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Dégénérescence [Pv: Logan]

MessageSujet: Dégénérescence [Pv: Logan] Ven 25 Oct - 23:26
Pourquoi ? Cette question torturait mon esprit depuis un certain temps déjà, gravée au fond de mon crâne tandis que ma perception du réel s’amenuisait peu à peu. Elle restait là, en suspens, sans réponse, se répétant sans relâche dans ma tête dans une plaintive litanie que me susurrait au creux des oreilles la partie encore saine de mon subconscient. J’avais échoué, et m’y étais abandonné avec lâcheté. J’étais devenu l’un de ceux que j’avais toujours haï. J’avais perdu la bataille contre moi-même, submergé par les événements comme une barque se fait renverser dans la houle, qui s’était transformée un peu trop vite à mon goût en un typhon ravageur.
Pourquoi… ? Je ne posais cette question au sort, mais bien à mon esprit.
***
 
Il faisait un certain temps que je n’avais plus vu personne d’amical. Certes, j’avais bien échangé quelques mots avec divers individus, mais principalement pour des causes de commerce et de courtoisie, et les rencontres se faisaient rares. J’errais sans plus de visage connu en vue, et attendais que s’écoulent les jours et les heures jusqu’au cimetière, vaquant dans les rues d’Alcombord et ses marchés colorés, ceux dont j’aurais pu m’émerveiller si mon humeur avait été moins mauvaise ; au lieu de cela, j’allais me réfugier devant l’océan et son indifférence intemporelle, morne et morose, tant que l’on ne parvenait plus à distinguer l’horizon, les cieux tourmentés par de sombres nuages. La tempête n’allait tarder. Tout n’était plus que silence et inquiétante quiétude, et seuls les cris déchirant des mouettes se jouant du vent ainsi que le roulement régulier des vagues venait troubler cette atmosphère lourde, prête à éclater et à déverser toute sa rage sur la ville ; je ne pouvais pas rester là.
 
Y-avait-il une autre solution, après tout ? Trop de questions, de doutes m’occupaient l’esprit tandis que je marchais d’un pas rapide à travers la ville, toutes les larmes des cieux se déversant sans pitié sur mon corps transi mais déterminé. C’était lâche, mais je n’avais pas d’autre idée à portée de main. Mon corps me dirigeait de lui-même vers les portes de la ville, et les gardes trempés et désabusés me laissaient passer sans même daigner m’accorder un regard. Ils étaient à peine payer pour contrôler les entrées en ville, alors les sorties… Ce que je cherchais se profila rapidement à l’horizon : une sorte de petit bois, un peu plus loin sur le chemin menant à la cité. Inutile de préciser que la plupart des gens, s’ils leur restaient un tant soit peu de jugeote au fond de leur esprit, évitaient ce bosquet lors de leurs voyages, car il était bien évidemment truffé de brigands mussés entre les arbres et leur obscurité traîtresse, espérant qu’un commerçant idiot prendrait le risque de couper à travers la forêt pour parvenir plus rapidement aux murailles d’Alcombord.
 
Et c’est précisément vers ces lieux que je me dirigeai, pénétrant rapidement la lisière de cet environnement forestier, dont l’épaisse couverture feuillue me  protégeait de la pluie qui s’écrasait bruyamment sur le plafond végétal. Les oiseaux avaient cessé de chanter, s’étant réfugiés dans un arbre creux ou au fond de leur nid, à l’abri ; j’aurais pu en faire autant, me terrer dans une taverne, commander une boisson chaude et me recoquiller  derrière cette éphémère satisfaction qu’elle m’aurait procurée, comme jouant à cache-cache avec ma propre dépression. Mais au lieu de cela, j’avais choisi une issue pire encore, plus lâche que jamais, la pire que l’on aurait pu trouver.
 
Ils ne tardèrent pas à me tomber dessus, et je constatai sans surprise l’avidité infinie des brigands qui n’hésitaient pas à attaquer un gamin sans défense apparente et qui semblait avoir pour uniques possessions le sac qu’il portait sur le dos ; de toute façon, c’était ce que je voulais. Ils étaient sept, sept filous édentés et crasseux s’étant réfugiés dans la truanderie pour oublier leur vie terriblement triste, et qui voyaient en le massacre une issue à la morosité de leurs existences – n’étais-ce après tout ce que j’étais en train de devenir, moi aussi ? Cette question m’arracha un frisson qui me secoua l’échine. Il fallait que je sois réaliste, après tout : j’étais devenu aussi détestable que l’un d’eux ; sauf que je n’escomptais pas vivre assez longtemps encore pour pouvoir m’en lamenter.
 
- Allez gamin, donne nous ta bourse et ton sac et on te fera aucun mal…
 
Celui qui semblait être leur chef s’était exprimé d’une voix de poivrot, brandissant fièrement son arme d’un état légèrement meilleur que les autres vers moi, tandis que ses comparses m’avaient encerclé, ricanant.
 
En une pensée, l’Épée fut dans mon fourreau. En une seconde, elle fut dans les mains. En quelques instants supplémentaires, elle envoya voler la tête du meneur d’un mouvement ample, d’avantage contrôlé par ma magie que par mes bras. J’étais ici pour mourir, mais je ne pouvais tout de même pas m’abandonner aux bras de la faucheuse sans combattre…
L’effet de surprise permit d’en égorger un deuxième, mais cela n’allait pas durer. Son corps s’écrasa au sol, sans vie, tandis que je parvins à en entailler un troisième à la cuisse, l’entravant d’une superficielle blessure.
Mais l’un d’entre eux, derrière moi, ne sembla pas se préoccuper d’une quelconque éthique, et me toucha non sans force de son épée, laissant une profonde saillie entre mes deux omoplates.

Je voulus hurler, oubliant toute dignité, mais aucun son ne daigna sortir de ma bouche. L’issue de cette bataille était certaine.
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MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Sam 26 Oct - 0:18
L’entrée d’Alcombord s’ouvrait à Logan, qui était vêtu encore une fois de son éternelle tenue bleue de la même couleur que ses cheveux et ses yeux. Son regard passait des enfants jouant entre eux par les marchands qui essayaient tant bien que mal de vendre leurs marchandises. Beaucoup s’étaient un peu déshabillés pour profiter de ce temps magnifiquement ensoleillé qui s’offrait à eux. Il n’était pas rare de voir le soleil rayonnant dans le ciel dans cette région, mais c’était toujours un plaisir pour ces habitants depuis de bien longues années. Cette lumière éclatante se reflétait sur la surface de l’étendue bleue salée qui berçait les côtes de la ville. Logan n’avait vu que quelques fois la mer de ses propres yeux et s’était pour lui chaque fois la même chose : de l’eau. Rien de plus, rien de moins que de l’eau.

- Ah la la, soupira Logan, pourquoi est-ce que je suis venu ici ?

« Pour la simple et bonne raison qu’on te l’a demandé, abruti », lui répondit Ascalon, son épée maudite, dans son esprit. « Quand quelqu’un te demande de l’aide, tu dois t’exécuter. C’est ce qu’on appelle être un chevalier. Et si tu n’es pas content, tu peux encore changer de métier. Tout ce qui m’importe, c’est que tu fasses ce pourquoi je suis venu à toi. »

Le jeune homme regarda le ciel et soupira encore plus, se demandant encore combien de temps il devrait supporter une entité pareille à ces côtés, qu’elle soit venue l’aider ou non.

- Oui, je le sais, mais il faut quand même bien avouer qu’aller acheter du poisson pour une pauvre vieille dame ne m’aidera pas beaucoup à tuer mon traître de frère, répondit simplement Logan, d’un ton neutre qui laissait pourtant percevoir une haine refoulée depuis longtemps déjà.

Certains des passants se retournaient, interloqués par ce dialogue fantôme, mais poursuivaient immédiatement leur chemin et se contentaient de l’ignorer.

Un bruit attira l’attention du chevalier un instant.

- Tiens ? Qu’est-ce que c’est ? pensa-t-il à voix haute.

Il lui semblait instinctivement que quelqu’un était en danger, mais rien ne pouvait lui prouver. Tout le monde continuait de déambuler dans la rue sans trop prêter attention à ce qu’il se passait autour d’eux. Sans hésiter une seconde, il fit demi-tour et s’élança en direction du petit bois qui bordait la ville depuis sa création.

 Des voix commençaient à se faire entendre à travers la petite forêt qui s’étendait devait ses pieds. Afin de mieux entendre et de ne pas se faire remarquer, il dut détourner les tapis de feuilles mortes qui couvraient le sol comme une couverture naturelle. Au fur et à mesure qu’il s’avançait, les voix commencèrent à se faire plus nettes et à laisser place à des cris, des cris de douleur. Une image à travers deux arbres commença alors à apparaître : c’était une jeune garçon, surement d’une douzaine d’années, qui était entouré de cadavres et de brigands enragés. Il n’en fallut pas plus pour forcer Logan à se dévoiler et à remettre l’ordre dans cet endroit devenu rouge par le sang dégoulinant encore des corps frais.

