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Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann]

MessageSujet: Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann] Mar 9 Sep - 8:26
Le ciel est bleu, les oiseaux chantent, un caillou sauvage surgit des méandres d’une ruelle. « Qu’est-ce que c’est que ce pataquès ? » L’attention d’Hubert venait d’être captée par un projectile non-identifié qui avait manqué son visage de très peu. Mais quel était donc cette magie ? Me direz-vous ? Eh bien je n’en sais rien, et Hubert non plus. Le prêtre se dirigea donc tout naturellement vers le point d’émission du caillou inopportun avec la lenteur de la murène au repos.

L’air apathique de notre prêtre préféré n’était en rien dût à une quelconque maladie ou autre peine de cœur –si tant est qu’il en ait un- mais bien à un ennui mortel et lancinant qui menaçait de prendre son âme pour l’emmener dans l’enfer incroyable du désœuvrement. Voilà déjà plusieurs heures qu’il déambulait sans but dans la ville, prêchant la bonne parole à qui voulait bien l’entendre –donc peu de personnes, soyons franc- et observant les étrangers qui croisaient son chemin sans se départir d’un sourire mi fou, mi inquiétant. Il marchait donc, à la recherche de quelque chose d’amusant ou d’inquiétant. Quelque chose que le seigneur Loki lui enverrait, comme le présage d’une annonce. Peut-être un signe pour montrer quelqu’un de prêt à rejoindre les adorateurs de Loki, ou un phénomène étranges qui serait là simplement pour aiguiller l’homme aux cheveux de ténèbres. Bref, quelque chose. N’importe quoi. Mais fais vite, parce que l’ennui commençait à peser sur ses poumons, le forçant à soupirer à plusieurs reprises.

Mais revenons à notre petit caillou perdu. Petit caillou qui avait attisé la curiosité de l’homme de foi, le faisant se diriger vers une ruelle d’où émanait des bruits des plus singuliers. Il était évident que tous les entendais, mais personne ne semblait avoir assez de courage pour venir voir ce qu’il pouvait bien se passer par là. Mais le courage ne faisait nullement partis des vertus de ce brave Hubert, il était simplement un peu curieux. Et excessivement en quête d’une occupation. Ses pas claquants sur les pavés tels les sabots d’un cheval sur deux pattes, il remarqua une multitude d’autres cailloux qui volaient de ci de là, un peu partout dans l’artère. Et au centre de cette danse rocheuse se trouvait un petit groupes d’hommes bedonnants, haineux et manifestement prêt à en découdre avec un enfant qui devait lui arriver au bassin tant il était petit –même si sa taille était difficile à voir du fait de sa position courbée.

S’appuyant contre l’un des murs, Hubert observa donc l’enfant se faire ruer de coups par le trio d’hommes en colère. Leur action était belle, quoi qu’un peu trop acharnée pour une personne en si mauvaise position. Mais peut-être était-ce là la solution pour lui faire ouvrir les yeux sur le pouvoir de Loki. Sur la bienveillance sincère qu’il prête aux Hommes, contrairement à ces hypocrites d’Odin et autres Ases. Il s’approcha encore un peu, les hommes étaient bien trop pris par leur besogne pour ne serait-ce que se rendre compte de la présence de l’inconnu. Ils étaient bien trop concentrés sur leur tâche, bien trop possédés par cette rage savoureuse. Le spectacle était exquis, la situation délectable. Un peu plus et hubert aurait demandé la permission de donner deux ou trois coups de bottes à l’enfant aux cheveux blancs.

