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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Mar 24 Jan - 8:19
Le Destin tient finalement à peu de choses



La journée n'avait pas été bonne. Pas bonne du tout. Gil avait choisi un endroit qui lui paraissait stratégique : une place non loin du chateau royal.
"C'est un endroit très fréquenté, y'aura forcément du monde qui passera devant mon petit étal" s'était-il dit. Mais il se trompait. C'était certes un des coins les plus passants de la ville la plus peuplée de Midgard, mais il n'était pas rempli de personnes ordinaires.

Des nobles, rien que des gens qui empestaient la plus odieuse des richesses. Ces rentiers qui sont simplement nés au bon endroit au bon moment, et qui pour la plupart ne méritent pas le confort dont ils disposent. Mais ce qui désolait le plus notre marchand de fortune, ce n'était pas la condition des riches. Après tout, ils avaient de l'argent. Ils n'avaient qu'à le dépenser, et dans ses babioles de préférence. Seulement voilà, avec la richesse vient le dédain pour les personnes modestes, et ça Gilford ne le comprit qu'au cours de cette journée. Il n'avait pas pu se laver depuis bientôt 5 jours, et son aspect extérieur était logiquement assez repoussant. Aux yeux de tous ces parvenus, il n'était qu'un clochard comme un autre, qui brisait l'harmonie royale de l'endroit où il osait poser ses gueunilles, une pollution pour leurs yeux qui n'apprécient "que les belles choses".

C'est ainsi qu'il dut subir pendant quelques heures tantôt l'indifférence, tantôt les regards humiliants des passants en costume officiel dont les dorures étincelaient dans la lumière de midi, tantôt celui des courtisanes en robe longue, à la coiffure sculptée de manière admirable et au teint réhaussé de couleurs aussi variées que chatoyantes.
Ces gens-là n'étaient vraiment beaux qu'à l'extérieur.

Et alors qu'il pensait que ça n'aurait pas pu être pire, des soldats lui sont tombés dessus. Encore. Mais cette fois ils ne se perdirent pas en conjectures. C'est à coups de pied dans la poitrine et le ventre qu'ils l'invitèrent de manière terriblement chevaleresque à foutre le camp céans. Brisé et assez affamé, Gil dut repartir à nouveau alors que le soleil commençait à baisser. Ces derniers jours il avait eu de quoi manger...pour un repas. C'était assez pour survivre, mais son estomac ne se gênait pas pour lui signifier un certain mécontentement. Si seulement il avait pu s'extirper ne serait-ce que quelques heures de cette atmosphère oppressante et passer quelques heures en forêt...L'air pur lui manquait, parler avec des gens lui manquait. Même...même les livres des bibliothèques de Lotheican lui manquaient ! L'aventure c'était excitant sur le papier, mais quand cela se résumait à lutter chaque jour pour avoir un morceau de pain, ça perdait soudain beaucoup de classe.

Jusqu'à lors il avait pu s'en sortir, mais plus le temps passait, plus Gil se rendait compte que cette vie allait l'user. Le coeur un peu lourd, il prit le parti de se ressaisir et de se battre encore un peu. Après tout il n'avait pas vraiment le choix. Même pour faire machine arrière et retourner à l'académie de magie, outre le fait qu'il ne pourrait que très difficilement accepter de revenir en arrière, il lui faudrait un minimum de vivres, histoire de tenir pour le voyage. Ainsi il se perdait dans ses pensées, alors qu'une douleur lourde et profonde lui martelait les côtes. Il errait, usé et crasseux dans les rues d'une cité belle et riche, aux bâtiments élancés et majestueux, au milieu de gens qui s'écartaient sur son passage, probablement du fait de l'odeur qui s'échappait de sous son manteau...et qui était à la vérité vraiment peu alléchante. Au delà de toute logique, il trouva refuge dans une ruelle, relativement déserte, et s'assit à même le sol, prenant appui sur les pavés. Machinalement il ouvrit son baluchon et répendit sa marchandise...au cas où quelqu'un viendrait éclairer son destin en lui échangeant une fiole de feu perpétuel contre quelques pièces. En attendant le miracle, il sentit ses forces le quitter petit à petit. Sentant ses yeux se fermer progressivement, il ne chercha pas à lutter...et s'assoupit.
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Mer 25 Jan - 7:06
L'après midi venait de commencer lorsque Ciral pénétra dans l'enceinte de la capitale, il rigola intérieurement au vu de la cécité des gardes, la plus grande garde de Midgard certes, mais quelle incompétence ! Si toutes les personnes chargées de la sécurité étaient aussi aveugles, alors il s'avérerait que l'objectif du pirate sera encore plus accessible que ce qu'il n'avait prévu.
La raison de la venue du jeune homme et de son raton-laveur à l'intérieur d'Asunia était simple. Initialement venu pour visiter les alentours forestiers de la capitale, Ciral, à son arrivée au port au début de la journée, entendit une conversation entre deux vieillards à propos d'une réception que donnerait un bourgeois, prévue pour le soir-même.
"Une petite fête de riches qui s'organise, hein ? Et bien, ils recevront la visite d'un pirate qui se fera un plaisir d'alléger leurs poches ! Et comme elle ne se déroulera que ce soir, ça me laisse le temps de me préparer pour que ces pauvres fous n'y voient que du feu !"

Ciral s'était donc renseigné toute la matinée à propos de cette fameuse soirée. Mais, peut-être vous demandez-vous comment un pirate parvient à passer inaperçu au milieu de toute cette bourgeoisie ? La réponse est simple, il suffit à Ciral d'ôter son bandana et de subtiliser discrètement un manteau dans une boutique où nombre de gens se bousculaient, et voilà, l'habit nouvellement acquis suffisant à dissimuler les armes de Ciral, il put tranquillement glaner des informations par-ci, par-là à propos de la réception qui se préparait. Les riches font autant étalage de leurs richesses, que de leurs maigres savoirs illusoires. Et par conséquent, leurs langues sont bien pendues, les informations parvenaient aux oreilles de Ciral en quantité importante, tous si heureux de pouvoir se vanter d'avoir été invité à cette soirée.
Les gardes seront peu nombreux, et la villa de l'hôte comprenait nombre de balcons permettant à Rascal, le raton-laveur, de l'y rejoindre, ainsi qu'un accès aisé pour une évasion. Restait le problème des cartons d'invitations nominatifs, mais cela ne saurait faire abandonner un pirate !

Ciral décida donc de partir flâné en ville en espérant tomber sur un détail qui lui inspirerait une idée audacieuse sur la façon d'entrer au nez et à la barbe des gardes chargés de surveiller les cartons d'invitation de cet amas de bourgeois. Ce qui était assez comique de remarquer à Asunia, c'est qu'en dépit du nombre juste impressionnant de personnes s'y trouvant et marchant sur les innombrables dalles de la capitale, la cité ressemblait fort à une ville fantôme. Les gens cachaient leurs véritables sentiments derrière ce masque de fierté et leur dédain pour les autres; du bruit, il y en avait pour sûr, mais de simples dialogues de sourds, chacun ne parlant que pour son propre intérêt, des conversations empreintes de vantardise, de monnaie et de rires sonnant tout simplement faux, comme s'ils essayaient de montrer un quelconque intérêt à l'autre tout en sachant que leur interlocuteur faisait de même ... On était bien loin de l'ambiance de La Bouteille Damnée, alors oui, ça se finissait souvent en bagarre mais le ton des gens était chaleureux (et plein d'alcool, certes) et l'on était sûr de ne pas s'ennuyer.

Alors que Ciral et Rascal continuaient d'avancer au milieu de cette foule tout en repensant à leur île, un détail attira l'ouïe du pirate, un détail lui rappelant justement cette taverne dans laquelle il passa quelques unes de ses plus folles soirées. La fin d'une bagarre, quelques derniers coups finissaient d'être distribués, les gens reprenaient leur marche et le bruit des conversations revenait à sa normale. Ciral vit alors un jeune garçon se lever difficilement avec son baluchon et se dirigeait vers des ruelles moins fréquentées. Intrigué, le pirate encore dissimulé sous son manteau de noble, décida de suivre cette silhouette jusqu'à sa destination. Le petit s'était posé dans une ruelle vide de tout passage, et étrangement, il commença à déballer toutes sortes de babioles sur son baluchon, comme s'il espérait que quelqu'un passerait dans cette allée et déciderait de lui acheter une de ses marchandises, cela relevait du miracle ... d'autant plus que le garçon s'endormit.
Ciral s'approcha de cet étrange étalage et commença à scruter le vendeur.
"Hum, son visage semble bien jeune malgré la sagesse qui s'en dégage. Ses traits sont tirés et il est particulièrement sale ! Il a du beaucoup voyager. Et puis, toutes ces babioles qu'il vend là, ça ressemble beaucoup à de la magie artisanale, qu'est ce que quelqu'un ayant fait des études viendrait faire ici, et surtout dans cet état ? Il a du les dérober ou quelque escroquerie du genre. Peut-être que je pourrais l'intégrer à mes plans, après tout, soit ce jeune a réellement des capacités intellectuelles et il pourra m'aider dans la réalisation de ma petite escapade, soit il est doué dans le vol et on pourra s'en mettre deux fois plus les poches !"

Ciral s'agenouilla alors à hauteur du garçon, alors que Rascal, intrigué, se baladait autour de lui, en le reniflant de toutes parts. Le pirate posa doucement sa main sur l'épaule du vendeur et entreprit de le secouer ... Aucune réaction, Ciral réitéra son geste plusieurs fois et n'obtint pour seule réponse, que quelques vagues grognements, quelle étrange technique de commerce ironisa Ciral qui opta alors pour une méthode de réveil un peu plus ... efficace dirons-nous ! Rascal mordilla les mollets de l'endormi et le pirate lui susurra, à sa manière, ces quelques mots :

"OH PETIT !!! REVEILLE-TOI ! ENFIN SI CA T’INTÉRESSE DE FAIRE UN REPAS CORRECT !"
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Jeu 26 Jan - 3:49
Sans trop savoir comment, Gil était revenu en plein milieu de la ville. Adossé à un bâtiment, sur une autre place. Mais celle-ci, il ne l'avait jamais vue. Etrange. Depuis qu'il était arrivé à Asunia, ses vagabondages avaient été nombreux, et un endroit aussi imposant n'aurait pas du lui échapper. Qu'importe après tout, le plus important était de gagner un peu d'argent. Il jeta un oeil au sol pour vérifier que sa marchandise était toujours étalée devant lui. Mais elle n'y était plus. Panique. Son gagne-pain, sa seule chance de survie, disparue. Pourquoi ? Comment cela avait il pu se produire ? S'était-il endormi ? Pendant combien de temps ? Gil enfouit son visage dans ses mains et chercha à se calmer, à faire le vide dans son esprit. Impossible. Son coeur battait fort, au point de lui faire mal dans la poitrine. Regardant autour de lui, il n'apercevait que des silhouettes, quelque peu floutées qui déambulaient de façon anarchique entre deux rayons de lumière. Il ne pouvait distinguer leurs visages. La faim, très probablement, qui troublait sa vision. Son regard se perdit un instant dans cette masse informe, puis une pensée vint lui marteler le crâne : "Je dois retrouver mes affaires, c'est ma seule chance de survie". Bien vite cette unique idée devint tout ce qui comptait pour Gil. Il se releva d'un bond et se mit en marche. Pourtant très vite un détail le perturba. Il allait nu-pieds. Ses chaussures avaient disparu. Abaissant son regard pour contempler éberlué ses orteils caressés pas la brise ambiante, il constata, non sans effroi que ses chausses n'étaient pas les seules à s'être évaporées. Il était lui même entièrement nu.

"Qu'est-ce que...?"

Effaré, se tourna à gauche, puis à droite. Étrangement les silhouettes qui se déplaçaient autour de lui ne lui prêtaient pas attention. Il semblait seul. Il se serait cru...entouré de fantômes. En observant un peu mieux ce qui l'entourait, il se rendit compte que le paysage était entièrement gris, ou blanc. Il n'y avait pas de bruit, pas un son. Tant d'incohérence le rendait perplexe. Puis un éclair traversa son esprit.

"C'est ça. Je suis certainement mort de faim"

A cet instant, un séisme. Le monde tremblait, tout l'endroit était secoué, de plus en plus intensément. Gil fut déséquilibré il tomba en arrière, mais ne toucha pas le sol. En fait, il n'y avait pas de sol, il n'y en avait plus. La chute était inéluctable, elle se prolongeait. Elle pouvait bien avoir déjà duré des heures comme une seconde...Il n'avait même pas peur, comme anesthésié par tout ce blanc qui l'aveuglait il ne ressentit plus rien. Jusqu'à cette douleur au mollet !

Gilford ouvrit les yeux. Se trouvant face au mur opposé de la ruelle où il avait trouvé refuge, tout lui revint. Dieu merci il était habillé. Mais il sentit immédiatement qu'une main était posée sur son épaule, qu'une bouche se tenait près de son oreille...ET QUE QUELQUE CHOSE ETAIT EN TRAIN DE LE MORDRE !

"OH PETIT !!! REVEILLE-TOI ! ENFIN SI CA T’INTÉRESSE DE FAIRE UN REPAS CORRECT !"

D'un sursaut il essaya de se dégager. Il étendit par réflexe son bras droit. Sa main rencontra un corps inconnu, il le repoussa du mieux qu'il put. Se remettant prestement sur ses deux pieds, il effectua un saut en arrière, pour prendre un peu de distance, et essayer de comprendre ce qui se passait. Il vit un animal détaler. Un...furet ? Non, un raton. Un raton-laveur. Gil comprit bien vite ce qui l'avait mordu. Mais le temps de dire ouf, la bête avait rejoint un perchoir bien singulier. Un homme, ou plutôt disons...un grand type. Élancé, jeune, aux longs cheveux bruns. Gil fixa un instant son regard, des yeux gris perçants, dans lesquels on pouvait lire beaucoup de choses. Seulement le temps lui manquait. Le grand type ne semblait pas avoir d'intention belliqueuse...et sa bestiole non plus. Mais il portait un manteau de noble, ce qui était tout de même dérangeant. Puis au milieu de ces pensées, de cette analyse qu'il menait inconsciemment, les mots de l'inconnu parvinrent à son esprit. Il n'en retint que la dernière partie : un repas correct. Cela devenait de plus en plus étrange, et la nature méfiante de Gilford commençait à prendre le dessus. Mais s'enfuir maintenant ne servirait vraiment à rien. Après tout, s'il lui avait voulu du mal, ce jeune homme n'aurait pas cherché à le réveiller en premier lieu. Essayant ainsi de se convaincre, Gil, encore un peu groggy, s'avança doucement vers l'improbable duo. Puis, leur lançant un regard incrédule, répéta les derniers mots qu'il avait entendu :

"Un...repas correct ?"
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MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Jeu 26 Jan - 8:49
Le garçon ouvrit les yeux et se leva en sursaut ! Le réveil avait du être sûrement un peu trop brutal pour lui, et après s'être remis sur ses jambes, il effectua un rapide saut vers l'arrière, sans doute pour installer une distance entre lui et ce qu'il semblait juger comme une menace.
Ce petit m'a tout l'air d'avoir l'esprit vif et semble très agile, ça devient de plus en plus intéressant !
A ce moment, Rascal revint se percher sur l'épaule de son maitre et le garçon sembla faire le lien entre ce qui l'avait mordu et le raton-laveur.
Ce qui surprit Ciral fut l'étrange regard que lui jeta le garçon, un regard étincelant comme des émeraudes, on pouvait lire l'intelligence qui s'émanait des iris de cet individu qui, pour une personne ne prenant pas le temps de le regarder convenablement, ressemblait plus à un quelconque clochard comme il en existe tant dans tout Midgard. Le regard du garçon s'attarda sur le manteau de noble que portait encore le pirate et eut un mouvement trahissant que cela le répugnait. Mais finalement, la faim semblant l'emporter sur la méfiance, le garçon s'approcha du pirate et de son compagnon en répétant les paroles qui captèrent le plus son attention.