Son entrée en scène fut saluée par la surprise de tous les membres conscients qui ne semblaient pas s’attendre à ce que quelqu’un apparaisse comme par magie d’un simple buisson.

- Vous, là, que faites-vous avec ce garçon ? cria-t-il aux bandits qui le regardaient maintenant avec haine.

- Rien qui te regarde, raclure ! répondit l’un d’entres eux dans un souffle. C’est une histoire entre lui et nous.

Logan le regarda intensément et se mit à sourire.

- Tu me fais rire… Ce gamin vient de tuer plusieurs de tes camardes, non ? Quelle honte… Par un enfant en plus… Et puis ne parle pas comme ça à un chevalier d’Utguard, tu risquerais d’y laisser des plumes.

Le brigand grimaça, le regard empli de rage, et s’élança sur Logan qui n’était nullement impressionné.

- Très bien, se contenta de répondre le chevalier, comme vous voudrez…

Il ne lui fallut qu’une fraction de seconde pour sortir son épée de son fourreau. Ses yeux avaient à peine eu le temps de virer au bleu profond signifiant qu’il avait donné le contrôle de son corps à Ascalon que ce dernier s’était déjà lancé sur l’ennemi qui lui fonçait dessus. L’énergumène n’avait même pas eu le temps de s’arrêter pour se mettre à courir qu’une large éraflure s’était ouverte sur son abdomen, laissant tomber les gouttes de sang gelées par l’enchantement de glace qui était appliqué sur l’épée de Logan. L’ennemi touché s’écroula sur le sol, encore vivant, mais son corps semblait ne plus lui obéir. Son sang semblait se ralentir et la glace commençait à pénétrer sa chair. Après quelques secondes seulement, celui-ci était mort, une large colonne de glace recouvrant sa blessure béante.

Il n’en fallut pas plus à ses compagnons pour détaler telles des proies face à leur chasseur. Mais Logan ne comptait pas en rester là. Il les traqua et tua froidement à travers ce petit bois, veillant à ce qu’aucune ne puisse raconter ce qu’il a vu.

Ascalon, qui avait pris le corps de Logan, éclata alors d’un rire puissant et gras.

- Hahaha ! Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas amusé ! En plus, vous étiez tellement beaux après que je vous aie un peu refroidi ! Je ne m’en lasserai jamais, ricana le chevalier possédé.

Il remit son épée de son fourreau et le teint de ses yeux redevint de sa couleur initial. Logan chancela un peu à travers le bois avant de se mettre en course vers le jeune garçon qui ne devait pas avoir beaucoup bouger depuis le temps avec la gravité de ses blessures. C’était à chaque fois la même chose : dés que le jeune chevalier revenait prendre le contrôle de son corps, il avait besoin d’un petit temps d’adaptation. Il pensait qu’au fur et à mesure qu’il utilisait son pouvoir, cela commencerait à s’estomper, mais rien ne semblait changer.

Finalement arriver près de l’enfant, il s’agenouilla près de lui et le pris par les épaules.

- Ca va, tu penses que tu peux encore tenir un peu ? lui demanda Logan, non sûr que ce dernier soit encore conscient. Je vais t’emmener voir un prêtre dans la ville, ne t’inquiète pas.

Sur ces paroles, le chevalier respira un bon coup et porta le jeune garçon dans ses bras jusqu’à la ville pour trouver quelqu’un capable de soigner une blessure pareille.
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MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Sam 26 Oct - 23:19
Était-ce cela, la mort ? La dernière seconde de votre vie s’étirant à l’infini, pour vivre éternellement la souffrance et la tristesse de votre  douloureuse agonie ? Ou était-ce ici l’enfer, dans lequel on m’avait envoyé car j’avais réfuté l’existence de puissances supérieures ? Ou peut-être étaient-ce mes péchés multiples qui m’y avaient éconduit ? Tant de questions, si peu de réponses…
Si telle était la fin de toute existence, j’aurais préféré rester en vie dans mon désespoir plutôt que de revivre encore et encore cette dernière minute de lucidité. En étant décédé, j’escomptais un certain calme, une absence totale de sensations, le néant absolu… Au lieu de cela, des images passaient en boucle au fond de mon crâne. Je n’avais pas vu toute ma vie défiler devant mes yeux, ni de lumière blanche au bout du tunnel ;  j’assistais juste à mon dernier combat, qui se déroulait sous mes yeux, de l’extérieur de mon corps, revivant la douleur de l’entaille que l’on m’avait creusé entre mes deux omoplates à chaque occasion.
Et bien entendu, je commençais à regretter mon geste. Certes, je n’avais rien à faire sur Rune Midgard, et plus rien à y vivre, mais toute expérience réelle, si ennuyeuse qu’elle soit, ne pouvait être pire que ce que l’on ressentait en décédant ; et en réalité, cet état de semi-conscience s’apparentait plus à un coma – comme celui dont j’avais senti l’expérience en compagnie du brave Drazh – qu’à l’idée dont je m’étais fait de la mort.
Les sensations étaient les mêmes. L’univers entier semblait avoir disparu pour laisser place au néant et à ces illusions que je revivais pour toujours, comme si rien d’autre n’avait jamais existé ; et l’absence de matière avait laissé libre cours à ma perception, mes pouvoirs, mes sens et mon esprit de s’étendre à l’infini, reléguant ma vie passée au rang de lointain souvenir, tel un bourdonnement incessant et dérangeant au fond de mon esprit qui me rappelait que tout n’avait pas toujours été ainsi, et qu’il m’était arrivé, il y a très longtemps, d’être un enfant au faciès pâle et à la mine désabusée.  Les méandres de mon esprit torturé étaient les plus propices à mon indifférence chronique, car ici, il n’y avait ni temps ni espace, nulle âme ni représentation physique, juste des pensées vaines dans la morosité des étendues qui m’entouraient ; le passé, le présent et le futur n’y avaient plus place, et l’absurde y régnait en maître dans ces lieux interdits ou la folie était à l’atmosphère d’ici ce qu’était l’air sur Midgard. L’insanité s’était-elle emparée de mon esprit ? Probablement. Cette dimension existait-elle réellement ? Probablement pas. Ce qu’il restait réellement de moi était un corps blanc et rabougri écrasé dans un petit bois, que personne ne pleurera jamais. Ce n’était pas plus mal. C’était là l’avantage d’avoir été toute sa vie passée un pauvre orphelin sans famille : après la fin de sa courte vie, personne n’allait se lamenter de sa perte, car personne ne la remarquera.
 
- …
 
Tiens, il semblerait que je sois en vie… Quoi qu’il en fût, l’univers n’avait été remplacé par mon esprit, en témoignait la déchirante douleur provenant de mon dos. J’étais donc revenu sur Rune Midgard, sans avoir rien à y faire… Je trouverai bien, au fond ; j’aurais tout fait pour ne pas replonger dans ce morbide univers. J’étais à genoux dans la boue, au même endroit que ce qui devait se résumer à quelques minutes mais dont j’avais l’impression qu’il faisait plusieurs jours, et tout autour de moi s’étendaient plus encore de cadavres que la dernière fois, dont l’un d’eux semblait… Congelé.
Cela avait probablement un rapport avec le jeune homme aux cheveux aussi froids que ses yeux bleus qui se trouvait devant moi ; il semblait amical, et il ne faisait aucun doute qu’il avait terminé le massacre que j’avais entamé… Tant mieux. Ce genre d’individus ne méritaient de vivre. Apparemment, il avait pour dessein de m’emporter à la ville pour me soigner… Tant mieux. Objectivement, je ne me sentais pas très bien.
 
Ca va, tu penses que tu peux encore tenir un peu ?  Je vais t’emmener voir un prêtre dans la ville, ne t’inquiète pas.
 
- M… Mon sac…
 

J’étais parvenu à marmonner ces quelques mots ainsi qu’à attirer jusqu’à ma main ouverte le fruit de mes convoitises avant qu’il ne me soulève de ses bras pour m’emporter vers la cité. Je me laissai alors bercer par le rythme régulier de ses pas et la douce sensation de mon sang qui se vidait de mon corps. Je reconnus le garde à l’entrée, et je savais qu’il en avait fait de même tout à l’heure, cependant il n’en fit rien. « Ce n’était pas son travail », après tout… Bien sûr que si. Il aurait du aider le jeune homme, lui demander ce qu’il s’était passé… Au lieu de cela, il se contenta de détourner le regard.
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MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Dim 27 Oct - 0:19
Sa démarche était calme, très calme. Il s’avançait à travers les commerçants et les passants comme une personne normale. La seule chose qui le différait des autres, c’était la traînée de sang qu’il laissait derrière lui et qui se formait goutte par goutte à chaque pas de Logan. Les gens se retournaient alors immédiatement, ne proposant jamais leur aide, et faisait juste après mine de n’avoir rien vu. C’était une réalité déroutante, même pour le chevalier. Le peuple était plus vite dégoûté et dérangé au lieu d’être inquiet et prêt à donner un coup de main. Tout cela parce que c’était un inconnu, quelqu’un qui ne vivait pas dans cette cité.

