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Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih]

MessageSujet: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Mar 17 Déc - 6:21
« Capitaine, mes hommes sont à bord, nous pouvons larguer les amarres. » J’avais déclaré sèchement cela à l’homme qui se tenait devant moi, dos tourné à la terre, contemplant d’avance avec joie les flots sur lesquels il allait s’embarquer avec tout son équipage, ainsi que les mercenaires que j’emportais avec moi, des hommes trouvés au gré des campagnes, trainant dans des cul-de-basse-fosse, prêts à tout pour quelques monnaies ; puisqu’il en était ainsi, ils avaient été réquisitionnés pour m’accompagner lors de ce petit périple qu’organisait mon ordre, au terme duquel je devais rejoindre les côtes du sud de Kynthnos, là où, disait-on, la populace était la moins coriace et se soumettrait peut-être à l’autorité de l’Eglise, si on lui forçait lui main, rien de bien méchant, essentiellement des prises d’otages, sans plus de conséquences, la mort ne guiderait pas notre entreprise, le nord quand à lui était un ramassis de fieffés bandits, loups-de-mer et autres marins peu scrupuleux en ce genre, c’était peine perdue de ramener ces pauvres ères dans le droit chemin, une expédition punitive n’aurait même pas suffit, en connaissance des capacités de ces hommes à se jouer de l’eau et des courants comme bon leur semble, ils auraient coulé sans plus de regrets la totalité d’une flotte.

En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, les matelots se mirent en branle-bas de combat, les voiles furent lâchées et furent gonflées par un vent venu de je ne savais trop où, nous sortîmes du port en seulement quelques heures, je lançai un dernier regard à la cité portuaire d’Alcombord, un peu inquiet de cette première aventure en mer, j’étais très anxieux quand à l’idée qu’une de ces maladies de navigateur ne m’affecte, scorbut, peste, polio, toutes ces petites choses qui font de la vie un enfer. Au bout de deux jours de voyage, nous étions en vue des plages de sable blanc des îles, désormais nous ne pourrions plus nous servir des lanternes durant la nuit, les boucaniers nous repéreraient trop facilement et nous serions une proie un peu trop facile pour leurs rapides esquifs, malgré les quelques cannons embarqués, nous ne pourrions rien faire d’autre que nous rendre pour espérer de sauver nos vies, quoi qu’à bien réfléchir, terminer mes jours comme esclave n’était peut-être pas ce qui me chantait le plus … Un peu avant que la nuit ne tombe, d’épais nuages se levèrent, noirs comme les corbeaux annonciateurs de mauvaises nouvelles, l’air s’alourdit et très vite un crachin vint arroser tous les hommes sur le pont, je me réfugiai dans la cabine du commandant de bord, sans avoir le souci de ce que feraient les soldats sous ma coupe, de toute façon ils n’étaient ici que pour les richesses et les femmes, même s’ils n’en parlaient pas ouvertement devant moi, l’or, ils l’avaient déjà reçu, les femmes, ils se serviraient sur place, n’hésitant pas à tuer pour avoir les plus belles, mais c’était sans compter sur le légat que j’étais, ils n’avaient aucun droit de s’approprier d’autres biens que ceux que mes supérieurs leur avaient déjà attribué, je les plierais donc sous ma volonté s’il le fallait.

La pluie, aussi fine qu’elle était, se transforma en une véritable averse, d’énormes gouttes venant s’écraser sur les planches en bois, le roulis des vagues s’accéléra, s’intensifia, le navire commençait à être vraiment malmené, risquant à chaque instant de se retourner à de nous envoyer tous par le fond. La barre était assurée par un géant au crâne chauve dont les muscles saillaient à chaque mouvement, tant l’effort qu’il devait fournir était considérable. Des lumières s’allumèrent dans le lointain horizon, un ordre tacite se répandit parmi tous les membres de l’équipage, le cap fut donné, il fallait jeter l’ancre dans une crique à l’abri des intempéries et attendre que la tempête passe, pendant encore de longues heures, balancé dans tous les sens, je patientai, appuyé contre une cloison, me retenant tant bien que mal, une boule à l’estomac, j’avais vraiment peur d’y rester, ce n’était pas comme un combat, ici je ne décidais de rien, ce serait à la nature de prendre mon sort entre ses mains et de choisir de ce qu’elle ferait de la misérable enveloppe de chair que j’étais. De grands feux dansaient sur les côtes, personne ne savait où nous nous trouvions exactement, nous priions les dieux de toutes nos forces, moi spécialement, nous nous en remettions à eux. Un craquement se fit entendre, ce n’était pas une simple planche qui avait cédé, loin de là, au vu du boucan, une bonne partie de la coque devait être endommagée, mais je n’osais pas sortir, je restais cloîtré là, dans mon « havre de paix ». Une rumeur monta, un mot revenait à toutes les bouches, tous commençaient à le crier à tue-tête, les naufrageurs, nous étions dans de sales draps, j’étais certains de ne plus revoir le soleil se lever et, comme pour défier la mort, je fis une sortie, dehors, c’était le chaos, des traits volaient dans tous les sens, venant de la plage, des hommes tombaient, l’un touché à la jambe, l’autre au cou, un dernier évitant de justesse la flèche pour mieux tomber à l’eau et s’empaler dans un cri déchirant sur un pic jaillissant des flots. L’homme en charge de la direction de l’embarcation s’évertuait à nous faire faire demi-tour, mais tout ce qu’il obtint fut de nous amener face à un écueil qui causerait notre perte. Alors qu’une nouvelle volée de projectiles nous tombait dessus, un des mats fut arraché par les bourrasques de vent et une poutre s’abattit sur ma tête et je me retrouvai assommé, par la plus grande des chances.

Je me réveillai au petit matin, le corps à moitié dans l’eau, j’essayai une première fois de me lever mais je ne réussis pas, un poids pesait sur mon corps, je tentai alors de ramper, ce ne fut pas plus concluant ; me retournant sur le dos, je vis un amoncellement de débris et de cadavres qui couvraient mes jambe, à la bonne heure … Je me dégageai comme je pus et me mis en quête de ce que ces salauds de pirates n’avaient pas réussi à voler, je retrouvai Arrogance plantée à quelques mètres dans un palmier, je passai un bon moment à monter au tronc de celui-ci pour la récupérer, tombant sur mon arrière-train à plusieurs reprises, mais je repris possession de mon arme au final ; quant à mon bouclier, il me fallut peu de temps avant de m’apercevoir que le cadavre de l’homme de la barre le recouvrait et l’avait protégé des pilleurs, je fis une rapide prière pour l’humain qui n’avait pas défaillit, le gouvernail toujours accroché à sa main, et qui avait sauvé un bien de l’Eglise. Un peu plus loin, de grandes croix étaient érigées et sur celles-ci, je reconnus certains de mes gars, accrochés, crucifiés, j’étais vraiment en veine …

Il ne fallait pas que je reste là, les forbans pouvaient montrer le bout de leur nez d’un instant à l’autre, je m’engageai donc vers les hauts arbres, un peu plus à l’intérieur des terres, mon armure en cuir et en mailles me servirait bien, j’avais eu de la chance de ne pas décider de m’en aller avec mon lourd attirail de paladin, je n’aurais pas pu me déplacer rapidement. J’attachai ma lame et ma rondache dans mon dos, au moyen de liens de cuir trouvés ici et là sur les corps inanimés et je me lançai à la découverte de ce monde qui s’ouvrait à moi, après avoir précautionneusement ramassé des vivres, bien que gorgées d’eau, qui me seraient fort utiles. A la fin d’un jour et d’une nuit de marche dans une végétation déjà abondante, j’eus face à moi un spectacle rare et d’une grande beauté, je me trouvais sur une saillie rocheuse dominant une vallée verte, il ne s’agissait pas d’une plaine mais d’une jungle, à perte de vue, des lieues et des lieues s’étendaient sous mes yeux, j’étais fasciné et terrifié à la fois à l’idée de devoir y pénétrer, mais je ne pourrais pas indéfiniment la contourner, en plus, c’était le chemin à priori le plus court vers le sud.

Je m’y engouffrai donc, c’est dans un silence religieux que j’avançai, comme si toute la faune était au fait de ma présence, après tout, je ne me cachais pas vraiment, dégageant ma route à coups d’épée et ahanant à chaque effort ; quand la lumière baissa, un bruissement parcouru la canopée, je levai les yeux immédiatement, les sens en alerte, je vis des aras des toutes les couleurs s’envoler de leurs perchoirs, le temps de l’aventure semblait s’achever. Je murmurai pour moi quelques prières et des avertissements à la bête qui n’en finissait plus de faire des aller-retours. « Allez, viens ma mignonne, viens dire bonjour à oncle Brann qu’il te fasse la peau et les os … »
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MessageSujet: Re: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Jeu 19 Déc - 5:20
Kynthnos. L’île de tous les hors-la-loi, du plus insignifiant au plus influant. Aucun criminel ne pouvait passer cette étape dans leurs vies. C’était ainsi et pas autrement, oui. Une grande île paradisiaque pourtant tachée du déshonneur de tous les vices.