"Un...repas correct ?"

Ciral sourit, fier d'avoir su trouver ce qui motiverait le garçon dans l'accomplissement de sa mission. A présent, il ne restait plus qu'à exposer son plan de manière à ce qu'il ne puisse refuser son offre. Le pirate décida de jouer la carte de l'honnêteté, le garçon semblait bien trop intelligent pour se laisser berner par quelques doux mensonges, même si à force d'expérience Ciral avait réussi à dompter les mots s'insinuant aux creux des oreilles des gens, remontant jusqu'à leur cerveau, l'empoisonnant doucement et délivrant ainsi au pirate ce qu'il souhaitait obtenir de la personne.
Ciral s'approcha du garçon, en fit le tour, le scrutant minutieusement. Des fioles étaient attachés à sa ceinture, et ses mains protégées par des mitaines semblaient avoir la dextérité nécessaire à la création.
Ce serait donc bel et bien lui, qui serait à l'origine de toutes ces babioles ! Un alchimiste ? Si jeune ? Et que fait-il dans ces rues, dans un état si négligé ? J'aurai bien le temps pour toutes ces questions plus tard, pour l'instant, je dois surtout le convaincre de mettre ses compétences de mon côté.
Après avoir fini son examen de celui qu'il supposait être alchimiste, le pirate revient face à lui enlevant son manteau, et s'appuya contre un mur, prenant un air naturellement décontracté et commença à expliquer son plan.

"Ok, alors écouté moi bien petit ! Je suis le capitaine Dowin, fier possesseur du Blue Corbel mais je doute que t'en aies entendu parler. Bref, appelle moi Ciral et lui, c'est Rascal, mon meilleur ami et plus fidèle compagnon !"
A ces mots, le raton-laveur était descendu de son perchoir pour se placer aux pieds du garçon et renifler ses poches, sa queue se balançant, en formant un huit, signe que le jeune lui inspirait confiance.
"En te voyant, j'ai bien vu que la vie ici était dur pour beaucoup de gens, toi y compris. Alors vu que je suis quand même un mec super sympa, je te propose de te joindre à moi pour la raison qui m'amène à Asunia. Je t'explique vite fait : ce soir, un de ces bourgeois crétins, organise une grande réception chez lui, tu vois l'genre ? Plein des stupides nobles se pavanant, exhibant leur fortune matérielle sans se douter de rien ! Alors généreux comme je suis, je me suis proposé d'aller quelque peu leur alléger les poches sans qu'ils ne se doutent de rien. Évidemment, un buffet important aura lieu là-bas, et ce sera donc l'occasion rêver de se remplir l'estomac. Alors, tu marches ? Pour moi, c'est l'occasion de me remettre un peu d'argent de côté, et pour toi, d'avoir un repas plus que copieux, et éventuellement de t'en mettre plein les poches si tu le désires !"

Lorsque Ciral eut fini son discours, plutôt fier de la manière dont il avait présenté la situation, il s'avança vers le garçon et luit tendit la main, en attente d'une réponse qui serait sans doute favorable, après tout la faim justifie les moyens !
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MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Dim 29 Jan - 6:41
La première impression de Gil avait été bonne. Pas une once d'hostilité n'émanait de la personne du jeune homme. Pour toute réponse à la question qui lui avait été posée, il sourit, puis se présenta. Ciral Dowin était donc un pirate...et son plus fidèle compagnon, Rascal le raton-laveur, semblait déjà avoir adopté Gilford. Au premier abord, la présence d'un pirate dans la capitale n'avait rien de surprenant. Asunia était après tout la plaque tournante du commerce de Midgard, et on pouvait y trouver toutes sortes de marchandises et y conclure tous types de contrats. Cependant, quelque chose clochait. On était dans un quartier noble, et Ciral portait un luxueux manteau. Ces détails ne collaient pas. Les affaires n'étaient pas ce qui l'avait amené ici. Un pirate qui s'aventure si loin de son port d'attache affublé d'un tel accoutrement...avait forcément quelque chose d'autre en tête. Interrompant Gil dans sa réflexion, le mystérieux corsaire continua :

"En te voyant, j'ai bien vu que la vie ici était dure pour beaucoup de gens, toi y compris. Alors vu que je suis quand même un mec super sympa, je te propose de te joindre à moi pour la raison qui m'amène à Asunia. Je t'explique vite fait..."

S'en suivit une explication sommaire quand au plan de Ciral. Un noble organisait une réception d'ici quelques heures dans un quartier proche du château royal. Le flibustier avait l'intention de s'inviter à la fête et de se remplir les poches.

Ouais...ce type était définitivement un pirate.

Mais ce discours, tout malhonnête et risqué qu'il fut, intéressa le jeune alchimiste. En temps normal une telle opération l'aurait révolté, lui dont la probité avait fait quelqu'un de droit et loyal. Mais un autre élément venait d'entrer en ligne de compte : la vengeance. Cette journée qui tirait vers sa fin avait dévoilé à Gilford un des aspects les plus sombres de la nature humaine. Cette odieuse noblesse méritait qu'on la trompe et qu'on la vole. L'occasion qui se présentait à lui était un moyen intéressant de prendre sa revanche. Mais cela s'annonçait compliqué. Pas pour le pirate, ça non. Le fourbe devait être habitué à ce genre de coup tordu. Mais Gil était faible, puant, avait les traits tirés et l'allure du clochard le plus pitoyable que la capitale ait jamais porté. Alors que Ciral lui tendait la main, affichant une expression radieuse, Gil se détendit un peu, lui rendit son sourire, puis en guise de réponse, lui adressa un geste de la main. Le genre de signe qui signifie : "Arrête ton char mon gars". Puis il se dirigea vers l'endroit où son tapis était toujours étendu, s'accroupit et commença à rassembler ses affaires. Ce faisant, il prit la parole :

"Très bien mon cher Ciral...ton offre est vraiment intéressante. Mais elle manque vraiment de réalisme. Il y a...je dirais...au moins quatre...non cinq paramètres à prendre en compte, ce qui fait autant de problèmes à résoudre avant de se préoccuper de la nourriture et du butin.
Le premier, et le plus important c'est notre apparence, et la mienne en particulier. Mon allure actuelle est tout sauf aristocratique...et le peu de temps que nous avons ne nous permettra pas de faire de miracles. Il nous faut tous deux adopter un parfait costume de noble, des pieds à la tête...et ça inclut également l'odeur. Il nous faudra un bon bain et du parfum pour ce soir, en plus des vêtements.
Le deuxième, c'est comment rentrer. Les soirées de ce genre sont toujours soumises à présentation d'un carton d'invitation. J'ai en tête deux pistes qu'on pourrait suivre, mais j'y viendrai plus tard.
Le troisième c'est de ne pas se faire griller une fois rentrés, si on arrive à rentrer d'ailleurs. Outre notre apparence physique, c'est notre attitude qui sera déterminante. Pendant le peu de temps que nous avons, il nous faudrait assimiler un maximum des mimiques et manières de la haute société...et au mieux réussir à les replacer dans le contexte d'une conversation...

Là dessus arrive le moment où tu fais tes petites affaires et où je profite du buffet.

Puis vient le quatrième point.
Assurer nos arrières. Dans des opérations comme celles-ci, il vaut mieux se ménager plusieurs portes de sortie au cas où ça tournerait au vinaigre. Il faudra inspecter les lieux de l'extérieur et éviter à tout prix de se retrouver pris dans les mouvements de foule. En clair, on restera toujours à faible distance d'une issue de secours. Dans le pire des cas, s'il nous faut nous échapper, j'ai quelques bombes fumigènes dans ma sacoche, ça peut nous servir...
Enfin le cinquième point. Rascal reste à l'extérieur pendant TOUTE la soirée. Je le vois venir gros comme une maison, ce serait la première chose qui nous ferait repérer...
Il lança un regard au raton, désolé mon vieux.

Il s'agit là des contraintes de base. Après vient le plan proprement dit. Je t'avais parlé de deux pistes pour qu'on puisse rentrer, mais en y réfléchissant la deuxième ne tient pas la route. J'avais pensé à usurper l'identité de deux personnes d'à peu près notre gabarit, prenant leurs vêtements et leurs cartons, mais c'était beaucoup trop risqué. Il suffit qu'on tombe sur des personnes que nos cibles connaissent et nous seront cuits. Mais j'en ai trouvé une autre tout de suite après. Ce qui nous laisse toujours deux possibilités. Si tu connais un bon faussaire dans le coin, on pourra se faire nos propres cartons d'invitation. Sinon...je pense que Rascal trouvera là une mission qui lui ira comme un gant...

Voilà à peu près ce qui me vient à l'esprit...ah oui, dernière chose. N'en fais pas trop. Si tu as la main trop lourde, les invités pourraient se rendre compte de tes actions avant même la fin de la soirée. Enfin, je dis ça sans connaître l'étendue de tes talents. Peut-être suis-je trop pessimiste ? Ha ha..."


Là dessus, Gil se releva et s'avança vers Ciral. Il se posta devant lui, croisa les bras, puis lui adressa un signe de tête, l'invitant à donner son avis sur la question.


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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Mer 1 Fév - 5:16
A la suite de son discours, Ciral sut clairement qu'il l'avait touché en plein dans le mile. Des tas de pensées devaient se bousculer dans la tête du jeune alchimiste, et une lueur traversa ses yeux, une lueur que Ciral avait pu apercevoir nombre de fois dans les yeux des voyageurs venant à Kynthnos : la vengeance !
Puis le jeune à l'allure de clochard retourna auprès de ses affaires, tout en commençant à les ranger et dit :

"Très bien mon cher Ciral...ton offre est vraiment intéressante. Mais elle manque vraiment de réalisme. Il y a...je dirais...au moins quatre...non cinq paramètres à prendre en compte, ce qui fait autant de problèmes à résoudre avant de se préoccuper de la nourriture et du butin ..."

L'alchimiste cita alors l'un après l'autre les différents points qui risquaient de rendre la tâche plus complexe que ce que Ciral l'avait prévu, lui qui avait plutôt l'habitude d'improviser au fur et à mesure de son plan, de toute évidence il ne s'agissait pas du même modus operandi pour le garçon.
Au fur et à mesure qu'il étalait les paramètres, Ciral était de plus en plus surpris, que cet alchimiste ait pu aussi vite relevait les points faibles du plan et comment y pallier, relevait tout simplement du génie.
"Il semble que j'ai touché le gros lot en rencontrant ce garçon, avec un cerveau comme le sien, l'opération ne pourra que se dérouler facilement !"
Lorsque l'alchimiste eut fini son discours, Ciral resta muet de stupéfaction quelques secondes devant la génie d'une analyse pareille.Mais un détail choqua quand même le pirate, lui, la main trop lourde ? Prenait-il Ciral pour un vulgaire voleur courant les rues ? Au fil de ses excursions, Ciral avait su reconnaitre ce qui avait de la valeur et ne dérober uniquement ce qui en valait la peine, c'est à dire, aisément prenable, dissimulable et sans que la victime ne s'en rende compte, ou du moins trop tard en tout cas. Le capitaine prit encore quelques secondes supplémentaires avant de répondre aux questions de sa rencontre toujours sans nom pour le moment.

"Et bien garçon, on peut dire que t'as l'esprit vif toi ! Bien que j'ai un peu l'impression que tu réfléchis trop des fois ! Que fais tu du brin de folie nécessaire à tout grand homme ? De ce pic de sensations lorsque tu dois trouver une solution rapide et sous la pression des évènements ! Bon, ça n'a pas l'air d'être ton genre en tout cas.
Pour l'apparence, comme tu as pu le constater lors de mon arrivée, subtiliser des habits ne relève pas d'un exploit, quant à l'odeur, j'ai une panoplie impressionnante de produits de soins à l'intérieur de mon navire. Cela te semble peut être étonnant pour un pirate, mais je me dois bien souvent de charmer nombre de demoiselles pour parvenir à quelques unes de mes ... missions. Et ces produits sont d'une très bonne qualité car ils me viennent de ma mère ... elfique ! Enfin, mère adoptive quoi. Qu'importe, voilà une question de réglée non ?
Ensuite pour l'entrée, et bien, mes connaissances à Asunia ne se limitent qu'à toi, cependant comme tu l'as précisé, Rascal sera parfait dans ce rôle, il est assez malin pour faire une diversion qui nous permettra de rentrer sans même que les gardes ne s'en rendent compte ! On a souvent procédé de la sorte Rascal et moi, après il nous attendra tranquillement sur le toit, il sait quand sa présence est requise et quand il doit savoir s'effacer pour revenir au meilleur de sa forme !
L'attitude, pour moi ça ira, ce n'est pas ma première excursion dans des soirées mondaines de ce genre. Et pour toi, il nous suffira de nous balader quelques temps dans les quartiers chics d'Asunia, tu sembles être doué d'une grande capacité d'analyse, je suis persuadé que tu arriveras parfaitement à singer l'attitude de cette pathétique bourgeoisie. Je suis persuadé que tu t'en sortiras très bien, ne t'en fais pas.
Quant au repli en cas de nécessité, j'ai déjà découvert qu'il existe un nombre incroyable de balcons par lesquels il est facile de s'échapper car il n'y a qu'une chute de deux mètres, grand maximum, suivi d'un sprint de quelques centaines de mètres avant de pouvoir regagner les infinies ruelles d'Asunia.
Ah oui, ne t'en fais pas pour mes mains, baladeuses oui, mais elles savent se retenir, et si je ne suis pas derrière des barreaux à l'heure actuelle, c'est que mon jugement sait, malgré tout, se cantonnait dans les normes de mes compétences !"


A ces mots, le raton-laveur retourna sur les épaules de son compagnon et frotta son museau contre les joues de Ciral en émettant une sorte de bruit semblable à un ronronnement. Rascal l'accompagnait depuis tellement de temps que les mots devenaient optionnels pour communiquer et n'étaient là que pour enjoliver les situations.

