’équilibre parfait, une taille bien précise pour les bûchettes, des plumes respectant les mêmes dimensions.

    Ma cargaison en main, je pris le parti de livrer directement la caserne, elle se trouvait au pied des grandes portes qui permettaient le seul accès à la cité, attrapant mon trousseau de clés du mieux que je le pouvais et le faisant pivoter dans la serrure, je pus m’éloigner de mon atelier et des ressources précieuses qu’il contenait, la conscience tranquille. Un épais brouillard étreignait la ville, rendant l’air humide et rendant encore plus lourdes qu’à l’ordinaire les odeurs des fumées provenant des cheminées qui, par ce temps, étaient cachées. Empruntant l’avenue principale plutôt que les ruelles, à cette heure il n’y avait pas encore foule et me promener avec de lourdes cagettes remplies de matériel coupant n’était pas encore un problème au bon déroulement de l’ordre public. Au bout d’une bonne dizaine de minutes de marches, je me retrouvai face à l’impressionnante muraille qui nous permettait à nous, citadins, de ne pas craindre nos ennemis tant qu’ils ne pouvaient pas voler et tant bien même qu’ils le puissent, nous avions toujours une flottille de dirigeables prêts à leur donner une bonne leçon

    La sentinelle en faction était un petit jeune que je n’avais jamais vu auparavant dans quelque taverne, sans doute un bleu qui venait d’être affecté à la capitale et venait d’une des citadelles du nord-ouest, du moins c’est ce que trahissait la manière dont il arrangeait sa barbe, ou plutôt sa barbiche, une mode incontestable aux frontières partagées avec Hagor. Il n’avait pas entendu parler de moi, il ne savait pas qu’un vieux débris viendrait, les bras chargés de projectiles et demanderait où il pourrait les entreposer, d’ailleurs il crut d’abord à une mauvais farce et voulut me faire mettre aux arrêts, mais quand le capitaine des arbalétriers pointa le bout de son nez, il fit pâle figure en apprenant que j’étais une des personnes très souvent sollicitées pour équiper leur corps, minuscule certes, de l’armée. Le gradé me remit la somme de joyaux qui avait été convenue au préalable et je m’en allai en direction d’une auberge pour profiter de mon récent gain, rien de bien spécial, un déjeuner digne de ce nom, ce n’était pas plus compliqué que cela.

    La taverne était un véritable bouiboui mal entretenu, mais je ne fis pas plus attention que cela aux ivrognes qui cuvaient leur vin et aux goinfres qui engloutissaient plat sur plat. Je me restaurai rapidement et en profitai pour tailler un bout de gras avec le patron, m’informant auprès de ce brave homme sur les dernières rumeurs qui circulaient, rien de bien intéressant somme toute. Quand je constatai que j’avais passé plus de temps que permis dans ce tripot, je réglai le tenancier et m’en allai à grandes enjambées parmi les ruelles pour rejoindre l’une des artères principales de la ville fortifiée, le peuple était sorti de chez lui et il était devenu difficile de circuler sans ne pas heurter un malheureux quidam qui, en contrepartie vous déversait un flot d’insultes bien senties.

    D’une sombre venelle, je déboulai sur la chaussée sur laquelle était bâtie ma petite masure, il me suffisait de remonter le courant de passants sur quelque distance et je serais en vue de ma boutique et de son enseigne, un petit marteau gravé sur un écriteau en bois qui pendait à ma façade. Je savais à peu près où je me trouvais en cet instant, à proximité des jardins du palais royal, ici la rocade était ornementée de bacs de fleurs et de petits arbustes croissaient au milieu de celle-ci, je m’étonnais souvent de ne pas les voir dépérir, tant la concentration de fumées nocives était importante en ville. Regardant à ma droite et à ma gauche, j’attendis qu’une carriole passe son chemin, au risque de me faire cordialement écarté par des jets de caillasses. Quand le vieux chariot branlant, tiré par une mule en fin de vie et qui aurait fait pitié à n’importe qui, je m’engageai sur la voie et, à peine avais-je eu le temps de faire un premier pas, je me fis renverser par une personne lancée à pleine vitesse. Tous deux, nous fîmes une magnifique culbute sur les pavés, je me retrouvai le nez dans le caniveau, la barbe trempée par une eau douteuse et mes vêtements recouverts de poussière.

