" Eliel "
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : Agréable
Localisation : Antibes
Exp : 901

Messages : 7
Who am i !

[Changeling] Eliel

MessageSujet: [Changeling] Eliel Jeu 18 Juin - 14:16
« Fiche personnage »
« Informations générales »
« Compétences & attributs »
Nom : /
Prénom : Eliel
Sexe :
Âge : 17 ans
Race : Humaine
Classe : Changeling

Description physique :
Spoiler:
 


Description caractérielle :
Spoiler:
 


 

Maitrise de magie :
Spoiler:
 


Maitrise d'armes :
Spoiler:
 


Grades :
Grade D – Regard attendrissant (sous forme animale)
Spoiler:
 
Grade C - Double flèche
Spoiler:
 
Grade B – 2 flèches en réserve
Tient 2 flèches dans la main de tir pour pouvoir enchainer 3 tirs successifs très
Spoiler:
 
Grade A - à définir
Grade S – Maîtrise de transformation
Spoiler:
 

Statistiques :
Vitalité : 5/5
Attaque physique : 2/5
Défense physique : 0/5
Attaque magique : 0/5
Défense magique : 3/5
Vitesse : 5/5


 
« Background »
Native de l'opulente et radieuse cité de la connaissance, Lumïa ; Eliel y a vécu toute son enfance dans ses recoins les plus obscures. Originaire du Bidonville, elle était la cadette d'une famille de 3 enfants, tous humains. Une époque dont elle n'a conservé aucun souvenir, pas même son véritable nom. Jouant avec ses frères et d'autres enfants, parfois obligés de travaillés aux champs au près de ses parents, allant occasionnellement chercher en cachette des glands, des marrons ou des baies dans les bois. Ils étaient évidement très pauvres et ne pouvaient pas toujours subvenir à leurs besoins mais en se contentant juste de cela ils étaient heureux. Elle vécu ainsi ses premières années dans la joie et l'insouciance de la petite enfance, jusqu'à l'âge de 5 ans. Un jour des gardes de la ville accompagnés d'autres hommes de rangs plus élevés étaient venus de ce côté de la muraille dans le but de faire une opération de « récolte », et que pouvait en être l'objet ? Les enfants, en tout cas ceux en assez bonne santé, embarqués pour la majorité devant des familles impuissantes risquant leur vie en cas de révolte. Cela pour être ensuite jetés comme des animaux entre les mains des scientifiques de la ville pour leur servir de cobayes. Tous parqués dans des cages dans les profondeurs du Laboratoire, là où aucune lumière ne perce, et aussi là où se menaient le pire genre d'expériences, souvent fatales.

Par "chance" au moment de sa capture, Eliel s'est révélée ne pas être tout à fait humaine. Le brassage ethnique du Bidonville étant quelque peu anarchique les dirigeants de l'opération confrontaient chacune de leur prise devant un miroir magique révélant leur nature. C'est là qu'elle découvrit être une Changeling, transformée de force en un petit faucon encore tout en duvet. Ainsi de part sa différence, être une humaine et pourtant un animal, les expériences menées sur elle furent bien moins barbares que pour un grand nombre de ses camarades. Mais ne manquèrent pas de la laisser traumatisée et causer des troubles de la mémoire, effaçant de nombreuses années de sa vie. Ayant tout oublié, elle avait l'impression d'être née dans ces sous-sols sombres, que c'étaient les scientifiques qui avaient fait d'elle une Changeling, que c'était sa seule et unique place dans ce monde. Néanmoins, comme tout animal, elle ne pouvait renier ses instincts, son besoin de liberté.
A ce jour, et plus de 10 ans après ces évènements, nul ne sait ce qui a été exactement fait à Eliel ni comment elle est parvenue à s’enfuir. La seule marque de son séjour dans le Laboratoire de Lumïa sont des souvenirs qu'elle refuse d'évoquer et une immatriculation tatouée dans le bas du dos, une marque indélébile et dont elle ignore la présence – personne ne l'en ayant jamais informée-.
Une fois sa liberté retrouvée, la jeune fille erra du côté de la muraille le plus luxuriant de la ville, se nourrissant avec ce qu'elle trouvait les déchets des riches habitants ou de vol. Ah qu'elle faisait tâche au milieu de toute cette richesse. Et était souvent poursuivie par la garde de la ville, dont elle parvenait toujours à fuir in-extrémiste… Et ce pendant quelques mois, jusqu’à ce qu’elle fasse la rencontre d'un mystérieux Archer qui lui vint en aide, l'habille, la nourrisse avant de finalement la prendre sous son aile en tant qu'élève. Cet homme méconnu de tous et pourtant surnommé " Le joueur de harpe " lui avait offert un avenir et un beau jour s'en était allé, poursuivre son voyage. Il était cependant confiant, Eliel serait capable de prendre soin d'elle et trouver sa propre voie.  
« Joueur »

Pseudonyme ou prénom : Appelez moi Lau (ou Eliel/Ely je me reconnaitrai quand même).
Âge et sexe : 23 pastèques, de sexe féminin.
Expérience en Role Play : Plus de 10 ans d'expérience !
Code secret de la charte du forum : Loki est un fripon.
Demande spécial ou message destiné à la modération : S'il vious plait redonnez moi algent.
Revenir en haut Aller en bas
" Eliel "
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : Agréable
Localisation : Antibes
Exp : 901

Messages : 7
Who am i !

[Changeling] Eliel

MessageSujet: Re: [Changeling] Eliel Jeu 18 Juin - 14:32
« Background - Partie I »
« La faim »
La faim. La vraie, celle qui vous tient lorsque vous ne vous nourrissez que d’un morceau de pain rassis un jour sur deux… ou peut-être moins, une souris si la chance le veut bien. Lorsque votre visage et vos côtes sont creusées par le manque quotidien d’apport en nourriture. Lorsque vos yeux voient des petites tâches blanches et noires après le moindre effort. Là vous sentez votre estomac et vos tripes, vides comme des gourdes en cuir compressées, ils se tordent comme une serpillère que l’on est en train d’essorer. Cette douleur, qui ne vous lâchera pas tant que vous ne vous serrez pas remplit la panse. Et pour cela… même si vous êtes l’être le plus honnête au monde, vous n’aurez nul autre choix que de faire des mauvaises choses, car pour vous retrouver dans cet état, c’est que vous ne pouvez payer votre honnêteté… Seul un humain qui ne connaît pas la faim, ne peut vous comprendre.