Ciral pensait avoir répondu à toutes les préoccupations de l'alchimiste, encore qu'il est vrai que l'improvisation faisant plus partie de l'acabit du pirate que la planification, il est possible qu'il occulte certains détails mais qu'importe ! Il y avait déjà suffisamment de choses à faire pour se préoccuper d'autres détails.
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Dim 5 Fév - 2:01
Il y avait du pain sur la planche...mais ce type avait vraiment quelque chose...disons, le genre d'aura qui transpire la réussite. Après son discours, Gil attendait la réaction du pirate. En fonction de celle-ci, il devait pouvoir compléter son analyse. Celle-ci se fit à peine attendre. Après un court silence, il enchaîna d'un ton ravi. Il semblait avoir saisi les éléments abordés par le plan du jeune garçon, et être capable de s'y adapter tout en y amenant sa propre sauce...il semblait finalement plutôt brillant en tant que brigand. Très sur de lui, et d'autant plus convainquant.
Rien n'était à jeter dans son argumentaire à commencer par les solutions qu'il apportait aux problèmes soulevés :
Pour l'allure, vêtements volés par ses soins, et produits elfiques en tout genre pour leur donner bonne mine. En ce qui concerne l'entrée, une habile diversion du raton-laveur. Quant à l'attitude, on se reposera sur l'expérience de l'un et la capacité d'observation de l'autre. Restent les sorties de secours, des balcons disposés de part et d'autre de la propriété visée...Peu importe comment on retournait les choses, ça avait l'aspect, l'odeur et le goût du plan parfait. Mais les paroles du capitaine sonnaient elles aussi très bien. Gilford aimait tout particulièrement observer et jauger les personnes qu'il rencontre, mais Ciral semblait lui aussi doté d'une capacité à comprendre l'âme des gens, et sans pour autant avoir recours à une quelconque analyse. Serait-ce...l'expérience ? Ou peut-être son passé et sa culture avaient un rôle là-dedans ? Il avait mentionné une mère adoptive elfique...c'était là un détail vraiment intéressant ! La curiosité de l'alchimiste était attisée, et Dowin semblait lui aussi avoir de nombreuses interrogations en tête à propos de sa propre histoire. Au moins allaient-ils avoir de quoi discuter pendant qu'ils marcheraient côte à côte ! Car pour l'heure, il s'agissait selon toute vraisemblance de rejoindre le Blue Corbel. Là dessus il pourrait prendre...un bain. Ô grands dieux que ce mot prenait une saveur sucrée et une texture fondante dans son esprit ! Mais pas le temps de se perdre en rêves éveillés. Les deux compagnons n'avaient que quelques heures devant eux.

"Très bien Ciral...je crois qu'on est d'accord sur le principe. C'est une affaire qui roule. Je m'appelle Gilford Howling. Appelle-moi Gil. On a peu de temps et bien des tâches à remplir...et à récurer en ce qui me concerne...J'imagine qu'on se rend à ton bateau ? Pars devant, je te suis."


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MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Mar 7 Fév - 8:50
Ciral prit la tête de cet étrange cortège, Rascal à ses côtés et Gilford sur ses pas. Le soleil entamait à peine sa descente, cela laissait donc bien assez de temps au trio pour régler un à un les différents points de leur plan, de la préparation vestimentaire à la formation des us et coutumes de cette ridicule bourgeoisie peuplant la capitale.
Ciral, sachant que l'alchimiste ne perdrait pas de temps pour commencer son analyse et s'imprégner de tous ces faits et gestes qui caractérisent cette "haute société", décida de commencer sans plus tarder son petit numéro.

En même temps qu'ils descendaient les longs chemins de pavé fondant les nombreux passages d'Asunia, le capitaine papillonnait de boutiques en échoppes. Tantôt, Ciral charmait la vendeuse ou occuper le gérant pendant que Rascal dérobait quelques bijoux et autres objets de valeur, tantôt le raton-laveur créait une diversion rassemblant les foules et paniquant les tenanciers des enseignes, permettant ainsi au pirate de subtiliser quelques vêtements en toute impunité.
Ciral s'amusa ainsi à changer de tenue, comme d'autres changent de maitresses, tout en traversant l'allée menant au port, narguant les bourgeois par l'exagération de leurs mimiques et tenues. Étant une population particulièrement maniérée, ils n'y voyaient que du feu, interprétant pour une marque de bourgeoisie supérieure, un comportement qui se voulait être, en vérité, sarcastique. Il était si facile de passer inaperçu dans cette société, chacun voulant impressionner son prochain mais sans réellement prêter attention à l'attitude des autres tant qu'elle correspond à leurs normes ridicules !

Finalement, c'est donc chargés d'habits en tout genres, ridicules mais valant leur pesant de pièces d'or, que le trio nouvellement formé arriva au port. Le Blue Corbel était là, se démarquant des autres bâtiments de par sa taille inhabituelle, plus petit que les autres navires que l'on croise d'ordinaire mais plus grand que les embarcations individuelles, comme s'il était une réplique des plus grands bateaux pirates à une échelle bien plus petite. Mais il se distingue aussi de par son étrange allure, des reflets bleutés sur la coque aux voiles qui semblaient se mouvoir malgré l'absence totale de vents, comme si elles attendaient l'ordre de leur capitaine pour prendre la mer, le Corbel paraissait bel et bien vivant, doté de sa propre conscience ... n'importe quoi ! Enfin ... peut-être pas tant que ça.

D'un geste souple, Ciral sauta sur le bout d'attache, liant le navire au bollard, se hissa à bord et déplia le ponton pour permettre à Gilford de monter.
"Si monsieur veut bien se donner la peine de monter à bord pour prendre possession de ses quartiers !" clama Ciral avec un ton exagérément bourgeois, tout en faisant une courbette ridicule et adressant un clin d’œil à Gil'.
Une fois à bord, le pirate lui désigna du doigt une trappe, qui s'ouvrit toute seule au moment même, à l'avant du bateau.
"Voilà l'espace que je réserve aux passagers, ça fait longtemps qu'il est inoccupé car je ne voyage qu'avec Rascal, mais ça ne devrait pas être trop poussiéreux, enfin j'espère. Il doit y avoir de l'eau que j'avais mis à chauffer avant de descendre à terre. Tu verras, le système est assez astucieux, c'est mon père nain, adoptif tu l'auras compris, qui m'a aidé à le faire. Tout un réseau de tuyauterie avec une cuve et un chauffe-eau, qui fonctionne grâce à un feu contenu que je peux allumer facilement" Le capitaine claqua des doigts et une gerbe d'étincelles en jaillit.
"Et bien, je crois que tu as tout ... Ah non ! Attends moi un peu, je reviens !"
Ciral partit dans sa cabine et en revint avec une multitude de flacons qu'il déposa dans les bras de l'alchimiste.
"Et voilà ! Cette fois, c'est bon ! T'as tout ce qu'il faut pour être autant, voir plus, soigné que les plus riches d'Asunia ! Si tu veux les garder quand t'auras fini, c'est cadeau mon p'tit, j'en ai des tas !
On se rejoint sur le pont sur le pont quand on est prêt, moi je file dans ma cabine, à toute jeune ! Allez, viens Rascal !"


Ciral disparut ensuite dans ses quartiers, le raton-laveur sur ses talons.
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MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Lun 13 Fév - 9:01
Il était parti en premier, accompagné de son animal. Gilford suivit, tout naturellement. Pendant les premières minutes de leur trajet, Ciral assura le pas. Fendant l'air et accessoirement la foule, sa démarche assurée le rendait...terriblement charismatique. Devant lui se tenait un personnage littéralement animé par la liberté, ce doit être ça un pirate après tout.
Le soleil commençait à tomber. Bientôt les murs de la ville se teinteraient de vermeil et la vie commerçante du jour laisserait petit à petit place aux noctambules. Dans une ville comme celle-ci, on pourrait croire que la nuit lève les discriminations, les ostracismes et autres ségrégations, permettant aux marginaux de vivre comme en plein jour. Mais la réalité était toute autre. Les forbans, clochards et autres rebuts se massaient dans les bouges crasseux, se noyant dans toutes sortes d'alcools, alors que les nantis de la haute société réunissaient des salons de réflexion littéraire ou scientifique pour les plus érudits, ou participaient a de fastueuses réceptions comme celles que nos héros allaient tenter d'infiltrer. Les deux mondes existent de jour comme de nuit, et rien ne pourrait les mélanger. Le fossé était déjà trop profond, et aucun camp n'aurait exprimé la moindre envie de se rapprocher de l'autre. Un peu perdu dans ses réflexions, Gil remarqua que Ciral avait repéré un certain nombre de boutiques, huppées pour la plupart et se dirigeait vers l'une d'elles. Il était en train de se mettre au travail le bougre...et il ne perdait pas de temps !

Dans l'instant, le jeune alchimiste hésita. Lui aussi devait effectuer sa part. D'un autre côté, observer le pirate dans ses oeuvres pouvait se révéler être d'un grand intérêt...Pourtant, il dut se résoudre à mettre de côté ses élans de curiosité. Ce petit voyage ne devait pas rester entièrement contemplatif. Le temps que Gil se retourne, Ciral avait déjà disparu dans l'une des boutiques. Malgré le sommeil et la faim qui revinrent gentiment le tirailler, et les douleurs au thorax qui persistaient depuis l'assaut mené contre lui par les gardes de la grand-place, il devait se montrer à la hauteur des espoirs que l'on plaçait en lui. Rassemblant toute la concentration qu'il put, il entreprit d'analyser, de comprendre et d'assimiler tout ce qu'il pourrait observer quand à la noblesse et tout ce qui l'entoure.

Son attention fut d'abord captée par ce qui était vraisemblablement un père et son fils. Tous deux impeccablement vêtus et coiffés, leur discussion ressemblait fortement à une séance de remontrances :

"...et c'est pourquoi je m'oppose fermement à ce que ces déchets t'approchent de nouveau, est-ce bien clair ? Notre famille a mis des décennies à obtenir sa place au sommet de ce royaume, et il faudra au moins autant de temps pour la conforter. Il est hors de question que tu nous ruines en te mêlant à tous ces fils de chiens, débiles et malpropres !...Tiens voilà notre fiacre. Pas trop tôt !"

Et alors que la carriole s'éloignait, l'esprit de Gil avait déjà tout saisi. Trois points majeurs : Le dégoût pour les basses classes, l'intense fierté qu'a un noble d'appartenir a sa caste et l'importance capitale de sa place au sein de cette société. Conséquences faciles à déduire. Comportement à adapter en conséquence. Mais une autre discussion attira immédiatement son attention, celles de deux femmes, qui riaient à gorge déployée :

"...rendez-vous compte ! Ce pauvre homme n'a eu pour seul tort que d'être ce qu'il n'était pas ! L'érudition ne s'invente pas, cela me semble évident ! On repère immédiatement les imposteurs, nous qui sommes averties en la matière n'est-il pas ?
-Mais absolument très chère ! Il ne manquerait plus que ses moeurs soient dépravées et il aura alligné toutes les dalles qui le mèneront à l’échafaud ! Une telle insolence ne se pardonne pas..."


Il fallait s'en douter. Dans ce petit monde, il fallait savoir se tenir. Faire preuve d'un immense respect, et dans la majorité des cas, cela rimait avec outrancière hypocrisie. Toute la subtilité résidait dans la capacité de chacun a avoir l'air le plus naturel possible dans son mensonge. Et bien entendu, il fallait se montrer plein d'intelligence. Le savoir était une arme à la Cour comme dans les soirées mondaines. Une aubaine pour Gil qui a étudié pendant presque 9 ans à Lotheican. Il allait être facile de suivre les conversations scientifiques et magiques.

Satisfait de la tournure dont prenait les évènements, Gilford vit sortir son acolyte d'une échoppe située à quelques mètres en avant de lui, les bras chargés de vêtements, et remarqua que ce dernier avait changé de tenue. Il lui vint alors une nouvelle idée quant au rôle qu'ils allaient jouer. Celui de deux frères venant de Lotheican, l'un étudiant en alchimie, l'autre en comédie...oui cette étiquette irait comme un gant à Ciral...qui aurait du même coup un rôle à sa démesure.
Ce même Ciral papillonait alors d'un bourgeois (ou d'une bourgeoise) à l'autre. De là où Gil se trouvait, impossible d'entendre précisément ce qui se disait. Néanmoins il était facile de l'imaginer. Le fourbe se gaussait de ces nobliaux de pacotille derrière une montagne de compliments affables et d'admirations factices, alors que les cibles n'y voyaient que du feu...c'était ainsi la dernière leçon à apprendre...avec un peu de savoir-faire, rien de plus facile que de se mettre un imbécile de la haute dans la poche.

Ainsi, sans s'être retourné une seule fois, le pirate s'arrêta devant un tout petit bateau. Les reflets azur qui parcouraient sa coque et ses voiles ne laissaient que peu de doutes. Il s'agissait là du Blue Corbel. La taille de bâtiment surprit fortement Gilford. N'avait il pas d'équipage à ses côtés lors de ses voyages ? Encore une question à lui poser lorsqu'ils pourraient enfin bénéficier d'un tête à tête.

"Si monsieur veut bien se donner la peine de monter à bord pour prendre possession de ses quartiers !"
Le ton complètement idiot qu'il prit, ainsi que les manières complètement exagérées qui le caractérisèrent dans l'instant arrachèrent un sourire sincère au jeune homme. Il monta à son tour à bord puis laissa Ciral lui indiquer une trappe ouverte ou reposait selon lui une cuve d'eau chaude. Gil se sentit défaillir. UNE CUVE D'EAU CHAUDE. Littéralement obnubilé, il remarqua a peine la gerbe d'étincelles qui jaillit des doigts du pirate. Il connaissait la magie du feu ! Quel être décidément fascinant. Et rapide par dessus le marché. Il avait visiblement oublié quelque chose, puisqu'il détala vers sa cabine avant d'en ramener toute une panoplie de flacons remplis de liquides et mixtures aux couleurs douces. Les fameux soins elfiques...

"Et voilà ! Cette fois, c'est bon ! T'as tout ce qu'il faut pour être autant, voir plus, soigné que les plus riches d'Asunia ! Si tu veux les garder quand t'auras fini, c'est cadeau mon p'tit, j'en ai des tas !
On se rejoint sur le pont sur le pont quand on est prêt, moi je file dans ma cabine, à toute jeune ! Allez, viens Rascal !"


Laissant le capitaine lui tourner le dos, Gil se précipita, les bras chargés de verre, dans le si bien nommé "espace réservé aux passagers". Une sorte de cabine, assez spacieuse compte tenu de la taille du bateau, meublée de quelques commodes et...DU BARIL. Aussi loin qu'il put remonter dans sa mémoire, Gilford ne se souvint pas avoir jamais enlevé ses vêtements avec tant d'entrain. Il se plongea dans l'eau à température idéale comme si c'était la première fois qu'il prenait un bain. Il se sentit fondre. Tout ses soucis s'envolaient alors que la crasse qui le tapissait teintait déjà l'eau d'un gris noirâtre. Il attrapa un des flacons, le déboucha et sentit s'en échapper un arôme floral. Il en versa un peu dans son eau. Il était au paradis. Paradis qui l'enveloppait doucement, si délicatement...que tout son corps endolori se relâcha. Et alors que plus rien d'autre ne comptait, de ce bien être intense naquit une immense envie de s'assoupir...à laquelle Gil ne put encore une fois pas résister...
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MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Lun 20 Fév - 10:14
Le capitaine avait rejoint sa cabine et se laissa glisser dans la cuve d'eau chaude qu'il avait préparé avant de partir en ville. L'eau était encore à une température particulièrement agréable, son père était réellement un génie d'avoir su inventer un tel dispositif ! Ciral rajouta quelques unes des essences se trouvant à sa portée. Très vite, l'eau perdit sa limpidité pour voir sa surface se couvrir d'un subtil mélange de mousse et de bulles. Un sourire s'invita sur le visage du pirate lorsqu'il vit que Rascal, comme à son habitude s'amusait avec les quelques sphères de savon qui s'élevait de la surface de l'eau.
Ciral aperçut alors un objet qu'il avait trouvé à bord il y a déjà fort longtemps, sûrement un héritage de son père de sang étant donné qu'il y était gravé l'étendard du Blue Corbel. L'objet en question était un magnifique harmonica en or blanc. Le pirate s'en saisit et en fit sortir une mélodie qui était venu instinctivement la première fois qu'il en joua, probablement un hymne de pirate songea-t-il ... Rascal vint se lover à côté de la tête du pirate et se mit à produire ce qui ressemblait fortement à un ronronnement.