    « Vous pourriez faire attention à l’endroit où vous posez vos pieds, Humain. » Dis-je tout en me relevant et en frottant avec vigueur mes habits, regardant mes mains, ou plutôt les anneaux passés à mes doigts, en espérant qu’il n’y ait aucun dégât.

    « Monsieur ! Monsieur ! Revenez, je m’excuse ! Je vais vous trouver la plus belle arme qui existe ! Monsieur ! » Appela un Petit Homme qui tentait vainement de rattraper la personne qui venait de m’offrir un cours abrégé sur l’acrobatie en lieu public.

    Je reconnus le visage de cette personne et je blêmis. L’Humain était toujours au sol, je lui agrippai un poignet et je redressai, l’entrainant dans la ruelle dont je venais à peine de sortir, le planquant contre un mur et lui faisant signe de ne rien dire.

    « Monsieur ?! Où êtes-vous parti Monsieur ? » S’exclama une voix qui, s’éloignant, déclinait.

    Je lâchai ma prise et laissai l’Homme se dégourdir.

    « On peut dire que vous avez votre lot de malchance aujourd’hui, celui qui cherche à vous refourguer sa camelote est un demi-dingue, d’après ce qu’on dit sur lui, il se serait ramassé une masse orc sur la caboche mais il aurait survécu grâce à son casque, mais ce qu’il y avait dans sa tête a un peu … Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Maintenant il se prend pour un artisan de grande qualité, je vous jure, c’est à peine s’il ne m’achète pas mon matériel pour le revendre à des prix exorbitants ! Ah les gens comme ça, je vous jure que si c’était moi qui m’occupait de cette fichue ville … Enfin, ce n’est pas grave. Drazh Thoragrim, enchanté d’avoir fait votre … Rencontre. Maintenant excusez-moi, j’ai du travail qui m’attend ! »
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Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim

MessageSujet: Re: Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim Jeu 17 Oct - 23:44

    Sa collision avec le Nain l’avait projeté dans les eaux sales qui glougloutaient sagement aux pieds des passants. A genoux dans la baille, Ulrich regardait ses vêtement prendre une teinte sombre et peu ragoûtante. Soupirant, il entendit à peine le Nain grommeler en observant ses mains avec attention. Mais alors qu’il croyait avoir tout vu pour la journée, le fou furieux apparut de nouveau dans son champ de vision.

    Le jeune homme tenta d’ignorer Gegan, se redressant afin d’être prêt à fuir à nouveau. Il n’aurait jamais cru que ce voyage se ferait sous de si terribles augures. Avant qu’il n’ait pu faire autre chose que ramasser sa petite bourse qui, par chance, ne s’était pas ouverte dans les immondices, le Nain l’empoigna, et ils se retrouvèrent dans une ruelle étroite et sombre, digne des scénarii les plus sordides. Dans son dos, la tiédeur des pierres le rassura ; le malade passa, hélant Ulrich d’une voix grinçante, mais ne les vit pas. Que les dieux soient loués.

    « On peut dire que vous avez votre lot de malchance aujourd’hui, celui qui cherche à vous refourguer sa camelote est un demi-dingue, d’après ce qu’on dit sur lui, il se serait ramassé une masse orc sur la caboche mais il aurait survécu grâce à son casque, mais ce qu’il y avait dans sa tête a un peu … Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Maintenant il se prend pour un artisan de grande qualité, je vous jure, c’est à peine s’il ne m’achète pas mon matériel pour le revendre à des prix exorbitants ! Ah les gens comme ça, je vous jure que si c’était moi qui m’occupait de cette fichue ville … »

    Ulrich dévisagea son sauveur d’un regard ingénu. Il était trapu, bien plus petit que lui, et une longue barbe grise, tressée de diverses manières, retombait sur une panse légèrement bedonnante. L’adolescent avait vu peu de nains dans sa vie, mais il supposa que celui-ci était assez âgé, et la lueur dans ses yeux, ainsi que toute sa physionomie, inspirait l’expérience et l’assurance des sages qui ont beaucoup vécu. Un réconfort soudain se déversa en lui – le contraste entre le squelette fanatique et ce Nain était si frappant ! – ; c’était un mal pour un bien. Ulrich en était certain, sa rencontre avec le dénommé Drazh Thoragrim ne pouvait que lui être bénéfique. Et cette voix, légèrement bourrue, à l’image de ce que le jeune homme se figurait comme l’archétype du Nain, mais en même temps si engageante, ne faisait que confirmer l’impression générale que lui offrait Drazh. Un sourire s’était dessiné sur son visage.

