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Ainsi naquit la légende [Sanaë, Dorbert, Valtalyn]

MessageSujet: Ainsi naquit la légende [Sanaë, Dorbert, Valtalyn] Mer 17 Sep - 11:20
Les bois mettant fin aux frontières de GreenArrow, s'éveillèrent sous le tranchant des vents glacials du nord ce matin-là. Assoupi près d'un feu de camp mourant, Nathaniel ouvrit finalement les paupières lorsqu'un frisson le parcourut des pieds à la tête. À ses côtés, San' avait eu la capacité de veiller bien plus longtemps qu'il ne l'avait fait. La pauvre aurait bien mérité de dormir un peu, mais ils ne pouvaient pas s'attarder trop en ces lieux.

Les douces forêts des elfes cédaient leur place à des terres hostiles, déchirées entre les murs gris de forteresses implacables et le froid de Niflheim. En acceptant leur nouveau travail, le demi-elfe n'aurait jamais cru être amené à parcourir de tels sentiers. Oh, cela lui était bien arrivé, voici quelques années, mais il n'avait jamais osé s'aventurer jusqu'aux murs de ces châteaux réputés imprenables. Les démons se heurtaient à ces murs avec fracas et il ne faisait pas bon s'y aventurer sans être accoutumé d'un tel environnement. Malgré tout ce temps passé à voyager par monts et par vaux, le jeune homme peinait à croire quels sentiers ses pas le poussaient à prendre.

Ecrasant ce qu'il restait des braises et les noyant sous un peu d'eau, il finit par ramasser ses affaires et par poser une main délicate sur le dos de sa compagne. Sous forme de loup, sans doute souffrait-elle moins du froid que lui, mais il leur faudrait tout de même se restaurer, avant d'affronter un territoire si rude. S'enroulant dans sa cape, Nath' rabattit son capuchon au-dessus de sa tête et reprit la route. Pour cette fois, il n'escomptait pas se séparer du chemin. Risquer de se perdre ne ferait que les retarder et leur cible avait déjà quelques jours d'avance sur eux. Le malandrin savait où il pouvait aller pour leur échapper...

D'épais nuages recouvraient le soleil en cette fraiche matinée. Nulle pluie ne semblait vouloir tomber et une brume humide emplissait les lieux. Elle n'était, heureusement, pas assez épaisse pour dissimuler la lueur rassurante des fenêtres d'une auberge. "L'Auberge du Dernier Sentier" qu'elle s'appelait. Voilà qui donnait le ton quant à la suite de ce voyage...

- Viens, San',
interpela Nathaniel avec un sourire fatigué, il n'est pas question de continuer dans ces conditions l'estomac vide.

Frottant ses bras, il finit par guider sa compagne de voyage jusqu'à la porte de l'établissement. Entrer fut une bénédiction. La chaleur d'une large cheminée le ragaillardit et le poussa à refermer la porte sitôt qu'ils furent entrés. La patronne de l'auberge s'en vint à leur rencontre et leur offrit de s'installer à une table, non-loin de l'âtre et avec la promesse que la louve se tiendrait tranquille.

- J'admets que je ne suis pas fâché de laisser de l'avance à notre cible... admit le demi-elfe en réprimant un nouveau frisson. Je ne sais pas s'il est bien judicieux de continuer ce voyage.

Alors qu'il retirait sa cape, nul doute que ses oreilles pointues ne passassent pas inaperçu aux yeux des différents clients qui étaient descendus. La majorité devait toujours être enfouie sous ses couvertures. Il était encore bien tôt et seuls quelques individus prenaient leur petit-déjeuner, paisiblement. Une bonne odeur de bacon se faisait sentir. Un verre et un bol de lait furent servis aux deux voyageurs, en attendant que survint de quoi manger.
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MessageSujet: Re: Ainsi naquit la légende [Sanaë, Dorbert, Valtalyn] Jeu 18 Sep - 5:16
Ce ne sont ni les premières et faibles lueurs du jours, ni les bourrasques de vent glacial qui réveillèrent la louve, mais le long frisson qui parcouru son frère de meute à la levée de ce froid insidieux. Elle bailla, dévoilant les armes d'émail qui lui servaient de crocs, puis s'étira avant de se s'asseoir calmement -et encore un peu endormie il faut l'avouer- pour suivre l'agitation de Nathaniel de ses yeux verts. Elle avait peu dormis, veillant le plus longtemps possible sur le demi elfe, et ne somnolant que d'une oreille lorsqu'elle n'avait pu forcer ses yeux à rester ouverts plus longtemps.