Au bout d'un long moment, Ciral sa décida à se sortir de ses rêveries ainsi que de de son bain. Il se sécha rapidement et commença à s'habiller, il lui fallait choisir ses vêtements avec une forte attention. En effet, sa tenue devrait être suffisamment élégante pour permettre de passer incognito à la réception tout en étant assez confortable pour lui permettre de conserver la plus grande liberté de mouvements possibles. Il opta donc pour une paire de bottes noires, montantes dans lesquelles il dissimula son pistolet; le pantalon, blanc, était suffisamment ample pour ne pas le paralyser dans ses mouvements même une fois que ses poches intérieures seront remplies. Pour le haut du corps, Ciral troqua son habituelle chemise par un pourpoint noir profond et aux coutures dorées, cet habit dissimulait son tour de taille ce qui lui permit de fixer ses bourses contenant chausses-trappes et sphères explosives. Une large paire de gants recouvrant la moitié de ses avant-bras lui permettraient de camoufler ses dagues auxquelles il attacha exceptionnellement de la corde elfique qu'il relia à ses majeurs. Ciral n'aimait pas utilisait cette technique car il ne la maitrisait pas encore réellement et il la jugeait moins efficace que la combinaison avec son fouet, néanmoins cela fera l'affaire pour cette fois. Pour finir, le capitaine se couvrit la tête d'un large chapeau duquel dépassait une grande plume violette s'accordant parfaitement à la large écharpe de la même couleur qu'il portait autour du cou pour l'occasion.

Ainsi affublé, Ciral se contempla dans le miroir de sa cabine et pensa que certains bourgeois ne pourraient s'empêcher de le jalouser; puis il se rendit sur le pont, Rascal toujours sur ses pas et attendit que le jeune alchimiste ait fini de profiter de son moment de plaisir ...
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MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Mer 22 Fév - 5:46
En ouvrant les yeux, Gil se rendit compte qu'il avait perdu toute notion du temps. Combien de temps avait-il dormi ? Aucune idée. Mais...du temps s'était forcément écoulé, et il ne fallait pas que cela leur porte préjudice. S'extirpant du bac, tout ruisselant, l'apprenti alchimiste se mit en quête d'une serviette. Chose qu'il ne...trouva pas. Un peu étonné, il tenta de mobiliser ses souvenirs alors que le sol se détrempait un peu plus chaque seconde. Pas de trace d'un quelconque moyen de sécher son corps et d'éponger ses cheveux. Fort-heureusement, il ne faisait pas froid. Gilford se dit simplement qu'il allait se laisser dégoutter, le temps de jeter un oeil à tous ces soins que Ciral lui avait laissé. Un miroir se trouvait adossé à l'un des murs de la petite salle, posé sur un établi. Gil y amena quelques flacons, et put constater qu'il se trouvait dans un état assez lamentable. Presque rachitique, les traits tirés et les yeux creusés, quelques hématomes au niveau des côtes...Au moins il sentait bon cette fois. Il se dit que c'était le moment ou jamais de voir si ces produits allaient fonctionner. Il avait besoin de quelque chose pour son visage, histoire d'effacer ces écorchures et marques de fatigue. Il attrapa un pot rempli d'une crème couleur écru, sur lequel était indiqué...des mots en langage incompréhensible ! De l'Elfique ! Gil se frappa le front de la paume de la main. Son empressement à prendre un bain fut tel qu'il en avait oublié toutes les bases. La serviette, les étiquettes en elfique...Tentant de déchiffrer les symboles en ressemblant les quelques rudiments d'Elfique qu'il connaissait, le jeune homme crut lire "vie", puis "peau".

"...ça devrait le faire"

Appliquant la crème sur son visage, il en ressentit immédiatement les effets : Une sensation rafraîchissante le parcourait jusqu'au bout du nez. Massant légèrement ses joues, il remarqua que ses éraflures se réduisaient comme par enchantement. Les énormes cernes qui lui donnaient l'air d'un panda commençaient a disparaître elles aussi...brillant. Sur un autre bouteille il réussit tant bien que mal à déchiffrer "corps". Et en étalant la mixture sur son torse, il ressentit le même bien-être, et les mêmes effets se produisirent. Les hématomes et la douleur s'étaient évaporés en quelques secondes. C'était un miracle, un véritable prodige. En plus de ses douleurs, Gil aurait juré que sa fatigue, et même sa faim s'étaient atténuées...il ne fallait finalement pas grand chose mais encore fallait-il l'avoir. Goûter à nouveau au bien être n'avait pas de prix, et le plus dur était de se dire qu'il faudrait bien vite se remettre en route. Se retournant vers le baril où stagnaient désormais toutes souillures dont il s'était débarrassé, il constata non sans un sourire en coin que ses vêtements, jetés au hasard, mais d'une manière relativement regroupée, sur le sol de la pièce, formaient un espèce de tas putride. Il les rassembla, les plia et les mit sur un des meubles qui l'entouraient. Il faudra prendre le temps de les récurer à fond une fois toute cette histoire terminée. En attendant, une autre tenue s'imposait, et des vêtements neufs et respirant le luxe lui tendaient les bras...mais ils n'étaient pas dans le coin. Catastrophe. Un peu paniqué à l'idée de s'en retourner sur le pont nu comme un ver, il chercha partout autour de lui, dans les commodes, sous les commodes. Échafaudant un plan qui consisterait à sortir uniquement la tête de la trappe et d'appeler doucement Ciral jusqu'à ce qu'il vienne lui apporter ses guêtres, Gil se dirigea de manière assez décousue vers l'échelle. Il y grimpa, puis, vainquant ses appréhensions, ouvrit la porte de bois.

Soulagement miraculeux. Juste à côté de l'ouverture, quelques vêtements reposaient à même le pont. Soit Ciral les avaient laissés tomber, soit ils avaient été un peu aidés par ce cher Rascal...Quoi qu'il en fut, il s'en saisit, puis s'en retourna vers la soute d'où il se vêtit comme il le put. Son reflet dans le miroir n'avait plus rien à voir avec la triste image qui lui aurait été renvoyée quelques heures plus tôt. Ses cheveux étaient encore mouillés, mais une fois sorti, il sécheraient et se coifferaient d'eux-mêmes. Des bottes marron montantes jusqu'au milieu du tibia, un pantalon noir dont les jambes s'y glissaient. Une large chemise blanche surmontée d'un gilet sans manches rouge foncé, cintré et rehaussé par quelques lignes de dorures au niveau des coutures. C'est ce qu'on appelait avoir fière allure. Il manquait cependant quelque chose...les mitaines de Gil, qui ne le quittaient presque jamais. Il prit le temps de les laver dans son eau usée, reversant une dose de ce liquide à la fragrance florale sur le tissu afin d'en éliminer toute la crasse. Une fois ces gants enfilés, et une touche de parfum ajoutée, l'affaire était bouclée.

Remontant sur le pont il vit que son camarade le pirate l'attendait. Lui aussi avait enfilé sa tenue, et inutile de préciser que son charisme en était sorti largement grandi. Gil lui posa la main sur l'épaule :

"Mon cher vous êtes absolument parfait ! Pendant notre trajet et mon bain, j'ai mis au point notre couverture. Si ça te va, nous serons deux frères de Lotheican. Toi étudiant la comédie et moi l'alchimie. Si nous nous présentions comme Asunians, nos chances de rester incognito s'en retrouveraient drastiquement réduites. Tout le monde se connait dans ces réceptions...Bref, je pense que nous sommes fin prêts. Si tu as encore le moindre doute n'hésite pas à en parler, le moindre petit rien peut faire basculer notre plan. Restons dans notre rôle, ne nous aventurons pas sur des terrains où nous ne serions pas à notre avantage et tout devrait bien se passer..."



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MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Mer 22 Fév - 9:42
Accoudé au pavois de son navire, le capitaine contemplait la mer qui s'étendait au loin. Le soleil, sûrement fatigué de cette journée, commençait à se coucher, pour ne faire bientôt qu'un avec l'horizon. Bien des légendes pirates circulaient à propos de ce moment où le soleil disparaissait derrière l'océan. Après quelques bouteilles de rhum, quelques vieux pirates prétendaient avoir vu l'espace d'un bref instant, un rayon aveuglant de lumière verte s'échappait vers le ciel. D'autres prétendent que si l'on se rend à un certain endroit et en faisant faire à son navire une manœuvre bien particulière, on pouvait accéder à un autre monde, à ce que certains appellent l'Au-Delà; le problème étant que plus personne ne se rappelle ni du lieu, ni de la manœuvre. C'est comme ça que les légendes naissent, d'un vieil alcoolique vous contant quelques histoires, parlant d'un lieu surprenant et d'un vieux bout de parchemin perdu on ne sait où -sinon il ne serait pas perdu- vous révélant les secrets les mieux gardés de ce monde. Son île lui manquait ...

Un main venue se poser l'épaule de Ciral le sortit de sa rêverie, et accompagné d'un léger sursaut, il se retourna.
"Mon cher vous êtes absolument parfait ! Pendant notre trajet et mon bain, j'ai mis au point notre couverture. Si ça te va, nous serons deux frères de Lotheican. Toi étudiant la comédie et moi l'alchimie. Si nous nous présentions comme Asunians, nos chances de rester incognito s'en retrouveraient drastiquement réduites. Tout le monde se connait dans ces réceptions...Bref, je pense que nous sommes fin prêts. Si tu as encore le moindre doute n'hésite pas à en parler, le moindre petit rien peut faire basculer notre plan. Restons dans notre rôle, ne nous aventurons pas sur des terrains où nous ne serions pas à notre avantage et tout devrait bien se passer..."

La personne qui se tenait devant lui n'avait presque plus rien en commun avec le jeune garçon crasseux qu'il avait quitté. Gilford ressemblait à présent à ces étudiants et érudits fortunés que l'on pouvait apercevoir se pavaner dans les allées de Lotheican. Son teint avait retrouvé une netteté impeccable, et il semblait même avoir grandi, en vérité, il s'était juste redressé, comme si, auparavant, de nombreux coups parsemés son corps et l'empêchant de se tenir droit sans le faire terriblement souffrir. Un autre détail, mais pas le moindre, l'épouvantable odeur qui accompagnait le garçon avait été chassée et remplacée par de délicats arômes issus des plus merveilleux territoires elfiques.

"Ah ! Je vois que Rascal t'a apporté les vêtements que j'ai oublié de te donner avant que l'on se sépare ! J'ai hésité à te les apporter en songeant au comique de la situation que cela créerait si tu avais du sortir de la cabine avec juste une serviette sur le corps !
...
Mais quel idiot je fais ! J'ai également oublié de te donner une serviette ! Cela aurait été nettement plus gênant pour toi ! Heureusement que Rascal a insisté en grognant pour désapprouver mon plan ! Tu sais, je crois qu'il t'apprécie vraiment beaucoup !"
Le raton-laveur acquiesça les dires de son maître par une sorte de jappement.

Ce jeune alchimiste se révélait toujours plus impressionnant, cette capacité à pouvoir élaborer des plans d'une telle qualité était réellement surprenante. Toutefois, ce don devait certainement jouer dans cette manie de ne pouvoir se relâcher et profiter de l'instant présent, enfin bon, tout s'apprend et il y parviendrait aussi ... un jour.
Des doutes, Ciral en avait. Les gardes, bien que peu nombreux, et probablement imbéciles, ne cessaient de regarder les convives; pas par méfiance, oh ça non, ils n'en ont pas l'intelligence nécessaire, mais juste par jalousie et luxure. Par conséquent, opérer sans se faire remarquer, relèverait presque du miracle, mais des solutions, il en existait mais cela se déciderait sur place. Un plan n'était jamais parfait, et tout ne peut se dérouler exactement comme prévu, et c'était ça qui était justement intéressant dans la vie !

"Au fait, ton projet me semble parfait Gil' ! Étudiant en comédie à Lotheican, ça me plait beaucoup et je ne devrais avoir aucun mal à me glisser dans ce rôle ! De plus, je n'ai jamais réellement aimé Asunia, ça m'aurait fait mal de devoir feindre d'y vivre, même pour une soirée ! Et bien, tout me semble réglé, il ne nous reste plus qu'à nous mettre en route, vu l'heure, nous avons largement le temps, ce n'est pas la peine de nous presser !"

Le Blue Corbel déplia le ponton comme s'il avait deviné que c'était l'heure pour les trois compères de partir, Ciral quitta alors son navire en rejoignant le port et invita l'alchimiste à le suivre.
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MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Jeu 8 Mar - 8:52
Gil choisit de ne pas dire un mot durant leur trajet. Il ressentait un mélange de sentiments assez étrange. De l'espoir, mêlé de beaucoup d'appréhension. Il savait qu'il n'avait rien à faire là où il allait se rendre. Il allait s'y rendre qui plus est avec un escroc. Beaucoup de choses entraient en collision dans son esprit. Après tout, le monde qui l'attendait ce soir était celui qui lui était promis. En tant que jeune prodige de l'alchimie, la haute société l'aurait accueilli à bras ouverts. Il aurait pu devenir membre des cercles intellectuels les plus prisés, échanger en continu avec d'autres brillants esprits, qui sait, peut-être marquer la science alchimique de son nom ? Habillé comme il l'était, Gil ressentit comme un pincement au coeur. Avait-il réellement fait le bon choix en claquant la porte à l'académie de Lotheican comme il l'avait fait ? Peut-être pas après tout. Aux premiers abords, il pensait que son choix serait définitif et sa situation irrémédiable. Et voilà que la vie qu'il mène le pousse à s'associer avec un pirate pour pouvoir casser la croûte dans une soirée noble, histoire de ne pas mourir de faim...peu glorieux. Ainsi le "Non, Jamais" commençait à changer d'apparence, prenant petit à petit la forme d'un "Et pourquoi pas un jour...revenir sur mes pas." Un brin pensif, il tenta de quitter ses rêveries afin de revenir dans son rôle. Rôle qui n'en était au final pas un, du moins pour lui. Il n'avait qu'à être...naturel. Lui-même, ou plutôt celui qu'il aurait du être...

Asunia ayant été bâtie sur une petite chaîne de montagnes, les propriétés les plus imposantes se trouvaient logiquement en hauteur. Le château royal se trouvait sur le point le plus haut. Mais curieusement la demeure du Roi ne constituait pas le domaine le plus étendu de la ville. Sur les quelques hauteurs qui entouraient le fort se répartissaient des terrains immenses, que les familles courtisanes les plus riches s'étaient offerts dès les origines de la capitale. Gil et Ciral se rendaient vraisemblablement dans unes de ces propriétés, au vu du chemin qu'ils étaient en train d'emprunter. Quittant les faubourgs, et traversant diverses places dans le crépuscule ils arrivèrent aux pieds des collines. Faisant face à un large escalier de pierre qui semblait s'enrouler autour de la colline, les deux compagnons furent salués par une femme d'âge mur qui les descendait. Cette entrevue ne dura que quelques secondes, mais elle avait son importance. Il avaient été considérés comme deux jeunes nobles, exactement comme cela était prévu. "Excellent" pensa Gil, ne pouvant réprimer un petit sourire satisfait. Ils se remirent en route. Au fur et à mesure qu'ils gravissaient les marches, le soleil poursuivait son chemin vers l'horizon. Eux montaient, lui descendait, cela donnait un effet tout à fait poétique à leur ascension, telle une aquarelle dépeignant le destin de deux jeunes hommes dont la destinée se lisait dans les étoiles plutôt que sur les pavés des ruelles crasseuses.