Alors pourquoi, moi, je m’y dirigeais en ce moment même ? J’étais désormais liée par une promesse de ne plus tuer personne, de ne plus juger personne et de laisser le cours de chose se dérouler sans que je n’y interfère. A quelques petits détails près naturellement. Il y avait une raison simple à cela, la partie sauvage de l’île. C’était mon objectif en ce moment même.

Je n’y avais été qu’une seule fois durant ma vingtaine d’années et le voyage n’avait pas été très long, malheureusement. Dans mes souvenirs, la jungle était remplie de gibier ; de sanglier, mon ancien met favori. Désormais je ne pouvais plus chasser et je ne venais que pour prendre du repos et peut-être rencontrer une nouvelle créature. C’était ça mon objectif, rencontrer le plus de créatures possible. Enfin j’avais cessé d’errer sans aucun but, je savais quoi faire, je savais quoi chercher, j’avais mon instinct qui pouvait m’aider.

J’étais partie à l’aube sous ma forme originelle. Je ne voulais pas prendre de bateau et dépenser de l’argent alors que j’avais cette alternative. J’avais entrepri de traverser la mer en une seule fois. Ce n’était pas impossible, je l’avais déjà presque fait. Ainsi cela ne m’inquiétait pas. Je pus suivre la course du soleil durant mon voyage. Dans cette traversée, je n’avais pas oublié Mary, ma fidèle compagne dans l’aventure. Je la tenais entre mes pattes avant, sans qu’elle ne bronche, sans qu’elle ne prenne peur. A vrai dire, j’avais eu plus peur pour elle et je l’avais quand même attachée à ma patte, on n’était jamais trop prudent.

Le début du voyage avait été tranquille, le temps, quoiqu’assez froid, était clément, les vents marins étaient calmes, je n’avais pas à beaucoup me fatiguer, me contentant amplement de planer et de remonter en quelques coups d’ailes quand je commençais à frôler l’eau fraiche avec mes griffes. Le soleil était présent, je volais hors des nuages et évitais les plus gris. Tout se passait pour le mieux. J’essayais de ne pas penser à mon estomac qui criait famine à force de ne rien recevoir. Je ne pouvais malheureusement plus manger en vol, de plus, j’avais les pattes prises. Je m’efforçai donc de ne pas penser à cet aspect qui amplifiait le gratouillement dans le coin de mon crâne. Celui-ci ne voulait plus s’arrêter, plus jamais. Ça en pouvait devenir insupportable, vraiment insupportable. Mais je devais tenir, ne pas me crisper, laisser le vent caresser chacune de mes plumes, me laisser porter par le vol et par le ciel.

Toutes les bonnes choses ont une fin, principe fondamental.

Le soleil terminait lentement sa course vers l’horizon. Je filais inlassablement dans le ciel obscur, aussi silencieuse que le vent et presque invisible. Personne n’aurait pu se douter de ma présence à moins de vraiment faire attention. Malheureusement, les nuages commencèrent à gronder et à déverser une pluie qui, je l’espérais, resterait aussi calme qu’elle avait débuté. Mais bon… on ne pouvait pas tout avoir. Et le crachin devint tempête. Et la tempête se déchaina, encore et encore.

Les vents me déstabilisaient, je ne pouvais plus rien voir. Mon repère avait disparu, le bateau que je suivais s’était fait engloutir par les flots. Je serrais Mary comme s’il s’agissait de ma propre vie. Mes ailes faiblissaient, j’étais fatiguée, ballottée dans tous les sens, peinant à garder mon cap. Je ne pouvais pas tenir longtemps. Je voyais les éclairs déchirer le ciel près de moi. Il fallait que je me pose. Il fallait que je trouve quelque chose. Un endroit où me poser, où reprendre mon souffle.

Malgré ça, j’avais beau chercher, chercher encore, je ne voyais que les débris du bateau ainsi que des cadavres flottant à la surface. Je ne pouvais me résoudre à me poser là, c’était trop risqué. Cependant, le destin en décida autrement et mes ailes lâchèrent, m’emportant vers les flots terrifiant. Je ne pouvais rien y faire, et j’essayais de diriger ma chute vers un bois flottant auquel je pourrais m’accrocher. Je vis des morceaux de bois brisés, faute de pas mieux, je tentai de virer de bord pour m’y poser.

Mais là encore, comme si tout ça n’avait pas été suffisant, l’atterrissage ne se déroula absolument pas comme prévu. Au lieu de terminer sur mes pattes, une bourrasque de vent m’écrasa contre un poteau de bois. Je sentis les grosses échardes dépassant du mat s’enfoncer dans une de mes ailes. Je claquai du bec alors que la douleur fusait jusqu’à mes omoplates. Je ne pouvais pas mourir, je ne devais pas mourir maintenant, comme ça ! Je battis frénétiquement les pattes arrière dans l’eau pour me hisser sur le bois. Mary était dessus, picorant comme à son habitude, comme s’il ne se passait rien. J’arrivai enfin à enfoncer mes griffes dans le bois et à me hisser pitoyablement. J’étais fatiguée, mon aile me faisait souffrir. Je ne pouvais plus rien faire. J’étais trop faible pour me transformer. De part cet enchaînement de fait, je finis par m’endormir, bercée par les flots puissants et mortels.

Quand mes yeux se rouvrirent, la lumière du doux soleil m’éblouit. Je reniflai. Cette odeur de sable me rassura. Le son des vagues se brisant sur la rive et le caquètement très discret de Mary qui avait décidément beaucoup de chance, me rendirent la vie. Je redressai la tête, mes ailes frémirent et cela m’arracha un gémissement plaintif. Ce mat ne m’avait pas ratée, putain. Je me remis sur mes pattes. Malgré tous mes efforts, je ne pouvais prendre forme humaine. C’était toujours ainsi quand mes ailes étaient touchées. Je devais partir vers la jungle et trouver un endroit plus à l’abri que celui-ci. Ainsi, je pris de l’élan, Mary de nouveau entre mes pattes –j’avais décidément bien fait de l’attacher à moi – et m’envolai en supportant autant que ma limite de douleur me le permettait la souffrance que me procurait chaque coup d’ailes.

Je réussis à voler plusieurs kilomètres maladroitement. Mais j’étais encore misérablement faible et je défaillis de nombreuses fois. J’avais heureusement atteint la jungle qui était à mon plus grand bonheur toujours aussi belle et pleine de vie. Néanmoins la joie fut de courte durée. La douleur était trop forte, et je perdis soudainement en altitude. Je voyais les arbres se rapprocher trop vite et bientôt, je traversais ceux-ci, faisant peur à de trop nombreux oiseaux. Rah ! Je ne pouvais pas me permettre de m’écraser une nouvelle fois ! Je claquai du bec et tentai de remonter. M’accrochant trop maladroitement aux troncs, les lacérant profondément de mes griffes, je me propulsais en arrière pour reprendre un peu de hauteur pour finir indéniablement par redescendre et à repartir dans l’autre sens. C’était pathétique, je me fatiguais pour presque rien. Mes muscles brûlaient sous l’effort.

Pour finir, j’abandonnai, je ne pouvais plus continuer ainsi. Il fallait que je me pose le plus souplement possible. Or je savais que je ne pourrais y arriver. Je finis de m’écraser à moitié sur un arbre et décidai de descendre en m’accrochant sur celui-ci. J’enfonçai trois de mes pattes dans le haut tronc, l’autre gardant précieusement Mary, totalement inerte. Je me laissai glisser dans un bruit assourdissant et finis par m’écrouler sur le sol en soupirant. Mon aile me faisait souffrir le martyr, je voulais me reposer. J’étais dans la jungle, plus rien ne pouvait m’arriver désormais, j’en étais certaine. Je fermais les yeux, étalée sur le ventre au soleil, les ailes étendues, l’une sanguinolente. Mary picorait un petit trou dans le sol devant mon nez, toujours reliée par la patte à la mienne avec une fine corde.