Finalement, une main fine vint s'enfouir dans l'épaisse fourrure cuivre de sa nuque et un ronronnement lupin roula dans sa gorge alors qu'elle daigna se mettre sur ses quatre pattes. Elle n'avait absolument aucune envie de continuer vers les terres du nord, n'ayant vraiment aucune affinités avec la neige, le blizzard, le froid, la grêle et toutes les autres réjouissances propres au territoire d'Utguard.

- Viens, San', il n'est pas question de continuer dans ces conditions l'estomac vide.

La louve redressa les oreilles et battit l'air de sa queue, enthousiasmée par l'idée de se remplir le ventre. Avec un peu de chance, tout ce vent, ce brouillard et cette humidité finiraient par remettre les idées de son frère de meute en place et lui ferait tourner les pattes dans l'autre sens, direction leur chère forêt de GreenArrow.
En attendant ce moment inespéré, Sanaë prit les devants, trottinant avec nonchalance pour se dégourdir les pattes, tout autant que pour surveiller le chemin emprunté. Tout du moins jusqu'à la porte, car sitôt entrée, la douce chaleur du feu de cheminée fit perdre toute concentration à la louve qui se secoua avec bonheur.

Lorsque la tenancière s'inquiéta de sa présence, Sanaë prit soin de s'asseoir tout contre les jambes de Nathaniel, laissant sa langue pendre comme un chien de salon, plutôt que comme le prédateur sauvage qu'elle était en réalité. Quoiqu'il en soit, l'air de chiot que contenait ses yeux verts durent avoir l'effet escomptés puisqu'elle leur indiqua une table non loin de la cheminée, et leur apporta du lait pour les faire patienter. Couchée sous la table, à moitié vautrée contre les tibias de son frère de meute, la louve lapa le lait chaud avec délice, ses oreilles tournant dans tous les sens pour capter la moindre information utile, le moindre mouvement suspect à l'encontre du demi elfe.

- J'admets que je ne suis pas fâché de laisser de l'avance à notre cible... Je ne sais pas s'il est bien judicieux de continuer ce voyage.

Relevant la tête hors de la table -elle n'avait pas encore décidée si c'était la table qui était relativement petite, ou si c'était sa taille supérieure à celle d'un loup normal qui permettait ce geste-, elle fixa les prunelles saphirs de Nath' et grogna brièvement. Une réponse en soi. Puis décidant que le moment était propice, Sanaë s'avança hors du couvert de la table pour s'asseoir près de la chaise et posa sa tête sur la cuisse du demi elfe, levant vers lui un regard suppliant de chien battu, le tout accompagné de petit couinement quémandeur.
Elle ne voulait pas aller se faire mordre par le froid et la neige, elle...

La porte s'ouvrit d'un coup, provoquant un courant d'air glacial qui lui fit coucher les oreilles et abandonner momentanément sa demande pour tourner la tête vers le nouvel entrant. Lorsque le froid de l'air fut retombé, permettant à sa truffe de fonctionner à nouveau, la louve dressa soudainement les oreilles, la queue remuant doucement. Concentrée, elle essaya d'écarter les odeurs résiduelles pour se focaliser sur l'odeur même de l'être qui venait d'entrer.
Et l'inconnu sentait la forêt, la magie et ... le poney.
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MessageSujet: Re: Ainsi naquit la légende [Sanaë, Dorbert, Valtalyn] Ven 19 Sep - 7:32
Il avait traversé Greenarrow dans toute sa largeur.
N'écoutant que l'euphorie et la folie qui s'agitaient dans son pauvre esprit, Valtalyn avait galopé autant qu'il le pouvait. Il avait lancé toute son énergie dans un galop effréné qui avait pour unique but l'Ouest, et Utguard. L'alcool avait bien vite quitté son corps, pourtant il restait persuadé que ce qu'il avait vécu était vrai. Son frère allait revenir à la vie, et la mort ne les séparerait plus. La distance entre eux était passée d'infinie à "question de temps".
Son poil était humide et collant de sueur. Il avait plusieurs fois atteint le point où il mouvait ses muscles sans les sentir, par pure habitude. Il ne s'était arrêté que pour dormir, car mieux valait avancer au pas lors des quelques répits qu'il s'offrait que ne pas avancer du tout. Il avait peu mangé. Il buvait quand l'occasion se présentait. Sa gorge était douloureuse d'être trop sèche, son ventre lui faisait mal. Mais moins que ses pauvres membres.