Le domaine qui s'étala devant eux alors qu'ils levaient le pied de la dernière marche était littéralement à couper le souffle. Du gazon à perte de vue. Un terrain immense, parsemé de petits chemins pavés de petites dalles qui semblaient mener qui les suivraient dans les différentes parties de la propriété. Prenant tout droit, Gilford et Ciral atteignirent un large portail garni de ferronneries en tous genres. Fort-heureusement il était ouvert. Les contrôles devaient se faire un peu plus loin, ce qui arrangea nettement le jeune alchimiste, qui ne s'imaginait pas gravir les si hautes clôtures qui jouxtaient l'entrée, au surplus surmontées de pointes qui semblaient relativement acérées...pas le genre d'escalade que l'on entreprend en cette tenue pour le coup. Deux gardes étaient postés aux abords des portes. Eux aussi saluèrent les deux damoiseaux qui s'avançaient. Gil le leur rendit poliment. C'est alors qu'ils purent constater qu'ils n'étaient pas les premiers sur les lieux, loin de là. Une foule de gens était rassemblée dans les jardins, de tous âges et de tous...non pas de tous les milieux, oh que non. Il parut à Gil que n'importe laquelle des personnes présentes autour de lui aurait pu acheter la moitié de la ville d'un claquement de doigts. C'était à la fois dérangeant et fascinant. Mais il fallait bien faire la part des choses. C'était dans un tel environnement qu'il allait passer la soirée, et il fallait se projeter un minimum. A partir de maintenant lui aussi était riche. Très riche. C'est alors qu'ils arrivèrent en vue du manoir. Édifice au combien imposant lui aussi. Très richement décoré. Mais entouré par tant de fastes, cela n'était presque plus surprenant.

L'intérêt de Gil grandit cependant lorsqu'il put apercevoir les quelques gardes qui patrouillaient autour d'eux. Rien de bien effrayant. Devant l'entrée du bâtiment, deux gardes en poste vérifiaient les cartons d'invitation des personnes qui souhaitaient entrer. C'était à ce niveau que la diversion devait se jouer. Par chance, le destin amena de lui même tous les ingrédients. Un couple âgé, vraisemblablement des personnes très importantes se présenta aux gardes. La coiffe de la vieille femme était sertie de pierres précieuses et devait valoir une véritable fortune. Gil se tourna vers Ciral...puis vers Rascal qui se fondait dans l'ombre de son compagnon et ami. Ne sachant pas vraiment s'il pouvait adresser la parole à un animal sans perdre toute crédibilité, il s'y risqua tout du moins :

"Rascal, c'est le moment pour toi d'entrer en scène ! Tu vois cette coiffe qui brille de mille feux ? Attrape-là, ne la lâche pas et cours ! Quelques minutes suffiront. Ensuite laisse-la retomber, et cache toi quelque part jusqu'à notre retour. Dépêche-toi, le vieux couple va bientôt entrer !"
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Jeu 15 Mar - 9:50
Le chemin vers la réception se fit en silence. Ciral savourait ce moment qu'il appréciait tant, le début de cette montée d'adrénaline qui précède un évènement important. Le pirate avait pourtant l'habitude de ce genre de mauvais coups, à plus ou moins grande échelle, mais ce qui déclenchait cette excitation et, quoiqu'il puisse prétendre, appréhension, c'était justement le fait de s'y être préparé, d'avoir un projet et même un plan. L'inconvénient de ce genre de planification se situait justement dans le fait qu'il faut que les choses se déroulent comme prévues, et que le moindre débordement peut faire perdre ses moyens aux auteurs du plan. Et c'était bien pour cela que Ciral avait déjà prévu de ne pas respecter la parfaite petite organisation de l'alchimiste, grand bien lui en fera, ce sera un bon moyen de lui faire comprendre le sens de la vie ...

Lors de leur ascension vers les sommets habitables d'Asunia, le trio croisa le chemin d'une femme d'un certain âge qui prit le temps de les toiser du regard et de les saluer, Ciral remarqua le sourire qui s'invita sur le visage de son compère, celui-ci, sûrement satisfait du succès de leurs déguisements et donc de la première partie de son plan. D'autres personnes descendaient le long escalier qui séparait les luxueuses demeures du bas de la ville, la plupart les saluèrent, d'autres passaient simplement leur chemin. Mais tous portaient cette fierté hautaine sur le visage, comme si le fait d'habiter dans ces hauts quartiers leur donnaient le droit de se prétendre égaux des dieux et de mépriser les autres "simples mortels" ...

Enfin, ils arrivèrent à destination, un gigantesque bâtiment entouré d'une multitude de jardins tous illuminés comme si des milliers de lucioles y logeaient. Des gardes patrouillaient au milieu de la foule présente, le cerveau pirate de Ciral se mit en branle devant l’apparat de cette population, autant d'or réunie au même endroit alors que certaines personnes, vivant à seulement quelques kilomètres de là, n'en connaissent même pas la couleur.
Mais qu'importe, ce qui cibla l'attention du capitaine à ce moment précis, était les deux gardes chargés de vérifier les cartons d'invitation. Alors qu'il réfléchissait à un moyen d'entrer sans trop attirer l'attention, le pirate entendit un léger murmure provenant de Gilford. Mais avant qu'il ne puisse comprendre ce qu'il venait de dire, il sentit son compagnon Rascal quittait son ombre pour filer à toute vitesse vers l'entrée où se trouvait un couple composé d'un vieux monsieur plutôt rachitique mais richement vêtu et d'une grosse femme d'un âge quelque peu avancé et ressemblant fortement à une armoire à bijoux tellement elle en était recouverte.
Ce qui se passa ensuite fut plutôt hilarant, le raton-laveur prit appui sur le monsieur, qui sous le choc plongea tête première dans la volumineuse poitrine de sa partenaire, avant de sauter sur les épaules de celle-ci et lui dérober son chapeau brillant de mille feux. La dame hurla aux gardes de l'entrée de se dépêcher d'attraper cette créature et de lui ramener son chapeau en parfait état, Rascal fonça à travers la foule qui ne semblait pas encore avoir compris d'où venait toute cette agitation.

"Et bien, mon cher ami, je crois qu'il est temps pour nous de rentrer dans cette somptueuse demeure. Il ne fait aucun doute que Rascal saura se défaire des abrutis de poursuivants."

Gilford et Ciral profitèrent donc de la confusion qui régnait parmi les invités encore dehors, pour se faufiler vers les portes de ce "palais".
Une fois à l'intérieur des murs, Ciral fut ébloui par la lumière qui régnait à l'intérieur, non pas qu'il y avait beaucoup d'éclairages, mais les rayons de lumière semblaient se refléter à l'infini sur les nombreuses décorations en or omniprésentes dans cette salle de réception.
Des gardes, au regard brillant d'une étrange lueur, étaient postés aux encadrements de chaque accès aux balcons. Mais Ciral se contrefichaient de ces gardes, ce qui l'intéressait était l'autre type de population présente ce soir. Les bourgeois s'étaient rassemblés par groupe de quatre ou cinq autour des buffets et se taillaient la bavette, tous arguant leurs dernières dépenses, en se gardant bien de préciser à quel point elles ne leur étaient d'aucune utilité, juste l'apparence. Mais qu'à cela ne tienne, certains devraient sûrement devoir se serrer la ceinture à l'avenir, car Ciral comptait bien leur déserrer les bourses !

"Gilford, je crois bien que le moment est venu pour de nous amuser comme il se doit ! Remplissons nous de ce que nous sommes venus chercher ce soir !"
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Dim 18 Mar - 2:32
La scène qui se déroula devant les yeux des deux compagnons était aussi amusante que, dans une certaine mesure, jouissive. Rascal était décidément un sacré renard...enfin raton, façon de parler. Une exécution parfaite et feutrée. En un rien de temps la coiffe sertie de joyaux s'était retrouvée entre ses griffes. Et déjà les gardes postés aux alentours se lançaient à la poursuite de la bestiole, sous les invectives quasi-hystériques de cette chère Baronne (quoique rien ne laissait penser qu'elle fut spécialement Baronne, Duchesse, ou Impératrice de n'importe quel coin perdu de Midgard, Gil se plaisait à penser qu'elle portât le titre de Baronne. C'était d'autant plus folklorique à son goût). Ainsi la voie se retrouva rapidement dégagée. Les soldats, bien occupés à courser le raton, d'ailleurs beaucoup plus rapide qu'eux, comme les invités, dont l'attention était complètement détournée par la cocasserie des évènements, ne portaient plus la moindre espèce de considération à ce qui les entouraient. Après avoir échangé un regard satisfait, Gilford et Ciral en déduirent sans échanger mot que le moment était idéal pour passer les portes de la gigantesque demeure. Ce qu'ils firent en toute discrétion.

Après avoir traversé le grand hall et monté un large escalier recouvert d'un magnifique tapis pourpre, les deux nobles d'un soir pénétrèrent dans la salle de réception. L'ambiance était toujours aussi fastueuse, peut-être même encore plus que tout ce que Gil avait pu observer depuis qu'ils étaient arrivés sur les propriétés des riches. La lumière était omniprésente. Les lustres en cristal amplifiaient la lumière des chandelles de manière absolument enchanteresse. Cela sans compter sur les reflets d'or qui nimbaient chaque recoin de la pièce. Les dorures étaient partout. Sur les meubles, les murs, chaque renfoncement y avait droit. En quelques secondes, le cerveau de l'alchimiste associa cet endroit à une idée toute simple : Si un lieu dans le monde devait représenter le luxe le plus extrême...il s'agirait de cette salle de réception. La pièce en elle-même était déjà impressionnante, mais ce qui la remplissait l'était encore plus. D'innombrables tables et tréteaux répartis dans toute la largeur de l'espace, surmontés de toute les victuailles possibles et imaginables. Face à une telle diversité, Gil se sentit un instant défaillir. Quelle folie, quelle folie. Il n'était plus capable de penser, la faim qui le tiraillait depuis des jours, l’existence miséreuse qu'il menait, la saleté, le dédain, le mépris. Plus rien de tout ça maintenant. A table.

"Gilford, je crois bien que le moment est venu pour de nous amuser comme il se doit ! Remplissons nous de ce que nous sommes venus chercher ce soir !"

Ciral avait dit quelque chose, Gil l'avait entendu, mais son irresistible marche en avant avait déjà débuté. Ce n'était pas important rien ne pouvait l'être plus que toute cette nourriture. Enfin, ce moment, il en avait cent fois rêvé, un tel festin...Si bien qu'une fois arrivé à hauteur d'un des buffets, il ne savait même plus précisément ce qu'il avait en face de lui. Son subconscient lui dictait simplement le programme "Rester distingué et relativement discret, afin de ne pas se faire repérer." Pour le reste, un instinct quasi animal se développa en Gil. De toutes les parties de son corps, seules les papilles et l'estomac avaient le privilège d'exister. Un compte de fées, c'était un véritable rêve. Le paradis.

Ainsi impossible de savoir le temps que Gilford passa à se remplir la pense. Papillonnant d'une table, d'une saveur, d'une consistance à l'autre, lâchant parfois un rapide "Oui, n'est-il pas !" aux quelques "Exquis, ces magrets !" qui arrivaient à ses oreilles alors qu'il avait la bouche à moitié pleine. C'est alors que vint le moment où il se sentit repu. Il crût un instant qu'il allait s'évanouir de bonheur. Il n'avait qu'une envie, aller trouver un lit et se coucher, s'endormir enfin propre et rassasié. Mais au lieu de se perdre à nouveau dans ses rêveries, il sentit une main se poser sur son épaule. Il pensa un instant que son camarade le pirate souhaitait lui faire part de quelque chose, mais en se retournant Gil constata qu'il n'en était rien. Il se figea un moment lorsque ses yeux lui dévoilèrent le visage d'un homme d'une cinquantaine d'années, dégarni sur le devant du crâne, aux cheveux châtains derrière. De corpulence plutôt trapue, portant de petites lunettes. Celui-ci lui adressa amicalement la parole :

"Eh bien mon jeune ami, quel appétit vous avez ! D'où venez-vous donc pour que votre voyage vous ait affamé à ce point ?"

La discussion était à présent lancée, question de revenir en arrière :

"-Eh bien mon cher monsieur, je viens de Lotheican, je suis étudiant alchimiste à l'académie de magie. Je suis venu avec mon frère, comédien, pour profiter quelque peu d'une réception mondaine à la capitale...Un cadeau de notre père dirons nous !
A mesure que Gil parlait, il se rendait compte qu'il donnait peut être trop de détails. Rester discret et prudent était extrêmement important,il lui fallait se calmer.
-Oh je vois ! Effectivement vous venez d'assez loin. Je me nomme Fredegar, il se trouve que je suis moi aussi un savant ! Je m'intéresse quelque peu à l'alchimie, mais mes connaissances sont plus qu'éparses en la matière. Je discutais avec quelques amis du cercle des sciences modernes d'Asunia, voudriez-vous vous joindre à nous ?"

Incroyable. Pourquoi une telle opportunité se présentait-elle aussi naturellement...discuter avec d'autres esprits brillants...quelle chance incroyable ! Sans réfléchir, Gil donna son approbation. L'homme, Fredegar le conduisit auprès de ses camarades, d'autres hommes...finalement d'à peu près tous les âges. Ils abordèrent des sujets aussi variés que l'application des formules quantiques aux inventions traditionnelles et au travail de la matière, de la création de nouvelles substances synthétiques, ou encore de l'application de la magie aux objets traditionnels. Le jeune homme put sans problème partager ses théories avec les personnes présentes, qui louèrent du même coup sa vivacité d'esprit, surtout pour son jeune âge. Après peut-être une heure ou deux d'échange, Fredegar le prit à parti, puis se rapprocha de lui comme pour lui parler doucement à l'oreille.

"-Gilford. Il faut que je vous parle. Je crois que vous ne nous avez pas tout dit. Je crois vous connaitre, je pense que vous nous mentez. Pas sur tout, mais sur un détail, un détail qui peut à mon avis tout changer.
Gil amorça un mouvement de recul
-Vous...vous croyez me connaître ? Je ne vous ai pourtant pas menti, je suis étudiant à l'académie de Lotheican, je suis alchimiste je...
-Non, non mon jeune ami. Vous l'étiez. Je me souviens à présent. J'étais en conférence à Lotheican il y a de cela trois jours. J'ai vu votre visage sur des affiches là-bas. On vous recherche. Vous avez disparu il y a de cela deux mois. On a lancé des appels à témoins, on recherchait un jeune homme avec des connaissances poussées en alchimie, et le signalement correspond exactement au votre. Gilford Howling vous avez des choses à m'expliquer...Comment avez-vous pu rester invisible aux yeux de tous pendant si longtemps ? Et comment diantre avez-vous pu infiltrer cette réception ? Vous êtes quelqu'un d'extraordinaire vous savez ?"

Fredegar prononçait ces paroles de manière extrêmement bienveillante. Aucun doute, sa curiosité était toute innocente. Il était tombé sur...quelqu'un d'aussi différent que lui, et Gil sentait qu'il pouvait lui répondre sans crainte :
"-Eh bien..."