Le jeune chevalier décida alors de demander à quelques commerçants où il pourrait trouver un prêtre, mais toutes les personnes à qui il parlait trouvaient rapidement quelque chose d’autre à faire.

« C’est vraiment pitoyable » se contenta de dire Ascalon dans son esprit. « Et dire que ces gens sont supposés être des humains. Je ne vois en eux que des monstres sans cœur et sans raison. »

A cette parole, Logan sourit. C’était si vrai et flagrant qu’il fallait parfois mieux ignorer cette face de l’humain. Le chevalier avait juré d’aider la population dans leurs problèmes et de vaincre le danger qui les entourait, mais si jamais ces derniers ne pouvaient pas se protéger de leur propre personne, qu’est-ce qu’il pourrait bien faire ?

Après quelques minutes d’intenses recherches, il finit par apprendre qu’un prêtre avait élu domicile dans la ville il y a peu. Ce fut alors au pas de courses que le jeune homme s’élança dans les rues d’Alcombord avec le jeune garçon aux cheveux aussi blancs que la neige qui lui rappelait vaguement quelqu’un.

Quand il fut devant l’entrée de la demeure du prétendu prêtre, la porte s’ouvrit d’un seul coup et, d’un geste clair de la main, il invita Logan à entrer rapidement. Ce dernier, d’abord surpris puis ensuite sceptique, accepta l’invitation sans broncher et entra vite à l’intérieur du bâtiment. Le guérisseur était un homme assez âgé, ayant donc une certaine expérience par déduction. Sa tenue blanche lui descendait jusqu’au pied et accentuait le côté bronzé de son visage ridé et terne.

- On entend parler de vous dans toute la ville, dit-il à voix basse alors que personne ne pouvait les entendre. Qu’est-ce qui vous est passé par la tête en amenant un blessé grave en plein milieu d’Alcombord ? Vous voulez créer la panique générale, ou quoi ?

Le chevalier le regarda intensément d’un regard de braise.

- Comment aurais-je pu faire autrement ? répondit Logan avec ce même regard. Vous auriez voulu que je le laisse se vider de son sang à l’extérieur de la ville peut-être ?

- Oui… Enfin non, je veux dire, je comprends, mais de là à faire entrer quelqu’un sans prévenir ou cacher un minimum le corps, c’est vraiment…

- Assez !

Ce cri était sorti de par lui même de la bouche de Logan, ce qui le surpris lui-même.

- Il est au bord de la mort et vous commencez à m’apprendre ce que j’aurais du faire ? Nous aurons tout le temps pour ça après, alors dépêcher de l’ausculter et puis seulement après nous pourrons parler, réprimanda Logan au prêtre. Je vais aller chercher de quoi manger et de quoi essuyer les traces de sang que j’ai sur mes vêtements et sur mes mains. Je reviens.

Sur ces mots, le chevalier s’élança dehors, en prenant bien soin d’écarter ce sang hors du champ de vision des enfants et de lui-même. Toute cette couleur rouge qui coulait et qui imbibait ses vêtements le répugnait et remuait en lui des souvenirs atroces qu’il essayait d’enterrer en lui à tout jamais.
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MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Jeu 31 Oct - 4:49
Je ne savais qui était cet homme, mais il me semblait étrange, presque louche. Il avait commencé par, je le supposai, massacrer l’entièreté de mes chers bandits, laissant quelques séquelles étranges sur leurs cadavres, tels que d’imposantes colonnes de glace s’élevant de leur poitrine, ou une peau un peu trop pâle et bleutée pour un individu normalement constitué ; aussi, il m’avait semblé l’entendre être secoué d’un rire que j’aurais pu apparenter à de la démence – je connaissais bien cette déficience mentale, pour y avoir moi-même goûté – après s’être appliqué à mettre en pièce les assaillants que j’avais moi-même provoqué. Mais si il était potentiellement fou, l’individu n’en était pas moins généreux, et plus attentionné que la plupart des rebuts des villes qui auraient croisé un gosse assailli par des pendards, qui eux, auraient fait fi de mes cris de désespoir pour s’en aller d’un pas un peu plus pressé qu’auparavant contourner ces sous-bois dans l’espoir de ne plus entendre parler de cette affaire. Des gosses affamés et mourants, il y en avait partout, plus encore dans les grandes villes, et on en voyait tous les jours ; pourquoi s’arrêteraient-ils pour un garçonnet parmi des milliers ? C’était une question qui leur venait à l’esprit chaque jour, et chaque jour, ils avaient une réponse. Ce n’était pas leur travail, pas le moment, quelqu’un d’autre allait bien s’en occuper. Car pourquoi eux, après tout ? Il y avait bien des gardiens de la paix, des individus payés pour faire régner le bon-vivre dans la cité et ses alentours. Pourquoi ne s’en occupaient-ils pas ? Et puis, ce n’était pas le sauvetage d’un bambin de la sorte qui allait se faire améliorer la situation actuelle de Rune Midgard et du réveil de Fenrir. Alors, à quoi bon ?
L’homme pourtant s’était arrêté, et après avoir décimé les brigands d’une manière certes un peu barbare – le reléguant presque à la vision que j’avais des soldats désabusés cherchant une issue dans le massacre – s’était emparé de mon corps pour me porter à la vile ; restait encore à trouver un prêtre ou un guérisseur non seulement capable de m’aider, mais également consentant et honnête, et j’étais bien placé pour savoir que ceux-ci se faisaient rares. De plus, nombreux étaient qui, reclus derrière leur ignorance et mussés derrière leur richesse faussement protectrice, évitaient bien de traiter pouilleux et miséreux, de peur d’en attraper les maladies ou pire, de devenir à leur tour sans le sou ; car bien sûr, tous les orphelins étaient voleurs – je devais avouer que c’était en partie vrai. Mais le vol de nécessité est bien plus pardonnable que les vols que les souverains pratiquent chaque jour et sans pitié sur les peuples, sans que ceux-ci, abrutis par de vaines promesses, étaient complus par leur sort.
 
Et Alcombord n’échappait pas à son lot d’idiots. Il n’y avait pas que Lumïa qui en écopait, c’était tous les dix royaumes, cité marchande ou pas. Malgré cela, c’était l’une des cités que je chérissais le plus, pour son marché et ses couleurs, ses édifices charmants et ses échoppes animées ; sa population relativement accueillante que j’étais en train d’écœurer ou terroriser par la plaie béante qui me lançait entre mes deux omoplates. Et je plaignais déjà l’individu qui allait me soigner, si l’on en trouvait seulement un, car lorsque la fièvre m’habitait, les cauchemars du passé en profitaient pour affluer et influençaient sur ma magie et son utilisation durant mon inconscient.
 
*****
 
Je n’oserais m’abaisser à décrire les choses immondes que contenaient mes rêves ; c’en était inutile, puisqu’ils contenaient toujours des vestiges de mauvais souvenirs déformés en images pire encore. Ma sœur, mon père, ma mère, et même plus récemment Aaku, tous y passaient, non sans de petites charmantes déformations de leur caractère ou de leur physique toujours plus charmantes les unes que les autres.
 