    « Enfin, ce n’est pas grave. Drazh Thoragrim, enchanté d’avoir fait votre … Rencontre. Maintenant excusez-moi, j’ai du travail qui m’attend ! »

    Alors que le Nain s’apprêtait à partir, Ulrich s’écria :

    « A-attendez !… Je suis le frère Ulrich, de l’Eglise d’Asunia. » fit-il en se courbant légèrement, ignorant les coutumes de Tubalcain. Ses yeux émeraude se posèrent sur Drazh, qui s’était arrêté.

    « … Vous dites que vous êtes… enfin… Seriez-vous forgeron, sieur Thoragrim ? »

    Sa figure prit alors la douceur des traits d’un enfant – un enfant qui sentait, tout au fond de lui, qu’il était en train d’effleurer du doigt son rêve et son futur. Une bouffée de joie colora ses joues, déjà rosies par l’aventure ; c’était cela, oui, il approchait de son but, et l’aventure, son aventure était sur le point de prendre un tout autre tournant. Il allait prendre son envol ! C’était comme une longue inspiration après avoir gardé la tête sous l’eau pendant plusieurs minutes. Son aventure !

    S’étant rapproché du Nain, Ulrich sentait qu’il était tombé sur la bonne personne. Ses yeux écarquillés se posèrent sur la petite escarcelle qu’il tenait entre ses doigts tremblants. Sans réfléchir, il la tendit devant lui, offrant sa seule richesse à un bonhomme qu’il ne connaissait pas. Ce Drazh Thoragrim devait lui rendre service, il ne pouvait refuser.

    « Monsieur, j’ai besoin de… Mon maître m’a ordonné de le retrouver une fois que j’aurai en ma possession de quoi combattre à ses côtés. Je n’ai qu’une simple dague, mais je veux devenir chevalier, alors, il me faut une arme ! Je vous en prie ! »

    Ce n’était plus son cœur mais les tambours de la guerre qui battaient dans sa poitrine, et résonnaient dans ses oreilles, infiniment puissants. Il avait tant incliné sa tête qu’à présent son menton touchait presque sa poitrine ; ainsi penché, il voyait le scintillement de la boucle du manteau. Tout son corps frissonnait, tant à cause de l’excitation que par peur d’un refus net et tranchant. Il espérait de tout cœur que le Nain accepterait.
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Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim

MessageSujet: Re: Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim Mer 30 Oct - 22:45
    « … Vous dites que vous êtes… enfin… Seriez-vous forgeron, sieur Thoragrim ? »

    Les yeux de cet Humain s’illuminèrent, laissant transparaître une foule d’émotion, mais celle qui me frappa le plus fut la joie, celle d’approcher un objectif auquel il tenait énormément, j’en aurais presque versé une larme, ses joues se pâmèrent de tons chauds, une bonne bouille de bambin qui aurait fait craquer les plus réticents, appuyant encore plus ce côté de découverte magique, on en aurait tiré aucune émotion aussi attendrissante chez quelque enfant que ce soit à qui on aurait raconté la plus belle des histoire, ce petit Ulrich était une rencontre que je ne regrettais pas, même si nous venions à peine de nous présenter et que le fruit du hasard avait voulu que ce soit dans le caniveau que nous nous saluâmes pour la première fois. Il me tendit, également, fébrilement sa bourse que je récupérai, la soupesant - une manie -, et n’eus même pas le temps de lui poser la moindre question qu’il enchaîna, sa voix trahissant son excitation face à une aventure qui l’attendait au bout du chemin.