Soudain un coup de feu retentit. Quelques cris de femme suivirent. Toute la foule présente se retourna quasi-instantanément vers la source de la détonation, dans un silence des plus pesants. Un attroupement de soldats se tenait près de l'entrée de la salle. L'un d'eux avait un pistolet encore fumant pointé vers le plafond. Celui-ci s'adressa à toute l'assemblée :

"QUE PLUS PERSONNE NE BOUGE. A PARTIR DE MAINTENANT NOUS SOMMES LES MAÎTRES DE LA SOIREE. VOUS ALLEZ DOCILEMENT SUIVRE NOS INSTRUCTIONS, SI VOUS VOULEZ QUE TOUT SE PASSE SANS LE MOINDRE MAL..."
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Lun 19 Mar - 9:51
Aussitôt que Ciral eut fini sa phrase, l'alchimiste partit en direction du buffet, les yeux remplis d'étoiles. Le pirate craint, l'espace d'un instant, que l'estomac de Gilford ne lui fasse défaut et le trahisse mais il n'en était rien. Son cerveau semblait garder le contrôle et lui faire avoir un comportement très distingué tout en lui permettant de se nourrir à sa guise.
Amusé, Ciral commença à faire son petit tour de salle pour repérer ses futures victimes. Avoir réussi à s'infiltrer ici et pouvoir y circuler librement était une aubaine à peine imaginable. Le capitaine s'autorisait d'avance à rêver de tout ce qu'il pourrait faire avec l'or qu'il récolterait à cette soirée ! Améliorer le Blue Corbel, s'acheter de nouveaux vêtements, renouveler son stock de poudre, s'offrir le meilleur rhum de tout Midgard et remercier ses parents pour tout ce qu'ils ont su faire pour lui !
Et s'invitant de groupes en groupes, s’immisçant de la manière la plus distinguée qu'il soit en allant dans le sens de l'orateur du moment, Ciral put faire un rapide bilan sur les personnes les plus riches de cette soirée, et lesquelles il serait le plus facile de voler sans qu'elles ne s'en rendent compte. Il était temps pour lui de passer à l'action.

Première cible, un homme rondouillard portant un haut de forme ridiculement coloré ! Mais ce qui intéressait surtout le pirate, c'était cette montre à gousset en or et sertie de diamants qui pendait le long de sa cuisse. Ciral s'approcha de ce monsieur, en plein discours sur la colère que lui inspirait tous les badauds que l'on pouvait croiser dans les rues d'Asunia, et lui demanda quelle heure était-il. Ruse pouvant sembler grossière sachant que le butin convoité était justement cette montrer, mais maintenant que la victime venait de regarder à sa montre, elle n'en éprouverait plus le besoin avant quelques temps, et il sera alors trop tard pour qu'il comprenne le subterfuge.
Le gros monsieur se fit une joie de lui répondre en empoignant sa montre et en la levant suffisamment haut pour que tout le monde puisse l'admirer, et lorsque sa réponse fut donnée et qu'il laissa retomber son trésor que ne serait bientôt plus sien, Ciral lui serra la main en énonçant à quel point il était en accord avec ce qu'il venait de dire et en rajoutant même à quel point la sécurité d'Asunia était déplorable. Et avant que la montre n'ait entamé son premier balancement du à sa retombée, d'une main agile, le pirate défit la sécurité rattachant la pièce d'horlogerie à sa chaine, et glissa son premier butin dans sa propre poche. La diversion s'étant déroulé parfaitement, le bourgeois ne se rendit compte de rien et Ciral en profita pour lui dire faussement à quel point son couvre-chef était élégant.

Le capitaine chercha son acolyte du regard et le trouva en pleine discussion avec un homme trapu qui l'emmena au beau milieu d'un groupe de personnes qui se différenciaient du reste des invités, non pas par leur physique qui était du même niveau social que les autres, mais plutôt par leur attitude de par laquelle semblait transparaitre une grande intelligence. Et étrangement, ces personnes avaient sensiblement cette même lueur que Ciral avait pu voir dans le regard de Gilford, cet éclat d'ingéniosité. Loin de s'inquiéter, le pirate se dit que le petit arriverait bien à se débrouiller de toute manière.

Et c'était parti pour la deuxième cible, cette fois, il s'agissait d'une femme particulièrement grande et qui arborait, sur son décolleté, une magnifique broche en forme de papillon dont les ailes rayonnaient grâce aux saphirs qui y étaient logés. La manœuvre serait cette fois plus délicate, mais cela n'en était que plus amusant. Ciral décida d'utiliser son charme et son agilité innée pour subtiliser ce bijou ... C'est ainsi que le pirate engagea le contact d'un baise-main accompagné d'un légère courbette.

"Je vous prie de pardonner mon impudence, gente dame, mais je suis peine de devoir résister à votre incroyable grâce qui m'illumine depuis le début de cette magnifique soirée. Et vous feriez de moi l'homme le plus chanceux de ce soir si vous m'honoriez de votre majestueuse présence le temps d'une valse."

Des compliments, encore et toujours, l'avantage de ce genre de femmes, c'est qu'il n'y en aurait jamais trop et on ne pouvait donc craindre de tomber dans l'excès. La Baronne, comme décida de la surnommer Ciral, se contenta de glousser et lança un regard empli de fierté à ses amies avant de se laisser aller dans les bras du pirate. Et la danse, commença.
Par chance, Ciral n'était pas mauvais danseur et la supercherie pouvait donc perdurer.
Un, deux, trois; ta broche sera à moi ...
Quatre, cinq, six; avant même que cette danse ne finisse ...
Sept et huit; il ne me restera alors qu'à prendra la fuite ...
Mais au milieu d'une des rotations, Ciral put apercevoir Gilford qui discutait avec le même homme que tout à l'heure, mais semblait cette fois-ci bien plus embarrassé. Ce serait-il fait démasqué ? Impossible, pas ce génie en herbe ... Et pourtant, il semblait que ce fut le cas. Le pirate se dépêcha de commettre son larcin et sur la rotation suivante avait déjà abandonné sa partenaire pour rejoindre l'alchimiste.

Cependant avant même qu'il ne puisse l'atteindre, autre chose attira son attention. Le bruit caractéristique d'une arme à feu suivi d'une voix tonitruante :

"QUE PLUS PERSONNE NE BOUGE. A PARTIR DE MAINTENANT NOUS SOMMES LES MAÎTRES DE LA SOIREE. VOUS ALLEZ DOCILEMENT SUIVRE NOS INSTRUCTIONS, SI VOUS VOULEZ QUE TOUT SE PASSE SANS LE MOINDRE MAL..."

C'était un des gardes qui avait parlé, c'était donc cela cette étrange attitude que Ciral avait décelé en début de soirée. Rapidement, le pirate fit un rapide tour des issues qui s'offraient à lui pour en sortir indemne. A quelques mètres derrière Gil' se trouvait un grand vitrail qu'il serait aisé de briser et de s'y précipiter pour fuir à travers les jardins de l'hôte. Le seul problème était le colosse qui se trouvait non loin de l'alchimiste et qui réagirait sûrement à la moindre approche du pirate.
Les autres issues étaient toutes gardées par d'innombrables soldats et la porte principale avait été condamnée avant même que quiconque puisse réagir.
L'unique solution se trouvait donc droit devant ... mais comment faire pour que l'énorme sentinelle ne fasse pas de mal à Gilford. Toutefois, la question semblait devoir être réglée rapidement car le garde regardait avec trop d'insistance le jeune alchimiste pour qu'il ne nourrisse déjà de mauvaises intentions. Il fallait se hâter ...
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Dim 25 Mar - 7:18
Stupeur devait être le mot qui convenait le mieux pour décrire l'ambiance qui avait empli en un instant l'ensemble de l'immense salle de réception. Les paroles tonitruantes prononcées par le soldat étaient incompréhensibles. Haussant la voix au nom de tous ses camarades, il venait de déclarer sa troupe maître de la soirée. Mais pourquoi ? Deux possibilités : Soit ils recherchent la richesse, soit ils recherchent le pouvoir. Ou alors...

"Vous vous demandez certainement quel est le sens de tout cela ? Eh biens très chère noblesse, je vais vous le dire. Nous sommes ici pour nous VENGER !"

A ces mots, Gil sentit son estomac se tordre, comme si un poids immense venait de l'écraser. Il ne put s'empêcher de lâcher un "Oh non...". Le chef des soldats poursuivit son discours. Et plus les mots coulaient, plus la folie de cet homme transparaissait. Ses intentions étaient certes politiques. Mais son propos manquait de cohérence. Il parlait de révolution, de renouveau, d'une terre d'égalité où les privilèges seraient abolis. Que tous les soldats devaient être ceux qui guideraient le peuple vers cet éden, car ce sont eux qui les premiers étaient confrontés aux délires monomaniaques de cette caste suprême et de leur insondable richesse. Si seulement il s'en était arrêté là, Gilford aurait été d'accord avec lui. Même Ciral après tout, partageait ce point de vue. Mais l'insanité de la situation allait crescendo, alors que le soldat évoquait, non sans un certain plaisir sadique, la manière dont les évènements allaient se dérouler...

"Bien ! A présent nous allons tirer au sort quelques uns d'entre vous...ils seront les premiers à goûter à notre Révolution...Ah oui, petite précision, elle aura certainement un petit arrière-goût d'acier..."

Cet homme n'était pas un idéaliste, et encore moins un stratège politique. Non, la fureur transparaissait dans ces yeux, et sous couvert de ce concept de pseudo-putsch, il avait rassemblé une bonne soixantaine d'hommes. Tous aveugles, enfin, peut-être pas tous. Certains d'entre eux se sont peut-être laissés abuser par les beaux discours de cet illuminé, mais d'autres étaient là pour la même raison. Ils étaient là pour égorger du noble.
Soudain Gil décolla du sol. Un bras immense venait de se nouer autour de son cou, alors qu'un autre lui liait les mains. La surprise, ainsi que la brutalité de sa capture, lui firent lâcher un puissant cri de douleur. Son agresseur était bien plus grand que lui, beaucoup plus large également. Impossible de le voir, mais il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait d'un véritable colosse. Tout mouvement était absolument inenvisageable. Le piège s'était refermé. Fredegar s'élança vers le géant en criant le nom de Gilford. Mais celui-ci fut immédiatement repoussé d'un puissant coup de pied qui le fit voler sur un ou deux mètres. Envolée qui s'acheva sur une lourde chute, qui amena également un cri à sortir de la bouche du scientifique. Le Goliath ne semblait guère ravi de cette initiative, un peu idiote, bien qu'assez héroïque.

"ON NE BOUGE PAS !" Venait t'il d'éructer de sa voix de gorille. Ordre destiné en priorité à ceux qui l'entouraient. Gil était de toute façon entièrement entravé, la capacité de se mouvoir lui avait totalement échappé. Il put cependant se rendre compte que quelques autres personnes avaient subi le même traitement que lui un peu partout dans la salle. Ils étaient une dizaine. Cela voulait dire...qu'il avait été "sélectionné". C'est à l'instant où il s'en rendit compte que la panique prit possession de lui. La situation venait de passer d'incompréhensible à désespérée, en un instant. Et ce changement brutal eut un effet désastreux sur la psychologie de Gilford. A la simple évocation de la pensée : "Je vais mourir", sa respiration se brusqua, jusqu'à perdre toute forme d'ordonnancement. son coeur s'était emballé, il battait à tout rompre. Sa vision s'était réduite à un ensemble flou, et impossible de savoir si c'était le déclenchement d'un certain instinct de survie ou simplement son cerveau qui n'était plus assez oxygéné. Sa tête se tournait dans tous les sens et son regard se perdait au hasard des visages tantôt figés, tantôt paniqués qu'il apercevait. Puis il vit Ciral.

Ciral ! Son compagnon, son seul espoir ! Il avait forcément une arme sur lui, il devait l'utiliser !...Non...C'était trop dangereux, il y avait trop de gens et l'attention éparse de la foule ne trahissait pas la concentration des gardes...prêts à défourailler au moindre signe suspect...Non il fallait trouver un moyen de provoquer un relâchement global de l'attention de toutes les personnes présentes en même temps...Puis fuir. C'était lâche mais qu'importe. Le chacun pour soi était la seule option valable. Et qui sait, peut-être que les actions isolées des uns permettraient à d'autres de s'en sortir. Quoi qu'il en soit, il n'y avait pas de temps pour se montrer altruiste, la situation exigeait l'exécution d'un trait de génie. Comment parvenir à ce résultat en si peu de temps...Relevant la tête, Gil comprit que la solution pourrait bien venir du plafond : Les lustres ! Ciral pouvait rompre en quelques tirs les fixations d'un ou deux chandeliers. Leur chute permettrait de créer la diversion souhaitée. Mais la salle était quasiment pleine, et en agissant de la sorte, il aurait forcément des blessés...voire des morts. Pourtant aucune autre solution ne venait à l'esprit de Gil Et encore fallait-il que cette idée vienne à l'esprit du pirate ! Peut-être avait-il autre chose en tête...En tout cas mieux valait que ses neurones s'activent, afin que la situation ne dégénère pas, passant de la stupeur au chaos.
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Lun 26 Mar - 9:35
"Vous vous demandez certainement quel est le sens de tout cela ? Eh biens très chère noblesse, je vais vous le dire. Nous sommes ici pour nous VENGER !"

Bien sûr, toute cette mascarade ne pouvait mener qu'à cela ... Après tout, les gardes d'Asunia faisaient partis de ceux qui étaient les mieux payés, et encore plus dans cette partie de la ville. Cependant, il restait tout aussi vrai que leurs conditions de travail étaient des plus irrespectueuses ... surtout dans cette partie de la ville. Redoutés et craints dans la partie basse, mais considérés comme du petit personnel dans la partie haute. Et pourtant, sans eux, bien des bourgeois ne le seraient plus à l'heure actuelle, ils seraient depuis longtemps détroussés ... ou morts.
Mais pour l'heure, il était surtout temps de récupérer discrètement le jeune alchimiste et de mettre les voiles loin de ce coup d'état qui ne les regardait aucunement. Après tout, les deux compères n'étaient pas de ce monde-là et ne les affectaient en rien, du moins c'est ce que croyait le pirate.
Mais le visage du soldat, qui devait sûrement être le meneur, se déforma sous l'apparition d'un véritable sourire démoniaque et d'un sourire de dément. Lors de ses aventures, Ciral n'avait pas encore eu l'occasion de croiser un être venu des Terres Damnées, mais le garde semblait animé d'une fureur digne de quelqu'un de possédé par une de ces entités, et qui effraierait un bon nombre d'exorcistes. Et s'il était évident que certains de ses partisans étaient là pour faire valoir leurs droits, par la force s'il le faut, d'autres n'étaient là que pour utiliser cette violence et faire couler du sang bleu.

"Bien ! A présent nous allons tirer au sort quelques uns d'entre vous...ils seront les premiers à goûter à notre Révolution...Ah oui, petite précision, elle aura certainement un petit arrière-goût d'acier..."

Quelle bande de crétins ! Tout ça finira dans un terrible bain de sang si ça continue ainsi ...