La première chose que me vint à l’esprit en ouvrant les yeux, outre la douleur qui me transperçait le corps de part en part, furent de jeter un coup d’œil de mon regard flou vers les murs de pierre de ce qui semblait être une église ; ils étaient intacts, mais personne ne se trouvait à mon chevet comme j’aurais pu l’imaginer. Tous les ecclésiastiques et les occupants de l’église étaient reclus devant les portes, le plus éloigné de moi que possible, et pour cause : toutes les statues de pierre parsemant l’allée pricipales étaient tombées, par ma faute bien entendu, saccageant  tout l’édifice et brisant certains des vitraux. Génial… J’avais déjà les marchands à bout, et maintenant l’église… Il ne manquait plus que l’armée, et j’étais officiellement détesté de tous. J’empoignai mon sac resté non loin de moi et le serrai entre mes bras, sans savoir d’avantage bouger que cela.
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MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Sam 16 Nov - 1:34
Quand il eut fini de nettoyer toutes les traces de sang de son habit, Logan repartit en direction de la maison du prêtre pour s’enquérir de la situation et voir si le jeune garçon avait repris conscience, malgré l’entaille profonde qui apparaissait sur son dos. Cette blessure pouvait paraître assez imposante, mais, avec l’aide du prêtre, elle ne devrait pas laisser trop de séquelles. C’était bien la dernière chose dont cet enfant avait besoin, une marque à vie. Un rappel constant des erreurs que l’on a pu commettre, des souvenirs que l’on essaye vainement d’enfouir dans notre cœur. L’innocence de l’enfance est la chose la plus pure qui existe sur ces terres hostiles. Le chevalier y pensa avec nostalgie en passant à travers les diverses rues qui encerclaient le port d’Alcombord. Il se rendait compte petit à petit qu’il n’avait jamais eu de réelle enfance, ce moment de l’existence humaine où l’insouciance dominait l’esprit. Sa vie n’avait toujours été que devoirs et restrictions, ne pouvant se permettre qu’un moment de liberté quand il savait tout le monde en sécurité. Pourtant, sa vie actuelle lui satisfaisait pleinement, que ce soit par les valeurs qu’il s’était forgé ou par les personnes remarquables qu’il a rencontrées. Rien ne le faisait regretter ce qu’il était devenu et ce qu’il avait dû subir pour arriver jusque là.
 
Son regard se posa soudainement sur un attroupement, essentiellement composé de religieux mais aussi de riverains dont la curiosité avait pris le dessus sur leurs devoirs, devant l’église de la ville. Ils semblaient tous désorientés, parfois même peureux voir terrorisés pour certains, et envieux de savoir ce qui se cachait dans cette église. Logan jeta un rapide coup d’œil sur la maison du prêtre et vit ce dernier se jeter sur lui dans une grimace d’horreur.
 
- Je vous en pire, aidez-moi ! s’écria le prête d’une voix qui laissait transparaître une peur aiguë. Le garçon que vous avez amené est devenue totalement fou ! Je l’avais déplacé à l’église pour pouvoir le soigner plus efficacement avec d’autres personnes qui s’y connaissaient un peu, mais, alors qu’il était toujours dans le coma, il s’est mis à tout détruire autour de lui ! Je… Je ne comprends pas…
 
Le vieil homme n’avait pas eu le temps de finir son monologue que Logan s’était déjà élancé à travers la foule qui obstruait l’entrée de l’église. Tous se pressaient contre les gardes de la ville qui se s’étaient rejoint pour former une barrière autour de l’église afin de ne laisser personne y pénétrer. Pleins de questions fusaient dans tous les sens, créant un brouhaha insupportable, et celles-ci étaient souvent laissées sans réponse. Le chevalier essaya tant bien que mal de se créer un chemin à travers la foule en poussant tout ceux qui le gênait d’un coup rapide de la main. L’endroit commençait à devenir infernal, que ce soit par les coups de pieds que l’on recevait de ses voisins ou bien par la forte odeur de transpiration qui émanait de chacun. Quand Logan arrive finalement devant la garde qui protégeait l’endroit, son corps s’était déjà recouvert de coups bleus, malgré qu’il ne les sentait pas vraiment.
 
- Excusez-moi, dit le chevalier au membre de la garde qui semblait le plus haut gradé, mais je dois entrer à tout prix dans cette église.
 
L’homme le toisa du regard avant de lui répondre d’un ton froid et mécanique :
 
- Le public n’est pas autorisé à entrer dans ce bâtiment, veuillez faire demi-tour.
 
Ce fut au tour du jeune homme de dévisager son interlocuteur.
 
- Je suis un chevalier d’Utguard, Logan Laeth, ancien élève du Maître Arkon, lui dit-il d’un ton froid et urgent. Je vous prie de me laisser passer, au nom du royaume que je représente ici même, ou je devrais informer mes supérieurs de l’incompétence de la garde dans cette ville.
 
L’homme étouffa un juron et, dans un visage imprégné de rage, il laissa passer le chevalier à l’intérieur de l’église.
 
Ce que vit Logan à l’intérieur du bâtiment lui glaça le sang une fraction de seconde. C’était un véritable saccage. Les statues étaient brisées en milles morceaux, les vitraux étaient brisés de part et d’autre de l’endroit, laissant la lumière triste et pale du soleil entrer sur ce lieu de prière profané. Et au milieu de tout ce gravas se trouvait le jeune garçon en question, dans ses habits blancs qui avaient la même couleur que ses cheveux. Le chevalier se précipita sur lui et il le prit encore dans ses bras pour le faire sortir d’ici.
 
- Je vais t’emmener hors de la ville quelques temps, lui dit Logan d’un ton protecteur et lourd. Ils savent que tu es avec moi et donc tu ne seras pas poursuivi par la ville toute entière.
 
Le chevalier avait à peine eu le temps de finir sa phrase qu’il s’était déjà enfoncé dans la sortie de l’église, en assurant aux gardes qu’il avait la situation sous contrôle et que rien ne pouvait plus arriver à l’intérieur du lieu dit sacré.
 
Le voyage jusqu’aux portes de la ville se fit sans encombre, malgré les regards emplis de reproches et de curiosité qui se posaient par alternance sur Logan et son protégé. Lorsqu’ils furent tout deux sortis de la ville, le chevalier posa l’enfant sur son dos délicatement.
 
- Je vais t’emmener dans un village proche d’ici afin de te faire soigner, vu que les gens ici ne pourront pas beaucoup t’aider, je suppose, dit le jeune homme dans un certain sourire. Tu n’as pas à t’inquiéter, tu es sous ma protection maintenant. Rien ne devrait t’arriver en théorie.
 
Il marque une pause avant de recommencer.
 
- En attendant que tu retrouves assez de facultés pour pouvoir marcher seul, je vais te porter sur mon dos un certain temps. Dés que tu veux marcher, tu n’as qu’à me le dire.
 
Le chevalier commença à marcher vers la direction opposée à la grande ville d’Alcombord en prenant bien soin de ne pas trop bouger pour réveiller les blessures de son passager.
 

- Ah oui, aussi j’allais oublier. Je me nomme Logan Laeth, je suis un chevalier d’Utguard, et je suis là pour rétablir la justice sur ce monde désolant, se présenta-t-il brièvement.
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Dégénérescence [Pv: Logan]

MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Dim 17 Nov - 4:46
Alcombord… J’en venais à me demander comment les gardes ensommeillés gardant avec une efficacité douteuse les allées et venues en ville me laissaient encore pénétrer l’enceinte de la cité, malgré leur rigueur bien maigre ; on ne comptait plus les denrées chapardées en une discrétion toute relative par le fantôme voleur de Rune Midgard, qui s’emparait en toute impunité de vivres dans plusieurs contrées du continent, sans gêne aucune, mais qui s’occupait sans faillir d’empêcher les pauvres commerçants aux bras ballants devant tant d’injustice de s’en aller poursuivre le vil coquin qui les détroussait ainsi. Et si seulement il était ici le seul délit que j’avais commis entre ces murailles, tout aurait pu rentrer dans l’ordre au bout d’un certain temps de calme ; mais il avait fallu que j’en rajoute, en démolissant bien malgré moi la moitié d’un lieu saint, en brisant les statues et, par la suite et par la force des choses, les vitraux qui se trouvaient derrière eux, effrayant par la même occasion tous ses occupants, civils comme ecclésiastiques, et il ne me surprendrait de voir sous peu débarquer quelque exorciste pour annihiler le démon qui me possédait. Il n’était pas commun de rencontrer un gamin blanchâtre au dos ouvert d’une plaie béante détruire un édifice religieux dans un sommeil plus qu’agité, qui plus était en marmonnant ou plus probablement hurlant des insanités inintelligibles sur ma maudite fratrie.
 
Il régnait dehors une cohue incohérente et bruyante, emplie de dissonantes voix fusant en tous sens, que j’avais probablement généré par mes inepties ; je n’expliquais cependant pas comment un simple incident du genre pouvait créer une si grande confusion… Peut-être était-ce l’ennui du peuple, reclus dans leurs mornes tâches, qui avaient vu en cet accident un moyen d’échapper à leur routine et une excuse supplémentaire pour faire attendre leur dur et vain labeur, auquel ils regretteront d’y avoir passé trop de temps un peu plus tard… Mais je m’égarais. L’allée centrale, emplie de bancs renversés ainsi que de débris de pierre et de verre, s’était vidée, et deux gardes étaient prostrés à l’entrée, défendant toute intervention des badauds vaquant alentour, en attendant des ordres supplémentaires sur que faire de mon cas ; quoi qu’il en fût, je disposais de relativement peu de temps pour me sortir de ce pétrin, et l’état de mon corps meurtri par mon impertinence était largement insuffisant pour marcher. Parfois, il suffisait de voir à quel point la vie était fragile pour se rendre compte qu’elle n’est pas si triste… Peut-être pouvais-je employer la magie pour me sortir de là, si son usage ne se révélait trop éprouvant… Restait à tester ; mon sac était resté non loin de moi, et j’étais toujours bloqué sur le dos. Je pouvais tenter de l’attirer vers moi, pour constater les dégâts, ou de le faire flotter dans les airs…
 
 Excusez-moimais je dois entrer à tout prix dans cette église.
 