Ce matin-là la licorne s'était réveillée avec l'impression que son corps entier était habité d'une sourde douleur. La faim, la soif qui revenait... Son esprit répétait encore et encore le mot "frère". Une véritable obsession. Il fallait continuer...
Son galop reprit de plus belle. Utguard était proche, il le savait. Il était encore tôt une brume épaisse masquait une bonne partie du paysage. Il n'avait pas l'impression d'avancer. Peut-être était-il déjà arrivé, sans le savoir ?
La fatigue engourdissait ses pensées, qui n'allaient déjà pas bien loin. Aussi mit-il un bon moment avant de voir les lumières de l'auberge. En revanche, il perçut avec une extrême netteté l'odeur délicieuse qui s'en dégageait. Ah ! Un de ces plats bien chauds et plein de sauce que les humains préparaient si bien ! Par les Dieux, il en salivait. Et son ventre lui faisait si mal. Allez ! Ce serait l'occasion de s'orienter un peu mieux que dans cette brume. Il n'en serait que plus efficace pour retrouver son frère.

Il se métamorphosa, et entra dans l'auberge. Ses cheveux châtains rebiquaient par endroits, il avait le regard un peu hagard, les épaules d'un homme fatigué, et une besace sur l'épaule. L'odeur venait bien d'ici. Si son estomac avait eu des pattes, il se serait arraché du ventre de son propriétaire pour se jeter dans la cuisine. Mais du fait que rien ne déchira le ventre de Valtalyn, je déduis que les licornes ont un estomac assez semblable au nôtre, sous forme humaine. Il commanda son repas avec l'argent dérobé juste avant de partir. Son regard parcourut l'assemblée.
Il y avait assez peu de monde, il devait encore être au milieu de nulle part. Ils sont étranges, ces humains, à créer leurs commerces au milieu de nulle part. Ah, là-bas, un duo attira son attention. On aurait dit un elfe, et... Mh. Un gros chien. Très gros chien. Valtalyn eut un froncement de nez. Il n'aimait pas particulièrement les canidés, qui avaient tendance à le regarder comme on regarde un bon steak. Oui, il avait le muscle bien ferme. Mais ce n'était pas une raison pour le regarder ainsi ! Il n'était pas comestible ! On ne mange pas les enfants des dieux.
Le propriétaire du chien, en revanche, attirait sa sympathie. Etait-ce parce qu'il ne pensait qu'à cela depuis plusieurs jours ? En tout cas, il lui rappela son frère. Ô, Vahowim... Quelque chose dans le maintient de cette personne, dans la couleur de ses cheveux. Mais, ah, il avait les oreilles pointues... Vahowim aurait tué pour en avoir de semblables. Néanmoins, la vue de ce personnage plaisait à ma licorne, qui voyait sa présence comme un pré-cadeau. Quand son assiette arriva, avec une jolie tranche de bacon par-dessus des légumes brûlants, Valtalyn la prit dans ses mains, et l'emmena avec lui jusqu'à ce jeune homme, que l'on servait également. Sans demander l'avis de qui que ce soit, il s'installa à ses côtés -mais du côté où ils n'y avait pas le chien.

"- Bonjour, l'ami ! J'espère que je ne vous dérange pas. Savez-vous où nous sommes ?"

Il puisait dans ses réserves pour offrir à ce personnage un grand sourire. Avec de la nourriture entre les mains, il paraissait beaucoup moins... Lointain. Il profita que son camarade répondait pour engouffrer ses premières bouches de bacon, voracement. ayant obtenu sa réponse, il essuya ses lèvres, termina sa bouchée en faisant signe qu'il allait parler après, et demanda, le plus naturellement du monde:

"- Est-ce que le nom de Vahowim vous est familier ?"