Mais l’enfant l’intriguait. Personne d’autre ici ne semblait en position d’agir sur les pierres. Surtout que celles-ci, à plusieurs reprises, frappaient les trois hommes avec la vigueur d’un poing de chevalier. Non, ça ne pouvait être que l’enfant. Et de ce fait, il était encore plus intéressant de lui montrer la splendeur divine de Loki et de ses ouailles. Finalement il approcha encore un peu et ouvrit la bouche : « Si tu n’éprouves pas assez de haine pour te défendre de la haine, peut-être que cette situation est tout ce que tu mérites, gamin. » Les pierres se calmèrent quelques instants –sans doute la surprise- et les hommes se redressèrent soudain. « Qu’est-ce tu fout là toi, ça t’regarde pas. » et un autre de rétorquer : « P’t’être que t’en veux aussi, l’moine. » Piqué au vif par la remarque, Hubert répondit d’une voix claire « Si vous avez besoin d’être à trois sur un gamin, j’vous conseille d’appeler du renfort. » Ils l'ont mal prit.
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Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann]

MessageSujet: Re: Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann] Mar 9 Sep - 9:33
Lumïa. Lumïa, Lumïa, Lumïa. Un bidonville de savoir et de mépris entouré d’une mégalopole de pauvreté, bien plus large que la cité aisée encerclée par son anneau de misère. Lumïa prodigieuse, Lumïa prestigieuse, Lumïa lumineuse, Lumïa qui irradie de son indifférence, de ses regards fuyants, comme si d’insulaires naufragés faisaient de leur mieux pour éviter de regarder l’océan qui les entourait.
 
Jamais je n’aurais fini de déverser ma bile, ma haine sur Lumïa.
 
Ce qui était très certainement pourquoi on m’y avait envoyé, d’ailleurs. Ces chers paladins me connaissaient bien.
 
Enfin, non, c’était de la paranoïa ; certains diraient que c’est, en réalité, parce que j’aime me sentir être au centre de Midgard. La réalité était tout autre. Lumia, la fabuleusement prospère. Et il était toujours bon d’avoir des amis fabuleusement prospères. Quoi de mieux pour entretenir des fructueuses amitiés que d’y envoyer des soldats en garnison un moment ?
Et soudain, tout le monde s’adore. Entre Lumïa et Asunia, c’est la passion fusionnelle ; ils s’aiment à la folie, cela dépasse l’entendement. Tout ça pour quelques paladins prêtés.
 
D’autant que ma réputation ici n’était au plus haut. Mais nous y reviendrons plus tard.
 
Nous vînmes avec une petite brochette d’insipides individus accompagnés de Louise pour patrouiller en ville. Celle-ci ainsi que ses inopportuns accompagnateurs furent dispersés, à la fois pour me réjouir et me plomber vigoureusement le moral pour quelques heures. Comme les autres, je me retrouvai avec Thelyn. Mon mentor. Les autres étaient avec leurs mentors. Pas avec Thelyn. Car Thelyn était mon mentor. Le Paladin Brann. Un gars relativement sympa, mais fier et têtu comme pas deux ; il avait un ego presque aussi démesuré que le mien, et c’était là son plus grand défaut.
 
Mon ego, donc, était beaucoup trop grand pour être relégué au rang de vulgaire soldat du ramassis de pouilleux que formaient la milice de cette ville, mais personne ne semblait en avoir quoi que ce soit à faire, alors je me contentai de marmonner dans ma barbe inexistante tout le trajet, faute de mieux. Les souvenirs me sautaient au visage et me serraient la gorge comme autant de chats sauvages tandis que nous déambulions dans les avenues de la ville aux milles merveilles que je connaissais si bien ; en remarquant du coin de l’œil que Brann lui-même avait l’air de trouver notre tâche extraordinairement banale, je zieutais de l’autre les étals des marchands, reconnaissant certains visages alors que je faisais de mon mieux pour qu’ils ne m’identifient pas comme leur petit chapardeur préféré.
- Samuel. Enfants. Surveiller. Ordre.
 
Mon regard se leva sur son sévère faciès avec une lippe de défi, mais je restai stoïque, sans même lui donner le plaisir de lui répondre. Je lui obéis, cependant ; il y avait là une meute de gamins pas trop sales qui jouaient au ballon, probablement des miséreux dans leurs habits du dimanche après un passage forcé à la rivière. Je conaissais bien cette tactique : elle avait pour effet d’endormir la vigilance des marchands, et leur œil de lynx à l’affut des petites mains chapardeuses. Ah, ces joyeux parents qui envoyaient leur gosses risquer leur vie pour subsister… Ah, Lumïa… Toujours aussi belle.
 