Tiens, j’étais tellement occupé sur ma petite personne que j’en avais oublié mon bienfaiteur inconnu aux cheveux couleur des cieux. Il m’avait tout de même sorti de mon pétrin en massacrant quelque peu sauvagement l’entièreté de ces truands qui en étaient malgré tout toujours à leurs balbutiements dans les arts du crime. Non, les maîtres dans ce domaine se trouvaient sur les trônes, et on ne pouvait rien y faire.
 
Le public n’est pas autorisé à entrer dans ce bâtiment, veuillez faire demi-tour.
Je suis un chevalier d’Utguard, Logan Laeth, ancien élève du Maître ArkonJe vous prie de me laisser passer, au nom du royaume que je représente ici même, ou je devrais informer mes supérieurs de l’incompétence de la garde dans cette ville.
 
Plus il s’exprimait, et plus j’en apprenais de manière détournée sur lui ; alors comme ca, il était chevalier d’Utgard… Je ne connaissais la cité que par sa réputation, et il était de légende que la seule chose égalisant la froideur de son air et de ses murailles était le cœur de ses habitants ; on ne pouvait leur en vouloir, on les disait en permanence assaillis par démons et autres immondices de la création en permanence, et cela en faisait d’ailleurs de très bons soldats – ainsi que de très bons gardiens de prison, disait-on. Ceci expliquait cela : la glace était bien sûr l’élément de ce cher Logan, car il avait grandi dedans. Le jeune homme s’approcha de moi, l’air horrifié par ce que j’avais fait, et, sans en tenir compte dans ses jugements pour autant, m’emporta dans ses bras, mon sac toujours serré contre mon corps meurtri.
 
Je vais t’emmener hors de la ville quelques tempsIls savent que tu es avec moi et donc tu ne seras pas poursuivi par la ville toute entière.
 
Je sentais sur moi les regards haineux comme ils les avaient toujours étés des habitants, ayant cette fois ci une raison supplémentaire de me haïr.
 
Je vais t’emmener dans un village proche d’ici afin de te faire soigner, vu que les gens ici ne pourront pas beaucoup t’aider, je suppose. Tu n’as pas à t’inquiéter, tu es sous ma protection maintenant. Rien ne devrait t’arriver en théorie. En attendant que tu retrouves assez de facultés pour pouvoir marcher seul, je vais te porter sur mon dos un certain temps. Dés que tu veux marcher, tu n’as qu’à me le dire.
 
« Je… Je pense pouvoir marcher. Laissez-moi une seconde. » Dis-je de ma voix pâteuse de garçon blessé. Une chance que nous n’étions sortis de la ville ; et comme j’avais constaté pouvoir user de ma magie sans trop me fatiguer, je me confectionnai un genre d’exosquelette en dévalisant le sol de la ville de ses pavés, comme j’en avais l’habitude de faire. Mes pieds reposaient sur de la pierre tandis que les minéraux suivaient la courbe de mes jambes, de mon dos et de mes bras ; en tout, la chose recouvrait presque l’entièreté de l’arrière de mon corps, et recouvrait mes chaussures afin que lorsque je fasse un pas à l’aide de ma magie, mon membre suive tout seul. Je lui emboîtai alors le pas, un peu lent certes, mais fonctionnel ; et cette idée était à creuser, elle pouvait m’être utile en tant qu’arme…
 
Ah oui, aussi j’allais oublier. Je me nomme Logan Laeth, je suis un chevalier d’Utguard, et je suis là pour rétablir la justice sur ce monde désolant.
 

« Eh bien justicier, vous venez juste de sauver la vie à un voleur à l’étalage orphelin du bidonville. Je ne touche cependant qu’aux denrées alimentaires, j’ai des principes. » Cru-je bon de préciser. « Je suis un minéralomancien autodidacte et sans famille, et je me nomme Samuel Michaelis. Enchanté. » J’avais tenté un petit rire, s’étant terminé en une violente quinte de toux secouant tout mon corps séché comme une feuille morte.

L'exosquelette, à peu près comme celui-ci, mais en pierre et avec des tiges pour soutenir les bras
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MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Lun 18 Nov - 8:27
Logan avait regardé avec la même impassibilité le jeune garçon en train d’utiliser sa magie. Jamais il ne se serait douté qu’un enfant de la sorte pouvait être investi d’une telle force magique, surtout qu’il pouvait utiliser tout en étant blessé et en paraissant si faible et fragile. Rien ne le différenciait des autres garçons si l’on mettait à part la couleur blanche qui le dominait entièrement et la tristesse qui se lisait constamment sur son visage. Dans un sens, le chevalier se retrouvait dans le personnage de ce jeune garçon, sans vraiment savoir pourquoi. Il lui ressemblait d’un certain point de vue, son visage laissait lui aussi exprimer des pensées négatives et terriblement terre à terre. Une douleur invisible et inconnue semblait les lier, sans qu’ils n’aient rien demandé.
 
- Ah, je vois, dit le chevalier à Samuel qui marchait maintenant tant bien que mal avec ce qui ressemblait à un exosquelette pour essayer de suivre la marche. Tu es donc un minéralomancien… Fors bien, je ne m’attendais pas à cela de ta part. C’est donc avec cette magie que tu as massacré tous ces brigands, tout à l’heure…
 
Le chevalier marqua une pause avant de reprendre d’une voix plus grave :
 
- Et je comprends les raisons de tes vols, chacun fait ce qu’il peut pour survivre dans ce monde où l’inégalité prône. Mais je compte bien améliorer le train de vie de chacun en faisant du mieux que je peux, en commençant par aider les personnes qui ont besoin d’aide et en tuant les tueurs et les traitres, ces gens qui abusent de la confiance des autres à leur profit avant de commettre des choses terribles et irréparables qui changent radicalement la vie de tous. C’est moi qui m’occuperai de leur cas personnellement… Je prendrais tout le temps qu’il faudra pour les faire souffrir et les faire regretter ce pourquoi ils ont œuvré.
 
Ces dernières phrases avaient été ponctuées d’un léger débordement de haine qu’il s’empressa de vite refouler en présence du jeune garçon. Ils auraient tout le temps de discuter de l’avenir de ce monde et de ces habitants bien assis autour d’un feu aux flammes qui réchaufferaient leur corps mais par leur cœur. Ce qu’il cachait au monde était bien trop grand pour être simplement raconté au détour d’un petit chemin.
 
« Alors finalement, tu vas abandonner la vieille femme avec ses œufs pour ce garçon en détresse ? » lui demanda Ascalon dans son esprit avec un certain rire qui s’estompa aussi rapidement qu’il était venu. « Tu as le sens des priorités, c’est un bon point, mais méfie-toi toujours des gens que tu ne connais pas, et même de ceux que tu connais au vu des évènements que tu as enduré, ils peuvent te planter un couteau dans le dos à la première occasion. Mais n’oublie pas que tu ne dois pas avoir te faire des amis, car, lorsque tu auras réussi à te venger, je ne me priverai pas de rayer ton existence de la terre »
 
- Je le sais très bien, mais je veux aussi pouvoir rendre ce monde meilleur et donner un peu de joie aux habitants de ce monde, lui répondit Logan dans un ton froid.
 
Le jeune homme espéra pendant quelques secondes que Samuel ne l’avait pas entendu, puisqu’il l’avait totalement oublié pendant ces quelques secondes, et il se sentit obligé de donner une sujet à la conversation.
 