On faisait surement un drôle de tableau, toutes les deux, surtout quand je décidai de la faire glisser de droite à gauche avec ma patte, sans qu’elle ne bronchât le moins du monde. Franchement, cette poule était ma meilleure amie. J’aurais pu la manger d’un coup de bec, mais elle s’en fichait complètement. Et c’était ça que j’aimais en elle.
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MessageSujet: Re: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Jeu 19 Déc - 8:39
« Recule ! Recule, tu entends ?! Allez, ouste sale bête ! Allez ! Viens pas te frotter à moi ! Allez ! Voilà, voilà, c’est bien, gentil serpent, gentil, allez, va te trouver un gros rat à gober et laisse moi en paix. » Je dois avouer que, pour une fois, la magie ne m’était pas de trop, surtout la couleur que celle-ci prenait lorsque je l’utilisais ; il s’agissait d’une espèce de cobra disproportionné qui me tournait autour depuis tant de temps, il devait être affamé et ne s’était pas trouvé mal de découvrir son repas servi à quelques pieds de lui, depuis, il me suivait en attendant que je meurs, d’une manière ou d’une autre, c’est qu’elle était patiente la saleté, ah ! j’vous jure, les animaux, des mystères de complexité, je les aime bien moi les bestioles, d’ailleurs j’avais pas spécialement envie de me frotter à quelque chose de trois fois plus grand que moi et presque aussi large que votre serviteur ci-présent, la seule parade que j’aie trouvée, c’était de modeler mes boucliers d’énergie à l’image de mon poursuivant, mais en beaucoup plus imposant et je peux vous assurer que c’était pas une mince à faire et à maintenir solide, ça me demandait une sacré dose d’énergie et je risquais de plus pouvoir courir avant demain, mais c’était un sacrifice utile à ma survie ; quoi que, qui sait, la vie à l’intérieur d’un serpent était peut-être fort agréable ? Une fois m’être débarrassé de cette chose qui me suivait et m’effrayait, je pus reprendre ma route dans la jungle épaisse, presque obscure, où l’humidité rendait chacun de mes mouvements lourd, imprécis, je ne sortirais pas d’ici sous peu, à moins d’un miracle et, les miracles, ça devait bien faire deux-cent ans qu’on en avait plus entendu parler …

Au détour d’un de ces arbres plus gros qu’une maison de riche négociant, je découvris un petit bassin d’eau mais ne m’y arrêtai gère, le liquide stagnait, des nuées de moustiques voltigeaient au-dessus, à moins de vouloir choper la dysenterie, il valait mieux ne pas y toucher, quitte à devoir me rationner jusqu’à trouver une petite rivière claire et pure roulant avec un bruit doux à l’oreille sur quelques rochers érodés par le temps ; je continuai donc ma route, frayant mon passage tant bien que mal, m’évertuant à avancer le plus vite possible malgré la fatigue qui engourdissait mes membres, vers le midi, je n’aurais su en être sur tant la canopée était épaisse et m’empêchait de me situer dans le temps, je tombai nez-à-nez avec un de ces géants des tropiques, je parle d’une plante à racines bien entendu, dont une partie de l’écorce avait tout simplement été arrachée, par qui, par quoi, je n’en savais fichtrement rien, mais ce que je pouvais déduire facilement, c’était que la créature qui avait fait ça ne devait pas être bien loin, de la sève coulait encore, visqueuse et gluante, sur le tronc ; peut-être mieux valait-il m’en aller ? Mais une curiosité maladive me poussait à au moins chercher qui était l’auteur d’une telle chose, j’en connaîtrais déjà plus sur les habitants de cette forêt dense, enfin, il s’agissait de mon excuse bien entendu, je risquais ma vie alors que j’aurais mieux fait de passer mon chemin, même de m’enfuir jambes au cou.

La végétation était comme tassée par endroit, quelque chose d’incontestablement imposant était passé par là et n’avait pas eu les mêmes ennuis que moi avec tout ce beau monde qui occupait chaque pouce de cet endroit, je m’accroupis, même si c’était inutile étant donné mon armure bleue qui jurait sur l’entièreté du décor et mon bouclier qui tintait à chaque fois que je faisais mine de mettre un pied devant l’autre, un petite trouée de lumière se dessina devant moi, je me collai à un buisson – qui faisait largement ma taille – pour ne pas être repéré, le vent n’était pas tourné pour révéler ma position, ce n’était pas de trop, de toute façon, dans ce foisonnement d’odeurs, qui aurait pu distinguer la différence ? On n’est jamais trop prudent dit-on …

Un gros corps couvert de plumes avait l’air de somnoler en plein de soleil, émettant une espèce de ronronnement d’aise, regardant une petite bête devant lui … Une … On se moque de moi ? … Une poule … Qu’est-ce que j’ai fait aux dieux pour qu’il me mette dans toutes les situations les plus grotesques, ridicules, que même le plus mauvais troubadour aurait pu imaginer pour amuser le monarque le moins futé de tous les mondes ? Pourquoi moi ? Pourquoi toujours moi ? Je lâchai un soupire bruyant que je regrettai bien vite, mes mains venant se placer sur ma bouche par réflexe, j’affichai une expression d’étonnement, comment pouvais-je enchaîner les situations saugrenues aussi vite ? Je m’abaissai un moment, priant toutes les divinités, les esprits, les génies, les démons dont le nom me revenait pour ne pas que le monstre se dirige sur moi et ne me balaye d’un coup de patte avant de me dévorer vivant, quand un temps fut passé et que rien ne s’était produit, je pris sur moi pour lancer un nouveau regard vers la bête, avec une observation un peu plus approfondie, je pus dire qu’il s’agissait d’un griffon, un opinicus même, à en juger par les pattes de lion, il était mal en point, du sang perlait sur une de ses ailes, ça expliquait déjà sa présence ici, je n’aurais pas cru ce genre de créature friande du repos de la jungle, mais bon, il y a toujours des exceptions et, comme on dit, il faut de tout pour faire un monde.

Je m’étais occupé d’un griffon pendant quelques mois, il avait été donné à l’Ordre suite au décès d’un grand seigneur sans famille, la pauvre bête était dans un état lamentable, la peau sur les os, le regard vide, je m’étais attaché à cette bestiole et je m’étais même acharné à lui faire rendre la liberté, ça n’avait pas payé, le sultanat d’Hagor l’avait rachetée pour une bouchée de pain, ils allaient en faire une créature de cirque qui combattrait dans l’arène contre des hommes en armes, qu’ils étaient cruels dans le pays du désert, j’avais eu du mal à me détacher de cet ami un peu lunatique et dépressif pour qui je suais sang et eau chaque jour du matin au soir, c’était bien simple, je n’avais plus de temps pour moi et, là, une autre bébête de même genre était blessée et avait une espèce d’affection pour un piaf de basse-cour, elle ne devait pas être si méchante que ça non ? Quoi que … Il y a des animaux qui se tolèrent entre eux mais n’ont pas pour autant une affection instinctive pour l’homme … Mais je n’allais pas laisser la pauvre créature à son sort ? Et si un de ses os était brisé ? Il lui faudrait énormément de temps pour guérir et … Trouver des excuses, je vais en faire mon métier je pense … Je m’avançai précautionneusement dans la clairière en ayant rangé mon épée, j’avais les connaissances nécessaires pour la soigner, nous étions formés à ce genre de choses à Asunia, pouvoir remettre en état un compagnon et sa monture. Une fois visible – enfin, vraiment visible, j’étais pas dans la meilleure planque du monde mais tout de même … - le poulet arrêta de picorer le sol et me regarda, fixement, comme si j’avais fait quelque chose de mal, je fus troublé un instant, sentant monter un bruit de gorge je me souvins qu’en face de moi un monstre pouvant m’arracher la tête à loisir d’un geste était certainement en train de devenir dangereux car je l’approchais alors qu’il avait une jolie plaie ouverte, je devais plus ressembler à un charognard qu’un ami. « Du calme, chuuuut ! Mon grand, du calme, voilà, je viens t’aider mon beau, ou ma belle, on verra ça après de toute façon, laisse-moi regarder ce que tu as, je te ferais pas de mal, promis. Tu sais, j’ai connu un griffon, lui et moi on était très amis et puis un jour on me l’a enlevé, je suis sûr que t’aurais aimé le rencontrer, il était un peu dans la lune mais il était très aimable, il refusait jamais que je lui donne à manger. Et ton amie, là, comment elle s’appelle ? Elle doit bien avoir un nom, hein, et toi aussi mon beau. » Je gagnais du temps, tout simplement, parler aux animaux à le potentiel de les calmer, s’ils sont coopératifs, sinon ça ne sert à rien, mais bon, vu où je m’étais engouffré tête baissée en me moquant presque des risques … Faudra faire un truc Brann, sinon tu vas crever un jour ou l’autre à cause de ta curiosité …
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MessageSujet: Re: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Jeu 19 Déc - 9:54
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Tous les bruits de la forêt étaient apaisants pour moi. Cela m’avait calmé, et la douleur, bien que toujours présente, semblait plus supportable. J’avais posé entre temps ma tête sur la patte libre, continuant de regarder gentiment Mary qui avait l’air complètement à l’Ouest. Elle picorait tantôt des herbes, tantôt des cailloux. J’avais vu passé une chenille entre les herbes, mais elle ne semblait même pas l’avoir vue. C’était à croire que ce poulet ne savait même pas se nourrir.