    « Monsieur, j’ai besoin de… Mon maître m’a ordonné de le retrouver une fois que j’aurai en ma possession de quoi combattre à ses côtés. Je n’ai qu’une simple dague, mais je veux devenir chevalier, alors, il me faut une arme ! Je vous en prie ! »

    Recroquevillé sur lui-même, qui aurait pu ne pas douter un instant de sa bonne foi, de sa gentillesse innée, de sa volonté de fer ? Il faudrait très certainement bien moins que le contenu de la bourse pour trouver une arme décente à ce gamin tout juste devenu adulte, même s’il m’arrivait d’user jusqu’à la dernière pièce de ses économies, cette adorable frimousse me ferait, et ce serait le cas de n’importe quel commerçant, faire une solde monstrueuse sur la marchandise finale. Refuser était, en toute finalité, à proscrire, faire mal à ce cœur si fragile, si tendre, c’aurait été cruel, immonde, monstrueux, digne du pire truand de ce bas monde !

    Je regardais avec attention le frère Leodenor, il ne me restait qu’à accepter sans pour autant me fourvoyer et donner l’image d’une personne bien trop gentille, car ce serait des heures travail devant moi, martèlement de métaux, une chaleur suffocante, une grande précision requise et une interdiction de rater son coup sans devoir tout recommencer, refondre le modèle en espérant ne pas y avoir combiné des minerais différents, sans quoi il faudrait jeter tout cela, perdre bêtement de l’argent et du temps. A bien y réfléchir, une phrase toute faite m’apparaissait, je savais à peu près ce que je devrais déclamer, proclamer, même, à ce jeune humain, du sens, de la sagesse, une vraie attitude digne d’un artisan !

    « Non. »

    Je m’éloignai du corps parcouru de frissons, il ne devait pas encore avoir intégré l’information, je m’étais d’ailleurs attendu à ce qu’il fonde en larme, ce petit sucre d’orge, une fois que je décidai être à bonne distance – je ne voulais pas que sa dague décide de faire un petit voyage jusqu’entre mes deux yeux – je continuai sur ma lancée.

    « Ce n’est pas contre vous, jeune homme, disons que j’ai assez de problèmes avec les aventuriers, si c’est pour encore m’attirer les foudres de l’Eglise en armant ses prêtres, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, je n’ai aucune animosité vis-à-vis des paladins, mais retrouver ces gars sur mon seuil demain matin parce que j’aurais enfreint une règle, nous dirons que ce n’est pas ma tasse de thé. Néanmoins, pour me faire pardonner, je veux bien vous payer un verre, à moins que vous soyez interdit d’alcool. »

    Je fis quelques pas, créant un espace entre Ulrich et moi-même, je fis une halte, je ne l’entendais pas suivre, il était peut-être parti, il avait certainement mal pris mon refus, son aventure … Je venais de briser son rêve, mais il était courageux sans doutes, pour faire la route jusqu’à Tubalcain, il aurait encore le courage de cherche quelqu’un qui l’aiderait, il y avait d’excellents forgerons partout à travers ce monde, même si ma capitale était réputée pour compter les meilleurs, ce n’était jamais qu’une arme … Celle qui ne devrait jamais défaillir, qui serait la source de sa victoire, qui, jamais, ne se briserait, qui retiendrait les coups de son ennemi et l’achèverait quand le moment serait venu … Par-dessus le brouhaha de la foule qui se massait dans les rues, je crus distinguer des sanglots, ma gorge se serra, mon estomac se noua, mes yeux s’embuèrent, je ne pouvais pas lui dire non à ce gamin, ce serait dégoutant, qui plus est, je ne lui avais pas encore rendu sa bourse … Quel bel idiot je peux faire quand je m’y mets …

    « Haha ! Je vous ai bien eu n’est-ce pas ? » Débutais-je sur un ton qui se voulait blagueur, mais dont la crédibilité était amoindrie par ma voix chevrotante et la larme qui s’écoulait lentement le long de ma joue. « Venez, suivez-moi, je vais vous ramener à la maison et nous allons voir ce que je peux faire pour vous. »
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MessageSujet: Re: Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim Jeu 19 Déc - 2:08
    La réponse fut brève. Mais par-dessus tout, nette et tranchante comme une lame.