Brann s’éloignait à grand pas de ma situation alors que j’apercevais déjà un de ses collègues au bout de la rue ; ils avaient probablement décidé de ne rien faire à deux pour s’occuper de cette tâche avec encore plus d’efficacité ; qu’ils s’amusent entre eux, ça m’était totalement égal. Avec une petite pensée pour Louise qui devait se trouver dans la même situation que moi en ce moment, je posai mon regard morne et morose sur les bambins légèrement plus jeunes que moi qui batifolaient avec une insouciance feinte non loin des étals de vivres diverses et de type végétal, dans l’une des artères principale de la ville, celle-là même parsemée de rues passablement étroites et à peu près perpendiculaires à celle-ci.
 
Grave erreur. C’est ici qu’entre en jeu ma réputation. Le légendaire fantôme de Lumïa.
 
Le légendaire fantôme de Lumïa, attrapé dans un légendaire petit sac noir pour une légendaire rouste dans une ruelle, apparemment.
 
Voilà qui était fâcheux. En fait, il y avait plusieurs choses fâcheuses.
La première était leurs bottes noires et dures qui me martelaient côtes, dos et jambes, sans relâche et sans même les formes de courtoisie les plus élémentaires. La seconde, le fait que je gisais sur le sol froid, humide et glaireux d’une ruelle, sans pouvoir me mouvoir. Et la troisième était que je venais de me rendre compte que j’avais laissé mon violon à Asunia, posé contre le mur, près de la cheminée de la salle principale.
 
L’obscurité étouffante et la douleur me firent paniquer, et je perdis toute retenue sur mes arcanes. Considérant tous les minéraux éveillés à ma proximité immédiate en un instant, j’en sélectionnai le plus possible au hasard, puisant à la fois dans les bâtiments adjacents que dans les pierreries présentes au sol. Je sentais sur mes butors les métaux qu’ils portaient sans avoir une emprise sur eux, mais assez pour pouvoir les situer ; c’est pourquoi ils se prenaient avec une telle précision les rocs sur leurs corps.
 
J’allais les tuer. Tous. Dans cent-dix secondes, ils seraient morts. Un à un, j’allais les isoler, pratiquer une longue césure sur tout le long de leur buste, et leur perforer le cœur précautionneusement, avec un professionnalisme parfait. Ensuite seulement, j’allais…
 
« Si tu n’éprouves pas assez de haine pour te défendre de la haine, peut-être que cette situation est tout ce que tu mérites, gamin. »
 
« Toi aussi, je vais te disséquer ! »
 
Il avait fait ralentir mon flot de pierres, par la surprise, alors je lui avais répondu ce qui m’avait semblé le plus adéquat. Seulement ensuite, je m’autorisai à hurler ; auparavant, je n’avais eu le loisir de penser à la peur panique qui s’était emparée de moi.
 

« THELYYYYYYYYYYYYYYYYYN ! »
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Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann]

MessageSujet: Re: Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann] Mer 10 Sep - 6:23


« THELYYYYYYYYYYYYYYYYYN ! » Tic, tac, tic, tac. Les secondes passent pendant que l’appel lointain de la petite voix reste sans réponse et pour cause, celui répondant à ce doux nom est un rien occupé, à une bonne centaine de pas de là. Et pour cause, ce doux personnage se devait de répondre à une mission. Et quoi de plus beau qu’une quête menée à son bout ?! Surtout lorsqu’il s’agit d’ordres de cette essence. Des implications divines prônant le rapprochement des hommes par de petits services rendus entre cités. Dans l’une, des soldats s’en vont parader et effectuer ce qui pourrait s’approcher d’une ronde, dans l’autre, en réponse, pièces sonnantes et trébuchantes viennent combler  des coffres qui se vident à une vitesse digne du miracle.