Le temps passait, tranquillement. Je ne savais pas ce que j’allais faire après. Je n’avais pas envie d’y penser, en fait. Je pouvais très bien laisser la blessure cicatriser pendant plusieurs semaines. Rester sous ma forme originelle dans un tel endroit n’aurait absolument pas été un problème. J’aurais pu retourner encore une fois à la Nature, avant de revenir à une vie auprès de ces Humains perfides et stupides. Ho, j’ai dit ça moi ? Non, je ne le pensais pas. Je ne devais pas penser comme ça. Sinon le gratouillement s’amplifiait dans ma tête et en devenait encore plus insupportable. C’était dire.  Je me reconcentrai sur la forêt et ma compagne qui ne comprenait pas pourquoi elle bougeait sans avoir levé les pattes. Oui Mary, c’était moi qui te tirais avec la corde, mais il semblait que cette corde ne faisait pas partie de ton monde, comme si elle était invisible.

Mes sens étaient toujours en alerte. Mais il n’y avait rien à signaler. Personne ne voulait embêter un griffon jeune adulte, même s’il était blessé. Je combattrais toujours à fond, même en étant handicapée. On ne s’attaquait pas à un animal noble comme moi. De plus, et cela, les animaux pouvaient le ressentir, j’étais une griffonne, mais j’étais surtout une créature, plus puissante, plus intelligente qu’un simple griffon bon pour être chevauché par un vulgaire Humain. Jamais je ne me ferais chevauchée par quelqu’un, si ce n’était de pas ma propre initiative. Et il aurait intérêt à bien s’accrocher, car jamais je n’accepterais d’être harnachée comme du bétail. J’étais libre, je suis libre, rien que l’idée de me retrouver asservie me donnait envie de gronder et de rugir. C’était une chose que personne n’arriverait à faire, je me battrais jusqu’à mourir si le besoin était.  

Un bruit attira mon attention. Un bruit particulier qui fit pivoter mes oreilles vers son origine. Quelqu’un ou quelque chose s’approchait. Peut-être une simple bête curieuse de l’odeur du sang ou simplement de ma propre odeur qui lui était inconnue. Je ne pris dans un premier temps pas la peine de lever les yeux totalement émeraudes pour voir ce quoi il s’agissait. Je m’en fichais, Mary était plus importante et intéressante. Je savais que la présence finirait par s’en aller, ayant pris tout le loisir de me regarder, de m’observer, de me jauger. Cela fait, elle serait repartie comme elle était venue et je serais de nouveau tranquille.

Or, la présence ne partit pas. Je n’entendis pas ses pas s’éloigner, je n’entendis pas de battements d’ailes, ni de saut, rien. Elle restait là et cela avait piqué ma curiosité. Mon regard se redressa. Par chance, mes yeux griffoniques étaient particuliers. En effet, non seulement la pupille était verte, mais également l’iris et la partie normalement blanche. Tout était dans un ton de vert presque pareil et de loin, il était impossible de voir ce que je fixais. J’étais donc parfaitement discrète dans mon observation. Par contre, lui, n’était absolument pas discret. S’il pensait pouvoir se cacher avec une couleur pareille, il se plantait royalement. J’eus envie de rire, mais je ne le fis pas. Continuant de jouer distraitement avec ma compagne, je le détaillai, je détaillai ses armes, son armure, son potentiel magique que j’avais commencé à un peu ressentir.

Le compte rendu se fit rapidement. C’était un guerrier fait pour les combats rapprochés, pour la mêlée, entrainé à prendre des coups. Ses cheveux couleur soleil et son armure bleue claire jurait avec le buisson qui lui servait de cachette. Je notai une épée, des yeux d’une couleur assez semblable aux miens sans l’être tout à fait et une expression de pitié. Envers moi ? C’était vraiment de la pitié ? Car mon aile était blessée, il se permettait d’avoir pitié pour moi ? Comment osait-il. Personne n’avait à me prendre en pitié. J’aurais très bien pu me débrouiller seule pour survivre. Il pouvait ravaler son air que je n’aimais pas et partir vite.

D’ailleurs, c’était bien une chose qu’il ne faisait pas ; partir. Il restait là, pensant que je ne l’avais pas remarqué. Il m’observait, réfléchissant probablement. Je ne bougeais pas d’un poil. S’il pensait que je ne l’avais pas remarqué, peut-être n’allait-il pas chercher à me tuer ou à me dompter. Je clignai des yeux, ne le lâchant pas de ceux-ci. Qu’allait-il faire ? Il allait bouger. Il bougea même, sortant de sa « cachette » pour m’approcher. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Son arme était rangée. De mon côté, mes griffes étaient de sorties, prête à bondir. Je ne pouvais pas faire confiance aux Humains, ils étaient naturellement mauvais. Ils étaient tous mauvais, sans exception ou presque. Lui était un guerrier, ce ne devait pas être une exception. Je le regardai s’approcher de moi lentement, l’œil mauvais –mais les émotions passaient difficilement dans mes yeux monochromes-. Mary dressa la tête, comme s’il avait appuyé sur un interrupteur qui enclenchait son attention. Il était difficile d’obtenir l’attention de ma compagne. Peut-être devais-je reconsidérer mon jugement… ? Non, c’était stupide. Même si je pensais que Mary ne voyait que les personnes gentilles et bonnes, je ne pouvais pas me fier à cela uniquement. J’attendis donc, sur mes gardes néanmoins.

-Du calme, chuuuut ! Mon grand, du calme, voilà, je viens t’aider mon beau, ou ma belle, on verra ça après de toute façon, laisse-moi regarder ce que tu as, je te ferais pas de mal, promis. Tu sais, j’ai connu un griffon, lui et moi on était très amis et puis un jour on me l’a enlevé, je suis sûr que t’aurais aimé le rencontrer, il était un peu dans la lune mais il était très aimable, il refusait jamais que je lui donne à manger. Et ton amie, là, comment elle s’appelle ? Elle doit bien avoir un nom, hein, et toi aussi mon beau.

Attendez… Quoi ? Comment me parlait-il là ? C’était quoi son problème ? Il ne savait pas reconnaitre une créature quand il en voyait une ? Alors que notre potentiel magique était milles fois plus élevés que les bêtes fantastiques normales ? C’était pathétique. Mes oreilles et ma queue s’agitèrent en signe de mécontentement. Que voulait-il dire par « On verra ça après de toute façon » ? Il n’allait pas oser quand même ! Je grondais légèrement. Il me parlait comme si j’avais cinq ans. J’aurais pu être dix fois plus âgée que lui. Je ne l’étais pas non, mais ça aurait pu. Bon, il ne pouvait pas savoir. Il n’était peut-être même pas au courant de l’existence des créatures. Je ne pouvais pas lui en vouloir pour ça. Un ricanement grave s’échappa de ma gorge alors que je relevais la tête.

Le préjugé est enfant de l’ignorance.

Je ne pouvais malheureusement pas me transformer et ainsi lui parler. Mon aile était toujours hors d’état. Mais je pouvais néanmoins faire d’autres choses pour lui faire comprendre ma nature exacte et de comment il fallait me parler. Je laissai Mary picorer plus loin, la gardant néanmoins reliée à ma patte, histoire qu’elle n’allât pas trop loin. Je regardai le sol poussiéreux moucheté de partie sans herbe. C’était parfait. Je retroussais autant que je pouvais –c’est-à-dire pas beaucoup- les commissures de mon bec pour faire ce qui s’apparentait à un sourire. Il m’avait posé une question, j’allais donc lui répondre, simplement. J’enfonçai une de mes griffes dans la terre, traçant tranquillement des sillons nets. En fait, ce n’était pas de simples sillons, bien sûr que non. J’avais écrit un message dans la terre qui disait simplement, et sans fautes d’orthographes s’il vous plait :

°Je m’appelle Faörih Xseih, et la poule là, c’est Mary.°

Simple mais efficace. Il allait surement comprendre que j’étais intelligente. Ou peut-être simplement croire que j’étais un griffon échappé du cirque, « Le Griffon Qui Sait Ecrire ! », ou un truc dans le genre. Il en était capable, j’en étais sure. Il avait déjà eu affaire à un griffon, mais à un griffon normal, probablement. Il ne ressentait vraiment pas ma magie ? J’en étais pourtant remplie, même si elle ne m’était pas accessible. Je entrainement, à la faire sortir, à la sentir également. C’était d’ailleurs grâce à plusieurs jours entrainement que j’étais désormais capable de ressentir le potentiel magique de quelqu’un d’autre.