Lui, en tout cas, le visage de cet elfe lui était étrangement familier. Il semblait reconnaitre les traits de Vahowim... Peut-être était-ce sa réincarnation ? Peut-être venait-il de le trouver ? Peut-être que... Son voyage était terminé, et qu'ils allaient enfin pouvoir retourner auprès de leur mère ? Elle serait tellement, tellement heureuse de retrouver son poulain...
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MessageSujet: Re: Ainsi naquit la légende [Sanaë, Dorbert, Valtalyn] Dim 21 Sep - 5:02
Il avait fini par reprendre la route. Encore et toujours Dorbert voyageait sur ses petites jambes, paquetage sur le dos, et cela sans manquer de s'arrêter de temps à autre aux bonnes adresses qu'il avait fini par connaître.

Ce fut donc avec une certaine habitude qu'il était entré dans l'auberge plus tôt dans la journée. Ses petons méritaient bien un peu de repos et son estomac une bonne dose de bière pour se remettre d'aplomb ! Avalant l'infâme gruau qui osait se targuer d'être une cervoise tiède, il réfléchissait à sa prochaine destination ; Lumïa ? Greenarrow ? Asunia ? Cela faisait bien longtemps qu'il n'était allé dans ces villes.

Le temps avait passé, les cervoises s'étaient suivies avec un rythme affreusement régulier et tel un véritable métronome il en commandait une sur un tempo précis. Ainsi donc, Dorbert Dodall le forgeron itinérant était maintenant bien émèché mais qui aurait pu le remarquer après tout ?
Pour tout observateur situé devant lui il n'était une chope dotée d'une perruque. Un liquide oublié ayant fermenté avec les années jusqu'à développer des champignons poilus ? Non, un nain. Il posa son avant-bras sur la table en lâchant un rôt prononcé et à l'odeur épicée tout en remontant un peu ses fesses sur le tabouret.

Il réfléchit un bref instant mais ne réussit pas à se remettre les idées en place, Dorbert décida donc de voir un peu ce qui avait pu bouger dans l'Auberge durant ses pérégrinations alcoolique et il ne fut pas déçu ! Loin de là. La tête se pencha sur le côté, sortant de derrière la chope et l'oeil valide ( et à moitié fermé doté d'une pupille dilatée ) s'arrêta sur un gusse qui entrait dans l'auberge. L'était grand... eeeeet... oui non, c'était à peu près tout ce qu'il pouvait distinguer de celui là. Par contre il y avait un truc bizarre à côté de lui, une espèce de forme.

Nouveau rôt, il regarda le gusse s'installer à une table et fixa la forme à ses côtés. Qu'est-ce que c'était que ça ? De loin on aurait dit... une carpette ovale faite de poils. Clignement de paupières, sa cicatrice le tirait, elle le tirait toujours lorsqu'il avait bu. Il fixa encore quelques instants la carpette bizarre avant de comprendre ce que ça pouvait être...

Un Loup ? Oui... non bah non ! C'était un bol de lait qu'il lapait eeeeet... que ? Comment ? Le nain recula sur sa chaise tout en entendant l'animal émettre un bruit incongru pour ce qu'il était possiblement. Dorbert souleva sa chope et lorgna au fond tout en mettant en doute, dans son esprit, la réalité sous les effets de l'alcool. Depuis quand les loups ronronnaient en buvant du lait ?!

“Nan ça va pas être possib' ça... j'pige pô.”

Mais ses réflexions furent interrompues et tandis qu'il reposait la chope possiblement coupable sur la table il fixa le nouvel arrivant d'un air bête. Houlà... c'était quoi encore ça ? Pourquoi Dorbert avait-il l'impression qu'un truc clochait chez celui là ? Éternuement, il se frotta le nez avec son avant-bras tout en observant ce bazar.

Il discutait avec le premier gusse, l'espèce de loup-chat-buveur-de-lait ne lui mordait pas les fesses. C'en était trop ! Dorbert manqua de tomber de son tabouret mais n'en avait pas conscience du fait de son état d'ébriété et ce fut, titubant, qu'il se dirigea de façon approximative vers la sortie. La voix bourrue du nain s'élevant dans les airs, claquant avec la force de l'enclume de thor ! Ou plus réalistement avec le ton vaseux et indécis entre les aigus et les graves tandis que son paquetage se ballotait dans son dos, faisant clinquer les diverses pièces métalliques que pouvait renfermer son sac.

“C'était un lieu chic avant...hips... j'me plaindrai ! J'va vous faire une réputation moi ! L'est où le standing bordel de burnes ?!”