Trêve d’inutile blabla à la teneur stérile. C’est donc aux prises avec un jeune sacripant que je me retrouvais, entre deux étals d’un marché plus que clandestin. Plus exactement : que je tentais de sauver la vie d’un pauvre petit sans le sou qui avait tenté - pour sa plus grande peine, le fou - de voler la bourse de la jeune apprentie du cher compagnon d’arme m’accompagnant dans ces folles aventures de promenade dans les rues peuplées de gens plus inoffensifs les uns que les autres. Lui-même que j’avais envoyé en repérage, bien plus loin, qu’il déniche une petite auberge aux prix acceptables, histoire de reposer nos jambes fourbues ainsi que la compote qui remplaçait à présent nos dos.

La petite rousse lui avait sauté dessus dès que le sentiment d’être comme débarrassée d’un poids l’avait traversée. S’en était suivi deux monumentaux crochets de droit qui avaient fait voler le microbe, venu s’écraser la tête la première sur un pavé saillant d’une route qui commençait à se faire vieillotte. Dorénavant, elle se contentait de le maîtriser d’une clef de bras, appuyant tout son poids dans le dos de l’apprenti voleur à la tire. Sa souple armure en cuir, sur les épaulières de laquelle cascadait sa tignasse de petit feu follet, qui cachait toute trace de ses formes naissantes et plutôt agréables au regard - ceci reste entre nous, soyons clairs -, n’entravait sous aucune forme la sentence. « Louise, ça suffit ! C’est un ordre ! » Ce devait être la neuvième injonction en moins de trois minutes, la grondant sans pour autant y mettre beaucoup de conviction, attentif à la mimique de douleur du galopin étendu en travers de l’avenue, une bosse se dessinant très clairement à l’arrière de ses courts cheveux châtains.

Ses défroques se tachaient, la peur qui lui était descendue du ventre pour se répandre sur la chaussée dans un sourd bruit de cascade. « Il a essayé de me soutirer mon or, ce fils de rien ! » Ton hargneux, faciès de cerbère réveillé en plein milieu d’un rêve dans lequel chacune de ses têtes pouvait savourer un os à moelle sans devoir se disputer, brutalité sans précédent dans le petit monde de la condition féminine. « Moins fort, bon sang ! » Pour partager plus ou moins sa vision des choses, je n’ai pas tout à fait l’autorisation de la blâmer, plutôt celle de la ramener sur la voie de la raison. C’est-à-dire lui clouer le bec pour ne pas provoquer la si grande humanité présente au plus profond du cœur des habitants de Lumia - et il faut creuser très profondément, pour la trouver.

La suite, vous pouvez vous l’imaginer si je vous donne un indice révélant qu’une fluette voix venait de m’arracher à la considération que j’apportais au larcin de petite envergure, s’il en est. Oui, nous en revenons au début de ce fabuleux récit. Ce : « THELYYYYYYYYYYYYYYYYYN ! » Me força ainsi à détourner la tête des deux mioches qui réglaient leurs comptes à la façon rouquine bagarreuse. Le gamin qui devait sans doute avoir des ennuis. Quand je pense que je voulais simplement me défaire de sa présence le temps de quelques heures avec la première idée qui me traverserait l’esprit, il faudrait croire que je ne suis pas très doué avec ça.

C’est donc un retour au pas de course que j’effectuai, abandonnant les gamins seuls. Je ne donnais pas cher de la peau du voleur en herbe mais tant pis pour lui, il n’avait qu’à savoir délester les gens de manière correcte.

Bousculer les gens, rouer tout ce qui se trouvait sur mon chemin de coups d’épaule sans considération pour l’habillement, le sexe, l’âge. Et avec ce fichu barda qui je transporte sur moi, je ne peux pas décemment envier ces braves personnes, entre le bouclier, l’épée, l’armure, le sac qui vient rencontrer mon flanc gauche avec la même régularité que mes enjambées, ça rajoute une variable poids conséquente. Et au terme de cette folle cavalcade dans une foule clairsemée, je déboule sur un croisement entre l’axe principal et une ruelle d’où montent nombre de sons caractéristiques d’une bastonnade avec mon petit mage. Entre les jurons, les cailloux qui se voient pris de la subite envie de voler pour finir leurs jours éclatés en de nombreux morceaux, je peux reconnaître la patte de ce caractériel de Samuel.