Je relevai la tête, « souriant » toujours. Attendant de voir sa réaction. Dans les deux cas, ça promettait d’être amusant.
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Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Jeu 19 Déc - 10:59
Non ça ne commençait pas bien du tout, j’avais abordé cette créature comme s’il s’agissait d’un gosse de cinq ans … Pourquoi j’aborde tous les étrangers comme s’ils étaient des demeurés ? C’est pas terrible pour nouer des liens durables et, dans ce cas-ci, garder ma tête sur mes épaules, non ce n’était pas bon du tout ces oreilles qui s’agitaient et cette queue qui fouettait l’air comme si des mouches s’agglutinaient autour d’elle et qu’elle les chassait avec force, j’avais encore mis les pieds là où il ne fallait pas et j’allais bientôt en subir les conséquences, c’était certain, je m’imaginais déjà ma mort, ouvert en deux, les yeux gobés, rien de très réjouissant et des perspectives d’avenir peu engageantes comme diraient certains …

J’eus un mouvement de recul assez violent quand le griffon amorça un mouvement, suffisamment brusque pour que je me retrouve sur mon arrière-train à jurer après les dieux du panthéon, ce n’était peut-être pas une occupation très conseillée à un paladin, mais il faut évacuer la colère, sinon elle reste en nous et nous ronge de l’intérieur, ce n’est pas bien, du tout, ça crée des rancœurs et des envies de vengeance, ça c’est totalement interdit pas mes frères d’armes, j’avais pas envie de passer au pilori alors j’en voulais aux dieux dès que j’en avais l’occasion. La poule picorait dans son coin, tranquillement, comme si je n’avais jamais existé, c’était à se demander si elle ne se moquait pas de moi, mais la lueur, ou plutôt, le manque de lueur dans son regard me laissait présager un animal au caractère fort peu complexe et dont les réflexions devaient s’arrêter à « manger », après tout c’était pas plus mal, j’avais en horreur en ces coqs qui me sautaient dessus en pleine rue à Asunia quand leurs maîtres avaient mal fermé les cages dans lesquelles ils étaient retenus en attendant un sort, aussi funeste soit-il ; et moi j’étais là, assis par la volonté d’une puissance supérieur, occupé à ruminer sur ma douleur, sur ma présence ici, sur une saleté de gallinacé qui devait être aussi intelligent qu’un poisson mort, sur une créature des légendes qui m’étirait une espèce de sourire qui me donnait froid dans le dos et la chair de poule – c’était le cas de le dire … Désolé, calembour un peu lourd …

La patte de la bête se mit en mouvement et, comme si elle avait toujours fait ça, elle commença à labourer le sol d’une seule griffe, de manière très méthodique, pour laisser apparaître un message, ça se serait passé il y avait de cela trois ans, j’aurais éclaté de rire et applaudis le numéro d’un animal de cirque, mais dans la situation présente, j’étais enclin à croire tout ce qui me passait sous les yeux, après tout, ça m’évite de me poser des questions, s’il fallait que je rencontre un de ces monstres pouvant user de la magie pour faire à peu près tout ce qui leur venait à l’esprit, pourquoi pas après tout, on m’avait toujours appris ces mythes et comme toute légende a sa part de vérité, ce n’était pas si farfelu en fin de compte, on m’avait bien parlé de grands guerriers se transformant en dragons d’airain, soit !

Quand elle eut fini de s’appliquer à écrire, je pris enfin la peine de me relever pour lire, elle s’appelait Faörih Xseih, amusant, finalement je n’étais pas le seul à porter un nom tarabiscoté, et pour ce qui était de la poule, même si ce n’était pas ce que l’on peut appeler une information capitale, il s’agissait de Mary, des gens que je connaissais, c’était finalement la seule personne à porter un nom à peu près simple, je ne pus empêcher un rictus de figer ma face dans une expression d’amusement un peu inopportun.

« Faörih, Mary … Mary, Faörih … Bien, je tâcherai de me souvenir, quand à moi, puisqu’il me semble que nous en soyons aux présentations, je suis le seigneur Brann Thelyn, représentant de la Sainte Eglise d’Asunia, à votre service, veuillez m’excuser si je me suis trompé sur votre compte, vénérable créature, je suis plus habitué à discuter avec les chevaux et les chats de gouttière qu’avec des êtres de magie. » J’avais surtout oublié à quel point les griffons étaient susceptibles, mais ça, je le gardais pour moi, se mettre en mauvais termes immédiatement n’était pas une bonne idée, avec un peu de chance cet animal … Pardon, cette personne pourrait me ramener jusqu’à la maison une fois que je me serais occupé d’elle, finalement je trouvais mon compte dans cette histoire, c’était fort peu cher payé que les petites farces de Ceux d’en-haut pour une route vers la salvation, ils étaient généreux ces vieux farceurs, faut pas croire, prier tous les jours ça aide à bien se faire voir, même si c’est assez ennuyeux, mettre de la dévotion était très important si on désirait être pris au sérieux par le collège des divinités ! « Maintenant si vous acceptiez que je m’occupe de votre aile, ça ne m’a pas l’air d’être en très bon état tout ça et je suppose que ce ne doit pas être une situation qui vous sied. » Je débitais ces paroles avec une espèce de dédain, comme si je ne m’intéressais même pas à mes propres propos, c’était ce que chez nous on appelait la façon la plus polie de nous adresser aux supérieurs, éviter les excès d’émotion et de zèle, présentement, mon supérieur, c’était cette créature … Pardon, personne, j’y arriverais, qui pouvait un peu décider de ce qu’elle ferait de moi, quoi qu’il se passe, tirer les armes hors du fourreau ne me serait pas d’une grande aide, surtout que ma magie était quasiment à sec et que même un mur de protection devrait peu la ralentir, un coup ou deux et s’en serait fini de ma petite enveloppe de chair fragile … Oh mes dieux … Dans quelle situation m’étais-je encore fourré, le sourire aux lèvres ? …

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Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Mar 7 Jan - 8:43
Ambiance:
 

Je ne pus m’empêcher de laisser échapper un ricanement grave quand je le vis s’écraser les fesses sur le sol après un simple mouvement de ma part. J’avais justement été lente pour lui montrer que je n’avais – ou du moins pas encore - d’intentions violentes. Mais il était peut-être trop sur ses gardes. J’étais une créature imposante, certes, mais avec une poule attachée à la patte, je pensais que mon « potentiel »  de menace en était réduit à néant. Je ne serais jamais dans la tête des Humains, décidément.

D’un air amusé, j’avais continué d’écrire, décidée à lui montrer qui j’étais vraiment. Quand j’eu fini, mon regard se déplaça vers le paladin qui s’était quand même relevé, l’air de rien, dans l’espoir de déchiffrer son expression. Néanmoins il ne montrait pas grand-chose. Était-il étonné ? Admiratif ? Apeuré de voir qu’une créature mortelle était en plus douée d’intelligente et du coup, deux fois plus dangereuse ? Les Humains pensaient comme ça. Ils étaient stupides.

Son rictus amusé ne me plut pas beaucoup. Mes oreilles se rabaissèrent en signe de mécontentement. Il se moquait de moi ? Il avait pris la solution du griffon de cirque ? Mes muscles se crispèrent, prêt à lui bondir dessus. Cela aurait été plus pour lui faire peur et ainsi le faire fuir que pour lui arracher la tête. De toute manière, je ne pouvais plus tuer personne avec ma Promesse. Je pourrais au pire lui faire quelques blessures plus ou moins grave, mais pas le tuer, j’avais promi.

- Faörih, Mary … Mary, Faörih … Bien, je tâcherai de me souvenir, quand à moi, puisqu’il me semble que nous en soyons aux présentations, je suis le seigneur Brann Thelyn, représentant de la Sainte Eglise d’Asunia, à votre service, veuillez m’excuser si je me suis trompé sur votre compte, vénérable créature, je suis plus habitué à discuter avec les chevaux et les chats de gouttière qu’avec des êtres de magie.

Soit, il avait compris le message du bon côté, c’était déjà ça de pris. Mes oreilles se relevèrent, je me détendis automatiquement. Il devait s’amuser de sa propre bêtise, problablement. Après tout, les Humains en sont pleins, de bêtises. Bien, il savait désormais que j’étais capable de raisonner comme eux, enfin, pas totalement, bien sur. J’avais clairement compris avec ce « vénérable » qu’il comptait tout faire pour se racheter et se faire bien voir. S’il savait que je ne comptais pas le tuer, j’étais certaine qu’il en aurait été autrement. Mais bon passons, je comptais bien profiter de ma prestence et de ma présence pour le tenir en respect. Au moins, il avait bien réagi, préférant dialoguer que me tuer pour faire de moi un trophée de chasse. Au combien je pouvais haïr ces êtres pour leur tendance à tuer uniquement pour la gloire.