A cet instant, une dizaine de personnes se retrouvèrent soudainement emprisonnées de ces brutes épaisses. Pour Ciral, il devenait urgent de retrouver Gil' et de prendre la poudre d'escampette. Ne retrouvant pas son compagnon du regard, il imagina le pire scénario et se mit à toiser les captifs en priant pour que son nouvel ami n'en fasse pas parti ... Et ce qu'il vit confirma sa certitude d'être non-croyant ... L'alchimiste ne touchait plus pied à terre, et vu la force qu'exerçait son oppresseur sur son cou, son esprit ne tarderait plus à s'échapper. Gilford se débattait autant qu'il le pouvait, épuisant le peu de forces et d'oxygène qu'il lui restait. Un véritable compte à rebours venait de se déclencher dans la tête du capitaine. Et à ce moment précis, le temps semblait s'être arrêté pour le pirate, la perception visuelle de son environnement s'accrût et une camisole sonore l'isolait des nuisances de la foule.

Les gardes ... plus d'une soixantaine d'hommes, tous solidement armés et protégés, et dépassant le capitaine de facilement plus d'un tête. Une faiblesse, vite, il fallait en trouver une ... Leurs armures ! Bien qu'imposantes, elles étaient de mauvaise facture et disposaient d'une faille d'une taille suffisante pour qu'une lame précise puisse y pénétrer.
Le geôlier de Gilford ... précipitation, assurance, vanité ? Qu'importe, celui-ci n'avait pas de casque, et cette erreur lui serait sûrement fatale. Cependant, son emprise sur l'alchimiste était bien trop extrême pour que Ciral puisse agir sans mettre en danger la vie de son compagnon.
Le meneur ... perché sur une table pour pouvoir balayer tout le monde de son regard maléfique. Il parlait fort et semblait à présent convaincu de son succès le plus total. Son armure, quant à elle, semblait bien plus légère que celle de ses partisans. De la décoration, plus qu'une véritable protection, en bref, rien que des pointes suffisamment affinées ne pourraient traverser.
La sortie ... malgré la tournure inattendue qu'avait prise cette soirée, Ciral trouvait un peu de chance dans son malheur. Juste derrière le terrible couple que formait Gil' et son tortionnaire, se trouvait une grande fenêtre entrouverte. Du verre simple, qu'un coup d'épaule avec suffisamment d'élan pourrait facilement briser.

Alors que la foule s'était groupée au centre de la salle comme un troupeau encerclé par des prédateurs, Ciral, les mains croisées derrière le dos, se détacha du rang et aperçut un ombre se faufilant derrière la fenêtre; et il sourit, son nouveau plan était prêt, et bien que nécessitant une part importante de chance, c'était, hélas, ce qui avait la plus grande probabilité de succès.

"Hé toi ! Le mariole avec une plume sur la tête, rejoins immédiatement les autres sinon !"

A cet instant, tout se déroula très vite. Espérant de tout son être que rien ne viendra contrarier son plan, Ciral laissa tomber quelques sphères explosives à retardement, préalablement allumées, dans un coin opposé à sa direction. Croisant les doigts pour que les sphères sélectionnées à l'aveugle soient les moins chargées afin de ne blesser personne.

"Voyons, voyons ! Toute cette brutalité est-elle réellement nécessaire ? N'existerait-il pas un compromis possible avec la noblesse ici présente ? Vos conditions de travail pourraient être revues à la hausse, et je suis sûr que les personnes présentes ce soir sont maintenant prêtes à écouter, et probablement accepter, vos attentes !"

Évidemment, ce discours n'avait pas pour but de faire déposer les armes aux gardes, mais de faire gagner du temps au pirate avant que les sphères explosent et produisent la diversion attendue. Cela dit, peut-être que ces quelques paroles suffiraient à faire réfléchir les bourgeois composant cette assemblée, Ciral n'aimait pas se berçait d'illusions, mais sait-on jamais ?
Le garde ouvrit la bouche pour rétorquer mais n'en eut pas l'occasion, et le seul son qui s'échappa de sa bouche fut un cri d'étonnement. Une multitude de feux d'artifices emplirent la salle, et comblèrent le silence par un hurlement similaire à celui d'un rapace. L'un d'eux toucha un des lustres de la salle qui vint heurter le sol de plein fouet sans faire d'autre victime qu'un garde occupé à s'empiffrer.
A cet instant tout se passa très vite, Ciral envoya une poignée de chausses-trappes se répandre autour de la table sur laquelle se trouvait le meneur. Puis un des gardes, plus alerte que ses compagnons, jeta sa lance en direction du pirate qui eut le réflexe de s'agenouiller dans un élégant mouvement circulaire, et le seul dommage qui en résultat fut le chapeau du capitaine qui se retrouva embroché et planté dans un des tableaux. Cette spirale descendante, que Ciral savait décisive pour ses ennemis, faisait parti des nombreux mouvements auxquels il s'était entraîné sur son île. Tout en amorçant sa chute, le pirate ôta ses gants, et d'un mouvement de balancier croisé avec ses bras, il envoya ses dagues dans deux directions opposées.
Une, vint heurter de plein fouet le pied du perchoir du leader, et la table s'effondra faisant s'écraser, dans un long cri de douleur, le meneur sur le piège affuté que Ciral venait de dresser quelques secondes plus tôt.
Malheureusement pour lui, l'autre victime n'eut pas la possibilité d'exprimer sa souffrance, la lame vint se flanquer dans la faille de son armure, venant déchirer la chair au niveau de son cou. La blessure ne serait peut-être pas mortelle si le garde parvenait à contenir l'hémorragie le temps qu'un homme de science médicale, et Ciral en avait repéré quelques uns dans la soirée, vienne à son secours.
Mais l'action ne s'arrêta pas là, toujours à genoux, Ciral tira un coup sec sur les cordes elfiques rattachant ses dagues et les récupéra pour les rattacher à ses poignées. Puis il plongea sa main droite dans une de ses bottes et en sortit son pistolet à percussion qu'il pointa en direction du garde, ayant quelque peu relâché son étreinte mais maintenant toujours Gil' dans un terrible étau. Profitant du vacarme ainsi créé, le pirate se releva :

"Bien moussaillon, maintenant, tu vas calmement relâcher mon ami car je n'hésiterai pas à faire feu. Ne crois pas que ce sont des menaces en l'air, tu n'as pas en face de toi un de ces ridicules nobles se cachant derrière tous leurs apparats. Celui qui se dresse face à toi, n'est autre qu'un pirate arpentant mers et océans et ayant la mort comme fidèle compagnon ! Crains-moi car si je me trouve devant toi, mon partenaire n'hésitera pas à te frapper par derrière !"

Le regard du garde se remplit d'un mélange d'incompréhension et de peur, avant de faire place à de la douleur. La mystérieuse ombre qui s'était glissée par la fenêtre venait de frapper, et ce n'était peut-être pas la mort, mais un être tout aussi espiègle, Rascal surgit de derrière le garde et prit appui sur face pour s'élancer sur l'épaule de son maître, dégageant ainsi suffisamment le garde de l'alchimiste pour que Ciral puisse le mettre en joue sans risques.

"Désolé, mais ces évènements ne peuvent rester impunis ..."

Et il fit feu.
La balle vint s'encastrer dans le crâne de l'assaillant. Sans s'en rendre compte, Ciral venait d'offrir son désir de justice comme justification de l'assassinat de sang froid qu'il venait de commettre. Il venait de réaliser son baptême d'entrée dans la piraterie. Car oui, il s'agissait bien de cela, les anciens pirates justifiaient leurs pillages, meurtres et autres insanités par leur désir de milles fortunes et richesses. Mais cela lui importait peu, son ami était pour l'instant en vie, et il fallait maintenant fuir.
Ciral, par orgueil, s'adressa à toute l'assemblée, et plus particulièrement aux gardes :
"Mes amis ! Que ce jour reste à jamais dans vos mémoires comme celui où vous avez failli attraper le Capitaine Ciral Dowin !
Puis il se retourna, attrapa l'alchimiste en plein sprint, qui par chance se révélait être particulièrement léger, et sauta à travers la vitre qui s'effondra à son impact. Les nombreuses haies parsemant les jardins de la demeure amortirent leur chute et se relevant non sans difficultés, Ciral s'adressa à son compagnon.

"Mon ami, j'espère que tu peux courir, ou au moins marcher, car notre rédemption par le Blue Corbel se trouve encore bien loin, et je ne sais pas si ces gardes cesseront de nous pourchasser !"

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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Sam 7 Avr - 3:06
Il l'avait tué.

La scène surréaliste qui s'était déroulée devant les yeux de Gilford repassait en boucle à travers son subconscient. Les paroles de Ciral, cet enchaînement ahurissant de coups fourrés et de techniques parfaitement maîtrisées, l'ultimatum posé à celui qui le tenait en respect, la mise à mort. Il l'avait tué. Totalement atone, Gil avait été saisi par le pirate, puis, ce dernier sauta par une des fenêtres, entraînant l'alchimiste dans sa chute. Le moment ou le verre de la fenêtre se brisa, la descente vers le sol, ces instants passèrent comme au ralenti. Il était passé tout près...la mort l'attendait quelques pas plus loin, incarnée en la personne de ce fou furieux, leader au combien charismatique de cette bande de gardes aux pulsions sanguinaires...Mais Ciral avait tout compris. Il l'avait sauvé. Il lui a sauvé la vie au mépris de tout risque, et en laissant la noblesse décadente à son propre sort. C'était certainement la meilleure chose à faire. Après tout, cela ne les concernait pas. Bientôt, les crieurs publics feront passer la nouvelle du massacre ayant eu lieu dans le plus grand manoir d'Asunia. La mort de quelques notables fera à coup sur omettre le moment de grâce de Ciral. Quoi qu'on ne puisse jamais vraiment savoir comment les rumeurs seront colportées.

La chute fut brutale, bien qu'amortie par une large haie qui bordait l'immense demeure. Le dos du jeune homme en prit un coup. Allongé, Gil nota que le pirate se remettait bien mieux que lui, l'habitude sans doute.

"Mon ami, j'espère que tu peux courir, ou au moins marcher, car notre rédemption par le Blue Corbel se trouve encore bien loin, et je ne sais pas si ces gardes cesseront de nous pourchasser !"

Il avait raison. L'opération de fuite ne faisait que commencer. Un certain nombre de gardes allaient certainement se lancer à leur poursuite, mus par la colère provoquée par le meurtre de leur compagnon. Se relevant non sans mal, Gil essayait de faire le vide dans son esprit, mobiliser ses capacités de réflexion afin de trouver le meilleur plan. Mais pas le temps de rester statique. Il le ferait en courant.

Traversant les immenses jardins à toute allure, il commençaient à percevoir quelques cris derrière eux. Des voix puissantes, du genre à donner des ordres. Gil refusait de se retourner. Après tout connaître le nombre de leurs poursuivants ne servirait à rien, il fallait trouver un moyen de les semer, et pour l'instant, rien de très concluant ne venait à l'esprit du jeune alchimiste. C'est lorsqu'ils sortirent de la gigantesque propriété et qu'ils empruntèrent à nouveau le large escalier de pierre qui les avait amenés vers les hauteurs qu'ils purent constater à quel point la situation était délicate. Descendant les marches, les trois compagnons (Bien que Gil eut complètement oublié Rascal, ce qui réduisait le compte à deux dans son esprit) purent observer la taille de la troupe qui arrivait au dessus d'eux. Ils étaient six. Cela empêchait donc toute éventualité d'affrontement. Avec l'effet de surprise, Ciral avait pu prendre l'avantage face à tout un bataillon, mais à trois contre un ses chances de victoire sans heurts se réduisaient assez sérieusement. Quand à Gil, mieux valait ne pas y penser. Le jeune homme n'avait clairement pas les compétences pour se permettre un affrontement direct. Restait ainsi la fuite. Mais comment ? Le premier objectif étant de rejoindre le Blue Corbel, Ciral et lui-même devaient se rendre au port le plus rapidement possible. Par les grandes avenues cela aurait été chose aisée, mais ces allées ne leur permettraient pas d'échapper à leurs poursuivants, ce qui constituait le second but à atteindre. Gil ne connaissait pas toute la complexité des ruelles d'Asunia, et Ciral n'était pas en ville depuis très longtemps...il fallait ainsi emprunter un chemin difficile à tracer, tout en ne risquant pas de se perdre...Mais oui ! Les toits !

C'est en poursuivant leur folle chevauchée des larges dalles de pierre qui constituaient l'escalier que la solution apparut à Gilford comme si le destin avait décidé de la placer juste devant ses yeux. A la hauteur où ils se trouvaient ils pouvaient atteindre en quelques sauts les toits des premières demeures plus modestes de la cité. A cette hauteur, ils pourraient facilement repérer la mer, puis le port, puis le galion du capitaine Dowin.

"Ciral regarde à ta droite, on va monter sur les toits ! Rendez-vous au Blue Corbel mon ami !"

D'un saut il rejoignit un large rebord de fenêtre, à partir duquel il put rejoindre le sommet du bâtiment. Ses prévisions étaient exactes. Le port formait au loin un léger conglomérat de formes allongées : des bateaux. La course folle pouvait commencer. L'adresse que Gil avait acquise durant sa courte vie de sauvageon allait lui être utile. Requinqué par son fastueux repas et empli de vitalité grâce aux soins elfiques de son camarade, il virevoltait littéralement d'un toit à l'autre, prenant des risques mesurés...lorsque cela était possible. Il avait choisi de laisser parler ses instincts plutôt que son cerveau. L'urgence de la situation le justifiait. Gilford était devenu un acrobate, capable de sauts, de roulades, de pointes de vitesse. Il se félicita longuement d'avoir choisi la voie de l'action à celle des livres, ceux-ci ne lui auraient été d'aucune utilité dans ce genre de situation. En se retournant, il se rendit compte que Ciral ne le suivait pas...il avait du prendre un chemin. Pas de souci à se faire néanmoins lui aussi était dans son élément. La bonne nouvelle était qu'il ne percevait que quelques clinquements d'acier. Ce qui voulait certainement dire que le bataillon s'était séparé. Chacun avait sa part de soldats sur les bras...

Gil arriva sur un sommet muni d'une large cheminée. Compte tenu des bruits qu'il entendait, il avait du prendre une certaine avance sur ses poursuivants. C'était le moment de les semer. Deux possibilités. Accélérer ou se cacher. La première assurait une certaine sécurité pour peu que Gil fut encore capable d'en rajouter un coup...mais ce n'était pas le cas. Restait la deuxième solution : Trouver une bonne cachette, et y rester le temps que les soldats le dépassent ou empruntent un autre chemin. La cheminée qu'il tenait en vue allait lui permettre de remplir cet objectif. Le jeune homme y grimpa et s'y laissa tomber, et se tenant par le bout du rebord. La protubérance était construite par des briques aussi colossales qu'irrégulières, les joints entre celles-ci étaient assez larges et creux. Ce qui permit à Gilford d'y planter ses pieds, et ainsi d'alléger la charge qu'il allait faire peser sur ses bras. Il estimait pouvoir supporter une telle position pendant plusieurs minutes. Cependant il n'eut même pas besoin d'autant de temps. Il put entendre les gardes à ses trousses passer bruyamment sur le toit voisin. Hurlant des insanités, certainement pour évacuer leur frustration, puis s'éloignant doucement, jusqu'à ce que Gil ne puisse plus capter la moindre pression sonore.

La suite du périple s'apparenta plus à une promenade de santé. Au bout de quelques minutes supplémentaires il rallia le port d'Asunia en sortant de la "ville" proprement dite. Il mit un moment, en ces premières heures de nuit, à retrouver les reflets bleutés du Blue Corbel mais mit finalement la main dessus. Pas de trace cependant de son camarade le pirate ni de son raton. Espérons que tout se passait bien pour lui...