- " Je te tiens ! Petite voleuse ! GAAAARDES ! "  Gronda la voix grave et grasse du gros détaillant de fruits du marché de Lumïa. Celui-ci tenait et serrait de sa grosse main le fragile poignet de la jeune fille qui avait tenté de lui dérober une simple pomme, un petit joyau le kilo… C’est peu pour la richesse flamboyante de cette ville où le coût de la vie dépassait la norme de tout Rune Midgard… mais lorsque l’on n’a rien, un joyau c’est beaucoup…
La gamine essayait tant bien que mal de se libérer en rapprochant ses doigts afin que son bras glisse de l’emprise du marchand. Mais rien à faire… le gros homme avait de la poigne.

- " Pitié Monsieur ! J’ai si faim ! Laissez-moi juste partir ! "  Couinait-elle entre deux plaintes. Tout son poids plume se tortillait, tentait de lutter pour se défaire du piège et s’enfuir.

- " Non ! Je t’ai vu ! Et ce n’est pas la première fois que tu me dérobes des fruits ! Tu devras payer cette fois morveuse ! "  Aboya-t-il dans un mensonge, tel un gros chien énervé.

Autour d’eux, les clients, passants et curieux observaient cette scène ou s’approchaient, attirés par les cris de ce spectacle plutôt méconnu au sein de la cité de lumière. L’homme continuait d’hurler pour alerter la garde de la ville qui tardait à se manifester. Les larmes aux yeux, et de plus en plus paniquée, l’enfant referma ses dents sur la main de son ravisseur. Celui-ci gronda de douleur avant de lever la main sur la sauvageonne.
C’est à cet instant qu’un tintement distinct de grelots retentit, un des spectateurs intervint en attrapant le bras du maraicher, l’empêchant de frapper la voleuse, qui avait déjà lâché sa prise pour se protéger le visage de son bras libre.
Cet inconnu qui venait de la défendre semblait pourtant être une personne d’une certaine classe, le genre de personne à ne même pas daigner jeter un regard à la misère. Il était vêtu d’une grande cape bleue, visiblement de qualité à en juger par la beauté du la matière et de la finition. Le visage caché par un large capuchon, un arc immense et complexe, à l’apparence semblable à une espèce d'instrument à cordes accroché dans son dos. A la surprise générale, il tendit de surcroit un joyau au marchant.

- " Il me semble que cette jeune fille ait négligemment perdu ceci… Un silence plana quelques secondes avant qu'il ne reprenne. Je pense également qu’il n’est pas nécessaire de déranger la garde pour une simple pomme… [/b][/color] " Souffla-t-il d’une voix calme.

- " Elle me doit en tout deux joyaux ! " Profita le commerçant cupide.

- " C’est bien cher payé pour un fruit aussi commun… Répondit l’étranger avec lassitude en payant le deuxième joyau.  A ce prix surestimé, j’espère bien que vous lui laisserez ce fruit là… "

La jeune fille aux cheveux châtains fut enfin libérée, lâchée si brutalement qu’elle tomba à genoux, récupérant en hâte la pomme jetée à terre devant elle. Son sauveteur, la face dissimulée dans l’obscurité de sa capuche, s’attarda à l’observer : Son visage maigre, vêtue de guenille sous ce qui servait de cape, marron et déchirée, ses pieds nus et fatigués. Oui, cette enfant faisait vraiment tâche dans Lumïa… Surtout de CE côté du mur, pensa-t-il. Alors qu’elle se massait encore le poignet en se relevant, il passa une main dans son dos, la guidant ainsi doucement vers un angle de cette artère bien trop encombrée par la foule venue assistée au spectacle. En s’éloignant il lui éviterait que la garde ne la voit, mais aussi il voulait s’éloigner des curieux. Il s’arrêta de pousser la gamine dans une venelle étroite et se plaça entre elle et la rue principale, se penchant vers cette enfant en train de fixer le précieux fruit entre ses mains tremblantes.

- " Merci pour votre aide… Murmura-t-elle en levant les yeux. Mais je devine que vous voudrez me dem … "

- " Je sais que tu viens de l’autre côté du mur… Ce qui m’inquiète c’est de savoir comment tu es arrivé là et où est ta famille, jeune fille … "
Alors qu’elle comptait s’enfuir, la môme fut surprise par ce que venait d'affirmer cet homme, sa voix était si douce… Même si son intérêt pour elle la laissait méfiante.

- " Je ne peux vous le dire… Parce que sinon je devrai vous tuer… "

L’étranger, le visage toujours si bien caché se mit à rire calmement. Ne la prenant réellement pas au sérieux tant ces paroles étaient incongrues.

- " Sans vouloir vous offenser jeune fille, vous n’avez pas l’étoffe d’une criminelle… "
- " L’habit ne fait pas le moine ! " Répliqua-t-elle en serrant sa pomme, qu’elle était, par ailleurs, de plus en plus impatiente de dévorer.

Soudain, son estomac désespérément vide se mit à gronder fortement, ce qui relança le rire de son interlocuteur.

- " Puis-je au moins vous inviter à dîner en ma plaisante compagnie mademoiselle ..? " Demanda-t-il poliment, tel un gentleman, il prit une main de la jeune fille voulant y déposer un baiser. Mais celle-ci la retira aussitôt, cette formalité pourtant banale lui étant étrangère et inquiétante.
- " C’est que… je dois rentrer avant la nuit… "
- " Oh mais il ne faut pas s’inquiéter de cela… Vous êtes trop jeune pour moi. " S’amusa-t-il encore, se laissant distraire, oubliant à quel point l’enfant pouvait être farouche.
- " Je ne peux faire confiance à un étranger ! " Gronda la gamine, ne comprenant pas ce que pouvait bien lui vouloir ce rupin.
- " Et bien… Je pourrai vous dire qui je suis… Mais je serrai dans l’obligation de vous tuer ensuite. "

Cette imitation arracha un léger sourire à l'enfant. Cet homme prenait quelques risques en faisant du second degré dans la situation présente, mais il parvenait plutôt bien à détendre l'atmosphère sans être odieux. Cette réponse ne répondait tout de même pas à ce que souhaitait savoir la sauvageonne.

- " Qui êtes-vous… ? " Insista-t-elle en fronçant les sourcils.
- " Un voyageur, qui traverse les royaumes de Rune Midgard, et gagne sa vie en effectuant des quêtes un peu partout… Et à présent curieux d’en apprendre plus sur vous… "
- " Il n’y a rien à savoir sur moi… "
- " Allons… Je pense que vous avez besoin d’aide… vue vos vêtements et votre état… Laissez-moi vous aider, faites-moi un peu confiance jeune fille. Je vous fais la promesse qu’il n’est pas dans mes intentions de vous faire du tord. De plus, même s’il n’est pas bon de se fier aux étrangers, je pense que dans cet état vous ne pouvez vous permettre de refuser un repas … Un vrai repas… " Ajouta-t-il en regardant le fruit qu’elle tenait si précieusement.