Non, je ne devais pas me concentrer sur ça, mais plutôt sur la suite, je n’avais qu’à me concentrer sur l’instant présent, sur ma blessure qui pouvait peut-être me rendre un peu plus vulnérable, mais pas trop quand même, ce n’était pas mon incapacité à voler qui pouvait me rendre faible, mais bon, ça jouait un peu oui.

-Maintenant si vous acceptiez que je m’occupe de votre aile, ça ne m’a pas l’air d’être en très bon état tout ça et je suppose que ce ne doit pas être une situation qui vous sied.

Il parlait bizarrement d’un côté. De la façon des nobles cupides et hypocrites que j’avais enfin pu vraiment voir comme tel et non comme les personnes qui avaient toujours raisons. J’étais bien naive à cette époque. J’étais bien heureuse d’être telle que j’étais en cet instant. Par contre, son air, le ton de sa voix ne me plaisait pas beaucoup. Ce sourire non plus. Mes griffes s’enfoncèrent dans la terre meuble et mes oreilles, décidément très excitées, se rabaissèrent. Pour qui me prenait-il ? Pour qui se prenait-il également ?

Bon, je devais réfléchir. Il avait peut-être peur, je pouvais un peu le sentir. Il essayait peut-être seulement de sauver sa peau qui n’était pas en danger, même s’il l’ignorait. Et puis, j’avais besoin de soin, s’il pouvait être rapide, s’il pouvait me permettre de me transformer pour que cette blessure se remette sans qu’une éventuelle infection ne se produise. C’était bien un avantage d’avoir deux formes, les blessures aux ailes ne se transposaient pas à ma forme humaine. Donc, j’avais plus d’avantages à me laisser soigner gratuitement par un inconnu qui ne me demanderait surement rien en retour. Après tout, sa vie n’était-elle pas en danger ? Si bien sur, un humain, ça devait résonner comme ça. Probablement.

Mes oreilles, toujours mes oreilles, se relevèrent doucement, mes griffes rétractiles reprirent leurs places de repos et un puissant soupire chaud s’échappa de mon bec. Mon aile était déjà étendue sur mon côté, mais je fis quand même un petit mouvement de tête vers elle pour lui signifier qu’il pouvait s’excécuter. N’étais-je pas en train d’être servie par un humain ? C’était comme ça que faisaient les nobles avec les esclaves. Non, ici, il faisait ce qu’il voulait, il m’aidait, tout simplement, je n’avais rien à faire, rien à obliger, rien à donner en retour, j’en étais convaincue.

Je le fixai intensément. S’il pensait une seule seconde me faire mal ou mal me soigner, j’allais lui faire comprendre à coup de bec. C’était bien beau de vouloir aider, mais fallait-il encore qu’il sache ce qu’il allait faire. Mon regard sonnait comme un avertissement. Qu’il fasse attention à mon aile, une des parties les plus importantes d’un griffon. Un griffon incapable de voler était un griffon fini, perdu, triste. En tout cas, c’était pour moi, la fin de tout. La voie des airs demeurait la plus avantageuse sur bien des points, et je n’allais pas laisser un jeune blond me voler cet avantage à cause de son incapacité. Il n’en était pas question.

Je le suivais du regard, surveillant le moindre de ses gestes d’un air sévère et hautain, les pattes l’une sur l’autre, majestueusement, une corde reliée à une poule qui picorait une pierre sur une d’entre elles. Ca mangeait quand même beaucoup de ma crédibilité. Mais, il avait peur, même avec ça, je n’avais pas à m’inquiéter.

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Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Mar 4 Fév - 9:50
Bien, le respect, je peux me le manger, ça ne semble pas lui avoir plu plus que ça. Comment le sais-je ? Peut-être à cause de ses griffes qui labourent le sol, de ses oreilles qui me montrent grandement Ô combien je suis une tanche quand il s’agit de m’exprimer et Ô combien j’ai dans mon intérêt à m’occuper de sa blessure au plus vite. Malgré ce que je pourrais nommer comme un coup de sang, elle m’indique d’un mouvement de tête que je peux m’affairer à ma tâche, ce qui est sous-entendu bien évidemment est que je n’ai aucun droit à l’erreur, sinon, pouf, plus de tête. Je devrais arrêter d’essayer d’aider les gens. Je devrais arrêter d’être curieux. Je devrais arrêter de prendre des résolutions que je ne tiendrais, de quelque façon que ce soit, pas. Ah ! Si j’avais passé mon chemin, si je m’étais fait tout petit ou bien même que j’avais contourné expressément ce qui n’était qu’un gros animal selon moi, je ne serais pas enfoncé dans un sacré pétrin comme celui-ci ! Bon, il y a eu pire, je n’ai pas l’impression que cette créature se débarrasserait de moi quoi qu’il arrive maintenant que je lui avais proposé de la soigner, après tout, laisser au temps faire son œuvre est un petit peu longuet.

Prudence, voilà mon mot d’ordre dorénavant. Je détache les sangles maintenant épée et bouclier dans mon dos, les laissant s’écraser au sol dans un concert de métal s’entrechoquant. Je lève les mains au-dessus de ma tête, signe que je ne compte faire aucun mal à qui que ce soit, même si la perte d’une poule n’était pas … Enfin … On s’en fout d’une poule quoi … Mais je reste sur mes gardes tout de même, qui sait si ce n’est pas une créature maléfique encore plus puissante que le griffon ? Surtout au vu de la manière dont elle m’a fixé lorsque je suis arrivé, comme si on essayait de percer les barrières de mon esprit, comme si elle voulait prendre possession de mon corps ! Une saloperie d’âme vagabonde ! Voilà ce que ça devait être ! Quoi que … A la voir gratter le sol pour dénicher des verres … Non c’est une poule dans toute la débilité qui les caractérise.

Un pas, deux pas, trois pas, je suis à portée de bec, la moindre bêtise et je suis bon pour réciter le panthéon en faisant le poirier avec une seule main pour appui et en embrassant la poule, parce que ça ne pardonne pas les coups de ce genre de machins. Quelques bénédictions elfiques ne seront pas de rop, malgré une connaissance approximative de ma part de cette langue du fond des âges. Je tends une main devant moi et m’arrête, observant les réactions de mon actuel patient. « Ne vous inquiétez pas, je verdis un peu quand je veux utiliser la magie. » Si être respectueux envers elle ne porte pas ses fruits, parfait, alors je serai un joyeux drille, tout sourire et à la voix aux tons enjoués.

Se concentrer, aller chercher au cœur de la blessure et réparer os et tissus étape par étape, se précipiter n’arrangerait rien à l’état de la griffonne, si ce n’est la mettre hors d’elle. Fermer les yeux, se projeter là où on doit opérer, diagnostiquer rapidement, choisir le traitement adéquat, rouvrir les paupières et … Laisser déferler la magie. J’ai beau ne pas être tout à fait conscient et avoir quelques hallucinations – dans lesquelles un animal de basse-cour en particulier tient une place très importante – mais je sais à deux trois détails près à quoi je ressemble en ce moment, une torche verte, feu dans la quintessence de sa splendeur. Attention, c’est à prendre au sens figuré, bien entendu, il s’agit en vérité d’un cocon, d’une aura épaisse que l’on pourrait, à s’y méprendre, croire comme solide. Pas très discret, égal à une cible pour tous les lanceurs de projectiles du champ de bataille mais diablement efficace contre les soldats, à cheval ou simples fantassins ; les montures piaffent, les hommes ébranlent la ligne de combat, la panique les gagne, l’anarchie s’installe. Dû moins, c’est comme cela que ça se passe avec les rares ploucs qui tentent de me détrousser quand je voyage sur les routes pour m’enquérir d’une mission de la plus haute importance – telle que conduire un vieux machin sec et aigri jusqu’à une nièce potentielle au fin fond du trou le plus paumé de toute les campagnes qui entourent les villes.

Ah. Les hallucinations s’intensifient, j’ai peut-être gaffé. En même temps quelle idée de me servir des arcanes après avoir passé autant de temps à marcher, à m’être frayé un chemin à la pointe de l’épée, c’est étonnant comme je peux faire preuve d’un manque de cohérence vis-à-vis de moi-même par moments, me proposer comme médecin de fortune alors que j’ai à peine assez de forces pour me camper sur mes deux jambes, très sérieusement, ça ne fait pas tout à fait professionnel. Je vais passer pour quoi ? Une fois au sol, endormi, qui sait si la créature ne va pas me laisser seul au milieu de nulle part, livré à mon propre sort, obligé de continuer mon voyage dans cette foutue jungle. Ce n’est pas bien Brann, pas bien du tout et ce qui n’est pas bien, c’est mal et le mal c’est pas bien.