Haletant, les joues rougies, le front perlant, je prends appui sur le mur le plus proche. Soufflant allègrement, avant d’inspirer pour déclamer un tonitruant. « Au nom de l’Église, cessez immédiatement de marteler cet enf-… Ce sac ! » Un déclic dans ma caboche étriquée me fait réaliser la présence d’un escogriffe aux cheveux noirs qui ne se trouve également pas dans une position fort avantageuse. Peut-être ai-je fait une erreur, minime - ou pas -, mais qui va me coûter de beaux bleus.
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Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann]

MessageSujet: Re: Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann] Mer 10 Sep - 9:43

Le prêtre n’avait décemment pas pu retenir un sourire en entendant le gamin lui parler. Le disséquer, voilà qui était plein d’humour. Il n’était, ma foi, pas en position de faire quoi que ce soit avec un gros balèze qui lui martelait le visage de la semelle de ses chaussures. Ceci étant dit, avec les deux malabars qui semblaient l’avoir pris en grippe, il n’était pas vraiment mieux lotit. Disons peut-être qu’il y a égalité ? « Désolé petit, mais va falloir attendre ton tour. Ces messieurs ont l’air pressés. » Et ils l’étaient. Avide de souffrance, de douleur et de puissance, les deux gorilles avaient un sourire jusqu’aux oreilles. Sans doute excités par l’adrénaline, envahis du pouvoir de détruire. Ils étaient beau, à n’en point douter. Magnifiquement humains, absolument friables donc magnifique. Mais ce ne serait certainement pas notre cher prêtre qui s’occuperait de les couper en fines rondelles, aux vues de ses connaissances en matière de combat rapproché.

Hubert n’avait jamais excellé en la matière. Il n’était pas mauvais, en sommes, savait se débrouiller du mieux qu’il pouvait pour s’occuper d’un homme inexpérimenté en matière de duel. Mais ce qu’il y a de particulier avec les duels, c’est qu’il y a un adversaire en moins face à lui. Le souffle qui s’accélère, le cœur qui l’imite, les mains qui deviennent moites… Dooferndorf était dans une situation de crainte mélangée à une sorte d’amusement. Il était ravi de prendre part à l’œuvre de Loki sur le cœur des Hommes. Ravi de pouvoir affronter quelqu’un et de développer en lui les plus noirs de leurs vices. Souriant comme s’il venait d’entendre la meilleure blague du monde, une véritable joie se dessinant sur son visage, il n’en restait pas moins mal à l’aise. Réfléchissant déjà à un plan afin d’évincer rapidement l’un de ses adversaires, pour pouvoir survivre à l’affrontement avec à peine quelques bleus, Hubert continuait de reculer de quelques pas lorsque surgit… Un homme en armure et aux cheveux blonds venait de faire irruption dans le coupe-gorge.

Décidément, c’était une ruelle fortement fréquentée par cette saison. Difficile de croire qu’il n’y avait aucune boutique dans ce coin-là. Quelque chose devait sans doute être en réduction pour que tant de personnes se retrouvent ainsi dans une si belle rencontre. Toujours peu en avare en bons mots, Hubert se redressa un peu pour montrer qu’il était plus sûr de lui. « On va finir serrés comme des sardines, ici. » Et se tournant un peu vers le gamin encore au sol : « Je sais pas si l’appel à un ami, c’est vraiment fair play » Mais il était à prévoir que les deux molosses n’apprécieraient pas de se faire ignorer de la sorte. Bouillonnant de rage, emporté par la fougue de la colère, l’un d’eux sauta sur le prêtre avec une aussi bonne détente qu’une araignée lancée dans une fuite effrénée contre la semelle hésitante d’une ménagère apeurée. Sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit, Hubert fut envoyé au sol avec une sacré douleur dans la joue droite. « Peut-être que ça te passera l’envie de te moquer de nous, bougre d’imbécile. »