    Ulrich, qui avait tant espéré de ce voyage, qu’il regardait comme une quête plus grande que ce qu’il n’avait jamais connu, tombait des nues. Son regard se perdit dans la contemplation hagarde du Nain, qui ne semblait pas le moindre du monde affecté à l’idée d’avoir brisé toutes les espérances d’un jeune homme qui rêvait d’aventure. Il était perdu. Alors qu’il cherchait vaguement du regard un quelconque réconfort aux alentours, son corps s’était mis à trembler, et il n’était plus qu’une feuille, une vulgaire petite feuille qui venait d’être emporter par le vent violent du refus. Et dire qu’il avait mis tous ses rêves et sa fortune entre les mains de ce forgeron !

    « Ce n’est pas contre vous, jeune homme, disons que j’ai assez de problèmes avec les aventuriers, si c’est pour encore m’attirer les foudres de l’Eglise en armant ses prêtres, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, je n’ai aucune animosité vis-à-vis des paladins, mais retrouver ces gars sur mon seuil demain matin parce que j’aurais enfreint une règle, nous dirons que ce n’est pas ma tasse de thé. Néanmoins, pour me faire pardonner, je veux bien vous payer un verre, à moins que vous soyez interdit d’alcool. »

    Le Nain s’éloigna à ces paroles, et le jeune aventurier resta sans bouger, ressassant les mots douloureux de son interlocuteur. Comme s’il avait l’étoffe d’un paladin ! Non, lui, tout ce qu’il était, c’était un misérable garçon condamné à jouer un rôle dont il ne voulait pas, répétant des chorégraphies organisées au battement de cil près, professant une foi pour laquelle il brûlait de moins en moins chaque jour. La vue d’Ulrich se brouilla. Ainsi, personne ne croyait en lui, pas même ce bon forgeron qu’il croyait être de son côté ! A l’écouter, il ressemblait quelque peu au père du garçon – un homme évitant l’affrontement, un homme lâche, qui se confortait dans la sécurité de l’inaction… Les larmes coulaient sur ses joues, creusant des sillons légèrement visibles dans la crasse qui couvrait son visage. La déception et la colère s’étaient armées, et il les entendait proférer des injures dans sa tête, à l’adresse du sieur Thoragrim, ainsi qu’à lui-même. Comment ? Il avait osé faire confiance à ce scélérat, dont la bonhomie n’était qu’une couverture pour sa couardise ! La belle affaire ! Où avait-il donc pu recevoir une éducation si mauvaise qu’il buvait naïvement les paroles mielleuses du premier venu ?...

    Une main sur sa bouche pour couvrir les sanglots qui l’agitaient, Ulrich s’accroupit, tordu de cette douleur morale qui vous donne la nausée. Quelle belle dupe il faisait…

    « Haha ! Je vous ai bien eu n’est-ce pas ? »

    La voix du Nain ? Ne s’en était-il pas allé retrouver la chaleur d’une taverne où il pourrait compter les pierreries qu’on lui avait si gracieusement offertes ? Etourdi, le garçon leva la tête vers le petit homme barbu, qui souriait tristement. Ses yeux s’ouvrirent, aussi larges que des soucoupes, lorsqu’il comprit que le Nain venait de lui jouer une mauvaise farce… mais qu’il s’en repentait.

    « Venez, suivez-moi, je vais vous ramener à la maison et nous allons voir ce que je peux faire pour vous. »

    Tout en se redressant, Ulrich essuya son nez et ses yeux rouges ; il était prêt à suivre sans broncher le forgeron, mais s’arrêta net.

    « Comment puis-je être certain de votre bonne foi ? » La méfiance modulait la voix d’Ulrich de telle façon qu’il semblait être désormais âgé de trente ans. « … Je viens tout juste de me prendre dans vos filets, et vous, vous êtes soudain si gentil à mon égard… »

    Aussi convaincant qu’il pût être, Ulrich ne sut jamais quelle était la première intention du Nain. Qu’il eût été piégé, et que le malfaiteur se soit ensuite repenti était aussi incertain que l’idée d’avoir été victime d’une petite moquerie naine. A sa connaissance, aucune coutume de cette contrée ne précisait qu’il fallait accueillir les étrangers en leur offrant des illusions sur un plateau en or.