Touchée par la réalité des propos de l’homme, la jeune fille, n'osant dire non à sa faim morbide s’approcha de la main qu’il lui tendait toujours. Il pu ainsi la prendre à nouveau pour cette fois la baiser.

- " Vous pouvez donc manger… Nous n’irons pas tout de suite nous restaurer, j’ai deux choses à régler avant… Venez. "

Suite à ces paroles, la gamine s’empressa de dévorer son fruit, croquant dedans jusqu’à avoir la bouche pleine et autant de mal à mâcher qu’à ingérer ce savoureux fruit. C’est un important risque que d’accompagner n’importe qui vous le demande, même si cette personne semble pleine de bonnes intentions. Dans son cas, c’était là certainement un risque à prendre. Cependant, elle voulait surtout savoir ce que voulait faire son messie… surtout qu’elle ignorait toujours qui était cette personne aussi bien éduquée et aussi bien vêtue… Alors, elle se mit à parler la bouche pleine, trop curieuse pour attendre d’avoir avalé.

- " Qchuel ghenre de chofes ?... Et che ne kchonnais touchour pas hotre nom. "
- " Mon nom est un peu compliqué à prononcer, et à retenir, à cause de la langue… Appelez-moi donc Izil. Mais tout le monde me nomme "Le Joueur de Harpe". Dit-il en posant une main sur sa poitrine et levant l'autre bras. C'est un titre que l'on m'a attribué avec le temps, il est assez doux et poétique, ne le pensez-vous pas Mademoiselle ; dont j’ignore aussi le nom. "

Il adressa un sourire satisfait en se tournant. Bien sûr, on ne pouvait voir clairement qu’il souriait, mais à vrai dire, à bien observer ce noir, il était possible d’y percevoir un visage chaleureux, et même des yeux bleus.

- " J’aimerai pouvoir répondre à cette demande. Mais, seulement… Je ne connais pas mon nom… Ou plutôt, je ne dois plus m'en souvenir. " Répondit la jeune fille en baissant les yeux, elle venait de finir son goûter et de se débarrasser du trognon, rongé à son maximum.

L’homme venait de s’arrêter, et elle aussi, lui adressant un regard interrogateur. Izil posa une main dans ses cheveux en pagaille, qu'il caressa doucement avant de se pencher à sa hauteur. De là, il était à présent possible de discerner le bleu magnifiquement clair et cristallin de ses yeux. Cet homme inspirait une grande bienveillance, bien qu’à cet instant il se dégageait de lui une certaine compassion.

- " J’ai compris en te voyant que tu étais seule petite… Ta famille est-elle de l’autre côté ?... Tu viens bien de là ? Depuis combien de temps ne les as-tu pas vu ? "

Cet étranger ne cherchait qu'à faire le bien en demandant ces informations, pour l'aider il devait bien en apprendre plus d'elle, seulement, elle ne pouvait pas lui répondre. Malgré la crainte que lui faisait éprouver ces questions, elle ne voulait s'enfuir de lui.

- " Je suppose que je viens de là-bas oui… Mais… je ne m’en souviens plus… Je ne sais rien, et le temps passe si vite, j'en ai oublié combien de jours ou de mois j'ai cherché à mangé… Avoua-t-elle d'un air si désolé que son visage prit un air attendrissant. Vous n’avez certainement pas de temps à perdre avec tout çà… D'autant que vous risquez d'avoir des ennuis avec les gardes. "
- " Détrompes-toi!… Je t’ai bien dis que je suis un voyageur, alors je peux consacrer mon temps à tout ce qui me plait… Et pour ce qui est des risques, je dirai que c'est mon métier, j'ai choisis cette vie. La rassura-t-il en passant un bras sur ses épaules, se servant du contact pour éviter que celle qu'il souhaitait prendre pour sa protégée ne prenne peur, la brusquer n’étant pas son souhait. Si tu y tiens je peux t’aider à retrouver les tiens. Mais tu dois savoir que hors du bidonville, tu peux avoir une meilleure vie… Mais nous reviendrons là-dessus plus tard. "

Comme pour couper court à cette conversation gênante l’Archer fit reprendre la marche, les éloignant un peu plus du marché au centre ville sans pour autant quitter celui-ci. A chaque apparition d’un garde il attrapait la vagabonde sous sa cape pour la dissimuler aux yeux de ceux-ci. Cette misère apparente n’était le genre chose acceptable pour cette ville clinquante, trop belle pour ne rien cacher. Lorsque Izil s’arrêta enfin il s’était tourné vers une boutique dont il observa attentivement la vitrine et l’enseigne.

- " Le coffre de Clotsende ?... Ce sont des vêtements pour femmes… "
- " Exa… Tu connais ce magasin ?... " S’étonna l’homme en la regardant avec surprise. Cette expression n'avait pu évidement se deviner qu'à sa voix.

D’un geste de la tête, l’enfant errante répondit négativement à la question. Voyait-il qu’elle n’avait pas les moyens de s’offrir meilleure mise, puisqu’elle ne pouvait même pas s’offrir une pomme pour survivre…

- " Jeune fille… Serait-il possible que vous sachiez… lire ? "
- " Je sais lire… Et vous… que voulez-vous faire ici ? "
- " Je ne me travestis pas… C’est pour vous, voyons. "

Alors que la demoiselle gémit de surprise il la poussa à l’intérieur de la boutique, bras tendu pour passer la porte, qui se ferma derrière eux avec un son de clochette. Mais à peine eussent-ils passé cette même porte que la jeune blonde derrière son comptoir leur lança un regard des plus accusateurs et plein de dégout en vue de la petite gueuse en haillons. L’homme encapuchonné s’empressa alors de lui déposer une bourse de taille presque conséquente à coté de la caisse.

- " Pour votre discrétion et des vêtements pour la petite, cela devrait suffire … " Lui murmura-t-il sous forme d’un ordre, avec une voix on ne peut plus sérieuse, tellement différente du ton qu'il employait depuis.

Derrière lui la gamine mal pourvue observait les beaux vêtements et les toilettes avec une attitude totalement perdue et maladroite. Elle se retrouvait définitivement dans un univers qui n’était pas le sien. Pire elle pensait juste se faire offrir un repas par cet inconnu et voilà qu’elle se retrouvait dans une boutique pour se faire payer… des habits… Ses mains tremblaient en s’approchant des étoffes qu’elle n’oserait toucher mais dont elle tentait de deviner la texture du regard. Tout était si beau… si coloré, et semblait si insaisissable pour un animal sauvage comme elle… Et pourtant, c’était enfin à porté, cadeau d’un inconnu qu'on nommait "Le Joueur de Harpe", mais dont elle ne connaissait même pas le visage… D’ailleurs, celui-ci accompagné de la blonde s’étaient approchés d’elle.