Hubert, dans sa profession de foi, était habitué à recevoir moult insultes et moqueries. Cela ne l’avait jamais touché autre mesure et sa langue bien pendue lui permettait souvent de répondre avec grâce et acidité. Cependant il y a des insultes qu’on n’aborde pas avec lui. « Bougre !? » dit-il en insistant bien sur la prononciation. « Fais-moi plaisir et penche toi, que je puisse être insulté pour une bonne raison… » Et il se redressa de la plus habile des manière, dégainant du même coup sa petite épée afin de la brandir devant les marchands énervés. Enervés, mais un peu moins. Eux ils n’étaient pas armés. Forcément, ça calme.
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Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann]

MessageSujet: Re: Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann] Jeu 11 Sep - 4:22
Le Destin, si seulement je m’étais abaissé à une telle forme de croyance plébéienne, ou encore un quelconque dieu qui, selon mon ressenti personnel, nous avaient abandonnés depuis quelques siècles, malgré mon affiliation militaro-religieuse, se serait joué de moi, semblait s’acharner, par force de forts habiles démonstrations, une fois encore, l’immonde pourriture qu’était Lumïa.
 
On m’y avait montré l’avarice, probablement le premier péché qui me venait à l’esprit. Peuplée d’autant d’harpagons qu’il y avait d’âmes en l’enceinte de ladite cité, Lumïa semblait rappeler à la face du monde par leur dorée mairie que l’argent, c’était bien pour la plaquer sur les édifices et non pas pour la donner à ceux qui crevaient de faim dehors, non mais des fois. Pis encore, les habitants d’icelle semblaient, dès leur plus tendre enfance, avoir été bourrés d’une telle propagande, d’un tel prosélytisme du culte de l’égoïsme, qu’ils avaient développé un fabuleux filtre visuel : tous les êtres humains qui leur paraissaient ne point posséder autant qu’un noble Nain se trouvaient soudain occultés à un tel point qu’il devenait impossible de les voir, de les entendre ou même de les sentir.
Par contre, si seulement une jeune main noire de saleté en venait à chiper une pomme dans un étal, elle devenait parfaitement visible aux yeux de la milice, qui n’hésitait pas à balancer le gosse au laboratoire, le bidonville étant un sort bien trop favorables pour nos petites têtes blondes et vagabondes ; c’est bien connu.
 
Mais moi, je n’étais pas n’importe quelle main noire et crasseuse. Déjà, je n’étais pas une main noire et crasseuse. Je ne l’étais plus, disons. J’étais LA main noire et crasseuse-qui-n’est-plus-noire-mais-blanche ; la Némésis des marchands, celle qui volait plus que toutes les autres réunies, celle qui aveuglait, l’invisible, la furtive. Tout ce qu’ils apercevaient, c’était une ombre blanche qui partait en courant, fuyante.
 
J’avais fui Lumïa depuis longtemps, de fait. Pour les deux raisons sus-évoquées : son éternelle tare, et mon éternelle réputation, qui n’aurait jamais fini de me coller à la peau. J’y étais revenu en paladin ; eux ne l’avaient pas vu sous cet œil : le serment d’allégeance, les entrainements, tout ca, ils n’en avaient rien à faire ; je restais le fantôme.
 
Pensez bien que si vous avez l’occasion d’attraper le fantôme qui vous hante depuis plusieurs années, vous mettez de côté vos scrupules – pour ceux qui en avaient, ce qui n’était de toute façon pas leur cas – vous vous munissez du premier sac noir que vous pouvez trouver, de préférence vieux et sordide, et vous fourrez ce salopard d’ectoplasme dedans.
 
Pauvre ectoplasme. Il n’eut pas eu le temps de dire que, en fait, c’était devenu un mec moins chapardeur, même presque moyennement sympathique, et qu’en fait, il voulait bien redevenir copain avec les marchands à qui il devait plusieurs années de salaire, mais comme c’était des copains, ils voudraient bien oublier ce petit différend et rire tous autour d’une petite limonade bien fraîche. A condition qu’ils cessent d’être de tels enfants de salauds imbus d’eux-mêmes et, plus généralement, de sinistres abrutis.
 