- Au sinon, qu’est-ce que tu faisais par ici ? lui demanda-t-il pour ne pas avoir à subir la remarque de Samuel sur son petit monologue secret. C’est une chance que tu aies survécu à tous ces bandits, mais j’aimerais savoir le pourquoi de la chose. Une longue route nous attend, donc ne lésine pas sur les détails, si tu le veux bien.
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MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Lun 25 Nov - 7:42
http://www.listenonrepeat.com/watch/?v=T5Qqdf-wRKc

Je marchais lentement et avec peine, carré dans mon exosquelette comme un chat dans une boîte. Toute l’ardeur qui avait pu m’habiter auparavant avait disparu, faisant place à une lassitude sans bornes qui dévorait même mes mécanismes les plus élémentaires, si bien que je devais rester conscient de moi-même pour continuer à respirer ; comme si tout avait perdu son sens d’un seul coup, et que plus rien ne valait vraiment la peine ? Je me surpris un instant à ne plus bouger du tout, réfléchissant aux passés événements. Il y a quelques heures, j’avais souhaité mettre fin à ma vie, et il s’était déroulé tant de choses depuis, tant d’événements m’étaient tombés sur le coin de la tête que j’avais la sensation que plusieurs jours s’étaient écoulés ; le coma qui s’était ensuivi cde et acte suicidaire sauvé – ou gâché – par ce cher Logan n’avait rien arrangé, supposais-je, et le tout avait fini par former dans mon esprit une bouillie d’événements se succédant dans un ordre douteux. Le chevalier, me portant comme un vulgaire ballot de paille, m’avait transporté en ville. Et ensuite ? Je me mis à marcher, toujours dans mes songes, derrière l’inconnu salvateur. Il m’avait guidé jusqu’à une église ; ici, mes souvenirs me font défaut. Je me souviens qu’un peu plus tard, les statues étaient renversés, les vitraux brisés et une foule se trouvait devant la porte ; et moi, j’étais toujours dans l’allée centrale. Était-ce moi qui avais provoqué cela ? C’était probable. Incapable de ressentir le moindre remords, je me concentrai sur la route. La seule chose qui me préoccupait était que l’Église allait probablement me détester, désormais, alors que les commerçants m’avaient déjà sur leur liste noire.
 
Ah, je vois.
 
Il répondait à mon cynisme précédent ; j’espérais ne pas trop avoir à bavarder, car mes idées n’étaient pas claires, et même si je n’avais tenté de parler jusqu’ici, je savais que les mots s’emmêleraient dans ma bouche pour former une pâte inintelligible.
 
- Tu es donc un minéralomancien… Fors bien, je ne m’attendais pas à cela de ta part. C’est donc avec cette magie que tu as massacré tous ces brigands, tout à l’heure…
 
Savait-il réellement a quelle caste j’appartenais, ou faisait-il travailler son esprit de déduction pour en retirer cela de mes agissements magiques ? Cette question n’avait pas une très grande importance, mais elle occupait mon esprit avec une force qui supplantait tout le reste, comme si j’avais besoin d’une incertitude à laquelle me raccrocher. Que savait-il des minéralomanciens ? Des minéraux en général ?
 
Et je comprends les raisons de tes vols, chacun fait ce qu’il peut pour survivre dans ce monde où l’inégalité prône. Mais je compte bien améliorer le train de vie de chacun en faisant du mieux que je peux, en commençant par aider les personnes qui ont besoin d’aide et en tuant les tueurs et les traitres, ces gens qui abusent de la confiance des autres à leur profit avant de commettre des choses terribles et irréparables qui changent radicalement la vie de tous. C’est moi qui m’occuperai de leur cas personnellement… Je prendrais tout le temps qu’il faudra pour les faire souffrir et les faire regretter ce pourquoi ils ont œuvré.
 
Au moins, le jeune homme était miséricordieux… La société n’en attendait pas moins d’un chevalier, tout comme elle souhaitait d’un gamin qu’il soit légèrement turbulent, enjoué, et heureux de vivre. Désolé, ce n’était mon cas… J’essayais en vain de tenter d’empêcher mes pensées de s’égarer à tout-va, mais cela me demandais autant d’énergie que de marcher. Je m’étais calqué dans les pas de ses bottes, de façon à ne pas avoir à réfléchir pour tracer mon chemin. Et Logan n’était pas un idéaliste naïf, il était… Il était déterminé, et si au premier abord, cela pouvait paraître futile, j’étais certain qu’il mettrait tout en œuvre pour accomplir ses objectifs. Au fond, cette conception du monde était belle, et il fallait bien quelques individus assez fous pour avoir de l’espoir pour que le monde tourne.
 
Je le sais très bien, mais je veux aussi pouvoir rendre ce monde meilleur et donner un peu de joie aux habitants de ce monde.
 
Avait-il entendu mes pensées ? Peu probable, ses dires ne correspondaient pas avec celles-ci. Pourquoi alors avait-il parlé aux corneilles ainsi ? Je ne lui en tins pas rigueur ; j’étais moi-même habité par la folie, et si je me parlais à moi-même, je n’exprimais pas mes dires tout haut. Mais si d’autres le faisaient, après tout, pourquoi pas ?
 
 Au sinon, qu’est-ce que tu faisais par ici ?  C’est une chance que tu aies survécu à tous ces bandits, mais j’aimerais savoir le pourquoi de la chose. Une longue route nous attend, donc ne lésine pas sur les détails, si tu le veux bien.
 
« Comment dire… J’y suis allé chercher des brigands de mon plein gré, la ou je savais les trouver, afin de me donner la mort. » Je m’exprimai à lui en toute franchise, de but-en-blanc, et cela dut le surprendre, car il me laissa poursuivre. « Je n’avais plus vraiment le cœur à la vie, et mes sautes d’humeur extrêmes  couplées avec une intense et prolongée solitude peuvent me pousser à des actes… Irraisonnés. Je ne tiens à te mettre la pression, mais outre mon corps, tu as probablement sauvé mon âme. Même si je m’en étais tiré, je ne sais si j’aurais souhaité survivre à mes blessures. »
 
Le reste du trajet se passa sans qu’une parole ne fut échangée, et ce n’est que lorsque le soleil commença à décliner et à teinter l’horizon de son ardeur que nous nous autorisâmes une pause.
 
« Je pense qu’il serait préférable que nous nous stoppions ici, non ? »
 
Je lui prêtai un peu de mes pierres pour cercler le feu et limiter ses ardeurs expansives, et formai du reste de mon exosquelette une chaise, rechignant de m’asseoir par terre de peur de rouvrir ma blessure.
 

« Aurais-tu l’amabilité d’allumer un feu ? Je pourrais bien faire couler du magma sur du bois sec pour l’enflammer, mais je pense qu’un tel effort serait inapproprié pour une si simple tâche. »
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MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Jeu 19 Déc - 21:39
Alors qu’ils s’étaient tous les deux stoppés dans une petite clairière assez proche de la route pour passer la nuit, l’esprit de Logan était en constant travail par rapport aux dires du jeune garçon qui l’accompagnait. Certaines choses paraissaient pour lui tout à fait invraisemblables, voir même incroyables, tandis que d’autres étaient d’une vérité absolue. Il avait du mal à cerner Samuel, cependant, il lui faisait confiance. Quelque chose les liait, un lien caché et très fragile qui n’a besoin que d’un coup de vent pour s’envoler et se briser. Malgré les quelques confidences qu’ils s’étaient faites, le chevalier avait l’impression de ne rien connaître de l’enfant.
 
- Ah, faire du feu… En général, je n’en fais pas car je déteste ça, dit le jeune homme après un instant de réflexion avec son éternel visage impassible. Mais je vais quand même essayer avec ce que j’ai.
 
Il avait hésité quelques instants avant de le révéler, car peu sont les personnes qui n’aiment pas la chaleur réconfortante du feu et voir les flammes s’agiter dans tous les sens, comme pour essayer de trouver une issue à leur piège invisible. La chose qu’il aimait par dessus tout, c’était le froid, à la fois calme et mortel. Une douleur invisible et une mort douce. Des mots qui résonnaient pour lui comme un certain réconfort, un endroit paisible où se reposer quand son esprit était en ébullition.
 
Le vague souvenir de son maître lui fit un coup au cœur, mais c'était seulement en sa compagnie qu'il avait allumé des feux et repenser à ces moments-là abattu son morale déjà bien bas. Il fallait tout d’abord une planche de bois, d’une épaisseur assez fine sans pour autant être trop fragile. Il espéra inconsciemment trouver une planche déjà toute faite pour ne pas avoir recourt à l’utilisation de son épée, ce qui risquerait de vraiment compliqué les choses.
 
Après plusieurs minutes de recherche intensive, il abandonna. Aucune planche de bois ne voulait se présenter à lui et il décida de changer de manière de procéder. Il prit deux pierres qui avaient l’air tout à fait anodines et commença à les frapper l’une avec l’autre de manière répétée et toujours plus fort devant un tas de bois. Ce manège dura plusieurs minutes, pendant lesquelles il faillit abandonner plus d’une fois mais retrouva toujours une certaine volonté en ne trouvant aucune autre solution flagrante à sa situation, et, finalement, le feu prit.
 
- C’est la dernière fois que je fais ça, dit-il non pas avec une voix fatiguée, mais plutôt avec un certain agacement.
 
Ensuite, il fit rouler deux grosses pierres qui étaient seulement à quelques mètres d’eux et les plaça de manière à lui faire face tout en étant autour du feu.
 