Bon, on va quand même essayer de finir le travail avant de s’écrouler dans l’herbe, ce serait bateau de laisser une plaie ouverte alors que je m’esquinte la santé à m’en débarrasser, en plus, le sentiment du travail accompli est la chose la plus gratifiante en ce bas monde, l’argent, c’est futile, la gloire de même, l’honneur, à quoi bon ? Oh. Je suis grand seigneur, je fais preuve de compassion envers mes proches en prônant ces valeurs qui n’ont ni fondement ni moral, c’est comme de tenter de raisonner quand on n’a pas dormi depuis trois jours, ce que l’on dit n’a ni queue ni tête, un enchevêtrement d’idées sans liens logiques, on se contredit soi-même, on s’imagine mieux, plus aimable, plus beau, plus envié que ce que l’on est en réalité. Huhu. Mes jambes deviennent du coton.

Tiens, le sol.

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Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Mer 19 Mar - 4:54
Je m’étais demandée de nombreuses fois ce que je pourrais faire avec tous ces humains. Ceux qui étaient potentiellement innocents, les enfants. Ceux qui n’étaient pas encore enlisés dans le vice et le confort qui les définis si bien. Quand les créatures se seront rassemblées, quand la nature aura repris le dessus, quand mon rêve se sera réalisé. Que pourrais-je en faire ? Tous les abandonner aux prédateurs ? C’était une option. Il y avait aussi le fait de les abandonner, mais juste les adultes et d’élever les enfants auprès de nous, là où ils comprendront ce qu’il faut faire. Auprès des elfes, aussi, pourquoi pas ? Il y avait tant de possibilités, en fait. Mais l’heure n’était pas à la suite. Il y avait les créatures à rassembler, il y avait le plan à monter, le règne à faire tomber. Les bons des mauvais à trier. Ça aussi, c’était important.

Car il y avait toujours bien des personnes pures. Aaku était la seule que je connaissais à ce moment-là. Elle méritait la vie, la liberté et la protection des miens. Ce guerrier était peut-être sur la voie de a considération. Mes oreilles étaient toujours aussi basses, je n’avais toujours pas l’air amicale. Pourquoi l’être avec ces personnes ? Elle voulait m’aider ? Et alors ! Combien d’animaux ont été domestiqués à coup de nourriture, de soins, de sourires et d’attention ? Jusqu’à qu’ils baissent leurs gardes et que la liberté disparaisse avec le lien qui leurs serre le cou. Pourquoi faire confiance quand la froideur et le silence pouvaient donner le même résultat sans risquer de voir son libre arbitre s’envoler à jamais ? Il n’y avait aucune raison de se relâcher. Je devais être prête. Prête à riposter, prête à m’envoler, à courir, à sauter. Loin de cette Humanité si répugnante. Mes yeux verts ne quittaient pas ma prétendue proie, il laissa tomber ses armes, s’approcha, s’approcha encore. Nous étions réciproquement à portée. Il n’avait plus l’air de posséder d’arme. J’étais une arme vivante, une machine à tuer dont la dernière partie avait été retirée. Il avait peur de moi, comme j’aurais aimé que chaque humain ait peur de mes frères. Malheureusement, ils se cachaient. Ils craignaient les humains alors que nous étions tellement plus forts qu’eux. C’était pour cela qu’il fallait quelqu’un pour les guider. Pour leur faire ouvrir les yeux. Leur faire comprendre pourquoi. Leurs montrer comment faire. Etais-je cette personne ? Je ne m’en sentais pas capable… Et pourtant, j’aurais tellement voulu.

Je le laissais faire à sa guise, certaine en quelques sortes qu’il ne tenterait rien. Je pouvais sentir sa peur de mourir. Sa peur tellement infondée en sachant que j’avais fait le serment de ne jamais plus tuer un être vivant durant ma longue vie. Son avertissement futile ne m’intéressa même pas. Je n’avais que faire qu’il devienne vert, rouge ou rose. Tant qu’il remplissait sa fonction première. Il s’occupa de mon aile souffrante. Je ne faisais pas très attention à lui. Il était concentré sur le soin, il ne pouvait donc pas tenter quoique ce soit. J’étais occupée à dessiner un griffon et un pégase volant dans le ciel, sereins et heureux. Bon, je n’étais pas une artiste comme on en voyait dans les villes, mais je n’étais quand même pas si incapable que ça. J’éloignai Mary une énième fois de mon dessin. Celle-ci pensait que les sillons dans la terre étaient des vers. Elle était vraiment irrécupérable. Je me disais souvent que si je ne l’avais pas achetée, elle serait morte à l’heure qu’il était. Je ne prenais plus de vie, j’en sauvais. N’était-ce pas une belle évolution ? Si, une si belle évolution ! La quintessence de mon existence ! J’allais pouvoir sauver tellement de vie en libérant tout le monde du joug des Humains ! Un sourire difforme s’afficha sur mon bec. Un griffon ne pouvait pas sourire, je ne faisais que faire bouger les mêmes muscles que lorsque j’étais humaine. Ça ne rassemblait pas à grand-chose, mais ça faisait l’illusion d’un sourire.

La torche verte faisait bien son boulot, je pouvais l’avouer. Je sentais la douleur s’atténuer et une sensation étrange qui se diffusait dans mon aile. Je sentais petit à petit que ma capacité à voler renaissait, malgré les difficultés. Mon regard se posa sur lui. Lui par contre, des difficultés, il semblait en avoir. Il devait consumer de son énergie vitale pour exercer cette magie. S’il voulait se tuer pour me sauver, grand bien lui faisait. C’était un humain, je ne pouvais pas avoir de la compassion envers lui… Impossible. Les Humains sont tous foncièrement mauvais. Mon regard s’attendrit sans que je m’en rendisse compte. Il semblait presque souffrir pour me sauver, moi.

Soudain, il s’écroula, comme mort, sur le sol. J’eus un mouvement de recul par réflexe. Mais il n’y avait aucun piège, aucune menace. Il s’était juste épuisé à la tâche, pour me sauver. Il s’est un peu sacrifié pour moi, sans réfléchir aux conséquences… Il voulait juste m’aider ? Je penchai la tête pour le renifler, prudemment. Cela pouvait être une ruse. Mais il ne réagissait pas. Il restait inerte sur l’herbe. Mary vint même lui picorer la tête dans un autre élan de non-sens. Autant la situation m’avait faite rire, autant je ressentais presque de la compassion… Il avait l’air d’avoir une araignée au plafond. Je ne pouvais pas trop lui vouloir. On aurait un peu dit le moment où j’étais jeune, que j’apprenais à voler avec des humains qui eux-mêmes ne pouvaient pas. Il me semblait avoir le même regard. Ce guerrier était trop téméraire. Je ne pouvais pas le laisser comme ça. Même si je n’aimais pas les Humains, je ne pouvais pas ne pas récompenser cet homme. Je fis aller mon aile autrefois blessée, elle allait parfaitement bien. Je pouvais de nouveau reprendre une forme plus prompte à la conversation. Et peut-être à la réanimation. Je doutais qu’une patte de créature pouvait réveiller une personne. Elle était plutôt faite pour la tuer et lui arracher un bras ou une tête à la limite. En tout cas, je ne pouvais pas tenter le diable et essayer. Je ne voulais PLUS tuer.

Je fermai les yeux. Je n’avais qu’à rassembler la source de magie en moi, celle que je n’arrivais qu’à exploiter qu’en faisant cette transformation. Aussitôt, mes muscles roulèrent, mes ailes se rétractèrent dans ma chair, les plumes également. Mon bec rétrécit pour devenir des lèvres pales. Ma colonne se redressa, les muscles se tordirent et se contractaient comme par magie. Mes yeux se changèrent, des cheveux blonds jaillir de mon crâne. Mes pattes s’allongèrent pour former des doigts. Une poitrine naquit avec deux mamelles. Je fouillai dans mon sac très rapidement afin de me rhabiller. Je n’étais pas vraiment pudique. Je n’en voyais pas l’utilité. Mais je savais que les mœurs des Humains étaient de se couvrir. J’enfilais donc un dessous d’armure bleu nuit. Elle ressemblait à une robe très simple, d’un côté. Mais elle m’habillait. Je décidai de laisser mon masque à sa place et de ne pas tresser mes cheveux pour l’instant. Il ne fallait pas perdre du temps. Je m’accroupis vers le guerrier en armure lourde. Ne sachant pas trop quoi faire, je lui mis une claque. Pas une douce, non. Je n’étais pas douce, c’était connu. En tout cas, pas avec les semi étrangers. Je lui en mis une autre. Et une autre, du plat de la main. Espérant que ça suffirait à le réveiller. Puis je me dis que s’il était fatigué, ce n’était pas la solution. Je fouillai dans mon sac. Je n’allais pas sacrifier des provisions pour lui, c’était certain. Mais l’eau était gratuite. Je revins donc avec une gourde et un pantalon en toile pour faire un coussin. Je l’aurais bien assis, mais je n’étais pas assez forte sous cette forme. C’était mieux que rien. Je me laissai tomber au sol, à côté de lui. Il fallait juste attendre non ? Je portai la gourde à mes lèvres pour en boire une gorgée. Mes cheveux blonds dégringolaient sur mes épaules jusqu’au sol. J’avais raccroché le lien qui tenait Mary parmi nous à mon poignet. Elle picorait vigoureusement l’oreille du paladin. Je la laissais évidemment faire. Peut-être que ça allait aider aussi. Qui savait au final.
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Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih]