    « Qu’importe… je ne suis pas contre un peu de confort. Ce voyage m’a épuisé. »

    Il ignorait si le Nain avait entendu ces derniers mots ; celui-ci était déjà en marche vers une destination inconnue du jeune homme, mais qu’il supposait être l’atelier du forgeron. Pressant silencieusement le pas derrière l’artisan afin de ne pas le perdre dans la foule qui affluait de tous les côtés, le futur écuyer se surprit néanmoins à jeter un regard ébahi sur les machines et les cheminées qui perçaient les toits d’ardoise et de pierres qu’il ne connaissait pas. Certaines rejetaient une fumée épaisse qui formait un nuage sombre au-dessus des toits, tandis que d’autres crachotaient de la vapeur dans un concert de cliquetis et de coups. Tout cela dans une ambiance de clair-obscur où les teintes de gris se mêlaient à l’orange et au rouge des forges, donnant l’impression que les flammes léchaient les murs des bâtiments.

    Finalement, le Nain s’arrêta devant le jeune Leodenor, qui interrompit sa contemplation enfantine. Fermant les yeux, Ulrich inclina doucement la tête, et parvint à prononcer, assez fort pour être entendu malgré le brouhaha de la foule et les grincements des machines, ces quelques mots qui marquaient sa résolution, et la confiance déterminée qu’il accordait à son guide.

    « Je vous remercie, sieur Thoragrim. Jamais je n’aurais dû douter de votre honnêteté. »
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Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim

MessageSujet: Re: Iron and Gold ♦ PV Drazh Thoragrim Jeu 26 Déc - 4:53
    Laisser passer la tempête, voilà ce qu’il fallait faire, contenir le flot de sentiments, quels qu’ils soient, maintenant j’étais un forgeron, pas un passant faisant une rencontre un peu spéciale, j’allais faire jouer le marteau sur l’enclume, l’abattre avec toute la force qui était mienne sans pour autant prendre des risques inconsidérés pour le métal et devoir m’y reprendre, ce ne serait pas un bel exemple du savoir faire de notre grande cité, je laissais donc ce petit homme en bure expulser tout ce qu’il avait sur le cœur, après tout je me devais de lui reconnaître que je n’avais pas été amical, ni clément, ni même humain, ça ne se fait pas de voler de l’or, ou tout du moins, il faut une compensation à ce vol, d’où le commerce, nous allions donc marchander ! De toute façon, les pièces étaient innombrables dans cette bourse, je n’aurais jamais besoin d’un tel montant, à moins de réaliser une arme digne d’un immense guerrier, d’un dieu aux pouvoirs prodigieux, mais ce genre d’époque était révolu, les divinités s’en étaient allées en nous laissant seuls, il me fallait ouvrir les yeux et en grand, arrêter de faire comme tous les miens et me dire que tout se passerait bien tant que je resterait terré dans nos galeries, même là le mal pouvait s’en prendre à nous, nous n’étions plus à l’abri d’un quelconque ennemi, nous étions une proie facile, devenus gras, arrogants, ne considérant une vie que si elle valait plus que la nôtre, tel était le résultat du contact prolongé avec les Hommes, rien de bien folichon.

    Mes petites jambes couraient sur les pavés des rues, dont les jointures étaient encrassées par des années et des années de vie, de passage, d’évènements, tout était usé, plus rien ne tenait droit, les hautes tours qui s’élevaient en arrière des commerces penchaient, même si tous ne le voyaient pas, elles s’étaient décalées de leur axe, n’importe qui ayant un sens de l’observation un tant soit peu développé en aurait pris conscience, c’était le meilleur moment pour faire tomber la capitale du royaume des Nains, personne n’osait encore se soulever face à une autorité en déclin, une simple milice composée d’une centaine de combattants défendait les murs, les anciennes armes qui nous protégeaient avaient été soigneusement rangées dans des entrepôts souterrains où elles prenaient la poussière, par manque de fonds, la place n’aurait même pas tenu un siège d’une lune, il fallait constamment approvisionner tout ce petit monde, devenu gourmand avec les années. Si Tubalcain tombait, plus aucun bourg ne voudrait défier l’ennemi, à l’exception des hautes citadelles des montagnes qui ne craignaient ni la faim, ni la soif, ni la mort.