- " Je vous rassure, elle ne porte pas de puces, habillez-la en veillant à ce que ses vêtements lui plaisent. En revanche je ne veux pas de robe rose à fanfreluches pour petite princesse. Cette enfant a besoin de pouvoir bouger. "

Le sourire commercial, la vendeuse embarqua la gamine dans un rayon de vêtements non destinés à se pavaner dans Lumïa. Elle tenta de connaître les goûts vestimentaires de sa cliente en commençant par la couleur. Peine perdue puisque celle-ci portait… une chose non identifiée en guise de vêtement, sous une cape en lin déchirée… Décidant que l’essayage était mieux elle s’était chargé les bras et l’embarqua derrière un rideau en fond de boutique.

- " Pouvez-vous vous déshabiller mademoiselle ? On va faire des essais pour trouver ce qu’il vous plait. " Demanda-t-elle, ne voulant pas toucher aux haillons de la petite sauvage.

Un hochement de tête et elle s’exécuta tandis que la blonde composait ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle avait emporté, des vêtements qu’elle sera obligée de laver si elle veut pouvoir les vendre… Se retournant elle fut surprise de voir que, premièrement la gamine châtain n’était pas si sale qu’elle l’avait imaginé, ensuite qu’elle n’avait pas de sous vêtements… Un soupir désabusé s'était échappé de ses lèvres avant qu'elle ne retourne dans son magasin. Finalement, avant l'essayage, elle préféra conduire la jeune fille dans son propre appartement à l'étage ; où elle lui remit de quoi se toiletter.

- " Si vous ne savez pas le faire, dites-moi, je vous aiderai. "
- " Je ne veux pas vous embarrasser avec ça… C'est assez généreux de vous occuper autant de moi. Répondit timidement la gamine, fixant la bassine avec hésitation. Tant bien que mal, elle s'était décidée à se laver. …Votre nom… Ne serait pas Clotsende ? "

La jolie blonde poussa un faible rire, passant une main devant sa bouche, plus posée, elle répondit avec un sourire plus sincère qu'avant :

- " Non, c'était le nom de ma grand-mère, moi c'est Myrania. Et vous? "
- "Je ne sais pas… Ou du moins je ne le sais plus… "

D'abord étonnée, la blonde s'arrêta de sourire lorsqu'elle découvrit un étrange –voir préoccupant- tatouage dans le dos de l'enfant. D'où cela provenait-il ? Qu'est-ce qu'il signifiait ? Savait-elle qu'il était là ? Au bénéfice du doute elle préféra ne rien dire et l'aider à se laver le dos en faisant comme si elle n'avait rien vu.

Dans le magasin et en l'absence de ces dames, Izil s’était approché de la vitrine pour surveiller des gardes en ronde à l’extérieur, le genre d'humains qu'il jugeait parfaitement idiots, seulement préoccupé par l’argent que l’on donne aux individus de leur espèce. Ce qui était certain, c’est qu’avec une tenue différente, jamais ils ne seront capable de reconnaître la jeune demoiselle qu’il avait choisit d’aider.
Une heure s'était déjà écoulée, c'est qu'il ne devait pas être chose aisé de trouver des vêtements convenables. Soupirant, il fit un tour de la boutique, ne s'attardant qu'à regarder les tenues les moins grotesques, il était vrai que les habitants de Lumïa avaient tendance à laisser l'excentricité de la ville déteindre sur eux… Heureusement, il y avait là de quoi satisfaire des femmes plus simples.
A l'étage, les deux femmes en étaient venues à oublier le temps qui passait pendant que la plus jeune profitait de quelques petits soins particuliers ; un entretien de ses cheveux, brossage, coupe, taille des ongles, lavage des dents… Myrania avait même prit le temps de faire un thé en faisant ses essayages à sa jeune cliente. Au fil des tentatives, les goûts de la petite errante se précisaient, elle préférait les couleurs proches de la nature, le vert, le marron, des vêtements confortables et des matières légères.

Au bout d'un certain temps les deux femmes finirent par rejoindre le rez-de-chaussée et la jeune fille, complimentée sur sa tenue ne tarda pas à être laissée seule là. La commerçante blonde avait dit quelque chose comme quoi elle souhaiterait s'entretenir avec l'homme qui l'accompagnait. Pendant ce temps la vagabonde hésita. Elle aurait pu ouvrir la porte et s'enfuir, c'était peut-être quelque chose de censé à faire ; pourtant d'un autre côté elle se sentait déjà reconnaissante. Elle avait des vêtements… de vrais et beaux vêtements, même si les bottes n'étaient pas très agréables à porter, se disait-elle.
Revenir en haut Aller en bas
" Eliel "
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : Agréable
Localisation : Antibes
Exp : 901

Messages : 7
Who am i !

[Changeling] Eliel

MessageSujet: Re: [Changeling] Eliel Jeu 18 Juin - 14:33
« Background - Partie II »
« Le festin »
On dit que l'être humain est capable de survivre 30 jours sans se nourrir et 3 jours sans boire. Mais ces chiffres peuvent varier de façon drastique selon un certain nombre de facteurs. Ainsi lorsque l'on commence à jeûner en ayant déjà une condition physique pauvre et que l'on ne peut se permettre de s'accorder du repos ou un ralentissement de l'activité ; le corps commence alors à faire rapidement fondre les réserves restantes. Consumant graisse et muscles, s'attaquant même aux cellules en elles-mêmes pour y puiser quelques traces de protéines. Dans un tel état il est donc difficile, avec un organisme en déliquescence de penser comme à son ordinaire et d'être aussi vif d'esprit que lorsque l'on est en pleine possession de ses moyens.
Dans un tel état de faiblesse physique et mentale, sachant que l'on n'est à la limite de ne plus pouvoir ni se défendre ni détaler, toute personne raisonnable se dirait qu'elle devrait redoubler de prudence. Mais… est-ce bien raisonnable de pousser la précaution au point de refuser de la nourriture, un vrai repas… ?