- Dis, Samuel, interpella Logan tandis qu’il s’asseyait doucement sur l’un des rochers, il y a quelques questions qui se bousculent dans mon esprit par rapport à ce que tu m’as raconté tout à l’heure. D’abord, pourquoi voulais-tu te donner la mort ainsi ? Qu’est-ce qui peut te dégouter de la vie au point de te tuer ? Si jamais cela venait de toi, je comprendrai. La vie a beau être précieuse, certaines le sont plus que d’autres. Trouve-toi un objectif dans la vie pour ne pas sombrer, comme moi, et vis. C’est la seule chose que je peux te dire là-dessus. Et puis, je dois t’avouer que j’ai été surpris de t’entendre parler… Tu as une manière de t’exprimer et un vocabulaire qui donnerait à n’importe qui une certaine jalousie envers une telle aisance dans la langue, et tu m’as pourtant dit que tu venais du bidonville. Je te crois, bien sûr, mais je trouve cela vraiment très surprenant. Chacun a son passé, et je veux bien te partager le mien si telle est ce que tu veux, mais il faut qu’il y ait un échange équivalent de ce cas-là. Je te dis qui je suis et tu me dis qui tu es.
 
Il marqua une pause pour reprendre son souffle avant de faire rouler sa pierre plus loin du feu et de s’y rasseoir.
 
- C’est tout ce que j’avais à te dire, conclut-il avec une voix qui n’exprimait toujours aucune émotion. Je vais chercher de quoi manger et je reviens dans quelques minutes, ne bouge pas.
 

Après avoir dit cela, il s’aventura dans les coins encore légèrement lumineux de la forêt. Ce n’était pas le moment idéal pour chasser, mais ils devaient tout deux manger et il ne restait presque plus de provision dans le sac de Logan, si ce n’était pour encore tenir quelques repas.
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Dégénérescence [Pv: Logan]

MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Lun 23 Déc - 2:04
Le soleil entamait à peine son déclin flamboyant, clôturant ainsi la belle journée qu’avait vu le ciel défiler ; pour tous, la routine avait perpétré ces heures dans une gangue d’indifférence, rendant les instants qui avaient découlé du premier souffle du matin jusqu’à maintenant inutiles – ils avaient certes maintenu l’équilibre de chaque morne petite vie qui se mouvait dans les cités et ailleurs, et rien n’avait changé aujourd’hui par rapport à hier, et rien ne changerait par rapport à demain. Le travail avait été exécuté, les tâches réalisées et les existences banales de la plus petite des rotures comme des grands seigneurs avaient été poursuivies, sans que ce jour ne reste dans leur mémoire autrement que par de vagues souvenirs de ce dans quoi l’on était impliqué durant ces vagues années, sans que nul ne se sente pleinement heureux ; ils attendaient d’abord la fin de la journée, et puis leur jour de congé, leurs éventuels vacances, et puis le temps où ils pourraient se retirer pour attendre la mort. Et à force de toujours espérer, vivre pour l’avenir, pour s’assurer une existence paisible et prospère, ils en oublient de vivre, d’être heureux, et ne voient plus dans leur vie insensée une attente d’un monde meilleur qui ne vient jamais et qui n’est jamais venu, tout simplement car ils ne l’ont pas réellement souhaités ; c’était là la plus triste et la plus grave des ignorances. Qu’importait de savoir lire, guerroyer, écrire ou calculer, d’avoir l’opulence, de jouir de terres et d’épouse si l’on ne possédait pas la plus élémentaire et la plus importante des connaissances, celle de la raison ?
 
C’était mes idées, ma philosophie, et malgré que tous ne la trouvaient pas comme la panacée que je voyais à travers ces mots, je l’estimais être la plus juste, ou tout du moins, de toutes celles que j’avais déjà rencontrée, et je déplorais ainsi ceux qui s’oubliaient dans leur travail, ou qui sublimaient leur vie au profit d’activités qui finissaient par les ensevelir ; c’était pourquoi, malgré les quelques contraintes physiques qui m’accablaient, je m’efforçai de voir en le monde toute la beauté qui en découlait, ne serait-ce que par la simplicité de l’instant : le soleil s’enflammait en apothéose, concourant à l’horizon, dans les coloris habituels de la nature qui se mariaient avec tant d’efficacité entre eux : le bleu, résidu du ciel de la journée, côtoyait sans difficulté le vermeil aveuglant du soleil qui colorait les vaporeux nuages autour de lui en une déclinaison impressionnante de jaunes et d’oranges, et la beauté de l’instant concordait avec la fraîcheur vivifiante de l’air, me poussant à inspirer profondément l’air frais et pur du soir. Ma blessure me tiraillait toujours, mais je fis de mon mieux pour mettre de côté cette sale et lancinante douleur, et la ranger loin dans mon esprit : la compagnie de l’homme ne m’était pas spécialement désagréable, et malgré que je n’aie pas encore pu le cerner réellement, je tentai de ne pas tenir compte de certaines de ces questions que je jugeais indiscrètes et auxquelles je répondais vaguement pour le pas paraître trop impoli ; la courtoisie n’était pas ma spécialité, mais il m’avait sauvé la vie, alors j’étais un peu forcé d’obéir.
 
Nous nous étions arrêtés, et j’avais formé de mes pierrailles une chaise pour se pas devoir infliger à mon dot béant la souffrance de m’asseoir par terre.
 
- Ah, faire du feu… En général, je n’en fais pas car je déteste çaMais je vais quand même essayer avec ce que j’ai.
 
En réfléchissant un peu, j’aurais pu le deviner ; un homme qui gèle ses combattants à l’aide de son épée risque de ne pas apprécier la chaleur, et inversement, mais j’étais trop fatigué pour faire le rapprochement directement. Quoi qu’il en fût, il avait entamé sa besogne, et après différentes techniques et tentatives, il y parvint, non sans rechigner ; je supposai que c’était comme si l’on m’avait demandé de maîtriser les vents. Quelques flammèches timides mais réconfortantes prirent bientôt possession du petit cercle de pierre que j’avais composé pour contenir les ardeurs flamboyantes, et sa chaleur douce nous atteignit bientôt, me réchauffant corps et âme ; je doutai qu’il en fut de même pour mon compagnon.
 
 C’est la dernière fois que je fais ça.
 
 
Dis, Samuel… Il y a quelques questions qui se bousculent dans mon esprit par rapport à ce que tu m’as raconté tout à l’heure. D’abord, pourquoi voulais-tu te donner la mort ainsi ? Qu’est-ce qui peut te dégouter de la vie au point de te tuer ? Si jamais cela venait de toi, je comprendrai. La vie a beau être précieuse, certaines le sont plus que d’autres. Trouve-toi un objectif dans la vie pour ne pas sombrer, comme moi, et vis. C’est la seule chose que je peux te dire là-dessus. Et puis, je dois t’avouer que j’ai été surpris de t’entendre parler… Tu as une manière de t’exprimer et un vocabulaire qui donnerait à n’importe qui une certaine jalousie envers une telle aisance dans la langue, et tu m’as pourtant dit que tu venais du bidonville. Je te crois, bien sûr, mais je trouve cela vraiment très surprenant. Chacun a son passé, et je veux bien te partager le mien si telle est ce que tu veux, mais il faut qu’il y ait un échange équivalent de ce cas-là. Je te dis qui je suis et tu me dis qui tu es.
 
 
Indiscret freluquet qu’il était ! Je le connaissais à peine, j’osais lui révéler que j’avais tenté de me donner la mort, et il me demandait pourquoi ! Il ne me laissa le temps de répondre, préférant s’éclipser pour chercher des vivres et me laisser le temps de préparer ma réponse. Je n’allais pas lui mentir, ou pas au sens où l’on entendait d’habitude : j’allais sélectionner chaque parcelle de vérité que je comptais lui exposer, et masquer les autres. Je m’adressai à lui lorsqu’il revint, peu après.
 
« Tu ne comprendras jamais un suicidaire avant d’avoir été au même stade de désespoir que lui. »
Je marquai une pause.
« Et pour répondre a ta seconde question, sache que la bibliothèque des faubourgs, à l’extérieur des murailles mais toujours dans la pauvreté, était étonnamment complète et que je n’hésitais pas à y passer mes journées. »
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Dégénérescence [Pv: Logan]

MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Mar 24 Déc - 3:29
Tu ne comprendras jamais un suicidaire avant d’avoir été au même stade de désespoir que lui, répondit Samuel au chevalier. Et pour répondre à ta seconde question, sache que la bibliothèque des faubourgs, à l’extérieur des murailles mais toujours dans la pauvreté, était étonnamment complète et que je n’hésitais pas à y passer mes journées.
 