MessageSujet: Re: Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih] Lun 31 Mar - 9:32
Confortable, ce sol, peut-être un peu trop humide, mais on ne peut pas le lui reprocher, dans un coin de ce monde où il pleut aussi abondamment ; rien qu’en me promenant sous la canopée j’ai dû essuyer trois averses qui réussissaient à percer la voute de feuilles et retombaient en grosses gouttes, rendant toute avancée quasi impossible, m’obligeant à m’abriter là où l’occasion se présentait, me réduisant à attendre un moment propice pour à nouveau sortir le bout de mon nez de ma planque. Il ne restait à espérer qu’il ne pleuve pas pendant cette petite sieste, imposée par mes conditions de travail plus qu’exécrables, improvisée.

J’aurais voulu me lever, bondir tel un cabri, fier d’avoir été au bout de l’opération, mais à vrai dire, l’énergie n’était plus trop là pour ce genre de petites danses de victoire, dormir, voilà tout ce que je voulais, ne plus devoir me réveiller pendant le prochain siècle. La paix. Je ne désirais que la paix. Mais il y avait du mouvement autour de moi, j’entendais des sons, des bruits, des piaillements d’oiseaux exotiques voletant de branches en branches, leurs plumes rouges, bleues, vertes, se mêlant dans une étrange harmonie avec l’ensemble des la jungle.

Rapidement, une douleur vint envahir ma mâchoire, une fois, deux fois, trois fois. Puis plus rien, si j’avais pu je me sortir de cette torpeur, je l’aurais fait sans hésiter pour ne serait-ce que voir ce qui provoquait cette souffrance, peut-être aussi lui rendre la monnaie de sa pièce, mais ce n’était pas tout à fait réalisable. Une quantité astronomique d’images toutes plus psychédéliques les unes que les autres défilèrent devant mes orbites, pluies de lave et de cendre, de gravats et de poussière, armées gigantesques s’affrontant, le fer martelant dur, dans une symphonie macabre, des hurlements désespérés me vrillant les tympans, des monstres comme je n’en avais jamais vus bataillant dur, seuls, comme si créatures et hommes étaient livrés à eux mêmes dans cet immense désordre, que tout était ennemi, seule la mort se faisant votre dernière amie lorsque que d’un souffle perdu parmi la mêlée vous rendiez l’âme. Rien de bien folichon.

Puis, comme dans tout bon rêve hallucinatoire, mon passé ressurgit violemment, je revois le visage de mes parents, tous deux dans un premier temps comme j’aurais pu les connaître avant leur mariage, comme si j’avais été témoin de cette époque précédant ma naissance, puis presque instantanément ils se fripaient, de longues rides barraient leurs fronts, joues, tempes, leurs mains se racornirent, devenant semblables à des serres, leurs yeux se desséchaient, ils tombaient en poussière emportant avec eux tous les souvenirs de joie qui leurs étaient associés – peu nombreux somme toute. Une petite voix, éraillée mais insistante, répétait au creux de mon oreille « Tout cela est de ta faute, ta faute … ». Quant à moi, j’étais comme assis sur un trône, un trône d’os illuminé par une lueur blafarde venant d’un hypothétique trou dans l’opaque mur noir qui m’enfermait devant la vision de mon père et ma mère retournant à la terre, j’avais chaud, j’avais froid, je portais une couronne dorée sur mes cheveux, coupés n’importe comment, de longues mèches tombant ci et là, le reste de ma capillarité ayant été réduite à son expression la plus minime. Rien ne couvrait mon torse à part des inscriptions rouges, peintes avec les doigts. « Roi des orgueilleux et de la vanité. » Voilà quel était le titre qui m’était décerné.

Ce n’est pas que j’avais spécialement peur de ce cauchemar, plutôt qu’au bout de la dix ou onzième fois, il n’avait plus tout à fait le même sens, je l’acceptais avec un grand détachement, brisant même les liens qui me retenaient attaché pour aller piétiner les restes étendus devant moi, mordant mes doigts au sang pour venir parachever le travail sur ma poitrine rajoutant un insolent : « Et fier de l’être. » A quoi bon craindre ces idiotes pensées quand on pouvait s’en moquer dûment ? Rien ne m’en empêchait, qui plus est. Un terrain de jeu amusant que le subconscient.

La Chose contrôlant mes déboires internes eut dû se lasser de me voir ainsi ridiculiser à ce point la lente machination qu’elle avait mis en place avec soin car je me retrouvai éjecté de la sphère sombre, catapulté hors du pays des songes. Comme si on avait arraché mon âme à mon corps et qu’elle s’était décidée à le regagner, je tombai droit du ciel, filant à vive allure entre les nuages, voyant la dense masse verte se rapprocher inexorablement, mon enveloppe de chair également, seule au milieu de cette immensité de nature. Tout était irréel et pourtant j’aurais presque pu y croire, si une démangeaison à l’oreille plus qu’insistante n’était pas venue perturber cet instant « céleste ».

Je rouvris les paupières, croyant être immédiatement assailli par la lumière du jour, comme je l’avais quittée, dans cette clairière improbable au milieu des arbres géants, mais il n’en fut rien, c’était une luminosité très douce qui berçait ce lieu, le soleil ne dardait plus bien haut dans le ciel, celui-ci s’était teinté de rouge, d’orange, les nuages étaient rosâtres, je tournai légèrement la tête sur le côté, poussant un râle en sentant mon oreille être retenue par une force mystérieuse et invisible qui … Caquetait. Je ne pus m’empêcher de faire glisser une de mes mains, étendue à côté de mon flanc droit, jusqu’à la si intrépide poule, grattant les plumes de son cou en souriant. « Gentille Mary, maintenant tu vas me laisser me lever, d’accord ? »  Certes elle ne fut pas très rapide à la détente, la pièce ne tomba pas instantanément comme j’aurais pu l’espérer, mais elle finit tout de même par dégager sa prise sur le bout de chair – pour aller picorer un bout de terre duquel était sorti pendant quelques rapides secondes la tête d’un lombric, certes.

Je me déplaçai de façon à me retrouver sur mon séant, frottant mes yeux avec le peu d’énergie récupérée, maugréant pour ma seule personne. « Par les dieux, quelle idée stupide j’ai eue de faire cela, j’aurais pu y rester. » Je ne remarquai pas immédiatement la présence de la jeune femme, elle aussi reposant sur son fessier, j’étais trop occupé à essayer de me trouver des excuses plausibles pour avoir commis un acte aussi irréfléchi, mais mes yeux ne tardèrent pas à inspecter fébrilement ce qui serait ma demeure d’un soir. Je m’étonnai de ne pas lui avoir prêté plus d’attention car elle était quasiment contre moi. Elle, elle n’avait pas non plus montré beaucoup de réactions, certainement trop occupée à me regarder exécuter mon petit manège. Une question me vint à l’esprit, je n’eus même pas le temps d’un peu voir de quoi elle retournait que les mots fusaient de ma bouche.
« Excusez-moi mais, il y avait un griffon ici, vous ne l’auriez pas vu partir, par hasard ? »

Si j’avais pris la peine d’un peu analyser tout ce qui était en ce moment autour de moi, j’aurais constaté cette cordelette relient la main de l’humaine au gallinacé un peu simplet – même pour son espèce. A moins que la créature et la femme n’aient été d’excellentes amies et qu’elle lui ait confié la garde de l’animal crétin – même pour une bestiole de ce genre. Ce qui aurait expliqué … Absolument rien, ça n’avait pas de sens, ni queue ni tête, une hypothèse capillotractée au possible. Après avoir détaillé la demoiselle avec toute la pudeur d’un paladin, mes yeux s’attardèrent sur un objet qu’elle tenait en main, un gourde, ne lui laissant même pas l’occasion de répondre à ma première demande, je tendis une main, l’autre désignant l’outre. « Je peux ? »
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Sous la canopée [Pv : Faörih Xseih]

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