Son pied chopa dans le bol de lait, renversant le contenu au sol tandis qu'il oscillait sur place en fixant l'approximation qu'était la forme du premier gusse. Sa bouche se tordait, indécise entre le rôt bruyant ou des paroles. Ce furent les deux qui en sortirent.

“BREUUUUUUP rien à faire ici ! Brup...”

Il recula en titubant, agitant l'un de ses courts index dans le vent avant de sortir de l'auberge en maugréant des mots incompréhensibles.
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MessageSujet: Re: Ainsi naquit la légende [Sanaë, Dorbert, Valtalyn] Jeu 25 Sep - 13:56
Individu suspect numéro un détecté. Assis paisiblement et avec la ferme intention de se sustenter, Nathaniel n'avait pas vraiment vu arriver son nouvel interlocuteur. Lui qui avait espéré manger tranquillement, le voilà qui voyait son espace vital être envahi par un bonhomme... qui sentait le cheval à des kilomètres à la ronde. Diantre, depuis quand n'avait-il pas pris un bain, celui-là ? Levant les yeux de son assiette tout juste servie, le demi-elfe haussa un sourcil intrigué et se contenta de marmonner un léger :

- Faites comme chez-vous...

Où ils étaient ? C'était pourtant simple : l'enseigne de la porte n'était-elle pas claire ? À moins que le pauvre hère ne sût pas lire ? Si tel était le cas, le jeune homme n'entendait pas demeurer dans l'impolitesse en lui refusant pareille information. Posant son couvert avec regret, il finit par se redresser sur le dossier de sa chaise et esquissa un sourire maladroit.

- Vous vous trouvez à "l'Auberge du Dernier Sentier", expliqua-t-il, avant de grimacer.

Non content de ne pas savoir lire, le bougre avait l'air affamé... Loin de se sentir offusquer de le voir ainsi engouffrer son repas, Nath' décida d'en faire de même, bien que de manière plus posée que son désormais camarade de table.

- Vahowim, vous dites ? Jamais entendu ce nom-là, répondit-il, non sans véritablement réfléchir à la question.

Un instant, il avait craint que sa cible ne fût l'individu que le bonhomme recherchait. Cette prime avait de quoi les nourrir durant un moment : il ne pouvait donc guère se permettre de passer à côté. La seule chose qui eut pu le pousser à faire demi-tour, était son incapacité à poursuivre la route à cause du temps et de la rudesse des chemins. La pauvre Sanaë n'avait l'air ravie de continuer cette traque. 

Nathaniel s'apprêtait à reporter son attention dans son assiette, avant de tressaillir. Un individu vacillant s'était approché de lui : bon sang, il ne l'avait même pas vu arriver, tout en discutant avec son voisin de tablée ! Apercevant le visage rouge d'un nain non-loin du sien, il fit mine de reculer la tête... avant de froncer le nez. Ce type venait de lui roter à la figure... Un établissement chic ? Il venait de lui roter à la figure... Se plaindre ? Mais, il venait de lui roter à la figure ! Il puait l'alcool ! Il était complètement saoul, par les Dieux ! Le bol de lait finit sa course sur les bottes du demi-elfe, qui ne put contenir le désarroi sur son visage plus longtemps.

- ... Bordel de burnes... D'accord... -Il riva ses prunelles azurées en direction de son interlocuteur du moment, puis haussa les épaules.- Être si peu frais de bon matin, c'est quand même merveilleux...

Seul petit détail qui n'allait pas arranger ses affaires : il semblait bien que San' n'eût pas décidé d'en rester là pour cette histoire de bol de lait...
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MessageSujet: Re: Ainsi naquit la légende [Sanaë, Dorbert, Valtalyn] Jeu 9 Oct - 22:22
Avec curiosité et un brin de méfiance, Sanaë regarda s'approcher l'homme-cheval -avec une telle odeur ça ne pouvait être rien d'autre- et s'installer à leur table sans invitation, comme si c'était absolument normal. Les oreilles rabattues sur le crâne, la louve resta assise près de la chaise de Nathaniel, sa tête arrivant quasiment aux côtes du demi elfe dans cette position, et observa donc le nouveau venu au dessus de la table. En louchant à moitié sur le bacon qu'il tenait entre ses mains il fallait l'avouer.
Elle écouta donc la conversation d'une oreille plutôt distraite, entamant plutot l'assiette de viande qui venait de lui être servie lorsque le bruit fracassant d'une chaise tombant sur le sol lui fit relever vivement la tête.