Logan n’avait même pas eu le temps de s’asseoir sur son rocher que le jeune garçon avait débité toutes ces informations, ne faisant qu’une pause entre deux phrases. Le visage de l’épéiste demeura pourtant toujours autant impassible, malgré le cœur que le jeune garçon avait semblé y mettre. Quelque chose lui était caché, sans doute à juste titre, et il respectait cela, mais cela l’irritait d’une certaine façon. Si jamais il n’avait pas envie de discuter de quelque chose, il n’avait qu’à le dire, à la place de détourner le sens de la question ou bien d’en dire le minimum possible. C’était bien une preuve d’immaturité de la part de ce jeune garçon puéril.
 
- Si tu ne veux pas m’en parler, dis-le à la place de sortir des choses qui, de mon propre avis, ne servent qu’à attiser ma curiosité, lui dit Logan d’un ton qui laissait percevoir son irritation. C’est ton droit, mais je ne sais pas lire dans les pensées des gens, donc fais-moi en part. Ce serait le minimum pour la personnalité que tu veux me montrer, quelqu’un de fort et de mature. Or, tu n'es qu'un petit garçon intimidé et égocentrique qui se croit fort car il pense avoir enduré une souffrance telle qu'il se sent obligé de la cacher. Tu es plus risible qu'autre chose si tu penses qu'il n'y a que toi dans le monde à avoir souffert. Durant ma route, j'en ai vu par centaines, chacun avec une histoire différente, et ce n'est surement pas toi qui vas sortir du lot.

Le jeune homme n’irait jamais jusqu’à regretter de l’avoir sauvé, mais il venait de remarquer une différence entre eux qu’il aurait préféré ignorer. Cet être était plein de mystères et se donnait des airs supérieurs alors que personne n’avait à lui envier quelque chose. La personne qui se rapprochait le plus était sans doute celle que le chevalier détestait le plus au monde jusqu’à vouloir le tuer. Un être égoïste qui se croit tout permis jusqu’à se donner la mort rien que pour son plaisir sans penser aux êtres qui l’entourent. Il avait beau avoir révélé errer dans la solitude et que cela avait touché son morale que Logan ne le comprenait toujours pas, lui qui a toujours été seul et qui avait dû seulement compter sur lui-même et sur une épée d’origine très étrange qui n’avait rien d’un bon compagnon de voyage.
 
« Ce petit garçon a l’air marrant, dis-moi, intervint Ascalon dans l’esprit de Logan. J’approuve ce que tu as dis, mais tu étais bien pire à l’âge où je t’ai rencontré. Mais il est vrai que ce gamin a un petit côté énervant, je ne vais pas te le cacher. »
 
Au moins, Ascalon était du même avis que lui sur certains points, ce qui le réconfortait dans la véracité de ses dires.
 
- Que tu te sentes vexé ou non m’importe peu, renchérit-il du même ton. J’aurais pu te laisser là, avec ce piètre prêtre, et laisser la ville te courir après. Par là, je ne te demande pas de me remercier, mais au moins de te comporter respectueusement avec moi. S'il y a bien quelque chose que je déteste, ce sont les gens qui se font passer pour quelqu’un d’autre. Et, lorsqu’on découvre le pot aux roses, toute confiance disparaît et on se sent trahi. Cela amène donc à des représailles qui peuvent se manifester sous différentes formes, mais qui ne sont jamais agréables, crois-moi. Alors arrête de te donner des traits supérieurs et essaye d'être ouvert au monde et de comprendre la douleur de chacun. Tu n'es en aucun cas le centre du monde, je peux te l'assurer.

Lorsqu’il eut fini de parler, il prit ce que la chasse lui avait donné et commença à dépecer l’animal avec un couteau spécialisé de ce domaine qu’il transportait toujours avec lui pour ce genre de situation. C’était maintenant au jeune garçon de trouver quoi répondre à cela, mais il pouvait tout aussi bien se taire et admettre que cela était vrai, ou du moins en partie. Le chevalier avait dû faire du mieux qu'il pouvait pour créer quelque chose de cohérent, vu le manque cruel d'information qu'il avait sur le petit garçon. Dans tous les cas, Logan sentait que ce voyage allait être plus long que prévu.

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Dégénérescence [Pv: Logan]

MessageSujet: Re: Dégénérescence [Pv: Logan] Dim 29 Déc - 8:42
Si tu ne veux pas m’en parler, dis-le à la place de sortir des choses qui, de mon propre avis, ne servent qu’à attiser ma curiositéC’est ton droit, mais je ne sais pas lire dans les pensées des gens, donc fais-moi en part. Ce serait le minimum pour la personnalité que tu veux me montrer, quelqu’un de fort et de mature. Or, tu n'es qu'un petit garçon intimidé et égocentrique qui se croit fort car il pense avoir enduré une souffrance telle qu'il se sent obligé de la cacher. Tu es plus risible qu'autre chose si tu penses qu'il n'y a que toi dans le monde à avoir souffert. Durant ma route, j'en ai vu par centaines, chacun avec une histoire différente, et ce n'est surement pas toi qui vas sortir du lot.
 
Cet homme commençait sérieusement à m’agacer pour son impertinence ; il semblait avoir un talent incroyable pour créer des problèmes là où il n’y en avait aucun auparavant et semblait également très doué pour en découler des conclusions douteuses. Il venait, en l’espace de quelques heures en ma compagnie, de déterminer la personnalité que j’étais censé souhaiter arborer, et déterminé ma nature réelle sans que je n’aie prononcé d’avantage que quelques phrases au cours de notre rencontre ; il possédait une manie, semblait-il, de vouloir placer des gens dans des cases et de souhaiter immédiatement identifier quel type de personne j’étais, avec une arrogance due à sa non-connaissance de ma personne. Était-il trop abruti que pour penser que une personne qui vient d’essayer de se donner la mort ne souhaite pas forcément en parler ouvertement ni ouvrir au premier individu venu les plaies béantes de son passé ? Était-ce en cela que je me donnais un air supérieur ? Mais quel était ce chevalier pour tirer des conclusions pareilles ? D’où sortait-il ? L’avais-je jugé, moi, lorsqu’il avait énoncé ses naïfs veux de justice et de paix ? Non, car je ne le connaissais pas assez pour m’exprimer ; et lui, manifestement, n’attendait pas de me connaître un tant soit peu : non, il préférait immédiatement me lancer des accusations impertinentes et tout à fait à côté de la plaque. Je levai la tête vers le ciel qui s’était paré de ses joyaux luisants dans sa couverture sombre et humai profondément dans l’air de la nuit pour me calmer et le laisser poursuivre, car manifestement, il n’avait pas terminé son pamphlet sur moi-même, et tâchai d’oublier la plaie sale et béante qui parcourait mon dos et qui me lançait puissamment.
 
 Que tu te sentes vexé ou non m’importe peuJ’aurais pu te laisser là, avec ce piètre prêtre, et laisser la ville te courir après. Par là, je ne te demande pas de me remercier, mais au moins de te comporter respectueusement avec moi. S'il y a bien quelque chose que je déteste, ce sont les gens qui se font passer pour quelqu’un d’autre. Et, lorsqu’on découvre le pot aux roses, toute confiance disparaît et on se sent trahi. Cela amène donc à des représailles qui peuvent se manifester sous différentes formes, mais qui ne sont jamais agréables, crois-moi. Alors arrête de te donner des traits supérieurs et essaye d'être ouvert au monde et de comprendre la douleur de chacun. Tu n'es en aucun cas le centre du monde, je peux te l'assurer.
 

« Mon tort a donc été de répondre à ta question sur la raison de mon état, puis d’avoir attisé ta curiosité en ayant tenté de me suicider, puis d’avoir, sans manque de respect, énoncé que je ne voulais pas en parler ? Ne penses-tu pas que les raisons qui peuvent pousser quelqu’un à un tel stade puissent être sensibles et que un homme qui est à cet instant un presque parfait inconnu et qui vient me dire que la vie est belle ne va pas arranger les choses immédiatement ? T’ai-je manqué de respect, t’ai-je insulté ? J’aurais pu te dire effronté pour vouloir tout savoir sur quelqu’un sous le simple prétexte de lui avoir sauvé la vie, mais je ne l’ai pas fait, car j’ai estimé ne pas te connaître assez dans ton ensemble pour te juger. Je ne me sens pas supérieur à toi par aucun moyen et te suis reconnaissant pour ton sauvetage, mais j’ose espérer que tu puisses faire preuve de la même patience dont j’ai fait preuve. Je ne me suis pas fait passer pour quelqu’un d’autre, c’est toi qui m’as pris pour quelqu’un d’autre ; et c’est également toi qui te crois supérieur aux autres par le fait d’estimer pouvoir les juger ainsi. »
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Dégénérescence [Pv: Logan]

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