Il était temps que je me sorte de ce sac. Mon épée se matérialisa dans son fourreau, extirpée de la poche de vide dans laquelle elle se reposait tranquillement jusqu’ici ; dans une maladroite emberlificotée, laquelle consistait principalement  à placer la lame face à la toile et hors de son étui de cuir, et durant laquelle les coups de pieds n’avaient voulu cesser, manifestement, malgré l’arrivée  de ce cher Brann, apparemment, je réussis à percer le tissu de mon vil geôlier et, sous les coups de mes chers amis, à me relever.
 
« Je sais pas si l’appel à un ami, c’est vraiment fair play »
 
 Je me contentai de lui offrir un de mes plus charmants regards glacés, ceux-là même qui disaient «  la prochaine parole que tu éructeras par ce qui te sert de bouche sera la dernière, puisque je t’aurais coupé les cordes vocales à l’aide d’un coupe-papier rouillé » et les vis enfin, mes butors. L’un d’eux semblait, tout comme moi, ne pas avoir eu la finesse d’apprécier les boutades de notre badaud préféré ; c’est pourquoi, tel un splendide boxeur oriental, il mit une droite à notre ami, le faisant choir et, par la suite logique des choses, gésir au sol, non sans m’arracher un petit sourire intérieur de satisfaction. Non pas qu’il ne le mérite, mais c’était tout de même appréciable de voir quelqu’un maltraité de la sorte après un trait d’humour raté.
 
« Peut-être que ça te passera l’envie de te moquer de nous, bougre d’imbécile. »
 
« Bougre !? »  Répondit-il, comme plein de surprise. « Fais-moi plaisir et penche toi, que je puisse être insulté pour une bonne raison… » Il aurait été glissé là une quelconque référence rectale que je n’en aurais été surpris outre mesure, mais quant à sa nature précise, je l’ignorais. L’homme arborait une courte dague, ridicule s’il en est.
 
« Je vous en prie, ne vous donnez pas cette peine… »
 
Sur ces mots, un pavé de pierre, lourd et avec un petit je-ne-sais-quoi de tout à fait massif et fonctionnel, s’en alla, comme animé d’une volonté propre, heurter avec la plus grande vigueur la mâchoire d’un des marchands qui nous offraient le privilège d’être présents à nos côtés, lui arrachant quelque cri de douleur. Je m’approchai et, tout sonné comme il l’était, il me suffit d’une poussée du pied sur son ventre pour qu’il s’en aille à la reverse. Ma lame toujours en main, j’allai me placer debout au-dessus de lui pour le mettre en joue, mon épée sous sa pauvre gorge, un sourire satisfait sur les lèvres.
 

Mais apparemment, son compère ne voyait pas les choses du même œil ; il semblerait qu’il lui parut judicieux de me faire choir d’un vigoureux coup d’épaule – chargé – dans le dos, sur son brave compagnon, tout en hurlant quelque chose comme… « A l’aide ! A la garde, on m’attaque ! Des brigands en ville ! » A peu près, du moins ; et à ma connaissance de la ville, le poste de garde était assez proche pour qu’à moins qu’ils soient frappés d’une titanesque gueule de bois, ces pauvres hères ne l’entendent.
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MessageSujet: Re: Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann] Jeu 2 Juil - 8:46

« A l’aide ! A la garde, on m’attaque ! Des brigands en ville ! » L’appel avait retenti dans la ruelle pour débouler en plainte suppliante jusque dans les rues et ne manquerait pas d’attirer l’attention des pécores mal embouchés répondant au doux noms de vigiles de rues. Le coup sourd du choc du braillard ayant percuté mon disciple m’arracha un sourire funeste, pour une fois le jeune homme pouvait apprendre de ses erreurs à répétition à ne pas vouloir endurcir son corps. Mais passons la doucereuse satisfaction qui m’envahissait sur l’instant, le guignol étendu par une splendide caillasse reprenait déjà ses esprits et une vague de cliquetis provenant de nos arrières me permettait de troquer mon aimable sourire vicelard pour une expression rembrunie.