Personne ne pourrait naïvement penser que n'importe quel bon samaritain à la bourse bien remplie proposant quelques largesses à une gamine nécessiteuse ne le fasse sans arrières pensées. La jeune fille, elle, ne comprenait pas encore ces choses là mais pouvait encore douter, de part son statut de fugitive. Pas une seule minute ne s'écoulait sans que l'idée de s'en aller ne lui traverse l'esprit. Mais, d'une autre part, dans son fort intérieur elle voulait se dire qu'elle pouvait avoir confiance. Elle avait bien trop faim…


De nouveaux dans les rues de Lumïa leur déambulation reprit sans qu'une destination ne soit annoncée, elle ne fit encore que suivre. Ils avaient quittés la boutique de vêtements sous le regard moins désapprobateur de cette aimable jeune femme blonde, Myrania. Et sans que la gamine n'ait rien pu apprendre de la conversation qu'ils avaient eut ; tandis qu'elle s'était débattue pour libérer ses jambes de l'emprise de ses bottes neuves. Aucune remarque ne fut d'ailleurs émise quant à l'intrigant fait qu'elle préfère se balader pieds nus. Peut-être était-ce là le moment où elle était supposée remercier cet homme, dissimulé sous sa capuche. Que nenni, elle se posait beaucoup trop de questions pour y penser. Il fallait qu'elle ait des réponses :

- " Pourquoi tout ça ? Vous aviez dit que vous alliez m'offrir un repas… Je n'avais pas besoin de ça… Alors qu'est-ce que vous me voulez au final ?"

Izil qui marchait à son côté s'était alors arrêté pour lui jeter un regard, impossible de dire quelle tête il pouvait bien faire, lui qui n'avait toujours pas dévoilé son visage. Mais la halte ne dura qu'une seconde avant qu'il ne passe devant. Peut-être l'avait-elle offensé… Si c'était le cas ce n'était pas comme si il aurait pu en être autrement même si elle s'en sentait désolée. Quoi qu'il en soit elle marchait toujours près de lui mais ne tarda pas à d'elle-même se jeter dans son dos en agrippant la magnifique cape bleue à la vue d'un garde qui passait juste à côté. Avant de prendre un air surprise face à l'absence de réaction de ce dernier à son égard.

- " Tu vois, maintenant que tu as changé d'accoutrement, ils ne te reconnaissent même plus. Ainsi habillée, tu pourras à présent te promener dans la ville sans risque, et personne ne te jugera. En plus… si nous étions allés à l'auberge sans cela, le propriétaire ne t'aurait jamais laissé entrer pour manger. Il laissa un silence avant de la regarder à nouveau, son ton était toujours aussi paisible et chaleureux, comme à chaque fois qu'il s'était adressé à elle. Je dois aussi dire que tu es bien plus jolie comme cela. "

Ne sachant quoi dire, d'autant qu'il marquait un très bon point, et profondément embarrassée par son compliment elle relâcha rapidement la cape en s'excusant, les joues tintées. Jolie… c'était bien le terme qu'il avait employé à son égard, pour une moins-que-rien comme elle… Continuant d'avancer elle toucha à deux fois ses vêtements, ses cheveux. Il était vrai qu'elle était tout à coup bien différente de ce que les gardes cherchaient… Elle sentait encore l'odeur du savon au musc sur sa peau et se complaisait à respirer l'épiderme de ses bras. Cela devait être la première fois qu'elle sentait si bon. Tout comme ses cheveux, ils étaient soyeux, ils n'avaient pas de nœuds et avaient même gagnés une certaine légèreté.

Après quelques rues, se présenta l'Auberge du Lys Bleu, un grand établissement qui donnait sur une place fréquentée. Un point de passage obligatoire pour les voyageurs et les mercenaires, car on y trouvait un Tableau de Quêtes. Ainsi qu'accessoirement quelques mobiliers urbains tels qu'une fontaine, des bancs, un espace vert, des lampadaires… Sur cette même place donnait une petite Écurie adjacente au Maréchal Ferrant. Nul besoin de faire faire une visite à la jeune fille, elle connaissait à peu près sa ville et donc cette place ne lui était pas étrangère, jusqu'à ce que son hôte décide de l'inviter à pénétrer dans l'auberge. Un autre univers tout aussi inconnu que la boutique qu'ils venaient de quitter. Pendant qu'elle devait se faire pousser à l'intérieur pour mettre un pied devant l'autre, la petite brune explorait du regard, non sans crainte, l'intérieur du bâtiment. Les murs, faits de pierres, étaient en plusieurs endroits percés de fenêtres où pénétraient encore les dernières lueurs de l'après-midi avant un coucher de soleil qui ne saurait dès à présent plus tarder. De nombreux lustres et chandeliers en fer forgé ornaient les poutres et les piliers de bois qui tenaient l'édifice debout. Sur les espaces de mur libres se trouvaient, de nombreuses affiches, trophées de bêtes et même tapisseries, qui donnaient un peu plus de prestance à cette salle dont le mobilier de bois était pourtant simple.
L'intérieur était encore calme en cette fin d'après-midi, la salle était presque vide malgré une délicieuse odeur qui l'embaumait. On s’affairait dans la cuisine derrière le bar, celui-ci gardé par un homme à la barbe bien entretenue et visiblement soucieux de la propreté de son comptoir. Reconnaissant immédiatement le grand Archer qui venait d'entrer il lui adressa un signe de la main en y allant également de son petit commentaire :

- " Hé bien il vous a fallu autant de temps pour vous rendre à la Mairie ? Auriez-vous réussit à vous perdre en chemin ? " Demanda-t-il alors, non sans une pointe d'humour.

- " Oh non pas le moins du monde. A vrai dire j'en revenais lorsque j'ai été confronté à un léger contretemps. Rien de bien grave, je vous rassure, vous vivez juste dans une ville pleine de surprise. " Ne voulant pas gâcher la bonne humeur du tenancier des lieux il répondit sur le même ton même si l'arrière pensée d'être considéré comme un touriste ne lui plaisait guère.

Quant au fameux "contretemps" qu'il tenait par les épaules, le barbu l'avait bien remarquée, là, entre les mains de l'aventurier encapuchonné. Il l'avait faite avancer devant le bar avant de lui souffler un : " N'aie pas peur. " et de prendre place sur un tabouret.