    Monseigneur Leodenor continuait de parler pour lui, je ne lui prêtais qu’une attention relative, pour ne pas le perdre dans le flot de corps que nous remontions à contre-courant, j’aurais peut-être dû envisager un autre trajet, en passant par les chemins de traverse qui parcouraient la ville, mais qui n’étaient pas plus sur que les avenues, d’un côté il y avait les voleurs à la tire, de l’autre les fieffés détrousseurs qui n’hésitaient jamais à couper une tête quand il y avait des pièces sonnantes et trébuchantes à la clé, c’est beau la société … Nous fûmes en un rien de temps dans le district réservé aux artisans de ma trempe, les jongleurs du feu, les joaillers, armuriers, forgerons en tous genres, même quelques ferronniers ici et là, c’était une véritable pagaille qui régnait autour des échoppes, du monde s’entassait aux portillons pour pouvoir obtenir clous, couteaux, bagues, torques, gantelets pour le petit neveu qui a décidé de s’en aller dans les régions éloignées pour redorer le blason de la famille, des bêtises, ils auraient mieux fait de redorer ce qui avait fait notre force sous les anciens régimes, là au moins nous inspirions la peur dans les rangs de nos ennemis, aujourd’hui les orcs se moquaient de notre taille et singeaient avec amusement nos techniques de combats, nous donnant l’air de personnages nerveux et sans la moindre once d’intelligence … Les orcs ! Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce dont je parle, les créatures les plus monstrueuses, stupides, dénuées de toute forme de réflexion en ce bas monde ridiculisaient le plus vieux peuple de guerriers qu’ils connaissent ! Et puis il y avait les gobelins, avec qui nous vivions dans certaines cités, partageant le pain et l’eau, ceux-là étaient de bien braves gens, mais il en existait, dans les marais, qui n’hésitaient plus à attaquer les hameaux à proximité de leurs camps de fortune et faire une razzia sur la nourriture, de la chair de mon peuple le plus souvent, ils n’étaient plus effrayés par nos soldats, s’amusaient même à les faire reculer sous leurs coups de gadins, de la caillasse ! L’armée fuyait de la caillasse !

    Je fus devant la porte de mon atelier avant même de m’en apercevoir, je tirai une lourde clé de ma poche, la fit tourner dans la serrure pour entendre le déclic familier qui signifiait un retour aux choses justes, mon havre de paix, loin de la foule qui me rendait hystérique, c’était tant mieux. « … dû douter de votre honnêteté. » Tiens, voilà que l’ecclésiastique s’était remis à parler, je ne l’avais même pas entendu, de toute façon, ça ne devait pas être bien méchant, je fis un signe de tête montrant que j’acquiesçais - à des propos qui ne m’étaient pas tout à fait parvenu mais on ne peut pas tout avoir dans la vie dit-on.

    Je fis un signe de la main pour l’inviter à entrer, il n’aurait pas besoin de s’abaisser comme ces grands humains qui me rendaient visite, il n’était pas spécialement de haute stature, la porte devrait lui convenir, qui plus est, l’intérieur était adapté à tout type d’individu … Sauf les trolls, mais qui a déjà vu un troll dans une boutique d’armes et amures ?! Pas moi. Je fermai le battant une fois qu’il fut passé et montai m’asseoir sur le petit tabouret qui trônait derrière le comptoir, une fois en place, j’ouvris la bouche pour en laisser s’écouler des paroles qui se voulaient celles d’un vendeur aguéri, mais me donnaient des airs de mentor, une voix grave, lente, comme fatiguée. « Bon, et maintenant … Puisque nous sommes au calme, qu’est-ce qui vous plairait comme arme, quelque chose qui coupe, qui entaille, qui broie les chairs, qui transperce le cœur sans trop d’efforts ? »

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