A la vue de l'énergumène qui s'avançait ainsi, ses babines se relevèrent d'elle même, les poils cuivrés sur sa nuque se hérissant lentement alors qu'elle se plaçait devant la chaise de son blondinet, entre lui et le petit-homme qui hurlait tout seul. Petit-homme qui ouvrit la bouche pour émettre un son aussi disgracieux que malodorant en plein museau de son frère de meute avant de lui crier dessus.
Aussitôt un grondement monta dans la gorge de San' alors qu'elle montrait les crocs, les oreilles plaquées sur la tête dans une apparence qui n'avait plus rien de celle d'un chien, même très en colère. Cependant, l'alcool imbibant les tissus et l'esprit du petit bipède il ne vit rien de cela et poussa même la provocation -et la folie, du point de vue de Sanaë- à lancer allègrement sa petite patte trapue dans son bol de lait dans un mouvement évident d'humeur.

La louve se figea, les muscles tressaillant sous sa fourrure tant elle les tendait dans un effort de retenue, ses yeux verts emplis d'une lueur prédatrice et un tantinet vengeresse. Avant même que Nathaniel ne puisse ouvrir la bouche -elle pensait d'ailleurs qu'il n'essayerait pas- elle avait bondit en avant, atteignant la porte d'entrée en quelques foulées souples et allongées, partant à la poursuite du malotru qui avait eu le culot de menacer son frère de meute de sa petite personne et de renverser son bol de lait avec mauvaise humeur.

Lancée comme elle était, la Changeling ne mit pas longtemps avant d'arriver en vue du petit-homme qui gambadait sur ses courtes pattes. Quoique gambader était bien optimiste puisqu'il semblait tanguer d'un côté à un autre, balayant le chemin de droite à gauche plus qu'il n'avançait réellement. D'ailleurs, la louve trouva la scène si amusante qu'elle ralentit au petit trot pour pouvoir l'observer, les oreilles mobiles trahissant son amusement. Cependant, le drôle de bonhomme sembla enfin se rendre compte qu'il était suivis, et c'est quand il se retourna que San' nota le fait qu'elle était presque aussi grande que lui. A peine les yeux du petit-homme étaient-ils posés sur elle que ses oreilles se rabattirent d'elles même, les crocs découverts à nouveau et un grondement au fond de la gorge.
Cette fois-ci, son attitude sembla percer l'épais brouillard d'alcool qui imbibait l'esprit -et surement tout le reste du corps- de l'individu et il cria à nouveau à son encontre avant de faire demi tour et d'accélérer le train. Ou tout du moins, il tenta d’accélérer, puisque du point de vue de la changeling ce n'était pas vraiment convaincant comme pointe de vitesse.

Agacée, lasse et de mauvaise humeur à cause du froid, San' décida de mettre fin à son amusement et rejoignit le petit-homme de quelques longues foulées et le poussa avec force de ses pattes avant, profitant de son équilibre déjà précaire pour le faire basculer et s'étaler au sol. S'attendant plus ou moins à un grand bruit sourd lors de la rencontre passionnée entre la terre et le corps de l'énergumène qu'elle venait de pousser, elle fut donc grandement surprise lorsque ce fut un "PLOUF" retentissant qui trancha dans le silence de l'aube à la place.

Redressant les oreilles et penchant la tête de côté, elle observa avec curiosité, le petit homme qui se débattait dans l'eau peu profonde comme un louveteau à la première baignade.

Sanaë !!!