- " Des surprises à Lumïa ? Ha ! En une vie entière ici je dois dire que celle-ci s'est toujours déroulée sans frémissements. La garde fait remarquablement bien son travail pour nous épargner des inopportuns sans-le-sou qui chercheraient à venir troubler la tranquillité de cette cité. Je pense que si quelqu'un aspire à vivre une longue vie paisible, c'est ici qu'il faut venir… et en revanche si on ne tient pas trop à sa peau… hé bien on peut choisir de faire comme vous… Sans vouloir vous offenser évidement. "

- " Quelle bien triste vie cela serait. Si vous voulez mon opinion. La monotonie n'a vraiment rien de bon pour l'esprit. Il marqua une pause en regardant sa petite protégée finalement s'installer sur le siège d'à côté avec ses pieds battant dans le vide. Quoi qu'il en soit je prendrais une pinte d'Hypocras et pour la demoiselle… un lait chaud. Si cela est possible, j'aimerai qu'une table pour deux soit dressée afin de souper le plus tôt possible. "

Soudain un peu plus circonspect l'aubergiste lança un regard à la gamine qui ne semblait pas tout à fait à l'aise, à tenir le comptoir en regardant vers le bas.

- " Jeune fille. Elle tressaillit. Vous le connaissez ? "
Dans un premier temps et sans relever la tête elle jeta un coup d'œil furtif vers Izil avant de hocher timidement la tête.
- " A vrai dire, pas vraiment, je l'ai croisée sur le marcher. Elle avait des ennuis vous comprenez… Je suppose qu'elle vient du Bidonville d'à côté, vous savez. " Intervint alors l'Archer en toute franchise et presque trop sereinement au goût de son interlocuteur.
- " J'ai entendu bien des choses sur vous le harpiste et je suis honoré de vous recevoir. Mais ce genre de choses… je ne veux pas de cela chez moi pas dans mon établissement. "
- " Tiens donc… Souffla-t-il froidement. Je me demande si ma réputation me précède à ce point pour que vous vous mettiez de telles idées dans la tête… Aussi, connaissant votre aversion pour la misère, je ne vous recommande pas d'exiger de faire sortir cette enfant d'ici… "

Après cette menace tacite le propriétaire des lieux se montra beaucoup plus accommodant,  envers Izil et son invitée. Ils furent rapidement servis et installés à une table. Après avoir ingurgité presque en une seule fois son lait, manquant aussi de s'étouffer, la jeune fille reprit sa position toute renfermée sur sa chaise, les jambes serrées, ses poings sur les cuisses à fixer son assiette vide. Elle n'était venu que parce qu'elle mourait de faim et depuis qu'elle avait pénétrée dans cette auberge, l'odeur des cuisines n'avait fait que renforcer cette torture. A son côté l'Archer savourait à petites gorgées sa boisson, son immense arc était posé à proximité dans l'angle d'un mur tandis que d'autres clients qui venaient d'entrer était venus s'entretenir avec lui. Il semblait être aussi connu et occupé qu'il l'avait laissé supposé… Maintenant qu'elle daignait enfin lever les yeux du plancher elle remarqua quelque chose de changé sur lui. Son visage était évidement toujours dissimulé dans l'ombre de son capuchon mais justement, sa cape… Celle-ci lui semblait plus terne, moins bien ornée que la première fois qu'elle l'avait vu. Soudain tirée de ses rêveries elle se reconcentra sur une silhouette arrivant dans leur direction et chargée d'un largue plateau de bois. Une femme, de corpulence plutôt importante et joufflue apportait avec elle un poulet rôtit reposant sur un plat de légumes et pommes de terre, ainsi qu'un panier de pain tranché. Instinctivement la maigre gamine s'était levée de sa chaise les muscles tendus comme prête à bondir sur la nourriture mais fut retenue aussitôt.

- " Installez-vous séant et tenez-vous correctement d'accord ? " Lui sourit-il alors que la tavernière était en train de déposer le contenu de son plateau devant eux.

Ne pouvant plus attendre une seconde de plus la petite brune fixait la nourriture en salivant, le regard brillant et lorsque le bras ne fut plus en travers de sa route elle ne pu s'empêcher de lancer un regard à son bienfaiteur. Elle qui n'osait même pas croire en la matérialité de ce qui était encore plus miraculeux que dans ses phantasmes. D'un simple mouvement de la tête il confirma que tout cela était effectivement pour elle et lui donnait par la même le signal qu'elle pouvait toucher à la nourriture. Affamée elle n'attendit pas une seconde de plus pour se saisir de la volaille encore fumante à pleine main et commencer à la déchiqueter entière et à pleines dents. Focalisée sur la nourriture la sauvageonne ne faisait plus attention à rien en dehors de l'idée de se remplir au maximum la pense, oubliant même de relever si ce qu'elle mangeait était ou non savoureux. En tout cas, cela était pour elle comme la plus douce des délivrances, au point qu'elle s'était mise à pleurer en silence pendant qu'elle continuait d'arracher des lambeaux de viande et de se fourrer des poignées de légumes dans la bouche. Tout simplement elle devait se dépêcher d'en profiter tant que cela ne disparaissait pas, inconsciemment elle se préparait à devoir endurer une nouvelle période de disette. La scène, de la mauvaise tenue à table de cette jeune fille qui mangeait avec autant d'élégance qu'un ogre, attira de nombreux regards de surprise. Une seule personne dans la salle semblait trouver cela normal et continuait de boire sereinement en reprenant ses conversations.

Il ne fallut pas moins de trente minutes au petit gabarit pour terminer tout le plat qui lui avait été servit ainsi que le pain. La carcasse du poulet avait été laissée complètement rongée et les os soigneusement démantibulés et empilés dans le plat en terre cuite. Après un tel repas la gamine continuait de récolter devant elle unes à unes les miettes perdues en somnolant. Son estomac était plus que remplit, distendu même et douloureux. Un mal presque agréable, car celui-ci annonçait qu'elle avait mangé plus qu'à sa faim mais qui l'informait qu'elle devrait dormir pour aussi se sentir mieux. Elle passa les dix minutes suivantes à lutter contre la fatigue, qui était spontanément venue l'affectée. Finissant par machinalement lui faire poser le bras sur la table pour y reposer son front et sombrer. Un lourd sommeil qui visiblement ne pouvait même pas être interrompu par le brouhaha environnant que faisaient les autres clients.

Lorsqu'il eut terminé de  converser Izil commanda à la tavernière, venue débarrasser la table, une soupe ainsi qu'un nouveau verre de vin. Avec une grande précaution il releva le buste de la gamine pour lui débarbouiller visage et mains. Il n'avait pas réellement pensé à ce qu'il devrait faire de cette enfant perdue une fois son repas terminé et cela le mit dans un grand embarras. Dans un premier temps il s'était imaginé la réveiller, lui proposer une somme de joyaux mais cela n'aurait été que temporaire… Devait-il lui trouver un emploi et un foyer ? Pas à Lumïa… Il entama sa soupe en poussant un long soupir.