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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Lun 16 Avr - 7:19
La fuite de la propriété s'annonçait plus difficile que ce que Ciral avait prévu, les gardes étaient encore bien nombreux et mus d'un désir de vengeance animé par le meurtre d'un de leurs camarades. Un affrontement de face serait bien trop dangereux, les muscles courbaturés par cette cascade d'actions et la chute réduisaient le potentiel du pirate.
La traversée des jardins pour finalement arriver aux escaliers du départ de leur aventure fut rythmée par un tonnerre de cris et de hurlements qui les poursuivaient comme une meute de loups chassant leurs proies. La situation semblait désespérée et le dénouement de cette histoire s'annonçait de manière plutôt funeste. Ciral n'était pas en état de réfléchir à un plan, le manque d'entrainement à ce genre de pratique sûrement, et il se contenta de continuer à courir.
Vers la fin de ce dédale de pierres, le capitaine entendit son compagnon lui crier quelque chose, sans toute fois distinguer le sens de la phrase, avant de bondir vers les toits de la capitale. Mais à ce même moment, Ciral se prit le pied dans une des déformations de l'escalier et ne put suivre l'alchimiste. S'étalant de tout son long sur l'herbe berçant les marches de pierres, il ne put qu'assister, impuissant, à l'approche fulgurante des gardes, trois pour être précis.
Par chance, une ribambelle de gamins passa à ce moment-là rentrant de plein fouet dans les gardes, ceux-ci les envoyèrent valser au loin sans même leur prêter attention. Cependant cette brève diversion suffit au capitaine pour se cacher dans un large buisson bordant l'allée. La cachette n'était certes pas idéale mais les gardes n'étaient guère intelligents et n'auraient peut-être pas l'idée de fouiller cet amas de verdure. Deux gardes passèrent sans y jeter un œil mais le dernier s'approcha un peu plus lentement de l'endroit où était dissimulé le pirate. Sans la moindre hésitation, Rascal bondit hors la haie, le soldat sur ses talons, ou du moins ses pattes. Un de moins, Rascal est bien plus rapide et agile que le tas de ferrailles qui le poursuivait, il n'aurait aucun mal à le perdre dans la ville.

Ciral sortit de sa cachette et repartit en direction du port, mais pas si évident de retrouver son chemin au milieu de ce labyrinthe de ruelles qu'il avait choisi d'emprunter, et forcément, à un des nombreux croisements composant la ville, il tomba nez à nez avec les deux gardes qui semblaient avoir abandonné l'idée de retrouver celui qui avait osé perturber leur soirée. La surprise faisant, ils n'eurent pas le réflexe de sauter sur le fugitif; l'instant aidant, le pirate leur renversa immédiatement plusieurs poubelles sur le chemin et fit immédiatement demi-tour. L'obstacle n'ayant retardé que quelques secondes les soldats, la course poursuite reprit de plus belle.
Après plusieurs longues minutes de sprint, une odeur familière parvint aux narines du capitaine. Le vent marin; cet arôme de sel humide envahit son esprit et lui donna un regain d'espoir. Très vite, il repéra d'où venait cette brise et aperçut une brèche dans une des murailles formant l'enceinte de la ville. Hélas, l'ouverture était bien trop petite pour que le pirate puisse envisager de s'y glisser, il faudrait donc grimper. Rascal et son maitre partageant la même attirance envers la mer, il était fort probable que le raton-laveur s'y soit glissé et déjà rejoint le Blue Corbel, détachant les liens attachant le navire au port afin que le bateau soit prêt à partir dès que son capitaine serait monté à bord.
De nombreux échafaudages de bois se dressaient contre la muraille, l'ascension serait plus aisé que ce que Ciral avait prévu, et les gardes ne s'y risqueraient peut-être pas. L'escalade commença, voltigeant de planches en rondins, il se retrouva au sommet rapidement et inspira une large bouffée de cet air marin, laissant l'odeur lui envahir le cerveau et occupait tout son esprit.
Mais le repos ne fut que de courte durée, contre toute attente, les deux gardes l'avaient suivis jusqu'au sommet de l'enceinte censée protéger la ville. La plupart des munitions de Ciral étaient épuisées, une balle, c'était ce qu'il lui restait, et au vu de la résistance probable de leurs armures, elle ne suffirait sûrement pas à blesser. Il était hors de question de se servir des dagues à distances, son manque de maitrise dans la combinaison avec les cordes elfiques lui ferait perdre l'équilibre et la chute serait fatale. Il faudra donc utiliser le sabre.
Les deux gardes s'approchèrent de l'endroit où s'étaient posé le pirate. Ciral comprit la raison de la présence des échafaudages, la muraille était en rénovation et une infime portion de la partie du chemin séparant encore les opposants était fortement effritée et menaçait de s'effondrer si un peu d'aide lui était apporté. Au moment précis où le garde allait poser son pied sur cette fragilité, Ciral tira sa dernière balle en plein sur la faille. La peur provoquée par la détonation, plus l'effondrement du passage déséquilibra suffisamment le soldat pour le faire tomber. Et dans un fracas assourdissant, ce dernier vint s'écraser de plein fouet sur les pavés extérieurs de la capitale. Plus qu'un.

Une multitude d'informations virevoltèrent rapidement dans l'esprit du capitaine afin 'évaluer ses chances de victoire.
Un contre un. Avantage du terrain étroit. Agilité, légèreté. Pression mentale face à l'adversaire qui venait de perdre devant ses yeux un de ses camarades. L'odeur de la mer, de la liberté, venant apporter un surplus d'énergie au fils des eaux.
Le garde dégaina d'une main tremblante son épée, arme blanche classique des gardes de cette cité, pas assez longue pour tenir en respect un adversaire, de mauvaise facture afin de pouvoir fournir tous les soldats de la ville.
A son tour, Ciral empoigna son arme, un sabre dont la garde était entouré d'un ruban bleu servant à distraire l'ennemi, une lame étincelante grâce aux produits d'entretien offerts par son père et sa mère, et frôlant les soixante centimètres. Le pirate mit en joue son opposant, dans une posture assurée et transperçant son adversaire du regard. Le combat avait déjà commencé de cette manière et le ton était donné.
La joute allait débuter, et il faudrait compter sur la rapidité de l'affrontement et la surprise du premier assaut pour prendre le dessus sur l'adversaire.
Ciral bondit vers son adversaire, d'un revers de lame il para le coup porté par son ennemi, lui écrasa le pied et lui envoya un puissant coup 'épaule qui déstabilisa l'homme de fer. Sans perdre de temps et pour profiter de l'avantage qu'il venait de s'octroyer, il le poursuivit et aperçut, du coin de l’œil, une poutre solidement ancrée dans la paroi quelques mètres plus bas. Puis, le retour des lames qui s'entre choquaient dans un concert macabre. Mais Ciral était mieux rôdé que son adversaire à l'art de la parade de la force brute, son paternel de nain était sans pitié lors des entrainements. Et d'un rapide tour de main, la lame de pirate vint s'enrouler tel un serpent autour de celle du soldat qui lâcha son épée sous l'impact de la violence de la morsure. La dernière chose que vit le garde d'Asunia fut le sabre du pirate pointait devant ses yeux.

"Trop de sang à déjà coulé cette nuit ..."

Un coup de pied direct, à mi-hauteur, déstabilisa le soldat et le fit tomber sur la muraille. Sain et sauf.
Ciral se laissa tomber de l'autre côté, dos au sol et envoya ses dagues, toujours rattachées aux cordes fixées à ses poignets. Les dagues vinrent s'enrouler autour de la poutre et l'élan de la chute permit au pirate de remonter et d'atterrir sur son point d'attache. Le temps de dénouer les cordes, plusieurs informations s'opposèrent au pirate.
Le port et l'océan s'étalant devant ses yeux.
Rascal, sur la proue du Blue Corbel, frétillant lorsqu'il aperçut son maître.
Gilford, qui semblait attendre Ciral depuis quelques temps et qui tourna les yeux vers lui.
Un fort cliquetis produits par plusieurs armures s'approchant dangereusement de leur lieu de rencontre.

L'alchimiste, probablement distrait par l'apparition du pirate et assourdi par le fracas des vagues venant s'écraser contre le port, ne semblait pas avoir entendu de raffut. Le sol était encore loin de l'endroit où se tenait Ciral mais qu'importe, il fallait maintenant se dépêcher.

"DÉGAGE DE LA GIL' !!! MONTE SUR LE BATEAU !"

Ciral ne prit pas le temps de constater si son nouvel ami l'avait entendu et sauta de la poutre dans un magnifique saut de l'ange. Il ferma les yeux, et le temps ralentit, il sentait le vent fouettait son visage, le sel pénétrait ses narines avec force et déjà asséchait ses parois, et c'était ça qui le faisait sentir vivant. L'adrénaline du moment, le danger et ... l'océan.
L'énorme tas de foin préalablement repéré vint soulager sa chute, et sans s'attarder, Ciral se dégagea de sa zone d'atterrissage pour faire le point sur la situation actuelle.
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

MessageSujet: Re: Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral] Sam 28 Avr - 3:59
"DÉGAGE DE LA GIL' !!! MONTE SUR LE BATEAU !"

La rumeur provenait du haut. Le temps de lever la tête, Gilford s'aperçut que son ami le pirate se trouvait dans une situation délicate. En équilibre sur une poutre à une dizaine de mètres du sol, il était en train se se faire rejoindre par une troupe d'hommes en armure et ainsi de se faire prendre au piège. Il avait visiblement choisi l'affrontement, ou peut-être d'ailleurs n'avait-il pas eu le choix. L'injonction puissante de Ciral se comprenait plus aisément compte tenu des circonstances. Gil choisit de l'écouter. Après tout cet homme avait sauvé sa vie, il s'agissait pour l'alchimiste d'une raison suffisante pour lui accorder sa pleine confiance. Se précipitant sur le bateau dont le pont n'était pas abaissé, il dut escalader la coque, trouvant les prises là où il le put. Durant son ascension, il sentit le bâtiment se mettre en mouvement. Par quel miracle ? Ciral devait encore être en train de se sortir du pétrin et puis...Rascal. Cette bestiole était décidément pleine de ressources. Se hissant sur le pont, Gil put constater que le Raton avait détaché les cordes qui rattachaient le navire au port. Ingénieux système au passage. Si l'équipage avait eu recours à la traditionnelle ancre, le bateau serait encore tranquillement figé devant le ponton où il se trouvait. Du coup le Blue Corbel était sur le départ, et il accélérait rapidement. Un avantage de sa petite taille à n'en pas douter. Mais qu'allait-il advenir de Ciral ? Jetant un coup d’œil derrière lui, il apparut que son ami avait rejoint le sol. Quel tour de force ! Celui-ci était par ailleurs en train de se démener afin de rejoindre à son tour le bateau, alors que la distance qui le séparait du port grandissait au fil des secondes. Arrivé en bout de course, le pirate bondit. Un saut magnifique...du moins par sa longueur, car au vu de l'expression faciale de Ciral, celui-ci semblait touché par n'importe quoi sauf la grâce. Ceci étant, Gil n'hésita pas. Se penchant au maximum sur le bord, il tendit son bras au contrebandier, qui s'en saisit dès qu'il fut à portée. Une fois remonté, Ciral s'assit sur le pont pour reprendre son souffle. Le bateau, poursuivant son accélération, était désormais assez loin de la côte pour que le danger soit écarté à 95%. Ils avaient réussi, ils étaient sauvés.

Le regard des deux amis se croisa. Tous deux dans leurs habits d'apparat, mais suants, puants et essoufflés, la scène avait un certain charme. Ils sourirent. C'était un sourire de soulagement, mais aussi le genre de banane qu'arborent les enfants ayant réussi le coup du siècle à leur yeux, comme échapper au chien énorme du vieil homme du coin, ou voler quelques pâtisseries sans se faire prendre...

"On est pas passés loin hein ? Demanda Gil, une pointe d'inquiétude rémanente restant dans sa voix.

-Ouais ! C'était une fort belle soirée ! Répondit le pirate, qui avait visiblement apprécié la poussée d'adrénaline.

Il faut avouer qu'ici, le coup était loin d'être minime. Ciral montra à Gil le fruit de son dur labeur. Il était plutôt satisfaisant pour un temps de vol d'à peine une heure. Néanmoins l'évocation de ce souvenir faisait aussi remonter d'autres pensées moins lumineuses. Nul ne sait ce qui a pu arriver à ces gens, qui, bien que riches et chanceux, étaient pour la plupart innocents. S'en suivit un silence que le pirate brisa en se levant.

"Je vais refaire chauffer de l'eau. On pourra se laver à nouveau, tu pourras nettoyer tes vêtements et nous repartirons à neuf ! Il faudrait aussi que je mette le cap quelque part. Où veux-tu aller matelot ?

-...Alcombord. Répondit Gil. Le choix était venu instinctivement, mais il était logique. La ville abritait le plus grand port de marchandises de tout Midgard.

-C'est parti alors ! Je serai dans mes quartiers si tu as besoin de quoi que ce soit !"

C'est ainsi que fendant l'écume, le Blue Corbel se mit en route vers Alcombord. La durée du voyage permit aux deux compagnons de revenir à un état normal de repos. Un nouveau bon bain, un sommeil réparateur pour Gil...Ciral savait à quel point il était difficile de voyager seul et sans ressources financières., et pour faciliter le périple de son nouvel ami, il déposa une bourse de joyaux dans le baluchon du vagabond, il aurait pu aussi juste lui donner en mains propres, mais le pirate se doutait que Gil' aurait certainement refusé, c'était mieux ainsi.
Le lendemain il lava ses vêtement qui, après avoir perdu toute leur crasse rendaient presque beaux et présentables. Les deux jeunes hommes ne parlèrent que très peu. Seulement au moment du repas de midi du lendemain de leurs aventures, où ils échangèrent quelques phrases...

"Ciral, le pirate qui vient de Kynthnos, dont le père est nain et la mère elfe, qui maitrise le sabre comme les cordes et la magie du feu...tu es vraiment un drôle de type mon ami !

-Tu peux parler toi Gil ! Le génie alchimiste, fierté de son académie qui décide de tout plaquer pour mener une vie sauvage dans la capitale ! Faut être un peu barré pour en arriver là !"

Et ils rirent beaucoup. Ils en avaient tous les deux besoin.

Arrivés à Alcombord en milieu d'après-midi, les deux compagnons se regardèrent. Tous deux avaient retrouvé leur vrai visage. Pas celui des nobles, mais du pirate et du gamin un peu aventurier. Ils s'appréciaient ainsi. Ils étaient devenus amis, et Ciral avait sauvé la vie de Gilford. Au moment de descendre du pont, Gil tenta de le remercier pour tout. Ce à quoi le forban répondit :

"Non non ! Ne me remercie pas. Tant que tu auras ta dette envers moi, on sera forcés de se revoir un jour où l'autre ! Que les vents marins te guident mon ami."

Et à peine Gilford avait posé pied à terre, les poches plus remplies qu'auparavant, le Blue Corbel repartait, pour on ne sait-où, seul Ciral pouvait le savoir. Avec de grands gestes, Gil disait au revoir à cet ami inattendu, avec qui il avait vécu une aventure palpitante...et tout ça sur un coup du sort. Le destin tient finalement à peu de choses...



FIN
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Le destin tient finalement à peu de choses...[Pv Ciral]

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