« Samuel ! Qu’est-ce que tu fiches ?! » M’exclamai-je. Les secondes passent, pas de réponse ; à mettre sur le fait qu’il était perdu en une rixe où mains et pieds se mêlaient les uns aux autres sans trop savoir les discerner. C’était de la lutte de paysan, impropre, sans grâce, enfantine. Et à côté de ça, une asperge tenant un couteau à viande entre ses mains élancées, un peu hors contexte il faut l’avouer. « Excusez-moi, je peux savoir ce qui … ? »

La foule s’agitait en extérieur de la ruelle, déjà quelques passants étaient refoulés vers nous pour ensuite s’en faire à toutes jambes pour regagner la sûreté de la masse compacte d’êtres vivants, n’hésitant pas à distribuer ici ou là de subtils coups de genoux et de pied. L’écho de l’arrivée de la garde résonnait jusqu’ici, les badauds murmurant les uns pour les autres et haussant à chaque fois un peu plus le ton pour se faire comprendre de leurs voisins pour que ce soit finalement dans un tintamarre du feu des dieux qu’une demi-douzaine de péquenauds en armures dépareillées. Du cuir bouilli, à en juger de la texture, mêlé à de fines lamelles de bois servant de renforcement à leur plastron. Rien de fantastique pour une ville typée à la manière de Lumïa et sa bourgeoisie si désireuse de protection.

« Au nom de son Éminence Monsieur le Maire Lanelle, vous êtes en état d’arrestation ! » C’était un freluquet affublé d’une simili-cape en toile de jute à la toute juste limite de la propreté rejetée en travers de son épaule gauche qui avait haussé le ton pour nous interpeller. Tous. Il devait faire une tête de moins que tout le reste de son groupe, largement, sa voix était nasillarde, hésitante, trouble, empreinte d’une assez grande influence de l’alcool qui se manifestait également dans ses pas confus et ses cahots fortuits. Ses cheveux épars, évoquant un chien galeux, contrastaient avec les masses que représentaient les tignasses de ses compagnons, tous sur un pied d’égalité quant à leur potentiel musculaire : quelque s’apparentant fortement à la norme bien que plus nerveux, plus vif, plus animal.

Des prédateurs. C’était ce qu’ils pouvaient évoquer. Oh ! Pas ces mastodontes de la chaîne alimentaire, loin de là. Plutôt une troupe aux membres osseux, ce genre qui chasse sans arrêt dans la plus grande confusion mais ne fait pas pour autant main basse sur quelques provisions suffisamment souvent que pour se hisser plus haut.

« Allons, messieurs. Du calme, c’est un malentendu. Je suis Br-… » Pas le temps de terminer une explication posée, l’un des molosses rachitiques s’était jeté sur moi et m’avait asséné une droite des plus respectables à l’angle de la mâchoire dans un « Ta gueule, du con ! » des plus orageux. Mon être fut pris en un instant de tremblements alors que ma carcasse était rejetée contre l’un des murs de l’étroite ruelle, le temps d’absorber le premier choc qui s’était présenté de manière inopinée. « Messieurs, je vous en pr-… » Avais-je à nouveau entamé, le ton rauque, alors que j’essayai de dépasser la vague de douleur par quelque gymnastique buccale. Un nouveau crochet avait fusé, cette fois pour atterrir en beauté en-deçà de mon plexus, expulsant tout mon souffle.

Ni une, ni deux, je pris appui sur la paroi me faisant dos d’une main, envoyai une jambe de toute mes forces en droite ligne avec l’entre-jambe de mon adversaire qui exultait déjà de sa petite victoire. Le coup porté n’eut pas exactement l’effet escompté, glissant dans l’aine de mon opposant, mais lui soutira un gémissement lamentable de douleur ; ce qui ne fit que sonner le début officiel des hostilités de cet engagement avec le corps de protection de la cité, cumulées à la rixe avec les marchands.

Les trois roquets plongeaient vers la grande asperge et sa rapière, leur supérieur se vidait déjà de ses fluides, les jambes branlantes, l’œil hagard. Je bondis sur le teigneux face à moi pour l’envoyer bouler au sol dans un pugilat en règles.
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Un petit caillou s'était perdu [PV Samuel & Brann]

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