La nuit venait de tomber lorsque le Joueur de Harpe gagna sa chambrée, les bras chargés de la jeune fille endormie. Il avait quitté la salle avant que celle-ci ne soit bondée et afin d'être tranquille pour finir sa soirée. Sa protégée, il la déposa dans le seul lit, ce n'était pas comme si il aurait pu en faire autre chose après tout. La mettre dehors pour la nuit et au beau milieu des rues de Lumïa de surcroit aurait été contradictoire avec tout ce qu'il avait déjà fait aujourd'hui. Le mieux qu'il pouvait faire c'était encore de la laisser passer une nuit en sécurité et discuter avec elle le lendemain pour savoir ce qu'il pourrait en faire…
Il s'avança jusqu'à la fenêtre pour en fermer les rideaux et aller allumer la lampe à huile près du bureau de bois dont disposait la pièce.  Deux grandes sacoches de cuir étaient posées dans l'angle entre le bureau et la fenêtre, là il déchargea son immense arc de son épaule suivit de sa ceinture à poches, après y avoir récupéré sa bourse et un morceau de papier froissé. Enfin il se mit à fouiller dans ses affaires pour en sortir plume, encre ainsi que deux cahiers plus ou moins usés. Les divers objets furent déposés sur le bureau et Izil s'y installa. Rapprochant la lampe il commença par vider sa bourse de joyaux et se mit à les trier afin de chiffrer ses dépenses du jour. Dans le journal suivant, il prit une bonne heure d'écriture et remplit plusieurs pages avec soin consignant sa journée comme il en avait prit l'habitude. Après deux feuillets il se retourna, constatant que la jeune fille dormait encore, et tourna une nouvelle page, vierge. Ouvrant la note donnée par la vendeuse du magasin de vêtements pour femme il passa de longues minutes à contempler, cogiter, copier ou même calculer une mystérieuse suite de chiffres. La commerçante lui avait indiquée avec appréhension qu'elle avait vu ceci tatoué dans le dos de la gamine qu'il avait prise sous son aile. D'après le peu qu'elle en savait sur sa ville elle n'avait pas connaissance que la Mairie faisait marquer les habitants du Bidonville, ce qui pour lui ne pouvait que signifier que le passé de la petite sauvageonne était bien plus funeste que ce qu'il s'était imaginé… Néanmoins il continua à chercher pendant plusieurs heures un sens caché, un indice en réécrivant encore et encore la même suite de chiffre, parfois même dans différents dialectes.

_____________________________________

[Le thème qui va bien]

Le jour ne s'était pas encore levé lorsque les premiers chants des passereaux se mirent à bruire sur la ville endormie, silencieuse. Des gazouillis qui, même à travers le verre des fenêtres, se faisait entendre. Comme les oiseaux la jeune fille était éveillée, assise sur le lit depuis plusieurs minutes, jambes serrées contre sa poitrine. Elle se remettait encore de sa surprise, celle de se retrouver soudain à dormir sur la chose la plus confortable qu'elle n'ait jamais connue : douillet, chaud, rassurant ; le lit n'avait rien à envier à un nid de mésange. Peut-être se serait-elle écoutée, rester allonger dans ce lit aussi longtemps que le cœur lui en disait, si elle avait été chez elle. Hors elle ne savait pas où elle était, dans une maison, un endroit qu'elle ne connaissait pas. Et puis il y avait cet homme avec elle, celui qui s'appelle Izil, face à elle, assit sur une chaise et lui tournant le dos. En fait il n'était pas vraiment assit mais plutôt séant sur le siège et affalé sur une table.

Il dormait, c'était une certitude vu que cela faisait une heure que la gamine attendait là, sur le lit ; l'astre solaire avait d'ailleurs commencé son ascension et dépassé l'horizon, elle le savait, la lumière qui entrait dans la pièce n'était plus bleue mais orangée… Lentement et discrètement elle quitta finalement le lit pour se faufiler vers les bagages. Loin d'elle l'idée de les défaire, elle ne fit que jeter un œil inquisiteur dans chaque poche. Il y avait des vêtements, beaucoup de vêtements, des fioles plus ou moins remplies avec beaucoup d'ingrédients, des rations de nourriture, du matériel de cuisine, elle trouva même une magnifique Rapière à la garde sertie et très légère. Selon elle cela confirmait ses soupçons d'un haut statut social… Toujours aussi silencieuse elle se glissa ensuite à côté de l'homme endormit. Bras croisés la tête reposée au dessus tournée vers la droite, seuls ses longues mèches sortaient de ce maudit capuchon qui lui dissimulait toujours le visage. Sous ses coudes elle voyait du papier dépasser sur lesquels figuraient d'étranges écris qu'elle n'avait encore jamais vu, il y avait aussi de quoi écrire mais… Son visage, elle mourrait d'envie de le voir, c'était tellement dérangeant pour elle de s'adresser à une personne dont on ne devine même pas les traits… Alors, se disant qu'elle ne ferrait pas de mal, elle prit entre deux doigts le bord du capuchon et le tira lentement vers l'arrière. Dévoiler le visage du fameux Izil prit un certain temps mais une fois le bout de tissus reposant sur ses épaules elle s'étonna de la longueur de ses oreilles, pointues et qui dépassaient largement de sa chevelure blanche. Même chevelure qui était très soignée, coiffée, tressée et même ornée d'accessoires qui semblaient précieux. Quant à son visage, celui-ci était encore couvert par ses cheveux… On devinait bien une peau presque aussi blanche et quelques traits au travers mais rien de précis. La jeune fille y songea à deux fois, devait-elle vraiment aller jusque là ?... Après tout, il lui devait la vérité. Alors… Plus bas que son visage, elle pinça la mèche pour la soulever et la rabattre derrière cette longue oreille. Et lorsque le moment tant attendu de découvrir son apparence se présenta son regard croisa les yeux bleus et bien ouverts de l'homme. Apeurée elle tenta promptement de bondir vers l'arrière lorsqu'une main lui saisit le poignet, la bloquant sur place. Tout aussi rapidement, une autre main vint lui couvrir le bas du visage pour l'empêcher de gémir sa détresse. Dans la lutte, Izil qui voulait retenir la gamine avait renversé les cahiers sur lesquels il s'était endormit et avait presque dû se mettre debout.

- " Attends ! N'aie pas peur ! "

Les yeux écarquillés et larmoyants elle regardait enfin le visage de cet homme dont elle ne savait plus tellement quoi penser à cet instant, ses yeux bleus cristallins qui la fixaient, son visage allongé dont on ne pouvait définir l'âge, à la peau très claire et parfaitement lisse ; il était traversé par une marque sombre, bleuté sous cette peau de porcelaine, elle remontait depuis le cou et se répandait sous forme de veines –nul doute que la même chose devait être visible sous ses vêtements- .