La louve tourna vivement la tête vers Nathaniel et pointa ses oreilles vers lui avec attention, balayant joyeusement le sol de sa queue, fière d'avoir venger son frère de meute. Pourtant, l'air alarmé qui se peignit sur le visage du demi elfe et aussi sur celui de l'homme cheval lui fit reporter l'attention de ses yeux verts sur le petit-homme qui pataugeait toujours dans le ruisseau, avec beaucoup moins d'ardeur que précédemment. Se pouvait-il ne sache pas nager ?
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MessageSujet: Re: Ainsi naquit la légende [Sanaë, Dorbert, Valtalyn] Jeu 16 Oct - 23:15
L'Auberge du Dernier Sentier ? Tu parles que cela l'informait ! Il savait lire, tout de même ! Enfin, "tout de même"... Ce n'était pas si évident, de savoir lire, mais cela ouvrait bien des portes sur le monde des Hommes. Et quelle invention merveilleuse, tout de même. Bref, c'était assez intéressant pour que Valtalyn se soit penché sur le sujet. Pour le coup, il aurait plutôt aimé savoir où se situait cette auberge. Mais si "l'elfe" ne disait rien, peut-être que cela signifiait que l'endroit était assez fameux pour que la précision ne soit pas nécessaire. Curieux, habituellement les lieux réputés chez les bipèdes étaient plus fréquentés. Valtalyn ne tenta rien de risqué, néanmoins, et se tut sur ce point. Par habitude.

Alors qu'il engloutissait sans pitié un repas trop chaud pour sa gorge d'humain, "l'elfe" lui confirmait qu'il ne connaissait pas Vahowim. Hmpf. Dommage... Valtalyn fit de son mieux pour masquer sa déception, et maintenir au moins un air jovial. "Heureusement", il n'eut pas à maintenir l'effort longtemps. Un élément perturbateur d'un mètre quarante de haut (et peut-être de circonférence) les rejoignit, pour étaler toute son ivresse sous le nez du non-Vahowim. Cela fit rire la licorne, à gorge déployée. Pas l'elfe. Rah, voilà pourquoi Valt' ne les aimait pas, ces pâlichons aux oreilles pointues ! Pas capables de retirer la hallebarde qu'ils avaient dans l'arrière-train pour profiter un peu du monde qui s'offrait à eux. Et comment ne pas être plié de rire face à un individu si ivre ? Valtalyn s'attendait à tout moment à le voir tomber par terre tant sa démarche était malaisée. À vrai dire, il s'était également attendu à ce que l'elfe riposte et déclenche un beau combat de taverne en bonne et due forme. Il n'en fut rien. À nouveau, une déception. Une baston aurait pourtant aidé à digérer les déceptions encourues par la recherche de son frère...

Le chien était parti à la poursuite du nain. Bon débarras ! Un prédateur de moins. Valt' fit de son mieux pour cesser de rire, sans quoi manger aller être compliqué -le corps humain ayant, hélas, ses limites.

"- Oh, vous n'avez jamais entendu "bordel de burnes" ? Il va falloir refaire votre éducation injuratoire. Je peux vous aider, si vous voul..."

Plouf.
Valtalyn tourna bêtement la tête vers l'origine du bruit. Mais étant donné que cela provenait de l'extérieur, il allait être compliqué de discerner les détails visuels du plouf. Son esprit émit néanmoins une hypothèse: chien, ou nain. Alors bon, rien de bien grave. Le premier n'était pas son ami, et le second... Oh bon sang, il FALLAIT sauver le second !
Vivement, la licorne se leva, et emboita le pas de l'elfe. Bientôt il arriva aux côtés du chien, lequel semblait bien trop heureux de son acte MEURTRIER. Maudit prédateur. Valtalyn observa avec effroi le spectacle du nain qui pataugeait, et menaçait de se noyer dans un verre d'eau. Le comble, pour un nain. En revanche, les deux autres paraissaient ne pas saisir l'urgence du moment. La licorne tourna vers eux un air inquiet, avant d'expliquer d'une voix précipitée:

"- Il nous faut le sortir de là !" Non, ils paraissaient toujours ne pas comprendre. "Vous n'imaginez pas tout l'or et tous les objets rares que ça peut transporter, un nain ! D'après le théorème d'Hildegard, un quart du poids du nain est constitué d'objets d'une valeur supérieure à 5/10 sur l'échelle des richesses de Lothar !" Une échelle qui permettait d'évaluer la valeur d'un objet en dehors de tout changement dans l'état de l'économie, hors taxe, hors machin et truc, pour ensuite calculer le prix exact d'un objet, en rajoutant les paramètres liés aux circonstances de l'achat.

Aussi la licorne plongea dans l'eau.. Qui n'était pas si profonde. Essayant alors de transporter le nain en l'attrapant au niveau des aisselles, elle constata son poids, et fit signe aux deux autres de venir l'aider.

"- Je n'y arriverai pas seul ! Bon sang, celui-là doit valoir une sacrée fortune !"
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