Spoiler:
 

- " Est-ce que je t'ai fais peur … ? Reprit-il alors qu'il lisait déjà la réponse dans ses yeux. Elle acquiesça de la tête. Je suis désolé, ce n'était pas mon intention… Je te vais te lâcher maintenant, ne crie pas d'accord ? "

N'attendant malgré tout aucun retour Izil la libéra, reposant ses mains sur ses genoux. La gamine quant à elle restait comme sous le choc, le fixant sans rien dire. Ce silence pesant dura un court instant, la demoiselle se remettait au moins de ses émotions mais ne le lâchait pas des yeux. Sachant ce qu'elle regardait ainsi il expira par le nez et tenta de faire bonne figure même si il lui était difficile de sourire.

- " De quoi ça a l'air ? "
- " Ça me fait peur… Est-ce que … vous êtes malade ? Ça vous fait mal ? "
- " Parfois oui… Ce n'est pas tout à fait une maladie. C'est… une malédiction. Mais tu ne risques rien… Comme ça, tu sais maintenant pourquoi je me cache. " A ces mots il commença à empoigner sa capuche mais décida de rester ainsi, elle l'avait vu de toute façon.
- " Vous allez… mourir ? "
- " Nous mourons tous un jour ou l'autre jeune fille. Dans mon cas il est difficile de savoir quand ou comment… Dans le votre, disons que j'aimerai rallonger votre sursis. "
- " Oh… Elle n'avait à vrai dire pas complètement saisit la seconde partie de sa réponse, même si dans le fond elle avait déjà été capable d'interpréter depuis la veille qu'il voulait lui venir en aide. Pourquoi vos oreilles sont-elles bizarres ? "

Portant sa main à son oreille il ne pu contenir un faible rire légèrement nerveux. Cette innocente question n'avait rien d'amusant à vrai dire, mais cette enfant ne faisait tellement pas son âge…

- " Je ne suis pas un humain, mais un Elfe. Mon peuple se reconnait à ses longues oreilles pointues  et d'autres petites choses moins frappantes. Je suis le premier que tu vois, rien d'étonnant, nous vivons normalement dans une région forestière, loin d'ici… "

La gamine ne demanda pas ce qu'il faisait à Lumïa, il voyageait, il l'avait dit. Et puis cela expliquait aussi pourquoi son écriture était bizarre… Elle se sentait à présent juste curieuse d'en savoir plus sur lui, sur son peuple et sur…

- " Vous savez vous en servir..? Je veux dire… Vous êtes Archer ? Demanda-t-elle en dirigeant son regard sur le grand arc posé à leur gauche, debout contre le mur. Et avant qu'Izil ne lui réponde par l'affirmative, elle reprit. Vous en avez déjà fais beaucoup pour moi, et je ne de devrais pas me le permettre mais… Apprenez-moi. "
- " Vous apprendre… à utiliser un arc ? Pour quoi faire ? "
- " Avec une arme on peut chasser… Je veux pouvoir chasser ma nourriture et ne plus la voler. "

Loin de s'attendre à une telle demande l'Elfe se mit à se gratter l'arrière du crâne. Elle semblait savoir ce qu'elle voulait et était honnête dans ses intentions, une qualité qui lui plaisait assez. Seulement… si il devait accéder à sa requête, elle passerait de durs moments… Il était un instructeur sévère. Prenant une grande inspiration, son visage se fit sérieux.

- " Si je dois te prendre comme élève, tu devras m'appeler Maître et je serai bien différent du Izil que tu vois là, aussi dur avec toi que ce monde peut l'être. Je n'accepterai pas la médiocrité ou l'abandon. Tu devras faire ce que je dis, quand je le dis, retenir mes leçons ou alors en subir une sanction… Et si je ne suis pas satisfais, tu n'auras pas de traitement de faveur ni repos tant que nous ne serons pas parvenu au résultat voulu…  Es-tu toujours certaine, que c'est ce que tu veux ? "  

Son regard bleu et glaçant comme l'hiver la toisait tandis qu'il ponctua son discourt en tendant sa main vers elle. Les mains repliées contre sa poitrine elle le regardait mais n'hésita que très peu de temps avant de mettre sa main dans la sienne et de la lui serrer. Éprouvant une certaine satisfaction de ce contrat, Izil se retint de sourire. Elle avait bon en avoir déjà trop vécu, elle n'avait pas terminé d'en baver. Mais si il venait à en être satisfait, alors un bel avenir s'ouvrirait à elle, la solution la plus durable que l'on pouvait imaginer pour son avenir, elle l'avait trouvée seule. Le marché conclu, et leurs mains se libérant il se pencha pour récupérer son journal, tombé plus tôt et en jetant un œil dessus il tiqua ; une idée lui vint.

- " Tu as peut-être oublié qui tu étais. Mais si tu veux tourner la page et devenir quelqu'un, il va tout de même falloir te trouver un nom. Il posa le carnet sur ses genoux, gardant la page souhaitée avec son index glissé entre les pages. Que penses-tu de Eliel ? "
Revenir en haut Aller en bas
" Eliel "
avatar
Sexe : Féminin
Humeur : Agréable
Localisation : Antibes
Exp : 901

Messages : 7
Who am i !

[Changeling] Eliel

MessageSujet: Re: [Changeling] Eliel Jeu 18 Juin - 14:33
« Fiche personnage »
« Background - suite »
Poste réservé pour la fin du Background.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Féminin
Exp : 927

Messages : 10
Who am i !

[Changeling] Eliel

MessageSujet: Re: [Changeling] Eliel Dim 5 Juil - 4:57
Tout à l'air en ordre jusque là. Bonne continuation pour ton histoire!
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Sexe : Masculin
Humeur : Lasse.
Exp : 3489

Messages : 592
Who am i !

Feuille personnage
Niveau : 1
Grade : D
Joyau(x) : 100

[Changeling] Eliel

MessageSujet: Re: [Changeling] Eliel Sam 5 Sep - 4:03
Petite relance de cette fiche afin de savoir si tu es toujours motivée à jouer sur Midgard !
Merci de donner des nouvelles au plus vite ! <3
Revenir en haut Aller en bas
" Contenu sponsorisé "
Who am i !

[Changeling] Eliel

MessageSujet: Re: [Changeling] Eliel
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» La rose contre les ondes [Eliel]
» [...]Dans les bois, pendant que le loup n'y est pas. [Eliel]
» Ariel et Eliel Duval
» Changeling : The Lost
» Eliel ▬ Tic, Tac.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
[- Midgard -] :: [ Hors Jeu ] :: Fiches des personnages-